Isolement relationnel et mal-être

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L'isolement relationnel concerne les personnes qui n'entretiennent qu'un nombre très faible de contacts avec autrui. Deux groupes sociaux sont particulièrement touchés : les personnes âgées et les personnes socialement défavorisées, en particulier les titulaires de faibles revenus et les non-diplômés. À l'isolement, peut s'ajouter un certain mal-être. Ainsi, une personne isolée sur quatre éprouve un sentiment de solitude ou d'ennui, contre une personne non isolée sur dix. Ces personnes, cumulant isolement relationnel et mal-être, sont donc particulièrement fragiles sur le plan psychologique et social. La composition sociale des zones urbaines sensibles y augmente le risque d'isolement relationnel.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 931 - NOVEMBRE 2003
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Isolement relationnel et mal-être
Jean-Louis Pan Ké Shon, division Études territoriales, Insee
’isolement relationnel concerne les sont cinq fois plus isolés, soit 25 % contre 5 %.
Parmi les jeunes, la probabilité d’être isolé estpersonnes qui n’entretiennent
inférieure de 5,7 % pour les étudiants par rap-Lqu’un nombre très faible de
port aux jeunes déjà actifs, ayant un emploi ou
contacts avec autrui. Deux groupes so-
chômeurs.
ciaux sont particulièrement touchés : les L’isolement dessine trois segments dans le
personnes âgées et les personnes socia- cycle de vie. Le premier correspond à la période
lement défavorisées, en particulier les ti- qui s’étend de la jeunesse, de la mise en couple,
de l’apparition du premier voire du deuxièmetulaires de faibles revenus et les
enfant jusqu’aux débuts de la maturité aux alen-non-diplômés. À l’isolement, peut s’ajou-
tours de 45 ans. Au cours de cette période, l’iso-
ter un certain mal-être. Ainsi, une per-
lement relationnel progresse, mais sans
sonne isolée sur quatre éprouve un prendre la même signification que chez les per-
sentiment de solitude ou d’ennui, contre sonnes plus âgées. En effet, dans ce premier
une personne non isolée sur dix. Ces per- segment, la formation des couples et la venue
des enfants centrent la sociabilité individuellesonnes, cumulant isolement relationnel
sur le noyau familial alors qu’une grande partet mal-être, sont donc particulièrement
des seniors sont non seulement en situation
fragiles sur le plan psychologique et
d’isolement relationnel mais vivent seuls dans
social. La composition sociale des zones leur logement. Ensuite, entre 45 et 70 ans le
urbaines sensibles y augmente le risque niveau de l’isolement est stable. Enfin, dans le
d’isolement relationnel. troisième segment, après 70 ans, l’isolement
progresse fortement et continûment avec l’âge.
L’isolement relationnel renvoie aux représenta- L’isolement touche particulièrement
tions du lien social et de sa fragilité. Ainsi, les catégories sociales modestes
l’absence ou le nombre restreint de contacts
interpersonnels avec des personnes extérieures Une place modeste dans la hiérarchie sociale
au ménage signalent une vulnérabilité psy- est le plus fortement associée à l’isolement rela-
cho-sociale potentielle. L’enquête « Vie de quar- tionnel. De fait, toutes choses étant égales par ail-
tier » apporte un éclairage original sur ces leurs, avoir de faibles revenus, ne pas posséder
personnes. Par convention, sont considérées de diplôme, habiter en cité, ou déclarer « avoir du
comme « isolées » les personnes n’ayant eu que mal à s’en sortir » sont liés avec une plus forte pro-
quatre contacts ou moins d’ordre privé au cours babilité d’être isolé (tableau 1). Faire partie d’une
d’une semaine de référence (Définitions). Selon association diminue la probabilité d’être isolé,
cette définition, la proportion de personnes isolées mais la participation associative peut aussi bien
en France s’établit à 10,8 % ; bien sûr, elle dépend s’interpréter comme un élément du comporte-
totalement du seuil conventionnel retenu pour le ment culturel que comme un trait de sociabilité.
nombre des contacts. Elle représente un point de L’ensemble de ces éléments dévoilent les traits
référence utile pour réaliser des comparaisons. typiques des franges les plus modestes de la
population. Par ailleurs, être originaire d’un pays
étranger accentue cette probabilité ; l’une desL’isolement s’accroît avec l’âge
explications probables est la restriction des
La probabilité d’être isolé augmente fortement contacts par la séparation du réseau de rela-
avec l’âge et s’interprète pour partie comme un tions d’origine.
effet du cycle de vie. Ce constat n’est pas une
surprise, la plus grande sociabilité des jeunes Isolement et mal-être
est bien connue. Cependant, l’écart entre jeu-
nes et personnes âgées est bien plus fort Si l’isolement touche principalement des popu-
lorsqu’on s’intéresse à l’isolement : la fréquence lations modestes, rien n’indique a priori son
moyenne de contacts est 1,5 fois plus élevée impact sur leur bien-être ou leur mal-être.
pour les jeunes de 15 à 19 ans par rapport aux L’enquête ne permet pas directement d’obser-
personnes de plus de 70 ans mais les seniors ver ces états psychologiques, mais permet de
INSEE
PREMIEREmieux appréhender une partie de l’état Probabilités d'être isolé relationnellement et d'être sensible
d’esprit des enquêtés à travers des indi- aux sentiments de solitude et/ou d'ennui
cateurs retraçant les impressions de soli-
Isolement Sentiments de solitude
tude et d’ennui. Ces informations ont été
relationnel et/ou d’ennui
obtenues à partir des questions suivan-
Probabilité de référence 16,5 % 9,8 %
tes : « Hier avez-vous eu l’impression
Écart à la référence (en %)
d’être seul ? », « Et avez-vous eu
Sexe Femme - 2,4***l’impression de vous ennuyer ?». Ces
Homme - Réf.
deux questions subjectives, qui s’inter-
15-19 ans -12,3*** 9,1***
prètent comme des indicateurs partiels
20-24 ans -11,5*** 5,0***
de « mal-être », ne sont pas en lien systé- 25-34 ans -10,7*** Réf.
matique avec l’isolement relationnel Âge 35-44 ans -8,1*** Réf.
45-59 ans -7,2*** -2,6***mesuré par une fréquence très faible de
60-69 ans -5,6*** Nscontacts. Ainsi, l’impression de solitude
70 ans ou plus Réf. Ns
est déconnectée en grande partie de son
Aucun 4,7*** 2,9***
pendant objectif l’isolement relationnel, et
Certificat, BEPC 2,4* 2,3***
l’ennui de la solitude (tableau 2). Il n’y a Diplôme CAP/BEP, Bac Réf. Réf.
pas redondance entre ces différentes Bac+2 Ns Ns
Supérieur à Bac+2 Ns -2,1**notions.
Adulte d’un couple avec enfant 3,7*** -1,4**Cependant, les isolés sont bien plus fré-
Monoparent adulte 4,7*** 6,8***quemment sensibles au sentiment de
Monoparent enfant Ns 6,0***
solitude (18,1 % contre 7,7 % chez les
Type de ménage Couple sans enfant Réf. Réf.
non-isolés) et à l’impression d’ennui Seul et veuf Ns 14,4***
(17,1 % contre 7,6 %). Au total, c’est Seul et séparé - 11,8***
Seul et célibataire Ns 7,1***près d’un quart des isolés qui se décla-
Nombre de personnes du ménage Six ou plus 8,8*** -3,2***rent sensibles au sentiment de solitude
Moins de six Réf. Réf.ou à l’impression d’ennui contre environ
Etudiant -6,2*** -1,9*un peu plus d’un dixième dans le reste
Chômeur 7,5***
de la population. Comment interpréter
Activité Personne au foyer 4,0***
ces informations ? Le lien entre d’une Actif ayant un emploi Réf. Réf.
part le sentiment de solitude ou Retraité 2,5*
Autre inactif 3,9**l’impression d’ennui et d’autre part l’iso-
Pays de naissance Pays étranger Réf. Réf.lement relationnel est à rechercher
France -3,4*** -3,8***dans les situations de mal-être dont
Immeuble hors cité 2,7*** 1,4**chacun de ces éléments recouvre un
Habitat Cité 4,0*** 2,0***
aspect spécifique sans bien sûr en
Autres (1) Réf. Réf.
interdire le cumul. Le groupe des per-
Handicap empêchant de travailler Oui 3,9* 4,9***
sonnes sensibles à au moins un de ces Non Réf. Réf.
deux aspects de mal-être présente des Pauvreté subjective A des difficultés à s’en sortir 4,4*** 6,5***
cohérences fortes. Il diverge des seules N’a pas de difficultés Réf. Réf.
personnes isolées au plan relationnel Sensible au sentiment de solitude ou d’ennui Oui 11,7*** 8,2***
(2) (colonne 1) et à l’isolement (colonne 2) Non Réf. Réf.sur plusieurs points. Toutes choses
étant égales par ailleurs, les jeunes, 00 à 20 KF 7,3** -
20 à 30 KF 4,2* -alors qu’ils sont très rarement isolés, se
Revenus par unité de consommation 30 à 50 KF 4,1*** -
50 à 240 KF Réf. -
Sensibilité au sentiment Supérieurs à 240 KF 4,6* -
de solitude et d'ennui Non, ni sentiment religieux 4,4*** -
Pratique d’une religion Régulière -2,5** -selon l'isolement
Occasionnelle ou Réf. -
En % sentiment d’appartenance
Isolés Non isolés Civique -4,2*** -
Anciens combattants -5,0*** -Eprouvent...
Participation associative Sportive -5,7*** -Ennui et solitude 11,5 4,1
Culturelle -6,4*** -Ennui uniquement 5,6 3,5
Non appartenance Réf. -Solitude uniquement 6,6 3,6
Lecture : 11,5 % des personnes isolées déclarent éprou- (1) Les modalités ne montrant pas de différence avec la référence ont été regroupées avec celle-ci.
ver un sentiment de solitude et d'ennui, 5,6 % unique- (2) Le test d'endogénéité de la variable isolement avec le sentiment de solitude ou d'ennui s'est révélé négatif.
ment un sentiment d'ennui et 6,6 % uniquement un Lecture : Toutes choses étant égales par ailleurs, les 15 à 19 ans ont une probabilité supérieure de 9,1 % d'être sensibles au
sentiment de solitude. sentiment de solitude ou d'ennui par rapport aux personnes de 25 à 44 ans. Les probabilités signalées par ***, **, * sont signifi-
Source : Enquête "Vie de quartier", partie variable de catives, respectivement au seuil de : 1 %, 5 % et 10 %. Elles sont établies à partir d'un modèle logit.
l'Enquête Permanente sur les Conditions de Vie de mai " Ns " = non significatif et - = variable ou modalité retirée après vérification de non significativité.
2001, Insee Source : Enquête Vie de quartier, partie variable de l'Enquête Permanente sur les Conditions de Vie de mai 2001, Insee.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (1) 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREdéclarent plus fréquemment que la Risque structurel d’isolement relationnel dans les unités urbaines de plus
moyenne sensibles à l’impression de de 100 000 habitants et leurs Zus
solitude ou d’ennui (tableau 1). Les
Unité urbaine Zus des unités urbaines
femmes, qui ne sont pas plus souvent
Estimateur Estimateur Différence Moyenne
isolées que les hommes, se disent plus de l’isolement de l’isolement du groupe
fréquemment atteintes par ces impres-
A B B-A
sions d’ennui ou de solitude. Par ail-
Rennes 9,3 12,4 3,1
leurs, les personnes vivant seules - Angers 9,9 12,8 2,9
veufs, séparés ou célibataires - sont
Pau 10,5 13,1 2,6
beaucoup plus souvent sujettes à ces Nancy 9,9 13,1 3,2
sentiments de mal-être. Il en est de Reims 10,3 13,3 3,0 13,1
Clermont-Ferrand 10,2 13,3 3,1même pour les personnes élevant seu-
Chambéry 10,4 13,4 2,9les des enfants.
Poitiers 9,1 13,4 4,3
Sans surprise, la plus grande perméabi-
Besançon 10,2 13,5 3,3
lité au mal-être s’observe parmi les Saint-Nazaire 10,7 13,5 2,8
situations de plus ou moins grande fragi-
Bordeaux 10,4 13,7 3,3
lité sociale : chômeurs, handicapés ne La Rochelle 10,9 13,7 2,8
pouvant travailler, et spécialement pour Lille 10,8 13,7 3,0
Limoges 10,2 13,8 3,5les isolés. Ainsi, 40,3 % des chômeurs
Angoulême 10,9 13,8 2,9isolés sont sensibles au sentiment de
Dijon 10,1 13,8 3,7
solitude ou à l’ennui contre 20,7 % des
Le Mans 10,5 13,9 3,3
chômeurs non isolés. Cet écart entre Lorient 10,5 13,9 3,5 13,9
isolés et non isolés est également impor- Nantes 9,7 14,0 4,2
Béthune 11,1 14,0 2,9tant pour les personnes déclarant avoir
Tours 10,1 14,0 3,9du mal à boucler les fins de mois (36,8 %
Paris 10,8 14,0 3,2
contre 21,0 %) et pour les habitants de
Dunkerque 11,0 14,0 3,0
cités (28,2 % contre 14,9 %). Dans le Grenoble 10,3 14,0 3,7
groupe sensible au mal-être, on peut Caen 9,9 14,0 4,2
ainsi distinguer deux dimensions, l’une Lyon 10,8 14,1 3,3
caractérisée par la position occupée sur Le Havre 11,1 14,1 3,0
Amiens 10,5 14,1 3,6l’échelle sociale et liée à l’isolement rela-
Strasbourg 10,3 14,1 3,8tionnel, l’autre par le sexe et l’âge mais
Troyes 11,2 14,2 3,0
sans lien avec l’isolement relationnel.
Calais 11,2 14,3 3,1
Rouen 10,6 14,3 3,6
Mulhouse 11,2 14,3 3,1 14,2
Mixité sociale Montbéliard 11,6 14,3 2,7
Genève(CH)-Annemasse 10,4 14,4 3,9et isolement relationnel
Thionville 11,2 14,4 3,2
Valenciennes 11,4 14,4 3,0
En dehors de particularités personnelles Brest 9,7 14,4 4,7
de comportement, l’isolement relation- Douai-Lens 11,6 14,5 2,9
Metz 10,6 14,5 3,9nel dépend donc pour une grande part
de caractéristiques socio-démographi- Valence 11,1 14,6 3,5
Bayonne 10,9 14,7 3,8ques individuelles. Dès lors, il est pos-
Montpellier 10,6 14,7 4,1sible d’estimer avec une bonne
Marseille-Aix-en-Provence 12,0 14,8 2,9
précision la probabilité pour un individu
Toulouse 10,1 14,8 4,7
d’être isolé connaissant ses caractéristi- Toulon 12,0 15,0 3,0 15,0
ques socio-démographiques principa-
Perpignan 12,0 15,1 3,1
les : âge, niveau de diplôme, type de Nice 11,9 15,1 3,2
famille (notamment monoparentale), Saint-Etienne 11,0 15,1 4,2
Orléans 10,1 15,4 5,2appartenance à une famille nombreuse,
origine nationale, catégorie socioprofes- Nîmes 11,9 15,6 3,7
Avignon 11,7 15,7 4,0sionnelle, et habitat en ZUS. Or, grâce
au recensement, ces données sont Annecy 10,2 - -
connues à un niveau fin. Pour une zone Lecture : l'estimation structurelle du taux de personnes en isolement relationnel est de 9,3 % à Rennes, et de 12,4 % dans ses
Zus, ce qui les classe parmi le groupe le plus faible vis-à-vis de l'isolement.géographique donnée, on est alors en
Source : Enquête Vie de quartier, EPCV mai 2001, et recensement de la population 1999, Inseemesure d’estimer, à partir de la probabi-
lité d’isolement de chacun de ses habi-
tants, une probabilité d’isolement dans de par son principe même, la méthode le calcul ignore l’effet sur l’isolement que
cette zone, c’est-à-dire une estimation ne tient compte que de la structure de la pourraient avoir des particularités pure-
de sa proportion d’isolés. Cependant, population selon les variables utilisées ; ment locales, comme par exemple la
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PREMIEREdes appels téléphoniques et 255 person-densité du réseau associatif. C’est pour- dans les ZUS. Il n’en est rien. Au con-
nes dans le cas contraire sur un total dequoi les probabilités d’isolement ainsi traire, la population est plus jeune dans
11 802 répondants. L’enquête recense les
calculées sont appelées « risques struc- ces zones. De fait, cette jeunesse rela-
contacts de visu effectifs provenant de la
turels d’isolement relationnel ». Les tive a un effet modérateur sur ce risque parenté, des amis et des voisins. Comme
résultats obtenus permettent ensuite des qui serait sans cela bien plus élevé. les indicateurs de pauvreté monétaire, les d’isolement relationnel fluc-comparaisons entre zones socio-géogra- C’est bien la concentration et la fré-
tuent également en fonction des sources etphiques, et en particulier entre zones quence de facteurs socio-démographi-
des modes de collecte employés.
urbaines, comparaisons des risques ques caractérisant les franges les plus
La méthodologie statistique des « Petits do-
qu’une zone donnée abrite une propor- modestes de la population qui augmen- maines », utilisée pour obtenir les taux d’iso-
tion plus ou moins forte de personnes en tent le risque structurel d’isolement rela- lement structurel dans les unités urbaines et
leurs ZUS, permet de déduire le niveau deisolement relationnel, compte tenu de la tionnel dans les ZUS.
l’estimateur d’isolement relationnel structu-structure de sa population. Au sein d’une
rel à partir d’un modèle statistique de l’isole-
même ville, il est ainsi possible d’obtenir Source ment tiré de l’enquête « Vie de quartier » et
une certaine représentation de la mixité de données socio-démographiques locali-
sociale (parmi d’autres possibles), vu à sées (ici le recensement de la population de
L’enquête « Vie de quartier » a été ef-
1999). Cette estimation s’appuie sur l’utili-travers le prisme particulier de l’isolement
fectuée dans le cadre du dispositif d’Enquê-
sation des variables suivantes, par ordre dé-relationnel, celui-ci jouant le rôle d’indica- tes Permanentes sur les Conditions de Vie
croissant d’importance des effets : âge et
teur synthétique de la composition des ménages (EPCV). Elle a été menée par
diplôme, type de ménage, pays de nais-
l’Insee en partenariat avec la Délégation in-sociale de ses quartiers. sance ou appartenance à une famille de six
terministérielle à la ville, l’Observatoire deLes caractéristiques socio-démogra- personnes ou plus, catégorie socio-profes-
la pauvreté et de l’exclusion sociale, la
sionnelle regroupée et habitat en Zus.phiques individuelles liées à l’isole-
Cnaf, la Dares, la Drees, le Plan Urbain
La classification de quartier en zones urbai-ment se rencontrent plus fréquemment Construction Architecture (PUCA), l’Institut
nes sensibles (ZUS) a pour but de faire bé-
dans les quartiers défavorisés qui des Hautes Études en Sécurité Intérieure
néficier ces quartiers de mesures
(IHESI) et l’Union nationale des HLM. Laregroupent les personnes socialement économiques et sociales. La liste (actuelle-
collecte s’est déroulée d’avril à juin 2001les plus modestes, et en particulier les ment 751 ZUS) est arrêtée par la Déléga-
auprès de 12 000 personnes représentati-
tion Interministérielle à la Ville enzones urbaines sensibles (ZUS). Pour
ves de la population métropolitaine. L’en-
concertation avec les préfectures et les col-une ville donnée, l’importance de quête a porté uniquement sur les
lectivités locales. Elle cible prioritairement
l’écart entre les ZUS et le reste de la personnes vivant dans leur logement : les
les grands quartiers périphériques, en résidant en institution n’ont pasville donne alors une image du déficit fonction de leurs profils socio-économi-
été interrogées.de mixité sociale urbaine au travers de ques évalués par l‘écart de leur situation à
la ville ou à l’agglomération d’apparte-l’isolement relationnel (tableau 3). Cet
nance et des priorités définies dans lesDéfinitionsécart est le plus élevé à Poitiers, Brest,
« contrats de ville ».
Nantes, Tours, Caen, Montpellier, Tou-
louse, Saint-Étienne, Orléans ; la pro- L’indicateur d’isolement relationnel est ob-
Bibliographietenu conventionnellement en dénombrantbabilité d’isolement estimée y est
les personnes n’ayant eu que quatresupérieure de 40 % à plus de 50 % dans
contacts ou moins d’ordre privé avec des
leurs ZUS par rapport à la moyenne de
personnes différentes, de visu ou par télé- Castel R., Les métamorphoses de la ques-
l’agglomération. À l’inverse, l’écart prend phone (hors ménage) au cours d’une se- tion sociale, Paris, Fayard, 1995.
des valeurs plus faibles dans des unités maine donnée. Ce nombre de quatre a été Kaufmann J.-C., « Célibat, ménages d’une
retenu par convention : il correspond au personne, isolement, solitude. L’état desurbaines de moyenne importance répar-
premier décile de la distribution du nombre savoirs », Bruxelles, Rapport pour la com-ties sur le territoire : Angers, Pau, Cham-
de contacts. Prendre un autre seuil d’isole- mission des communautés européennes,
béry, La Rochelle, Angoulême, Béthune,
ment est évidemment possible (par 1993.
Montbéliard, Douai-Lens, ainsi qu’à Mar- exemple la demi-médiane ou le troisième Pan Ké Shon J.-L., « Être seul », Données
seille-Aix-en-Provence. décile). Cela modifierait mécaniquement la sociales, Insee, 2002.
proportion de personnes concernées par Pan Ké Shon J.-L., Vivier H., « Applica-Compte tenu de l’influence de l’âge sur
l’isolement, mais pas sensiblement leurs tion d’une méthodologie des Petits domai-la probabilité d’être isolé, on pourrait
caractéristiques. L’isolement « absolu », nes. Estimation de l’isolement relationnel
penser que ce sont les effets d’un âge
concernant les personnes n’ayant eu au- dans trois zones urbaines sensibles »,
moyen plus élevé qui expliqueraient, au cune relation pendant la période de réfé- Actes des journées de méthodologie statis-
moins partiellement, l’importance du rence (une semaine), est un phénomène tiques de 2002, Insee méthodes, Insee, à
marginal : 44 personnes en tenant compte paraître.risque structurel d’isolement relationnel
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