La transition démographique s'attarde

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Fait universel, la transition a commencé à concerner La Réunion vers 1930. Contrecarrée au début par des conditions de vie difficiles, elle s'est accélérée de 1965 à 1996. La remontée actuelle de la fécondité et le niveau encore élevé de la croissance démographique incitent à penser qu'elle n'est pas terminée.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dos sier Ten dan ces de la fécondité
La tran si tion
ait uni ver sel, la tran si tion démo -Sour ces La tran dans les îles du-gra phique a com men cé à concer
Sud-Ouest de l’océan Indien Fner La Réu nion vers 1930. Con -
n "Digest of démo gra phic statis tics
tre carrée au début par des condi tions Les Como res, Mada gas car et Mayotte sont2000” Repu blic of Mau ri tius -
de vie dif fi ci les, elle s’est accé lérée de en pleine tran si tion démo gra phique avec unCen tral Sta tis tics Office
1965 à 1996. La remontée actuelle de nombre moyen d’enfants par femme (ICF)
n Annuai res Sta tis ti ques de la France - supé rieur à 5,0. Les taux de nata li té sontla fécon di té et le niveau encore éle vé
INSEE encore très éle vés (supé rieurs à 40 ‰) et lesde la crois sance démo gra phique inci -
taux de mor ta li té encore supé rieurs à 10 ‰.Situa tions et bilans démo gra phi ques -n tent à pen ser qu’elle n’est pas ter
Leur accroi sse ment natu rel annuel dépassede la France - INSEE minée.
30 ‰.
Don nées a nnuel les d’Etat Civil -n La tran si tion démo gra phique se déroule
INSEE Mau rice, La Réu nion et Les Sey chel les, sont
en deux pha ses : dans un pre mier temps, des îles plus déve lop pées éco no mi que ment
on observe le début d’un recul de la mor - et la tran si tion démo gra phique y est beau -
ta li té. A une date ulté rieure, la nata li té coup plus avancée (ICF entre 2,5 et 2,0,
entame une baisse éga le ment continue. accrois se ment natu rel entre 15 ‰ et 10 ‰).Bi blio graphie
A une troi sième date, mor ta li té et nata li -
té attei gnent un palier bas. C’est la fin de “Crois sance et révo l u tionn -la tran si tion. La tran si tion démo gra démo gra phi ques à La Réu nion”
phique est un phé no mène iné luc table,P. Fes ty et C. Hamon in INED -
uni ver sel dans son prin cipe. Le pro ces -Tra vaux et docu ments cahier n° 100,
1983. sus de recul de la mor ta li té ne souffre
aucune excep tion. Il n’existe pas de pays
“Mesu rer les dis pa ri tés de fécon di tén où, suite à la baisse de la mor ta li té, laà l’aide du seul recen se ment”
crois sance natu relle se soit main tenueG. Des plan ques in INED -
Popu la tion n° 6, 1993 dura ble ment à son pla fond sans que la
fécon di té n’ait, à son tour, réa gi en se
“Naître hors mariage “ F. Munoz-n rétrac tant.
Perez et F. Prioux in INED -
Popu la tion et socié tés n° 342, jan vier
Les moda li tés de la tran si tion démo gra -1999
phique dif fè rent d’un pays à l’autre mais tran si tions cour tes et hau tes, typi ques
n Eco nomie de La Réu nion n° 30, 55, on peut dis tin guer deux prin ci paux cas. des pays en voie de déve lop pe ment. Leur 62, 73, 82-83, 108. Dans l’ordre chro no lo gique, on trouve durée est géné ra le ment com prise entre
d’abord les tran si tions lon gues et bas ses.n “Essai de mesure de fécondité selon 40 et 80 ans. Les taux d’accrois se ment
l’origine et la mobilité à partir d’un Elles sont typi ques des pays déve lop pés de la popu la tion cul mi nent au-delà de
recensement sur échantillon” euro péens. Elles sont lon gues car elles 20 ‰ (dou ble ment en 35 ans) voirD. Breton - XIIe colloque national de durent en géné ral plus de 100 ans. Elles au-delà de 35 ‰ (dou ble ment en 20démographie, CUDEP. sont bas ses dans le sens où les taux ans). Ces tran si tions sont récen tes et sou -
“Transition démographique à La d’accrois se ment res tent infé rieurs àn vent ina che vées puisque nombre d’entre
Réunion “ P. Martinez - Les actes -20 ‰ par an. Elles démar rent géné ra le elles com men cent en 1945.
des journées de la démographie, 21 ment avant 1900. Vien nent ensuite les
au 23 novembre 2001.
Les au teurs
Jean Marc LARDOUX et Franck
TEMPORAL sont char gés des étu des
démo gra phi ques à la Direc tion
Régio nale de l’INSEE.
14dos sier
dé mo gra phique s’at tarde
LexiqueInver sion du rythme sai son nier des nais san ces
Accrois se ment natu rel : dif fé rence entreEn cin quante ans, le mou ve ment sai son nier tembre, au mo ment de la pé riode des congés
le nombre de nais san ces et le nombre dedes nais san ces s’est com plè te ment inver sé. d’hi ver entre deux an nées sco lai res ; le point
décès enre gis trés au cours d’une période.
Aupa ra vant, le mini mum des nais san ces était bas est en fé vrier au creux de l’été plu vieux.
Indice Con jonc tu rel de Fécon di té (ICF)en avril-mai et le maxi mum en septembre-
Le mou ve ment sai son nier des nais san ces à ou Indice Syn thé tique de Fécon di téoctobre. Aujourd’hui, le mini mum est en
La Réu nion est ain si main te nant très proche (ISF) : somme de l’ensemble des taux denovembre et les maxi mum de mars à juil let.
de ce lui de la mé tro pole alors qu’il y a cin - fécon di té par âge pour une annéePour inter pré ter cette évo lu tion, mieux vaut
quante ans il se rap pro chait beau coup plus donnée. Il indique le nombre moyenreve nir neuf mois en arrière pour se pla cer à
de ce lui de l’île sœur, l’île Mau rice. d’enfants que met trait au monde chaquepeu près au moment de la concep tion plu tôt
femme d’une géné ra tion fic tive pen dant
qu’à celui de l’accou che ment.
sa vie féconde (15-49 ans) avec les taux
de fécon di té par âge iden ti ques à ceuxEn 1950, le mi ni mum en juil let-août cor res pon-
obser vés l’année consi dérée.dait à la pleine ac ti vi té éco no mique agri cole : la
coupe de la canne à sucre. Dé cembre-jan vier, Nais sance illé gi time ou natu relle :
où les concep tions étaient à leur maxi mum, nais sance hors mariage.
étaient au con traire des mois de faible ac ti vi té, Nais sance légi time : nais sance au sein
qui coïn ci daient aus si avec la sai son chaude et d’un couple marié.
des pluies. La courbe des concep tions était
Rang de nais sance : ordre qu’occupe une alors di rec te ment as sociée à celle des va ria -
nais sance, compte tenu du nombretions cli ma ti ques ; l’agri cul ture im po sait son
d’enfants déjà nés de la mère. rythme à la vie quo ti dienne. Cin quante ans plus
tard, l’éco nomie lo cale s’est ter tiai risée et les Recon nais sance : acte par lequel on
con train tes agri co les ont for te ment re cu lé. Le recon naît offi ciel le ment être le père ou la
- mère d’un enfant natu rel.point haut des concep tions est de juin à sep
Taux de fécon di té : rap port du nombre
de nais san ces au cours d’une période à la
popu la tion de fem mes fécon des enA La Réu nion, on peut dater le début de démo gra phique de notre île. Encore à un
milieu de période. Les fem mes répu téesla tran si tion démo gra phique il y a niveau éle vé en 1965 (43 ‰), le taux de
fécon des sont cel les âgées de 15 à 49soixante-dix ans. Aupa ra vant, les taux de nata li té va ensuite bais ser rapi de ment ans.mor ta li té et de nata li té oscil laient conjoin - (35 ‰ en 1969, 25 ‰ en 1977) puis se
Taux de mor ta li té : rap port entre lete ment autour de 25 à 30 ‰. A par tir de sta bi li ser autour de 23 ‰ jus qu’en 1992.
nombre de décès d’une période et la1930, le taux de mor ta li té amorce une Il va de nou veau dimi nuer for te ment
popu la tion cor res pon dante en milieu deten dance à la baisse, con tre carrée tou te - (19,3 ‰ en 1996) pour remon ter légè re - période. fois par des condi tions de vie maté riel les ment depuis (20,1 ‰ en 2001).
Taux de nata li té : rap port du nombre dedif fi ci les (blo cus de 1940 à 1942) et par
nais san ces vivan tes au cours d’uneAin si, même si le taux d’accrois se mentdes dif fi cul tés d’appro vi sion ne ment jus -
période à la popu la tion totale en milieunatu rel n’a ces sé de dimi nuer depuis lequ’en 1950. A cette date, le taux de mor - de période.début des années 1950 jus qu’en 1996, ilta li té est déjà des cen du à 20 ‰. Il va
Taux de nup tia li té : nombre de maria gesn’en reste pas moins à un niveau éle -alors dimi nuer de moi tié en moins de
pour 1 000 habi tants.vé (14 ‰ en 1996) et a même ten dance àquinze ans (9,7 ‰ en 1965) et pour suivre
aug men ter de nou veau (15 ‰ en 2001). Taux d’illé gi ti mi té : rap port du nombreensuite sa baisse pour atteindre son palier
de nais san ces illé gi ti mes au nombre totalbas (5 ‰) en 1990. La Mar ti nique et la Gua de loupe, géné ra - au cours d’une période.
le ment consi dé rées comme étant desMis à part les années de guerre mon diale Tran si tion démo gra phique : se dit de larégions ayant ter mi né leur tran si tion(1939-45), le taux de nata li té va aug- situa tion d’une popu la tion dont ladémo gra phique, ont actuel le ment des nata li té et la mor ta li té, ou au moins unmen ter jus qu’en 1952 pour atteindre un
taux d’accrois se ment natu rel de l’ordre de ces deux phé no mè nes, ont quit té leurs niveau his to rique de 51,3 ‰. A par tir de
de 10 ‰. Pour La Réu nion, ce taux reste niveaux tra di tion nels pour s’ache mi nercette date, le taux de nata li té va bais ser
vers les bas niveaux asso ciés à latrès éle vé pour une situa tion post-tran si -plus ou moins rapi de ment sui vant les
fécon di té dirigée et à l’emploi destion démo gra phique et on peut plu tôtpério des pour atteindre son niveau le plus
moyens moder nes de lutte contre lapen ser que non seu le ment cette tran si tion bas en 1996. mor ta li té.démo gra phique n’est pas ter minée mais
-De 1950 jus qu’en 1965, le taux d’accrois qu’elle risque de durer au vu de la
se ment natu rel (écart entre les taux de remontée récente de la fécon di té des
nata li té et de mor ta li té) se situe au-des sus fem mes réu nion nai ses. n
de 30 ‰. C’est pen dant cette période que
Jean-Marc LARDOUXva se pro duire la véri table explo sion
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