Le logement en Nord-Pas-de-Calais : quelles dépenses pour les ménages ? - Le logement des ménages à bas revenus

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Les conditions d'habitat des ménages dépendent étroitement de leur niveau de vie : en effet, la qualité des logements en termes d'équipement et de surface varie selon les montants consacrés pour se loger. Les ménages à bas revenus sont ainsi susceptibles d'être confrontés à des problèmes d'insalubrité ou de surpeuplement. Le logement des ménages à bas revenus suscite des questions spécifiques : quelles conditions d'habitat ces ménages rencontrent-ils, en termes de statut d'occupation, de confort, d'espace ? Dans quelle mesure les aides au logement réduisent-elles la charge financière des ménages les moins aisés ? Quelles sont les disparités d'effort financier parmi les ménages pauvres et les ménages modestes ?
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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4Le logement des ménages à bas revenus
Les conditions d’habitat des ménages dépendent étroitement de leur niveau de vie : en effet,
la qualité des logements en termes d’équipement et de surface varie selon les montants
consacrés pour se loger. Les ménages à bas revenus sont ainsi susceptibles d’être confrontés
à des problèmes d’insalubrité ou de surpeuplement [14].
Le logement des ménages à bas revenus (définitions et champ d’étude figurent en encadré 1
page 45) suscite des questions spécifiques : quelles conditions d’habitat ces ménages
rencontrent-ils, en termes de statut d’occupation, de confort, d’espace ? Dans quelle mesure les
aides au logement réduisent-elles la charge financière des ménages les moins aisés ? Quelles
sont les disparités d’effort financier parmi les ménages pauvres et les ménages modestes ?
Parmi les ménages pauvres (cf. encadré 1 page 45), 43% sont locataires en secteur social,Près des deux tiers
19% en secteur libre et 31% sont propriétaires ou accédants (cf. tableau 1). Ces ménages sontdes ménages pauvres
ainsi plus souvent locataires et moins souvent propriétaires que les autres ménages. L’écart s’est
sont locataires,
d’ailleurs accentué entre 1992 et 2001.
notamment En effet, sur cette période, la part des ménages locataires parmi les ménages pauvres est
en secteur social passée de 36% à 43% pour le secteur social et de 16% à 19% pour le secteur libre, alors
qu’elle restée stable sur l’ensemble des ménages. La proportion de propriétaires non accédants
a diminué de 26% à 23% parmi les ménages pauvres, alors qu’elle a augmenté de 28% à
34% parmi les ménages modestes et de 31% à 39% parmi les autres ménages.
Ceci peut s’expliquer en partie par l’évolution des caractéristiques des ménages à bas revenus
(cf. encadré 2). Ces ménages sont en moyenne plus jeunes en 2001 qu’en 1992, avec une
proportion moindre de retraités, alors que ces derniers sont, au sein des ménages à bas
revenus, davantage susceptibles d’être propriétaires.
Tableau 1 : Évolution de la répartition des ménages
selon leur statut d’occupation et leur niveau de vie
Unités : %
1992 2001
Statut d’occupation Ménages Ménages Autres Ménages Ménages Autres
pauvres modestes ménages pauvres modestes ménages
Propriétaire non accédant 26 28 31 23 34 39
Accédant ancien 10 17 23 7 10 17
Accédant récent 2 3 8 2 6 11
Locataire en secteur social 36 26 17 43 27 15
Autre locataire 16 14 15 19 14 14
Autre statut 10 11 7 6 8 3
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Les ménages pauvres vivent également plus souvent que les autres ménages en logement
collectif : en 2001, 66% habitent dans une maison individuelle contre 77% en moyenne
régionale, alors qu’il n’existait pas d’écart en 1992. De plus, ces logement collectifs
correspondent souvent à des immeubles de grande taille : 10% des ménages pauvres vivent
dans un immeuble comportant au moins 50 logements, contre 4% en 1992, alors que cette
proportion n’a presque pas augmenté pour les autres ménages.
L’évolution des caractéristiques des ménages à bas revenus (cf. encadré 2) explique également
ce résultat. En effet, les ménages à bas revenus sont de plus en plus souvent des familles
monoparentales et des personnes seules. Par leur taille et leur coût, les maisons individuelles
ne correspondent pas aux besoins des familles monoparentales et des personnes seules, qui
ont davantage recours aux logements collectifs.
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°78 - Décembre 2004 394 Le logement des ménages à bas revenus
Sur l’ensemble des ménages du Nord-Pas-de-Calais, la part des logements au confortLe confort sanitaire
insuffisant, c’est-à-dire sans eau courante, sans installation sanitaire ou sans W.-C. intérieur aaugmente
chuté de 14% à 6% entre 1992 et 2001. Le recul des situations de confort insuffisant estglobalement
essentiellement dû à une amélioration des conditions d’habitat des ménages pauvres : en
1992, 26% d’entre eux déclaraient un confort insuffisant contre 10% en 2001 (cf. tableau 2).
Tableau 2 : Répartition des ménages
selon le confort sanitaire de leur logement et leur niveau de vie
Unités : %
1992 2001
Confort du logement Ménages Ménages Autres Ménages Ménages Autres
pauvres modestes ménages pauvres modestes ménages
Logement sans eau ou
avec eau courante seulement 16 7 4 4 3 1
Eau, sans confort
(sans W.-C. intérieur ou
sans installation sanitaire) 10 10 5 6 5 3
W.-C. et installations sanitaires,
sans chauffage ou
par des appareils indépendants 22 24 13 17 18 8
W
avec chauffage central 52 59 78 73 74 88
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Les situations de confort insuffisant restent cependant fréquentes chez les retraités et les
personnes seules pauvres : respectivement 17% et 18% d’entre eux sont concernés. À
l’opposé, elles sont désormais rares pour les familles monoparentales et les couples sans
emploi : ces ménages sont également ceux qui habitent le plus souvent dans des logements
sociaux qui assurent la présence des équipements sanitaires essentiels. Ainsi, quel que soit le
niveau de vie des ménages, les logements du parc locatif social présentent en très grande
majorité un confort suffisant.
Le chauffage central équipe moins souvent les logements des ménages à bas revenus que ceux
des autres ménages. Toutefois, le chauffage central est présent en 2001 dans près des trois
quarts des logements des ménages pauvres alors qu’à peine plus de la moitié en étaient
équipés en 1992.
Les Cahiers de l’Orha - Décembre 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 404Le logement des ménages à bas revenus
La qualité des logements des ménages à bas revenus reste cependant en moyenne nettementDes défauts de
inférieure à celle des autres logements : 60% d’entre eux ont déclaré au moins un défaut dansqualité et des
le logement, contre 46% sur la population étudiée (cf. tableau 3). L’écart entre les ménagessituations de
pauvres et les autres ménages est particulièrement net concernant les logements cumulant les
surpeuplement difficultés. Ce sont les familles monoparentales qui déclarent le plus de défauts de qualité :
demeurent 71% en déclarent au moins un et 37% en signalent plusieurs.
Tableau 3 : Répartition des ménages
selon le niveau de qualité de leur logement et leur niveau de vie en 2001
Unités : %
Ménages pauvres Ménages modestes Autres ménages
Aucun défaut 40 50 60
Un défaut 30 29 26
Plusieurs défauts 31 22 14
Ensemble 100 100 100
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Si l’absence d’équipements sanitaires est plus rare dans les logements des ménages à bas
revenus en 2001 qu’en 1992, les situations de surpeuplement y restent fréquentes (cf.
tableau 4). Près de 28% des ménages pauvres et 15% des ménages modestes vivent en 2001
dans des logements trop petits par rapport à la taille de leur ménage. La situation matrimoniale
et professionnelle est essentielle pour appréhender le problème d’un habitat restreint ; au sein
des ménages pauvres, près de la moitié des couples non retraités et n’ayant pas d’emploi sont
en situation de surpeuplement. Au contraire, les retraités habitent plus souvent dans des
logements qui sont suffisamment grands par rapport à la taille de leur ménage.
L’augmentation des situations de surpeuplement entre 1992 et 2001 est ainsi à relier au
changement de composition démographique des ménages à bas revenus. En effet, par rapport
à 1992, les retraités sont moins souvent touchés par la pauvreté, à la différence des plus
jeunes, dont les logements sont souvent petits par rapport à la composition du ménage (cf.
encadré 2).
Tableau 4 : Évolution de la répartition des ménages
selon le degré de peuplement de leur logement et leur niveau de vie
Unités : %
1992 2001
Degré de peuplement Ménages Ménages Autres Ménages Ménages Autres
pauvres modestes ménages pauvres modestes ménages
Sous-peuplement 33 42 57 27 44 58
Peuplement normal 43 41 38 46 41 38
Surpeuplement 24 17 5 28 15 5
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°78 - Décembre 2004 414 Le logement des ménages à bas revenus
En 2001, les dépenses moyennes des ménages pauvres pour leur loyer ou leur remboursementLes aides au
d’emprunt s’élèvent à 2 619 euros (cf. tableau 5), un montant légèrement inférieur aux 2 825logement réduisent
euros dépensés en moyenne par l’ensemble des ménages. Cependant, leur taux d’effort brutle taux d’effort des
(avant prise en compte des aides) est proche de 26%, et se trouve largement supérieur à celui
ménages pauvres de l’ensemble des ménages, qui avoisine 11%.
Ces disparités se sont d’ailleurs accrues au cours des dix années précédentes. Si, sur
l’ensemble de la population, les revenus ont augmenté de concert avec l’ensemble des
dépenses de logement, avec des augmentations respectives de 9% et 7% entre 1992 et 2001,
l’évolution n’a pas été la même pour les ménages pauvres. Ainsi, alors que leurs revenus ont
augmenté de 2% seulement, ils dépensent en 2001 en moyenne 19% de plus pour se loger
qu’en 1992.
Cependant, les aides au logement diminuent nettement le poids de ces dépenses relativement
incompressibles et qui restent importantes par rapport au niveau de vie des ménages pauvres :
une fois les aides déduites, ces ménages dépensent en moyenne 896 euros pour leur loyer ou
leur remboursement d’emprunt, contre 2 299 euros pour l’ensemble des ménages. Les aides
au logement parviennent ainsi à compenser les différences d’évolutions en termes de revenus
et de dépenses, ramenant le taux d’effort net des ménages pauvres à 9%.
Se loger implique cependant d’autres dépenses, en plus du loyer ou des remboursements
d’emprunts, comme les diverses charges individuelles et éventuellement collectives, ainsi que
les dépenses en énergie. Ces charges supplémentaires font augmenter la part du budget des
ménages pauvres consacrée au logement, aides déduites, de 9% à 24%. Cette proportion
reste nettement supérieure à l’effort total fourni par l’ensemble des ménages, de l’ordre de
15%, mais elle est en recul depuis 1992 , ce qui témoigne de l’efficacité accrue des aides au
logement.
Tableau 5 : Dépenses et effort financier des ménages
selon le niveau de revenu en 1992 et 2001
Unités : euros constants, %, points
Ménages pauvres Ensemble des ménages
Évolution Évolution
1992 2001 1992-2001 1992 2001 1992-2001
en % en %
Revenu annuel 9 768 9 934 +2 23 075 25 072 +9
Loyer ou remboursement d’emprunt 2 203 2 619 +19 2 648 2 825 +7
(aides déduites) 965 896 -7 2 145 2 299 +7
Charge financière totale 2 567 2 376 -7 3 824 3 862 -1
Taux d’effort brut 23 26 +3pts 11 11 +0pt
Taux d’effort net (aides déduites) 10 9 -1pt 99 +0pt
(1)Taux d’effort net total
(aides déduites) 26 24 -2pts 17 15 -2pts
(1) Inclus les charges individuelles et éventuellement collectives, et les dépenses en énergie.
Source : Insee-Orha, Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Les Cahiers de l’Orha - Décembre 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 424Le logement des ménages à bas revenus
L’effort financier fourni pour se loger, avant prise en compte des aides, présente des différencesLes personnes seules
importantes selon la situation matrimoniale ou professionnelle des ménages pauvres. L’éventailconsacrent 40%
du taux d’effort brut va ainsi en moyenne de 12% dans le cas des ménages retraités, à 48%de leur budget
pour les personnes seules de moins de 65 ans (cf. tableau 6). Les aides au logement permettent
au logement cependant de réduire de tels écarts.
Ainsi, si les familles monoparentales et les couples sans emploi ont des dépenses de logement
élevées (respectivement 3 874 euros et 3 009 euros par an), ils bénéficient d’aides
importantes, qui réduisent leur taux d’effort sous le seuil des 10% hors dépenses d’énergie, et
sous le seuil des 25% dépenses d’énergie comprises. À l’opposé, les retraités ont les dépenses
les plus faibles mais également des aides au logement moins élevées.
Dans ces différentes situations, le mécanisme d’aides au logement réduit les disparités. Il ne
permet cependant pas de soulager l’effort financier des personnes seules non retraitées. Ces
ménages ont un niveau de dépenses intermédiaires, mais leurs revenus et les aides au
logement qu’ils perçoivent sont les plus faibles parmi les ménages pauvres. La conséquence est
un taux d’effort net s’élevant à 21% hors dépenses de logement, et à 40% lorsque les charges
et les dépenses en énergie sont comprises.
Tableau 6 : Revenus, dépenses et effort financier des ménages pauvres
selon la typologie
Unités : euros constants, %
Retraités et Couples Familles Personnes
autres personnes Couples actifs non retraités monoparentales de moins de
de plus de 65 ans ayant et n’ayant pas dont la personne 65 ans, Autre
vivant seules un emploi d’emploi de référence a vivant seules,
moins de 50 ans hors retraités
Revenu annuel 7 882 14 234 11 842 10 008 5 079 8 229
Loyer ou remboursement d’emprunt 945 3 269 3 009 3 874 2 449 2 224
Loyer ou remboursement d’emprunt
(aides déduites) 388 1 683 536 737 1 077 883
Charge financière totale 1 779 3 401 2 237 2 315 2 056 2 092
Taux d’effort brut 12 23 25 39 48 27
Taux d’effort net (aides déduites) 512 5 7 21 11
(1) Taux d’effort net total
(aides déduites) 23 24 19 23 40 25
(1) Inclus les charges individuelles et éventuellement collectives, et les dépenses en énergie.
Champ : ensemble des ménages pauvres, hors étudiants.
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001-2002
Près de 63% des ménages pauvres du Nord-Pas-de-Calais sont locataires. Entre 1992 etLes aides au
2001, la charge brute liée au paiement des loyers a connu une augmentation importante pourlogement compensent
ces locataires, avec une hausse de 15% (cf. tableau 7). Les aides au logement viennentla croissance des
toutefois compenser la croissance des dépenses : une fois les aides déduites, les ménages
loyers pour les locataires pauvres dépensent 2 455 euros par an pour se loger, y compris les charges
locataires pauvres individuelles ou collectives et les dépenses en énergie. Ce budget est inférieur à celui des
ménages locataires modestes qui s’élève à 3 633 euros et bien au-dessous de celui des autres
locataires avec 5 233 euros. Du fait de leurs bas revenus, le taux d’effort net total des ménages
locataires pauvres, dépenses d’énergie comprises, reste important : 25% de leurs revenus sont
consacrés au dépenses de logement, contre 22% pour le reste des ménages locataires.
Cependant, entre 1992 et 2001, l’écart de taux d’effort entre les locataires pauvres et les
autres locataires a reculé de 4 points.
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°78 - Décembre 2004 434 Le logement des ménages à bas revenus
Tableau 7 : Dépenses et effort financier des ménages locataires
selon le niveau de revenu en 1992 et 2001
Unités : euros constants, %, points
Locataires pauvres Ensemble des locataires
Évolution Évolution
1992 2001 1992-2001 1992 2001 1992-2002
en % en %
Revenu annuel 9 779 9 949 +2 18 197 18 792 +3
Loyer 3 115 3 570 +15 3 243 3 871 +19
Loyer (aides déduites) 1 178 1 033 -12 2 322 2 698 +16
Charge financière totale
(aides déduites) 2 773 2 455 -11 3 881 4 056 +5
Taux d’effort brut 32 36 +4pts 18 21 +3pts
Taux d’effort net (aides déduites) 12 10 -2pts 13 14 +1pt
Taux d’effort net total
(aides déduites) 28 25 -3pts 21 22 +1pt
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Les dépenses en logement représentent une part moins importante du budget des locataires
pauvres dans le secteur social que dans le secteur libre. En effet, dans le parc social, les
dépenses des locataires pauvres sont moins élevées, les aides perçues en moyenne plus
importantes et le revenu total des ménages en moyenne supérieur [13]. Ce dernier fait ne
signifie pas que les locataires pauvres du secteur social soient plus aisés que ceux du secteur
libre car, rapporté à la taille du ménage, le niveau de vie des locataires pauvres est
comparable dans les deux secteurs locatifs, avec respectivement 5 351 euros et 5 319 euros
par unité de consommation et par an. Toutefois, la charge financière nette liée au logement est
moindre pour les locataires pauvres du secteur social, et cet écart persiste avec le temps (cf.
tableau 8). Ainsi, en 1992, 44% des ménages locataires pauvres du secteur social avaient un
taux d’effort total net supérieur à 30%, contre 54% dans le secteur libre, soit un écart de 10
points. En 2001, ces proportions ont diminué et sont respectivement de 27% et 40%, soit un
écart de 13 points.
Tableau 8 : Part des ménages locataires dont plus de 30% du budget
(1)est consacré aux dépenses en logement
Unités : %
Locataires du secteur social Locataires du secteur libre Ensemble des locataires
Avant aides Avec aides Avant aides Avec aides Avant aides Avec aides
1992 87 44 88 54 87 47Ménages
pauvres 2001 91 27 88 40 90 31
1992 48 24 40 27 45 25Ensemble
des ménages 2001 53 22 49 30 51 25
(1) Les dépenses incluent les charges individuelles et collectives et les dépenses en énergie; les aides au logement sont
déduites.
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Les Cahiers de l’Orha - Décembre 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 444 Le logement des ménages à bas revenus
Encadré 2
les caractéristiques socio-démographiques
des ménages pauvres dans la région Nord-Pas-de-Calais
Les ménages pauvres présentent des caractéristiques socio-démographiques qui les
distinguent des autres ménages, et expliquent en partie la spécificité de leur habitat, en
termes de statut d’occupation, de surface habitée et de confort [15].
Toutes les tranches d’âge sont touchées par la pauvreté (cf. tableau 9). Cependant, alors
qu’en 1992 les personnes âgées étaient plus nombreuses dans cette situation que les
jeunes, la situation s’est inversée en 2001. Ainsi, selon les revenus déclarés dans les
enquêtes logement, 14% des ménages dits pauvres ont pour personne de référence un
individu de moins de 30 ans en 2001, contre 10% en 1992, alors même que la part des
jeunes a eu tendance à diminuer dans la population du Nord-Pas-de-Calais. Le taux de
pauvreté, défini comme la part d’une population ayant des revenus sous le seuil de
pauvreté, augmente donc chez les jeunes, passant de 14% à 21% sur la période. Au
contraire, il diminue chez les plus âgés, passant de 18% à 13% chez les 65 ans et plus.
L’augmentation importante de la pauvreté chez les plus jeunes ménages est liée en partie
à l’amélioration du niveau de vie des ménages les plus âgés. En effet, le seuil de pauvreté
se définit ici en fonction de la répartition des revenus sur l’ensemble de la population. Il
augmente lorsque le niveau de vie médian de la population croît. Les ménages qui ont
moins bénéficié de la hausse du niveau de vie, comme les jeunes entre 1992 et 2001,
sont ainsi plus nombreux à avoir un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.
Tableau 9 : Répartition des ménages pauvres et
taux de pauvreté selon l’âge de la personne de référence
Unités : %
Répartition des ménages pauvres Taux de pauvreté
Âge de la personne de référence
1992 2001 1992 2001
Moins de 30 ans 10 14 14 21
De 30 à 39 ans 16 21 12 18
De 40 à 49 ans 21 25 17 19
De 50 à 64 ans 26 21 18 14
65 ans et plus 27 20 18 13
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Guide de lecture : La colonne «Répartition des ménages pauvres» indique la
composition par tranche d’âge des ménages pauvres dans la région, tandis que la
colonne «Taux de pauvreté» précise la proportion, parmi la population totale des
ménages dans une tranche d’âge donnée, de ménages pauvres. Ainsi, en 2001, 14%
des ménages pauvres ont pour personne de référence un individu de moins de 30 ans.
La même année, parmi les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans,
21% sont touchés par la pauvreté.
Les familles nombreuses et les familles monoparentales sont plus souvent pauvres que les
autres types de ménage (cf. tableau 10). Ce phénomène s’est d’ailleurs renforcé pour les
familles monoparentales entre 1992 et 2001 : pour ces ménages, le taux de pauvreté est
passé de 30% à 42% dans le Nord-Pas-de-Calais.
Le taux de pauvreté est le plus fort pour les ménages dont la personne de référence est au
chômage ou lorsqu’elle est inactive, excepté le cas des retraités (cf. tableau 11). Les
chômeurs sont ainsi les plus touchés, avec un taux de pauvreté de 54% selon l’enquête
logement 2001.
Les Cahiers de l’Orha - Décembre 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 464Le logement des ménages à bas revenus
Encadré 1
Ménages à bas revenus et seuil de pauvreté
On considère que le niveau de vie d’un ménage, mesuré par son revenu total par unité
de consommation, est inférieur au seuil de pauvreté s’il est inférieur à la demi-médiane
des revenus par unité de consommation observée France entière. Le critère retenu est donc
monétaire et le seuil obtenu est relatif. La source utilisée est l’enquête logement, dans
laquelle les ménages sont interrogés sur leurs revenus totaux, y compris les revenus
sociaux (RMI, minimum vieillesse, allocations familiales). Sont exclus de l’analyse, les
ménages dont la personne de référence est étudiante, étant donné les difficultés pour
cerner leur revenu réel. Pour les autres ménages, tous les revenus sont pris en compte :
revenu d’activité professionnelle, retraites, indemnités de chômage, prestations familiales,
minima sociaux et revenus de placements financiers. Les impôts ne sont pas déduits des
revenus.
L’enquête logement n’est cependant pas une source de référence pour mesurer la
pauvreté, et les revenus déclarés dans l’enquête logement sont susceptibles de s’écarter
des informations données par d’autres sources sur les revenus (enquête patrimoine,
déclaration des revenus). L’objectif de ce chapitre n’est donc pas d’établir une mesure de
la pauvreté dans la région, mais de caractériser les conditions d’habitat des ménages à
bas revenus, composés des ménages dits pauvres et des ménages dits modestes.
Les ménages dits pauvres sont ceux dont les revenus sont au-dessous du seuil de pauvreté.
Calculé sur les données de l’enquête logement, ce seuil correspond à un revenu annuel
total par unité de consommation de 5 874 euros pour 1992 et de 7 300 euros pour 2001
(cf. graphique 1). Un ménage est considéré comme modeste lorsque son niveau de vie est
supérieur au seuil de pauvreté mais inférieur au troisième décile. Celui-ci est de 8 776
euros en 1992 et de 10 903 euros en 2001. À partir de l’enquête logement, près de
17% des ménages du Nord-Pas-de-Calais ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté en
2001, et 24% sont dits ménages modestes.
Graphique 1 : Répartition des ménages du Nord-Pas-de-Calais selon leur niveau de vie
Ménages Ménages
Autres ménages% pauvres modestes
100
Nord-Pas-de-Calais
France
75
Médiane : 14 599
50
Seuil de25
pauvreté : Troisième décile : 10 903
7 300
0
0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000
Revenu annuel par unité de consommation
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°78 - Décembre 2004 454Le logement des ménages à bas revenus
Encadré 2 (suite)
Tableau 10 : Tableau 11 :
Taux de pauvreté selon Taux de pauvreté selon l’occupation principale
la situation matrimoniale du ménage de la personne de référence
Unités : % Unités : %
Taux de pauvreté Occupation principale de la Taux de pauvreté
Type de ménage
en 2001 personne de référence en 2001
Personne seule 19 Occupe un emploi 10
Couple sans enfants ou avec 1 enfant 7 Chômeur 54
Couple avec 2 enfants 14 Retraité ou retiré des affaires 11
Couple avec 3 enfants ou plus 26 Autre inactif 44
Famille monoparentale 42 Ensemble 17
Personne sans lien familial 23
Ensemble 17
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
La pauvreté touche ainsi des ménages ayant des caractéristiques très différentes quant à
leur activité, leur situation familiale ou leur âge. En prenant en compte ces différents
facteurs, il est possible de regrouper les ménages en six catégories relativement
homogènes par rapport à leurs caractéristiques propres mais également par rapport à
leurs conditions de logement. Cette typologie permet ainsi de synthétiser l’évolution de la
structure des ménages les plus pauvres et des ménages modestes entre 1992 et 2001 (cf.
tableau 12).
Selon les revenus déclarés dans les enquêtes logement, les retraités et les personnes seules
de plus de 65 ans représentent 24% des ménages les plus pauvres en 2001 contre 35%
en 1992 (tableau 12). À l’inverse, 15% des ménages les plus pauvres sont des personnes
seules de moins de 65 ans et 19% sont des familles monoparentales de moins de 50 ans,
contre respectivement 9% et 10% en 1992. La structure des ménages modestes a connu
peu de modifications : les deux principales catégories de ménages modestes sont les
retraités et les personnes seules de plus de 65 ans, ainsi que les couples actifs ayant un
emploi. Parmi les couples sans emploi, les ménages les plus pauvres sont presque deux
fois plus nombreux que les ménages modestes en 2001 comme en 1992.
Tableau 12 : Répartition des ménages pauvres et des ménages modestes
selon la typologie en 1992 et 2001
Unités : nombre, %
Typologie des ménages
Retraités et Couples Familles Personnes
autres Couples actifs non retraités monoparentales de moins de Total
personnes de ayant et n’ayant dont la personne 65 ans, Autres
plus de 65 ans un emploi pas d’emploi de référence a vivant seules,
vivant seules moins de 50 ans hors retraités
Ménages 80 353 54 103 39 704 23 164 19 741 9 514 226 579
pauvres 35 24 18 10 9 4 100
1992
Ménages 141 734 138 991 20 362 19 063 21 747 13 165 355 062
modestes 40 39 6 5 6 4 100
Ménages 60 276 57 022 37 502 46 840 37 555 8 281 247 475
pauvres 24 23 15 19 15 3 100
2001
Ménages 139 953 137 751 19 924 15 192 33 985 8 010 354 816
modestes 39 39 6 4 10 2 100
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1992 et 2001-2002
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°78 - Décembre 2004 47

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