La contribution de l’Insee aux ateliers des états généraux de Guyane

Publié par

PRIX Ecarts en baisse avec la métropole a famille Martin habite mier enseignement de l’enquête :Les écarts de prix -et non de en métropole dans les écarts de prix entre les DOM et coût de la vie- se sont réduits l’agglomération lyon- la métropole se sont resserrés enL naise. Monsieur Martin sept ans. De manière sensible pourentre les Antilles-Guyane et la est ouvrier qualifié. S’il avait la les Antilles : pour la Guadeloupe,métropole de 1985 à 1992. possibilité d’aller vivre ailleurs, il l’écart hors loyers (non pris en Réduction sensible aux dépenserait environ 10 % de plus compte en 1985) s’amenuise de en résidant aux Antilles et 20 % 17,3 % à 9,5 % ; pour laAntilles ; bien moins percepti- en Guyane. Cette ponction dans Martinique de 16,2 à 8,4 %. En ble en Guyane. Les produits son budget s’entend à habitudes Guyane, les prix restent élevés de consommation inchangées. même si l‘écart se réduit aussi (dealimentaires ont le plus contri- Ces chiffres découlent de l’en- 20,9 à 18,5 %).bué à ce resserrement, tout en quête de comparaison spatiale des Deux remarques s’imposent pour gardant les différences les plus prix de juin 1992. bien interpréter ces résultats. La Réalisée par l’INSEE à la demande première est qu’il s’agit d’écartsfortes. du Ministère des DOM-TOM, elle de prix et non de différences de réactualise les dernières compa- coût de la vie. Par exemple, les raisons qui dataient de 1985.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 5
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

PRIX
Ecarts en baisse
avec la
métropole
a famille Martin habite mier enseignement de l’enquête :Les écarts de prix -et non de
en métropole dans les écarts de prix entre les DOM et
coût de la vie- se sont réduits l’agglomération lyon- la métropole se sont resserrés enL naise. Monsieur Martin sept ans. De manière sensible pourentre les Antilles-Guyane et la
est ouvrier qualifié. S’il avait la les Antilles : pour la Guadeloupe,métropole de 1985 à 1992.
possibilité d’aller vivre ailleurs, il l’écart hors loyers (non pris en
Réduction sensible aux dépenserait environ 10 % de plus compte en 1985) s’amenuise de
en résidant aux Antilles et 20 % 17,3 % à 9,5 % ; pour laAntilles ; bien moins percepti-
en Guyane. Cette ponction dans Martinique de 16,2 à 8,4 %. En
ble en Guyane. Les produits son budget s’entend à habitudes Guyane, les prix restent élevés
de consommation inchangées. même si l‘écart se réduit aussi (dealimentaires ont le plus contri-
Ces chiffres découlent de l’en- 20,9 à 18,5 %).bué à ce resserrement, tout en
quête de comparaison spatiale des Deux remarques s’imposent pour
gardant les différences les plus prix de juin 1992. bien interpréter ces résultats. La
Réalisée par l’INSEE à la demande première est qu’il s’agit d’écartsfortes.
du Ministère des DOM-TOM, elle de prix et non de différences de
réactualise les dernières compa- coût de la vie. Par exemple, les
raisons qui dataient de 1985. Pre- Antillo-Guyanais dépensent plus
Environ + 10 % pour les Antilles et + 20 % pour la Guyane avec la métropole
Ecarts de prix entre les DOM, la métropole et Paris en 1992 (y compris loyers)
125 125
Métropole = 100 Agglomération parisienne = 100
120 120
115 115
110 110
105 105
100 100
Mart. Guad. Réunion Guyane Mart. Guad. Réunion Guyane
Source : INSEE - Comparaisons de prix métropole/DOM 1992 et agglomérations de métropole 1989
N? 22 SEPTEMBRE 93 27
E ECONOMIQUE DES ANTILLES GUYANEPRIX
sienne. Ce choix garantissait une d’entretien (+ 15 à 30 %), desLes écarts se sont resserrés
diffusion plus rapide des résultats. médicaments (+ 30 à 35 %), des
depuis 1985 Ceux-ci ont été étendus à la mé- automobiles (+ 10 à 20 %), des
Rapprochement entre les résultats des enquêtes de tropole à l’aide des comparaisons appareils électro-acoustiques
1985 et 1992. Résultats par secteur. de 1989 entre agglomérations de (+ 15 à 35 %), des livres (+ 20 à
l’Hexagone. Cette extension est 25 %) ou des produits de toiletteNiveaux de prix en métropole = 100
acceptable en supposant que les (+ 50 à 60 %).
GUADELOUPE 1985 1992 écarts entre Paris et la province Le second groupe comprend les
aient peu changé entre 1989 et articles voisins mais pas exacte-Alimentation 147,2 127,9
1992. C’est très vraisemblable. La ment identiques à ceux de Paris :Habillement 99,8 96,5
région parisienne a les prix les vaisselle, articles de ménage, lingeAutres produits manufacturés 109,4 107,8
Services hors loyers 106,5 100,4 plus élevés : en 1989, elle était à de maison, bijouterie. Les situa-
Ensemble hors loyers 117,3 109,5 103 quand la moyenne de métro- tions de prix sont alors beaucoup
(1)Loyers -- 115,8 pole se situait à 100 . Il s’ensuit plus variables.
Ensemble y compris loyer 110,0 que les écarts réellement mesurés Tabac et produits pétroliers se
en 1992 placent les Antilles 5 % singularisent par des prix infé-
plus chères que l’agglomération rieurs. Moins imposées qu’enMARTINIQUE 1985 1992
parisienne et la Guyane à 16 % métropole, les cigarettes sont aux
Alimentation 133,1 123,2 au dessus. Antilles aux deux tiers du prix
Habillement 110,3 98,0 parisien. Le gaz butane est bon
Autres produits manufacturés 113,7 106,2 marché (- 20 à - 40 % par rapportProduits alimentaires
Services hors loyers 106,8 102,3 à Paris) et les carburants de 5 à
Ensemble hors loyers 116,2 108,4 en tête
10 % moins chers. L’explication
Loyers -- 108,1
Le deuxième grand enseignement est fiscale : la taxe intérieure mé-Ensemble y compris loyer 108,4
de l’enquête concerne les écarts tropolitaine est remplacée par une
très variables selon les produits. taxe spéciale fixée par arrêté pré-
GUYANE 1985 1992 En cela, elle confirme les compa- fectoral et de montant inférieur.
raisons précédentes. Les produits
Alimentation 149,2 145,5 Ecarts dans l'habil-alimentaires arrivent en tête, en-Habillement 112,4 112,7
viron 20 % plus chers aux AntillesAutres produits manufacturés 111,9 113,3 lement modérés
et près de 40 % en Guyane. PrixServices hors loyers 110,0 104,5
majorés des frais de transports Pour l’habillement et les servicesEnsemble hors loyers 120,9 118,5
Loyers -- 144,4 pour les importations vu la fai- la situation est tout autre. Les ar-
Ensemble y compris loyer 120,5 blesse de la production locale, ticles d’habillement et les chaus-
prix locaux ajustés aux prix des sures sont dans l’ensemble
Source : INSEE - Comparaisons de prix métropole/DOM 1985 et 1992 et
agglomérations de métropole 1989. produits importés, pression moins meilleur marché aux Antilles (- 6
forte de la grande distribution. à - 7 % par rapport à la région
en téléphone en raison des dis- Voilà sans doute quelques rai- parisienne) alors qu’en Guyane
tances vers la métropole où beau- sons de la cherté de l’alimenta- les prix sont plus élevés (+ 9 %).
coup ont de la famille. L’écart tion. Seules exceptions : des pro- Ces produits importés provien-
observé ne porte, lui, que sur les ductions locales comme le rhum, nent souvent du Sud-est asiatique
prix. De la même manière, la certains légumes (laitue, auber- et de manière plus générale de
baisse relative du prix du billet gine) ou fruits (banane, ananas) et pays à bas coûts de production.
d’avion vers Paris ces dernières dans une moindre mesure le pain. Les écarts dans l’habillement sont
années a pu entraîner (pour cer- En deuxième position dans ainsi modérés. Il y est en revanche
taines catégories sociales) un l’échelle des écarts, se placent les difficile de comparer des produits
nombre de voyages plus impor- produits manufacturés. Ils se identiques. La confrontation d’ar-
tant. scindent en deux groupes. Le ticles équivalents n’intègre pas
La seconde remarque a trait au premier rassemble les articles d’éventuelles différences de qua-
calcul de comparaison. Par cons- identiques entre DOM et métro- lité.
truction, l’enquête de 1992 com- pole. Les différences de prix y Les services ont un niveau global
(1) Voir INSEE Pre- pare un échantillon de biens et sont accusées. C’est le cas des de prix voisin de celui de l’ag-
mière n? 69 - Mai services vendus dans les DOM gros appareils ménagers (+ 15 % glomération parisienne. Cette1990. “Les prix
dans 23 agglomé- avec l’échantillon correspondant à 25 % toujours par rapport à la moyenne est tirée vers le bas par
rations en 1989”. vendu dans l’agglomération pari- région parisienne), des produits un coût de la main-d’oeuvre infé-
28 N? 22 SEPTEMBRE 93
E ECONOMIQUE DES ANTILLES GUYANEPRIX
rieur : le SMIC antillo-guyanais se Ecarts de prix : d'abord l'alimentation
situe à un peu moins de 11 % au
Niveaux de prix comparés entre les Antilles-Guyane et l'agglomération parisienne (indice100)dessous de son homologue mé-
en 1992tropolitain. Ceci contribue à
maintenir certains services bon
marché : par exemple, la répara- Fonction de consommation Guadeloupe Martinique Guyane Paris
tion automobile (- 30 % environ)
Produits alimentaires, boissons, tabacs 122,3 117,7 138,0 100,0ou les travaux de réparation du
Articles d'habillement, chaussures 92,7 94,0 108,9logement (- 15 à - 30 %). A l’op-
Logement, chauffage, éclairage 88,9 84,9 105,0 100,0posé, certains services coûtent
Articles de ménage, entretien de la maison 107,6 104,0 108,5
davantage : les médecins (10 à
Services médicaux et dépenses de santé 117,8 116,5 114,7 100,0
20 F de plus pour la consultation Transports et télécommunications 92,8 91,5 100,1
d’un généraliste), les travaux Loisirs, spectacles, enseignement, culture 121,9 118,1 128,9 100,0
photo ou les consommations au Autres biens et services 105,0 112,2 112,8
café.
Ensemble 106,3 104,9 116,3 100,0
La Guyane à la traîne Source : INSEE - Comparaison de prix métropole/ DOM 1992.
Pour les dépenses de logement,
l’eau est moins chère aux Antilles- La méthode employée : rapidité et originalité
Guyane (- 10 % le m3). Il en va de La programmation des travaux à l’INSEE ainsi que les délais demandés pour
même de l’électricité (- 15 à - bénéficier des résultats ne permettaient pas d’envisager une opération aussi
20 %) à cause d’un taux de TVA lourde qu’en 1985. Il a donc fallu rapidement mettre en place une méthodologie
inférieur. originale. Celle-ci a consisté à effectuer une vague unique de relevés, réalisés
Malgré les quelques difficultés le même mois dans chacun des DOM et dans l’agglomération parisienne dans
rencontrées et les ajustements le cadre de l’indice temporel métropolitain.
techniques, l’enquête de compa- Comme en 1985, la panier de consommation de référence est celui d’un ménage
raison de prix de 1992 confirme métropolitain dont le chef est ouvrier ou employé. Les pondérations utilisées
la réduction des écarts de prix pour les postes budgétaires ainsi que les familles de produits sont celles de
entre les DOM et la métropole. l’indice mensuel des prix à la consommation en métropole. L’étude pourra être
Seule la Guyane reste un peu à la complétée en prenant pour panier de référence celui de chaque DOM (dans ce
traîne. L’ordre de classement en- cas, en 1985, les écarts étaient moindres - Voir Antiane-Eco n ? 4 - “Comparons
tre les DOM (de la Guyane la plus les prix”). Les résultats présentés expriment ce qu’un ménage métropolitain,
chère, à la Martinique) reste in- venant de métropole, aurait comme dépense supplémentaire s’il maintenait sa
changé par rapport à 1985. Cet consommation constante en structure et en volume. Le concept de consomma-
ordre se retrouve pour presque tion retenu est celui de la comptabilité nationale et de l’indice des prix à la
tous les principaux postes de dé- consommation. Il n’intègre pas les impôts.
penses. Chacun des groupes de biens et services a été représenté par diverses familles
Les produits alimentaires gardent de biens et services ou variétés. Pour celles-ci, il fallait que la comparaison entre
les écarts les plus marqués. C’est un prix moyen dans chaque DOM et dans l’agglomération parisienne ait un
pourtant là que les différences se sens. Seules contraintes : les variétés retenues devaient être choisies parmi les
sont le plus amenuisées. La con- biens et services faisant l’objet d’un relevé et d’une publication d’un prix moyen
currence amenée par la grande dans l’indice des prix. La comparaison à l’identique a parfois été difficile. Mais
distribution a produit ses effets. cette imprécision ne concerne que 10 % des variétés. Au total, la comparaison
L’explication est plausible. Car, spatiale des prix a porté sur 292 variétés. Celles-ci résument 54 % du budget
au contraire des Antilles, la consacré à la consommation par les ménages métropolitains. Ce taux de
Guyane est restée de 1985 à couverture est variable selon les fonctions de consommation : de 25 % pour les
1992 en dehors du mouvement meubles, articles de ménage et d’entretien de la maison, il passe à 84 % pour
d’implantation des grandes sur- le logement, le chauffage et l’électricité.
faces. Pour la plupart des variétés, une vingtaine de relevés ont été réalisés. Ils
devaient se pratiquer dans les points de vente représentatifs de la structure des
commerces existant dans l’agglomération parisienne. Un peu plus de 4 000Jacques CAZENAVE
relevés ont été effectués en juin 1992 dans chaque DOM, dans environ 500D’après “Comparaison des prix entre les DOM
et la métropole”. INSEE Première n? 251. points de vente.
F. Guglielmetti et A. Saglio.
N? 22 SEPTEMBRE 93 29
E ECONOMIQUE DES ANTILLES GUYANE

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.