L'évolution démographique dans l'aire urbaine caennaise entre 1999 et 2005 - Le périurbain de plus en plus attractif

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L'aire urbaine caennaise a gagné près de 10 000 habitants, hors communautés, entre 1999 et 2005. La population s'est accrue de 8 000 personnes dans les communes situées ente 12 et 20 mn de Caen. C'est la plus forte croissance de l'aire urbaine caennaise. Au delà de 20 mn de Caen, le rythme de croissance démographique est à peine inférieur à celui du périurbain proche : le nombre d'habitants progresse de 4 000 personnes. L'accélération de la périurbanisation au sein des communes éloignées génère une expansion de 1,9 % par an du parc des logements. Un Caennais de plus de 14 ans sur deux est titulaire du baccalauréat ou d'un diplôme universitaire, contre à peine quatre sur dix pour l'aire urbaine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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basse-normandie
L’évolution démographique
dans l’aire urbaine caennaise
entre 1999 et 2005
Le périurbain
de plus en plus attractif
repères
La population des ménages des 241 de l’aire urbaine caennaise résulte de
communes de l’aire urbaine de Caen la prédominance d’un vif accroisse-
atteint 369 000 habitants en 2005, ment naturel sur un faible déficit mi-
soit 9 400 de plus qu’en 1999. Son gratoire. De 1999 à 2005, l’excédent
rythme de croissance annuel (0,4 %) des naissances sur les décès dépasse
est identique à celui du Calvados. Ce 12 700 personnes. Dans le même
dynamisme démographique a contri- temps, ce territoire accuse un déficitL’aire urbaine caennaise a ga-
bué à plus de la moitié (57 %) de l’aug- migratoire de 3 200 personnes.gné près de 10 000 habitants,
hors communautés, entre 1999 et mentation de la population des Sur une plus longue période, le déve-
ménages du Calvados. La croissance loppement de l’aire urbaine s’est effec-2005.
La population s’est accrue de
8 000 personnes dans les com-
munes situées entre 12 et 20 mn
de Caen. C’est la plus forte crois-
sance de l’aire urbaine caennaise.
Au delà de 20 mn de Caen, le
rythme de croissance démogra-
phique est à peine inférieur à celui
du périurbain proche : le nombre
d’habitants progresse de 4 000 per-
sonnes.
L’accélération de la périurbani-
sation au sein des communes
éloignées génère une expansion
de 1,9 % par an du parc des loge-
ments.
Un Caennais de plus de 14 ans
sur deux est titulaire du bacca-
lauréat ou d’un diplôme universi-
taire, contre à peine quatre sur dix
pour l’aire urbaine.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 171méthodes
Définition
des couronnes de l'aire urbaine
Les différentes couronnes de l'aire
urbaine ont été déterminées par
l'AUCAME sur la base des temps de
déplacements automobiles théori-
ques (hors encombrement et re-
cherche de stationnement) de
chaque commune de l'aire urbaine
de Caen vers le centre ville de
Caen. Les points de référence
sont, d'une part, la mairie de
chaque commune, d'autre part
l'église Saint Pierre à Caen.
Le calcul a été effectué à partir du
site www.mappy.fr, sur la base du
trajet le plus rapide. Au regard de
ces calculs, la ville de Caen cons-
titue le centre métropolitain. La
tué en plusieurs vagues. La ville de bien dans la ville centre qu’aux franges couronne urbaine rassemble les
communes situées à moins deCaen a connu une phase de croissance de l’aire urbaine. D’abord, les naissan-
jusqu'aux années soixante-dix. ces sont supérieures aux décès partout, 12 minutes, la couronne périur-
Ensuite, elle a commencé à perdre des cequitémoignedelaprésencedejeu- baine proche celles situées de
12 à 20 minutes et la couronnehabitants au profit de la première cou- nes familles sur l’ensemble du terri-
ronne, formée des communes limitro- toire. Ensuite, l’aire urbaine caennaise périurbaine éloignée celles si-
phes à la ville centre. Aujourd’hui, ce est un lieu de brassage important car tuées à plus de 20 minutes.
sont les communes périurbaines qui près de 40 % des habitants y ont chan-
sont le moteur de la croissance de l’aire gé de logement au cours des cinq ans.
urbaine. Avec l’étalement urbain, les Enfin, comme partout en France, la
communes du périurbain éloigné, si- taille des ménages diminue. Elle est nus d’un autre département que le Cal-
tuées à plus de 20 mn de Caen se dé- passée de 2,44 personnes par ménage vados, plus importante qu’ailleurs dans
veloppent au même rythme que les en 1999 à 2,31 en 2005. l’aire urbaine. Ce surcroît d’arrivées est
communes périurbaines proches locali- le fait d’étudiants (un tiers des arri-
sées entre 12 et 20 mn de Caen. vants a entre 20 et 25 ans). Malgré une
perte de population, le parc des loge-Au sein de l’aire urbaine caennaise, les
ments s’accroît (+ 0,8 %) par an, à unévolutions démographiques varient
rythme toutefois nettement plus lent
souvent d’un espace à l’autre. Toute-
que dans les communes périurbainesfois, trois constats se vérifient aussi
(+ 1,9 %).
Les départs des jeunes du domicile des
parents et l’accroissement du nombre
de personnes vivant seules concourentde quoi
à réduire la taille moyenne des ména-
parle-t-on ? ges. Ce phénomène n’est pas spéci-
fique à Caen mais touche la majeure
partie des villes de plus de 10 000 ha-Le centre perd des
bitants de la région. A Caen, le nombreLa population des ménages
habitants de personnes par ménage passe ainsi
de 1,97 en 1999 à 1,84 personne enTous les résultats de cette étude
2005. La forte présence d’une popula-concernent uniquement la popula-
Après être restée stable entre 1990 et tion estudiantine et des seniors expli-tion des ménages. Un ménage
1999, la population des ménages de la quent la taille réduite des ménagescorrespond à l’ensemble des occu-
ville de Caen a diminué de 0,6 % par caennais.pants d’une résidence principale,
an entre 1999 et 2005. Elle est estimée
qu’ils aient ou non des liens de pa-
A peine un ménage sur trois est pro-à 103 000 personnes. L’excédent natu-
renté. Un ménage peut ne com-
rel demeure important, les naissances priétaire de son logement, proportion
prendre qu’une seule personne.
bien en deçà de la moyenne de l’airey dépassent les décès de plus de 3 000
Ne font pas partie des ménages,
urbaine (53 %). La population relative-personnes. En revanche, Caen accuse
les personnes vivant dans les ha-
un fort déficit migratoire : les départs ment jeune n’échappe cependant pas
bitations mobiles (y compris les
au vieillissement. Les moins de 20 anssurpassent les arrivées de plus de
mariniers et les sans abri) et la
sont sous-représentés, ils rassemblent7 000 personnes. Au sein de la ville
population des communautés
centre, la population bouge beaucoup. à peine 23 % de la population caen-
(foyers de travailleurs, maisons
naise, contre plus de 26 % dans l’en-En cinq ans, un ménage caennais sur
de retraite, prisons…). A titre in-
semble de l’aire urbaine. Le poids desdeux a changé de domicile. Du fait de
dicatif, 97 % des habitants de
sa taille, Caen se distingue du reste de seniors est en revanche accentué,
l’aire urbaine de Caen vivaient
19,2 % des Caennais ont atteint ou dé-l’aire urbaine car les déménagements
dans un ménage en 1999. La po-
passé la soixantaine contre 17,7 %intra-muros y sont les plus fréquents.
pulation des communautés n’est
Mais elle se démarque aussi par une dans l’aire urbaine. Au sein de la ville
pas disponible en 2005.
de Caen, les 20 à 39 ans rassemblentproportion de nouveaux arrivants ve-
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 171L’évolution démographique dans
l’aire urbaine caennaise phoPHOTOS
près de 36% des habitants, soit sept pour s’installer un peu plus loin, au sein
points de plus que la moyenne de l’aire du périurbain. La couronne urbaine est
urbaine. La sur-représentation de cette cependant moins affectée par le déficit
tranche d’âge s’explique là encore par migratoire que la ville de Caen. Les dé-
la présence massive de jeunes étu- parts dépassent les arrivées de nou-
diants. Caen, ville universitaire, se dé- veaux habitants de moins de 3 000
marque des autres composantes de personnes. Ce déficit migratoire se
l’aire urbaine par le niveau de diplôme trouve comblé par un excédent naturel
de ses habitants. Cinq caennais de plus de 4 300 personnes. Avec le périurbain un apport de plus de 4 000 personnes.
de 14 ans sur dix, y compris ceux dont proche, la couronne urbaine est l’es- A cette attractivité, se conjugue la
les études sont en cours, sont titulaires pace territorial le moins marqué par le bonne santé du solde naturel, les nais-
du baccalauréat ou ont obtenu un di- vieillissement de la population : les sances excédant de 3 800 personnes
plôme universitaire, contre à peine jeunes de moins de 20 ans concentrent les décès. Au total, la population des
quatre sur dix pour l’aire urbaine. Les plus de 28 % de la population et la part ménages gagne près de 8 000 person-
e etitulaires d’un 2 ou 3 cycle universi- des seniors reste relativement mo- nes pour dépasser 106 000 habitants
taire représentent plus de 18 % des di- deste par rapport aux autres espaces en 2005, soit une croissance annuelle
plômés à Caen contre à peine 12 % de l’aire urbaine. La progression an- moyenne de 1,29 %. Cette couronne
dans l’aire urbaine. nuelle de 1,4 % du parc des logements périurbaine proche est la moins
au cours des cinq dernières années est touchée par le vieillissement de la po-
proche de celle de l’aire urbaine pulation : les moins de 20 ans rassem-Une croissance ralentie (1,3 %). La réduction de la taille des blent près de 29 % de la population. Le
ère ménages est plus accentuée que dans poids des seniors s’intensifie légère-dans la 1 couronne
le reste du territoire caennais : 2,43 ment passant de 15,9 % en 1999 à
personnes vivent en moyenne dans uncaennaise 16,3 % en 2005. Le niveau de diplôme
logement en 2005 contre 2,61 cinq ans des personnes de plus de 14 ans est
auparavant. supérieur à celui des autres espaces de
l’aire urbaine, excepté celui de la villeSur ce territoire, un ménage sur deux
de Caen.
est propriétaire de son logement. D’ail-
leurs, les ménages sont plus stables Au sein de la couronne périurbaine
qu'en centre ville puisqu'un tiers seule- proche, le parc de logements s’est
ment des habitants a emménagé de- étoffé de plus de 12% de 1999 à 2005,
puis moins de 5 ans. La poursuite de la périurbanisation a
nécessité la construction de nombreux
logements en particulier sur la frange
littorale et au sud de Caen. Au total,Le moteur
l’ensemble de la partie périurbaine de
La population des ménages des démographique à plus l’aire caennaise a généré 60 % de la
vingt-trois communes de la couronne
croissance du nombre de logements.
urbaine s’est accrue de 0,25 % par an de 12 mn de Caen Comme ailleurs, mais à un degré un
entre 1999 et 2005. A l'image d'Ifs qui
peu moindre la taille des ménages se
connaît une expansion démographique Entre 1999 et 2005, les quatre-vingt-
réduit. Le nombre moyen de personnes
onze communes de la couronne pé-forte et d'Hérouville-Saint-Clair qui par ménage passe ainsi de 2,83 en
perd des habitants, la croissance y est riurbaine proche ont été le moteur
1999 à 2,69 personnes en 2005.
hétérogène. Ces communes, situées à du dynamisme démographique de
l’aire urbaine caennaise. Situées entremoins de 12 mn du centre ville, ac- Ici, les ménages sont trois fois sur
cueillent 92 000 habitants. Comme la 12 et 20 mn de Caen, ces communes quatre propriétaires de leur logement,
ville centre, la couronne urbaine ac- périurbaines bénéficient d’un afflux de contre seulement un peu plus d’un sur
population important. Le surplus descuse un déficit migratoire. De nom- deux dans l’aire urbaine caennaise. Les
breux habitants quittent cet espace arrivées sur les départs représentent tiers des ménages habitaient déjà
le même logement cinq ans plus tôt.
Ceux qui se sont installés depuis vi-
vaient pour plus de 60 % dans le
Calvados.
La croissance s'intensifie
àplusde20mndu
centre ville
Entre 1999 et 2005, l’espace de l’aire
urbaine le plus éloigné du centre de
Caen s’est développé de façon similaire
à l’espace périurbain proche. La popu-
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 171lation des ménages des cent vingt-six
communes situées à plus de 20 mn de
méthodes Caen a ainsi augmenté de 1,13 % par zoom
an entre 1999-2005. Durant ces an-
nées, les communes du périurbain
L'AUCAMEUne population estimée éloigné ont attiré de nouveaux habi-
tants : les nouvelles arrivées l’empor- e48 agence créée dans un réseau
tent aisément sur les départs du national qui en compte désormaisL’Insee dispose des résultats des
territoire. L’excédent migratoire de 51, l'Agence d'Etudes d'Urbanismetrois enquêtes de recensement réa-
2 800 personnes représente les deux de Caen-Métropole (AUCAME),lisées entre 2004 et 2006. Lors de
tiers de l’augmentation de la popula- opérationnelle depuis septembreces trois vagues, 60 % des commu- tion. Au total, la population des ména- 2006, a été conçue comme un outilnes de moins de 10 000 habitants
ges s’accroît de 4 400 personnes pour d'études mutualisé dans lesont été recensées exhaustivement.
atteindre désormais près de 68 000 champs de l'urbanisme et de l'amé-Pour les communes de plus de
habitants. nagement du territoire. L'Agence10 000 habitants, un échantillon de
regroupe, sous forme associative,24 % de la population a été interro- De même, l’accélération de la périur-
l'Etat, la Région de Basse-Nor-gé. Les zones étudiées contiennent banisation a généré une expansion an-
mandie et la très grande majoritédonc des communes non enquêtées nuelle élevée (+ 1,9 %) du parc de
des collectivités locales qui consti-ou enquêtées mais pas forcément logements conjointe à une réduction
tuentleSyndicatMixte Caen-Mé-de la même manière. La population de la taille des ménages qui passe de
tropole en charge du Schéma dede ces zones est estimée par ré- 2,67 à 2,53 personnes entre 1999 et
Cohérence Territoriale (SCOT) etgression géographique. 2005. En revanche, la moyenne d’âge
du Pays de Caen, lui-mêmedes habitants augmente plus vite que
membre de l'Agence. Son partena-dans les autres parties de l’aire ur-
riat s'étend également à Viacités etbaine, même si, avec l’arrivée de jeu-
aux trois Chambres Consulaires etnes familles, le poids des seniors est en
àl'UniversitédeCaen-Basse-Nor-léger recul. Les personnes âgées de
mandie.60 ans et plus représentent à peine
20 % des habitants. Mais la caractéris- Constituée d'une équipe pluridisci-
tique la plus marquante de ces com- plinaire de dix personnes,
munes les plus éloignées, c’est que l'AUCAME a pour premières mis-
leurs habitants sont, en moyenne, les sions la maîtrise d'œuvre des étu-
moins diplômés de l’aire urbaine. Seu- des du SCOT Caen-Métropole et la
lement 30 % des personnes de 14 ans constitution d'un observatoire mé-
et plus ont le baccalauréat ou sont titu- tropolitain visant à partager les
laires d’un diplôme universitaire, soitDIRECTION connaissances et à éclairer les
huit points de moins que la moyenneREGIONALE DE L'INSEE choix de ses membres en matière
de l’aire urbaine. La proportion de titu- de développement territorial. LaDE BASSE-NORMANDIE e elaires d’un 2 ou 3 cycle universitaire dimension prospective des mis-
est même deux fois plus faible que93, rue de Geôle sions de l'Agence doit aider la mé-
14052 CAEN CEDEX 4 dans la ville de Caen. Comme dans le tropole caennaise à anticiper les
Tél. : 02.31.15.11.00 périurbain proche, les habitants du pé- évolutions et favoriser la réactivité
Fax : 02.31.15.11.80 riurbain éloigné sont moins mobiles : des décideurs.
en cinq ans, moins d’un tiers des mé-
www.insee.fr/basse-normandie
nages a déménagé.
Directeur de la publication : Daniel MORALES
Michel GUILLEMET Insee
Service études et diffusion :
Sophie DESTANDAU
Rédacteur en Chef :
Pascal CAPITAINE
Composition PAO :
Estelle MESNAGER
Impression :
Normandie Information Impression (Nii)
02.31.70.88.10
Crédit photos :
Comité régional du tourisme ; Chambre régio-
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche ; AUCAME
Attaché de presse :
Philippe LEMARCHAND
02.31.15.11.14
Prix : 2,30€
ISSN 1267-2769 - Dépôt légal : octobre 2007 - Code SAGE : Cent 17170 © Insee 2007

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