L'aide au logement : indispensable aux plus pauvres

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En Lorraine, un peu plus de 90 000 ménages à bas revenus reçoivent une aide au logement versée par les Caisses d’Allocations Familiales (Caf). Sans ce soutien financier, le coût du logement hors charges (loyer ou remboursement de prêt) représenterait globalement près de la moitié de leur revenu total. Grâce à l’aide des Caf, le taux d’effort financier en matière de logement est ramené à une moyenne de 16% du revenu. Mais l’effort est bien plus conséquent pour les locataires du parc privé que pour ceux du parc public en raison du coût des loyers dans le privé.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
L’aide au logement :143N
En Lorraine, un peu plus de 90 000 ménages à bas revenus reçoivent
une aide au logement versée par les Caisses d’Allocations Familiales
(Caf). Sans ce soutien financier, le coût du logement hors charges (loyer
ou remboursement de prêt) représenterait globalement près de la moitié
de leur revenu total. Grâce à l’aide des Caf, le taux d’effort financier
en matière de logement est ramené à une moyenne de 16% du revenu.
Mais l’effort est bien plus conséquent pour les locataires du parc privé
que pour ceux du parc public en raison du coût des loyers dans le privé.
Chaque mois, 151 000 foyers lorrains dit de «bouclage»). Les différentes catégories
reçoivent une aide au logement de la part des d’aide ont ensuite été uniformisées de façon
Caisses d’Allocations Familiales (Caf), soit pra- à réduire les inégalités entre les locataires
tiquement la moitié (48%) des 317 000 alloca- de logements conventionnés et les autres.
taires de la région. La majorité de ces En réduisant le taux d’effort financier consa-
151 000 ménages bénéficiaires d’une alloca- cré au logement, elles permettent aux plus
tion logement vit sous le seuil de bas revenus : pauvres d’accéder à un logement, voire d’en
ils sont en effet 90 000 à vivre avec moins de améliorer les conditions en termes d’espace
845 euros par mois et par unité de consom- ou de confort.
mation (1), en 2006. Ces 90 000 ménages à Les trois prestations en vigueur sont l’Aide
bas revenus recevant une allocation logement Personnalisée au Logement (APL), l’Allocation
couvrent une population totale de 228 500 de Logement Social (ALS) et l’Allocation de Lo-
personnes dont 106 700 enfants. gement Familiale (ALF). Le versement d’une de
Sur les 126 000 ménages vivant sous le seuil ces trois prestations est exclusif des deux au-
de bas revenus en 2006, tous n’ont pas ac- tres. L’APL est l’allocation logement la plus
cès aux aides au logement : 36 000, soit souvent versée aux ménages, quel que soit
près de 30% d’entre eux, en sont exclus pour leur niveau de revenu : dans 49% des cas
différentes raisons : du fait de leur statut d’oc- pour les foyers sous le seuil de bas revenus,
cupation (propriétaires, logés gratuitement) ; pour et à 44% pour les foyers au-dessus du seuil.
cause de logement non conforme aux normes Viennent ensuite l’ALF pour 27% des allocatai-
exigées par la Caf, ou plus grave encore, resà basrevenus (33% chez les autres)etl’ALS
parce qu’ils n’ont pas de logement du tout. pour 24% (23% chez les autres).
Près de neuf sur dixL’APL une fois sur deux
sont locatairesConçues au départ dans une logique de re-
distribution en faveur des familles avec en- 87% des ménages à bas revenus ayant une
fants à charge, les aides au logement ont allocation logement vivent en locatif, 9% sont
progressivement été étendues à l’ensemble
de la population à faibles revenus (processus (1) UC : voir encadré page 6
Vaccédants à la propriété et 4% 16% du revenu pour les 90 000 davantage par la différence de
sont en foyer ou maison de re- ménages à bas revenus. En suppo- coût des loyers que par celle du
traite. Dans les foyers moins défa- sant,defaçon théorique, quece revenu. En effet, le locataire du
vorisés mais néanmoins aidés par soutien des Caf n’existe pas, l’ef- privé paie en moyenne 104 euros
une allocation logement, la distribu- fort financier pour ces foyers les de plus que le locataire du public,
tion est différente, à l’exception de plus démunis ne serait plus de alors que les deux populations ont
la part vivant en foyer ou maison 16% mais de 47% de leurs reve- des capacités financières pro-
de retraite. Ils sont plus nombreux nus. Les allocations logement per- ches, dont une allocation loge-
à être en phase d’accession à la mettent donc bien de réduire la ment en moyenne équivalente.
propriété (22%)etmoins àêtrelo- part du budget logement dans l’en- L’explication tient au fait que les
cataires (74%). semble du revenu des ménages à allocations logement ne se basent
bas revenus, et d’améliorer égale- pas sur l’intégralité du loyer, maisParmi les allocataires à bas reve-
ment la qualité des logements, se- sur un plafond, qui est plusnus, 46% sont logés dans le parc
lon certaines analyses (notamment proche du prix du parc public, ré-public HLM contre 41% pour les au-
Laferrère et Le Blanc, 2002). En re- glementé, que de celui du privé,tres. Le plus marquant est donc
vanche, depuis le «bouclage» des qui suit les lois du marché. Maisqueplusdelamoitiédes locataires
aides au logement (cf. plus haut), le logement n’est ici appréhendéàbas revenus (54%)viventdansun
les mêmes auteurs ont mis en évi- que par le biais du loyer, horslogement du parc privé, parc où les
dence un effet «pervers» inflation- charges. Les services (concierge,loyers ne sont généralement pas
niste des aides sur les prix du ascenseur, espaces verts...)sontmodérés (exception faite des logements
logement. Les propriétaires au- beaucoup plus présents dans le
restant encore sous le coup de la loi de
raient, en effet, tendance à suréva- parc HLM quedansleparcprivé
1948, logements à loyers bas du parc
luer les loyers du fait même de et sont payables au titre des
privé, de moindre confort, devenus rares
l’augmentation de la capacité finan- charges locatives. Si l’on intégrait
en raison des programmes de réhabilita-
cière des ménages, assurée par les charges dans le calcul du taux
tion ou de destruction).
les aides. Un large pan de l’activité d’effort, l’écart relevé entre les lo-
Sur l’ensemble des ménages tou- économique tire aussi bénéfice de cataires des deux parcs serait
chant une prestation logement, ces aides, et pas seulement les donc moindre. On considérerait
ceux à bas revenus ne se diffé- bénéficiaires : propriétaires-bail- alors la charge financière totale
rencient pas des autres sur le leurs, vendeurs de biens immobi- consacrée au logement.
nombre moyen de personnes qui liers ou encore organismes de Pour les accédants à la propriété,composent le ménage. Dans prêts à l’accession à la propriété. l’effort mensuel fourni est plus im-chaque cas, on dénombre 1,7 Pour autant, le bien-fondé et le portant encore. Il approche leunité de consommation (pondéra- principe mêmes des aides au loge- quart des revenus disponibles
tion statistique des personnes, cf. en- ment ne doivent pas être remis en (23%), lesremboursementsde
cadrépage6). En revanche, du fait cause : elles représentent pour les prêts constatés étant ende leurs faibles ressources, les foyers à bas revenus, 46% du total moyenne de 204 euros supé-ménages à bas revenus reçoivent des prestations familiales versées rieurs aux loyers versés par lesuneaideplusconséquente;ils par les Caf, et au final près du locataires du parc locatif public. Ilont perçu en moyenne 243 euros quart du revenu disponible (23%). ne peut cependant être considérépar mois en 2006, soit 60% de
tout à fait de la même manière.plus que les autres allocataires, Locataires, un effort
La dépense engagée chaque moisaidés à hauteur de 152 euros. financier important
contribue à la constitution d’un
dans le privé patrimoine, contrairement auUn effort de 16%
Le taux d’effort dans le locatif pri- paiement d’un loyer parfois consi-
des revenus grâce
vé est de 20%. Il est singulière- déré comme une dépense «à
aux aides au logement ment plus élevé que dans le parc perte».Depluscette dépensea
La part des revenus consacrée au locatif public où il est réduit à 4%. une durée limitée à la durée de
logement représente en moyenne L’écart entre les deux s’explique l’emprunt et cesse ensuite.
250 euros d'allocation logement pour les locataires
Ménages allocataires à bas revenus aidés Autres ménages
En 2006
allocataires aidésLocatif HLM Locatif privé Accession à la propriété Ensemble
Nombre moyen d’UC par ménage 1,8 1,5 2,2 1,7 1,7
Taux d’effort logement (%) 4 20 23 16 16
Revenu mensuel (euros par UC) 624 616 688 627 1 102
Loyer ou remboursement moyen mensuel (euros) 285 389 489 374 425
Part des AL dans l’ensemble des prestations (%) 43 50 39 46 33
Part des AL dans l’ensemble des revenus (%) 23 26 11 23 8
AL moyenne mensuelle par allocataire (euros) 250 252 174 243 152
Sources : Insee, Caf de Lorraine 2006
2Couple
Une autre approche de la pauvreté : les revenus disponibles localisés
L’Insee a récemment développé un nouvel outil de connais- En 2004, la moitié de la population lorraine vit avec moins de
sance des revenus disponibles et de la pauvreté monétaire, 1 271 euros mensuels, ce qui est proche de la moyenne de
au niveau départemental, afin de répondre aux besoins expri- province (1 281 euros). L’Ile-de-France constitue un cas à
més par les acteurs publics régionaux et par le Conseil Natio- part avec un fort niveau de vie (médiane à 1 527 euros) mais
nal de l’Information Statistique : les Revenus Disponibles aussi une forte disparité entre des départements très riches
Localisés (RDL). comme les Yvelines et les Hauts-de-Seine d’un côté et un dé-
partement très pauvre comme la Seine-Saint-Denis.
Cet outil offre pour la première fois des données sur la pauvre-
Deux départements lorrains, la Meurthe-et-Moselle (1 293
té à un niveau infranational, sur le champ exhaustif des ména-
euros) et la Moselle (1 278 euros) ont des niveaux de vie plus
ges ordinaires. Jusqu’ici, l’Insee diffusait les revenus
élevés que la moyenne régionale. La Meuse (1 231 euros) et
disponibles au niveau national et les revenus déclarés des mé-
les Vosges (1 241 euros) ont des niveaux de vie plus faibles.
nages au niveau local (source : Revenus Fiscaux Localisés).
Mais la disparité entre les 10% les plus riches de la population
et les 10% les plus pauvres y est inférieure aux deux autresSont exclues du champ RDL les personnes habitant en collec-
départements (rapport interdécile).tivité, certaines populations sensibles à la pauvreté comme
les personnes sans domicile fixe, et les personnes mariées ou RDL établit pour 2004 le seuil de pauvreté monétaire à 788
séparées ou décédées dans l’année. Pour appartenir au euros par mois et par unité de consommation. En Lorraine,
champ RDL, il faut à la fois faire une déclaration d’impôt sur le 12% de la population se trouve sous ce seuil. La moitié de
revenu et s’acquitter d’une taxe d’habitation. cette population pauvre vit avec moins de 643 euros par
mois. Cette médiane permet de calculer l’intensité de la pau-
Les revenus disponibles regroupent les revenus déclarés, y
vreté, c’est-à-dire le degré de pauvreté de la population
compris les indemnités maladie et de chômage, auxquels on
pauvre.Cette intensitéest plus forteenLorrainequ’en
ajoute les minimas sociaux, les prestations familiales et de lo-
moyenne nationale en raison du niveau de pauvreté en Mo-
gement estimées. On soustrait à la somme de ces revenus
selle et en Meurthe-et-Moselle et du poids de ces départe-
quatre impôts directs (sur le revenu, CSG, RDS et taxe d’habi-
ments dans l’ensemble régional.
tation) pour obtenir les revenus disponibles du ménage.
Certaines catégories de ménages sont plus exposées que
Le niveau de vie des individus est le rapport des revenus dispo- d’autres face à la pauvreté, les plus fragiles étant les familles
nibles du ménage par le nombre d’unités de consommation du monoparentales. A contrario, le couple, surtout sans enfant,
ménage. protège par la possibilité d’un double revenu du travail.
Forte intensité de la pauvreté en Meurthe-et-Moselle et Moselle
Taux de pauvreté
Intensité de la pauvreté Rapport interdécile
(%)
Meurthe-et-Moselle 12,3 19,7 3,01
Meuse 11,9 15,6 2,69
Moselle 12,1 19,1 2,97
Vosges 11,3 16,5 2,68
Lorraine 12,0 18,4 2,90
France de province 12,1 17,1 2,98
France métropolitaine 11,7 17,2 3,14
Source : Insee-DGI, Revenus disponibles localisés 2004
Fragilité financière pour les familles monoparentales
Taux de pauvreté
%
25
Lorraine
France métropolitaine
20
15
10
5
0
Couple avec Ménage Femme seule Homme seul Famille
complexe monoparentaleenfants
Type de ménage
Source : Insee-DGI, Revenus disponibles localisés 2004
3Selon la même supposition que points. Pour les locataires du parc 736 et 845 euros, l’effort est
précédemment, en l’absence d’allo- locatif privé, même si au final l’ef- contenuàunniveaude9%.
cations logement, la part fort fourni est supérieur à celui des Parmi les allocataires à bas reve-
consacrée au logement de ces ac- locataires HLM, la réduction du nus du parc HLM, une moitié a un
cédants à la propriété, excéderait taux d’effort due à l’allocation loge- revenu mensuel par UC inférieur à
alors le tiers (36%) de leur revenu. ment est la plus importante : 35 622 euros. Grâce aux allocations
L’aide au logement permet ainsi points. Sans allocation logement, logement, leur effort en matière
une réduction du taux d’effort de ce sont eux qui devraient s’acquit- de loyer est égal à zéro. Rappe-
13 points. Celui des locataires du ter de l’effort financier le plus lons toutefois que les charges
parc public, tous niveaux de res- conséquent, en consacrant plus de étant exclues du calcul, le poste
sources confondus, serait égale- la moitié (55%) de leurs ressour- «dépenses de logement» ne sera
ment du tiers de leur revenu ces à ce poste de dépense. pas nul dans le budget de ces fa-
(33%). L’impact de l’aide repré- milles, une fois les charges prises
sente pour eux une baisse de 29 en compte. D’autant plus que lesLoyers pris en charge
charges, indexées sur les prixpour les plus pauvresLes aides au logement des matières premières et des
du parc publicL'allocation de logement familiale (ALF) énergies, augmentent ces der-
est versée aux personnes ayant au Le taux d’effort en matière de loge- niers temps, plus rapidement que
moins un enfant ou une personne à
ment varie également beaucoup les loyers.charge. L'allocation de logement social
selon le niveau de revenus. C’est(ALS) est allouée aux personnes ou Les locataires du parc privé ayant
au sein des plus pauvres des allo-couples n'ayant aucune personne à
les plus bas revenus ont des reve-
charge. L'aide personnalisée au loge- cataires vivant sous le seuil de bas
nus similaires à ceux du parc pu-ment (APL) est destinée aux familles revenus que l’effort financier est le
blic. Pourtant, l’effort financierou personnes seules, locataires ou ac-
plus réduit par l’existence d’alloca-
cédants à la propriété, la condition qu’ils ont à fournir est très impor-
tion logement. Mais ce sont égale-principale étant que le logement soit tant puisque ceux du premier
ment eux qui en ont le plus besoinconventionné. Le montant de chaque
quartile ont un taux d’effort supé-
aide varie en fonction des ressources (cf. histogrammes).
rieur au tiers des revenus (37%),du ménage, de sa composition et du
Même pour le quatrième quartile ceux du quartile suivant versantmontant du loyer ou du rembourse-
ment de prêt que l'allocataire a à du parc locatif public, celui dont le en loyer 16% de leur revenu.
charge. revenu par UC est compris entre Cette population devrait en toute
37% des revenus pour le quart le plus pauvre du parc privé
Taux d’effort en matière de logement par niveau de revenus (revenus mensuels par UC) et type d'habitat
Locatif privéLocatif HLM %% 100100
8080
6060
4040
2020
00
1 234Quartiles12 3 4 Quartiles
Revenus par UC 543 622 736 Revenus par UC845 528 622 735 845
(en euros) (en euros)
Taux d'effortAccession à la propriété%100
Effort théorique en l'absence d'allocations logement
80
Champ :60
ménages d'allocataires à bas revenus percevant une allocation logement
40
20
Note de lecture :
er
Les 25% de ménages d'allocataires ayant les revenus les plus bas (1 quartile)
0
du parc locatif privé ont un revenu mensuel inférieur à 528 euros par UC.
Quartiles12 3 4
En l'absence d'allocations logement et à niveau de loyer équivalent
ils auraient un taux d'effort égal à 100%.
Revenus par UC 791 845611 720
Grâce aux aides il est ramené à 37% des revenus.
(en euros)
Sources : Insee, Caf de Lorraine 2006
4Le logement en Lorraine : un levier de développement économique et social
On mesure bien tout l’intérêt des mesures d’aides au logement Les solutions relèvent donc davantage de la mise sur le marché de
pour les ménages les plus démunis mais également toutes les logements financièrement accessibles, par la construction neuve et
limites qu’elles ont, à elles seules, à réduire toutes les inégali- par la mobilisation de la vacance. L’élargissement des dispositifs de
tés entre les différentes catégories de ménages et de modes cautionnement et de garantie de loyers à l’ensemble des personnes
d’habitation. Le Conseil Économique et Social de Lorraine fai- modestes, ainsi que l’information auprès de l’ensemble des bailleurs
sait le même constat dans son rapport 2006. En effet, l’en- constituent quelques exemples d’action.
semble de ces problématiques s’inscrivent plus globalement
Conseil Économique et Social de Lorraine
dans la crise du logement, dont l’une des principales causes
http://ces.lorraine.eutient à l’inadéquation entre l’offre et la demande de logements.
317 000 foyers allocataires Caf
191 000 > seuil de bas revenus 126 000 < seuil de bas revenus
Sans aide logement Aide au logement Sans aide logement
130 000 (151 000) 36 000
90 00061 000 +
4%4% 22% 9%74% 87%
Accession Maison deMaison de Locataires AccessionLocataires
retraite/Foyer propriété retraite/Foyerpropriété
59% 54%41% 46%
Locataires parc privé Locataires parc privéLocataires HLM Locataires HLM
Qui sont-ils ?
Ils ont en commun d’être allocataires Caf, de toucher une allocation logement et d’avoir un revenu par UC inférieur à 845 euros en
2006.
Les allocataires vivant en foyer ou maison de retraite sont essentiellement des femmes et des hommes seuls. Plus de la moitié
d’entre eux sont bénéficiaires des minimas sociaux, tels que le Revenu Minimum d’Insertion, RMI, (27%) et l’Allocation d’Adultes
Handicapés, AAH (27%). Les deux tiers d’entre eux dépendent à plus de 75% des prestations sociales pour la constitution de leur
revenu.
La part des prestations dans les revenus des locataires du parc public est la même que celle des locataires du parc privé. La moitié
en dépendent pour moins de 50%. Dans chaque parc, 6% d'entre eux reçoivent l’Allocation de Parent Isolé (API) et seuls 3% à 4%
reçoivent l’AAH, témoignant du manque actuel d’adéquation entre vie avec handicap et hébergement non collectif. Les Rmistes en
revanche sont plus nombreux dans le parc public (30%) que privé (24%).
Les deux tiers des allocataires du parc public vivent au moins avec un enfant. Ils ne sont que 49% dans ce cas dans le parc privé.
Couples sans enfants, femmes et hommes seuls sont plus nombreux dans le parc privé.
Davantage de personnes seules dans le locatif privé
Allocataires aidés à bas revenus Autres
Type de famille (%) allocatairesAccession à Foyer ou maison
Locatif HLM Locatif privé Ensemble aidésla propriété de retraite
Couple 1 ou 2 enfants 17,0 12,4 34,5 0,5 15,6 21,6
Couple 3 enfants et plus 11,0 6,8 33,2 0,1 10,4 17,9
Couple sans enfant 6,8 10,0 5,3 2,8 8,0 5,0
Homme seul 15,6 20,1 4,5 23,8 17,1 18,7
Femme seule 11,1 21,2 3,0 71,3 17,8 18,5
Famille monoparentale 1 ou 2 enfants 30,6 24,2 14,8 1,4 25,0 15,8
Famille monoparentale 3 enfants et plus 7,9 5,4 4,6 0,2 6,1 2,5
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source : Insee, Caf de Lorraine 2006
5Savoir plus : Un taux d'effort plus faible en Meuse et dans les Vosges
grâce à un marché immobilier moins onéreux
- Les conditions de logement des per-
Taux d’effort en matière Accessionsonnes à bas revenus et des person- Locatif HLM Locatif privé
de logement (%) à la propriéténes sans domicile fixe, C. Portas et
M. Resplandy, Insee Ile-de-France, jan- Meurthe-et-Moselle 4 22 23
vier 2007. Meuse 3 16 18
- L’impact de l’unification des aides au Moselle 5 20 26
logement surleprofildeconsomma-
Vosges 3 16 21
tion des bénéficiaires, Ronan Mahieu,
Lorraine 4 20 23
Recherches et Prévisions, n° 84, juin
Champ : ménages allocataires à bas revenus percevant une allocation logement2006.
Sources : Insee, Caf de Lorraine 2006
- Aides au logement. Un quart du reve-
nu des locataires aidés du privé consa-
logique habiter le parc public HLM Chez les locataires du parc privé
cré au loyer hors charges, Insee et Caf
si celui-ci disposait d’un nombre ayant les plus bas revenusd’Ile-de-France, Ile-de-France à la page
suffisant de logements. comme chez les accédants, len° 263, février 2006.
système de redistribution se- Les aides au logement en 2006,
CNAF, DSER, L’e-ssentiel, n° 69, jan- Lesaccédantsà la propriétéont heurte aux montants des loyers
vier 2008. des revenus supérieurs aux loca- et des remboursements de prêts
- Les charges dans le budget des lo- taires.Leplafond supérieurdu fixés par le marché. Il réduit l’ef-
cataires, Insee première n° 990, no-
premier quartile est de 611 eu- fort demandémaisneleprend
vembre 2004.
ros, les allocataires du second pas en charge comme il le fait
Site internet : www.insee.fr
quartile ont des revenus entre pour les locataires du public. Pro-
611 et 720 euros mensuels, soit portionnellement à leur revenu
unedifférencede70à100 eu- par UC, ils ont à fournir un effort
ros supplémentaires par rapport plus important que ceux ayant
aux locataires. Les accédants du desmoyensfinancierssupé-
premier quartile fournissent un ef- rieurs.
fort important avec 30% de leurs
revenus consacrés au rembour-
sement de prêts. Pascal SERVRANCKX
Ministère de l’Économie,
Sources, méthodes, définitionsde l’Industrie et de l’Emploi
Insee
Les fichiers utilisés sont ceux des Les ménages à bas revenus corres-
Institut National de la Statistique
quatre Caisses d’Allocations Familiales pondent à ceux dont le revenu par uni-
et des Études Économiques
de Lorraine au 31 décembre 2006. té de consommation est inférieur au
Direction Régionale de Lorraine
En sont notamment exclus les person- seuil de 60% du revenu médian natio-
15, rue du Général Hulot
nes de 65 ans ou plus et les étudiants. nal. Le revenu médian est celui pourCS 54229
lequel 50% de la population se situe54042 NANCY CEDEX Le taux d’effort en matière de loge-
au-delà et 50% en deçà.Tél :03 83 91 85 85 ment est calculé en ramenant le mon-
Fax :03 83 40 45 61 tant mensuel du loyer ou des
www.insee.fr/lorraine remboursements de prêts, sans les Le revenu par unité de consomma-
charges, et diminuédel’aideauloge- tion (RUC) est un système de pondé-DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
ment, au revenu mensuel du ménage ration permettant de comparer lesJean-Paul FRANÇOIS
duquel on retire les aides au loge- niveaux de viedeménagesdetaillesDirecteur régional de l’Insee
ment. Les revenus pris en compte ou de compositions différentes. Le
COORDINATION RÉDACTIONNELLE sont les revenus d’activité profession- nombre de personnes est ramené à
Christian CALZADA nelle salariée ou non salariée, les re- un nombre d’unités de consommation
Gérard MOREAU venus de remplacement (indemnités selon l’échelle suivante : 1 UC pour le
maladie et chômage), les retraites et premier adulte du ménage, 0,5 UCRESPONSABLE ÉDITORIAL ET
préretraites, les prestations sociales pour les autres personnes de 14 ansRELATIONS MÉDIAS
et familiales, et les revenus du patri- ou plus, 0,3 UC pour les enfants deBrigitte VIENNEAUX
moine financier. moinsde14ans,0,2UCpourlesfa-
RÉDACTRICE EN CHEF La valeur du taux d’effort net dépend milles monoparentales.
Agnès VERDIN de nombreuses variables : le statut
Une famille de deux adultes, un enfantd’occupation de la résidence principaleSECRÉTARIAT DE FABRICATION
de 15 ans et un de 10 ans vaudra(locataire ou accédant à la propriété),MISE EN PAGE - COMPOSITION
donc 2,3 UC (1+0,5+0,5+0,3). Unele niveau de vie de chaque ménage, saMarie-Thérèse CAMPISTROUS
famille monoparentale avec un enfantsituation familiale, le type de parc au-Marie-Odile LAFONTAINE
de trois ans vaudra 1,5 UCquel appartient son habitation (social
ISSN : 0293-9657 (1+0,3+0,2).ou non), et sa zone de résidence.
© INSEE 2008
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