Forte croissance des couronnes périurbaines

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La concentration de la population dans les pôles urbains ne cesse de diminuer au profit des communes périurbaines et des espaces ruraux. Rhône-Alpes reste cependant une région très urbaine : 80 % de la population vit dans une aire urbaine.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L A L E T T R E
I N S E E
RHÔNE
ALPES
Aménagement du territoireLa concentration
de la population dans
les pôles urbains Forte croissancene cesse de diminuer au
profit des
des couronnescommunes périurbaines
et des espaces ruraux.
Rhône-Alpes reste périurbaines
cependant
une région n 1999, huit Rhônalpins sur dix, soit près En Rhône-Alpes, au cours des dernièresE décennies, la population ne s'est pas da-de 4,5 millions d'habitants, vivent danstrès urbaine :
vantage concentrée dans les aires urbai-des pôles urbains ou dans des communes
80 % de la population nes. Les 1 241 communes qui composentsous forte influence de ces pôles bien pour-
vus en emplois. On appelle ainsi aire ur- les 42 aires urbaines de la région regrou-vit dans une
paient déjà 80 % de Rhônalpins en 1975. Enbaine l'ensemble constitué d'un pôle urbain
aire urbaine. revanche, à l'intérieur des aires urbaines, laet de sa couronne périurbaine.
répartition de la population évolue : dans lesDans les plus grandes régions françaises,
délimitations de 1999, la part de la popula-l'essentiel de la population réside dans une
tion qui habite dans les pôles urbains dimi-aire urbaine : 99,6 % en Ile-de-France, 88 %
nue régulièrement alors que celle des cou-en Provence-Alpes-Côte d'Azur ou dans le
ronnes périurbaines augmente. En 1999,Nord-Pas-de-Calais. Ce pourcentage n'at-
64 % des Rhônalpins résidaient dans lesteint pas 60 % dans le Limousin et en Corse,
pôles urbains et 15 % dans leurs couronnesles deux plus petites régions, de même qu'en
Monique Gadais
périurbaines. Ils étaient respectivementPoitou-Charentes.
La population et les emplois se concentrent
dans les couronnes périurbaines
Les espaces en Rhône-Alpes Population (%) Emplois (%)
(délimitation 1999)
1975 19751999 1999
Aires urbaines 79,5 79,4 81,6 82,7
pôles urbains 68,9 64,1 74,2 73,3
couronnes périurbaines 10,6 15,3 7,4 9,4
Communes multipolarisées 5,7 6,7 4,5 4,4
Espace à dominante rurale 14,8 13,9 13,9 13,0
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
Source : INSEE - Recensements de la population
Numéro 76
Octobre 2001 69 % et 11 % un quart de siècle plus tôt. dans une aire urbaine entre 1990 et 1999,
A la périphérie des aires urbaines, les com- plus de 161 500 en sont parties. Ce dé-
munes qui se trouvent sous l'influence de ficit reste toutefois léger au regard de laAu cours
plusieurs pôles d'emploi, appelées com- population de ces aires.des années 90,
munes multipolarisées, concentrent égale- La population des aires urbaines pro-
128 000 personnes ment davantage de population que par le gresse néanmoins depuis 1990, mais
passé. A l'inverse, les communes de l'es- moins vite que sur le reste du territoiresont arrivées dans
pace à dominante rurale, sous faible in- régional (respectivement +5,3 % contre
une aire urbaine fluence des grands pôles d'emploi, abritent +6,2 %). Cette évolution s’explique par
une part de plus en plus faible de la popu- un solde naturel (excédent des naissan-de Rhône-Alpes,
lation (à peine 14 % en 1999). ces sur les décès) nettement plus élevé
près de 162 000 qu’ailleurs. Plus précisément, les cou-
Le desserrement de la ville est manifeste. ronnes périurbaines, qui bénéficient à laen sont parties.
Entre 1990 et 1999, près de 300 000 per- fois d’un solde naturel très positif et d’une
sonnes ont quitté un pôle urbain pour aller arrivée de population, connaissent la plus
s'installer soit dans une couronne forte croissance (soit 15,4 % sur la pé-
périurbaine de la région (pour un peu plus riode 1990-1999). A l’opposé, les pôles
de la moitié d'entre elles), soit plus loin urbains, pénalisés par des mouvements
dans une commune multipolarisée ou dans défavorables de population, enregistrent
l'espace à dominante rurale. Tout juste une croissance environ cinq fois plus
200 000 personnes ont effectué le parcours faible.
inverse pour s'installer dans un pôle. En comparaison à l’ensemble de la mé-
Si les couronnes périurbaines ont gagné tropole, les pôles urbains de la région
des habitants par leurs échanges avec les Rhône-Alpes progressent relativement
L A L E T T R E
pôles urbains, elles en perdent au contraire moins vite : leur croissance correspond à
un peu avec les communes multipolarisées 60 % de celle de l’ensemble de la région
et avec celles de l'espace à dominante ru- tandis qu’au niveau national ce rapportINSEE rale. Le même processus se poursuit dans s’élève à 80 %. En revanche, le dévelop-
Rhône les communes multipolarisées qui enregis- pement de l’espace à dominante rurale
Alpes trent un déficit en faveur de l'espace à do- apparaît nettement plus affirmé dans la
minante rurale. région.
Au total, ces mouvements internes à la ré- Enfin, dans les communes périurbaines,
gion Rhône-Alpes conduisent à un solde qui regroupent toutes les communes sous
migratoire négatif (excédent des départs sur forte influence urbaine, celles des cou-
les arrivées) pour l'ensemble des aires ur- ronnes comme celles de l’espace
baines. Si 128 000 personnes sont arrivées multipolarisé, la situation reste compa-
rable à celle du territoire national.
Mouvements entre les différents espaces de Rhône-Alpes Rhône-Alpes compte 42 aires urbaines
sur son territoire en 1999 contre 40 dixde 1990 à 1999*
ans plus tôt. 10 ont plus de 100 000
entre les pôles urbains et les autres espaces entre les couronnes périurbaines et les autres espaces
habitants contre 9 en 1990. L’aire de
Bourg-en-Bresse est entrée dans le pelo-
Les pôles urbains Les couronnesEspaceEspace ton de tête et a gagné douze places ausont déficitaires avec périurbaines sont :à dominanteà dominante
chacun des espaces classement national. Avec près de 300ruralerurale
-déficitaires avec les communes et 1 650 000 habitants, l’aire
espaces
urbaine de Lyon a conservé son secondmultipolarisés et les
Communes espaces rurauxCommunes rang national après celle de Paris. Gre-
multi- multipolarisées noble et Saint-Etienne sont descendues
polarisées -bénéficiaires avec les
dans le classement en perdant respecti-pôles urbains
vement quatre et cinq places. Genève-
Couronnes Couronnes Annemasse (avec ses 111 communes
périurbaines périurbaines
pour sa partie française seulement) ar-
rive en quatrième position dans la ré-
gion.
Pôle urbainPôle urbain Quatre nouvelles aires sont apparues :
Belley, Feurs, Bourg-Saint-Maurice et
Livron-sur-Drôme, leur pôle d’emplois
en milliers 50 100 150 200 665 en milliers 0 50 100 150 2000 ayant augmenté et dépassé le seuil des
de personnes 5000 emplois (cf. définition de l’aire ur-
baine); deux ont disparu, Bellegarde-sur-Arrivées en provenance des pôles Arrivées en provenance des couronnes
Valserine (passage en-dessous du seuilDéparts à destination des pôles Départs à destination des couronnes
des 5000 emplois) et Bonneville (inté-
Note de lecture : gration dans l’aire urbaine de Cluses).
- 665 200 personnes ont changé de commune à l'intérieur même des pôles urbains. 166 600 sont arrivées dans
Les aires urbaines de Saint-Etienne,une couronne périurbaine en provenance d'un pôle, et, inversement, 95 600 ont quitté une couronne
périurbaine à destination d'un pôle ; les pôles se retrouvent ainsi déficitaires dans leurs échanges avec les cou- Oyonnax et Mâcon s’étendent au-delà
ronnes. des limites régionales et celle de Ge-
- 64 500 personnes ont changé de commune à l'intérieur même des couronnes périurbaines. 14 100 sont arri-
nève-Annemasse déborde largement survées dans une commune multipolarisée en provenance d'une couronne, et, inversement, 11 700 ont quitté une
commune multipolarisée à destination d'une couronne ; les couronnes se retrouvent ainsi déficitaires dans leurs le pays voisin. La position frontalière de
échanges avec les communes multipolarisées.
cette dernière ne permet pas d’analyser* Mouvements internes à la région Rhône-Alpes Source : INSEE - Recensement de la population
1999Migrations très favorables aux couronnes périurbaines,
mais au détriment des pôles urbains
43 % des communes
Taux d'évolution 1990 - 1999 (%)Les espaces en Rhône-Alpes de Rhône-Alpes
(délimitation 1999)
dû au solde naturel dû au solde migratoire
font partie d'une
Aires urbaines 5,4 -0,1
aire urbaine contrepôles urbains 5,4 -2,2
couronnes périurbaines 5,4 10,1 38 % des
Communes multipolarisées 2,9 8,1
communes françaises.Espace à dominante rurale 0,5 3,5
Ensemble 4,5 1,0
Source : INSEE - Recensements de la population
la totalité de cette zone sous forte in- que la moyenne du territoire national : en
fluence de Genève puisque seule la par- 1999, 43 % des communes font partie d’une
tie française est connue par les statisti- aire urbaine contre 38 % dans l’ensemble
ques françaises. Selon les concepts du de la métropole.
recensement français, son pôle urbain Depuis 1990, les pôles urbains ont gagné
s’étend sur 34 communes suisses. 63 communes, pour la plupart des
communes très dynamiques en terme de
En Rhône-Alpes, les communes population comme d’emploi. Leurs cou-
périurbaines, c’est-à-dire sous forte in- ronnes périurbaines en comptent 173 de
fluence d’un ou de plusieurs pôles, sont plus. Ces dernières, qui connaissent sou-
désormais plus nombreuses que les com- vent un bon essor démographique, sont soit L A L E T T R E
munes situées dans l’espace à dominante d’anciennes communes multipolarisées,
rurale. Les agglomérations urbaines ne soit des communes anciennement situées
cessent de s’étendre et exercent une em- dans l’espace à dominante rurale. Le gain INSEE
prise toujours plus forte sur leur environ- sur ce dernier espace explique 70 % de leur
Rhône
nement. Globalement, les aires urbaines extension territoriale et contribue à 60 % de
Alpes
ont progressé de 30 % en superficie au l’apport démographique.
cours de la dernière période Quelques aires urbaines ne se sont pas éten-
intercensitaire. En outre, l’influence de dues. Saint-Chamond et Tournon-sur-
ces aires dépasse leurs propres limites et Rhône ont conservé leur limite de 1990
certaines communes périphériques se tandis que Villefranche-sur-Saône,
trouvent attirées par plusieurs aires en Bourgoin-Jallieu et Vienne ont perdu des
même temps : ces communes dites communes. Pour ces cinq aires urbaines,
multipolarisées ont doublé au cours de la tout comme pour la plupart des huit aires
dernière décennie, à la fois en superficie, restreintes à leur seul pôle urbain (en parti-
en nombre et en population. Toutes ces culier, Saint-Just-Saint-Rambert, La Tour-
évolutions ont pour conséquence de res- du-Pin, Aix-les-Bains ou Livron-sur-Drôme),
treindre l’importance de l’espace à domi- l’extension est limitée par l’influence des
nante rurale qui a perdu le cinquième de aires voisines de taille plus importante.
sa superficie et plus du quart de sa popu- Ambérieu-en-Bugey a ainsi perdu toute sa
lation. Il ne s’étend plus que sur 1198 couronne suite à une plus grande disper-
communes en Rhône-Alpes contre 1650 sion de ses actifs vers les pôles environ-
dix années plus tôt. nants.
Dans la région, le développement de l’in- En règle générale, l’extension territoriale
fluence urbaine s’effectue au même des aires urbaines est liée à leur taille. Les
rythme qu’à l’échelle nationale, aussi bien aires de plus de 100 000 habitants sont
en terme d’extension géographique, c’est- celles qui s’étendent le plus : Lyon a gagné
à-dire en progression du nombre de com- 57 communes, Grenoble 18. Aubenas, avec
munes, qu’en terme d’accroissement du seulement 44 400 habitants, fait exception
nombre d’habitants. Cependant, la région à cette règle puisqu’elle s’étend sur 23 com-
reste davantage sous influence urbaine munes supplémentaires, extension liée à
Les aires urbaines de Rhône-Alpes comptent 25 % de communes en plus
Délimitation 1999 Délimitation 1990
Nombre de Densité* Population en Evolution 1990 - 1999 (%) Nombre de Densité* Population
Les espaces en Rhône-Alpes
communes 1999 communes en 1990 en 1990en 1999 en 1990 Population Emploi
Aires urbaines 1 241 283 269 4 482 278 5,3 4,5 1 005 334 4 090 127
pôles urbains 427 677 656 3 616 320 3,2 3,0 364 770 3 401 904
couronnes périurbaines 814 83 72 865 958 15,4 18,3 641 88 688 223
Communes multipolarisées 440 67 60 379 103 11,0 3,4 224 65 183 223
Espace à dominante rurale 1 198 35 34 784 026 4,0 3,8 1 650 38 1 077 351
Ensemble 2 879 129 122 5 645 407 5,5 4,4 2 879 122 5 350 701
2* nombre d'habitants au km Source : INSEE - Recensements de la populationune importante arrivée de population atti- en moyenne sur la période 1990-1999) et
rée par cette zone méridionale. les trajets parcourus pour se rendre au
travail ont augmenté de 10 % ; ils attei-Plus des trois-quarts
L’extension de l’influence urbaine s’ac- gnent près de 13 km en 1999 (en ne tenant
des actifs périurbains compagne à la fois du développement du compte que des déplacements à l’inté-
nombre des navettes, c’est-à-dire des dé- rieur de la région Rhône-Alpes). Les «mi-quittent leur
placements «domicile-travail», et de leur grants-alternants» qui habitent les com-
commune pour aller tra- allongement. munes les plus éloignées des centres ur-
L’emploi reste concentré à plus de 73 % bains, c’est-à-dire les communesvailler.
dans les pôles, même si l’on note une multipolarisées ou bien l’espace à domi-
déconcentration vers la couronne nante rurale, ont les plus longs trajets à
périurbaine où l’emploi enregistre une très parcourir, soit en moyenne près de 16 km.
forte progression (18,3 % depuis 1990). En Pour les habitants des couronnes
revanche, l’emploi se développe peu dans périurbaines, cette distance est de 14,3 km
les communes multipolarisées. Ces évolu- et, pour ceux des pôles urbains, de 11,4 km.
tions entraînent une augmentation du nom- Les trajets se sont allongés pour tout le
bre des navettes de la population active, monde, mais ils ont davantage progressé
augmentation d’autant plus marquée que pour les habitants des pôles que pour ceux
l’on se trouve éloigné du centre urbain. de l’espace à dominante rurale, respecti-
Du fait de la localisation privilégiée de vement +12 % et +3 %. Dans les commu-
L A L E T T R E
l’emploi au centre, plus des trois quarts nes périurbaines, aussi bien dans la cou-
des actifs des communes périurbaines ronne que dans les communes
(couronnes des pôles ou communes multipolarisées, la variation est plus faibleINSEE multipolarisées plus éloignées) quittent leur que la moyenne, de l’ordre de 6 %.
commune de résidence pour aller tra-Rhône
vailler. Dans les pôles urbains, environAlpes
60 % des actifs effectuent des navettes
journalières contre 55 % dans l’espace à
dominante rurale. Mais dans ces dernières
communes, les plus éloignées des pôles,
cette proportion s’accroît très rapidement : Pour en savoir plus
elle a augmenté de plus de 10 points de-
puis 1990. Le zonage en aires urbaines en 1999.
Les actifs sont de plus en plus nombreux à 4 millions d'habitants en plus-Pascal Bessy-
Piétri, Yann Sicamois, Insee Premièretravailler en dehors de leur commune de
n°765, avril 2001.résidence, (leur part dans la population
active totale ayant augmenté de 8 points
Les grandes villes françaises étendent
leur influence - Philippe Julien, Insee
Rumilly, Bourg-Saint-Maurice et Cluses sont les aires urbaines les plus Première n°766, avril 2001.
dynamiques de la région
Forte extension des navettes domicile-
Variations de la population et de l'emploi dans les aires urbaines travail - Robert Reynard, la Lettre Insee
entre 1990 et 1999 Rhône-Alpes n°70, novembre 2000.
20
Quand la ville s'étale - Jean-Louis
Deschamps et Robert Reynard, La Lettre
InseeRhône-Alpes n°42 février 1997.
15 Bourg-St-Maurice Rumilly
Genève-
Annemasse
Annecy Cluses
INSEE Rhône-Alpes - 165 rue Garibaldi10
69401 Lyon cedex 03Aix-les-Bains
Tel : 04.78.63.28.15 - Fax : 04.78.63.25.25Belley
Lyon Directeur de la publication : Etienne Traynard
5 Grenoble Rédacteur en chef : Yvon Rendu
Tarifs :Pierrelatte
Feurs
La Tour-du-Pin - 2,3 € (15,10 F le numéro)
- Abonnement 10 numéros par an minimum
-15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 (plus le bilan de l’année économique) :
Roanne St-Chamond
France : 21 € (137,75 F)
St-Jean-de-Mauriennej
Europe : 27 € (177,10 F)
-5
Reste du monde : 29 € (190,20 F)
St-Etienne
- Abonnement incluant INSEE Rhône-Alpes
Résultats :
-10 France : 32 € (209,90 F)
Taux de variation de l'emploi (%) Europe : 40 € (262,40 F)
Reste du monde : 43,5 € (285,35 F)Les aires les plus dynamiques de la région, à la fois en terme de population et en terme d'emploi, sont Rumilly,
Bourg-Saint-Maurice et Cluses, dans les Alpes. Arrivent ensuite Belley, avec une forte croissante de l'emploi, puis Dépôt légal n°1004, mai 1993
Genève-Annemasse et Annecy. Les aires qui enregistrent la plus forte régression de population sont Roanne et © INSEE 2001 - ISSN 1165-5534
Saint-Etienne.
Imprimerie Auguste Cretin
Source : INSEE - Recensements de la population
Taux de variation de la population (%)Aires urbaines et espace multipolarisé en 1999
Source : INSEE - RP 1999
La notion d'aire urbaine est basée sur l'emploi. Elle repose sur les déplacements des actifs, de leur domicile à leur lieu de
travail. Elle permet de déterminer jusqu'où s'étend l'influence socio-économique des villes importantes.
Une aire urbaine est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par :
- un pôle urbain, qui est une unité urbaine* offrant au moins 5 000 emplois et n'étant pas elle-même attirée à plus de
40 % par un autre pôle urbain ;
- et une couronne périurbaine, qui est composée des communes rurales ou des unités urbaines dont au moins 40 %
de la population résidente travaille dans le reste de l'aire urbaine.
Il peut arriver qu'une aire urbaine se réduise à son seul pôle urbain : c'est le cas de Pierrelatte, Livron-sur-Drôme, Saint-
Just-Saint-Rambert, Voiron, La Tour-du-Pin, Ambérieu-en-Bugey, Aix-les-Bains et Sallanches.
Les communes rurales ou les unités urbaines qui :
- sont situées en dehors des aires urbaines
- et envoient au moins 40 % de leur population résidente travailler dans plusieurs aires urbaines (sans atteindre ce seuil
avec une seule d'entre elles), tout en formant avec elles un ensemble d'un seul tenant,
sont appelées communes multipolarisées.
L'ensemble des aires urbaines et des communes multipolarisées constitue l'espace à dominante urbaine.
L'ensemble des communes n'appartenant pas à l'espace à dominante urbaine forme l'espace à dominante rurale. Il com-
prend à la fois des petites unités urbaines et des communes rurales.
Cette carte est basée sur la notion d'aire urbaine qui délimite une zone sous forte influence d'un grand pôle d'emplois.
Elle est différente de la notion d'unité urbaine qui caractérise une zone très urbanisée du fait de la forte densité d'habitat.
La notion d'unité urbaine repose sur la continuité de l'habitat. Une unité urbaine est un ensemble d'une ou plusieurs com-
munes dont le territoire est partiellement ou totalement couvert par une zone bâtie d'au moins 2 000 habitants ; dans cette*
zone bâtie, les constructions se trouvent toutes à moins de 200 mètres de leurs voisines.
La Lettre INSEE Rhône-Alpes n° 76 © INSEE Octobre 2001
© INSEE 2001 - IGN 1999Les 42 aires urbaines de Rhône-Alpes
Délimitation 1999 Délimitation 1990
Evolution1990-1999
Rang* Nbre de Densité de Population Emplois en Rang Population
en France communes population en 1999 1999 Population Emploi en 1990 en 1990
en1999 en 1999 (milliers) (milliers) (milliers)(%) (%)
LYON 2 296 499 1 648,2 716,2 6,2 4,9 2 1 507,4
GRENOBLE 14 119 328 514,6 220,8 6,0 4,7 10 477,2
SAINT-ETIENNE 25 41 520 321,7 128,9 -6,2 -2,7 20 330,5
dont en Rhône-Alpes 34 608 307,4 124,6 -6,9 -3,1 326,7
GENEVE(CH)-ANNEMASSE** 41 111 192 212,2 56,6 12,1 9,9 43 185,0
ANNECY 43 66 256 189,7 83,1 11,9 8,7 49 161,6
VALENCE 49 40 242 167,2 70,3 5,3 6,4 51 151,8
CHAMBERY 53 46 269 131,3 58,1 9,9 6,0 57 117,0
ROANNE 72 47 139 104,9 42,6 -2,5 -3,8 72 103,5
BOURG-EN-BRESSE 76 54 117 101,0 45,4 5,6 4,9 88 85,7
MACON 89 57 153 88,5 38,9 1,0 3,7 91 83,2
dont en Rhône-Alpes 25 90 25,6 7,3 8,4 11,2 19,8
SAINT-CHAMOND 93 16 357 84,9 25,7 -2,0 -2,1 86 86,7
THONON-LES-BAINS 108 27 246 70,2 24,1 8,2 4,8 113 63,6
ROMANS-SUR-ISERE 114 27 179 65,9 24,2 4,6 -0,6 122 58,5
VILLEFRANCHE-SUR-SAONE 118 16 526 63,6 27,7 6,1 3,1 116 61,7
CLUSES 120 16 266 61,1 34,4 12,3 17,0 167 37,5
MONTELIMAR 125 24 155 58,6 23,0 5,9 6,8 132 52,6
VIENNE 134 13 289 53,8 21,8 5,2 4,8 133 52,1
SAINT-JUST-SAINT-RAMBERT 145 7 365 45,4 17,5 4,3 12,7 147 43,5
VOIRON 155 9 416 42,1 15,7 7,8 4,8 164 38,2
OYONNAX 157 25 124 42,1 20,8 6,2 -1,0 160 39,2
dont en Rhône-Alpes 12 188 38,4 20,0 5,5 -1,2 36,5
SALLANCHES 158 9 123 40,9 17,3 8,7 3,6 197 28,7
AUBENAS 161 39 96 40,4 14,5 4,3 5,8 205 28,0
AIX-LES-BAINS 162 9 553 40,3 14,1 9,6 -0,6 170 36,8
ANNONAY 166 22 142 39,5 16,3 2,3 8,8 165 38,1
ROUSSILLON 169 14 315 38,7 14,0 6,3 3,8 175 35,1
ALBERTVILLE 179 21 159 35,4 13,1 3,6 -1,2 191 30,5
BOURGOIN-JALLIEU 180 9 399 35,4 15,9 5,5 1,0 169 37,1
MONTBRISON 230 11 181 24,0 10,2 6,6 12,9 244 22,2
PRIVAS 253 17 92 20,8 9,6 0,4 0,3 259 20,5
TOURNON-SUR-RHONE 271 4 378 18,4 7,8 6,2 5,6 289 17,4
TARARE 278 10 147 17,7 7,8 1,1 -1,5 342 12,5
LIVRON-SUR-DROME 302 4 163 15,7 5,2 5,4 6,8 - -
BELLEY 307 24 74 15,2 6,7 6,3 18,8 - -
RUMILLY 309 6 197 15,0 7,7 13,8 25,2 341 12,7
SAINT-MARCELLIN 313 9 151 14,6 6,0 5,9 6,8 348 11,9
AMBERIEU-EN-BUGEY 327 2 492 13,4 6,3 9,3 6,9 315 14,6
CHAMONIX-MONT-BLANC 328 3 77 13,4 6,8 8,9 9,7 351 11,6
SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE 329 9 109 13,3 6,3 -2,1 8,0 347 11,9
LA TOUR-DU-PIN 331 5 288 13,0 5,8 1,0 -5,5 336 12,9
PIERRELATTE 339 1 241 11,9 9,0 1,7 -10,8 335 12,9
FEURS 347 5 139 10,1 6,1 1,3 16,2 - -
BOURG-SAINT-MAURICE 350 3 38 9,1 5,3 13,8 16,7 - -
Les 42 aires urbaines de R..-A. 1 293 279 4 563,2 1 907,6 5,3 4,5 4 514,7
Source : INSEE - Recensements de la population
* classement national selon la population des aires urbaines ; l'aire urbaine de Tarare a gagné 64 places : elle occupait le 342ème rang en
1990, sa population s'élevant alors à 12 510 habitants.
** partie française seulement
- : donnée absente, l'aire urbaine n'existant pas en 1990.
Disparitions : depuis 1990, Bellegarde-sur-Valserine (passage en dessous du seuil des 5 000 emplois) a disparu et Bonneville est intégrée
dans Cluses
Les aires urbaines de Saint-Etienne, Oyonnax et Mâcon s’étendent au-delà des limites régionales et celle de Genève-Annemasse déborde
largement sur le pays voisin. La position frontalière de cette dernière ne permet pas d’analyser la totalité de cette zone sous forte influence
de Genève puisque seule la partie française est connue par les statistiques françaises. Selon les concepts du recensement français, son pôle
urbain s’étend sur 34 communes suisses.
NB : Les données de population publiées dans ce numéro tiennent compte de la délimitation 1999 des aires urbaines. Ces données sont
différentes de celles publiées dans la Lettre Insee Rhône-Alpes n°77 - 78 : «Il ne suffit pas de construire pour gagner des habitants» qui
prend en compte la délimitation de 1990.
La Lettre INSEE Rhône-Alpes n° 76 © INSEE Octobre 2001

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