La pratique sportive en France, reflet du milieu social

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En 2003, 71 % des personnes de 15 ans ou plus pratiquent une activité physique ou sportive, même occasionnellement. Les jeunes gens sont les plus investis dans le sport. Étudier ou être diplômé, travailler ou bien encore avoir un niveau de vie élevé favorise la pratique sportive et réduit les différences entre hommes et femmes. Ces facteurs conditionnent également le choix des activités physiques et sportives exercées et les modes de pratique. Les jeunes, les personnes diplômées ou bien insérées socialement ont la pratique sportive la plus diversifiée et c'est un public plus favorisé qui utilise les structures institutionnelles.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Vie sociale 8
La pratique sportive en France,
reflet du milieu social
Lara Muller*
En 2003, 71 % des personnes de 15 ans ou plus pratiquent une activité
physique ou sportive, même occasionnellement. Les jeunes gens sont
les plus investis dans le sport. Étudier ou être diplômé, travailler ou bien
encore avoir un niveau de vie élevé favorise la pratique sportive et réduit
les différences entre hommes et femmes. Ces facteurs conditionnent
également le choix des activités physiques et sportives exercées et les modes
de pratique. Les jeunes, les personnes diplômées ou bien insérées
socialement ont la pratique sportive la plus diversifiée et c’est un public
plus favorisé qui utilise les structures institutionnelles.
e développement de la tout au long de l’année, seule- peu moins nombreux parmi les
pratique sportive en ment à certaines périodes ou 25-44 ans ; après 65 ans, seuleL France depuis une ving- bien encore pendant les vacances une personne sur quatre a une
taine d’années s’accompagne (encadré 2). activité physique ou sportive (fi-
d’une consommation accrue d’ar- gure 1). Avec 64 % de sportives
ticles de sport et de services contre 79 % de sportifs, la pra-
sportifs (Liverneaux, 2004). Le tique est plus importante chezLe sport : une question
nombre de licences délivrées par les hommes que chez les fem-
d’âge et de génération
les fédérations sportives aug- mes. Les différences entre hom-
mente également (encadré 1). En mes et femmes se manifestent
2003, 34 millions de personnes Lesjeunessonttrèssportifs: surtout parmi les plus âgés ;
de 15 ans ou plus ont pratiqué 90 % des 15-24 ans ont pratiqué entre15et24ans,filles etgar-
au moins une activité physique une activité physique ou sportive çons sont globalement aussi
ou sportive (APS), régulièrement en 2003. Les pratiquants sont un nombreux à faire du sport. Les
* Au moment de la rédaction de cet article, Lara Muller faisait partie de la Mission statistique du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la
Vie associative.
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filles semblent « décrocher » à (82 %) que des inactifs (47 %). tiersdespersonnessansactivité
partir de 25 ans : entre 25 et La vie active ou étudiante s’ac- sportive ont plus de 50 ans, mais
34 ans, elles sont moins de 80 % compagne d’une dynamique de six non-pratiquants sur dix sont
à pratiquer un sport, contre 90 % sociabilité qui n’est d’ailleurs pas des femmes et huit sur dix n’ont
des garçons du même âge. Mais spécifique au domaine sportif : pas le baccalauréat – des propor-
ces résultats sont peut-être le ces catégories de personnes sont tions bien plus élevées que dans
signe de l’apparition d’une géné- aussi très actives en matière de la population générale (enca-
ration de jeunes filles plus sporti- sorties et de pratiques culturelles dré 3). Avoir des enfants en bas
ves que leurs aînées, qui font (Muller, 2005). Aussi l’âge n’est-il âge constitue également un frein
autant de sport que les garçons paslacause uniquedel’absence aux activités physiques ou sporti-
de leur âge et qui continueront à de pratique sportive. Les deux ves. Mais les personnes vivant en
en faire après 25 ans. couple sont plus souvent sporti-
ves que les autres, quels que
soient leur âge et leur sexe. Habi-Encadré 1
ter une grande ville est aussi plusDiplôme et niveau de vie La pratique licenciée
propice à la pratique d’un sport,élevés : davantage de en France
sauf Paris (Collin, 2004).
sportifs, moins de
Depuis 1949, les fédérations spor-
différences entre tives agréées par le ministère en
charge des sports fournissent àhommes et femmes Encadré 2
l’administration des données sur
les licences qu’elles délivrent. Le L’enquête « Participation
La pratique sportive augmente nombre de licences constitue un culturelle et sportive »
indicateur précieux de l’évolutionavec le niveau de diplôme : 88 %
de la pratique sportive, mais il est Le dispositif d’enquêtes permanen-desdiplômésdel’enseignement
imparfait. Il est affecté d’un biais, tessur lesconditionsdevie des
supérieur ont pratiqué une activi- le nombre de licences étant supé- ménages (EPCV) de l’Insee permet,
té physique ou sportive en 2003, rieur à celui des licenciés, car une depuis janvier 1996, d’étudier
personne peut posséder plusieurs chaque année l’évolution de diverscontre 60 % des personnes titu-
licences. Il ne recoupe que partiel- indicateurs sociaux, à partir d’unlaires d’un diplôme inférieur au
lement la population qui a une échantillon de 8 000 logements. En
bac ou sans (figure 1).
pratique sportive : d’une part, les mai 2003, la partie variable de
Le niveau de vie est également licences « dirigeants » ne corres- l’EPCV – financée par le Ministère
discriminant – 82 % des person- pondent pas nécessairement à une de la Jeunesse, des Sports et de la
pratique effective, d’autre part et Vie associative et le Ministère de lanes appartenant au quart des
surtout, beaucoup de pratiques se Culture et de la Communica-ménages les plus aisés ont une
font sans licence. tion – portait sur la participation à
pratique sportive, contre 59 % la vie culturelle et sportive. C’est la
dans le quart le plus défavori- Le nombre annuel de licences déli- première enquête en France qui
vrées par les fédérations sportives approfondit les deux thèmes si-sé –, et joue indépendamment du
agréées est passé de 1,9 million en multanément. 5 626 ménages deniveau d’études (La pratique des
1949 à 15,2 millions en 2004. Jus- France métropolitaine ont répon-
activités physiques et sportives
qu’au milieu des années cinquante, du à cette enquête ; dans chaque
en France, 2005). Par ailleurs, cette croissance a été favorisée par ménage, une personne âgée de
plus les diplômes et les niveaux le développement des fédérations 15 ans ou plus, tirée au sort, a été
scolaires et universitaires. Elle interrogée.de vie sont élevés, plus les écarts
concerne ensuite toutes les famil-entre hommes et femmes en ma-
les de fédérations sportives, no- La partie du questionnaire
tièredepratiquesportiveseré- tamment les fédérations consacrée à la pratique sportive
duisent (figure 1). « unisport » – olympiques et non comportait une liste de 27 discipli-
olympiques – qui progressent plus nes ou familles de disciplines al-
vite que les autres. Depuis le mi- lant du football, du vélo et duLes étudiants, les cadres et les
lieu des années quatre-vingt, la tennis à la pétanque, la pêche, la
personnes exerçant une profes-
croissance s’est ralentie. Tout au voile en passant par la randonnée
sion intermédiaire sont les plus long de la période, la part des fem- pédestre, le tennis de table, le ca-
sportifs : neuf sur dix ont une mes, en progression constante et noë et la gymnastique. Sont consi-
régulière, a été déterminante dans dérées comme « sportives » lespratique sportive. Avec des taux
l’évolution du nombre de licences personnes qui répondent avoir pra-voisins de 80 %, celle des ou-
délivrées. Elles ne représentaient tiqué au moins l’une de ces activi-
vriers et des employés est plus ainsi que 19,4 % des licences en tés physiques ou sportives, au
réduite. Les chômeurs (74 %) ont 1962 contre le tiers en 2004 (Bois- moins une fois au cours des douze
son, Crosnier, 2004). mois précédant l’enquête.un comportement plus proche
desactifsayant unemploi
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rugby), sont l’apanage des jeunes, aussi souvent abandonnés par laLes jeunes
de même que les sports de com- suite au profit d’autres discipli-ont l’exclusivité
bat, le patin à glace, le hockey, le nes (Les adolescents et le sport,
de certains sports
roller et le skate (figure 3). Les 2004). Leur public est donc es-
deux tiers des footballeurs ont sentiellement composé de jeunes.
Lessportscollectifs(football, ainsi moins de 30 ans. Ces sports Plus généralement, les taux de
volley-ball, basket-ball, handball, se pratiquent très tôt, mais sont pratique des 15-29 ans sont plus
élevés que ceux de leurs aînés
Figure 1 - Taux de pratique sportive selon le sexe, par âge, niveau dans toutes les disciplines. Les
de diplôme, niveau de vie jeunes sont notamment plus
nombreux à pratiquer la course à
pied, l’athlétisme, les sports de
raquettes (tennis, tennis de table,
badminton, squash), la muscula-
tion ou encore le ski.
Seuls le vélo, la natation, la ran-
donnée pédestre, la pétanque et
la gymnastique attirent plus de
10 % des « seniors ». Ce ne sont
pas néanmoins des activités spé-
cifiques aux plus de 50 ans. Elles
se pratiquent à tous les âges, car
chacun peut s’y adonner selon
ses possibilités, du loisir à la
compétition : elles arrivent en
tête chez les jeunes comme chez
les plus âgés. Rassemblant donc
un grand nombre d’adeptes, elles
sont qualifiées de pratiques « de
masse ». Aux âges intermédiai-
res, les sportifs s’investissent
moinsque lesplusjeunesdans
la plupart des activités. Ils s’a-
donnent à tous les sports, avec
cependant une participation va-
riable selon le niveau de vie ou le
diplôme.
Des activités
conditionnées
par le niveau de diplôme
et le niveau de vie
La pratique de la plupart des ac-
tivités physiques et sportives aug-
mente avec le niveau de vie, en
particulier quand elles nécessi-
tent un équipement spécifique et
des déplacements, comme le ski,
le golf, la voile et la planche à
voile, le canoë, l’aviron ou le ski
nautique. Ces activités physiques
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et sportives coûteuses sont trois chasse, la danse, les sports auto- tivités de masse (figure 5). Parmi
à cinq fois plus répandues chez mobiles et les sports collectifs lespersonnesde30 à 49 ans
les ménages aisés que chez les sont les seules activités aussi ré- ayant les revenus les plus faibles,
moins aisés. Mais des écarts de pandues quel que soit le niveau cinq activités seulement concer-
pratique existent aussi selon le de vie. Le niveau de diplôme a nent plus de 10 % d’adeptes : le
niveau de vie pour de nombreux d’ailleurs un effet similaire sur vélo, la natation, la pétanque, la
autres sports, comme la gym- les disciplines exercées. pêche et la randonnée pédestre.
nastique, le tennis de table, la Lespersonnesde30 à 49 ansles
course à pied, le roller ou le Ces écarts de pratique selon le plus aisées consacrent également
skate (figure 4). De même, plus niveau de vie s’amplifient avec du temps à ces activités, mais
le niveau de vie s’accroît, plus la l’âge. Après 50 ans, les personnes avec un taux de participation
pratique des activités très répan- issues des ménages ayant un bien plus élevé ; de plus, elles
dues et supposées plus accessi- faible niveau de vie font tout au pratiquent d’autres sports,
bles – comme le vélo, la natation plus du vélo ; c’est uniquement comme le ski, la course à pied, la
ou encore la marche – augmente. chez les personnes les plus aisées randonnée en montagne, les
À l’inverse, la boxe et les autres que la pratique dépasse 10 % sports de raquettes, la moto ou
sports de combat, la pêche, la pour lessportsautresque lesac- encore la musculation.
Encadré 3
Les raisons de la non-pratique :
les problèmes de santé et le faible intérêt pour le sport
Les problèmes de santé et le senti- professionnelles ou scolaires puis entre le revenu global du ménage
ment d’être trop âgé sont les rai- les contraintes familiales sont les et la somme des unités de consom-
sons de l’absence de pratique deux autres raisons le plus souvent mation. Ces unités sont calculées
sportive les plus fréquemment avancées. Le coût financier est évo- selon l’échelle de l’OCDE qui af-
évoquées. Cela concerne surtout qué surtout dans les milieux modes- fecte un coefficient d’une valeur de
les personnes de 60 ans ou plus tesetpar leschômeursmaisloin 1 à la personne de référence, de 0,5
(figure 2) – et plus particulière- derrière les autres raisons. Les diffi- à tous les autres adultes du mé-
ment celles issues de ménages cultés d’accès aux équipements nage, et de 0,3 aux enfants de
moins favorisés. L’absence d’inté- sportifs, l’éloignement, les horaires moins de 15 ans.
rêt pour le sport, partagée par un d’ouverture sont en revanche rare-
quart des non-pratiquants, est la ment cités. Le taux de pratique sportive est
réponse la plus fréquente dans égal au nombre de pratiquants
touteslesautresclassesd’âge et Le niveau de vie du ménage corres- sportifs divisé par le nombre total
ressort un peu plus souvent dans pond à son revenu par équiva- d’individus dans la population
les milieux aisés. Les contraintes lent-adulte et résulte du rapport considérée (multiplié par 100).
Figure 2 - Principales raisons de ne pas pratiquer d'activités physiques et sportives selon l’âge
en %
15 à 29 ans 30 à 59 ans 60 ans ou plus Ensemble
Problèmes de santé 14 23 60 41
Trop âgé 2 5 48 26
Aucun sport ne plaît, n'aime pas 38 29 19 25
Contraintes professionnelles ou scolaires 28 26 2 14 familiales 16 23 4 13
Trop cher 9 14 3 8
Personne avec qui pratiquer 4 4 1 3
Accès difficile, éloignement, horaires 1 2 1 1
Champ : personnes de 15 ans ou plus ne pratiquant aucune activité physique ou sportive en 2003.
Source : Insee, enquête « Participation culturelle et sportive », 2003.
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Figure 3 - Taux de pratique des activités physiques ou sportives et Peu de parité dans
part des pratiquants selon l’âge
les pratiques sportives
Autant d’hommes que de fem-
mes pratiquent le vélo, la nata-
tion et la plongée, la marche ou
le roller. Le sport reste néan-
moins fortement structuré au-
tour de l’opposition entre des
sports traditionnellement mascu-
lins et des activités très fémini-
sées. Les trois quarts des
personnes pratiquant le football,
le rugby, les autres sports collec-
tifs, ainsi que la pêche, la chasse,
la pétanque ou le billard sont des
hommes. Les sportives représen-
tent 50 à 75 % des pratiquants
de gymnastique, de danse, d’é-
quitation, de patin à glace ou de
randonnée (figure 6). Ces disci-
plines ne rassemblent pas pour
Figure 4 - Les activités physiques et sportives les plus pratiquées selon le niveau de vie
Taux Niveau de vie
de
er e e epratique 1 quartile 2 quartile 3 quartile 4 quartile
45à50% vélo
40 à 44 % vélo natation, plongée
35 à 39 % vélo
30 à 34 % natation, plongée randonnée pédestre
25 à 29 % vélo natation, plongée pétanque, billard ski, surf
randonnée pédestre
20 à 24 % natation, plongée pétanque, billard pétanque, billard, course à pied,
footing, athlétisme
15 à 19 % pétanque, billard randonnée pédestre course à pied, footing, athlé- gymnastique, randonnée en
tisme, ski, surf, randonnée en montagne
montagne, gymnastique
10 à 14 % course à pied, footing, athlé- course à pied, footing, athlé- pêche, musculation, tennis de tennis de table, badminton,
tisme, randonnée pédestre, tisme, ski, surf, pêche, gym- table, badminton, squash squash, tennis, pêche, muscu-
pêche, football nastique lation, moto, kart
5 à 9 % gymnastique, musculation, ten- football, randonnée en monta- football, moto, kart, automobile, football, canoë, aviron, ski nau-
nis de table, badminton, squash, gne, tennis de table, badminton, tennis, basket-ball, volley-ball, tique, roller, skate, voile,
basket-ball, volley-ball, handball, squash, moto, kart, automobile, handball, danse planche à voile, basket-ball,
ski, surf, randonnée en monta- musculation, tennis, basket-ball, volley-ball, handball, danse
gne, tennis, moto, kart, auto- volley-ball, handball
mobile, danse, roller, skate
Champ : personnes de 15 ans ou plus.
erLecture : 29 % des personnes au niveau de vie le plus faible (1 quartile) font du vélo contre 47 % des personnes au niveau de vie le plus élevé.
Source : Insee, enquête « Participation culturelle et sportive », 2003.
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Figure 5 - Nombre de sports comportant plus de 10 % de autant un nombre élevé de fem-
pratiquants selon le niveau de vie et l'âge mes. Il existe en effet 1,9 mil-
lion de danseuses mais aussi
8 millions d’amatrices de vélo,
activité aussi répandue chez les
hommes que chez les femmes.
Le choix des disciplines reflète
des aspirations et des modes de
pratique différents. Avec 15 %
des pratiquants contre 4 % des
pratiquantes, les hommes se di-
rigent beaucoup plus que les
femmes vers la compétition et
sont en outre plus fréquemment
licenciés (26 % contre 15 %).
Ainsi, il y a davantage d’hommes
quedefemmesdansles sports
collectifs et les sports d’opposi-
tion (arts martiaux, boxe, etc.),
où la compétition est la plus dé-
veloppée.
Les femmes fréquentent toutefois
les structures institutionnelles
presque autant que les hommes :
Figure 6 - Part et nombre de femmes dans les activités physiques et sportives
Part Part
Effectif Effectif
Activités physiques et sportives de femmes Activités physiques et sportives de femmes
(en milliers) (en milliers)
(en %) (en %)
Danse 79 1 928 Musculation 40 1 549
Gymnastique 78 4 850 Tennis 39 1 297
Equitation 64 814 Golf 39 296
Natation, plongée 57 7 543 Pétanque, billard 38 3 713
Patinage, hockey 56 843 Tennis de table, badminton, squash 37 1 579
Randonnée pédestre 56 5 531 Basket-ball, volley-ball, handball 35 967
Vélo 48 8 303 Arts martiaux 32 253
Randonnée en montagne 48 2 585 Moto, kart, automobile 28 913
Roller, skate 47 110 Sports de combat 24 85
Ski, surf 44 2 995 Pêche 23 1 094
Course à pied, footing, athlétisme 41 3 254 Rugby 16 72
Canoë, aviron, ski nautique 41 806 Football 14 533
Voile, planche à voile 40 546 Chasse 7 95
Champ : personnes de 15 ans ou plus.
Source : Insee, enquête « Participation culturelle et sportive », 2003.
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26 % des sportives font partie ciations est donc en moyenne
Pour en savoir plusd’un club ou d’une association plus jeune que celle des autres
sportive, contre 30 % des spor- pratiquants. Toutefois, au sein
Boisson J.P., Crosnier D.,tifs. Elles recherchent donc aussi de chaque discipline, y compris
« Un demi-siècle de licences spor-un encadrement technique, no- à âge fixé, les étudiants, les per-
tives », ministère de la Jeunesse,
tamment pour la gymnastique et sonnes diplômées de niveau
des Sports et de la Vie associa-
la danse, sans pour autant se baccalauréat + 3 ou au-delà, et tive, Stat-Info n° 04-06, no-
placer dans une optique de com- les personnes appartenant à la vembre 2004.
pétition. À l’inverse des hommes, moitié des ménages les plus ai-
Collin C., « Les Franciliensles femmes pratiquent toutefois sés fréquentent davantage les
sont aussi sportifs que les
leur sport plus souvent de façon structures institutionnelles. Le provinciaux et fréquentent da-
autonome. À cet égard, il est légi- milieu social exerce donc un vantage les équipements cul-
turels », Île-de-France à latime de se demander si les struc- impact sur les modes de pra-
page, n° 237, Insee, juin 2004.tures sportives institutionnelles tique. On peut voir là des choix
sont suffisamment adaptées à élitistes ou encore des stratégies
Liverneaux E., « Le poids écono-
leurs attentes. éducatives particulières. Les mique du sport en 2002 », minis-
personnes qui participent à des tère de la Jeunesse, des Sports et
de la Vie associative, Stat-Infocompétitions officielles consti-
n° 04-05, novembre 2004.tuent quant à elles une popula-
Les structures tion plus jeune encore, en Muller L., « Pratique sportive et
majorité masculine, et encore activités culturelles vont souventinstitutionnelles
de pair », Insee Première, n° 1008,plus souvent issue de milieuxprofitent davantage
mars 2005.favorisés.
à un public jeune ou aisé
« La pratique des activités phy-
Cettereprésentationdel’individu siques et sportives en France »,
Un tiers des pratiquants sportifs à travers ses caractéristiques so- Résultatsdel’enquêtemenéeen
2003 dans le cadre d’un partena-réalise l’une de ses activités ciodémographiques peut paraître
riat entre le ministère de la Jeu-dans un cadre institutionnalisé, réductrice pour l’étude de prati-
nesse, des Sports et de la Vie
c’est-à-dire dans un club ou une ques dans le choix desquelles les associative, le ministère de la
association sportive, avec une goûts jouent aussi un rôle impor- CultureetdelaCommunication
et l’Insee,Éditionsdel’Insep,licence sportive ou bien en sui- tant. Elle met cependant en lu-
2005.vant des cours ou des entraîne- mièrelepoids et lerôlede
ments. En particulier, les sports l’éducation et du milieu social
« Les adolescents et le sport »,
collectifs, les arts martiaux et dans des pratiques dont on af- Résultatsdel’enquêtemenéeen
les sports de combat sont forte- firme souvent probablement un 2001 par le ministère de la Jeu-
nesse et des Sports et l’Institut na-ment institutionnalisés. En rai- peu trop vite qu’elles sont prati-
tional du sport et de l’Éducationsondelanaturedes activités quées par de plus en plus de
physique,Éditionsdel’Insep,
pratiquées, la population fré- mondeetdanstousles milieux 2004.
quentant les clubs ou les asso- sociaux.
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