La population lorraine en 2030 : menaces sur lEst mosellan et les franges ouest de la région

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En 2030, la Lorraine compterait 2 390 000 habitants. Au manque d’attractivité de la région s’ajoute un vieillissement de la population qui paraît inéluctable. Les zones d’emploi de Nancy et de Metz continueraient d’attirer des populations jeunes, tout comme celles de Commercy et de Verdun, attractives et fécondes, ou celles de Thionville et surtout de Longwy, en plein renouveau, portées par le Luxembourg. Des menaces se feraient sentir sur les zones d’emploi de Neufchâteau, de Remiremont et de Sarreguemines, où la baisse de population se doublerait d’un vieillissement prononcé. Celles de Bar-le-Duc et de Forbach resteraient incapables d’enrayer un déclin démographique débuté il y a plus de vingt ans. D’autres scénarios sont possibles quant à la fécondité des Lorraines, ou l’amplification du travail frontalier. Mais une inconnue demeure sur l’évolution du nombre d’étudiants, et aucun scénario ne remet en cause la forte augmentation à venir du nombre de personnes de 60 ans et plus. Enfin, seul un véritable sursaut de l’emploi pourrait contredire les sombres perspectives pesant sur l’Est mosellan et les franges ouest de la région. Sommaire Une population régionale qui n’augmente quasiment pas Nancy et Metz : croissance maintenue Commercy et Verdun : rebond en vue Thionville et Longwy : renouveau confirmé Épinal : croissance atone Lunéville : stabilité reconduite Saint-Dié-des-Vosges et Sarrebourg : rattrapées par le déficit naturel Neufchâteau et Remiremont : poursuite de la baisse et vieillissement prononcé Sarreguemines : sérieux coup de vieux Bar-le-Duc et Forbach : le déclin se poursuit D’autres scénarios sont possibles La fécondité des Lorraines rattraperait celle des Françaises L’espérance de vie ne progresserait plus L’attractivité de la région : élément-clé Plus ou moins d’étudiants à Nancy et à Metz Amplification du travail frontalier au Luxembourg Nouvelles activités près de Bar-le-Duc et de Neufchâteau Des liens de fonctionnement et de solidarité à renforcer Encadré : Description des scénarios Une population régionale qui n’augmente quasiment pas Nancy et Metz : croissance maintenue Commercy et Verdun : rebond en vue Thionville et Longwy : renouveau confirmé Épinal : croissance atone Lunéville : stabilité reconduite Saint-Dié-des-Vosges et Sarrebourg : rattrapées par le déficit naturel Neufchâteau et Remiremont : poursuite de la baisse et vieillissement prononcé Sarreguemines : sérieux coup de vieux Bar-le-Duc et Forbach : le déclin se poursuit D’autres scénarios sont possibles La fécondité des Lorraines rattraperait celle des Françaises L’espérance de vie ne progresserait plus L’attractivité de la région : élément-clé Plus ou moins d’étudiants à Nancy et à Metz Amplification du travail frontalier au Luxembourg Nouvelles activités près de Bar-le-Duc et de Neufchâteau Des liens de fonctionnement et de solidarité à renforcer Encadré : Description des scénarios
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
La population lorraine en 2030 :275N
En 2030, la Lorraine compterait 2 390 000 habitants. Au manque d’attractivité
Pierre-Yves BERRARD
de la région s’ajoute un vieillissement de la population qui paraît inéluctable.
Philippe DEBARD
Les zones d’emploi de Nancy et de Metz continueraient d’attirer des populations
jeunes, tout comme celles de Commercy et de Verdun, attractives et fécondes,
ou celles de Thionville et surtout de Longwy, en plein renouveau, portées par
le Luxembourg.
Des menaces se feraient sentir sur les zones d’emploi de Neufchâteau,
de Remiremont et de Sarreguemines, où la baisse de population se doublerait
d’un vieillissement prononcé. Celles de Bar-le-Duc et de Forbach resteraient
incapables d’enrayer un déclin démographique débuté il y a plus de vingt ans.
D’autres scénarios sont possibles quant à la fécondité des Lorraines, ou l’amplifi-
cation du travail frontalier. Mais une inconnue demeure sur l’évolution du nombre
d’étudiants, et aucun scénario ne remet en cause la forte augmentation à venir
du nombre de personnes de 60 ans et plus. Enfin, seul un véritable sursaut
de l’emploi pourrait contredire les sombres perspectives pesant sur l’Est mosellan
et les franges ouest de la région.
Alors que la Lorraine, au diapason du Une population régionale
reste de la France, traverse une période écono- qui n’augmente quasiment pas
mique difficile, la question de son avenir démo-
Si les tendances démographiques des annéesgraphique à moyen terme revêt une acuité
récentes se maintenaient, la Lorraine compte-particulière. Pour éclairer l’avenir, l’Insee dis-
rait 2 390 400 habitants en 2030. Ainsi, en unepose d’un outil de projection de population, ca-
vingtaine d’années, la région ne gagnerait quepable de décliner différents scénarios en
44 000 habitants (+2%).fonction d’hypothèses choisies, en matière de
fécondité, mortalité et comportements migra- Cette situation, assimilable à une quasi-stagna-
toires. tion, contrasterait avec l’augmentation de popu-
lation attendue dans deux régions voisines :Au scénario central (voir encadré méthodologique)
l’Alsace (+8%) et la Franche-Comté (+7%). Ellequi s’appuie sur un prolongement des tendan-
s’inscrirait nettement en deçà de la moyenne deces récentes, il est possible d’apporter des va-
la France métropolitaine (+10%), où prédomine-riantes s’appuyant sur des hypothèses plus ou
rait toujours la polarisation vers les régions dumoins optimistes, qui offrent une fourchette d’é-
sud et de l’ouest. Au final, la Lorraine se classe-volution. Ensemble, ces scénarios permettent
rait avant-dernière des régions françaises quantde dresser un portrait de ce que pourraient être
à l’évolution de la population à horizon 2030, oùla Lorraine et chacune de ses zones d’emploi
seule la Champagne-Ardenne (-1%) connaîtraiten 2030.
Vune évolution plus défavorable. Tou- Elle continuerait d’être alimentée forte attractivité du pôle universitaire
tefois, l’avenir démographique de la par des arrivées de jeunes venant lorrain, notamment dans la zone
Lorraine n’est pas homogène sur poursuivre des études supérieures d’emploi de Nancy, serait quelque
tout le territoire, car d’importantes ou trouver un premier emploi. Mais peu réduit mécaniquement du fait
disparités se prolongeraient ou le solde migratoire extrêmement po- d’une baisse du nombre de jeunes
émergeraient. sitif pour les 18-22 ans, traduisant la dans le reste de la région.
Nancy et Metz :
Nord-est : croissance des métropoles régionales
croissance maintenue
Évolution de la population selon le scénario tendanciel par zone d'emploi
Les zones d’emploi de Nancy et de
entre 2008 et 2030
Metz maintiendraient leur crois- 15 et plusMézières
Évolution de la population-17000 de 10 à 15sance actuelle, au moins jusqu’en entre 2008 et 2030 (%)
de5à10
Grand-Est : +4%2020, pour compter respectivement de0à5
Longwy de-5à0Thionvilleprès de 18 000 et 20 000 habitants
Reims de-10à-5
supplémentaires (soit +3% et +4%)en -10 et plus
Verdun
2030. Surtout, elles capteraient, à
Metz Sarreguemines
+20+20+20+20+20+20000000000000000000elles deux, plus de la moitié des +20+20+20000000000
WissembourgForbachChâlons-gains de population de la région. -15000en-Champagne Haguenau
SaverneElles illustrent une situation prédo-
Bar-minante dans le nord-est de la Commercy Sarrebourgle-DucVitry-le-François - Nancy
Saint-Dizier StrasbourgFrance, où les principales bénéfi- +18000
-13000 Molsheim - +49000 Lunéville
Obernaiciaires des hausses de population
sont les zones d’emploi déjà les
Saint-Dié-Troyes Sélestatplus peuplées, à caractère urbain et des-Vosges
+19+19+19+19+19+19000000000000000000+19+19+19000000000
périurbain, et portées par une mé-
ColmarNeufchâteau Épinal
tropole régionale.
RemiremontChaumont -
LangresLa croissance de la population des
-7500
Mulhousedeux zones reposerait toujours sur
Châtillon Vesoull’installation de jeunes couples avec
Belfort - Saint-Louisenfants dans le périurbain et sur un Montbéliard -
Héricourt
Graysolde naturel positif, mais qui irait
Montbard
Avallonen s’amenuisant et serait divisé par
Dijon
Besançon+34000deux dans la zone d’emploi de Nan-
+45000 Morteau
cy et par trois dans celle de Metz.
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 2030
Les zones d’emploi de Sarreguemines, Remiremont, Neufchâteau et surtout Bar-le-Duc et Forbach
devraient perdre des habitants
Population en 2008 Population en 2030 Évolution 2008-2030
Zone d’emploi Nombre dont 60 ans Âge moyen Nombre dont 60 ans Âge moyen Nombre
En %
d’habitants et plus (%) (années) d’habitants et plus (%) (années) d’habitants
Longwy 109 000 22,8 40,2 113 600 27,7 42,4 4 600 4
Lunéville 33 100 22,4 39,4 33 200 29,1 42,2 100 0
Nancy 514 200 20,0 38,3 532 000 27,1 41,2 17 800 3
Bar-le-Duc 61 600 22,9 41,1 58 200 35,8 46,0 -3 400 -6
Commercy 45 000 22,6 39,9 48 200 31,5 43,5 3 200 7
Verdun 63 700 23,5 40,3 67 600 31,4 43,5 3 900 6
Metz 506 300 20,3 38,9 526 000 28,6 42,5 19 700 4
Forbach 221 700 21,8 40,3 206 600 34,9 45,6 -15 100 -7
Sarrebourg 73 700 22,9 40,2 77 300 32,8 44,5 3 600 5
Sarreguemines 112 700 21,8 40,5 111 200 35,3 46,3 -1 500 -1
Thionville 216 000 21,3 39,4 226 000 28,3 42,8 10 000 5
Épinal 163 000 22,8 40,1 166 300 31,8 43,8 3 300 2
Remiremont 85 500 25,7 42,0 82 300 38,3 47,4 -3 200 -4
Saint-Dié-des-Vosges 88 600 24,1 40,9 91 500 34,5 44,9 2 900 3
Neufchâteau 52 300 26,2 42,3 50 400 37,6 46,7 -1 900 -4
Lorraine 2 346 400 21,6 39,6 2 390 400 30,5 43,3 44 000 2
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 2030
2
IGN - Insee 2012L’explication première de ce renou- surerauvudel’âge moyendesaCommercy et Verdun :
veau confirmé tient dans leur situa- population : 40 ans et 2 mois enrebond en vue
tion géographique extrêmement 2008 (huitième rang régional), 42 ans
Les nouvelles projections de popu- favorable, aux portes du Luxem- et 4 mois en 2030 (troisième rang ré-
lation apportent un certain opti- bourg en pleine croissance. Ainsi, gional). Sur la même période, l’âge
misme aux zones d’emploi de en 2008, le Grand-Duché a fourni moyen de la population lorraine pas-
Commercy et de Verdun qui se- 46 000 emplois aux actifs des deux serait de 39 ans et 7 mois à 43 ans
raient amenées à gagner 3 200 et zones, soit un tiers ou plus de leurs et 6 mois.
3 900 habitants d’ici 2030, soit les actifs résidents.
plus forts taux de croissance de la Épinal : croissance atoneÀ moins d’un retournement de la si-région (+7% à +6%). Les deux zones
La zone d’emploi d’Épinal, égalementtuation économique du Luxem-participeraient pleinement au renou-
située dans le sillon lorrain, maisbourg, événement qui reste toujoursveau de la Meuse, dont la popula-
dans sa partie sud, est très éloignéepossible, comme l’a montré la crisetion ne baisse plus depuis quelques
de la dynamique luxembourgeoise.de 2009, la croissance démogra-années. Cette évolution rompt tota-
Sa population n’augmenterait auphique semble en voie de pérenni-lement avec les décennies précé-
mieux que de 3 300 habitants ensation pour ces zones du Norddentes, marquées par une érosion
2030 (soit +2%), sous l’effet d’une ré-lorrain. D’autant que les efforts decontinue.
duction à néant du solde naturel,diversification de l’économie luxem-
Ce retournement démographique combinée à un solde migratoire quibourgeoise semblent dessiner une
découle en partie d’une attraction tarde à prendre le relais.poursuite du développement du
nouvelle exercée sur les habitants pays.
des départements voisins. De fait, Lunéville : stabilité
Donnée comme moribonde il y al’évolution future de la population reconduite
vingt ans, la zone d’emploi de Long-des zones de Commercy et de Ver-
Avec 33 000 habitants potentiels enwy se redresserait donc de façondun serait portée par un solde mi-
2030, la zone d’emploi de Lunévillespectaculaire. Son solde naturelgratoire positif (plus d’arrivées que de
s’inscrit dans une stabilité bienpasserait certes par une période de
départs). Cette hypothèse pourrait se
ancrée, puisqu’elle compte déjà cedéficit aux alentours de 2020, maisprolonger jusqu’en 2030, à condition
niveau de population en 2008, et àqui serait limitée à une durée deque les aménités résidentielles de
chaque recensement antérieurcinq ans. Dès 2025, la zone retrou-ces territoires continuent, comme
depuis 1968.verait un excédent des naissancesdans les années récentes, de sé-
sur les décès qui irait croissant jus- La zone semble avoir trouvé unduire les populations des secteurs
qu’en 2030. La zone d’emploi de équilibre entre une fécondité élevéede Nancy-Toul et de Metz-Thion-
Longwy deviendrait, après celles de (ICF de 2,18 en 2008) et un léger défi-ville-Briey. Elle devrait toutefois se
Nancy et de Lunéville et juste de- cit migratoire. En effet, bien quelimiter à la façade est du départe-
vant celle de Metz, la zone d’emploi proche de Nancy, elle ne fait pasment.
de Lorraine comptant la population partie pour l’instant des secteurs
Les zones d’emploi de Commercy et la plus jeune, ce qui constitue une géographiques qui profitent le plus
de Verdun affichent également un vraie performance face à des zones de l’attractivité résidentielle sur les
solde naturel positif, porté par une à fort potentiel universitaire. Son re- actifs qui travaillent dans l’agglomé-
fécondité élevée. En 2008, l’indica- dressement peut également se me- ration nancéienne.
teur conjoncturel de fécondité (ICF)
est de 2,03 dans la zone d’emploi
Longwy se repositionne parmi les zones d'emploi les plus jeunesde Verdun et de 2,26 dans celle de
Commercy, ce qui constitue pour ce Classement des zones d'emploi lorraines selon l'âge moyen de leur population de 2008 à 2030
Zone (Âge moyen en 2030)Rangdernier le taux le plus élevé de toute
Nancy (41,2 ans)1la région. Dans ces deux zones, at-
Lunéville (42,2 ans)2
tractives et fécondes, le nombre de
Longwy (42,4 ans)3
naissances ne devrait fléchir que lé-
4 Metz (42,5 ans)
gèrement.
Thionville (42,8 ans)5
Verdun (43,5 ans)6
Thionville et Longwy : 7 Commercy (43,5 ans)
Épinal (43,8 ans)8renouveau confirmé
9 Sarrebourg (44,5 ans)
Rien ne semble pouvoir arrêter le
Saint-Dié-des-Vosges (44,9 ans)10 démographique observé
Forbach (46 ans)11
dans la zone d’emploi de Thionville Bar-le-Duc (45,6 ans)12
depuis l’orée des années 1990, et Sarreguemines (46,7 ans)13
Neufchâteau (46,3 ans)dans celle de Longwy depuis le dé- 14
Remiremont (47,4 ans)15but des années 2000. D’ici à 2030,
2008 2012 2016 2020 2024 2028
la population pourrait y augmenter Guide de lecture : Le classement des zones d’emploi est établi à partir de l’âge moyen de leur population calculé chaque année
de 2008 à 2030. Le rang 1 correspond à la zone d’emploi où l’âge moyen est le plus bas. En 2008, la zone de Longwy se classerespectivement de 10 000 et de ème ème
au 8 rang des zones d’emploi de Lorraine selon l’âge moyen de sa population. En 2030, elle figurerait au 3 rang.
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 20304 600 habitants (soit +5% et +4%).
3Toutefois, cette situation ne doit pas plus nombreuses qu’ailleurs (23% à l’espérance de vie. De fait, dans
faire oublier que le nombre de fem- 24%, contre 22% en Lorraine), et au les zones d’emploi de Neufchâteau
mes âgées de 20 à 40 ans, celles fait que les nouveaux arrivants sont et de Remiremont, l’âge moyen,
qui mettent au monde la plupart des surtout des personnes de 50 à 65 égal ou supérieur à 42 ans en
enfants, serait ramené de 4 300 en ans. À terme en 2030, dans cha- 2008, atteindra 47 ans ou un peu
2008 à 3 900 en 2030. Le nombre cune des deux zones, une personne plus en 2030. Dans ces deux zo-
annuel de naissances passerait ain- sur trois aurait au moins 60 ans, et nes, les effets du vieillissement se-
si de 450 à 390 et l’excédent naturel une sur dix aurait 80 ans ou plus. ront les plus prononcés de toute la
diminuerait d’un tiers, alors que le Cette situation est préoccupante région. Alors que les personnes de
nombre de décès augmenterait très dans la zone d’emploi de Saint-Dié- 60 ans et plus représentent déjà
peu. des-Vosges, où les 1 700 places ac- 26% des habitants en 2008 (contre
tuelles en structures d’accueil * s’a- 22% en Lorraine), situation due en
vèreront vite insuffisantes. partie à la présence de 2 800 pla-Saint-Dié-des-Vosges
ces en structures d’accueil, leuret Sarrebourg :
part bondirait à 38% en 2030Neufchâteaurattrapées par le déficit
(contre 31% en Lorraine). À cetteet Remiremont :naturel
date, les personnes de 80 ans et
poursuite de la baisseLes zones d’emploi voisines de plus représenteraient un habitant
et vieillissementSaint-Dié-des-Vosges et de Sarre- sur dix.
bourg devraient avoir en commun prononcé
une légère hausse de leur popula- Sarreguemines : sérieuxLes zones d’emploi de Neufchâ-
tion d’ici 2030. Elles gagneraient
teau et de Remiremont, marquées coup de vieux
respectivement 2 900 habitants
depuis le milieu des années 1970 La zone d’emploi de Sarreguemi-(soit +3%) et 3 600 habitants (soit
par une lente mais régulière éro- nes, préservée jusque-là d’une
+5%), grâce à un solde migratoire
sion de leur population, et en baisse de sa population, devrait tou-qui resterait positif, alimenté pour
moyenne ces cinq dernières an- tefois voir celle-ci diminuer dans unun tiers dans la zone de Sarre-
nées pour la première par plus de avenir proche. L’année 2015 seraitbourg par l’installation de voisins
décès que de naissances, conti- celle du basculement, entraîné paralsaciens.
nueraient à voir celle-ci décliner : un nombre de décès qui pour la pre-
Elles devraient toutefois partager -4% à horizon 2030. Cette baisse mière fois deviendrait supérieur à
également, à court terme, une dété- se doublerait, comme ailleurs en celui des naissances, sonnant le
rioration de leur solde naturel qui Lorraine ou en France, d’un vieillis- glas de l’excédent naturel. Cette si-
deviendrait négatif, dès 2015 pour la sement de la population sous l’ef- tuation se limiterait à une perte de
zone d’emploi de Saint-Dié-des- fet de l’arrivée à l’âge de la retraite 1 500 habitants en 2030, soit à
Vosges, et dès 2020 pour celle de des générations nées après la se- peine plus de 1%, mais elle ne peut
Sarrebourg. L’origine de ce phéno- conde guerre mondiale. À partir de occulter une transformation rapide
mène tient au vieillissement des 2025, ces générations entreraient de la pyramide des âges : rétrécis-
personnes de 60 ans et plus qui, en progressivement dans le grand sement encore accru de la base, où
2008, sont déjà proportionnellement âge, grâce à une amélioration de les moins de 20 ans ne représente-
raient plus que 19% de la population
et seraient presque moitié moinsPapy-boom dans la zone d'emploi de Sarreguemines
nombreux que les 60 ans et plus ;
Population par sexe et âge détaillé dans la zone d'emploi de en 2008 et 2030 élargissement du sommet, où les
personnes âgées de 60 ans et plusâge
verraient leurs effectifs passer de100
Femmes (2008) 25 000 en 2008 à 39 000 en 2030,
Hommes (2008) 90
Femmes (2030) soit 35% de la population (contre (2030)
80 22% en 2008).
Des quinze zones d’emploi lorrai-70
nes, celle de Sarreguemines subirait
60
le plus fort coup de vieux avec une
50 pyramide des âges qui en 2030
prendrait véritablement la forme
40
d’une toupie. Mais cette situation ne
30 serait que les prémices d’un vieillis-
sement encore plus fort lors de la
20
décennie suivante.
10
0
1 000 800 600 400 200 200 400 600 800 1 000
* maisons de retraite, foyers logement et
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 2030
unités de soins longue durée
4Aucune zone d’emploi n’échappera celle de Nancy, qui resterait la plusBar-le-Duc et Forbach :
au phénomène du vieillissement. jeune, passerait de près de 4 ans àle déclin se poursuit
D’ici à 2030, la Lorraine comptera plus de 6 ans.
À horizon 2030, la zone d’emploi 222 000 personnes âgées d’au
de Bar-le-Duc pourrait perdre en- moins 60 ans supplémentaires. De D’autres scénarios
core 3 400 habitants (-6% par rap- même, le nombre de personnes de sont possibles
port à 2008) et celle de Forbach 80 ans et plus devrait fortement
Les évolutions futures de la popula-15 100 habitants (-7%). Ces bais- augmenter, passant de 107 000 en
tion lorraine présentées jusqu’ici,ses de population ne sont pas nou- 2008 à 172 000 en 2030. On assis-
tant en nombre qu’en structure, res-velles, puisque dans chacune des tera à une augmentation du nombre
tent toutefois incertaines. Les pro-deux zones, elles remontent au dé- de décès à un moment où les nais-
jections démographiques sontbut des années 1980. sances pourraient diminuer du fait
sensibles aux hypothèses retenues
Mais au déficit migratoire chro- d’un moins grand nombre de
en matière de fécondité, mortalité et
nique devrait s’adjoindre, vers femmes en âge de procréer.
migrations. Parmi les facteurs
2015, un déficit naturel qui s’ac- Le vieillissement général de la po- jouant sur ces paramètres, le désir
croîtrait encore avec le vieillisse- pulation lorraine ne modifiera d’enfant, les progrès de la méde-
ment de la population. De fait, les guère le classement entre zones cine, ou encore l’attractivité écono-
personnes de 60 ans et plus repré- jeunes et zones âgées. Au con- mique de la région et plus encore
senteraient 35% de la population traire, il le renforcera, au détriment des territoires qui la composent,
en 2030. Le processus engagé de des zones d’emploi déjà les plus sont difficilement prévisibles. Par
déprime démographique, tant pour âgées. L’écart d’âge moyen entre ailleurs, les politiques économiques
la zone d’emploi de Bar-le-Duc que la zone d’emploi de Remiremont et et sociales, notamment celles qui
pour celle de Forbach, semble
donc particulièrement difficile à en-
Bar-le-Duc et Forbach cumulent déficits naturel et migratoire
rayer.
Taux annuels de variation de la population des zones d'emploi lorraines de 2008 à 2030
Pour Bar-le-Duc, les espoirs de con-
0,4 Variation annuelle de population (%) due au solde migratoiretredire ce scénario sont réduits. En
due au solde natureleffet, la zone ne peut compter que 0,3
variation totale
sur ses forces vives, car elle est
0,2
trop éloignée du sillon lorrain pour
0,1
profiter de ses effets d’entraîne-
0,0ment. De plus, elle jouxte la zone
-0,1d’emploi de Vitry-le-François -
Saint-Dizier, qui subit depuis vingt -0,2
ans un des plus forts déclins démo-
-0,3
graphiques du Nord-Est et de
-0,4France métropolitaine. La situation
de cette zone devrait empirer,
puisque les projections prévoient
pour 2030 le deuxième plus fort taux
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 2030national de décroissance (-11%, cor-
respondant à une perte envisagée de
Vieillissement plus prononcé dans les zones d'emploi déjà les plus âgées13 000 habitants).
Âges moyens en 2008 et 2030Pour Forbach, l’avenir pourrait se
48 Âge moyen en 2030 (années)jouer au sein d’un bassin de popula-
Remiremonttion élargi d’un million d’habitants,
47
centré sur la Sarre et l’aggloméra-
Neufchâteau
Sarreguemines
tion de Sarrebruck toutes proches, 46 Bar-le-Duc
Forbachmême s’il n’est pas parmi les plus
45 Saint-Dié-des-Vosgesdynamiques d’Allemagne. Cela né-
Sarrebourg
cessiterait notamment une reprise 44
ÉpinalCommercydu travail frontalier qui occupe en- Verdun
43core près de 10 000 personnes en Thionville
Metz
Longwy2008, mais régresse depuis dix ans, Lunéville
42
sur fond d’une pratique de la langue
Nancy
41allemande également en recul.
Âge moyen en 2008 (années)
Il existe cependant des leviers de 40
38 39 39 40 40 41 41 42 42 43développement dans les domaines
de la mobilité, de la formation en Guide de lecture : En 2008, l'âge moyen dans la zone de Neufchâteau est de 42,3 ans. D'ici 2030, il passerait à 46,7 ans.
langues, du développement de clus-
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projection 2030ters industriels transfrontaliers, etc.
5
Commercy
Verdun
Sarrebourg
Saint-Dié-des-
Vosges
Longwy
Thionville
Metz
Nancy
Lunéville
Épinal
Sarreguemines
Remiremont
Neufchâteau
Bar-le-Duc
Forbachconcernent les prestations familiales Malgré une réduction de l’écart, les des Lorraines restait dans le même
ou la garde d’enfant, peuvent égale- naissances resteraient alors supé- temps toujours inférieure de 0,2
ment modifier les comportements rieures aux décès sur l’ensemble de point, alors le solde naturel serait
futurs. L’examen d’autres scénarios la période 2008-2030, et le bascule- négatif dès l’année 2027, et en 2030
peut donc être logiquement ment vers un solde naturel négatif la population régionale serait infé-
envisagé. serait repoussé de 2030 à 2037. rieure de 10 000 personnes à celle
projetée par le scénario central.Un tel niveau de fécondité est déjà
La fécondité observé dans six des quinze zones
des Lorraines rattraperait L’espérance de vied’emploi lorraines, ce qui a priori
rend cette hypothèse crédible. Mais,celle des Françaises ne progresserait plus
comme dans la zone de CommercyLe scénario de «fécondité haute» En 2008, l’espérance de vie à laoù l’ICF est de 2,3, cette situation(voir encadré méthodologique) fait l’hy- naissance est de 76 ans et 8 moisconcerne surtout des zones ruralespothèse que l’ICF lorrain (1,8 enfant pour les Lorrains, et de 83 ans et 2peu peuplées. Pour atteindre ce ni-
en moyenne par femme en 2008)ten- mois pour les Lorraines. Elle estveau, il faudrait donc que l’ICF pro-drait en 2015 vers le niveau national respectivement inférieure de 11gresse surtout dans des zones plusactuel (environ 2 enfants par femme) mois à celle de l’ensemble desurbaines, telle la zone d’emploi dedans les zones d’emploi lorraines, Français, et de 13 mois à celle desNancy où il n’est actuellement quepuis s’y maintiendrait. Cette hypo- Françaises, ce qui peut laisser en-de 1,7.thèse apporterait une augmentation trevoir un rattrapage possible dans
de 1 500 à 2 000 naissances par an, L’hypothèse inverse d’une fécondité les prochaines années.
et en 2030, la population régionale des Françaises ramenée à 1,8 en-
Toutefois, si chaque année depuisserait supérieure de 30 000 person- fant en 2015, comme c’était le cas
trente ans, l’espérance de vie aug-nes à celle projetée par le scénario au cours des années 1990, ne peut
mente de trois mois, les progrès so-central. être ignorée. Dans ce cas, si celle
ciaux, sanitaires et ceux de la
médecine ne sont peut-être pas infi-
Le déficit naturel pourrait être retardé nis. D’autant que deux éléments,
entre autres, risquent à terme de li-Nombre de naissances et de décès par an en Lorraine
miter ces gains : le tabagisme et l’o-
Naissances
bésité. Le décalage de vingt à trenteNombre
Décès
34 000 ans entre la consommation de tabacNaissances projetées [fécondité haute]
Naissances projetées [scénario central] et ses effets maximaux sur la morta-32 000 [fécondité basse] lité pourrait ainsi dans les prochai-
30 000 Décès projetés
nes années se faire sentir chez les
28 000 Lorrains comme chez les Français.
26 000 L’augmentation du surpoids et de
l’obésité pourrait également annuler24 000
dans les décennies à venir les bien-
22 000
faits sur la santé escomptés d’une
20 000 réduction du tabagisme. Tout
Année
18 000 comme la montée de l’isolement so-
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 cial évoquée par certaines études
comme ayant un lien possible avec
Source : Insee, état civil et projections 2008 à 2040
la mortalité.
En retenant l’hypothèse d’une espé-Personnes de 60 ans et plus : 210 000 à 220 000 de plus en 2030
rance de vie qui ne progresse plus à
Population des 60 ans et plus en Lorraine partir de 2020, et n’atteint donc pas,
80 ans et plus
en 2030, les 80 ans espérés pour les
60-79 ans
Nombre
Lorrains et 86 ans pour les Lorraines,800 000
la région compterait en 2030 quelque700 000
12 000 habitants de moins que prévu600 000
par le scénario central. Le nombre de500 000
400 000 personnes de 60 ans et plus serait
300 000 également revu à la baisse : elles se-
200 000 raient 11 000 de moins que prévu
100 000 dans le scénario central.
0
Il n’en reste pas moins qu’on recen-
Scénario central Scénario central Espérance de viePopulation sera en 2030 plus de 700 000 per-
figée
sonnes d’au moins 60 ans, soit
2008 2020 2030
210 000 à 220 000 de plus qu’en
Source : Insee, recensement de la population 2008 et projections 2020, 2030 2008.
6Toutefois, cette situation peut être zone d’emploi de Thionville et prèsL’attractivité de la région :
remise en question dans un avenir d’un sur deux dans celle de Longwy.élément-clé
proche. Dès 2020, le scénario cen- Ces proportions élevées résultent
Le solde naturel, seul moteur de la tral prévoit en effet que la Lorraine de la formidable croissance de l’em-
démographie lorraine, étant amené comptera 28 000 jeunes de 18 à 25 ploi frontalier à destination du
à se réduire, l’avenir de la région re- ans de moins qu’en 2008. À taux Luxembourg. Entre 1990 et 2008,
posera de plus en plus sur son constant de scolarité dans le supé- en moyenne annuelle, 3 300 em-
solde migratoire, c’est-à-dire sur sa rieur (29% pour cette tranche d’âge), plois créés au Luxembourg ont bé-
capacité à attirer de nouvelles popu- cela correspond à une perte de néficié à des frontaliers lorrains.
lations, d’autres régions françaises 8 000 étudiants. Ces nouveaux emplois ont incité
ou de l’étranger, pays frontaliers 1 000 actifs à venir s’installer enCette baisse pourrait être minimiséecompris, de préférence jeunes pa- Lorraine, chaque année entre 2003par les effets de l’encouragement àrents potentiels. Tout l’enjeu du de- et 2008.la poursuite d’études au-delà duvenir démographique de la Lorraine
baccalauréat. C’est l’hypothèse re- Si la crise financière de 2008-2009est bien là.
tenue par le Rectorat de l’académie a révélé que la croissance luxem-
Les deux premiers scénarios alter- de Nancy-Metz, qui estime qu’en bourgeoise pouvait ralentir, elle peut
natifs qui suivent partent de ce portant le taux de scolarité dans le aussi rebondir tout aussi vite, et
constat et s’appuient sur deux supérieur à 32%, le nombre d’étu- avoir un effet immédiat sur le
atouts dont dispose la Lorraine : la diants ne diminuerait que de 1 100 nombre de travailleurs frontaliers
présence d’un pôle d’enseignement individus à horizon 2020. Mais au fi- lorrains. Les zones d’emploi de
supérieur et sa proximité avec le nal, cela ne modifierait pas le Thionville et de Longwy, en pre-
Luxembourg. Le troisième scénario nombre de jeunes de 18 à 25 ans et mière ligne pour accueillir de nou-
suggère la concrétisation de dos- a fortiori le nombre d’habitants en veaux arrivants, ne manqueraient
siers économiques actuellement en Lorraine. pas d’en profiter.
projet.
Le niveau des effectifs d’étudiants
Nouvelles activitéspourrait être maintenu en puisantPlus ou moins
près de Bar-le-Ducdavantage dans les bassins de re-
d’étudiants à Nancy
crutement traditionnels des pôles et de Neufchâteau
et à Metz d’enseignement supérieur lorrains, La concrétisation de deux projets
Dans ses échanges de population hors de la région, à savoir notam- économiques à fort potentiel d’em-
souvent déficitaires avec les au- ment l’Île-de-France, la Cham- plois pourrait conduire à des scéna-
tres régions de France, la Lorraine pagne-Ardenne, l’Alsace, la rios migratoires moins pessimistes
parvient, dans la zone d’emploi de Franche-Comté et Rhône-Alpes. dans les franges ouest de la région,
Nancy et à un degré moindre dans Cela revient à voir les effectifs des en limitant les départs d’actifs ou en
celle de Metz, à dégager un excé- étudiants non lorrains présents en favorisant leur venue de l’extérieur.
dent sur la tranche d’âge des Lorraine passer de 11 000 en 2008 Le premier projet concerne le centre
18-22 ans. Elle le doit à l’enseigne- à 19 000 en 2020, ce qui donne la de stockage souterrain des déchets
ment supérieur dispensé dans ses mesure de l’effort d’attractivité nucléaires de Bure dans la zone
universités, écoles d’ingénieurs et supplémentaire à accomplir. d’emploi de Bar-le-Duc, qui pourrait
autres établissements qui attirent Une troisième voie consisterait à re- créer 500 à 800 emplois perma-
les jeunes d’autres régions, voire tenir les jeunes Lorrains attirés par nents sur le site. Le second consiste
de l’étranger. les établissements d’enseignement en la création d’une base logistique
La création en 2012 de l’Université supérieur situés hors de la région. à Damblain, dans la zone d’emploi
de Lorraine et sa reconnaissance Si cette situation devait se produire de Neufchâteau, qui pourrait débou-
parmi les 21 sites universitaires aujourd’hui, cela reviendrait à rete- cher sur 1 500 emplois nouveaux.
français d’excellence (ainsi que nir les trois quarts des quelque Dans ces secteurs isolés et en dé-
dans le classement de Shanghai) vont 10 000 Lorrains partis étudier clin, ces projets pourraient entraîner
dans le sens d’une plus grande vi- ailleurs en métropole. un retournement démographique
sibilité nationale et internationale salutaire.
de l’enseignement supérieur lor- Amplification du travail
rain. Ce rayonnement sera accen- Des liensfrontalier au Luxembourg
tué à l’échelle européenne par la de fonctionnement
collaboration au sein d’un concept La venue et la fixation dans la ré- et de solidarité
d’Université de la Grande Région gion d’actifs plus âgés restent
à renforcer
(Sarrebruck, Liège, Luxembourg, Trè- conditionnées avant tout par la si-
Les scénarios de projection de po-ves et Kaiserslautern). Ainsi, les tuationdumarchédutravail. En Lor-
pulation, qu’ils soient tendanciels ou10 000 étudiants de 18 à 22 ans, raine, l’emploi frontalier concerne
alternatifs, aboutissent tous à desprésents en Lorraine en 2008 et 87 000 personnes en 2008 (un peu
évolutions démographiques contras-venant d’autres régions ou de l’é- plus de 100 000 personnes début 2011),
tées des zones d’emploi lorraines.tranger, pourraient voir leur soit un actif occupé sur onze dans la
Ils ne bouleversent pas la hiérarchienombre augmenter. région, mais un sur trois dans la
7entre les zones d’emploi de Nancy face au risque de délitement de cer-Savoir plus :
et de Metz sur lesquelles repose au- taines zones d’emploi, tous les scé-
jourd’hui l’armature de la région, narios envisagés sous-entendent la
- La Lorraine en 2040 : stagnation dé- mais ils mettent en évidence des mise en place de liens de fonction-
mographique, Économie Lorraine territoires aux fragilités accentuées, nement et de solidarité renforcés
n° 239 - décembre 2010.
notamment dans la façon dont se entre les territoires.
- La population des régions en 2040 :
déforment les équilibres entre
les écarts de croissance démogra-
générations.phique pourraient se resserrer, Insee
Première n° 1326 - décembre 2010. En filigrane émergent, pour les poli-
- Les étudiants lorrains. Un défi : le ren- tiques publiques, des questionne-
forcement de l’attractivité, Économie
ments et des enjeux autour de
Lorraine n° 272 - décembre 2011.
l’habitat, de l’accès aux services, et
- L’Allemagne, partenaire incontour-
de la vie sociale, en parallèle de l’at-nable de la Lorraine, rapport du Conseil
tractivité économique et résiden-Économique, Social et Environnemen-
tal de Lorraine - octobre 2011. tielle de la Lorraine. Plus largement,
Site internet :
- www.insee.fr
Description des scénarios
Le scénario central
Scénario de base prolongeant le plus fidèlement les tendances observées.
Ainsi :
* La fécondité (indicateur conjoncturel de fécondité - ICF) de chaque région
est maintenue à son niveau de 2007. L’ICF à l’année s’interprète comme le
nombre moyen d’enfants pour une femme qui aurait pendant toute sa vie fé-
conde les taux de fécondité observés à chaque âge au cours de l’année n ;
* La mortalité de chaque région baisse au même rythme qu’en France mé-
tropolitaine où l’espérance de vie atteindrait 83,3 ans pour les hommes et
88,8 ans pour les femmes en 2040 ;
* Les quotients migratoires, calculés entre 2000 et 2008, sont maintenus
Ministère de l’Économie, constants sur toute la période de projection. Ils reflètent les échanges de po-
de l’Industrie et de l’Emploi pulation internes à la France, y compris l’outre-mer. En ce qui concerne les
Insee échanges avec l’étranger, l’hypothèse métropolitaine (solde migratoire de
Institut National de la Statistique +100 000 par an) est ventilée au prorata du nombre d’immigrants par zone
et des Études Économiques d’intérêt.
Direction Régionale de Lorraine
Ces projections sont ensuite calées sur la projection de population régio-
15, rue du Général Hulot
nale (centrale) publiée par l’Insee en décembre 2010, afin de faire coïnciderCS 54229
la somme des projections par zones d’emploi avec la projection lorraine.54042 NANCY CEDEX
Tél : 0383918585
Fax: 0383404561 Scénarios de fécondité
www.insee.fr/lorraine
Fécondité «haute» :
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
L’ICF des zones d’emploi lorraines, qui était inférieur à 2 en 2007, a été aug-
Christian TOULET
menté de 0,15 en 2015 (convergence vers cette valeur), puis a été maintenu
Directeur régional de l’Insee
sur le reste de la période.
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
Cependant les zones impactées n’ont pas dépassé un ICF de 2 (certaines
Bertrand KAUFFMANN
ont donc subi une augmentation de moins de 0,15).
Jean-Jacques PIERRE
Fécondité «basse» :
RESPONSABLE ÉDITORIALE
Symétriquement, l’ICF des zones d’emploi qui était supérieur à 1,8 en 2007
ET RELATIONS MÉDIAS
a été diminué de 0,15 en 2015 (convergence vers cette valeur), puis a été
Brigitte VIENNEAUX
maintenu sur le reste de la période.
RÉDACTRICE EN CHEF Cependant les zones impactées n’ont pas pu descendre sous un ICF de 1,8
Agnès VERDIN (certaines ont donc subi une diminution de moins de 0,15).
RÉALISATION DE PRODUITS
Espérance de vie figée en 2020ÉDITORIAUX
Édith ARNOULD Les quotients de mortalité de chaque zone d’emploi gardent leur niveau at-
Marie-Thérèse CAMPISTROUS
teint en 2020. En résumé, l’espérance de vie arrête de progresser après
ISSN : 0293-9657 cette date.
© INSEE 2012
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