Hausse du nombre de ménages à l'horizon 2015. Une demande accrue de logements (Octant n° 102)

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En 2015, la Bretagne pourrait compter 180 000 à 240 000 ménages de plus qu'en 1999. L'augmentation du nombre de personnes seules explique la majeure partie de cette évolution, en lien avec la hausse du nombre de ménages âgés (55-74 ans). C'est l'Ille-et-Vilaine qui concentrerait la plus grande part de cet accroissement.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Projection des ménages
Hausse du nombre de ménages
à l’horizon 2015
Une demande accrue de logements
En 2015, la Bretagne pourrait compter 180 000 à 240 000
ménages de plus qu’en 1999. L’augmentation du nombre
de personnes seules explique la majeure partie de cette
évolution, en lien avec la hausse du nombre de ménages
âgés (55-74 ans). C’est l’Ille-et-Vilaine qui concentrerait
la plus grande part de cet accroissement.
a forte attractivité de la Bretagne besoins en logements des ménages légèrement ralenti :+1%par an entreLs’est traduite sur la période 1990- bretons dans les dix prochaines années. 1999 et 2007 puis + 0,7 % par an entre
1999 par un solde migratoire largement 2007 et 2015. Le nombre de ménages
positif contribuant ainsi à l’accroisse- atteindrait ainsi 1 391 000 en 2015, soit
ment de 12 200 personnes en moyenne une augmentation de plus de 180 000
180 000 ménagespar an sur la période. Sur ces bases, ménages (+ 15 %). Cela correspond en
supplémentairesl’Insee a réalisé des projections qui éta- moyenne à 11 500 ménages supplé-
blissent la population en 2015 dans une mentaires chaque année sur l’ensembleentre 1999 et 2015
fourchette de 3 130 000 à 3 280 000 se- de la période : + 13 000 ménages par an
lon le scénario choisi, soit une crois- jusqu’en 2007, puis + 10 000 par an au
sance de 0,46 % à 0,76 % par an. La Bretagne abritait 1 209 901 ménages delà.
en 1999. La hausse du nombre de mé-
La présente étude s’appuie sur ces hy- nages a été relativement forte durant les Le scénario haut est plus volontariste
pothèses d’évolution pour proposer des années 1990-1999, avec un taux an- dans la mesure où il retient comme
tendances possibles quant au nombre nuel moyen de croissance de 1,5 %, soit principale hypothèse un renforcement
de ménages à l’horizon 2015. L’aug- 16 400 ménages supplémentaires des soldes migratoires ; cela coïncide
mentation de ce nombre pèsera sur la chaque année. d’ailleurs avec les dernières tendances
demande en logements en Bretagne. observées. Dans ce cas de figure, le
Ces travaux, bien que ne constituant pas Dans l’hypothèse du scénario dit cen- nombre de ménages atteindrait
des projections de logements, permet- tral, la projection démographique pro- 1 446 000 en 2015, soit 240 000 de plus
tent d’illustrer les perspectives de longe cette évolution, mais à un rythme qu’en 1999. Tous les types de ménages
16 Octant n° 102 - juillet 2005Projection des ménages
Nombre moyen de personnessont concernés par cette forte crois- Moins
sance. par ménagede ménages jeunes
3,5
Le scénario central, privilégié dans la
suite de l’article, correspond à une hy- Entre 1999 et 2015, on assisterait à une
pothèse prudente de reconduction des légère baisse du nombre de ménages
comportements, il est destiné à faire ap- dont la personne de référence a moins
3,0
paraître les phénomènes de fond et les de 30 ans (- 2 000). Leur poids dans la
disparités entre territoires. population des ménages va diminuer de
2 points compte tenu de l’augmentation
des autres classes d’âge. Parmi eux, le
2,5Raison majeure : nombre de couples diminuerait de 12 %
et les personnes seules seraient plusle vieillissement
nombreuses (+ 5 %). De même, les mé-de la population
nages dont la personne de référence a
2,0entre 30 et 54 ans devraient compter
Quatre fois sur cinq, l’augmentation an- moins de couples en 2015 qu’en 1999
mais davantage de personnes seules.nuelle du nombre de ménages serait Source : Insee - Recensements de la population -
Projections Omphale, scénario centraldue au vieillissement de la population.
Ce phénomène se traduit par un plus
grand nombre de personnes âgées de
plus de 55 ans (en couples ou vivant
seules). Le nombre de ménages dont la
Projections de ménages selon l'âge de la personne de référencepersonne de référence a au moins 55
ans passerait de 517 000 à 691 000, soit
700 000
un taux de croissance moyen de 1,8 %
par an. En 2015, ces ménages représen-
600 000
teraient presque 50 % des ménages bre-
de 30 à 54 anstons, contre 43 % en 1999.
500 000
L’évolution des comportements sociaux de 55 à 74 ans
400 000contribue aussi à augmenter le nombre
de ménages mais de manière plus mo-
300 000deste. Les couples se forment plus tardi-
vement - on note une moindre fré- 75 ans et plus
quence de la vie en couple chez les 200 000
jeunes -, les ruptures de couples se mul-
moins de 30 anstiplient et les personnes séparées met- 100 000
tent davantage de temps à réaliser une
nouvelle union.
0
2000 2005 2010 2015
Source : Insee - Omphale - Scénario centralDes ménages
de plus petite taille
Évolution du nombre de ménages entre 1999 et 2015Ces deux effets, vieillissement de la po-
pulation et évolution des comporte- selon le département (en %)
ments, ont pour conséquence une forte
augmentation du nombre de personnes
Côtes-d'Armorseules. En 2015, la région devrait comp-
ter 107 000 personnes seules supplé-
mentaires (60 % de l’accroissement to-
tal du nombre de ménages). Dans le Finistère
même temps, s’y ajouteraient 60 000
nouveaux couples avec ou sans enfant
Bretagneet 13 000 familles monoparentales.
Au final, le nombre moyen de person-
Morbihannes par ménage devrait poursuivre sa
baisse. Cette diminution est une ten-
dance nationale observée depuis plu-
Ille-et-Vilainesieurs années. En Bretagne, on comptait
3,26 personnes par ménage en 1962,
2,35 en 1999. La projection selon le
05 10 15 20 25
scénario central poursuit cette ten-
dance. Source : Insee - Omphale - Scénario central
Octant n° 102 - juillet 2005 17
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2007
2015Projection des ménages
Variations annuelles du nombre de ménages de 1999 à 2014 Plus de ménages après 55 ans
dans les aires urbaines bretonnes
4 500
Pour la tranche 55-74 ans, toutes les ca-
Rennes tégories de ménages augmentent, ce qui4 000
représente 116 000 ménages supplé-
3 500 mentaires. C’est l’effet démographique
qui explique l’essentiel de l’évolution,
3 000
une part importante de cette population
appartenant à la génération du baby-2 500
boom. L’accroissement du nombre de
2 000 couples serait très fort, de l’ordre de
35 %, mais également celui du nombreBrest
1 500
de personnes seules.
Vannes
1 000 Lorient
Quimper On retrouve les mêmes évolutions pour
500 les ménages les plus âgés, au-delà de
Saint-Brieuc 75 ans : près de 58 000 ménages sup-
0
plémentaires, dont 35 000 personnes
2000 2005 2010 2014
seules et 21 000 couples.
Source : Insee - Omphale - Scénario central
Une forte hausse
en Ille-et-VilaineÉvolution du nombre de ménages entre 1999 et 2015
selon l'aire urbaine (en %)
Toujours selon le scénario central,
l’Ille-et-Vilaine accueillerait plus de
Lorient 80 000 nouveaux ménages, 44 % du to-
tal breton ; ainsi elle enregistrerait la
plus forte progression des quatre dépar-
Saint-Brieuc
tements, de l’ordre de 23 %. Dans le
Morbihan, la hausse serait également
Brest au-dessus de la moyenne régionale.
Pour tous les départements de la région,
Quimper
le nombre de ménages augmenterait
chaque année. Mais cette croissance se-
Rennes rait de moins en moins forte, surtout
dans certains territoires. Elle deviendrait
faible dans les Côtes-d’Armor et le Finis-
Vannes
tère alors qu’elle resterait supérieure à
1 % par an en Ille-et-Vilaine.
0210030 40
Il y aurait autant de ménages attendus
Source : Insee - Omphale - Scénario central
d’ici 2015 dans la seule aire urbaine de
Rennes que pour l’ensemble des cinq
suivantes : Brest, Lorient, Saint-Brieuc,Répartition des ménages
Quimper et Vannes. Selon ce scénario
selon le type d'habitat et le statut d'occupation du logement (en %)
central, la progression serait continue
80 dans cette zone, l’augmentation an-
nuelle restant supérieure à 3 500 ména-2000
ges au cours de la période. Vannes affi-
2007 cherait également une progression
60
2015 soutenue avec plus de 1 000 ménages
supplémentaires chaque année. Dans
les autres grandes aires urbaines régio-
nales, le nombre de ménages continue-40
rait d’augmenter, mais de moins en
moins rapidement.
20
Le nombre de propriétaires
progresserait plus vite
0
Individuel Collectif Autres Proprié- Locataires Locataires Autres
En dehors de toute augmentation de lahors HLM hors HLM dont HLM taires privés HLM
population, la région aura besoin de
Source : Insee - Omphale - Scénario central
18 Octant n° 102 - juillet 2005Projection des ménages
Le logement des ménages bretons en 2003
Plus de ménages propriétaires en Bretagne que dans les au- logements constituent plus d’un tiers du parc des résidences
tres régions principales bretonnes (38 %), avec de forts écarts suivant les
statuts d’occupation. Dans 51 % des cas les propriétaires
er 1
Au 1 janvier 2003, d’après le fichier Filocom ,81%deslo- occupent de grands logements, alors que c’est le cas pour
gements ont été déclarés au titre de résidence principale, les 12 % des locataires.
autres logements étant constituésdesrésidences secondaires
Répartition des résidences principales bretonnes en 2003et des l vacants. Les propriétaires l’emportent lar-
selon le statut d'occupationgement, avec 66 % des résidences principales occupées par
des propriétaires. La moyenne pour la France métropolitaine et la surface habitable du logement (en %)
est de 57 %. Parmi les départements de la région, un seul se
rapproche de la moyenne nationale : il s’agit du départe-
Propriétairesment d’Ille-et-Vilaine, qui comprend 58 % de propriétaires.
occupants
Les petits ménages sont nombreux : 63 % des résidences
principales sont occupées par une ou deux personnes. La
Bretagne se situe près de la moyenne nationale (62 %).
Locataires
secteur privé
Progression des grands logements
Le parc des résidences principales se caractérise par la pré-
pondérance des maisons individuelles : deux logements sur Locataires
trois sont des maisons, alors qu’en France métropolitaine HLM
cette proportion est de un logement sur deux. Lorsque les
propriétaires sont occupants, c’est quatre fois sur cinq dans
0525075 100
une maison. Comme la surface des maisons est la plupart du
2 2 2temps supérieure à la des appartements, la superficie moins de 35 m de 35 à 94 m 95 m et plus
2
moyenne des résidences principales en Bretagne (86,9 m )
Source : DGI et ministère de l'Équipement/Direction régionale de Bretagne - Filocom 20032est plus élevée que la moyenne française (85,5 m ).
1 - Le fichier FILOCOM (fichier des logements par commune) est un fichier conçu
Au cours des quatre dernières années, la part des grands lo- par la Direction Générale des Impôts pour les besoins et avec la participation du
2
ministère de l’Équipement.gements (95 m ou plus) a augmenté de 6 %. Les grands
Pour comprendre ces résultats
La Direction Régionale de l’Equipement, l’INSEE et la Cel- population puis des ménages en faisant des hypothèses
lule Economique de Bretagne ont travaillé ensemble afin démographiques.
d’analyser les évolutions du nombre de ménages à l’horizon
2015 et de leurs caractéristiques selon la tranche d’âge de la Le scénario central utilisé ici pour les projections de popula-
personne de référence, la composition du ménage et le statut tion s’appuie sur les hypothèses suivantes : fécondité de 2
d’occupation du logement (propriétaire, locataire, en mai- enfants par femme, mortalité en baisse conformément à la
son ou en collectif). Les zonages étudiés sont les quatre dé- tendance centrale calculée pour la France entière, migra-
partements de la région et les aires urbaines définies en tions au même niveau que celui observé sur la période
1999 : aires urbaines de Rennes (213 086 habitants), Brest 1990-1999.
(125 994 habitants), Lorient (78 527 habitants), Saint-Brieuc En répartissant la population par mode de cohabitation
(50 293 Quimper (51 215 habitants) et Vannes (couple, famille monoparentale, personne seule…), avec
(48 029 habitants). pour chaque mode de cohabitation une certaine taille de
ménage, on élabore une projection de ménages.
Un ménage est défini comme l’ensemble des occupants
d’un même logement, à titre de résidence principale. Dans Pour décrire les différentes formes d’habitat, on distingue
le cas d’un unique occupant, on parle de ménage de per- l’habitat individuel du collectif, le statut d’occupation en
sonne seule. tant que propriétaire de celui de locataire (du secteur privé
Le concept de ménage diffère de celui de famille. Une fa- ou HLM). La segmentation et la hiérarchisation du marché
mille est un ensemble d’au moins deux personnes occupant du logement sont telles que l’évolution de la demande de lo-
le même logement et formé soit d’un couple et, le cas gements suit une dynamique complexe : celle-ci dépend
échéant, de ses enfants, soit d’un parent et de son ou ses en- d’une part de l’organisation des ménages, d’autre part de la
fants (famille monoparentale). conjoncture économique qui joue sur la masse des revenus
Un ménage peut se composer de plusieurs familles. Un mé- disponibles, les fluctuations des coûts de revient, des prix de
nage peut aussi être constitué d’une famille et d’un ou plu- vente et des loyers ; elle varie aussi selon les possibilitéslo-
sieurs isolés, ou uniquement de personnes hors famille. cales de transformation du parc, et enfin selon les aspirations
des ménages à certaines formes d’habitat. L’exercice de pro-
Les projections effectuées par l’Insee à l’aide d’Omphale jection présenté ici se limite à la composante démogra-
(outil méthodologique de projections des habitants, des ac- phique de la demande, ce qui permet de mettre en évidence
tifs et des logements), ne constituent pas des prévisions. Elles certains phénomènes possibles, sans prétendre à une modé-
sont destinées à montrer une évolution possible de la lisation complète du marché du logement.
Octant n° 102 - juillet 2005 19Projection des ménages
logements supplémentaires sous le seul Au total, les 180 000 ménages supplé- Pour en savoir plus
effet de la diminution de la taille mentaires bretons entre 1999 et 2015
Les projections de ménages en Bre-moyenne des ménages. Si l’on projette pourraient se répartir principalement en
tagne à l’horizon 2015 Michelles tendances passées en matière de sta- 115 000 ménages propriétaires de leur
Rouxel ; Dossier Web n°3surtut d’occupation du logement, le maison, 15 000 propriétaires en collec-
www.insee.fr/bretagne, rubriquenombre de ménages propriétaires aug- tif, 32 000 locataires d’un appartement
Publications électroniques ;
menterait plus rapidement que le et 7 000 locataires d’une maison.
nombre de ménages locataires, consé- La demande potentielle de loge-
ments / Alain Jacquot, Insee Pre-quence directe du vieillissement de la
mière n° 875, décembre 2002 ;population. Cette augmentation du taux
Bruno Rulde propriétaires ferait suite a une légère Projections de ménages pour la
Direction régionalediminution entre 1990 et 1999, en rai- France métropolitaine, ses régions et
de l’Équipementson d’un rattrapage du parc locatif. ses départements (horizon 2030) /
Joël Dekneudt, Alain Jacquot et Bé-
nédicte Macrakis, Insee Résultats -
Société n° 19, octobre 2003 ;
Partenariat Le vieillissement de la population
moteur de la croissance, Florent
L’analyse des évolutions démographiques récentes soulève des questions sur les Maire, L’essentiel n° 66 , Insee
capacitésd’accueil de la région en logements, comme en témoignent les ten- Franche-Comté, novembre 2003 ;
sions du marché du logement depuis quelques années.
Des ménages plus petits pour d’au-
tres besoins en logements / Bruno
Cette étude a été réalisée en partenariat avec la division Aménagement et Habitat
Clément-Ziza et Hélène Chesnel,
de la Direction régionale de l’Équipement ainsi que la Cellule économique de coll. Profils n° 2, Insee Nord-Pas-
Bretagne qui analyse le secteur de la construction en Bretagne. de-Calais, mars 2004.
20 Octant n° 102 - juillet 2005
n

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