Fécondité et migration sécartent des évolutions attendues

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Fécondité et migration s’écartent des évolutions attendues er Entre la population estimée au 1 janvier 2005 et celle qui était attendue selon les dernières projections de population, l’écart n’est que d’un millier d’habitants. Pourtant les facteurs démographiques ne correspondent pas à ce qui était envisagé : la fécondité stagne au lieu de baisser, les migrations s’orientent vers le déficit et non vers l’excédent. es dernières projections de population réalisées des composantes de cette évolution s’estLen 2002, s’appuyaient sur les données du recen- éloignée de la trajectoire attendue : en 2005 sement de population de 1999 et le scénario cen- il en résulte 200 décès de moins que prévu, tral se basait sur des évolutions de natalité, migra- 600 naissances de plus et un écart très tion et mortalité observées sur la période 1990-99. important pour les migrations. Les moindres Depuis, les données issues de l’état civil et les pre- décès et le surplus de naissances compen- mières vagues du nouveau recensement permet- sent en partie les effets dus à la diminution tent de faire le point. de la migration ; ceci explique le faible écart observé entre la population projetée et celle erIl y avait 774 600 personnes à La Réunion au 1 jan- observée. vier 2005, soit 1 100 de moins que ce qui était pré- vu lors du dernier exercice de projection. Chacune Jusqu’au milieu des années 90, une conver- gence assez rapide vers le niveau de la fécondité métropolitaine semblait fortement probable.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Fécondité et migration
s’écartent des évolutions
attendues
er
Entre la population estimée au 1 janvier 2005 et celle qui était attendue
selon les dernières projections de population, l’écart n’est que d’un
millier d’habitants. Pourtant les facteurs démographiques ne
correspondent pas à ce qui était envisagé : la fécondité stagne au lieu de
baisser, les migrations s’orientent vers le déficit et non vers l’excédent.
es dernières projections de population réalisées des composantes de cette évolution s’estLen 2002, s’appuyaient sur les données du recen- éloignée de la trajectoire attendue : en 2005
sement de population de 1999 et le scénario cen- il en résulte 200 décès de moins que prévu,
tral se basait sur des évolutions de natalité, migra- 600 naissances de plus et un écart très
tion et mortalité observées sur la période 1990-99. important pour les migrations. Les moindres
Depuis, les données issues de l’état civil et les pre- décès et le surplus de naissances compen-
mières vagues du nouveau recensement permet- sent en partie les effets dus à la diminution
tent de faire le point. de la migration ; ceci explique le faible écart
observé entre la population projetée et celle
erIl y avait 774 600 personnes à La Réunion au 1 jan- observée.
vier 2005, soit 1 100 de moins que ce qui était pré-
vu lors du dernier exercice de projection. Chacune Jusqu’au milieu des années 90, une conver-
gence assez rapide vers le niveau de la
fécondité métropolitaine semblait fortement
probable. L’indice conjoncturel de féconditéÉvolution de l'indice conjoncturel de fécondité de 1974 à nos jours
avait en effet baissé de 2,56 enfants par
femme à 2,26 entre 1990 et 1996. Malgré la
4,5
remontée de la fécondité entre 1996 et 1999,
4,0 une évolution vers une fécondité de 2 enfants
par femme à l'horizon 2030 semblait raison-
3,5
nable lors des précédentes projections.
3,0
En fait, de 1996 à 2000, le nombre moyenICF Réunion
2,5 d’enfants par femme est remonté à 2,47 et
depuis 2000 il se maintient autour de 2,45
2,0 enfants par femme. Cette remontée de la
ICF France fécondité explique l’écart observé entre les1,5
précédentes projections et la réalité pour
1,0 les naissances. Sur le long terme, il y a
cependant une diminution incontestable de
0,5
la fécondité qui était de 3,05 enfants par
0,0 femme en 1980 (1,95 en métropole à la
même date).
4 économie
de La Réunion N°131
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
Sources : Insee, État civil, estimation localisée de la population,
bilan démographique.
Nombre d'enfants par femmeâges
démographie
La fécondité des Fécondité par âge en 2005
jeunes femmes reste
160à un niveau très élevé
140
120
Depuis 1980, on constate une augmentation de la
100fécondité chez les femmes de 30-34 ans et une
diminution importante de celle des 20-24 ans qui 80
ont un taux de fécondité maintenant plus faible 60
que les premières. Les femmes de 25 à 30 ans Réunionmétropole
40
sont les plus fécondes, malgré une petite diminu-
20tion de leur fécondité ces dernières années. Au
total les Réunionnaises font leurs enfants de plus 0
en plus tard : entre le début des années 90 et
actuellement l’âge moyen à la maternité a aug-
menté de plus d’un an. Source : Insee, bilan démographique
Quant aux plus jeunes (les moins de 20 ans) leur
Pour les moins de 25 ans, l’écart de fécondité entre les Réunionnaises et les métropolitainesfécondité reste à un niveau très élevé, cinq fois
est très important, chez les plus âgées l’écart est beaucoup plus faible.supérieur à celui de la métropole ; pour les 20-24
ans, elle reste supérieure de 75 % à celle observée
en métropole. Ceci explique les deux tiers de l’é-
Pyramide des âges issue des projectionscart de la fécondité entre la métropole et La
superposée à celle réellement observée en 2005Réunion. Pour les plus âgées l’écart est beaucoup
moins important : 10 % de plus en moyenne en
er2005. Pyramides des âges au 1 janvier 2005
En d’autres termes, si l’écart de la fécondité chez
les moins de 25 ans entre les femmes réunionnai-
90ses et celles de la métropole était le même que
chez les plus de 25 ans, l’indice conjoncturel de
80
fécondité ne serait plus que de 2,12 enfants par
femme à La Réunion. Sous hypothèse d’une "nor-
70
malisation" de la fécondité à chaque âge (à savoir projection
10 % de plus que la fécondité métropolitaine), une 60
convergence vers une à 2.1 est parfaite-
Hommes Femmes
50ment envisageable. En revanche, il se peut que les
Réunionnaises de moins de 25 ans décident seule-
40ment de modifier le calendrier de leur maternité La Réunion
auquel cas on assisterait à un maintien de la
30
fécondité.
20
Retournement des flux migratoires
10
En 2000, La Réunion semblait être devenue une
terre d’immigration après une décennie 90 0
10 86 42 2 4 6 8 10marquée par des soldes migratoires très positifs.
Effectif de chaque âge pour 1 000 habitantsMais l’apport migratoire a connu une diminution
sensible à partir de 2001 et l’année 2005 a été
celle du retour d’un solde migratoire négatif. Il
Sources : Insee, Omphale, estimation localisée de la population, enquêtes annuelles de recensement 2004-2006.
était de l’ordre de - 1 000 personnes en 2005
(entrées - sorties du territoire) et, sans qu'on Les deux pyramides se superposent presque, hormis chez les jeunes de 20 à 24 ans
puisse encore le chiffrer précisément, il sera dont les effectifs se sont creusés. À ces âges, il "manque" 14 % de garçons et 11 %
encore négatif en 2006. Néanmoins on ne peut de filles par rapport à la pyramide attendue. En revanche, le surplus de naissance renforce
comprendre ce chiffre sans faire le lien avec le le bas de la pyramide.
5économie
de La Réunion N°131
14 ans
16 ans
18 ans
20 ans
22 ans
24 ans
26 ans
28 ans
30 ans
32 ans
34 ans
36 ans
38 ans
40 ans
42 ans
44 ans
46 ans
48 ans
50 ansdémographie
début de l’épidémie de chikungunya. Si ces chif-
Quotients migratoires par âgefres se confirment dans les années à venir, ce
serait un retournement de tendance après 14
années de solde migratoire positif, La Réunion
devenant à nouveau une terre d’émigration.
Femmes
0,03
Même si le solde migratoire varie dans le temps,
il y a des constantes dans le profil migratoire par
0,02sexe et âge au cours du temps. Ainsi les quo-
tients migratoires sont négatifs pour les jeunes
0,01filles de 15 à 23 ans et pour les jeunes gens de
16 à 28 ans, âges du départ pour suivre des étu-
des, des formations ou commencer une vie pro- 0,00
6 9 18 21 24 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54 57 60 63 66 6912 15fessionnelle. Ce phénomène de départ des jeu-
nes s’est accentué sur la dernière période -0,01
(1999-2005), favorisé par les politiques de mobi-
lité mises en places . La propension à émigrer
-0,02est moindre chez les filles que chez les garçons.
1999-2005
À l’inverse, on constate des quotients migratoi- -0,03
res positifs chez les plus de 30 ans et les moins
1990-1999
de 15 ans : il s’agit de parents qui arrivent avec -0,04
leurs jeunes enfants. Parmi ces arrivants, il y a
environ 30 % de natifs de La Réunion (non com-
-0,05
pris les enfants de Réunionnais nés en métro-
pole). Ces dernières années les arrivées de per-
sonnes de plus de quarante ans ont augmenté,
ce qui a en partie compensé le départ plus massif
des jeunes.
Hommes
Christian MONTEIL 0,03
Chargé des études démographiques
0,02
0,01
Bibliographie : 0
6 9 12 15 18 21 24 2730 33 36 3942 45 48 51 54 57 60 63 66 69
-0,01 "La population en 2030", dossier
économie de La Réunion, N° 112,
e -0,022 trimestre 2002.
1999-2005
"Migrations : la nouvelle vague -0,03
reste d’une ampleur modérée", 1990-1999
économie de La Réunion N° 107, -0,04
avril 2001.
-0,05
"La croissance démographique
toujours soutenue par la natalité",
économie de La Réunion N° 129,
Source : Insee, recensements de population de 1990 et 1999, enquêtes annuelles de recensement 2004-2006.mars 2007.
"La situation démographique à La Pour les garçons comme pour les filles, la propension à émigrer chez les jeunes adultes
Réunion en 2005", Insee Réunion, est plus forte sur la dernière période (1999-2005) que sur la précédente (1990-1999).
Résultat N° 32, octobre 2007.
6 économie
de La Réunion N°131

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