Evolution des naissances en Haute-Normandie : une baisse de 20% en 30 ans

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La Haute-Normandie " région jeune et à forte natalité" : cette appréciation, souvent formulée, mérite d'être tempérée. Depuis une trentaine d'années, depuis la fin du "baby-boom", le nombre des naissances est en forte baisse : de 29 000 au début des années 70, il est désormais voisin de 23 000 par an. Ce recul est lié à la diminution de la fécondité. Il a été plus marqué en Haute-Normandie qu'en France métropolitaine en raison d'une baisse plus forte de la fécondité. Il est amplifié par le départ des jeunes qui quittent la région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 38 - octobre 2004
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
LORSQUE L’ENFANT PARAÎT ÉVOLUTION DES NAISSANCES EN HAUTE-NORMANDIE
Une baisse de 20% en 30 ans
Les Haut-Normands sont toujours
nombreux à vouloir fonder une
Marie-Claude COLLET
famille : parfois, une nouvelle fa-
Damien BARTHÉLÉMY
mille se construit après une rup-
ture ; parfois, un seul parent élève
le(s) enfant(s). Bref, si la cellule
La Haute-Normandie «région raison d’une baisse plus fortefamiliale évolue, le nombre de fa-
milles reste important. Mais ce qui jeune et à forte natalité» : de la fécondité. Il est amplifié
change c’est le nombre d’enfants.
cette appréciation, souvent par le départ des jeunes qui
Pendant le «baby-boom», les
formulée, mérite d’être quittent la région.Haut-Normandes mettaient au
monde en moyenne trois enfants, tempérée. Depuis une
aujourd’hui moins de deux. Les n 2002, il est né 22 748 bébés en
trentaine d’années, depuis laconséquences sur la natalité sont EHaute-Normandie ; c’est le chiffre le
directes et expliquent la forte fin du «baby-boom», le nombre plus faible depuis 1945. L’embellie de l’an
baisse des naissances depuis 30 2000, avec 24 000 nouveau-nés, ne s’estdes naissances est en forte
ans. La Haute-Normandie région pas prolongée au-delà de 2001. En 2003,baisse : de 29 000 au débutféconde, l’image s’estompe.
les premières estimations indiquent une
Et plus encore, si le nombre d’en- des années 70, il est désormais légère remontée à 23 200 naissances. On
fants par femme ne diminue plus
voisin de 23 000 par an. Ce est loin du régime de natalité qui a prévalu
(et même remonte un peu depuis
de 1946 à 1973 où l’on comptait, selon lesrecul est lié à la diminution de10 ans), vieillissement de la popu-
années, de 28 000 à 30 000 naissances.
lation et départ des jeunes géné- la fécondité. Il a été plus
Plus précisément, entre le début des années
rations font que les femmes en
marqué en Haute-Normandie 70 et le début des années 2000, la baisse duâge d’avoir des enfants sont de
nombre de naissances est de 19%.qu’en France métropolitaine enmoins en moins nombreuses
Cette évolutiondans notre région.
n’est pas propre à laCela aura des effets évidents sur
Haute-Normandie.la pyramide des âges. La
Dans l’ensemble de laHaute-Normandie région jeune,
France métropolitainepour combien de temps encore ?
la baisse est sen-
Damien BARTHÉLÉMY sible : on est passé de
Service des études 865 000 à 765 000
et de la diffusion naissances, en
moyenne par an, soit
un recul de 11,5%.
Trois régions seule-
ment ont vu leur nata-S O MM A IRE
lité s’accroître sur la
période : le Langue-
DÉMOGRAPHIE
doc-Roussillon, Pro-ÉVOLUTION DES NAISSANCES EN HAUTE-NORMANDIE
Une baisse de 20% en 30 ans . . . . . . . . . . . . . . . 1 vence-Alpes-Côte
d’Azur et l’Ile-de-France.
POPULATION
A l’inverse, d’autres ré-ACCUEIL DE LA PETITE ENFANCE
De plus en plus d’assistantes maternelles . . . . 4 gions ont connu une
baisse encore plus
ANALYSES CONJONCTURELLES
marquée. Dans ceLA CONJONCTURE EN HAUTE-NORMANDIE
AU 2E TRIMESTRE 2004 classement, la
Haute-Normandie : la reprise se poursuit. . . . . 7
DÉMOGRAPHIERÉPARTITION DES NAISSANCES SELON L’ÂGE DE LA MÈRE
DÉFINITIONS
1982 2002
35 ans
et plus 35 ansNaissances : il s’agit des naissances do- Moins de
et plusMoins 20 ansmiciliées à la commune de résidence de
de 20 ans
30à34ansla mère. 20à24ans
Indicateur Conjoncturel de Fécondité
(ICF) : nombre moyen d’enfants nés vi-
vants que mettrait au monde chaque 30à34ans
femme d’une génération fictive, non
soumise à la mortalité, si, à chaque âge,
son taux de fécondité était identique à
20à24ans
celui observé l’année considérée. Pour
une année donnée, il se calcule en som-
25à29ans
mant les taux de fécondité par âge de 15 25à29ans
à 49 ans.
Contrairement au taux de natalité, l’ICF Source : INSEE - État-Civil Unité : naissance
est indépendant de la structure par âge.
Taux de fécondité : Il se calcule en rap- fécondité n’est plus que de 2,1. Et depuis des études ou pour des raisons profes-
portant le nombre de naissances surve- 1976, il oscille autour de 1,9 avec une re- sionnelles, a contribué au recul de la na-
nues pour des femmes d’un âge donné à
montée de 1980 à 1982, et un creux en talité. L’âge moyen des mères à
l’effectif des f de cet âge.
1993-1994. l’accouchement augmente régulière-
Au début des années 2000, la ment. Les naissances issues de mères
INDICE CONJONCTUREL DE FÉCONDITÉ
Haute-Normandie reste plus féconde âgées de plus de 35 ans, voire même de
Évolution entre
Moyenne 1967-1969 que la moyenne des régions de métro- plus de 40 ans, sont de plus en plus fré-
1998-2000 et 1998-2000
pole : 1,89 enfant par femme contre 1,81. quentes. En 1968, l’âge moyen desNord-Pas-de-Calais 1,96 -1,06
1,95 -1,06 Elle se situe au 4e rang derrière lePicardie mères était de 27,1 ans en Haute-Nor-
Pays de la Loire 1,90 -1,06 Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et les mandie, un des plus bas des régions
Haute-Normandie 1,89 -0,98
Pays-de-la-Loire. Mais «l’avantage» par françaises. Aujourd’hui il atteint 28,8 ans,Basse-Normandie 1,88 -1,03
Ile-de-France 1,88 -0,31 rapport au niveau national s’est forte- soit plus d’une année et demie supplé-
Franche-Comté 1,85 -1,01 ment réduit. mentaire. La Haute-Normandie reste
Bretagne 1,85 -1,08
néanmoins parmi les régions où l’âgeChampagne-Ardenne 1,82 -1,12
Rhône-Alpes 1,81 -0,76 moyen à l’accouchement est le plus bas.
France métropolitaine 1,81 -0,78
UN DÉCALAGE DU CALENDRIER Le nombre de naissances est égale-
Centre 1,80 -0,93
DES NAISSANCESProvence-Alpes-Côte d’Azur 1,77 -0,52 ment lié à celui des femmes en âge
Bourgogne 1,75 -0,99 d’avoir des enfants ainsi qu’à leur réparti-
Alsace 1,73 -0,98
Dans la région, en une trentaine tion par âge. En première approximation,Lorraine 1,73 -1,13
Poitou-Charentes 1,72 -1,01 d’années, le nombre moyen d’enfants nous considérerons la population des
Languedoc-Roussillon 1,69 -0,70 par femme (ICF) a diminué d’un point femmes âgées de 20 à 39 ans car elles
Aquitaine 1,64 -0,80
contre 0,8 point pour la métropole. La sont à l’origine de plus de 90% desMidi-Pyrennées 1,63 -0,70
Corse 1,61 -0,78 Haute-Normandie est au 11e rang pour naissances.
Auvergne 1,61 -0,88 le recul de la fécondité. Toutes les ré- Entre les recensements de 1968 et
Limousin 1,53 -0,76
gions ont été touchées par cette baisse 1990, la population de ces jeunesSource : INSEE - État-Civil, recensements de la population
de la fécondité, mais à des degrés dif- femmes s’est accrue de 39% dans la
Haute-Normandie se situe au 13e rang et férents. Dans l’ensemble on assiste à région et de 34% dans l’ensemble de la
la Basse-Normandie au 14e rang. un nivellement par le bas. En 1968, France métropolitaine. Cette forte aug-
Cette baisse du nombre de naissan- l’écart entre la région la plus féconde, mentation a d’abord compensé, puis
ces est directement liée au recul de la fé- le Nord-Pas-de-Calais, et la région la freiné la baisse de la natalité liée au recul
condité des femmes, c’est-à-dire leur moins féconde, l’Ile-de-France, était de
nombre moyen d’enfants mesuré, ici, par 0,8 point. En 1999, entre le ÉVOLUTION DU NOMBRE DE FEMMES DE 20 À 39 ANS
l’Indice Conjoncturel de Fécondité (ICF). Nord-Pas-de-Calais et le Limousin 140
Haute-Normandie
En Haute-Normandie, depuis le tout l’écart est de 0,4 point. Cela corres-
130début du XXe siècle et jusqu’au milieu pond à une certaine homogénéisation
France métropolitainedes années 60, le nombre moyen d’en- des comportements de fécondité entre
120
fants par femme se situait au-dessus de les régions.
3. La fécondité y était nettement supé- Pour une part, ce recul de la fécondi- 110
rieure à la moyenne française. A partir de té s’explique par un décalage du calen-
100la fin des années 60, la fécondité a dimi- drier des naissances. Le fait de différer la 1968 1975 1982 1990 1999 2002
nué. En 1975, l’indicateur conjoncturel de maternité, par exemple pour poursuivre Source : INSEE - Recensements de la population
Unité : Base 100 en 1968
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 38 - Octobre 2004de la fécondité. Depuis le début des ÉVOLUTION DU NOMBRE DES NAISSANCES
années 90, il en va tout autrement. Les Haute-Normandie France
30 000 900 000générations de femmes qui arrivent en
âge d’avoir des enfants sont moins nom-
28 000 840 000breuses. Ce sont précisément celles qui Haute-Normandie
sont nées au milieu des années 70.
780 00026 000
Au niveau national, cette baisse n’a France
pas empêché une reprise des naissan-
720 00024 000
ces liée, depuis 1995, à une remontée de
la fécondité. En revanche, en Haute-Nor- 22 000 660 000
mandie, même si la fécondité a, ces der-
20 000 600 000nières années, également un peu
augmenté, les naissances restent au
plus bas car le nombre de femmes en
âge de procréer baisse rapidement. En Source : INSEE - État-Civil
2002, 244 000 haut-normandes ont entre
plifiée par les mouvements migratoires. Et ces jeunes qui partent, le plus souvent20 et 39 ans soit 9% de moins qu’en
Ainsi, entre les recensements de 1990 et fondent leur famille dans une autre1990. Ce recul est deux fois plus rapide
de 1999, on a enregistré 14 000 départs région.qu’au niveau national. En effet, en
nets de jeunes ayant entre 20 et 35 ans. Pour l’avenir, s’il est difficile de pré-Haute-Normandie, la baisse est am-
voir l’évolution de la fécondité, en re-
vanche, il est assuré que la population
UN SIÈCLE DE NATALITÉ des femmes en âge d’avoir des enfants
va continuer de diminuer en Haute-Nor-
A partir des années quarante et après plusieurs années mouvementées dues aux
mandie et ce mouvement va tirer les
deux guerres mondiales, la fécondité des femmes françaises connaît une forte crois-
naissances vers le bas. Avec toutes lessance. Autant la première guerre mondiale avait provoqué un effondrement de la fé-
conséquences que cela aura sur la pyra-condité entre 1915 et 1919, autant la seconde a eu des effets différents : la reprise des
naissances a eu lieu avant la fin du conflit, de plus la baisse des naissances n’a pas mide des âges et le vieillissement de la
été très forte. Dès 1943, le nombre des naissances est comparable à celui de population
l’avant-guerre (de l’ordre de 20 000 en Haute-Normandie et 600 000 en France). Au
sortir de la seconde guerre mondiale, environ 29 000 enfants naissent chaque année
en Haute-Normandie (840 000 pour la France). C’est ce que l’on a appelé le
“Baby-Boom”, période qui va durer de 1946 à 1973, soit presque trente ans. Mais, ce
ne fut qu’une parenthèse dans une tendance générale à la baisse qui a touché tous
les pays occidentaux.
La baisse de la fécondité qui s’est amorcée au début des années 70 s’est accélérée
au cours des années 80 et s’est poursuivie pendant toute la décennie suivante, mais
a un rythme ralenti.
EVOLUTION DES NAISSANCES DE 1910 A 2002
110
Haute-Normandie
100
90
80
70
60
France métropolitaine
50
40
Source : INSEE - État-Civil Indice base 100 : moyenne 1946-1973
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 38 - Octobre 2004 3
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
1910
1914
1918
1922
1926
1930
1934
1938
1942
1946
1950
1954
1958
1962
1966
1970
1974
1978
1982
1986
1990
1994
1998
2002

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