L'évolution des familles en Basse-Normandie - un paysage familial redessiné

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Le vieillissemment de la population et l'évolution des comportements ont entraîné au cours des années quatre-vingt-dix une réduction de la taille des familles. De plus en plus nombreux, les couples sans enfant représentent en 1999 une famille bas-normande sur deux. Le nombre de couples vivant avec un ou plusieurs enfants a diminué, cette baisse étant davantage marquée pour les familles nombreuses. Le jeunes restent davantage chez leurs parents, puis constituent une famille et ont des enfants plus tardivement que par le passé. Les personnes vivant seules sont de plus en plus nombreuses en Basse-Normandie, cette évolution étant particulièrement nette pour les moins de 60 ans. Comme sur l'ensemble du territoire, le nombre de familles monoparentales a vivement augmenté. Ces familles, dont l'adulte est très majoritairement une femme, regroupent un enfant de moins de 25 ans sur huit.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’évolution des familles en Basse-Normandie UN PAYSAGE FAMILIAL REDESSINÉ
u fi ld e sd é c e n n i e s ,e n Basse-Normandie comme ail-proAfondément modifié. De plus en plus leurs, le paysage familial s’est de personnes seules et de familles mo-noparentales, une progression du nombre de couples sans enfant, des fa-milles nombreuses qui se raréfient : le paysage familial est redessiné.
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Au cours des années quatre-vingt-dix, le nombre de ménages a progressé de plus de 10 % en Basse-Normandie, pour atteindre près de 572 000 à la fin de la décennie. Dans la région, comme au niveau national, le nombre de per-sonnes par ménage baisse depuis plus d’un quart de siècle : il est de 2,4en 1999, contre un peu plus de trois per-
n° 118 - avril 2003
% Le vieillissemment de la popu-lation et l'évolution des comporte-ments ont entraîné au cours des années quatre-vingt-dix une réduc-tion de la taille des familles. De plus en plus nombreux, les couples sans enfant représentent en 1999 une fa-mille bas-normande sur deux. % Le nombre de couples vivant avec un ou plusieurs enfants a dimi-nué, cette baisse étant davantage marquée pour les familles nom-breuses. % Les jeunes restent davantage chez leurs parents. Les jeunes qui quittent le domicile familial vivent plus souvent seuls que par le pas-sé. La mise en couple et l’arrivée des enfants sont donc retardées. % Les personnes vivant seules sont de plus en plus nombreuses en Basse-Normandie, cette évolution étant particulièrement nette pour les moins de 60 ans. % Comme sur l'ensemble du ter-ritoire, le nombre de familles mono-parentales a vivement augmenté. Ces familles, dont l'adulte est très majoritairement une femme, re-groupent un enfant de moins de 25 ans sur huit.
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sonnes vingt-cinq ans plus tôt. Cette POPULATION DES MÉNAGES SELON LE MODE DE COHABITATION baisse touche aussi bien les territoires ruraux vieillissants, que les cen-1999 Evolution tres-villes plus jeunes. Elle trouve son1990-1999 Nombre % en % origine dans les effets du vieillisse-de personnes ment de la population, mais plus en-Ensemble 1389 150100,0+2,0 core dans les mutations des modes de Ména esd’une ersonne170 01012,2 +26,4 vie des générations les plus jeunes. Homme seul65 4504 7+ 36,0 Celles-ci s’insèrent en effet plus tardi-Femme seule104 5607 5+ 21,0 vement sur le marché du travail ; elles Familles 1185 80085 4- 0,4 décalent donc d’autant la formation Familles monoarentales 107510 7,7+ 16,9 des couples, puis la naissance des en-Homme seul et enfant s43 2703,1 +17,0 fants. En outre, de plus en plus de per-Femme seule et enfant s64 2404 6+ 16,8 sonnes atteignent des âges élevés, et vivent dans des ménages de petite taille Cou lesavec enfant s760 28054 7- 8,2 (une ou deux personnes). L’améliora-Cou lessans enfant318 01022,9 +17,9 tion de l’état sanitaire et les progrès de Hors famille dans un ménage de plus d’une personne33 3402,4 -11,4 la médecine permettent aussi de retar-der le passage en maison de retraite ou Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999 centre de soins. En 1999, un peu plus de 78 % des suivre sa vie seul) s’accroît. Vivre seulprogression des séparations et divor-Bas-Normands vivent en couples, ma-au quotidien dans un appartement ouces, et de l’allongement de l’attente riés ou non, avec ou sans enfant. Les une maison est une situation concer-avant de recréer un couple. autres sont principalement des person-nant donc globalement une population nes seules (12 %) et des familles mono-Enfin, la proportion des jeunes de âgée : en 1999, plus de la moitié des parentales (8 %).moins de 30 ans vivant seuls a aussi personnes qui vivent seules dans la ré-fortement progressé. Elle dépasse en gion ont plus de 60 ans. Pour autant, De plus en plusmoyenne 15 % en 1999, soit quatre cette proportion diminue depuis 1990. de personnes seulespoints de plus qu’au début de la dé-La progression de l’espérance de vie cennie. La vie isolée est la plus fré-170 000 personnes vivent seules enpermet en effet aux couples de prolon-quente à 22 ans, âge où 17 % des 1999 soit 26 % de plus en neuf ans. Lager la vie commune plus longtemps personnes habitent seules dans leur lo-proportion de personnes seules aug-qu’auparavant. La probabilité de vivre gement. Ceci tient à la prolongation mente sur la décennie pour toutes lesseul au-delà de 65 ans est d’ailleurs des études et à la recherche d’un em-générations de moins de 65 ans.restée quasiment stable au cours de la ploi stable. décennie, alors qu’elle progresse forte-La probabilité de vivre seul augmente ment pour les plus jeunes. Des femmes plus seules rapidement au-delà de 60 ans. A cet âge que les hommes en 1999, seuls 15 % des Bas-NormandsLa progression de la solitude est plus aux âges extrêmes sont concernés, alors qu’ils sont 25 % àimportante chez les 30-60 ans : ceux-ci 70 ans. En avançant en âge, le risque decontribuent en effet pour moitié àPrès de 62 % des personnes seules sont perdre son conjoint (donc de pour-l’augmentation du nombre de person-des femmes. Quittant plus tôt le domi-nes seules dans lescile parental que les jeunes hommes, a n n é e sq u a t r e -elles vivent proportionnellement plus vingt-dix. En 1999,souvent seules jusqu’à 24 ans : c’est le 10 % des 30-60 anscas de 9,5 % d’entre elles, contre 7,5 % (soit plus de 54 000des hommes. C’est aussi le cas au-delà personnes) viventde 52 ans : sur dix personnes vivant seuls, contre 7 %seules, sept sont des femmes. Dans les neuf ans plus tôt.âges avancés, la sur-représentation des Cette proportion afemmes parmi les personnes seules augmenté à chaquetient à une espérance de vie plus âge. On peut y voirélevée : 83 ans contre 75 ans pour les un effet directde lahommes. A l’inverse, entre 25 et 52 . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIEn° 118
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ans, ce sont les hommes qui connais-sent plus souvent la solitude (12,3 % d’entre eux, contre moins de 8 % pour les femmes). Entre 36 ans et 44 ans, la part des personnes seules est même deux fois plus élevée chez les hommes.
A tous les âges, la solitude est plus im-portante en milieu urbain qu’en milieu rural. Mais la différence n’est pro-noncée qu’à l’âge des études supérieu-res ou de la recherche du premier emploi. Ainsi à 22 ans, 18 % des jeunes vivent seuls dans l’espace à dominante urbaine contre 8 % dans le rural ; c’est l’écart maximum constaté dans la ré-gion. Au-delà, il décroît à mesure que l’âge augmente, la solitude progressant légèrement en milieu rural jusqu’à 30 ans pour atteindre 10 %, alors qu’elle chute brutalement en ville (13%).
Plus de familles, de taille plus restreinte
Forme particulière du ménage, la fa-mille regroupe au moins deux person-nes : des couples, avec ou sans enfant, ou un adulte avec un ou plusieurs en-fants. En Basse-Normandie, on dé-nombre plus de 395 000 familles en 1999. Leur nombre a crû de près de 5 % depuis 1990, comme au niveau natio-nal, alors que la population n’augmen-tait que de 2 %. Cette hausse est totalement due à la progression du n o m b r ed ef a m i l l e ss a n se n f a n t (+ 29 000), qui est d’ailleurs un des faits marquants de la dernière dé-cennie. Aussi, à la fin des années quatre-vingt-dix, près de 48 % des fa-
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m i l l e sb a s - n o r-mandes sont sans enfant, contre 42 % en 1990. Ceci ré-sulte notamment du poids croissant d e s« co u p l e s âgés » n’ayant plus d’enfant à charge. Le vieillissement de la population et l’allongement de la durée de vie per-mettent en effet aux plus de 60 ans de vivre plus souvent en couple que par le passé.
Moins de familles nombreuses
Par contre, le nombre de familles avec enfant a diminué de 12 000 au cours de la dernière décennie. Ce recul de plus de 5 % en neuf ans est d’autant plus prononcé que le nombre d’enfants est important. Le nombre de familles avec un enfant connaît une baisse modérée (- 1,5 %) au cours de la décennie quatre-vingt-dix, tandis que le recul est
de 3,4 % pour les familles avec deux enfants, et de plus de 14 % pour les fa-milles de trois enfants et plus. Ces fa-milles nombreuses (de trois enfants et plus) ne représentent en 1999 plus que
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Les jeunes et la famille Jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, les jeunes quittaient de plus en plus tôt la cellule familiale pour vivre de manière indépendante, si ce n’est financièrement du moins socialement ; ce mouvement est dorénavant freiné. En 1999, comme en 1990, près de neuf jeunes de 16 à 20 ans sur dix, et la moitié des 21-24 ans résident toujours chez leurs parents. Chez les 25-29 ans, cette proportion a même augmenté de deux points, pour atteindre près de 20 %. Les jeunes ne quittent donc pas plus fréquemment le domicile des parents ; mais lorsqu’ils le font, ils vivent de plus en plus souvent seuls : c’est le cas de la moitié des 16-22 ans en 1999, contre un tiers en 1990. En contrepartie, ils co-habitent moins souvent avec des amis ou des parents. L’installation en couple est aussi de plus en plus tardive. Ainsi, en 1999, 60 % de 25-29 ans avaient constitué un foyer, contre 67 % en 1990. Ce retard dans la constitution de la famille est re-layé au-delà de la trentaine par des séparations plus fréquentes en 1999 qu’en 1990, de sorte que la proportion des Bas-Normands vivant en couple baisse à tout âge. A la fin des années quatre-vingt-dix, 82 % des personnes de 35 ans vivaient en couple, alors qu’elles étaient près de 87 % en 1990. Enfin, les structures collectives (foyers ou résidences universitaires) accueillent, comme en 1990, près du quart des jeunes de moins de 25 ans qui ont quit-té le domicile parental. Une fois formés, les jeunes couples accueillent égale-ment leur premier enfant de plus en plus tard. En 1999, près de 48 % des couples dont la personne de référence a moins de 30 ans avaient au moins un enfant, contre 57 % en 1990. A tous les âges, la proportion de couples avec enfants a d’ailleurs baissé sur la décennie.
22,4 % de l’ensemble des familles avec enfants de la région, contre 24,7 % neuf ans plus tôt.
Les familles nombreuses sont avant tout concentrées dans les grandes villes et leurs périphéries. En 1999, 65 % des adultes et enfants des familles nom-breuses y vivent, alors que ces espaces ne regroupent que 56 % de la popula-tion bas-normande. Les couples sans
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enfant sont en effet beaucoup plus re-présentés dans l’espace à dominante rurale, du fait d’une population globa-lement plus âgée.
Par contre, si on se limite aux seules fa-milles avec enfants, rural et urbain se rapprochent : un peu moins de22 % des familles avec enfants sont des fa-milles nombreuses dans l’urbain contre 23,5 % dans le rural. Cette part atteint même 30 % dans les cantons d ’ O r b e cd a n sl e Calvados, comme dans ceux de Juvi-g n y - l e - T e r t r ee t Saint-James dans la Manche ainsi que ceux de Vimoutiers et de Courtomer dans l’Orne, le re-cord étant détenu par le canton de Carrouges où cette proportion dépasse 35 %. Des propor-
tions élevées d’agriculteurs et d’ou-vriers, à la descendance plus nom-breuse, sont à l’origine de ces constats.
La part des familles nombreuses dans les familles avec enfants est plus forte dans les couronnes urbaines que dans les villes-centre. Ce phénomène est p a r t i c u l i è r e m e n tm a r q u éa u t o u r d’Alençon, Bayeux, Falaise et Lisieux. On peuty voir la traduction de l’éloi-gnement des centres urbains pour les familles qui s’agrandissent. Ces démé-nagements correspondent à la volonté de trouver un immobilier moins oné-reux, plus spacieux, tout en restant à proximité du centre, souvent lieu de travail et de scolarité.
77 % des couples sont bi-actifs
L’activité des personnes vivant en couple est bien souvent liée à la pré-sence et au nombre d’enfants. Si l’on se limite aux personnes de moins de 60 ans, dans plus de trois quarts des cas (76,5 %), les deux adultes d’un couple
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sont actifs (c’est-à-dire occupent ou re-cherchent un emploi). Cette proportion est maximale lorsque les parents élè-vent un seul enfant (82 %), et peu diffé-rente avec deux enfants (80 %). Dans ce dernier cas toutefois, la mère opte plus souvent pour un emploi à temps partiel. Ce n’est qu’à partir de trois en-fants que la biactivité des parents dé-cline, avec seulement 62 % de couples biactifs. Davantage de familles monoparentales On dénombre en 1999 près de 42 000 f a m i l l e sm o n o p a r e n t a l e se n Basse-Normandie (+ 18 % depuis 1990). Si l’on ne considère que les fa-milles avec enfant(s) de moins de 25 ans, on n’en dénombre plus que 31000. La monoparentalité s’accompagne souvent d’une précarité profession-nelle et monétaire plus importante que pour les couples avec enfants. D’une part, les adultes de familles monopa-rentales sont deux fois plus souvent au chômage que ceux vivant en couple
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avec enfants : 20 % contre 9 % en mars 1999. D’autre part, lorsqu’ils travail-lent, ils accèdent plus fréquemment à des postes à faible potentiel de rémuné-ration. Leur niveau de qualification professionnelle est plus bas. Près de
47 % des actifs sont employés, alors que cette proportion atteint 27 % parmi les adultes des couples avec enfants. En parallèle, ceux-ci sont plus souvent ouvriers qualifiés ou non-salariés, soit des professions dont la rémunération moyenne est supérieure à celle des em-ployés. En 2000, le salaire moyen des employés atteint en effet 1200 euros par mois en Basse-Normandie dans les secteurs privé et semi-public, tandis que les ouvriers qualifiés émargent à 1300 euros.
De plus, les adultes de familles mono-parentales travaillent plus fréquem-ment à temps partiel, ce qui réduit d’autant le niveau de leur rémunéra-tion. En 1999, ils sont 27 %, soit 9 points de plus que les actifs en couple avec enfants. Cette proportion de temps partiel atteint d’ailleurs 40 % parmi les employés, accentuant le risque de précarité monétaire.
Comme dans l’ensemble des régions de l’Ouest de la France, la part des fa-milles monoparentales dans l’en-semble des familles avec enfants (15 %) est moins élevée qu’au plan na-tional (17 %). Avec respectivement 12,7 % et 13,9 %, la Manche et l’Orne se situent largement en deçà du Calva-
Un petit lexique des familles selon le recensement Ménage: ensemble de toutes les personnes qui parta-gent un même logement ordinaire à titre de résidence principale. Elles ne sont pas nécessairement apparentées n sous-locataire ou un salarié logé fait partie du ménage). Un ménage peut être composé d’une seule personne (personne vivant seule). Un ménage peut comporter une ou deux familles, ou aucune famille. Famille: sous-ensemble du ménage qui peut avoir trois configurations : un couple, un couple avec un ou plusieurs enfants,un adulte sans conjoint avec un ou plusieurs en-fants (famille monoparentale). Les deux membres d’uncouplesont de sexe différent et âgés d’au moins 15 ans. Leur état matrimonial est quelconque. L’enfant de la famille est compté comme tel s’il est âgé de moins de 25 ans, s’il n’a pas de conjoint ou d’enfants vivant dans le ménage avec lequel il constituerait alors une fa-mille en tant qu’adulte. Ce peut être l’enfant des deux parents, de l’un ou de l’autre, en-fant adopté, enfant sous tutelle de l’un ou de l’autre parent. Lapersonne de référencede la famille est l’homme du couple ou l’adulte de la famille monoparentale. Les résultats présentés dans cette étude sont issus de l’exploitation complémentaire des recensements de la population. A l’exception de certaines zones, cette exploitation consiste à ne retenir qu’un bulletin individuel sur quatre (sondage au quart).
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dos, proche quant à lui de la moyenne nationale. C’est d’ailleurs le départe-ment du quart Nord-Ouest de la France où cette proportion est la plus élevée.
La part des familles monoparentales dans l’ensemble des familles avec en-fants est élevée dans les principaux centres urbains de la région. Elle atteint 22 % à Hérouville-Saint-Clair, 21% à Lisieux, près de 20 % à Caen et Alen-çon. Plusieurs facteurs expliquent cette polarisation. D’une part, en raison de la précarité monétaire qui peut accompa-gner cette situation, les familles mono-parentales font partie des publics prioritaires pour l’attribution des loge-
ISSN 1267-2769
ments sociaux, et ces logements sont principalement localisés dans les vil-les. Plus de 38 % des familles monopa-rentales vivent dans un HLM en 1999, soit deux fois plus que les couples avec enfants. Dans l’agglomération caen-naise, ce sont 52 % des familles mono-parentales qui sont dans ce cas, contre 35 % des couples avec enfants. Cette sur-représentation des familles mono-parentales dans les logements sociaux se retrouve quelle que soit la taille de l’agglomération, et aussi dans l’en-semble des communes rurales. Outre la présence des logements sociaux, les adultes de familles monoparentales font aussi le choix d’habiter dans le tis-su urbain afin de concilier le plus pos-sible vie professionnelle et familiale (emploi à proximité du domicile, servi-ces sociaux et réseau de transport déve-loppés…). Mis à part les pôles urbains, la monoparentalité est développée dans le nord du Pays d’Auge, ainsi que dans le Nord-Cotentin. Ces familles sont en revanche bien moins présentes dans l’espace à dominante rurale.
Dans les années soixante-dix, le veu-vage était principalement à l’origine de la formation de familles monoparenta-les. Les comportements familiaux évo-luant, il n’expliquait plus que 23 % d’entre elles en 1990, puis 12 % en 1999. En parallèle, les naissances d’en-fants hors de couples stabilisés sont à l’origine du tiers de ces familles en 1999, contre moins du quart neuf ans plus tôt. Enfin, en 1990 comme en 1999, les divorces expliquent 40 % des
familles monoparentales et les couples séparés (15 %).
Dans plus de huit familles monoparen-tales sur dix, l’adulte est une femme. Plusieurs facteurs se conjuguent. D’une part, en cas de séparation d’un couple, la garde des enfants est plutôt confiée à la mère. D’autre part, les femmes ont de fait la garde des enfants nés hors couples stabilisés. Enfin, les femmes ont un risque accru de veuvage du fait de la surmortalité masculine.
Un enfant sur huit vit dans une famille monoparentale
Dans la région, plus de la moitié des fa-milles monoparentales n’ont qu’un en-fant de moins de 25 ans, et près de 30 % deux enfants. Au-delà de trois enfants, la monoparentalité est moins fré-quente. Pour autant, 4 700 familles sont dans ce cas en 1999, soit 15 % des familles monoparentales (contre plus de 22 % parmi les couples avec en-fants).
En 1999, 13 % des enfants de moins de 25 ans vivent dans une famille mono-parentale, contre 10 % en 1990. La pro-portion augmente avec l’âge des enfants, même si elle est relativement élevée dès le plus jeune âge : de 8 % pour les moins de trois ans, elle passe à près de 12 % pour les 7-11 ans, et dé-passe 16 % chez les 17-24 ans.
L’offre de santé Les maternités en Basse-Normandie
Daniel MORALES
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEECENT POUR CENT Basse-Normandie 93, rue de GeôleDirecteur de la publication: Jean-Louis BORKOWSKI 14052 CAEN CEDEX 4Rédacteur en Chef: Yvon GOURLAOUEN Tél. : 02.31.15.11.11Fax : 02.31.15.11.01Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER Site Internet : www.insee.fr/basse-normandieComposition PAO : Colette DE BRITO Abonnements : Nadine SAUVAGE -Tél. : 02.31.15.11.02 Directeur :Jean-Louis BORKOWSKI Administration des ressources : Marie-Hélène GAYPrix de vente :le numéro : 2,2Service statistique :Jean-Louis BORKOWSKI, par interimAbonnement 2003 (12 numéros) : Service études et diffusion : Laurent DI CARLO- France : 20Attaché de presse : Yvon GOURLAOUEN - Tél. : 02.31.15.11.16- Étranger : 23
Dépôt légal : avril 2003
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