Évolutions démographiques dans le grand ouest : quand Nantes et Rennes tirent la croissance (Octant n° 79)

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Depuis 1990, deux grandes tendances ont marqué le grand ouest en matière de peuplement.En premier lieu, les populations les plus jeunes, et par voie de conséquence les naissances, ont eu tendance à se concentrer dans les plus grandes villes au détriment des autres territoires. Les espaces ruraux vieillissants ont en effet vu leur déficit de naissances sur les décès se creuser, alors même que le solde naturel des villes moyennes commençait à montrer des premiers signes d'essouflement, comme à Saint−Lô, Quimper, Lorient, Saint-Brieuc, Argentan ou Saumur. Dans le même temps, les capitales de la Bretagne et des Pays-de-Loire ont accru leur attractivité, au contraire des villes normandes marquées par un exode de population. Si ce mouvement de décroissance était largement entamé pour Rouen, Le Havre ou Caen, les départs sont un phénomène récent à Cherbourg, Evreux, Louviers ou, exception bretonne, à Lorient. La frange normande du Bassin parisien ne semble en effet plus bénéficier des arrivées de Franciliens qui avaient jusqu'alors largement alimenté sa croissance. De même, les activités nucléaire ou de défense ne soutiennent plus le développement des deux ports de Cherbourg et de Lorient.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Évolutions démographiques
dans le grand ouest :
quand Nantes et Rennes
tirent la croissance
epuis 1990, deux grandes tendan- ouest ont perdu de la population depuis les pôles caennais et rouennais pour tirer la’ces ont marqué le grand ouest en 1990 : Le Havre, Cherbourg et Flers, toutes croissance des deux Normandie, leur déve-
matière de peuplement. trois situées en Normandie. Au nord d’une li loppement apparaissant néanmoins hypo-
gne Rennes-Le Mans, seuls restent donc théqué par des départs de population
En premier lieu, les populations les plus
jeunes, et par voie de conséquence les
naissances, ont eu tendance à se concen- 9DULDWLRQ GH OD GHQVLWp HQWUH HW
trer dans les plus grandes villes au détri
ment des autres territoires. Les espaces
ruraux vieillissants ont en effet vu leur déficit
de naissances sur les décès se creuser,
alors même que le solde naturel des villes
moyennes commençait à montrer des pre
miers signes d’essouflement, comme à
Saint Lô, Quimper, Lorient, Saint Brieuc, Ar-
gentan ou Saumur.
Dans le même temps, les capitales de la
Bretagne et des Pays-de Loire ont accru
leur attractivité, au contraire des villes nor-
mandes marquées par un exode de popula-
tion. Si ce mouvement de décroissance était
largement entamé pour Rouen, Le Havre ou
Caen, les départs sont un phénomène ré-
cent à Cherbourg, Evreux, Louviers ou, ex-
ception bretonne, à Lorient. La frange
Variation du nombre
2normande du Bassin parisien ne semble en d’habitants au km
effet plus bénéficier des arrivées de Franci-
40liens qui avaient jusqu’alors largement ali
10menté sa croissance. De même, les
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activités nucléaire ou de défense ne sou
1
tiennent plus le développement des deux
-1
ports de Cherbourg et de Lorient.
-4
Au total, trois agglomérations du grand
16 OCTANT n° 79encore importants. A l’inverse, au sud, cel 9DULDWLRQ
les de Nantes, Rennes et Angers ont connuGH OD GHQVLWp
une croissance remarquable, leur attractivitéHQWUH
profitant même aux villes centres qui HW
voyaient auparavant leur population dimi-
GXH DX VROGH
nuer.
QDWXUHO
Les zones côtières confirment quant à
elles leur bonne santé démographique, es-
sentiellement grâce à un solde migratoire
fortement positif. C’est bien entendu le cas
des littoraux du sud breton (Vannes, Quim-
per, Auray) ou du Calvados, très urbanisés,
de la côte vendéenne, mais aussi désormais
40 des environs de Granville dans la Manche
10 ou de Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor,4
1 qui ont connu des arrivées importantes de
-1 population depuis dix ans après quelques
-4
années marquées par un exode de leurs ha-
bitants vers les grandes agglomérations pro-
ches.
Au sein des zones rurales les plus iso-
lées, les départs qui s’étaient révélés parti
culièrement massifs au cours des années
quatre vingt ont connu un sérieux coup de
9DULDWLRQ frein. La situation s’est ainsi stabilisée dans
GH OD GHQVLWp la Sarthe, dans l’Orne, et dans une large
HQWUH partie de la Manche et de la Bretagne ru-
rale. Elle reste néanmoins préoccupante HW
dans un espace rural allant de Saint-Lô auGXH DX VROGH
sud de Cholet. Le déclin y est cependantPLJUDWRLUH
sans comparaison avec ce que peuvent
connaître les territoires du nord du Poitou et
du Massif Central ou de la Sologne. Dans
l’ensemble des territoires ruraux, le vieillis
sement menace néanmoins le développe-
ment futur.
40
10 Stéphane Delavelle
4 INSEE Basse Normandie
1
Pascal Oger-1
-4 INSEE Bretagne
L’espace représenté sur cette carte couvre les trois régions administrati-
ves du grand ouest : la Basse Normandie (1 422 000 habitants), la Breta ’HQVLWp GH OD SRSXODWLRQ HQ
gne (2 905 000 habitants), et les Pays de Loire (3 220 000 habitants). GRQQpHV OLVVpHV
Il est organisé autour d’une quinzaine de grands pôles urbains, situés le
long du littoral de la Manche et de l’Atlantique, de Caen à Saint Nazaire,
sur la vallée de la Loire, et sur l’axe central de communication routière et
ferroviaire reliant la Bretagne à Paris.
Le littoral atlantique, entre Saint Nazaire et Brest, est fortement urbanisé :
il est jalonné d’une succession rapprochée d’agglomérations de plus de
50 000 habitants Vannes, Lorient, Quimper entre lesquelles se glissent
des agglomérations plus petites comme Auray ou Quimperlé.
Le long du littoral de la Manche, entre Brest et Caen, on ne rencontre que
quelques agglomérations, dont trois seulement dépassent 50 000 habi-
tants : Saint Brieuc, Saint Malo, et, isolée au nord du Cotentin, Cherbourg.
Entre ces zones urbanisées relayées par un tissu de villes moyennes
s’étendent des espaces ruraux de très faible densité : ils couvrent toute la600
400 Bretagne intérieure entre Rennes et Brest, une grand partie du départe
200 ment de l’Orne, et des “ zones frontières ”, entre Sarthe et Mayenne, entre
100
Loire Atlantique et Ille-et Vilaine, entre la vallée de la Loire et le pays60
40 manceau.
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