Données de démographie régionale 1954 à 1999

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Les Données de démographie régionale sont l'une des principales sources d'information sur la démographie des régions et des diverses unités géographiques de la France. Publié après chaque recensement de la population depuis 1954, ce recueil contient de nombreux indicateurs au niveau départemental, par tranche d'unité urbaine et pour les grandes agglomérations. Les Données de démographie régionale 1954 à 1999 incluent des niveaux géographiques supplémentaires : arrondissements, zones d'emploi, aires urbaines. Les résultats sont obtenus par le rapprochement des statistiques du recensement et des données d'état civil des trois années qui l'entourent. L'édition 1999 rapporte ainsi les événements de 1998 à 2000 à la population recensée en 1999. Elle inclut de nombreuses informations rétrospectives : la plupart des tableaux des publications précédentes y figurent, parfois corrigés ou complétés. Des annexes approfondissent la fécondité en 1999, notamment dans les espaces à dominante urbaine ou rurale. À la fin du XXe siècle, l'opposition traditionnelle entre le nord de l'hexagone, plutôt jeune et le sud, plutôt âgé, est toujours d'actualité. De même, l'opposition nord-sud se maintient en terme de fécondité. Toutefois, le « croissant fertile » s'est modifié et englobe désormais l'Île-de-France et la région Rhône-Alpes. En 1999, les campagnes sont redevenues plus fécondes que les zones urbaines. Depuis 1975, en métropole, c'est dans le Nord - Pas-de-Calais que l'ont vit le moins longtemps. Les disparités de mortalité ont toutefois diminué dans la seconde moitié du XXe siècle. La structure par âge des départements d'outre-mer reste plus jeune que celle de la métropole, mais leur fécondité est en baisse et l'espérance de vie aux Antilles est comparable à celle de la métropole.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Insee Résultats Données de démographie régionale
Société
N° 49 1954 à 1999
Décembre 2005



Fabienne Daguet




Les sources et méthodes
Les données de démographie régionale ............................. 3
L’état civil............................................................................. 3
Le recensement de la population ....................................... 4
Bibliographie........................................................................ 4




Les données essentielles
Les disparités nord-sud se maintiennent............................. 5
Quelques données de cadrage.......................................... 14



Directeur
de la publication
Le cédérom Jean-Michel Charpin
Présentation du cédérom .................................................. 47
Institut national Liste des tableaux.............................................................. 48
de la statistique
et des études
économiques

Direction générale
18 boulevard Adolphe Pinard
75675 Paris cedex 14
Téléphone : 01 41 17 50 50
Fax : 01 41 17 66 66
www.insee.fr


Impression
Jouve
© Insee 2006
Les sources et méthodes
Les données de démographie régionale
Les Données de démographie régionale sont avec parfois quelques corrections ou ajouts. Des
l’une des principales sources d’information sur la niveaux géographiques ont aussi été ajoutés :
démographie des régions et des diverses unités arrondissements, zones d’emploi, aires urbaines.
géographiques de la France. On y trouve des Les tableaux relatifs à l’année 1999 et la
estimations de population et de nombreux méthodologie sont par ailleurs disponibles au
indicateurs démographiques à un niveau infra- format Acrobat et peuvent être imprimés sous
national (régions, départements, agglomérations, une forme comparable avec les précédentes
villes, catégories de communes). Cette éditions.
publication, qui paraît à la suite de chaque
recensement de la population depuis 1954, Depuis l’édition de 1990, les données,
résulte du rapprochement des données du auparavant restreintes à la France
recensement et des statistiques d’état civil des métropolitaine, incluent également les
trois années qui l’entourent. Ainsi, les données départements d’outre-mer. La population
de démographie régionale de 1999 utilise les comprend toutes les personnes (françaises ou
résultats des années 1998, 1999 et 2000 et ceux étrangères) résidant dans un département
de l’exploitation exhaustive du recensement de français, à l'exception des personnes en séjour
1999. de courte durée (touristes, travailleurs
saisonniers). Les naissances et les décès sont
Les Données de démographie régionale 1954 à domiciliés : ils sont classés suivant le lieu de
1999 sont publiées sous forme de cédérom. Ce domicile de la mère ou du défunt, et non suivant
nouveau format de publication a permis d’inclure le lieu de naissance ou de décès.
de nombreuses informations supplémentaires,
notamment rétrospectives. La plupart des
tableaux des volumes précédents y figurent,

L’état civil
Depuis la révolution française, il existe un cadre L'officier de l'état civil doit remplir un
législatif très précis pour l'enregistrement des questionnaire dit « bulletin statistique de l'état
naissances, des mariages et des décès. Tout civil » chaque fois qu'il dresse un acte sur ses
événement relatif à l'état civil doit faire l'objet registres. Ces bulletins sont transmis à l'Insee.
d'un acte dressé selon des normes strictes sur un Les envois des mairies vers l’Insee sont
registre spécial par une personne chargée des quotidiens pour les bulletins de naissance,
fonctions d'officier de l'état civil (le maire en hebdomadaires pour les bulletins de décès. Les
principe). Il existe un service de l'état civil dans bulletins sous forme électronique sont transmis
chaque commune. Certains événements ayant directement au centre informatique de l’Insee.
eu lieu en dehors de la commune ou ayant fait Les bulletins sous forme papier sont envoyés à
l'objet par ailleurs d'actes authentiques ou de la direction régionale de la circonscription.
jugements doivent être transcrits sur les registres L’Insee procède ensuite au codage, c'est-à-dire à
de la commune (par exemple : transcription de la transcription des réponses aux différentes
tout acte de décès ayant eu lieu ailleurs d'une questions des bulletins en données chiffrées, aux
personne domiciliée dans la commune). contrôles d’exhaustivité des bulletins ainsi qu’à la
vérification de la cohérence des réponses.

3Le recensement de la population
La population totale de la France, ainsi que sa population pour tous les échelons géographiques
répartition détaillée par sexe, âge et état (les « populations légales »).
matrimonial, ne sont observées directement qu'à Ensuite, viennent les exploitations statistiques.
l'occasion des recensements de la population. Les questionnaires sont saisis par des façonniers
Les derniers recensements exhaustifs ont eu lieu extérieurs. L’Insee procède ensuite au codage
en 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999. automatique des questions (par exemple
Depuis janvier 2004, des enquêtes annuelles de transformer un libellé de commune en code) et
recensement remplacent le comptage aux traitements statistiques nécessaires pour
traditionnel qui concernait toute la population en obtenir un fichier de données individuelles
même temps. Les paragraphes qui suivent anonymes « propre » (imputation des valeurs
concernent l’organisation mise en place jusqu’en manquantes, redressements, recodification).
1999, dans le cadre des recensements Les exploitations statistiques s’effectuent en
exhaustifs. deux temps :
1) l‘exploitation statistique « principale » est
Jusqu’en 1999 donc, l’Insee est chargé de la exhaustive, c'est-à-dire qu'elle porte sur la
préparation, de l’exécution, et de l’exploitation du totalité des bulletins individuels et des feuilles de
recensement. Les maires sont responsables de logement. Les statistiques par âge et sexe
son déroulement, hors communautés. Le résultent de cette exploitation.
personnel de mairie et des agents de l’Insee sont 2) l’exploitation statistique dite
impliqués pour l’encadrement, tandis que des « complémentaire » permet d'affiner les
agents recenseurs collectent les questionnaires caractéristiques de l'emploi et d’analyser la
(essentiellement le bulletin individuel, la feuille composition des ménages et des familles. Cette
de logement et le dossier d’immeuble collectif) exploitation n’est faite que sur un quart de la
dans leurs secteurs respectifs. population en métropole. Les départements
d'outre-mer et certaines zones de métropole sont
Le traitement de ces questionnaires commence traitées exhaustivement.
par le dénombrement des individus et des
logements. Il permet d’obtenir les chiffres de

Bibliographie
Les statistiques du mouvement de la population urbain, …) sont accessibles gratuitement sur le
française établies par l’Insee sont publiées dans site http://www.recensement.insee.fr.
la série annuelle La situation démographique en Concernant les évolutions démographiques, on
… - Mouvement de la population. Cette peut consulter le fascicule : « Evolutions
publication contient les résultats définitifs pour la démographiques 1982-1990-1999, Données
France métropolitaine et, pour certaines définitives - Unités urbaines 1999, départements,
données, au niveau de la région et du régions - France », mars 1999, recensement de
edépartement (y compris les départements la population de 1999, 4 trimestre 2000, et le
d’outre-mer). Elle inclut également des données cédérom « Evolutions démographiques 1962 à
rétrospectives. Le dernier numéro en date est : 1999 ».
Beaumel C., Richet-Mastain L., Vatan M., « La
situation démographique en 2003 - Mouvement L’analyse des données de démographie
de la population », Insee Résultats, n° 41 régionale de 1999 a déjà fait l’objet d’une étude
Société, septembre 2005. approfondie :
Daguet F. « La fécondité dans les régions à la fin
Les données du recensement de mars 1999 des années quatre-vingt-dix - Davantage de
naissances à la campagne », Insee Première, relatives aux divers niveaux géographiques
o(commune, unité urbaine, aire urbaine, pôle n 963, avril 2004.
4Les données essentielles
Les disparités nord-sud se maintiennent
Au premier janvier 1999, la France métropolitaine et les départements d’outre-
mer comptent 60,2 millions d’habitants. Le vieillissement de la population ne
remet pas en cause l’opposition traditionnelle entre le nord de l’hexagone,
plutôt jeune et le sud, plutôt âgé. De même, l’opposition nord-sud se maintient
en termes de fécondité. Toutefois, le « croissant fertile » s’est modifié : il
englobe désormais l’Île-de-France et la région Rhône-Alpes. En 1999, en
métropole, c’est dans le Nord - Pas-de-Calais que l’on vit le moins longtemps.
La mortalité après 60 ans est devenue déterminante pour expliquer les écarts
entre régions.


erAu 1 janvier 1999, la population de la France qu’en métropole : en 1999, 35,5 % de leur
métropolitaine et des départements d’outre-mer population a moins de 20 ans et 8,3 % a 65 ans
(Dom) est estimée à 60,2 millions d’habitants, ou plus.
erdont 58,5 millions pour la métropole. Au 1 L’opposition traditionnelle entre le nord de la
janvier 1955, celle-ci comptait 43,2 millions France, plutôt jeune en raison d’une fécondité
d’habitants, soit 15 de moins. Les femmes sont plus élevée, et le sud, plutôt âgé, se maintient à
e siècle (carte 1). La part des moins majoritaires presque partout : en 1999, la la fin du XX
Guyane et la Lozère sont les seuls départements de 20 ans est supérieure à la moyenne
où on recense plus d’hommes. En fait, il naît métropolitaine (25,7 %) dans les régions situées
annuellement 105 garçons pour 100 filles, mais au nord de la Loire, exception faite de la
la surmortalité masculine remplace progres- Bretagne et de la Bourgogne, et à l’est de la
sivement cet excédent masculin par un excédent Saône. Depuis 1975, le Nord - Pas-de-Calais est
féminin. Les garçons sont plus nombreux parmi la région la plus jeune de métropole : en 1999,
les jeunes de moins de 20 ans, tandis que les 29,3 % de ses habitants ont moins de 20 ans. La
hommes sont prépondérants parmi les 20-64 ans carte de la France « vieillie » recoupe
dans la moitié des zones géographiques approximativement celle de la France qui
considérées. Toujours plus nombreuses parmi compte le moins de jeunes (carte 2). En 1999,
les « seniors », les femmes représentent les en métropole, l’Île-de-France est la région où les
deux tiers des personnes âgées d’au moins 75 personnes âgées de 65 ans ou plus sont les
ans. moins représentées, suivie de l’Alsace et du
Nord - Pas-de-Calais. Le quart sud-ouest de
l’hexagone constitue la zone la plus vieillie, avec
en tête le Limousin : 22,9 % de sa population est Un vieillissement plus marqué dans le
âgée d’au moins 65 ans, et 10,8 % d’au moins 75 sud-ouest
ans alors que la moyenne nationale s’élève à

6,9 %.
Le recul de la mortalité, notamment aux âges
élevés, et la baisse de la fécondité sont à
La proportion des moins de 20 ans a diminué
l’origine du vieillissement de la population : en partout depuis la fin des années soixante
1999, les personnes âgées de 65 ans ou plus
(carte 3). L’Île-de-France, le pourtour
constituent 15,9 % de la population de la France
méditerranéen et le couloir rhodanien regroupent métropolitaine, contre 11,6 % en 1955.
les départements où elle a le moins baissé. Les
Inversement, un habitant sur quatre a moins de
régions les plus jeunes en 1968 sont souvent 20 ans en 1999 ; c’était le cas d’un habitant sur
celles où cette proportion a le plus reculé. En
trois dans les années soixante. Les
conséquence, les disparités régionales portant départements d’outre-mer conservent quant à
sur les moins de 20 ans se sont atténuées. Au
eux une structure par âge nettement plus jeune
contraire, celles qui concernent les 65 ans ou
5plus se sont accentuées en un demi-siècle. Le situent les huit régions les plus fécondes (plus de
vieillissement le plus prononcé a été observé 1,83 enfant par femme) : elles s’étendent des
dans le quart sud-ouest du pays, déjà âgé, tandis Pays de la Loire à la Franche-Comté en
que l’Île-de-France, ses départements contournant la région Centre et la Bourgogne par
limitrophes et Rhône-Alpes ont connu le le nord et en excluant la Lorraine et l’Alsace
vieillissement le moins accentué (carte 4). (carte 6). Le Nord - Pas-de-Calais et la Picardie
sont en tête. Dans six départements, la fécondité
L’Île-de-France se démarque par son originalité. atteint ou dépasse 2 enfants par femme : la
Région la moins jeune dans les années Seine-Saint-Denis, la Mayenne, l’Aisne, le Pas-
cinquante, elle est la seule pour laquelle la part de-Calais, l’Eure et le Val-d’Oise.
des moins de 20 ans se retrouve en 1999 au
même niveau qu’en 1955. En 1999, l’Île-de- Au niveau infra-départemental, l’espace où la
France est même devenue plus jeune que la fécondité est supérieure à la moyenne
moyenne nationale, avec de grands contrastes : métropolitaine déborde sur le nord de la région
le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne sont les Centre et de la Bourgogne ainsi que sur une
départements où la part des moins de 20 ans est partie de la Lorraine. Le couloir rhodanien
la plus forte de métropole ; c’est l’inverse pour émerge aussi comme une des zones les plus
Paris, où cette part est la plus faible après celle fécondes. Dans le quart sud-ouest et le Massif
de la Creuse. L’Île-de-France est aussi la région central, les niveaux de fécondité se situent
qui connaît la proportion la plus forte d’adultes presque partout au-dessous de la moyenne
de 20 à 64 ans (61,7 %) et la plus faible de métropolitaine. Ainsi, 15 des 20 départements où
personnes âgées (12,0 % de 65 ans ou plus). la fécondité n’atteint pas 1,68 enfant par femme
s’y concentrent, et notamment 3 des 4
départements (Haute-Vienne, Cantal, Haute-
Corse et Puy-de-Dôme) où elle ne s’élève qu’à Les actifs en zone urbaine
1,5 enfant.
En 1999, la part des adultes de 20 à 64 ans est
Les quatre départements d’outre-mer maximale en Île-de-France, en Alsace et dans
(Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) l’ouest de la région Rhône-Alpes (carte 5).
conservent une fécondité plus élevée que la Ailleurs, la cartographie par zone d’emploi ne
moyenne métropolitaine. Celle-ci est toutefois en met pas en relief une région plutôt qu’une autre.
baisse : par exemple, à la Réunion, l’indicateur La part des 20 à 64 ans apparaît en fait
conjoncturel de fécondité est de 2,37 enfants par davantage corrélée avec la taille de
femme en 1999, contre 3,05 en 1980. l’agglomération : plus une agglomération est
peuplée, plus la proportion d’adultes d’âge actif
Dans toutes les régions, la fécondité est plus est élevée.
faible en 1999 qu’en 1968. La baisse a été
d’autant plus soutenue que la fécondité était Jusqu’en 1990, les jeunes étaient
élevée. En conséquence, les disparités de proportionnellement peu nombreux dans les
fécondité ont progressivement reculé. unités urbaines d’au moins 200 000 habitants et
L’amplitude entre les indicateurs conjoncturels en particulier dans celle de Paris. En 1999, leur
de fécondité des cinq régions les plus et les poids est similaire dans les campagnes et dans
moins fécondes s’est réduite, passant de 0,67 les villes quelle que soit leur taille. L’importance
enfant par femme en 1968 à 0,48 en 1975 et des personnes âgées d’au moins 65 ans dans la
0,31 en 1999. population décroît avec la taille de l’unité
urbaine : elle est de 17,9 % dans les communes
Les extrémités de la zone de plus forte fécondité rurales contre 12,1 % seulement dans l’unité
se sont déplacées. Dans les années soixante, urbaine de Paris. Cependant, à la différence des
cette zone s’allongeait jusqu’en Poitou-hommes, les femmes âgées d’au moins 75 ans
Charentes à l’ouest et incluait la Lorraine à l’est. sont proportionnellement plus nombreuses dans
Elle exclut désormais ces deux régions. En les agglomérations de moins de 50 000 habitants
outre, elle intègre maintenant l’Île-de-France, qu’en zone rurale.
région la moins féconde avant 1975, et le couloir
rhodanien, dont la fécondité était au-dessous ou
proche de la moyenne nationale avant 1982. Le Le « croissant fertile » s’est modifié
« croissant fertile » est ainsi devenu un « triangle
fertile » au cours des années quatre-vingt,
L’indicateur conjoncturel de fécondité s’élève à prolongé par le couloir rhodanien. En 1968, les
1,81 enfant par femme en 1999 en France zones de plus basse fécondité regroupaient l’Île-
métropolitaine et à 1,83 si l’on inclut les Dom. de-France et le tiers sud de l’hexagone,
C’est dans la moitié nord de l’hexagone que se
6notamment le Limousin et le pourtour La mortalité reste plus élevée au nord
méditerranéen. La plus faible fécondité s’est de la France
progressivement concentrée dans le quart sud-
ouest et la Corse.
En 1999, l’espérance de vie à la naissance

atteint 75,0 ans pour les hommes et 82,5 ans En 1990, les communes les moins fécondes
pour les femmes en France, Dom compris ou étaient les communes rurales. Avec 1,92 enfant
non. Autrement dit, si les conditions de mortalité par femme en 1999, les campagnes sont
de l’année 1999 demeuraient constantes à redevenues plus fécondes que les zones
l’avenir, les hommes et les femmes domiciliés urbaines. La fécondité est minimale dans les
en France décèderaient en moyenne à 75,0 et agglomérations de plus de 100 000 habitants
82,5 ans respectivement. (environ 1,70 enfant par femme). Toutefois, dans
l’agglomération de Paris, elle est identique à
Pour les hommes comme pour les femmes, les celle des petites villes en raison de la forte
zones de forte mortalité (espérance de vie fécondité de sa banlieue (1,59 enfant par femme
inférieure d’au moins 0,8 an à la moyenne) à Paris, 1,99 en banlieue). Les écarts de
comprennent la Bretagne, la Haute-Normandie, fécondité selon la taille de l’agglomération sont à
le Nord - Pas-de-Calais, la Picardie et la
lier au phénomène de périurbanisation. Souvent,
Lorraine, ainsi qu’un espace plus central lorsqu’elles veulent s’agrandir, les familles
couvrant la Bourgogne, l’est de la région Centre,
déménagent en s’éloignant des centres. La
l’Auvergne et l’est du Limousin (cartes 7 et 8). naissance a alors lieu en banlieue ou en grande
Pour les hommes, les zones de forte mortalité banlieue, où les logements sont plus grands et
incluent aussi la Basse-Normandie et moins coûteux, ce qui renforce la fécondité de
Champagne-Ardenne, et pour les femmes, ces zones.
l’Alsace et une partie du Languedoc-Roussillon.
Les zones d'emploi où l'espérance de vie
dépasse d’au moins une année la moyenne se
Des accouchements partout plus concentrent principalement dans l’ouest, Midi-
tardifs Pyrénées et les Alpes pour les hommes. Pour les
femmes, ces zones sont assez disséminées sur
Entre 1975 et 1999, l’âge moyen des femmes à le territoire, tout en étant majoritaires dans
l’accouchement a augmenté de 26,7 ans à 29,3 l’ouest du Bassin parisien.
ans en métropole, soit de 2,6 ans en un quart de
siècle. Cette hausse a été minimale dans le Avec une espérance de vie masculine de 71,9
Nord - Pas-de-Calais (2 ans) et maximale en Île- ans et féminine de 80,5 ans, le Nord - Pas-de-
de-France (3,3 ans). C’est aussi en Île-de-France Calais est en queue de classement. L’espérance
que les femmes accouchent le plus tard (30,2 de vie des hommes y est inférieure de 3,1 ans à
ans en moyenne). Et c’est dans les régions les la moyenne nationale et de 4,5 ans à celle de
plus fécondes, le Nord - Pas-de-Calais et la l’Île-de-France et de Midi-Pyrénées, où elle
Picardie, que les femmes accouchent le plus tôt. atteint 76,4 ans. Pour les femmes, l’écart est de
Une évolution déjà perceptible au début des 2,7 ans par rapport à Rhône-Alpes, à Poitou-
années quatre-vingt, si on exclut la région Charentes et aux Pays de la Loire, où les
parisienne, s’est renforcée par la suite : en habitantes peuvent espérer vivre 83,2 ans. La
France, la fécondité tend à être d’autant plus Picardie, qui se situe pourtant à l’avant-dernière
élevée que l’âge à l’accouchement est jeune. place du classement, présente des espérances
de vie sensiblement plus élevées que le Nord -
En 1999, le Nord - Pas-de-Calais et la Picardie Pas-de-Calais (73,4 ans pour les hommes et
se caractérisent par les taux de fécondité avant 81,3 ans pour les femmes).
25 ans les plus élevés de métropole. À l’inverse,
la fécondité des Franciliennes avant 30 ans est En 1999, au niveau départemental, les Parisiens
l’une des plus basses de l’hexagone ; elle y est sont les hommes qui ont la plus forte longévité
en revanche la plus élevée après 30 ans. Si la (77,2 ans). De leur côté, les Parisiennes sont
fécondité des habitantes des Dom est proche de devancées par les habitantes de l’Indre-et-Loire
la moyenne métropolitaine entre 25 et 35 ans, (83,6 ans) et de la Vienne (83,5 ans). Parmi les
elle y est plus forte avant 25 ans et après 40 ans, départements d’outre-mer, la Martinique est la
et se situe au niveau de l’Île-de-France à 35-39 mieux placée : en 1990 comme en 1999,
ans. D’où la première place des Dom au l’espérance de vie des hommes y dépasse la
classement régional. moyenne nationale masculine. La Guyane et la
Réunion sont, en 1999 comme en 1990, les deux
départements français où la longévité moyenne
pour les deux sexes est la plus basse. Toutefois,
7avec une espérance de vie de 71,5 ans pour les (Bretagne et Normandie), l’est (Alsace, Lorraine,
hommes, la Guyane a rattrapé le Pas-de-Calais Franche-Comté), l’Île-de-France et le nord de
en 1999. Rhône-Alpes que l’espérance de vie a le plus
augmenté. Le Languedoc, ainsi qu’un croissant
L’espérance de vie des habitants d’une zone s’allongeant depuis Poitou-Charentes jusqu’au
dépend de leur mortalité aux différents âges. sud de la Champagne en passant par le
Dans les années soixante, la mortalité avant 60 Limousin et le Berry, ont enregistré les progrès
ans contribuait le plus aux écarts d’espérance de les plus faibles.
vie entre régions. Aujourd’hui, c’est la mortalité
après 60 ans qui est déterminante dans les Il y a donc eu atténuation des particularités
écarts observés. En 1999, les hommes et les régionales, probablement en raison d’un
femmes ayant atteint 60 ans peuvent espérer rapprochement des modes de vie (pratiques
vivre en moyenne 20,2 et 25,3 ans. A cet âge, alimentaires par exemple). Entre 1954 et 1999,
en excluant le Nord-Pas-de-Calais, les écarts l’amplitude entre l’espérance de vie dans les cinq
d’espérance de vie entre régions s’élèvent régions les plus et les moins favorisées est ainsi
encore à 2,0 et 1,6 ans pour les hommes et les passée de 4,0 à 2,6 ans pour les hommes et 2,6
femmes respectivement, contre 3,0 et 1,9 ans à à 1,6 ans pour les femmes. En 1975, ces écarts
la naissance (cartes 9 et 10). Si la plupart des étaient encore de 3,6 et 2,3 ans.
régions doivent plutôt leur classement au niveau
de leur mortalité après 60 ans, certaines font
cependant exception. Rhône-Alpes, par Les décès excèdent les naissances
exemple, se situe au-dessus de la moyenne à 60 dans les zones vieillies
ans ou plus, mais doit surtout son bon niveau à

la faible mortalité avant cet âge.
En 1999, le taux d’accroissement naturel est le
plus souvent négatif dans le quart sud-ouest de eAu cours de la seconde moitié du XX siècle, la
l’hexagone, le Massif Central, l’ouest de la mortalité masculine est, à tout âge, plus forte
Bourgogne et le sud de la région Centre. En
que la mortalité féminine. L’écart entre les
Bretagne et Poitou-Charentes, les zones espérances de vie des hommes et des femmes a
d’emploi excédentaires et déficitaires se
atteint 8,2 ans en 1990. Il a même dépassé 10
côtoient. Ailleurs, les naissances sont
ans dans le Finistère entre 1975 et 1990 et dans
généralement plus nombreuses que les décès. le Morbihan en 1982 et 1975. L’écart tend
Le taux d’accroissement naturel est
toutefois à s’atténuer : il s’élève à 7,5 ans en
particulièrement élevé dans les départements 1999, mais atteint encore 8,6 ans dans le Pas-
d’outre-mer, avec un taux de 13,5 ‰ contre
de-Calais et 8,4 ans en Bretagne. L’Île-de-France
3,7 ‰ en métropole. Logiquement, les régions et la région Midi-Pyrénées, avec des écarts de
où les naissances dépassent les décès sont les
6,6 et 6,5 ans, sont les régions les moins
régions « jeunes », où la fécondité est inégalitaires. Localement, le désavantage
relativement élevée.
masculin est d’autant plus accusé que
l’espérance de vie à la naissance est basse.
En 1999, plus une unité urbaine est peuplée,

plus son taux d’accroissement naturel est élevé.
Dans les communes rurales, ce taux est positif et
Les disparités régionales de mortalité d’un niveau comparable à celui des unités
s’atténuent urbaines de 5 000 à 10 000 habitants. En effet, si
le taux de natalité de ces petites agglomérations
est supérieur à celui des communes rurales, le Entre 1954 et 1999, grâce aux progrès médicaux
et sanitaires, l’espérance de vie à la naissance taux de mortalité y est également un peu plus
élevé, ce qui est peut-être dû à la présence en France métropolitaine a augmenté de 10,0
ans pour les hommes et de 11,3 ans pour les importante de maisons de retraite. Dans
l’ensemble des communes appartenant à femmes. Au niveau infra-national, elle a
progressé partout et cette évolution s’est l’espace à dominante rurale (qui peuvent être
des villes de moins de 20 000 habitants), le accompagnée d’une réduction des disparités de
mortalité. Autrement dit, les progrès ont été en nombre des décès excède en revanche celui des
naissances.moyenne plus rapides pour les régions à forte
mortalité. Depuis 1968, c’est dans l’ouest
8ERCARTE 1 : PART DES MOINS DE 20 ANS PAR ZONE D’EMPLOI AU 1 JANVIER 1999
Sources : état civil de 1998-2000 et recensement de la population 1999, Insee.














Part des moins de 20 ans, en %

18,1 à 23,5
23,5 à 25,7
25,7 à 27,0
27,0 à 32,0












ERCARTE 2 : PART DES 65 ANS OU PLUS PAR ZONE D’EMPLOI AU 1 JANVIER 1999
Sources : état civil de 1998-2000 et recensement de la population 1999, Insee.











Part des 65 ans ou plus, en %
5,0 à 15,0
15,0 à 18,0
18,0 à 21,0
21,0 à 29,0








9CARTE 3 : EVOLUTION DE LA PART DES MOINS DE 20 ANS ENTRE 1968 ET 1999 PAR DEPARTEMENT
Sources : état civil de 1967-1969 et 1998-2000, et recensements de la population 1968 et 1999, Insee.










Différence entre la part en 1999
et la part en 1968, en point
-2,4 à -7,5
-7,5 à -9,1 -9,1 à -10,3
-10,3 à -13,1










CARTE 4 : EVOLUTION DE LA PART DES 65 ANS OU PLUS ENTRE 1968 ET 1999 PAR DÉPARTEMENT
Sources : état civil de 1967-1969 et 1998-2000, et recensements de la population 1968 et 1999, Insee.










Différence entre la part en 1999
et la part en 1968, en point
-2,0 à 3,0
3,0 à 4,2
4,2 à 5,6
5,6 à 7,7









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