Des unités urbaines entre étalement et densification

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Évolution de la population urbaine en Aquitaine (à partir des recensements de 1990 et 1999) : 7 aquitains sur 10 vivent dans les 97 unités urbaines (UU) de la région. Nouvelle délimitation des UU de l'Aquitaine. Déséquilibre entre l'ouest et l'est de la région : 12 des 15 nouvelles UU se trouvent dans l'ouest des départements littoraux. Répartition des UU de 15000 habitants ou + selon la variation de la densification et de l'extension 1990-1999. Graphiques, tableaux, définitions et méthode, bibliographie
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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DESUNITÉSURBAINES ENTRE
ÉTALEMENT ET DENSIFICATION
En près de 40 ans la population urbaine
de l’Aquitaine s’est accrue de 73 %
alors qu’elle augmentait de 50 % en Dordogne) pour cause de diminution de
population agglomérée en deçà du seuil de 2 000pour l’ensemble de la France.
habitants.
En 1999, sept Aquitains sur dix vivent
dans les 97 unités urbaines de la région. Sept Aquitains sur dix vivent en milieu urbain
Générale dans les cinq départements La région comprend désormais 396 communes ur-
baines dont 88 nouvelles par rapport à 1990. Cetaquitains, la poussée de l’extension
ensemble s’est agrandi de 1 399 km² et occupedu territoire urbain est
maintenant 20 % du territoire aquitain. Il a progres-
plus particulièrement sensible
sé de 196 400 habitants. Sa population atteint
dans l’ouest des départements littoraux.
2 027 500 habitants soit 70 % de l’ensemble de la
Douze des quinze nouvelles unités urbaines population régionale.
se trouvent dans cette zone
Les effets de l’étalement géographique des villes et
où le dynamisme démographique l’emporte
de la densification de l’habitat se conjuguent pour
sur l’extension due expliquer ces évolutions. Dans l’augmentation
d’ensemble de la population urbaine de 10,7 %à l’étalement de l’habitat.
entre 1990 et 1999, leurs parts respectives s’élèvent
à 6,2 % et 4,5 %.
Chaque recensement de population donne lieu à Le nombre total d’Aquitains s’étant accru pour sa part
une mise à jour de la liste et de la composition com- de 112 500 personnes, il s’ensuit, toujours au niveau
munale des agglomérations urbaines appelées aussi
régional, une diminution sensible de la population ru-
unités urbaines et précisément définies par des critè-
rale de 83 900 habitants (- 9 %). Ce n’était pas le cas
res de taille de population et de continuité de l’habi- lors de la période intercensitaire précédente
tat (cf. encadré). (1982-1990) où elle avait connu pour la première fois
un accroissement total de 24 000 habitants (+ 2,5 %).
En Aquitaine, le nombre d’unités urbaines est passé
de 91 en 1990 à 97 en 1999. Quinze nouvelles uni- Longtemps plus rurale que la moyenne des autres
tés urbaines sont apparues, huit anciennes ont fait régions, l’Aquitaine tend rapidement à perdre cette
l’objet de regroupement avec des agglomérations caractéristique. En 1962, la population urbaine re-
préexistantes et une unité urbaine a disparu (Eymet présentait à peine la moitié de l’ensemble de la po-
Nouvelle délimitation des unités urbaines aquitaines
Nombre d’unités Nombre de Population Population Evolution en Superficie
2urbaines en 1999 1999/1990 (%) en kmcommunes en 1990
Unités urbaines (délimitation 1999) 97* 396 2 027 453 1 935 568 + 4,8 8 357
Communes déjà urbaines en 1990 /// 308 1 910 257 1 828 254 + 4,5 6 958
Nouvelles communes urbaines en 1999 /// 88 117 196 107 314 + 9,2 1 399
Unités urbaines (délimitation 1990) 91* 309 1 912 809 1 831 023 + 4,5 6 990
* les 3 unités urbaines hors région de St-Aigulin (17), de Brive-la-Gaillarde (19) et d’Irun (Espagne) ne sont pas prises en compte. Par contre le nombre de communes tient compte
des communes de La Roche-Chalais (33), La Feuillade (24), Pazayac (24) et Hendaye (64) appartenant respectivement aux 3 unités urbaines citées.
Source : Insee - Recensements de la population 1990 et 1999INSEE
AQUITAINE
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
o
N 87
JUILLET 2000l’accroissement de la populationÉvolution de la part de la population urbaine de 1962 à 1999
urbaine. Le département de
Lot-et-Garonne se distingue car para-
100
doxalement l’extension du territoire
90
de l’urbain ne permet pas de redresser
la décroissance démographique de sa80
population urbaine. En Dordogne,
70
l’extension de la zone urbaine réduit
60 légèrement la décroissance démogra-
phique. La part de la croissance dé-
50 France métropolitaine
mographique due à l’extensionFrance sans Ile-de-France
Aquitaine40 urbaine représente les deux cinquiè-
mes de l’augmentation de la popula-
30
tion urbaine en Gironde, trois1962 1968 1975 1982 1990 1999
cinquièmes pour les Landes et un peu
plus des trois quarts pour les Pyré-90
nées-Atlantiques. Le reste étant dû au
80
dynamisme démographique des com-
70
munes déjà urbaines en 1990.
60
e
Classée au 7 rang national avec
50
753 900 habitants, la nouvelle unité ur-
40
baine de Bordeaux comprend 7 com-Aquitaine
30 Dordogne
munes supplémentaires (Arveyres,
Gironde
20 Landes Bonnetan, Cénac, Lignan-de-Bor-
Lot-et-Garonne
10 deaux, Sallebœuf, Parempuyre etPyrénées-Atlantiques
0 St-Jean-d’Illac, ces deux dernières étant
1962 1968 1975 1982 1990 1999
déjà urbaines en 1990). Entre 1990 et
Années de recensement 1999, elle enregistre un gain total de
Source : Insee - Recensements de la population 1962 à 1999 population de 57 600 habitants. Bien
qu’élevée, cette croissance démogra-
phique de 8,3 % s’avère inférieure à
pulation régionale (49 %) mais déjà formation accélérée de l’Aquitaine est
celle des grandes agglomérations de
63 % dans l’ensemble de la France. encore plus visible. L’écart de 8 points,
l’Ouest, en particulier de sa voisine de
Près de 40 ans plus tard, les mêmes pro- observé en 1962, s’est presque comblé
même taille, Toulouse (17 %) et, dans
portions sont devenues 70 % et 76 %. en 1999, se réduisant à 1 point.
une moindre mesure, de Rennes
Leur écart est passé de 14 à 6 points.
Le déséquilibre entre l’ouest et (11,1 %), Poitiers (10,9 %) ou Nantes
l’est de la région s’affirmeComparée aux changements interve- (9,8 %). Elle est aussi bien en deçà de la
nus dans la France de province (soit la Tous les départements aquitains ne croissance démographique de l’agglo-
France moins l’Ile-de-France), la trans- participent pas de la même manière à mération de Montpellier (16 %) dont la
Variation de la population des unités urbaines entre 1990 et 1999
Unités urbaines (délimitation 1990) Extension 1999 Unités urbaines (délimitation 1999) Var. (%)
UU 1990/PSDC PSDC Variation PSDC PSDC Variation PSDC PSDC Variation
UU 19991990 1999 1990* 1999* 1990 1999absolue relative absolue relative absolue relative
Dordogne 166 893 165 789 -1 104 -0,66 22 595 22 837 242 1,07 186 719 186 074 -645 -0,35 11,49
Gironde 924 874 985 827 60 953 6,59 34 654 38 245 3 591 10,36 959 528 1 024 072 64 544 6,73 10,73
Landes 155 648 163 909 8 261 5,31 9 434 11 467 2 033 21,55 165 082 175 376 10 294 6,24 12,67
Lot-et-Gar. 183 647 182 433 -1 214 -0,66 9 097 8 999 -98 -1,08 192 744 191 432 -1 312 -0,68 4,24
Pyrénées-At. 399 961 414 851 14 890 3,72 31 534 35 648 4 114 13,05 431 495 450 499 19 004 4,40 12,64
Aquitaine 1 831 023 1 912 809 81 786 4,47 107 314 117 196 9 882 9,21 1 935 568 2 027 453 91 885 4,75 10,73
* La population d’Eymet-24- (2769 habitants en 1990, 2552 en 1999), dont la commune est devenue rurale au RP 99, est exclue.
PSDC : population sans doubles comptes
Source : Insee - Recensements de la population 1990 et 1999
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JUILLET 2000
%
%taille est toutefois bien inférieure à celle nes sont de nouvelles villes isolées et on Entre 1990 et 1999, ces dernières agglo-
de Bordeaux. peut y prévoir des regroupements pro- mérations ont changé d’échelle : Berge-
chains de zones urbanisées autour des rac est passée de 34 055 habitants à
Conformément au phénomène général
principales agglomérations existantes. 58 991, Villeneuve-sur-Lot de 29 422 à
d’attraction des grandes villes, les agglo-
41 953 et Pau de 144 674 à 181 413.
mérations de Bayonne et de Pau connais- A contrario dans les vallées fluviales de
sent, dans les limites géographiques des la région, la décroissance démogra- Ces transformations, quelle que soit
unités urbaines de 1999, des progressions phique des petites et moyennes agglo- leur ampleur, ne découlent pas de véri-
rapides du même ordre ou un peu infé- mérations est quasi générale, tables phénomènes d’expansion démo-
rieures (respectivement 6,2 % et 4,5 %) à notamment dans les vallées de l’Isle, de graphique tels qu’ils sont observés par
celle de Bordeaux (5,8 %). la Garonne, du Lot, de l’Adour et des exemple à Bordeaux, Bayonne ou Arca-
gaves de Pau et d’Oloron. chon, mais marquent l’aboutissement
Pour les autres grandes ou moyennes
de lents processus de formation de
agglomérations, exception faite des vil- Parmi les unités urbaines les plus tou-
continuité de l’habitat, le long des val-
les chefs-lieux de département dont chées, dont la baisse annuelle de popu-
lées de la Dordogne pour Bergerac, du
l’évolution est toujours positive, il ap- lation est égale ou supérieure à 0,7 %,
Lot pour Villeneuve-sur-Lot et du Gave
paraît un déséquilibre flagrant entre on trouve celles de Thiviers, en Dor-
de Pau pour Pau. D’ici quelques mois
l’est et l’ouest de la région. dogne, de Cadillac, en Gironde, de La-
ou quelques années d’autres agglomé-
bouheyre, dans les Landes, de
rations vont de la même façon fusionnerA limites géographiques constantes
Casteljaloux et de Fumel, dans le
ailleurs dans la région. C’est le cas par(celles de 1990) les plus fortes pro-
Lot-et-Garonne, d’Arudy et de Mau-
exemple de celles de Razac-sur-l’Isle etgressions démographiques sont le fait
léon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlan-
Périgueux, des agglomérations du pour-des agglomérations de l’ouest de la ré-
tiques.
tour du Bassin d’Arcachon, de celles degion, Bordeaux, Dax, Mont-de-Mar-
Capbreton et Tosse, ou bien des villessan, Libourne. La proximité du littoral
L’extension géographique masque
de Saint-Martin-de-Seignanx au nord etconstitue un facteur favorable supplé-
parfois le déclin démographique
Ascain au sud qui vont faire leur jonc-mentaire pour Bayonne et surtout
tion avec l’agglomération de Bayonne.Arcachon qui réalise avec près de La tendance générale défavorable à la
15 % d’augmentation la performance partie continentale de la région est par- Les agglomérations se distinguent aussi
de loin la plus élevée par cette caté- fois masquée par de vastes extensions par le comportement de leur
gorie de villes. géographiques comme celle de Berge- ville-centre. Bergerac, Périgueux, Arca-
rac, de Villeneuve-sur-Lot ou de Pau. chon, Agen et Pau sont des communes-
A l’inverse, et toujours dans les limites
de 1990, les agglomérations de Berge-
rac, Villeneuve-sur-Lot, Marmande et
Oloron-Sainte-Marie déclinent. Celle
de Périgueux, pourtant chef-lieu de dé-
partement, stagne. Les autres villes-pré-
fectures progressent sensiblement :
Agen (+ 2,25 %), Mont-de-Marsan
(+ 3,53 %), Pau (+ 3,58 %).
L’urbanisation de l’ouest de la région ne
se limite pas à la croissance des agglo-
mérations de Bordeaux, Arcachon ou
Bayonne. Cette croissance se retrouve
dans toutes les petites unités urbaines
situées entre Bordeaux et Arcachon
d’une part, et tout autour de Bayonne,
du sud de la côte landaise au sud de la
côte basque d’autre part, où elle varie
de 16 % à 44,1 %. Dans ces deux zones
plus des deux tiers de ces unités urbai-
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JUILLET 2000oN 87
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centres qui se dépeuplent dans des agglo-
mérations en progression. Les communes
de Bordeaux, Bayonne, Dax,
Mont-de-Marsan et Libourne participent
à la croissance de leur agglomération.
Villeneuve-sur-Lot ne permet pas à son
unité urbaine de croître. A l’inverse, pour
Marmande et Oloron-Sainte-Marie, le
déclin affecte à la fois la commune-centre
et l’unité urbaine.
Jean-Pierre DUBAN
Définitions et méthode
Unité urbaine et aire urbaine
Les limites entre territoire urbain et territoire rural sont révisées à l’occasion de chaque recensement de la po-
pulation. Dans le présent document ce tracé fait intervenir la notion d’agglomération de population, définie
comme un ensemble d’habitations tel qu’aucune ne soit distante de la plus proche de plus de 200 mètres, et
abritant au moins 2 000 habitants. Ces seuils, 200 mètres pour la continuité de l’habitat et 2 000 habitants
pour la population, présentent l’avantage d’être conformes aux recommandations internationales.
Les agglomérations multicommunales et les villes isolées correspondent à des unités urbaines. Toutes
leurs communes sont considérées comme urbaines; les autres communes sont classées comme rurales.
Pour différencier l’espace urbain et l’espace rural d’autres analyses utilisent la notion “d’aire ur-
baine”. L’ampleur prise par le mouvement de périurbanisation a nécessité de repenser la frontière
entre le rural et l’urbain. Ce concept fait intervenir des critères de concentration d’emplois et de dé-
placement domicile-travail. Il permet de mieux appréhender l’influence des grandes villes sur leur en-
vironnement rural, sachant qu’une unité urbaine de moins de 5 000 habitants peut difficilement être
considérée comme un pôle économique, alors qu’une agglomération de 20 000 habitants peut se ré-
véler être une cité-dortoir ou la banlieue d’une agglomération plus importante.
POUR EN SAVOIR PLUS...
Selon la définition choisie, le sens de variation de l’ensemble de la population rurale régionale est dif-
•“L’urbanisation se poursuit” - Inseeférent : diminution si l’on utilise les unités urbaines, augmentation dans l’autre cas. Cette apparente
Aquitaine n° 79-Novembre 1999 - (4 pa-contradiction s’explique par le fait que le territoire dit rural, complémentaire aux unités urbaines, ne
comprend pas les communes en discontinuité d’habitat avec l’agglomération voisine mais bénéfi- ges) - 13 francs ; 1,98 euro.
ciant cependant de son influence positive sur le plan démographique. De même, il n’intègre pas les
“Le recensement de la France -1999-bourgs relativement dynamiques mais inférieurs aux seuils retenus pour les aires urbaines. C’est le cas
Premiers résultats” - Insee - (16 pages).par exemple d’Atur en Dordogne (1 491 habitants en 1999, soit + 19,5 % d’accroissement par rapport
à 1990), de Ludon-Médoc en Gironde (3 327 habitants, + 17,3 %), de Saint-Vincent-de-Paul dans les ”Forte extension des villes entre 1990
Landes (2 141 habitants, + 20,6 %), de Laplume dans le Lot-et-Garonne (1 205 habitants, + 15,6 %) et
et 1999” - Insee Première n° 707-Avril
de Briscous dans les Pyrénées-Atlantiques (1 988 habitants, + 13,9 %).
2000 - (4 pages) - 15 francs ; 2,29 euros.
Supplément inclus : “Les unités urbaines 1999”
Directeur de la publication : Michel Schrantz - Rédacteur en chef : Paul Ahmed Michaux - Secrétaire de fabrication : Daniel
Lepphaille - INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex.
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3615 ou 3617 INSEE - www.insee.fr - Imprimé à l'Insee Aquitaine.
e
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