L'activité des couples en Haute-Normandie

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Les couples à deux actifs ayant un emploi sont les acteurs de la périurbanisation et ce sont les hommes qui supportent les navettes domicile-travail les plus longues. Un trajet plus court pour les femmes est plus compatible avec la vie familiale. Les couples arrivés dans la région depuis 1990 connaissent les navettes domicile-travail les plus importantes. La longueur des trajets domicile-travail est davantage sensible à la catégorie socioprofessionnelle pour les hommes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 40  Décembre 2004
VIE DE COUPLE, VIE ACTIVE
Ce dernier demisiècle a vu le développe ment de deux phénomènes : le travail des femmes, indépendamment de l’acti vité de leur conjoint, et la concentration de l’emploi dans les agglomérations. Ces évolutions affectent particulièrement les couples à deux actifs (où les deux mem bres travaillent). C’est tout d’abord avec l’apparition d’un nouveau mot : « périur banisation ». Les actifs travaillent davan tage dans les pôles urbains et de plus en plus loin de leur domicile. Ils viennent s’installer dans des zones rurales où l’emploi est rare mais les logements et le cadre de vie attractifs. Avec deux salaires, il est plus aisé d’acquérir une maison in dividuelle et d’acheter une seconde voi ture pour que chacun puisse se rendre au travail. La conséquence est l’augmenta tion des déplacements, le plus souvent en voiture. Enfin, la conciliation entre la vie de fa mille et la vie professionnelle n’est pas toujours aisée, surtout quand on a des enfants. Souvent les femmes arrêtent de travailler à la naissance du 2e ou du 3e enfant. Par ailleurs, il faut faire des choix quand l’un des membres du couple a une muta tion : parcourir des plus grandes distan c e sq u o t i d i e n n e so ud é m é n a g e ra u risque que l’autre (souvent la femme) ne retrouve plus d’emploi.
Damien BARTHÉLÉMY Responsable de la division «Études sur la population et politiques sociales»
S O M M A I R E
SOCIÉTÉ L’ACTIVITÉ DES COUPLES EN HAUTENORMANDIE Dans les couples, les femmes plus proches de leur lieu de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
LA PARTICIPATION ÉLECTORALE AU PRINTEMPS 2004 Des scrutins assez peu mobilisateurs . . . . . . . . 4
ANALYSES CONJONCTURELLES L’EMPLOI SALARIÉ AU 2e TRIMESTRE 2004 Reprise de l’emploi en SeineMaritime . . . . . . . 7
Lettre statistique et économique de HauteNormandie
L’ACTIVITÉ DES COUPLES EN HAUTENORMANDIE
Dans les couples, les femmes plus proches de leur lieu de travail
Bruno BLAZÉVIC
Les couples à deux actifs ayant un emploi sont les acteurs de la périurbanisation et ce sont les hommes qui supportent les navettes domiciletravail les plus longues. Un trajet plus court pour les femmes est plus compatible avec la vie familiale. Les couples arrivés dans la région depuis 1990 connaissent les navettes domiciletravail les plus importantes. La longueur des trajets domiciletravail est davantage sensible à la catégorie socioprofessionnelle pour les hommes.
ans la région, un peu moins de D 200 000couples (44% d’entre eux) sont composés de deux personnes qui travaillent. Comme l’ensemble des HautNormands, la population concernée se concentre dans les aires urbaines pour 90% d’entre eux. Privilégiant un coût de lo gement moindre ou plus d’espace, les per sonnes qui travaillent et vivent en couple habitent ainsi plus souvent en zone périur baine (38,6% contre 31,9%) que dans un pôle urbain. C’est encore plus vrai lorsque la famille est nombreuse(1)(41,9%). De
(1) composée d’au moins trois enfants de 0 à18 ans
La population active regroupe les personnes qui oc cupent un emploi (population active occupée) et les chômeurs (population active à la recherche d’un em ploi selon la définition du BIT). Les couples parmi lesquels l’homme et la femme sont tous les deux actifs forment l’ensemble des couples « à deux actifs » (« à deux actifs occupés » si les deux personnes travaillent).
ce point de vue, la catégorie socioprofes sionnelle joue aussi : globalement, les deuxtiers des couples de cadres vivent au sein d’un pôle urbain et la part de ceux vivant en zone non urbaine est particuliè rement faible (5,2%, soit deux fois moins que l’ensemble des couples). Par opposi tion, seulement 41,7% des couples d’ou vriers habitent dans un pôle urbain et 16,9% d’entre eux résident en zone à do minante rurale.
DES MIGRATIONS ALTERNANTES PLUS CONTRAIGNANTES POUR LES COUPLES
Pour les actifs occupés, les avantages à vivre loin d’une grosse agglomération
DISTANCES MOYENNES ENTRE LE LIEU DE RÉSIDENCE ET LE LIEU DE TRAVAIL POUR LES COUPLES HAUTNORMANDS À DEUX ACTIFS AYANT UN EMPLOI SUIVANT LA ZONE D’EMPLOI DE RÉSIDENCE Distance entre le lieuDistance de résidence et leentre le lieu lieu de travailde travail de l’homme et le lieu de Zone d’emploitravail de la de résidenceHommes Femmesfemme Gisors 30,925,9 47,3 Vernon 27,719,3 30,9 Évreux 24,114,9 25,0 Bernay 21,913,6 24,3 PontAudemer 20,712,4 23,2 Pays de Bray19,9 12,825,0 Rouen 18,511,1 19,9 Fécamp 18,49,3 20,4 Lillebonne 17,810,8 20,9 VerneuilsurAvre 17,411,5 23,0 Dieppe 17,09,7 18,3 Le Havre14,3 8,015,6 Vallée de la Bresle13,7 9,617,9 Ensemble HauteNormandie 19,011,7 21,0 Source : INSEEUnité : km Notes de lecture : les hommes hautnormands en couple ayant un emploi parcourent en moyenne 19 km pour se rendre à leur travail. Les lieux de travail des hommes et des femmes habitant la zone d’emploi de Dieppe sont distants de 18,3 km en moyenne.
peuvent être contrebalancés par les in convénients liés aux migrations alternan tes (temps de trajet, fatigue, etc…). Le trajet moyen effectué par un homme en couple habitant dans un pôle urbain (16 km) est bien inférieur à celui résidant en zone périurbaine (23km). L’écart est similaire pour les femmes (9km contre 15 km). Par rapport aux personnes seules, les contraintes liées au trajet domiciletravail sont plus fortes pour les couples, surtout si ces derniers ont des enfants, car leur situation nécessite une organisation diffé rente. A l’extrême, une mère de famille peut être amenée à quitter son travail si les inconvénients s’avéraient trop impor tants par rapport à de nouvelles charges familiales. Cette décision sera d’autant plus « facile » à prendre avec un revenu lié à ce travail jugé «non rentable» par rapport à la situation financière du couple.
LES FEMMES S’ÉLOIGNENT MOINS DE LEUR DOMICILE
Afin de concilier vie familiale et vie professionnelle, les femmes en couple qui travaillent sont beaucoup moins «mobi l e s» qu el e sh o m m e s.E ne f fe t ,e n HauteNormandie, si 37,3% des femmes en couple travaillent dans leur commune
AU SEIN DES COUPLES À DEUX ACTIFS, DAVANTAGE DE CHÔMAGE FÉMININ POUR LES NOUVEAUX ARRIVANTS DANS LA RÉGION
Parmi les couples à deux actifs, l’in cidence d’un changement de rési dence sur la situation de chômage est beaucoup plus forte pour les femmes que pour les hommes. Par exemple, la femme dans le couple sacrifiera plus souvent son emploi dans le cas d’un changement pro fessionnel du conjoint impliquant un déménagement dans une autre ré gion. Ainsi, le taux de chômage des f e m m e sq u in ’ h a b i t a i e n tp a sl a HauteNormandie en 1990 atteint 18,5% contre 7,9% pour ces mêmes hommes. Pour celles et ceux qui ha bitaient la même commune à la date des deux recensements, les taux respectifs sont de 13,6% et 7,1%. La variabilité est donc moins forte pour les hommes : ainsi peuton évoquer une forme de «chômage importé» des femmes dans le couple.
DISTANCES MOYENNES ENTRE LE LIEU DE RÉSIDENCE ET LE LIEU DE TRAVAIL POUR LES CHEFS DE FAMILLE HAUTNORMANDE HABITANT EN COUPLE SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE ET LA COMMUNE DE RÉSIDENCE
Catégorie de commune de résidence (1) Espace à Catégorie socioprofessionnelleCommune Communedominante Ensembledu du chef de famillePôle urbainmonopolarisée multipolariséerurale territoire Agriculteur exploitant8,0 1,53,3 1,6 2,5 Artisan, commerçant, chef d’entreprise8,4 11,914,5 7,510,3 Cadre et profession intellectuelle supérieure27,5 33,538,5 36,0 30,5 Profession intermédiaire17,5 26,527,6 24,9 21,6 Employé 12,922,4 26,722,6 17,2 Ouvrier 13,420,8 22,218,2 17,1 Ensemble 16,322,5 23,618,6 19,0 Source : INSEEUnité : km (1) voir encadré cicontre
de résidence, la proportion tombe à 30,2% pour les hommes. Par ailleurs, plus de 13% des hommes exercent leur activité hors département de résidence contre moins de 9% pour les femmes. C’est ainsi que généralement, l’homme supporte un trajet domiciletravail beau coup plus long en distance : parmi celles et ceux qui quittent la commune de rési dence pour aller travailler, le trajet est en m oye n n ed e2 7 , 1k mp o u rl ’ h o m m e contre 18,3 km pour la femme. Le nombre des migrations alternantes diminue avec l’allongement de la distance entre le domicile et le lieu de travail. En effet, si un peu plus de la moitié des cou ples à deux actifs travaillent tous les deux en dehors de leur commune de rési dence, la proportion de ceux qui exercent une activité en dehors de la région n’est
que de 2,4%. Les distances domiciletravail s’allon gent pour les classes sociales élevées mais le phénomène est surtout marqué parmi les hommes. Le trajet moyen dé passe 30 km pour les hommes en couple qui sont cadres contre 17,9km pour les femmes. Parmi les couples, le constat d’un trajet domiciletravail beaucoup plus long en moyenne pour l’homme est vérifié pour la plupart des catégories sociopro fe s s i o n n e l l e sd e sc o n j o i n t s,m ê m e lorsque les femmes sont cadres. L’excep tion notable réside dans le cas où la femme vit en compagnie d’un agriculteur exploitant : le trajet moyen est alors pour e l l ed e9 , 5k m( c o n t r e2 , 5k mp o u r l’homme).
PART DES HOMMES ET DES FEMMES EN COUPLE, ACTIFS, TRAVAILLANT DANS LEUR COMMUNE
2statistique et économique de HauteNormandie  N° 40 Décembre 2004AVAL Lettre
HOMMES
HauteNormandie : 30,2
ESPACE URBAIN  ESPACE RURAL
Au découpage administratif du territoire (régions, départements, arrondissements, etc.), se super pose un découpage créé par l’INSEE à des fins d’études statistiques ; il s’agit du zonage en aires urbaines. Lespôles urbainssont des agglomérations comptant 5 000 emplois ou plus et n’appartenant pas à la couronne d’un autre pôle urbain. Lescouronnes périurbaines monopolarisées sont des communes ou unités urbaines dont 40% ou plus des actifs résidents travaillent dans l’aire urbaine hors de la commune ou de l’unité urbaine de résidence. Uneaire urbaineest composée d’un pôle urbain et de sa couronne périurbaine. Lescommunes périurbaines multipolariséessont des communes ou unités urbaines dont 40% ou plus des actifs résidents travaillent dans plu sieurs aires urbaines sans atteindre ce seuil avec l’une d’entre elles. L’espace à dominante urbaine est couvert par les aires urbaines et les couronnes périurbaines mul tipolarisées ; le restant définit l’espace à domi nante rurale.
DES SITUATIONS QUI DIFFÈRENT SUIVANT LA ZONE DE RÉSIDENCE…
De par sa position géographique et le p o i d sd é m o g r a p h i q u ed es ac o m munecentre, c’est dans la zone d’emploi du Havre que les couples sont les plus sédentaires : 40,9% des hommes et 53,4% des femmes y exercent une activi té dans leur commune de résidence. A l’opposé, la grande étendue de la zone d’emploi de Rouen est illustrée par la forte attractivité de son pôle : seule ment 24,1% des hommes et 29,5% des
 DERÉSIDENCE, SELON LA ZONE D’EMPLOI
FEMMES
HauteNormandie : 37,3
femmes y habitant restent dans leur com mune de résidence pour travailler. La zone d’emploi de Gisors se carac térise par l’ampleur des migrations alter n a n t e sn e t t e m e n tp l u sp r o n o n c é e qu’ailleurs du fait de la proximité de la région parisienne. L’attractivité que celleci exerce sur la zone d’emploi de Gisors est particulièrement forte, pour 3 1 , 4 %d e sh o m m e se t2 3 , 1 %d e s femmes en couples (contre respective ment 4,9% et 2,6% à l’échelle de la région). Plus largement, la mesure des flux suivant les deux départements de la région se distinguent nettement : en SeineMaritime, plus de 90% des couples à deux actifs occupés habitent et travail lent dans le département ; la part tombe à 66% dans le département de l’Eure. Dans ce dernier, l’influence de l’IledeFrance est bien entendu beaucoup plus impor tante. Si seulement 2,4% des couples ha bitant la SeineMaritime comportent au moins une personne travaillant en région parisienne, la proportion dans l’Eure at teint 13,6%.
…ET L’ORIGINE GÉOGRAPHIQUE DU COUPLE
Suivant leur lieu de résidence en 1990, les couples se différencient à bien des égards quant à leur activité. Par rap por tà l’ensemble des couples, ceux formés de personnes qui n’habi taient pas la région en 1 9 9 0a p p a r a i s s e n t comme beaucoup plus mobiles : en particulier, l ap r o p o r t i o nd e s femmes travaillant dans l ac o m mu n ed er é s i d e n c ee s tm o i n d r e (31,8% contre 37,3%). L e sd i s t a n c e sd o m i ciletravail s’allongent : pour celles et ceux qui
quittent la commune de résidence, le trajet est en moyenne de 45,5km pour l’homme et de 36,6km pour la femme. Parmi ces couples, beaucoup ont vrai semblablement effectué le choix de s’ins taller dans la région tout en conservant une activité au sein de leur région anté rieure. L’exemple, le plus courant, des couples venus d’IledeFrance, est signifi catif : alors que 22,4% d’entre eux travail lent dans leur région d’origine, seulement 1 , 4 %d el ’ e n s e m b l ed e sc o u p l e s hautnormands travaillent en région pari sienne. Si l’on ajoute les couples dont seulement l’un des membres exerce une activité en IledeFrance, la proportion at teint 45,6%. L’ensemble de ces couples nouvelle ment hautnormands correspond le plus souvent à des catégories de population favorisées pour lesquelles la mobilité pro fessionnelle est plus aisée. C’est ainsi que parmi eux, on trouve une plus grande proportion de couples de cadres (13,2% contre 4,1% parmi l’ensemble des cou ples hautnormands).
LA PRÉPONDÉRANCE DE LA VOITURE
La majorité des couples utilise la voi ture (presque 60% d’entre eux). La pro portion atteint 81% lorsque les trajets domiciletravail excèdent 5 km. Parmi eux, beaucoup possèdent deux voitures puisque le covoiturage n’est bien souvent pas possible. Davantage sédentaires, les femmes n’utilisent, le plus souvent, pas de transport (dans le cadre d’un travail à domicile) ou se rendent à pied sur le lieu de travail : 16,0% d’entre elles contre 9,4% pour les hommes. En revanche, ces derniers parcourant des trajets plus longs utilisent plus fréquemment plusieurs modes de transport (6% des hommes contre 4,4% des femmes). C’est le cas le plus souvent observé pour les cadres, même si par rapport à l’ensemble, ils sont plus nombreux à n’utiliser que la voiture (81,2% d’entre eux contre 77%)
DISTANCES MOYENNES ENTRE LE LIEU DE RÉSIDENCE ET LE LIEU DE TRAVAIL SELON LE SEXE ET LA SITUATION FAMILIALE Distance entre le lieu de résidence et le lieu de travail Situation familialeHommes Femmes Personnes vivant en couple Homme et femme ayant un emploi19,0 11,7 Homme ayant un emploi, femme sans emploi19,5  Femme ayant un emploi, homme sans emploi 10,7 Personnes ne vivant pas en couple21,3 12,7 Ensemble HauteNormandie19,7 11,9 Source : INSEEUnité : km
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