Inégalité sociale des quartiers prioritaires

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Ce 4 pages dresse un bilan, au 1/01/2004, des quartiers prioritaires des communes des sept agglomérations signataires d'un Contrat de ville 2000-2006. Une centaine de quartiers prioritaires, situés en milieu urbain, sont analysés à travers différents indicateurs : la population, le chômage, les revenus, l'habitat, la famille, l'aménagement du territoire... Une trentaine sont confrontés à de grandes difficultés sociales. Ainsi, aux plus exposés, comme Grand Ousse-des-Bois à Pau ou Agen Nord-est, s'opposent les plus épargnés comme Bon-Encontre Centre ou Montjoie à Lons.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE QUATRE PAGES
INSEE AQUITAINE
INÉGALITÉ SOCIALE
DES QUARTIERS PRIORITAIRES
Bas revenus, chômage de longue durée,
effort locatif, chômage des jeunes
(10 %). Le quart restant des quartiers aquitains est situé àou dépendance aux prestations sociales
Bayonne, Bergerac, Périgueux et Mont-de-Marsan.
sont autant d’indicateurs permettant
Trois grands types de quartiers peuvent être définis : lesde mesurer le degré des handicaps sociaux
quartiers en grande difficulté sociale, les quartiers précaires,
des quartiers prioritaires des communes
un peu moins défavorisés, et les quartiers résidentiels
des sept agglomérations signataires populaires. Les quartiers en difficulté cumulent les
d’un contrat de ville 2000-2006. handicaps sociaux, même s’ils ne sont pas tous situés dans
les zones urbaines sensibles (ZUS) de la région.Au sein des agglomérations de Bergerac,
Généralement composés d’un habitat collectif, ils se situent
Périgueux, Bordeaux, Mont-de-Marsan,
soit dans les communes les plus proches de la ville-centre,
Agen, Bayonne ou Pau, soit ils correspondent au centre-ville lui-même.
plus de la moitié de ces quartiers
Les quartiers moins défavorisés, qui restent cependant
sont en situation de précarité.
en situation de précarité, ont un habitat hétérogène,
Une trentaine sont confrontés mélange de collectif et d’individuel. Ce sont également
des quartiers de centre-ville, appartenant à la ville pôleà de grandes difficultés sociales.
de l’agglomération ou aux communes de banlieue
Ainsi, aux plus exposés,
immédiate.
comme Grand Ousse-des-Bois à Pau
Enfin, certains quartiers résidentiels populaires, moinsou Agen Nord-Est, s'opposent
touchés par les handicaps sociaux, sont classés
les plus épargnés comme Bon-Encontre
prioritaires du fait de problèmes spécifiques
Centre ou Montjoie à Lons. d’aménagement. Ils ne sont pas localisés au centre de
l’agglomération, mais plutôt à sa périphérie.
Le chômage baisse, mais le nombre
de personnes aidées est en augmentation
erEn Aquitaine, il y a une centaine de quartiers Au 1 janvier 2004, 28 % des allocataires de la Caisse
prioritaires situés en milieu urbain. Ils restent d'Allocations Familiales (Caf) des sept agglomérations
cependant très différents de par leur taille, la structure résident dans un quartier prioritaire, soit la même
erde leur population et la nature de leurs “handicaps” proportion qu’au 1 janvier 2000. Le chômage a au
sociaux. Leur population varie de 150 habitants pour le contraire reculé d’un peu plus de 20% dans les quartiers
quartier Bel-Air à Bègles à 15 000 pour prioritaires, soit légèrement plus que dans l’ensemble
Pau-Centre. Répartis dans trente quatre communes, ils des agglomérations concernées.
regroupent 280 000 habitants, soit 21 % de la
Mais les difficultés sociales persistent. Dans la région,
population de l’ensemble des sept agglomérations
six quartiers prioritaires sur dix connaissent une certaine
concernées et près de 10% de la population régionale.
forme de précarité qui se traduit par une proportion
Les quartiers prioritaires de l’agglomération de élevée d’allocataires dépendants de la Caf ou de
Bordeaux sont les plus nombreux et représentent 48 % personnes sans emploi. L’agglomération de Bordeaux
de l’ensemble, suivis de ceux de Pau (17 %) et d’Agen regroupe à elle seule 60 % des quartiers considérés
INSEE
AQUITAINE
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
o
N 145
AOÛT 2005comme les plus précaires. Les autres et16%àLa Catte. Dans ces quartiers, le Dans les Hauts d’Agora, à Boulazac, 18 %
quartiers les plus défavorisés se taux d’effort locatif, c’est à dire la part du de l’ensemble des allocataires sont
répartissent à part à peu près égale dans loyer assumée par le locataire lui-même, étrangers, soit la proportion la plus élevée
les autres agglomérations signataires de ne dépasse pas 5 %. Par comparaison, des quartiers de l’agglomération de
contrats de ville (entre 6 et 8 %), à c’est dans le quartier du Faubourg de la Périgueux. On compte également
l’exception de Mont-de-Marsan qui n’en Madeleine que le taux d’effort est le plus 25 demandeurs d’emploi pour
concentre que 3 %. élevé (21 %) parmi les quartiers 100 logements occupés, l’un des ratios les
prioritaires aquitains, en raison de la plus élevés des quartiers prioritaires de
La mesure des handicaps sociaux permet
faible proportion d’allocataires à bas Dordogne.
d’établir une comparaison inter-quartiers
revenus (un sur trois).
pour chaque contrat de ville, mais aussi Enfin le quartier Centre ville-le Toulon à
Gour de l’Arche-Hlm (Périgueux),d’étudier et d’apprécier la précarité Périgueux abrite 38 % d’allocataires à bas
relative par rapport à l’ensemble des cumule les “handicaps” sociaux revenus, bien que la proportion de rmistes
quartiers. reste inférieure à la moyenne du contrat
Les quartiers du contrat de ville de
de ville (14 % contre 18 %). Toutefois le
Périgueux cumulent davantage deAinsi les indicateurs sociaux révèlent une
chômage de longue durée et celui des
handicaps que ceux de Bergerac. Troisprécarité plus élevée dans les quartiers de
jeunes de moins de 25 ans y sévissent
quartiers prioritaires se distinguent parPérigueux et de Mont-de-Marsan que
assez fortement. Paradoxalement, la Cité
l’importance de leurs difficultés sociales.dans ceux de Pau. De même le chômage
Bel Air à Boulazac, relativement moins
Gour de l’Arche-HLM à Périgueux,frappe davantage les quartiers de
atteinte que les autres quartiers
enregistre à la fois les plus forts tauxBordeaux que ceux de Périgueux, alors
prioritaires de l’agglomération de
d’allocataires à bas revenus (60 %), deque le chômage de longue durée affecte
Périgueux, recense la proportion de
ménages dont le revenu dépend auxdavantage ceux de Pau que de Bergerac
chômeurs de longue durée la plus élevée :
trois-quarts d'allocations (38 %) et depar exemple.
deux sur cinq.
bénéficiaires du RMI (30 %). Les familles
Bergerac : difficultés sociales monoparentales à bas revenus occupent Seize quartiers en grande difficulté
pour Naillac-Quartier Sud 17 % des logements, soit deux fois plus en autour et dans Bordeaux
er proportion que dans l’ensemble desAu 1 janvier 2004, trois des sept
L’agglomération de Bordeaux, avec
quartiers de Périgueux. Un demandeurquartiers relevant du contrat de ville de
754 000 habitants, regroupe un plus
d’emploi sur trois est chômeur de longueBergerac demeurent en situation de
grand nombre de quartiers fragiles,
durée, par contre le chômage des jeunesprécarité sociale. Naillac-Quartier Sud,
confrontés à des difficultés sociales. Mais
de moins de 25 ans est moins élevéBeauplan-Bout des Vergnes et La
la plupart des indicateurs sociaux des
qu’ailleurs. Enfin, la dépendance enCatte-Quartier Nord sont caractérisés par
quarante cinq quartiers prioritaires de
terme de loyers est extrême avec un tauxune proportion d’allocataires à bas
plus de 650 habitants de cette
d’effort locatif de 1 %, illustration desrevenus, voisine de 40 %, donc
agglomération révèlent un niveau de
difficultés financières ressenties par lasupérieure de quatre points à la moyenne
précarité inférieur à celui que l’on
population du quartier Gour dede l’ensemble des quartiers prioritaires du
observe dans les quartiers de Périgueux.
l’Arche-HLM .contrat de ville de Bergerac. Dans les
Ceci s’explique en partie par le nombre
quartiers de Naillac et Beauplan, on
important de quartiers épargnés par lesLes quartiers de Chamiers à
recense deux chômeurs pour dix
difficultés. Au-delà, certaines zones enCoulounieix-Chamiers et des Hauts
logements occupés. Ce ratio atteint même
situation de précarité en 2000 ontd’Agora à Boulazac connaissent eux aussi
trois pour dix à la Catte. Un tiers des
rapidement réduit leur handicap depuisun taux d’effort locatif parmi les plus bas,
demandeurs d’emploi habitant ces trois
cette date en recourant à des mesuresavec seulement 3 % à la charge des
quartiers sont des manœuvres et des
sociales à la fois gouvernementales etallocataires. Ils comptent respectivement
ouvriers spécialisés.
communales.50 % et 41 % d’allocataires à bas revenus.
De plus, ils cumulent plus que les autres À Chamiers, pour 100 ménages, on
quartiers du contrat de ville de Bergerac dénombre 14 familles monoparentales à Il reste cependant vingt-neuf quartiers
des handicaps de tous ordres. Dans prioritaires sensibles, dont 16 en grandebas revenus, et 30 % des allocataires sont
chacun d’eux, plus d’un allocataire sur dépendants des prestations de la Caf à difficulté. Parmi ceux-ci, les Bleuets-les
quatre est dépendant à 75 % de Acacias à Ste-Eulalie comptent 60 %hauteur de 75 % de leurs revenus. La part
prestations fournies par la Caf et un sur des bénéficiaires du RMI est relativement d’allocataires à bas revenus. Près de la
cinq est en situation de forte précarité. La moitié des allocataires sont trèsélevée puisqu’elle dépasse 20 % et un
part des allocataires percevant le RMI jeune de moins de 25 ans sur cinq est sans dépendants de la Caf et un tiers perçoit
s’élève à 20 % à Naillac, 18 % à Beauplan le RMI. Ces taux sont les plus élevés desemploi.
oN 145
AOÛT0 2005quartiers d’Aquitaine. En revanche, le Floirac et Carriet 2 à Lormont. Dans le Forte précarité
chômage n’est pas plus élevé aux Bleuets quartier Lyautey, le quart des allocataires dans le quartier nord-est d’Agen
que dans l’ensemble des quartiers de à bas revenus ne bénéficient ni des
Dans le quartier d’Agen Nord-Est, plus de
l’agglomération de Bordeaux. Dans les allocations de parent isolé (API) ou adulte
60 % des allocataires disposent de bas
quartiers Yves Farges et Paty- handicapé (AAH) ni du RMI. Dans le
revenus et trois allocataires sur dix
Montmousseau à Bègles, les Aubiers à Bas-Floirac, quatre chômeurs sur dix sont
bénéficient du RMI. Le tiers des
Bordeaux, la Marègue à Cenon, Carriet 3, à la recherche d’un emploi depuis au
demandeurs d’emploi, souvent peu
Génicart et Rabelais-Diderot-St-Hilaire à moins un an.
qualifiés, est au chômage depuis plus
Lormont, environ la moitié des
d’un an et le quart des chômeurs estEnfin sept autres quartiers en moins
allocataires disposent de bas revenus.
constitué de jeunes de moins de 25 ans.grande difficulté sociale souffrent
La part de familles monoparentales ayantÀ Yves Farges, un allocataire sur cinq est néanmoins de quelques handicaps.
un bas revenu est l’une des plus élevéesétranger. Plus du quart des allocataires à C’est le cas de Belcier-Carle Vernet et
d’Aquitaine (17 pour 100 logementsbas revenus bénéficie du RMI et quatre St-Jean à Bordeaux, Les Cîmes-
occupés). En outre, la proportionchômeurs sur dix attendent un emploi Sully-Garosse et le Vieux Bourg à
d’allocataires dépendants de la Caf pourdepuis plus d’un an. Lormont, Chataîgneraie et Saige-
les trois quarts de leurs revenus (39 %) estLadonne à Pessac et Sarcignan à
Les quartiers de la Marègue à Cenon et l’une des plus fortes d’Aquitaine, avecVillenave d’Ornon. Dans ces quartiers,
Génicart à Lormont enregistrent le même celles des Bleuets-Acacias à Ste-Eulalie etle tiers des allocataires dispose de bas
type de difficultés sociales avec des Aubiers à Bordeaux. Le taux d’effortrevenus, sans pour autant cumuler tous
cependant une part plus faible de des allocataires d’Agen Nord-Est pourles handicaps à la fois. À Pessac,
bénéficiaires du RMI (20 % des subvenir à leur loyer est très faible (3 %).Saige-Ladonne regroupe 21 %
allocataires). Le taux d’effort locatif des
d’allocataires en situation de précarité
De nombreux habitants du quartierallocataires n’y dépasse pas 2 %. Aux
parmi les bas revenus. Au sein de
d’Agen Sud-Est connaissent égalementAubiers, on compte près d’une famille
Chataîgneraie, 38% des chômeurs sont
des difficultés sociales. La moitié desmonoparentale à bas revenus pour cinq
inscrits à l’ANPE depuis plus d’un an. À
allocataires disposent en effet de baslogements occupés, soit la part la plus
Lormont, dans le quartier des Cîmes, un
revenus. Plus du quart d’entre euxélevée de tous les quartiers prioritaires
chômeur sur quatre à moins de 25 ans.
dépendent pour l’essentiel d’aides de lad’Aquitaine. Le chômage perdure avec
Caf et un sur cinq perçoit le RMI.34 chômeurs pour 100 logements, mais Le Peyrouat (Mont-de-Marsan) et
L’occupation des logements par desles demandeurs d’emploi de longue durée la Moustey (St-Pierre-du-Mont),
familles monoparentales y est moitiéde faibles revenussont en proportion moins nombreux que
moindre que dans le quartier voisindans d’autres quartiers pourtant en moins
Plus de la moitié des allocataires des
d’Agen Nord-Est. De plus, le chômage ygrandes difficultés sociales.
quartiers du Peyrouat à Mont-de-Marsan
est moins présent.
et de la Moustey à St-Pierre-du-MontBacalan-Claveau, la Benauge et
disposent de ressources inférieures au Enfin, le quartier du Centre-ville d’Agen,St-Michel-Ste-Croix à Bordeaux, le Grand
seuil de bas revenus. peuplé de plus de 7 000 habitants, est unCaillou à Eysines, les Alpilles-Vincennes
peu moins affecté par la précarité que seset Carriet 1 à Lormont ainsi que
Au Peyrouat, quatre allocataires sur dix
voisins. Deux allocataires sur cinq s’yBeaudésert et le Burck à Mérignac se
sont dépendants à 75 % des prestations
trouvent en dessous du seuil des basdistinguent également par une proportion
de la Caf, à la Moustey trois sur dix. Dans
d’allocataires à faibles revenus dépassant revenus.
ces deux quartiers, la part des
40 %. Dans ces quartiers, la part des
Bayonne : difficultés sociales pourbénéficiaires du RMI atteint 28 % et les
chômeurs de longue durée représente le
le quartier des Hauts de Ste-Croixfamilles monoparentales à bas revenus
tiers des demandeurs d’emploi. Au Burck,
sont également plus nombreuses Le quartier des Hauts de Ste-Croix comptequartier composé d’une population
qu’ailleurs. On compte ainsi 15 familles
45 % d’allocataires à bas revenus, dont unjeune, trois demandeurs d’emploi sur dix
composées d’un seul parent pour sur cinq est en situation de forte précarité.ont moins de 25 ans.
100 logements occupés au Peyrouat et
On dénombre également 16 familles
13 à la Moustey. Toujours pourDans les six autres quartiers, en situation monoparentales à bas revenus pour
moins difficile, 36 % des allocataires 100 logements occupés, on dénombre
100 occupés, soit un ratio comparable au
24 demandeurs d’emploi au Peyrouat, ledisposent de ressources inférieures au Gour de l’Arche HLM à Périgueux.
seuil de bas revenus. Il s’agit des quartiers tiers d’entre eux en chômage de longue
durée. Les handicaps sociaux classent Les allocataires du RMI (19 %) sontLyautey-Champ de Courses au Bouscat, la
cependant moins présents que dans lesSaraillère-Grand Pavois et Victor Hugo à ces deux quartiers parmi les dix les plus
défavorisés d’Aquitaine. quartiers de St-Esprit et de Petit BayonneCenon, Bas Floirac et Dravemont à
oN 145
AOÛT 2005oN 145
AOÛT 2005
(22 %) ou même de Bayonne-Centre Caf. Près d’un allocataire sur deux est Pau, restent toutefois inférieurs à ceux de
(21 %). Enfin, le chômage, en particulier étranger soit la plus forte proportion quartiers d’autres contrats de ville
celui des jeunes, reste dans la moyenne régionale à l’intérieur des quartiers eux-mêmes considérés comme étant en
des quartiers prioritaires d’Aquitaine. prioritaires. Le taux d’effort locatif (2 %), situation de précarité moyenne.
est parmi les plus faibles d’Aquitaine.
Les quartiers Bayonne-Centre et Petit
Pour 100 logements occupés, on
Bayonne sont également touchés par la Jean-Pierre DUBANdénombre 40 demandeurs d’emploi dont
précarité sociale. De nombreux résidants
43 % sont au chômage depuis plus d’un
ont de faibles ressources et sont très
an. Si la part des bénéficiaires du RMI est
dépendants. Parmi la population à bas
la plus élevée de tous les quartiers du
revenus, 29 % d’allocataires dépendent à
contrat de ville de Pau (20 %), elle reste
75 % de la Caf et 20 % sont considérés
inférieure à celle de plusieurs quartiers POUR EN SAVOIR PLUS...
comme précaires, ne bénéficiant d’aucun
des autres contrats de ville. Site internet : www.insee.frminima sociaux. Cependant, le chômage
Rubrique : Portail Collectivités Locales
est moins présent que dans les autres Bien qu’en situation de moins grande Problématiques : Population, politiques
quartiers prioritaires. difficulté sociale, deux autres quartiers de sociales et aménagement urbain,
logementPau souffrent d’une proportion plus
À Pau, un quartier Index : Pauvreté-précarité.élevée d’allocataires précaires que la
concentre les handicaps sociaux “La lettre de la DIV” n° 89-(janvier-fé-moyenne des quartiers prioritaires de
vrier 2004) à n°103 (mai 2005).Dans le département des Pyrénées- l’agglomération. Il s’agit de Pau-Centre et
“Les quartiers prioritairesAtlantiques, Grand Ousse-des-Bois est le du Bas de Pau dont le tiers “seulement”
de la Politique de la Ville” Insee Aquitaineseul quartier à cumuler autant de des allocataires disposent de bas revenus.
n° 103-février 2002.
difficultés sociales. Plus de la moitié des Dans ces deux quartiers, 23 % des
“Les ménages à bas revenusallocataires ont de bas revenus et le quart allocataires sont très dépendants des
et le logement social” Insee Première
sont en situation de précarité, ne aides de la Caf et 14 % reçoivent le RMI. n° 962-avril 2004.
percevant aucune aide spécifique de la Ces taux, élevés pour le contrat de ville de
Directeur de la publication : François Elissalt
Rédacteur en chef : Élisabeth Nadeau - Secrétaire de fabrication : Daniel Lepphaille
INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3617 INSEE - Internet : www.insee.fr
e© INSEE 2005 - n° ISSN 1283-6036 - Dépôt légal 3 trimestre 2005
Composition et impression : Insee Aquitaine
Code Sage IA14508
Prix : 2,2 € - Abonnement : France : 12 numéros 22 € - Étranger : 27 €Grand Ousse des Bois exposé aux difficultés sociales, Montjoie plutôt épargné
Part des chômeurs de longue durée (un an ou plus) dans l'ensemble des chômeursPart des
bas revenus*55 % 20 %35 % 30 % 25 %45 % 40 %
65 %
Agen Nord-Est, Les Bleuets - Les Acacias
Gour de l'Arche-Hlm (Périgueux) (Ste-Eulalie)
55 %
Grand Ousse- Génicart (Lormont) Le Peyrouat (Mt-de-Marsan), Chamiers (Coulounieix-
des-Bois (Pau) La Moustey (St-Pierre-du-Mont) Chamiers), Agen Sud-Est
50 %
Yves Farges Carriet3 (Lormont), Rabe- Naillac et Quartier Sud
(Bègles) lais-Diderot (Lormont), (Bergerac),
La Marègue (Cenon), Paty-Monmousseau
Hauts de Ste-Croix (Bègles),
(Bayonne) Les Aubiers (Bordeaux),
La Benauge (Bordeaux)
45 %
Carriet1 Dravemont (Floirac), Beauplan-Bout des Vergnes La Catte et Quartier
(Lormont) Carriet 2 (Lormont) (Bergerac), Nord (Bergerac),
Bacalan-Claveau (Bordeaux), Les Hauts d'Agora
St-Michel - Ste-Croix (Bordeaux) (Boulazac),
Grand Caillou (Eysines), Agen Centre
Beaudésert (Mérignac)
Le Burck (Mérignac),
Alpilles - Vincennes (Lormont),
Bayonne Centre, Petit Bayonne
40 %
St-Etienne- Belcier - Carles Vernet Cité Jean Moulin (Bergerac), Saint-Esprit (Bayonne) Quartier
Sainsontan (Bordeaux), Le Toulon (Périgueux), de la Gare
(Bayonne) Lyautey-Champ de La Saraillère - Grand Pavois (Périgueux)
Courses (Le Bouscat), (Cenon),
Victor Hugo (Cenon), Le Vieux Bourg (Lormont),
Bas Floirac, Les Cimes-Sully-Garosse (Lormont),
Citadelle (Bayonne), Saige - Ladonne (Pessac),
Bas Boucau Sarcignan (Villenave-d'Ornon)
35 %
Gambetta Cité Bel Air (Boulazac), La Troche et habitat 1 et 3 (Creysse), Faubourg de la
(Cenon) Le Moura (Bassens), Thorez-Goëlands (Bègles), Madeleine (Bergerac),
Bourbon (Floirac), Saint-Jean (Bordeaux), Tounet - Petit Clarat
Châtaigneraie (Pessac), Grand Parc (Bordeaux), (Bergerac),
Le Passage Centre, Pau Centre Chartrons Nord
Bas de Pau , (Bordeaux),
Ste-Croix - Grand Basque Mont-de-Marsan Centre
(Bayonne),
Marnière - les Chênes
(Billère)
30 %
Alouette-Haut Beauval (Bassens), Le Dorat (Bègles), Marcel Sembat (Bègles),
Livrac (Pessac), Thouars (Talence), Capeyron (Mérignac), La Victoire (Bordeaux)
Grand Berlioz Château d'Este (Billère), Ganet-Béoulaygues (Le Passage)
(Pau) Jurançon-Stade, Dufau
Tourasse (Pau)
25 %
Fourcet Grand Tressan (Lormont), Les Fleurs (Mérignac), Bon Encontre Centre Montjoie (Lons)
(Lescar) Beutre (Mérignac), Boé Cités Laffitte Pilar (Billère),
La Couronne (Boé), Victor Hugo (Lescar),
Secteur Caoulet Grand Perlic (Lons),
(Foulayronnes), Saint-Julien (Lons)
Bizanos Centre ancien,
Grand Barrincou (Pau)
20 %
Répartition des quartiers prioritaires selon le degré de précarité
Source : Caf (31/12/2003) - ANPE (01/01/2003)
* Allocataires à bas revenus parmi l'ensemble des allocataires de la Caf
oN 145
AOÛT 2005Les quartiers de la politique de la ville ont été définis dans le cadre des Contrats de Définitions des indicateurs de la Caf
ville et signés pour la période 2000-2006. Ces contrats constituent un cadre de
Les allocataires sont considérés à bas revenus si leur revenu mensuel par
coopération entre l’Etat, les collectivités territoriales et leurs partenaires, visant à
unité de consommation* est inférieur à 718,97 € (4716 Fr) au 31 dé-
lutter contre les processus de ségrégation sociale et de dévalorisation de certains
cembre 2003. Le revenu mensuel déclaré (avant impôts) tient compte du
territoires urbains. Ils inscrivent des actions menées au sein des quartiers eux-mê-
revenu d'activité professionnelle ou des indemnités chômage, des presta-
mes (réhabilitation de logements, aménagements sociaux, entretien d’espaces
tions familiales et des minima sociaux hors aides au logement.Ce montant,
publics…), de la commune ou de plusieurs communes associées dans le contrat
utilisé couramment dans les études sur la population à bas revenus, est égal
de ville (insertion et emploi, prévention et sécurité).
à la demi-médiane des revenus de l’ensemble de la population. Les étu-
La quasi totalité des périmètres des quartiers prioritaires définis dans le cadre des
diants et les personnes de 65 ans ou plus ne sont pas pris en compte dans
Contrats de ville incluent le plus souvent les périmètres des ZUS, ZRU ou ZFU
les calculs des allocataires à bas revenus.
institués en 1996 et constituant un ensemble plus vaste que ces derniers.
Les allocataires précaires sont parmi les allocataires à bas revenuserLes nouveaux dispositifs, créés par la loi “Borloo” du 1 août 2003 d’orientation
ceux qui ne bénéficient ni de l’API, ni de l’ AAH ni du RMI.
et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, viennent compléter
Le seuil de dépendance aux prestations correspond à un revenu dont
l’action engagée par la politique de la ville dans cadre des Contrats de ville
au moins les 50 % (dépendants à 50 %) ou 75 % (dépendants à 75 %)
2000-2006.
sont constitués par des allocations versées par la Caisse d’AllocationsEn France 247 contrats de ville ont été signés pour la période 2000-2006 regrou-
Familiales (CAF).pant 1300 quartiers pour six millions d’habitants. En Aquitaine, 119 quartiers ont
Le taux d’effort locatif correspond au montant du loyer diminué desété retenus au sein de sept agglomérations : Bordeaux, Pau, Bayonne, Agen,
aides au logement locatif rapporté à l’ensemble des revenus et presta-Mont-de-Marsan, Périgueux et Bergerac pour une population de 280 000 habi-
tions familiales perçues, aides au logement locatif exclues (ramené àtants en 2000.
l’unité de consommation).Les quartiers prioritaires ont été analysés dans la présente étude tels qu’ils sont dé-
Loyer - Aides au logement locatiffinis dans les Contrats de ville. Les indicateurs sociaux sont influencés par la Taux d’effort =
bbbbbbRevenus + Prestations familiales - Aides au logement locatifmaille géographique retenue. Ainsi les périmètres d’une vingtaine de quartiers
aquitains sont pour certains étroits, de façon à cerner au plus près la précarité de * Exemple d'une famille de 2 adultes et 2 enfants, comptant pour 2,3 unités de
er eleurs habitants et pour d’autres situés en zone éparse et peu dense. Dans les deux consommation (avec 1 adulte = 1 uc, 2 adulte = 0,5 uc, 1er enfant de plus de
e14 ans = 0,5 uc, 2 enfant de moins de 14 ans = 0,3 uc). Pour un revenu global
cas, leur faible population rend les indicateurs trop fragiles. Aussi, l’étude ne mensuel de 1 500 €, le revenu mensuel par unité de consommation sera de
porte que sur les 94 quartiers aquitains de plus de 650 habitants. 1500/2,3 = 652 €.
Proportionnellement plus d'allocataires en difficultés sociales dans les quartiers défavorisés de Périgueux et de Mont-de-Marsan
Unité : %
Allocataires à Allocataires Bénéficiaires Chômeurs ChômeursNombre de
Nombre bas revenus dépendants du de longue de moinschômeurs pour
deContrat de ville parmi à 75% RMI durée de 25ans100 résidences
quartiers l'ensemble des principalesparmi les allocataires à bas revenus parmi tous les chômeursallocataires
Bergerac
Quartiers en difficulté. . . . 3 44,0 27,0 18,4 21,3 26,9 23,5
Ensemble des quartiers . . . 7 36,9 21,4 14,4 16,7 27,8 21,7
Périgueux
Quartiers en difficulté. . . . 3 51,8 31,1 23,7 19,8 28,6 16,3
Ensemble des quartiers . . . 6 42,8 25,0 17,5 15,1 28,3 20,4
Bordeaux
Quartiers en difficulté. . . . 16 45,1 29,5 20,7 23,7 33,0 20,1
Ensemble des quartiers . . . 45 36,2 21,7 15,5 19,2 32,5 20,2
Mont-de-Marsan
Quartiers en difficulté. . . . 2 53,1 35,8 27,7 22,3 32,3 21,2
Ensemble des quartiers . . . 3 40,5 25,0 18,2 15,1 30,6 22,7
Agen
Quartiers en difficulté. . . . 3 46,2 29,0 21,2 15,6 29,0 22,2
Ensemble des quartiers . . . 9 38,0 22,6 15,9 13,3 30,3 21,6
Bayonne
Quartiers en difficulté. . . . 3 43,0 28,9 20,8 19,8 32,9 18,1
Ensemble des quartiers . . . 8 39,8 26,3 19,5 16,6 33,0 18,9
Pau
Quartiers en difficulté. . . . 1 50,6 27,5 19,8 39,1 43,3 18,4
Ensemble des quartiers . . . 16 28,8 17,6 11,4 13,7 36,7 19,4 31 45,6 29,5 21,1 21,9 32,6 20,1
en difficulté . . . . . . . . . . .
Ensemble des quartiers 94 35,5 21,5 15,1 16,7 32,9 20,3
d'Aquitaine de plus de
650 habitants . . . . . . . . . .
Région Aquitaine . . . . . . . 27,1 15,6 9,9 11,4 29,1 20,2
Part des allocataires Caf et des chômeurs dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville
Source : Insee - Caf (31/12/2003) - ANPE (01/01/2003)
oN 145
AOÛT 2005

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