Enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005 : Une croissance démographique ralentie en Haute-Normandie

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Au 1er janvier 2005, la population de la Haute-Normandie est estimée à 1 806 000 habitants. La population régionale progresse à peu près au même rythme que durant la décennie précédente tandis que la France métropolitaine connaît une accélération. Les région du sud et de l'ouest conservent une démographie dynamique alors que dans le quart nord-est, à l'exception de l'Alsace et de l'Ile-de-France, la croissance de la population est nettement plus modérée.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 51 - Janvier 2006
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
ENQUÊTES ANNUELLES DE RECENSEMENT 2004 ET 2005
Une croissance démographique
L’ATTRACTIVITÉ EN QUESTION ralentie en Haute-Normandie
Le 17 janvier dernier ont été diffusés les
premiers résultats de l’enquête de recen- Damien Barthélémy
sement 2005. Ces chiffres montrent que
la croissance de la population haut-nor-
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DE 1962 À 2005Au 1er janvier 2005, lamande tend à se ralentir tandis que la po-
pulation française progresse à un rythme 135population de la
plus rapide. La Haute-Normandie n’est Haute-Normandie est estimée à 130
Haute-Normandiepas la seule région à avoir une croissance 1806000 habitants. La 125
relativement faible : c’est le cas de la plu-
population régionale progresse 120part des régions du centre, du nord et de
à peu près au même rythme quel’est, à l’exception de l’Ile-de-France et de 115
France métropolitainedurant la décennie précédentel’Alsace. Le ralentissement de la natalité
110
et la légère remontée du nombre de tandis que la France
105décès grèvent la démographie régionale. métropolitaine connaît une
Mais de plus, ces premiers résultats 100accélération. Les régions du sud
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005confirment une tendance observée depuis
et de l’ouest conservent une
Source : INSEE - Unité : indice base 100 en 1962le milieu des années 1970 : le solde mi-
Recensements de la population,démographie dynamique alorsgratoire reste négatif, les départs étant Enquêtes annuelles de recensement
que dans un grand quartplus nombreux que les arrivées. Dans un
0,62 %. Pour la Haute-Normandie, lacontexte national et international où les nord-est, à l’exception de
croissance démographique subit unpopulations sont de plus en plus mobiles, l’Alsace et de l’Ile-de-France, la
léger ralentissement par rapport à la pé-pour poursuivre des études, occuper un croissance de la population est riode 1990-1999 (0,27 % par an). Le dif-travail ou profiter de la retraite, la
nettement plus modérée. férentiel de croissance s’est creusé avecHaute-Normandie n’apparaît pas comme
la France métropolitaine, qui connaît uneune destination privilégiée, contrairement
a deuxième enquête annuelle de progression plus rapide de sa populationaux régions du sud et de l’ouest. Ces ten- Lrecensement, effectuée selon la que lors de la décennie 90 (0,62 % pardances ne sont pas inéluctables, comme
nouvelle méthode, a eu lieu en janvier-fé- an contre 0,37 %). Ce rythme d’évolutionpeut le montrer l’histoire des régions
vrier 2005. Elle a conduit à affiner les es- place la Haute-Normandie au 18e rangfrançaises.
timations de population de la France et des régions. Elle était au 14e rang sur la
des régions. Pour la Haute-Normandie, précédente période inter censitaireDamien BARTHÉLÉMY
l’estimation révisée au 1er janvier 2004 (1990-1999). Ce rang est à relativiser carResponsable de la division
est de 1 802 000 habitants. Elle rem- la croissance est du même ordre que“Populations et politiques sociales”
place celle diffusée il y a un an. celles constatées en Basse-Normandie
Au 1er janvier 2005, la population de et en Auvergne (0,26 %) et très proche
la région est estimée à 1 806 000 habi- de celle du Limousin (0,29 %).
tants contre 1 780 192 au recensement
ÉVOLUTION ANNUELLE DE LA POPULATIONde 1999. Un chiffre qui place la région au
ENTRE 1999 ET 2005 PAR RÉGION
13e rang parmi les 22 régions de France
S O MM A IRE métropolitaine, entre la Picardie
(1 877 000) et l’Alsace (1 805 000). A la
POPULATION même date, la population de la France
ENQUÊTES ANNUELLES DE RECENSEMENT 2004 ET 2005 est estimée à 62,5 millions d’habitants
Une croissance démographique ralentie
dont 60,7 millions pour la métropole eten Haute-Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1,8 million pour les départements
INDUSTRIE d’outre-mer. La Haute-Normandie ras-
LE SECTEUR INDUSTRIEL
semble 3 % de la populationDE LA CHIMIE - CAOUTCHOUC - MATIÈRES PLASTIQUES
La chimie, premier employeur industriel. . . . . . 4 métropolitaine.
Sur la période 1999-2005, la crois-
CONJONCTURE
sance démographique régionale a étéLA
EN HAUTE-NORMANDIE AU 3e TRIMESTRE 2005 moins rapide qu’au niveau national : 4
Activité morose en attente d’une reprise . . . . . 6
0,24 % en moyenne annuelle contre Source : Insee, recensement de la population 1999, enquête annuelle de recensement 2005
POPULATIONLE NOUVEAU RECENSEMENT ÉVOLUTION DES DÉCÈS DOMICILIÉS décalage est en partie lié à une évolution
DE LA POPULATION
moins “ favorable ” de la fécondité. Dans112La nouvelle méthode de recensement substitue au comp-
ce domaine, le comportement des ré-tage traditionnel effectué tous les huit ou neuf ans une tech- 110
nique d’enquête annuelle. Haute-Normandie gions tend à s’homogénéiser. En
108Les enquêtes sont réalisées en étroit partenariat avec les
2003-2004, l’indicateur conjoncturel decommunes concernées. La deuxième enquête a eu lieu en 106
janvier-février 2005. Elle a permis de calculer et de restituer fécondité de la Haute-Normandie est de
une estimation de population aux communes de moins de 104
10 000 habitants recensées en 2005. Ces chiffres sont acces- 1,91 contre 1,88 pour la France métropo-
102sibles sur le site internet de l’Insee (www.insee.fr). Deux litaine ; au début des années 90, l’écart
cents grandes villes ont également été destinataires d’une 100
estimation de leur population. Ce calcul a été possible pour était de plus de 0,1 point.France métropolitaine
98les villes de taille suffisante et dont la structure de l’habitat Les Pays de la Loire sont dorénavant la
est suffisamment homogène pour que l’échantillon des deux 96
premières enquêtes représente de façon satisfaisante l’en- région la plus féconde avec 2 enfants par
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004
semble de la population de la commune. femme en moyenne ; ils devancent la Pi-Par ailleurs, les résultats des enquêtes ont permis de réviser
Source : INSEE - État civil Unité : indice base 100 en 1990pour la France et les régions, les estimations de population. cardie et l’Ile-de-France. La Haute-Nor-
Au cours de l’été 2006, l’Insee diffusera les principales carac-
mandie, 3e région en 1990 n’est plus quetéristiques de la population des communes de moins de
ÉVOLUTION DES NAISSANCES DOMICILIÉES10 000 habitants recensées en 2005, des communes de plus 8e, en moyenne, sur 2003-2004. Toutefois,
de 10 000 dont la population est estimée (Rouen,
l’écart avec la région la plus féconde est le102Le Havre et Evreux pour la Haute-Normandie), de la France et
des régions. En revanche, l’échantillon ne permet pas à ce même qu’en 1990.
100stade de calculer ces données pour les départements ni pour
les zonages infra-régionaux. France métropolitaine
Les premières estimations n’ont pas de valeur juridique. 98 INDICATEUR CONJONCTUREL DE
C’est à l’issue d’un cycle d’enquêtes de cinq ans, en 2008, FÉCONDITÉ (moyenne 2003 et 2004)
que l’Insee diffusera, pour la première fois, la population lé- 96
gale de chaque commune et de chaque circonscription admi-
nistrative, ainsi que les résultats statistiques complets à
94
tous les échelons géographiques.
92
Haute-Normandie
90La Haute-Normandie ne se dé- 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004
marque pas de l’ensemble des régions
Source : INSEE - État civil Unité : indice base 100 en 1990
du nord et de l’est. A l’exception de
l’Alsace et de l’Ile-de-France, la crois-
ces par an pour 15 700 décès, la crois-
sance démographique de ces régions est
sance due au solde naturel reste
faible ; la population de la Cham-
soutenue : de l’ordre de 7 600 habitants
pagne-Ardenne est même en baisse.
par an sur la période 1999-2004, soit une
Les cinq régions limitrophes de
croissance annuelle moyenne de 0,42 %
l’Ile-de-France (Haute-Normandie, Pi-
(0,39 % en France métropolitaine). La
cardie, Champagne-Ardenne, Bour-
Haute-Normandie se situe au 7e rang
gogne et Centre) regroupent 9,1 millions
pour l’évolution de la population due au
d’habitants. Dans cet ensemble, où la po-
solde naturel. Les autres régions, où la La Haute-Normandie reste déficitairepulation a progressé de 0,19 % par an
croissance liée au solde naturel est forte, dans ses échanges migratoires à l’instarentre 1999 et 2005, le Centre (0,34 %) et
sont l’Ile-de-France (+ 0,89 %), mais des régions du nord et de l’est (Cham-la Haute-Normandie connaissent la plus
aussi le Nord-Pas-de-Calais, pagne-Ardenne, Nord-Pas-de-Calais, Pi-forte croissance démographique.
Rhône-Alpes, l’Alsace, la Picardie et les cardie, Lorraine) et de l’Ile-de-France (1).Les régions les plus dynamiques res-
Pays de la Loire (entre 0,43 % et A l’issue des collectes de 2004 ettent celles du sud de la France : le Langue-
0,52 %). 2005, 558 communes de moins dedoc-Roussillon (1,43 %), Midi-Pyrénées
Pour autant la croissance de la popu- 10 000 habitants ont été recensées en(1,15 %), la Corse (0,95 %), l’Aquitaine
lation due au solde naturel tend à se ré- Haute-Normandie. Une forte proportion(0,93 %), Rhône-Alpes (0,89 %), Pro-
duire. Sur la période 1990-1998, elle était de ces communes (73 %) ont une popu-vence-Alpes -Côte d’Azur (0,87 %). Par ail-
de 8 400 par an en moyenne. Ce recul lation stable ou en augmentation depuisleurs, l’ouest connaît également une
est lié, à la fois, à une baisse des nais- le recensement de 1999. La part descroissance plus forte que la moyenne na-
sances (- 2 %) et à une augmentation communes dont la population décroîttionale dans les Pays de la Loire (0,84 %)
des décès (+ 2%). En France métropoli- (27 %) est plus faible qu’au niveau natio-et en Bretagne (0,78 %), du fait notam-
taine, entre les deux périodes, les nais- nal (32 %). Globalement, les communesment d’une attractivité qui se confirme.
sances ont augmenté de 4 %. Ce de moins de 10 000 habitants ont enre-Pour la Haute-Normandie, la crois-
gistré une croissance annuelle moyennesance se situe dans le prolongement de
ÉVOLUTION DU SOLDE NATUREL de leur population de 0,6 % contre 0,9%la tendance des années quatre-vingt-dix. EN HAUTE-NORMANDIE
au niveau national.Cet accroissement de la population ré- Moyenne annuelle
sulte d’un excédent naturel (naissances (1) Le solde migratoire apparent est calculé comme la diffé-1990-1998 1999-2004
rence entre la variation de population et le solde naturel. Il re-
moins décès) qui demeure largement po- Naissances 23 800 23 300 présente à la fois la différence entre les entrées et les sorties de
la région et l’ajustement induit par les différences de méthodesitif ; le solde migratoire, lui, reste nette- Décès 15 400 15 700
entre le recensement de 1999 et le nouveau recensement. Le
ment déficitaire. nouveau étant de meilleure qualité, le solde mi-Solde naturel 8 400 7 600
gratoire effectif est certainement plus déficitaire que ne l’in-Avec, en moyenne, 23 300 naissan- Source : INSEE - État civil Unité : nombre dique le solde migratoire apparent.
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 51 - Janvier 2006ÉVOLUTION ANNUELLE MOYENNE RÉCENTE DANS LES COMMUNES AYANT MOINS DE 10 000 HABITANTS EN 1999
A ce stade, deux communes sur cinq ont été recen-
sées ; il n’est donc pas possible de tirer des enseigne-
ments locaux. A cet égard, la carte donne une vue
d’ensemble de la région mais ne peut donner lieu à des
analyses locales. De plus, sur cette carte ne figurent
pas les 25 communes de plus de 10 000 habitants qui
ne sont recensées que partiellement.
RÉPARTITION DES COMMUNES DE MOINS DE 10 000 HABITANTS
RECENSÉES EN 2004 ET 2005 SELON LA VARIATION ANNUELLE DE
LEUR POPULATION DEPUIS 1999
200
150
100
50
0
de -10 à - 5,1 de 10 à 14,9< à -15 de 0 à 4,9 de 20 à 29,9
de -15 à -10,1 de -5 à -0,1 de 5 à 9,9 de 15 à 19,9 > ou = à 30
Source : INSEE - Unité : nombre de communes
Recensement de la population 1999, Enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005
Note de lecture : 196 communes ont gagné entre 0 et moins de 5 habitants par an en
moyenne depuis 1999.
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DU HAVRE,
DE ROUEN ET D’ÉVREUX DE 1962 À 2004
250
Le Havre
200
150
Rouen
remplacent les premières estimations 100Sur la base des deux premières en-
diffusées l’an dernier pour Rouen et Lequêtes de recensement, une estimation
50
Havre à l’issue d’une seule enquête dede la population, datée du 1er juillet Évreux
recensement. Rouen et Evreux conti- 02004, a été calculée pour les trois plus
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004
nuent de gagner des habitants tandisgrandes communes. Il s’agit du Havre
que la population du Havre décroît et ce,(184 000 hab.), de Rouen (109 000 hab.) Source : INSEE - Unité : millier d’habitants
Recensements de la population,depuis 1975et d’Evreux (51 700 hab.). Ces chiffres Enquêtes annuelles de recensement
NOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
COMMERCE EXTÉRIEUR RÉGIONAL HAUSSE DU PRIX DES LOGEMENTS AU HAVRE
LA HAUTE-NORMANDIE Au 3e trimestre 2005, la région Haute-Normandie occupe la Le prix des logements neufs de l’agglomération du Havre a
DÉVELOPPE LES BIO-CARBURANTS 6e place au palmarès des régions exportatrices françaises en as- fortement augmenté au cours du premier semestre 2005
Avec 3,8 % de la surface agricole en “culture gel industriel” et surant 6 % des exportations de la France et le 5e rang des ré- (+14,5 % par rapport à 2004), avec notamment la mise sur le
culture énergétique (31 500 ha), la Haute-Normandie est la qua- gions importatrices en réalisant 6,5 % des importations. marché de nouveaux programmes immobiliers. Depuis 2 ans, la
trième région pour l’importance des cultures à orientation indus- Sur l’année glissante, les produits pétroliers raffinés sont le hausse était comprise entre 6 et 7 % par an.
trielle et énergétique. La région se situe derrière la Cham- 1er poste des exportations dont ils représentent 16 %. Les pro- Le prix moyen du logement ancien suit la même évolution. La
pagne-Ardenne (5,4 %), la Lorraine (4,3 %) et l’Ile-de-France duits de la construction automobile viennent au 2e rang, suivis hausse qui avait été de 5 % entre 2002 et 2003, est de 10 % pour
(3,9 %). des produits de la chimie organique. 2004 et atteint déjà 13 % pour les 6 premiers mois de 2005. La
En 2005, la Haute-Normandie réalise 18 700 ha de colza dies- Les importations de produits énergétiques continuent de pro- hausse du prix moyen des pavillons, qui était comprise entre 10
ter et 8 900 de colza érucique (détergents, émulsifiants, gresser dans le contexte d’augmentation des cours du pétrole et et 12 % depuis 3 ans, a franchi un nouveau pallier au premier se-
lubrifiants). représentent 52 % des importations ce trimestre. mestre 2005 avec une augmentation de 18 %.
Ces cultures couvrent 1 % des consommations de carburant Le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie Etat et tendances du marché du logement dans la région havraise : année
et de fioul de la Haute-Normandie (estimées à 2,5 millions de et les Pays-Bas sont les principaux clients de la Haute-Nor- 2004 et 1er semestre 2005 / AURH. - In : Observatoire logement de la région
tonnes) et un tiers des besoins en énergie fioul de l’agriculture. havraise. - N° 58 (2005, nov.) ; 40 p.mandie et absorbent 51 % des exportations de la région.
Données statistiques / Jacques Caron ; DRDAF. - In : Agreste Seine-Maritime. Chiffres régionaux du commerce extérieur / Douanes. - (2005, 3e trimestre) Nelly LANNEFRANQUE, Corinne MARISSIAUX
Situation mensuelle. - (2005, nov.) ; 4 p.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 51 - Janvier 2006 3

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