Insécurité : perceptions et réalités

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Une personne sur sept est préoccupée par la délinquance dans son quartier au cours des années 2000-2004, une sur quatorze se sent en insécurité à son domicile. Le fait d'être victime ou témoin de délinquance renforce ces sentiments. Les dégradations d'équipements collectifs dans le quartier semblent attiser la préoccupation et les cambriolages renforcer le sentiment d'insécurité au domicile. Mais la liaison entre préoccupation, peur et délinquance subie n'est pas automatique : les victimes ne les éprouvent pas obligatoirement et les personnes préoccupées ou ayant peur n'ont pas toujours été victimes au cours des deux dernières années. De plus, ces deux sentiments n'affectent pas les mêmes populations. Si la préoccupation concerne de manière à peu près équivalente les deux sexes, les femmes manifestent en revanche plus nettement un sentiment d'insécurité. Cette crainte est ressentie par les personnes très jeunes ou âgées, vivant en maisons individuelles ou parfois en régions rurales. La préoccupation touche, quant à elle, plus particulièrement des populations vivant en zone dense, dans des quartiers pauvres, notamment en zone urbaine sensible.
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Vie sociale 8
Insécurité : perceptions et réalités
Thomas Le Jeannic*
Une personne sur sept est préoccupée par la délinquance dans son quartier
au cours des années 2000-2004, une sur quatorze se sent en insécurité
à son domicile. Le fait d’être victime ou témoin de délinquance renforce
ces sentiments. Les dégradations d’équipements collectifs dans le quartier
semblent attiser la préoccupation et les cambriolages renforcer le sentiment
d’insécurité au domicile. Mais la liaison entre préoccupation, peur et
délinquance subie n’est pas automatique : les victimes ne les éprouvent
pas obligatoirement et les personnes préoccupées ou ayant peur n’ont pas
toujours été victimes au cours des deux dernières années. De plus,
ces deux sentiments n’affectent pas les mêmes populations. Si la préoccupation
concerne de manière à peu près équivalente les deux sexes, les femmes
manifestent en revanche plus nettement un sentiment d’insécurité. Cette crainte
est ressentie par les personnes très jeunes ou âgées, vivant en maisons
individuelles ou parfois en régions rurales. La préoccupation touche,
quant à elle, plus particulièrement des populations vivant en zone dense,
dans des quartiers pauvres, notamment en zone urbaine sensible.
es enquêtes de victima- quance et peur pour soi : la sociopolitique (encadré 1). De
tion montrent qu’il est première est plus fréquente et plus, peur et préoccupationL nécessaire de distinguer c’est elle dont les variations touchent des populations diffé-
préoccupation face à la délin- constituent souvent un enjeu rentes.
* Thomas Le Jeannic appartient à la division Conditions de vie des ménages de l’Insee.
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part est passée à 8,6 % en 2005 ;La délinquance : Préoccupation, peur :
pour les cambriolages, la partun problème dans des évolutions
passait de 3,5 % à 2,5 % (fi-
le quartier pour pas toujours liées
gure 2).
une personne sur sept àladélinquance…
Avec 11 % en 2005 contre 17 %
en 2002, la proportion de person-
En moyenne sur la période Depuis le milieu des années nes déclarant avoir été témoin
2000-2004, 14,2 % des individus quatre-vingt-dix, les vols spé- d’agressions ou de violences se
ont cité la délinquance comme cialisés comme les vols de voi- réduit également. En revanche
problème préoccupant dans leur tures, les vols à la roulotte (vols les évolutions à la baisse des vols
quartier, parmi une liste compre- d’objets sur ou dans la voiture), simples et des agressions ne sont
nant le bruit, la pollution, le ainsi que les cambriolages, ont pas très significatives, du fait de
manque d’équipements ou de nettement diminué (Rizk, la faiblesse de l’échantillon des
commerces, et les transports 2005). Cette baisse est sans enquêtes annuelles (encadré 2).
en commun mal adaptés ou doute due à la généralisation Les vols concernent toujours sur
dangereux (encadré 1). Sans être dessystèmesdeprotection.En la période environ 5 % des indi-
central, ce souci s’exprime régu- 1996, 13,5 % des ménages ont vidusdeplusdequinzeans,les
lièrement, avec une proportion eu à déplorer un vol lié à la agressions autour de 7 %. Globa-
qui oscille entre 13 % et 18 % voiture au cours des deux an- lement, le niveau et l’évolution de
depuis le milieu des années nées précédant l’enquête ; cette la délinquance entre 1997 et
quatre-vingt-dix (figure 1). Un pic
d’inquiétude se manifeste dans
Encadré 1l’enquête de janvier 2002, après
les attentats du 11 septembre à Définitions de la préoccupation et de la peur
New York. Ponctuellement, les
Dans l’enquête permanente sur les Les personnes désignées dans l’ar-médias ont pu avoir un effet am-
conditions de vie des ménages ticle par « apeurées » au domicileplificateur, presse et télévision
(EPCV) sont posées quelques ques- sont celles qui ont répondu « Sou-
ayant tendance à ne relater de la
tions d’opinion concernant l’insé- vent »ou« De temps en temps »àla
délinquance qu’au travers de curité. Dans cette étude, ces question « Vous arrive-t-il personnel-
faits rares et graves (Lagrange, questions permettent de définir lement de vous sentir en insécurité à
d’une part les personnes préoccu- votre domicile ? ». Le questionnaire1995). Aussi, cette préoccupation
pées par la délinquance locale, et n’aborde pas les violences entre lesne renvoie pas nécessairement à
d’autre part celles qui ont peur. Ces membres du ménage. Cependant, il
une exposition personnelle à la deux notions sont généralement n’est pas impossible que cette décla-
délinquance. distinguées et leur irruption ne ration d’insécurité au domicile soit
s’est pas faite au même moment parfois le fruit de conflits intrafami-
(Robert, 1999). liaux. Les « apeurés » à l’extérieur
Le sentiment d’insécurité au do- sont ceux qui, à la question « En
Les personnes désignées dans l’ar- vous déplaçant seul(e) le soir dans lemicile est plus proche du senti-
ticle par « préoccupées » sont ici quartier, vous arrive-t-il d’avoirment de peur pour sa sécurité
lespersonnesdeplusde15ans peur ? », ont répondu « Souvent » ou
personnelle. Il touche une plus
qui, à la question « Quels problè- «Detempsen temps ». À la diffé-
faible proportion de la popula- mes dans votre quartier ou votre rence des préoccupés, les apeurés
tion. En moyenne sur la même commune vous préoccupent le sont inquiets pour eux-mêmes.
plus ? », ont cité « Le manque depériode, 7,3 % des personnes
sécurité ». Deux choix étaient pos- À côté de ces questions d’opinionont déclaré avoir éprouvé ce
sibles ; cette modalité de réponse ou de sentiment, les questions trai-
sentiment, souvent ou de temps arrivait en cinquième position, tant de la délinquance subie au
en temps, à leur domicile. Cette après « Le bruit », « La pollution », cours des deux années précédant
« Le manque de commerces ou d’é- l’enquête, comme par exemple lesproportion est assez stable, avec
quipements », « Les transports en cambriolages, vols ou agressions,là aussi une petite poussée en
commun (mal adaptés aux besoins sont des questions plus factuelles,
2002 (figure 1). Enfin, 6 % des
ou dangereux) », ou encore « Au- donc plus objectives. Cependant, il
personnes déclarent avoir peur cun problème particulier ne vous s’agit d’une délinquance ressentie,
lorsqu’elles sortent seules le dérange ». Les préoccupés sont in- et pour des faits peu graves de
quiets pour les autres, pas néces- même nature, certaines personnessoir ; parmi celles qui sortent ré-
sairement pour eux-mêmes. peuvent les signaler, d’autres non.gulièrement le soir, cette propor-
tion atteint 12 %.
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Vie sociale 8
Figure 1 - Évolution du sentiment d'insécurité (peur) et de la 2004 ne paraissent pas avoir
préoccupation sécuritaire dans le quartier d’impact direct sur les niveaux de
en % préoccupation et de sentiment20
Problème de sécurité dans le quartier d’insécurité.18
16
14
12 …mais exprimées
10 Sentiment d’insécurité au domicile plus souvent
8
par les victimes de délits
6
Peur en sortant seul le soir4
2 Ceux qui ont exprimé leur préoc-
0 cupation ou leur peur ont été
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
plus souvent victimes de délitsChamp : personnes de plus de 15 ans.
Lecture :en 2001, 14,4 % des personnes de plus de 15 ans ont déclaré que le manque de sécurité est un problème que les autres ; une personne
préoccupant dans leur quartier.Par ailleurs, 7,3 % se sentent en insécurité au domicile. préoccupée par la délinquance
Source :Insee, EPCV 1997-2004.
sur quatre et une personne expri-
mant un sentiment d’insécuritéFigure 2 - Évolution de la délinquance subie au cours des deux
sur cinq ont été victimes d’un délitannées précédentes
dans leur quartier ou « village »en %
20 au cours des deux années précé-
18 dant l’enquête (cambriolage, vol
Témoins d’agressions16
concernant la voiture, vol simple
14
ou agression), contre seulement
12
une personne sur dix dans leVols liés à la voiture10
restedelapopulation(figure 3).
8
Agressions De la même façon, les personnes
6 Vols simples
préoccupées par la délinquance4
ont plus souvent constaté des2
Cambriolages de la résidence principale dégradations dans leur quartier0
94-95 95-96 96-97 97-98 98-99 99-00 00-01 01-02 02-03 03-04 ou encore été témoins d’agres-
années
sions. De plus, les enquêtes desChamp : personnes de plus de 15 ans (témoins d'agression, agressions et vols simples) ou ménages
(cambriolages et vols concernant la voiture). années 1996 à 2004 ne mesuraient
Lecture : au cours de l'enquête 2001, 16,1 % des personnes de plus de 15 ans ont déclaré avoir été témoin pasles actesdevandalisme;
d'agression aux cours des années 1999 et 2000, et 2,5 % des ménages ont été cambriolés durant la même
elles sous-estiment donc un peupériode.
Source :Insee, EPCV 1996-2005. le lien entre « victimes ou té-
moins » de délits et l’expression
Figure 3 - Délinquance subie dans le quartier par les personnes de préoccupation ou de peur.
préoccupées ou apeurées au cours de la période 2000-2004
en % En sens inverse, les victimes d’un70
délit disent plus que d’autres leur60
préoccupation face à la délin-
50
quance locale, mais sans que
40
cela soit systématique : elles sont
30
30 % à le faire (contre 6 % seule-
20
ment parmi les non-victimes).
10
Cette proportion passe de 24 %
0
Personnes préoccupées Personnes non-préoccupées Personnes apeurées Personnes non-apeurées pour ceux n’ayant souffert que
d’un délit au cours des deux an-Victime dans leur quartier Ni victime, ni destruction, mais témoin d’agression
Pas victime, mais destructions dans le quartier Ni victime, ni destruction, ni témoin nées précédentes à 32 % lorsque
ces derniers se sont répétés. EtNote : au cours de la période 2000-2004, 14,2 % des personnes de plus de 15 ans ont déclaré être préoccupées
par la délinquance dans leur quartier (85,8 % des ne sont pas préoccupées). Dans le même temps, une personne sur quatre, témoin
7,3 % des personnes ont déclaré se sentir en insécurité au domicile (82,7 % n'éprouvent pas cette peur). d’un acte délictueux, exprime
Lecture : parmi les personnes préoccupées par la délinquance dans leur quartier, 24 % ont été victimes dans leur
également ce sentiment. Le niveauquartier au cours des deux dernières années.
Source :Insee, EPCV empilées 2000-2004. de délinquance départemental,
Données sociales - La société française 639 édition 2006
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mesuré par les statistiques de la ont constaté des dégradations ou il s’agit plus souvent de délits
police et de la gendarmerie, des destructions d’équipements concernant le logement. Ainsi
exerce également une influence : collectifs dans leur quartier (abris elles sont trois fois plus souvent
20 % des personnes se disent bus, cabines téléphoniques, etc.), victimes de cambriolage ou de
préoccupées quand elles résident contre 28 % des personnes « non vandalisme contre leur logement
dans les 25 départements à plus préoccupées ». Toutes choses que les autres (figure 4). Toutes
fort taux de cambriolage, contre égales par ailleurs, c’est-à-dire choses égales par ailleurs, les per-
4%dans les 16départements les à âge, sexe, niveau de diplôme sonnes ayant subi un cambriolage
moins touchés. et niveau urbain donnés, ce type sont troisfoisplusnombreusesà
de constatation de dégâts s’ac- se sentir en insécurité au domicile
Avec 6,7 %, le taux d’agression compagne du plus fort taux de (figure 5). Ainsi, le cambriolage
dans le quartier des personnes préoccupation (figure 5). paraît souvent ressenti comme
préoccupées est quatre fois plus une violation de l’espace intime
important que pour les « non- laissant des traces psychologi-
préoccupés » (figure 4). De même, ques. Mais, si pour ces personnes« Préoccupés » ou
les personnes préoccupées sont en insécurité la fréquence des« apeurés » ne sont pas
trois fois plus souvent témoin cambriolages ou du vandalisme
tous victimes
d’agressions. Le vandalisme est plus importante, toutes ne les
contre les voitures est également ont pas subis. L’inquiétude, sou-
plus fréquent que le vol de voi- Avec une moindre ampleur, les vent réactive à un délit, peut
ture dans le quartier, mais c’est le personnes exprimant un sentiment donc aussi s’avérer préventive
vol de voiture qui est le plus relié d’insécurité dans leur logement pour l’individu, qui peut prendre
à la préoccupation. Enfin, deux sont également plus souvent victi- alors des précautions pour mieux
personnes préoccupées sur trois mesque lesautres. Et logiquement, se protéger (Roché, 2005).
Figure 4 - Délinquance subie par type de délit
Selon la préoccupation ou non Selon la peur ou non
Taux de prévalence (en %) Taux de prévalence (en %)
Rapport Rapport
Population Population
Population Populationdes taux des taux
des personnes des personnes
des personnes des personnesde prévalence de prévalence
non apeurées au
préoccupées non apeurées
préoccupées domicile
Type de délit subi au cours des deux dernières années :
Agression dans le quartier 6,7 1,6 4,3 5,1 2,1 2,5
Témoin d’agressions 16,8 5,4 3,1 13,3 6,6 2,0
Multivictimation individuelle 9,2 3,2 2,9 9,6 3,6 2,6
Vol dans le quartier 3,7 1,3 2,9 3,0 1,6 1,9
Vandalisme sur la résidence principale (1) 14,5 5,1 2,8 22,0 7,1 3,1
Multivictimation 16,2 6,0 2,7 14,6 6,9 2,1
Victime ou témoin 24,0 9,4 2,6 20,3 10,8 1,9
Cambriolage de la résidence principale 4,9 2,0 2,5 6,1 2,1 2,9
Vol lié à la voiture dans le quartier 12,8 5,2 2,4 9,0 6,1 1,5
Destruction d’équipements collectifs 66,3 27,9 2,4 49,7 32,1 1,5
Vandalisme sur la voiture (1) 19,8 11,7 1,7 19,4 13,6 1,4
Vol de deux roues (1) 5,3 3,7 1,4 6,5 4,1 1,6
Résidence dans un des huit départements où le taux
d’agressions est le plus élevé (*) (2) 26,7 15,8 /// 16,5 17,4 ///
Note : (*) le taux d’agressions a été calculé en moyenne au cours des années 2000-2003 pour chaque département ; il est le plus élevé dans huit d’entre eux
(Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Essonne, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes).
Lecture : 16,8 % des personnes préoccupées dans leur quartier ont été témoin d’agressions, soit 3,1 fois plus que les personnes non préoccupées ; 26,7 % des
personnes préoccupées par la délinquance dans le quartier résident dans un des huit départements où le taux d’agressions est le plus élevé, soit 1,7 fois plus que
les non préoccupées.
Sources : Insee, EPCV 2000-2004 empilées, EPCV 2005 « Cadre de vie et sécurité » pour (1), ministère de l’Intérieur – État 4001, moyenne des années 2000-2003 pour (2).
Données sociales - La société française 640 édition 2006
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Il existe ainsi une partie des préoccupation, 4 % que leur sen- fréquent avec l’âge. Outre des
« préoccupés » et des « apeurés » timent d’insécurité. modes de vie différents et d’é-
qui n’ont rien subi eux-mêmes et ventuels problèmes de santé, ce
n’ont été témoins d’aucun acte de Les personnes qui déclarent comportement des personnes
délinquance (figure 3). À l’opposé, avoirpeurchezellessontessen- âgées s’explique sans doute aussi
une part non négligeable de per- tiellement des femmes (78 %). en partie par de la crainte. Ce-
sonnes ont été victimes d’un délit Cette peur est trois fois plus pendant, parmi les personnes
dans leur quartier ou simplement souvent présente chez les fem- sortant le soir, ce sont les jeunes
témoins, et, pour autant, elles ne mes que chez les hommes. De de moins de 25 ans qui expri-
se sentent ni « préoccupées » ni plus, à tout âge, les femmes sont ment le plus de crainte, et plus
« apeurées ». nettement moins nombreuses particulièrement les jeunes filles.
que les hommes à sortir seules Cette peur à l’extérieur conjugue
le soir (figure 6). Quand elles le risque auquel peut être soumis
sortent, une sur cinq déclare la personne et sa propre vulné-Préoccupation et peur
avoir peur souvent ou de temps rabilité (Robert, 1999). D’un côté,ne concernent pas
en temps, contre seulement un les jeunes sont soumis à un plus
les mêmes populations
homme sur vingt (figure 7). grand risque objectif d’être
agressés ou volés, de l’autre les
Huit personnes sur dix n’expri- Le sentiment d’insécurité chez femmes ou les personnes âgées
ment pas de préoccupation soi augmente avec l’âge. Mais, sont plus vulnérables.
particulière face à la délinquance toutes choses égales par ailleurs,
ou encore de sentiment d’insécu- les jeunes femmes de 15-24 ans Le sentiment d’insécurité est
rité au domicile. Seules 3 % des formulent presque autant de plus fort chez les personnes pas
personnes sont à la fois « préoc- craintes que celles qui ont plus ou peudiplômées,ouàfaibles
cupées » et « apeurées ». 11 % de 65 ans (figure 5). De même, revenus. Pourtant, elles sont
des personnes ne disent que leur sortir seul le soir est moins moins souvent victimes de cam-
Encadré 2
Les sources utilisées
La délinquance est généralement leurs réactions et leurs opinions à victimation. Par ailleurs, comme la
mesurée par les statistiques de la propos de la délinquance. délinquance subie est peu fré-
police et de la gendarmerie. Cel- quente,une analyseplusfinedeces
les-ci rassemblent mensuellement Les enquêtes de victimation mettent phénomènes nécessite de travailler
les faits délictueux constatés par ainsi en évidence des différences sur des échantillons plus
les différents services de la police sociales significatives dans la proba- importants. Pour cela, les données
et de la gendarmerie ou faisant bilité d’être victime d’actes de délin- de plusieurs années d’enquêtes ont
l’objet d’une plainte. Ce comptage quance et dans la façon dont ils sont été utilisées. Comme certaines
est détaillé et les faits recensés ressentis. Il est alors possible d’ana- questions posées ont évolué les
font l’objet d’une classification. lyserplusendétaillelienentre les premières années, l’étude a été
Cette approche présente certains jugements que les individus portent réalisée sur la période 2000-2004.
défauts : seuls sont connus les sur la délinquance et l’expérience L’échantillon comporte ainsi
faits dont la police a connais- objective qu’ils en ont. 33 000 individus, dont 2 140 person-
sance ; les autres faits échappent nes résidant en Zus. Quelques résul-
à la statistique policière. Les ca- Depuis 1996, en janvier de chaque tats issus de l’EPCV de janvier 2005
ractéristiques sociodémographi- année, l’Insee mesure la délinquance ont été utilisés : cette enquête abor-
quesdesvictimesnesontpas subie par la population ainsi que son dait en effet d’autres types de délits
connues. La perception de la dé- sentiment d’insécurité à l’aide des en- comme le vandalisme sur les loge-
linquance par les individus n’est quêtes permanentes sur les conditions ments et les vols de deux roues.
pas évaluée. de vie desménages(EPCV). Un
échantillon de 8 800 logements est Enfin, afin de mesurer les niveaux
Les enquêtes de victimation com- ainsi enquêté chaque année sur ces de délinquance et leur influence à
plètent cette approche. Elles per- thèmes, permettant de recueillir un niveau géographique fin comme
mettent d’interroger les individus lesréponsesde6000 ménageset le département, les statistiques du
sur les faits dont ils ont pu être 12 000 individus. Cette procédure ministère de l’Intérieur des années
victimes ou témoins, dans une pé- permet de suivre l’évolution dans le 2000-2003 ont été également
riode donnée. Elles recueillent aussi temps des principaux indicateurs de utilisées.
Données sociales - La société française 641 édition 2006
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8 Vie sociale
Figure 5 - Effets de certaines caractéristiques sur les taux de préoccupation, d’insécurité au domicile
et d’agression
Agression
Effectifs Préocupation Peur au domicile
dans le quartier
Constante 33 125 4,5 % 3,6 % 1,1 %
Âge 15-24 ans 4 770 ns ns 1,4 * * * 0,6 * * *
réf. : 45-54 ans 25-34 ans 5 138 ns ns 0,9 * * * ns ns
(5 919) 35-44 ans 6 052 ns ns ns ns 0,3 *
55-64 ans 4 463 0,8 * * * 0,9 * * * ns ns
65-74 ans 3 913 ns ns 1,6 * * * - 0,4 * * *
75 ans ou + 2 870 -1,0 *** 1,9 *** -0,6 ***
Sexe ; réf. : femme (17 424) Homme 15 701 - 0,8 * * * - 2,6 * * * 0,1 *
Position familiale Enfant avec parents en couple 3 375 - 1,5 * * * - 1,8 * * * ns ns
réf. : parents en couple Enfant avec monoparent 1 074 - 1,2 * * * - 0,8 * ns ns
(11 401) Monoparent 1 334 ns ns 0,7 * 0,6 * *
Personne seule 5 087 ns ns 1,6 * * * 0,8 * * *
Autres 10 854 ns ns 0,7 * * * ns ns
Proximité Zus Zus 2 139 4,1 * * * 1,1 * * * ns ns
réf. : urbain sans Zus Communes Zus (Zus exclues) 7 108 1,9 * * * ns ns ns ns
(15 445) Rural 8 433 - 1,3 * * * ns ns ns ns
Catégorie urbaine Paris-ville centre 1 071 2,6 * * * ns ns 0,7 * *
réf. : pôle urbain > 100 000 hab Banlieue parisienne 3 927 ns ns ns ns 0,5 * * *
en banlieue (5 079) Pôle urbain > 100 000 hab - VC 4 381 0,9 * * * ns ns ns ns
Pôle urbain < 100 000 hab - VC 3 662 0,9 * * * ns ns ns ns
Pôle urbain < 100 000 hab - banlieue 1 532 1,4 * * * ns ns - 0,4 *
Périurbain 7 629 ns ns ns ns - 0,3 *
Pôle emploi esp. rural 1 901 1,4 * * * ns ns ns ns
Rural isolé 3 943 ns ns ns ns - 0,4 *
Médiane des revenus des < 16 000 € 1 884 2,7 * * * 1,0 * * 0,9 * * *
habitants du quartier 16 000 - 17 999 € 1 469 1,1 * * * ns ns 0,7 * * *
réf. : 24 000 - 29 999 € 18 000 - 19 999 € 2 000 0,7 * ns ns 0,5 *
(3 582) 20 000 - 23 999 € 3 460 ns ns ns ns 0,8 * * *
>= 30 000 € 2 515 - 0,8 * * * ns ns ns ns
Rural ou petites unités urbaines 18 215 ns ns ns ns 0,3 *
Type de voisinage Maisons isolées 7 546 4,6 * * *
réf. : quartier mixte (6 078) non isolées 13 936 3,3 * * *
Cités grands ensembles 3 189 1,3 * * *
Quartier d’immeubles 2 376 0,9 * *
Cambriolage Cambriolé 761 4,1 * * * 6,3 * * *
ref. : pas cambriolé (32 364)
Agression Agression dans quartier 731 7,5 * * * 4,3 * * *
ref. : pas d’agression (30 971) Agression hors 1 423 2,7 * * * 4,6 * * *
Dégradations 11 001 9,2 * * * 3,2 * * *Dégradations dans quartier
réf. : pas dégradation (22 124)
Taux départementaux. Faible 4 312 ns ns ns ns
Cambriolage + voiture Plutôt élevé 9 177 1,1 * * * ns ns
réf. : plutôt faible (5 393) Élevé 14 243 3,5 * * * ns ns
Note : dans ces trois régressions logistiques, la situation de référence est constituée par une femme française de 45-54 ans, vivant en couple avec enfants, dont les
erevenus du ménage sont dans le 3 quartile, résidant dans une commune sans Zus, en banlieue d’une unité urbaine de plus de 100 000 habitants, dans un quartier
dont la médiane des revenus des habitants est comprise entre 24 000 et 30 000 €. Dans cette population, 1,1 % des personnes ont été agressées au cours des
deux années précédant l’enquête. Dans la première colonne, les effectifs associés à la modalité de référence sont renseignés entre parenthèses.
D’autres variables ont été utilisées dans ces régressions et ne sont pas renseignées dans ce tableau : le niveau de diplôme, de revenus, la nationalité, le fait de
sortir peu ou fréquemment seul le soir, le fait d’avoir subi un vol concernant la voiture, une agression, un vol simple, être témoin d’agression, et le taux
départemental d’agressions. Pour chaque régression, certaines variables n’ont pas été utilisées car peu significatives : type de voisinage, niveaudevie
(préoccupation), fréquence des sorties seules le soir (peur au domicile), diplôme, type de voisinage, taux départemental d’agressions et autres délits subis
(agressions). Résultats significatifs au seuil de 1 % : ***; de 5%: **; de 10 %: *; ns=non significatif.
Lecture : par rapport à la situation de référence, dans laquelle 1,1 % des individus ont été agressés au cours des deux dernières années, le fait d’être âgé entre 15
et 24 ans, avec les mêmes autres caractéristiques, augmente le taux d’agression de 0,6 point, soit un taux d’agression de 1,7 %.
Source : Insee, EPCV empilées 2000-2004.
Données sociales - La société française 642 édition 2006
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Vie sociale 8
briolagesoudevolsconcernant les filles comme pour les gar- fants. Au regard de leur propen-
la voiture dans leur quartier. De çons : 13 % des jeunes hom- sion à être victime, les jeunes té-
même, les personnes à plus mes de 15-24 ans ont été moignent moins que leurs
faibles revenus craignent plus agressés (injures, menaces ou parents de leurs craintes ou
souvent de sortir seules le soir. agressions physiques) au cours préoccupations.
des deux dernières années. Ces
La préoccupation face à la délin- taux diminuent avec l’âge : seuls
quance concerne, quant à elle, de 2 % desplusde75 ans ontété Plus le quartier est
manière à peu près équivalente agressés. De même, les plus jeu- pauvre, plus l’inquiétude
les deux sexes. Elle est particuliè- nes sont plus souvent volés que pour la délinquance
rement faible chez les personnes les personnes âgées, témoins d’a-
augmente
âgées et la plus marquée chez les gressions ou membres d’un mé-
femmes de 25-45 ans (figure 7). nage dont la voiture a été volée.
Pourtant, la confrontation à la La forte préoccupation aux âges La préoccupation des individus
violence et aux vols, de manière médians relève sans doute d’une pour la délinquance dans le quar-
directe ou indirecte, est toujours crainte non seulement pour soi, tier n’est pas liée à leur revenu.
maximale aux jeunes âges, pour mais aussi pour ses propres en- Elle est plutôt affectée par le ni-
veau de revenu de l’ensemble des
habitants du quartier : 35 % desFigure 6 - Sortir seul le soir selon le sexe et l'âge
habitants des quartiers urbains lesen %
80 plus modestes l’expriment, contre
14 % de ceux des quartiers les70
Hommes plus aisés. Parallèlement, 60 % des
60
habitants des quartiers pauvres
50 ont constaté des dégradations
Femmes d’équipements collectifs, contre40
seulement 36 % des habitants des
30
quartiersplusaisés(figure 8). Les
20 peurs augmentent également avec
le niveau de pauvreté du quartier,10
qu’elles soient ressenties au domi-0
15-24 25-34 34-44 45-54 55-64 65-75 75 ou + cile ou à l’extérieur, mais de ma-
âge
nière beaucoup plus modérée.
Champ :personnes de plus de 15 ans.
Lecture :au cours de la période 2000-2004, 42,3 % des femmes âgées de 15 à 24 ans sortent parfois seules le soir,
contre 66,8 % des hommes. Au contraire, cambriolages et
Source :Insee, EPCV empilées 2000-2004. vols à la roulotte sont plus fré-
quents dans les quartiers urbainsFigure 7 - Préoccupation et peurs selon le sexe et l’âge
les plus riches. De même, agres-en %
35 sions et vols sont certes un peu
plus fréquents dans les quartiers30
les plus pauvres, mais certains
25
quartiers relativement aisés ont
20 les mêmes niveaux de délin-
15 quance (figure 8). Ce n’est donc
pas tant l’insécurité touchant di-10
rectement les individus qui les
5
rendrait soucieux, mais plutôt
0 une petite délinquance locale s’a-15-24 25-34 34-44 45-54 55-64 65-75 75 ou +
âge joutant à la difficulté écono-
Préoccupation par la délinquance dans le quartier (F) Préoccupation par la délinquance dans le quartier (H)
mique des populations desPeur en sortant seul le soir (F) Peur en sortant seul le soir (H)
Peur au domicile (F) Peur au domicile (H) quartiers les plus défavorisés.
Champ : personnes de plus de 15 ans (peur au domicile et préoccupation dans le quartier) ; personnes de plus de Dans ce contexte, le moindre
15 ans sortant le soir (peur en sortant le soir). délit subi prend des proportions
Lecture : au cours de la période 2000-2004, 9,1 % des femmes âgées de 45 à 54 ans ont déclaré avoir peur au
psychologiques plus importantesdomicile, contre 3,3 % des hommes.
Source :Insee, EPCV empilées 2000-2004. qu’ailleurs (Lagrange, 1995).
Données sociales - La société française 643 édition 2006
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8 Vie sociale
linquance. Ceci peut inquiéterZones urbaines sensibles : Préoccupation et peur
des populations fragiles vivant enpréoccupation maximale de sortir augmentent
Zus ou empêcher de sortir le soir
pour la délinquance avec la densité urbaine
celles qui vivent à proximité de
tels quartiers. Les habitants du
La préoccupation pour la sécuri- quartier ou des environs peuvent Plus la densité de la popula-
té dans les zones urbaines sensi- alors considérer la délinquance tion s’accroît, plus les niveaux
bles (Zus) est très forte. Quatre comme un problème crucial. De de délinquance sont élevés et
habitants sur dix vivant en Zus plus, habiter dans un quartier plus lescraintessepropagent
l’expriment en effet et sept sur dit«sensible»etdoncmarqué (Le Tocqueux, 2003). C’est parti-
dix ont constaté des dégâts comme tel incite sans doute à culièrement vrai dans l’expres-
d’équipements collectifs (figure 9). mettre la délinquance au rang des sion de la préoccupation pour la
problèmes à régler en priorité. délinquance dans le quartier
Le sentiment d’insécurité est éga-
lement plus fréquent dans les Figure 8 - Préoccupation, peurs et délinquance subie selon la
Zus, notamment au domicile, médiane des revenus du quartier de résidence
alors même que la fréquence des en %
60cambriolages est faible. En re-
vanche lesvolsdevoituresdans 50
le quartier sont plus fréquents
40dans les Zus et leurs quartiers
périphériques. Dans ces derniers, 30
le niveau de préoccupation est
20élevé, mais n’atteint pas celui des
Zus ; en revanche, la peur de 10
sortir le soir est presque aussi
0
inférieure à 16 16-18 18-20 20-24 24-30 supérieure à 30 ruralimportante qu’en Zus.
Préoccupation par la délinquance dans le quartier médianeAgressions dans le quartier
(en milliersVols liés à la voiture Peur en sortant seul le soirLa peur de sortir seul le soir est d’euros)Destructions d’équipements collectifs Peur au domicile
deux fois plus courante en Zus
Note : la modalité « Rural » regroupe les communes rurales et celles appartenant à une petite unité urbaine non
que dans les communes ur- découpée en quartiers Iris.
Lecture : en moyenne sur la période 2000-2004, 35 % des individus de plus de quinze ans vivant dans un quartierbaines ne comportant pas de
dont la médiane des revenus fiscaux est inférieure à 16 000€ sont préoccupés par la délinquance dans leurZus. Néanmoins, en tenant compte
quartier.
des caractéristiques sociodémo- Source :Insee, EPCV empilées 2000-2004, Revenus fiscaux 2001 par quartier Iris.
graphiques des quartiers, cette
peur ne semble pas particulière- Figure 10 - Préoccupation, peurs et dégradations d'équipements
du quartier selon la densité de population communalement élevée en Zus ; elle l’est en
revanche dans les quartiers pro- en %
50ches des Zus.
45
40
Le niveau des agressions et des
35
vols dans le quartier est élevé en
30
Zus (DIV, 2005). Toutefois, toutes
25
choses égales par ailleurs, le fait
20
de vivre en Zus n’augmente pas
15
la probabilité de se faire agresser 10
ou voler (figure 5). Outre certai- 5
nes formes d’incivilités particuliè- 0
< 40 40 - 70 - 120 - 200 - 350 - 600 - 1 000 - 2 000 - 3 500 - > 6 000rement présentes – dégradations
70 120 200 350 600 1 000 2 000 3 500 6 000
d’équipements collectifs ou en- Agressions dans le quartier Préoccupation par la délinquance dans le quartier habitants
2core actes de vandalisme sur le Vols liés à la voiture dans le quartier au kmPeur en sortant seul le soir
Destructions Peur au domicilelogement –, la population dans
Lecture : au cours de la période 2000-2004, 21 % des individus de plus de 15 ans et résidant dans une commune
ces quartiers est surtout très ayant plus de 6 000 habitants au km² sont préoccupés par la délinquance dans leur quartier, et 44 % ont constaté
jeune et pauvre, augmentant des dégradations d'équipements collectifs.
Source :Insee, EPCV empilées 2000-2004.ainsiles risquesdecetypededé-
Données sociales - La société française 644 édition 2006
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Vie sociale 8
et de la peur de sortir le soir troisfoispluslorsqu’il s’agitd’un veaux plus élevés dans sa
(figure 10). Cette préoccupation est vol dans leur propre quartier de banlieue que dans sa ville
six fois plus élevée dans les com- résidence (figure 11). De même, centre.
munes de plus de 3 500 habitants les Parisiens subissent de nom-
au km² que dans les communes de breux vols de voiture ou vols à L’anonymat des grandes villes et
moins de 40 habitants au km². la roulotte dans leur quartier, l’absencedeliensocialentreper-
Pour la peur de sortir le soir, le bien qu’ils aient moins souvent sonnes habitant le même im-
rapport est de 1 à 2,5. une voiture qu’ailleurs. Les meuble affaiblissent la solidarité
agressions et les destructions et la surveillance collective (La-
Le niveau de la délinquance est d’équipementscollectifsdansle grange, 1995). Aussi, les niveaux
élevé dans les villes situées au quartier sont surtout présentes de préoccupation pour la délin-
centre des agglomérations urbai- dans les villes centres des autres quance dans le quartier sont par-
nes. En particulier, les Parisiens grandes agglomérations (Herpin, ticulièrement élevés dans les
sont deux fois plus souvent victi- 2005). L’agglomération pari- villes centres, et ce toutes choses
mes de vols que la moyenne, et sienne se caractérise par des ni- égales par ailleurs.
Figure 9 - Préoccupation, peurs et délinquance selon la proximité d’une Zus
en %
Dégradations Préoccupation Vols Vols
Peur Peur Agressions
d’équipements par la concernant simples
Lieu de résidence en sortant au dans Cambriolages
collectifs délinquance la voiture dans
seul le soir domicile le quartier
du quartier dans le quartier dans le quartier le quartier
En Zus 70,0 37,5 19,2 12,9 9,7 4,3 3,3 2,2
Dans un autre quartier d’une
commune contenant une Zus 39,6 20,5 16,8 7,8 9,4 2,9 2,3 3,0
Dans une commune urbaine
sans Zus 33,8 12,8 11,7 6,7 6,6 2,3 1,7 2,6
En milieu rural 17,6 5,4 6,4 6,5 2,3 1,3 0,6 1,4
Ensemble 33,4 14,2 11,9 7,3 6,3 2,3 1,7 2,4
Champ : personnes de 15 ans ou plus, excepté « peur en sortant le soir » (personnes de 15 ans ou plus sortant souvent ou de temps en temps le soir).
Lecture : au cours de la période 2000-2004, 37,5 % des individus de plus de 15 ans et résidant en Zus ont déclaré être préoccupé par le manque de sécurité dans
le quartier.
Source : Insee, EPCV empilées 2000-2004.
Figure 11 - Préoccupation, peurs et dégradations d'équipements du quartier selon le niveau urbain
en %
Dégradations Préoccupation Vols Vols
Peur Peur Agressions
d’équipements par la concernant simples
Niveau urbain en sortant au dans Cambriolages
collectifs délinquance la voiture dans
seul le soir domicile le quartier
du quartier dans le quartier dans le quartier le quartier
Paris ville-centre 38,5 18,4 18,6 4,7 11,1 4,1 4,8 4,9
Paris banlieue 48,2 22,3 16,1 7,1 10,7 3,4 2,4 3,6
UU > 100 000 hab. (ville-centre) 45,0 24,2 17,9 9,2 9,9 3,2 2,7 2,9
UU > 100 000 hab. (banlieue) 41,8 15,4 12,5 7,7 7,7 2,4 2,0 2,8
UU < 100 000 hab. (ville-centre) 33,0 15,8 11,8 8,3 5,2 3,1 1,6 1,8
UU < 100 000 hab. (banlieue) 25,8 10,9 6,0 6,9 3,2 1,3 1,1 2,6
Périurbain 26,1 8,2 8,3 6,8 3,9 1,4 0,8 1,6
Petits pôles d’emploi 22,0 9,2 9,9 6,8 4,1 1,6 0,9 1,4
Rural isolé 13,9 5,2 5,8 6,0 1,8 1,2 0,4 1,5
Ensemble 33,4 14,2 11,9 7,3 6,3 2,3 1,7 2,4
Champ : personnes de 15 ans ou plus, excepté « peur en sortant seul le soir » (personnes de 15 ans ou plus sortant souvent ou de temps en temps le soir).
Lecture : au cours de la période d’enquête 2000-2004, en moyenne 4,1 % des Parisiens de plus de 15 ans ont été agressés au cours des années précédant
l’enquête.
Source : Insee, EPCV empilées 2000-2004.
Données sociales - La société française 645 édition 2006
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8 Vie sociale
destructions ou dégradations Aussi la préoccupation pour laVivre seul
sont également plus fréquentes délinquance dans le quartier estdans une maison
en Île-de-France, en Provence- plus particulièrement répandue,
et avoir peur
Alpes - Côte d’Azur, dans le et ce toutes choses égales par
Nord - Pas-de-Calais et en Haute- ailleurs, en Île-de-France,
Dans les communes les plus Normandie. Les vols concernant Haute-Normandie, Nord - Pas-
densément peuplées, 4,2 % des la voiture sont plus fréquents de-Calais et dans le Bassin
ménages ont été cambriolés au dans le bassin méditerranéen. En méditerranéen, particulièrement
cours des deux dernières an- revanche, les régions plus rurales en Languedoc-Roussillon. Cette
nées, soit deux fois plus que de l’ouest ou du centre de la dernière région se classe très
ceux des communes de très France sont plus épargnées par défavorablement en matière de
faible densité. Pourtant, la peur la délinquance. revenus depuis de nombreuses
chez soi est aussi élevée dans
lescommunestrèspeudenses
que dans les plus denses, et ce Figure 12 - Personnes préoccupées par l’insécurité dans le
contrairement à la préoccupa- quartier, par région
tion pour la délinquance et à la
peur de sortir le soir. Avoir
++beaucoup de voisins, notam-
ment en appartement, peut
constituer chez soi un facteur ++
de sécurité face à ce type de –––
+délits. En fait, cette peur aug-
mente beaucoup en fonction
du degré d’isolement dans le-
++quel les gens vivent. D’une part,
une personne vivant seule sur
dix exprime ce sentiment.
––D’autre part, toutes choses éga-
les par ailleurs, et hormis le
fait d’avoir été cambriolé au
cours des deux dernières
années, vivre dans une maison
+++
individuelle – surtout si elle-
% des indivudus
même est plutôt isolée dans (deplusde15ans)
18 - 22,1son environnement – augmente
13 -18
7-13le plus la propension à avoir
1,1 - 7
non significatifpeur chez soi.
Note : une régression qualitative a été réalisée sur le fait d'être préoccupé ou non, avec pour variables
explicatives : la tranche d'âge, le sexe, le niveau de diplôme, le niveau urbain, la médiane des revenus du
Forte disparité quartier, la région de résidence, le taux départemental d'agressions, le fait d'avoir été ou non victime de
cambriolage, de vol concernant la voiture, d'agression ou de vol personnel, d'avoir été témoin d'agressions etde la préoccupation
d'avoir constaté des dégradations dans le quartier.
Situation de référence : femme de 35-54 ans, ni victime ni témoin, ayant peu de diplômes, résidant en Rhône-pour la délinquance
Alpes, dans un département ayant un faible taux d'agressions, dans une agglomération de moins de 100 000
selon les régions habitants, dans un quartier relativement aisé (médiane des revenus des habitants comprise entre 24 000 et
30 000 €).
Dans cette population de référence, 6,4 % sont des personnes préoccupées. Par rapport à cette situation de
référence, le fait de résider dans telle ou telle région peut faire augmenter ou diminuer ce pourcentage de
Les niveaux de délinquance les préoccupés (au seuil de 1 ou 5 %) :
+++ : augmenter de 4 points ; ++ : de 1,8 points ; + : entre 1,2 et 1,4 points ; - - : diminuer de 1,8 points ; - - - deplus élevés se retrouvent dans les
2,7 points.
régions fortement urbanisées. Pour le Languedoc-Roussillon, il s'agit de la région sans la Lozère.
Champ :individus de 15 ans ou plus.Les agressions et les vols sur les
Lecture : en Île-de-France, Haute-Normandie, Nord - Pas-de-Calais et Languedoc-Roussillon, au moins 18 %personnessontplusrépandusen
des personnes de quinze ans ou plus ont déclaré sur la période 2000-2004 que l'insécurité est un problème
Île-de-France, dans le Bassin mé- préoccupant dans leur quartier (22 % en Languedoc-Roussillon).
Source :Insee-EPCV 2000-2004 empilées et recalées par région selon les tranches d'âge et les niveaux urbainsditerranéen, dans le Nord -
du RP1999.
Pas-de-Calais et en Alsace. Les
Données sociales - La société française 646 édition 2006
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