La Bible: Yigal Bin-Nun répond à Michel Onfray

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L’erreur d’Onfray, c’est ce qui arrive parfois à de bons scientifiques lorsqu’ils s’aventurent à traiter des sujets qui ne sont pas leurs domaines de recherches. Voir le déplorable cas de Shlomo Sand, qui comme Onfray a découvert des vérités depuis longtemps admises dans la communauté scientifique appropriée. Déjà dans son livre « Traité d’athéologie – Physique de la métaphysique » il avançait des propos qui prouvaient une méconnaissance de l’analyse critique de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament.
Publié le : samedi 14 juillet 2012
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La Bible: Yigal Bin-Nun répond à Soler et Onfray 12 juil 2012par webmaster ⋅ ⋅ Je ne pourrais fournir une meilleure réponse à cette question que celle du rabbin Yeshaya DAlsace. Le passionnant philosophe Michel Onfray est tout émerveillé davoir découvert lanalyse critique de la Bible.Dommage quil ne lait fait que par lintermédiaire deJeanSolerau lieu daller voir les travaux deNadav Neeman,Israël Finkelstein, Israël Knohl, (traduits en anglais),André Lemaire, Thomas Römeret bien dautres. Quant àJean Soleril connait assez bien son sujet dans ses grandes lignes, mais les détails laissent à désirer. Ses plus grands défauts sont ses interprétations du judaïsme contemporain qui nont absolument rien à voir avec la société israélite et judéenne de lépoque royale, perse ou gréco romaine. Ses déductions sont inspirées par ses malheureuses convictions idéologiques et ses efforts de
recherche à tout prix de liens directs entre les deux époques et entre deux sociétés tout à fait différentes. Soler, dans son dernier livre, nest en fait quun pamphlétaire qui commeOnfray(que japprécie comme philosophe atypique) dans son déplorable article, mélange la discipline scientifique avec ses croyances et idéologies contemporaines, ce qui constitue une prise de position contraire à la rigueur scientifique. Il est tout à fait dans son droit en tant que philosophe de prôner lathéologie, mais il nest pas dispensé davoir des rudiments sur lanalyse critique actuelle de la Bible.
Moïse avec les tables de la loi Un Rabbin qui me réjouit Mais le plus intéressant dans cette histoire nest niSolerniOnfraymais plutôtYeshaya DAlsace. Un rabbin qui métonne et me réjouit par ses connaissances en matière dexégèse contemporaine des textes bibliques. Pourvu dune grande ouverture desprit, il concilie ses connaissances scientifiques avec
ses convictions religieuses. BravoYeshaya DAlsaceque je félicite à cette occasion pour sa brillante réponse au turbulent philosophe questOnfray. Lerreur dOnfray cest ce qui arrive parfois à de bons scientifiques lorsquils saventurent à traiter des sujets qui ne sont pas leurs domaines de recherches. Voir le déplorable cas deShlomo Sand, qui commeOnfraya découvert des vérités depuis longtemps admises dans la communauté scientifique appropriée. Déjà dans son livre  Traité dathéologie – Physique de la métaphysique » il avançait des propos qui prouvaient une méconnaissance de lanalyse critique de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament. Qui ne sait aujourdhui quà lorigine le Cantique des Cantiques nest quune anthologie de chansonnettes populaires qui nont rien à voir avec une interprétation allégorique. Nimporte quel manuel dintroduction à la Bible aurait fait comprendre à Onfray que la guerre éclair deJosuéet lextermination des Cananéens nest quune œuvre de fiction qui reflète lépoque de sa rédaction sous le règne deJosiaset na rien à voir avec lorigine des Israelites qui nétaient en fait que des autochtones.Et les exemples sont nombreux. Deux mots sur Onfray, Soler et le christianisme.
La Cène (Léonard de Vinci). Les efforts de présenter la Grèce comme alternative au judéo-christianisme
véhiculent une idée sournoise. Elle ressemble trop au mouvement deMarcionqui voulait déjudaïser le christianisme ou plus exactement de le désemitiser ou le dé-israéliser. Ce courant a été rejeté par les pères de léglise tout simplement parce quils avaient compris quune religionchrétienne naissante navait de sens, de raison dexister et de se propager quen relation intrinsèque avec son origine israélite et judéenne, aussi bien du point de vue géographique ou territorial que du point de vue littéraire.
Le rouleau de la Torah, contenant les 5 premiers livres de lAncien Testament Cette littérature qui deviendra plus tard le canon biblique mais aussi une énorme quantité décrits hébraïques (probablement plus de 50 livres extra bibliques) dont une partie a été trouvée parmi les 950 rouleaux du désert de Judée Qumran, Nahal Hever, Murabaat, Massada etc.) Une branche dissidente Ainsi, la civilisation occidentale (dune grande partie du monde chrétien et musulman), ne serait pas comme on a tendance à dire une civilisation judéo chrétienne, tout simplement parce que le christianisme nest en fait quune branche du judaïsme qui ne devint dissidente que longtemps aprèsJésus.Cest
une branche messianique du Judaïsme presque au même titre que le mouvement Habad partisan de la messianité du Loubavitcher. Notre civilisation mondiale serait plutôt le fruit dune symbiose israélo-hellénistique. Quant auJésushistorique, tel quon pourrait le percevoir à travers les textes tardifs de ses disciples encore juifs et non chrétiens (dans le Nouveau Testament), il est loin davoir voulu comme le prétendentSoleretOnfray, séparer les affaires religieuses de létat. Il était loin aussi de vouloir récuser lusage de la violence. Il navait non plus aucune intention de prêcher un pacifisme, comme plus tard le prônèrent les premiers chrétiens. Bien au contraire, tout comme les prêtres duYahad desmanuscrits du désert de Juda, il prêchait le renouveau politique du Royaume dIsraël, tout comme dautres messies judéens avant lui. Pour atteindre ce but il est évident quil ne pouvait pas exclure lusage de la révolte contre loccupant romain. Ce nest que plus tard que certains courants cherchèrent à tout prix à établir une distinction radicale entreJésuset les nombreux autres messies de cette époque
eschatologique. Une analyse des écrits sectaires »du désert de Juda retraçant latmosphère politique et religieuse qui engendra la révolte contre Rome prouve bien quen ce sensJésuset ses disciples nont rien de particulier ou doriginal par rapport à leur contextesocio culturel. Ce nest que progressivement que seffectua un relatif éloignement des sources judéennes et israélites. ParYigal Bin-Nun
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