Le logement en Nord-Pas-de-Calais : un parc en mutation face à des besoins diversifiés - Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité -

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Le degré de satisfaction traduit la façon dont le logement répond aux besoins d'un ménage placé sous certaines contraintes, par exemple financières. C'est une notion subjective qu'il convient d'interpréter avec précaution. En 2001, 72% des ménages nordistes se déclarent satisfaits de leurs conditions de logement ce qui, comparé à la situation en 1996, révèle une amélioration de la perception de l'habitat. Le niveau de satisfaction régional reste inférieur au niveau national mais s'en rapproche peu à peu.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Le souhait des ménages :
un logement adapté aux besoins
dans un environnement de qualité
Les Cahiers de l’Orha - Avril 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 142Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Le degré de satisfaction traduit la façon dont le logement répond aux besoins d’un ménage
placé sous certaines contraintes, par exemple financières. C’est une notion subjective qu’il
convient d’interpréter avec précaution.
Par exemple, les ménages ayant des revenus élevés peuvent rechercher un logement parfaitement
adapté à leurs attentes et vont sans doute globalement être plus exigeants. À l’opposé, les ména-
ges qui, ayant des revenus faibles, ne peuvent prétendre à un logement “haut de gamme”
seront sans doute moins exigeants. De même, un couple avec enfants n’a pas les mêmes
besoins qu’un célibataire et ne se satisfera pas du même type de logement.
En 2001, 72% des ménages nordistes se déclarent satisfaits de leurs conditions de logementPrès des trois quarts
(cf. tableau 1) ce qui, comparé à la situation en 1996, révèle une amélioration de la perceptiondes ménages satisfaits
de l’habitat. Le niveau de satisfaction régional reste inférieur au niveau national mais s’ende leur logement
rapproche peu à peu.
Tableau 1 : Opinion des ménages nordistes sur leurs conditions de logement par type de logement
et statut d'occupation
Unité : %
Estimez-vous que vos conditions de logement actuelles sont :
satisfaisantes acceptables insuffisantes
1996 2001 1996 2001 1996 2001
Statut d’occupation
Propriétaires non accédants 79 84 20 13 2 3
Accédants 85 84 13 13 2 3
Locataires en secteur social 51 54 35 28 14 17
Autres locataires 57 57 30 26 13 17
Autres statuts 75 61 19 22 6 16
Type de logement
Individuels 72 76 22 17 6 7
Collectifs 60 59 29 26 11 16
Autres 61 73 38 23 1 4
Total Nord-Pas-de-Calais 69 72 24 19 7 9
France 73 75 21 18 6 7
Source : Insee, Orha - Enquêtes logement 1996 et 2001-2002
Dans l’individuel, 76% des ménages sont satisfaits contre 59% dans le collectif. Cet écart s’estHabitat individuel et
amplifié depuis 1996, date à laquelle les ménages logés en collectif se disaient satisfaits à 60%propriété restent des
contre 72% pour ceux qui habitaient une maison. L’attrait de la maison individuelle s’affirme degages de satisfaction
plus en plus nettement. Plus généralement, les logements plaisent d’autant plus aux ménages qu’ils
sont grands, récents et de bonne qualité, ce qui n’est pas spécifique aux maisons individuelles.
Cette différence de satisfaction entre types de logement se retrouve logiquement entre statuts
d’occupation. Les locataires sont nettement moins enthousiastes : 57% en secteur locatif privé
sont satisfaits et seulement 54% des habitants du secteur social. L’écart entre ces deux secteurs s’est
cependant réduit entre 1996 et 2001, le parc social satisfaisant 3% de ménages supplémentaires
par rapport à la dernière enquête. Ces chiffres restent inférieurs à la moyenne nationale.
Les propriétaires sont satisfaits de leur logement pour 84% d’entre eux, tant pour les accédants
que pour les non-accédants.
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°75 - Avril 2004 152 Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Dans le Nord-Pas-de-Calais, en 2001 comme en 1996, presque neuf ménages sur dix se plaisentLes personnes les plus
dans leur quartier, ce qui est légèrement au-dessous du niveau national. Le périurbain arrivesatisfaites habitent
en tête avec 97% des ménages satisfaits (cf. graphique 1). Cette proportion atteint 95% dansplus souvent
le rural, tandis qu’ils ne sont que 80% dans les villes-centres et les pôles urbains à apprécier
un quartier agréable leur quartier. Les banlieues résidentielles enfin apportent plus de satisfaction que les banlieue
industrielles.
Graphique 1 : Degré de satisfaction selon le type de commune
100
95
90
85
80
75
70
Périurbain hors bassin Pôle Banlieue Banlieue ville Pôle
d’habitation secondaire résidentielle industrielle centre urbain
Type de commune (typologie Orha)
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001-2002
La satisfaction qu’apporte une habitation est fortement liée à l’appréciation donnée sur le quartier.
Le logement est un espace privé plongé dans un espace collectif à partager. Ces deux entités sont
en interactions permanentes : les bruits de la rue, la pollution, ou, au contraire, un espace vert
bien entretenu, une voirie en bon état, des relations de voisinage cordiales sont autant d’éléments
certes extérieurs au logement mais qui ont une influence sur la qualité de vie de ses occupants.
Parmi les ménages qui apprécient leur quartier, seulement 24% déclarent que leurs conditions de
logement ne sont pas satisfaisantes (cf. graphique 2). Ils sont 64% à être dans ce cas lorsqu’ils
ne se plaisent pas dans leur quartier.
Graphique 2 : Degré de satisfaction et opinion sur le quartier
100
80
60
40
20
0
se plaît ne se plaît pas
dans son quartier dans son quartier
Le ménage...
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001-2002
Guide de lecture : Parmi les ménages qui se plaisent dans leur quartier, 76% des ménages
sont satisfaits de leur condition de logement.
Mais l’appréciation de la qualité de la vie dans un quartier repose sur de multiples paramètres :
la qualité de l’environnement urbain ou naturel, les relations de voisinage, ou encore la proximité
des équipements ou du lieu de travail doivent être pris en compte pour comprendre pourquoi le
ménage est satisfait ou non de son cadre de vie.
Les Cahiers de l’Orha - Avril 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 16
Proportion de ménages satisfaits Proportion de ménages qui se plaisent
de leur logement en % dans leur quatier en %2Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Dans le Nord-Pas-de-Calais, deux ménages sur cinq qualifient de médiocre la qualité de l’airLa perception de la
dans leur quartier. C’est plus que la moyenne nationale (35%). Cette proportion augmentequalité du logement
avec le niveau d’urbanisation ; elle atteint un maximum dans les bassins industriels. L’entretienest liée à celle de
de la voirie et des espaces publics apparaît aussi comme un élément important. Deux tiers des
l’environnement ménages en sont satisfaits dans la région tout comme en France.
Les bruits extérieurs touchent de façon similaire les logements collectifs et individuels. Près
du tiers des ménages déclarent une gêne due à des bruits extérieurs assez fréquents à très
fréquents, soit légèrement plus que la moyenne française, ce qui n’est pas sans lien avec la
satisfaction que leur apporte leur logement (cf. graphique 3).
Graphique 3 : Degré de satisfaction et nuisances sonores
100
80
Bruits provenant 60
de l’extérieur
40
Bruits provenant
de l’intérieur de l’immeuble20
0
rares assez fréquents très fréquents
Le ménage déclare que les bruits sont...
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001-2002
Les relations de voisinage peuvent influencer la perception par le ménage de son propre logementLes relations de voisinage
(cf. graphique 4). Connaître ses voisins et les apprécier crée un sentiment d’attachement à soninfluencent le jugement
quartier donc, dans une certaine mesure, à son logement. La vie de voisinage a sans doutedes ménages
d’autant plus d’importance que le ménage souhaite s’établir durablement. Les ménages locataires
dont l’installation est souvent transitoire entretiennent ainsi moins de relations avec leurs voisins que
les ménages propriétaires.
La vie dans le quartier peut être mal perçue si une personne du ménage a été victime ou témoin d’une
agression ou d’un vol. À peine plus d’un ménage sur dix déclare avoir connu un tel problème au
cours des douze mois précédant l’enquête. Ils sont néanmoins plus nombreux en proportion parmi
les locataires tant en secteur social qu’en secteur libre, ainsi que dans les lieux les plus urbanisés.
Graphique 4 : Degré de satisfaction dans les relations de voisinage
100
80
60
Voisinage
immédiat40
Habitants 20
du quartier
0
Bonne Moyenne Médiocre Pas de relations
Opinion sur les relations avec le voisinage
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001-2002
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°75 - Avril 2004 17
Proportion de ménages satisfaits Proportion de ménages satisfaits
de leur logement en % de leur logement en %2 Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Pour les ménages qui vivent en collectif, les parties communes de l’immeuble constituent unDes désagréments
premier contact vers l’extérieur. 65% des ménages habitant dans un immeuble collectif se disentparticuliers dans les
satisfaits de l’entretien des parties communes, contre 69% en moyenne nationale. À l’opposé, ilsimmeubles collectifs
sont 15% à considérer comme médiocre la façon dont elles sont entretenues. 12% déclarent
même que celles-ci sont fréquemment dégradées, ce qui est supérieur de 4 points à la
moyenne nationale. Ces gênes occasionnées influencent évidemment la façon dont le ménage
perçoit son logement (cf. graphique 5).
Graphique 5 : Degré de satisfaction et dégradations des parties communes dans les immeubles col-
lectifs
100
80
60
40
20
0
Aucune Dégradations ou Dégradations ou
dégradation gênes mineures gênes importantes
ou fréquentes
Source : Insee, Orha - Enquête logement 2001
La structure même de l’habitat collectif peut engendrer un niveau de gêne relativement important
dû aux bruits internes à l’immeuble. Ainsi, un quart des ménages vivant en collectif se plaignent
de bruits fréquents voire très fréquents ce qui est supérieur à la moyenne française. La part
de mécontents est d’autant plus importante que l’immeuble est de grande taille. Elle atteint un
maximum pour les constructions de la période 1949-1974. La qualité médiocre du bâti et sa
dégradation rapide en sont en partie responsables. Mais l’image négative des grands ensembles
collectifs d’après-guerre peut rendre les ménages plus critiques, particulièrement dans une
région où l’habitat est traditionnellement individuel.
La situation par rapport aux services ou aux équipements, la distance à parcourir pour se rendreLes effets de l’éloignement
à son travail sont autant d’éléments indissociables de l’appréciation portée sur le logement. Lesdes équipements et du lieu
actifs Nordistes ayant un emploi sont majoritairement utilisateurs de la voiture. C’est en effetde travail
le moyen de transport principal pour 83% d’entre eux, alors que 5% seulement utilisent les
transports en commun. La région est en cela comparable à la moyenne des autres régions de
province.
64% des ménages sont pourtant satisfaits de l’accessibilité de leur logement grâce aux
transports en commun et seuls 11% déclarent une absence d’accès par ce moyen ce qui est
nettement meilleur que la situation nationale. La densité du réseau de transports en commun
explique probablement cette forte satisfaction.
Le temps de trajet domicile-travail n’est pas plus important qu’au niveau national : un quart
d’heure pour 38% d’entre eux, une demi-heure pour 80%. La longueur du trajet n’a cependant
pas d’impact sur la satisfaction du ménage : habiter loin de son lieu de travail peut être un
choix qui permet d’occuper un logement adapté à ses besoins.
Les Cahiers de l’Orha - Avril 2004Orha Nord-Pas-de-Calais 18
Proportion de ménages satisfaits
de leur logement en %2Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Tout le monde ne recherche pas le même type de logement. Par exemple, contrairement à laÀ chaque profil de
tendance qui pousse nombre de ménages avec enfants vers les zones périurbaines, uneménage son type de
personne âgée peut être plus satisfaite par une habitation en immeuble collectif, localisée enlogement
centre-ville et offrant des services de proximité.
Les besoins et les préférences en matière de logement varient ainsi d’un ménage à un autre.
L’adéquation entre la nature du ménage et le type de logement déterminera largement le degré
de satisfaction. Le logement idéal n’existe pas en ce sens qu’il ne saurait répondre aux
attentes de toutes les catégories de ménages.
La différenciation la plus évidente oppose logements individuels et collectifs. Les premiers sontLe parc individuel
logiquement caractérisés par une grande taille et une tendance à être sous-peuplés, par laplébiscité, le collectif
présence d’un garage, d’un jardin, d’un grenier ou d’une cave et par une plus forte proportionponctuellement
de ménages propriétaires. Ils sont plus fréquents en zone rurale, bien que le Nord-Pas-de-Calais
apprécié occupe à cet égard une position particulière avec des villes industrielles organisées en longs
alignements de maisons mitoyennes. Les logements collectifs, plus récents, sont moins spacieux
et plus souvent loués. Implantés en zone urbaine, ils sont sujets au bruit ou à la pollution de
l’air et engendrent moins de relations de voisinage.
Le fait de posséder une habitation individuelle augmente nettement les chances d’être satisfait de
son logement. Cet attrait de l’individuel est d’ailleurs le plus ressenti par les 30-50 ans qui sont
nombreux à rechercher ce type d’habitat, notamment les couples, avec ou sans enfants, et les
familles monoparentales.
Pour les ménages les plus jeunes et les plus âgés, habiter un logement individuel semble être
un élément moins essentiel. Ainsi, les deux tiers des moins de 30 ans choisissent un logement dans
le collectif. De par leur localisation, ces habitations offrent souvent une plus grande proximité des
équipements urbains ce qui est un atout pour ces ménages aux revenus relativement limités.
Faiblesse des revenus et situation de chômage augmentent également la probabilité d’être
satisfait par ce type de logement.
Après 65 ans, le logement collectif connaît en proportion autant de satisfaits que l’individuel.
Les ménages qui ont choisi une habitation en collectif, même s’ils restent peu nombreux parmi
les populations âgées, tirent profit de la proximité des équipements, notamment dans le cas où
les déplacements leur sont devenus plus difficiles.
Au-delà de l’opposition entre individuel et collectif, la qualité des habitations permet de faireTous les ménages
ressortir deux catégories de logements. D’une part, des logements sans défaut, tout confort, plussensibles à la qualité
récents et qui ont notamment été construits en zones périurbaines et en banlieues résidentielles.du logement et du
D’autre part, des logements plus anciens, qui ne sont donc pas équipés de tout le confort
cadre de vie
et qui comportent des défauts de qualité. Ils sont sur-représentés dans les banlieues issues
de l’industrialisation.
La qualité des logements est d’ailleurs liée à celle de l’environnement. Les logements comportant
des défauts de qualité sont fréquemment insérés dans un environnement dégradé, caractérisés
par des espaces verts rares ou de qualité médiocre, des bruits fréquents provenant de la
circulation ou d’établissements proches, la pollution de l’air ou encore un mauvais entretien
des espaces publics. La qualité de l’habitation apparaît d’ailleurs comme un élément de
bien-être essentiel pour l’ensemble des ménages.
Insee Nord-Pas-de-CalaisLes Dossiers de Profils n°75 - Avril 2004 192 Le souhait des ménages : un logement adapté aux besoins dans un environnement de qualité
Une troisième opposition ressort en termes d’environnement immédiat du logement. D’un côté,Une vie de voisinage
se distinguent de petits logements situés en banlieue, bien reliés aux villes-centres et bénéficiantagréable : un élément
d’un espace public bien entretenu. Les ménages qui les habitent ont de bonnes relations deessentiel surtout en
voisinage.
zone urbaine Un autre grand type d’habitation se dégage. Il s’agit de logements certes plus grands mais
aussi plus excentrés, caractérisés par un cadre de vie moins favorable. Les difficultés qui
ressortent sont alors moins liées à une dégradation de l’environnement lui-même qu’à des pro-
blèmes d’entourage : parties communes des logements collectifs mal entretenues et souvent
dégradées, bruits fréquents provenant de l’intérieur de l’immeuble, relations de voisinage
difficiles. Les ménages déclarent relativement souvent que les espaces publics et la voirie sont
mal entretenus.
Habiter dans un quartier mal entretenu, mal relié, avec des relations de voisinage plutôt
difficiles a une influence négative si nette sur la perception du logement qu’une éventuelle
grande taille ne suffit pas à la compenser.
Globalement, vivre dans un environnement de bonne qualité semble être essentiel pour les per-
sonnes qui habitent le plus souvent un logement en immeuble collectif, en zone urbaine. Ainsi,
les plus jeunes, particulièrement les étudiants, qui ont un mode de vie très urbain et pour qui
la proximité des équipements est importante, sont nettement plus satisfaits lorsqu’ils vivent dans
un environnement agréable. Ils sont aussi parmi ceux qui sont le plus souvent dans ce cas.
Les ménages aux revenus modestes habitent plus souvent que les étudiants dans un environne-
ment de qualité médiocre. Ouvriers, employés et professions intermédiaires dans une moindre
mesure, chômeurs et personnes sans activité professionnelle en dehors des retraités n’ont pas la
possibilité d’acquérir un logement en dehors des villes et souhaitent au moins vivre dans un
quartier convenable.
Ça n’est donc pas tant la qualité de ce type de logement qui importerait, que son insertion
dans un cadre de vie agréable.
Les ménages les plus aisés tels que les cadres sont moins sensibles à cette distinction : si cer-
tains habitent effectivement dans des zones mal reliées aux différents équipements, comme
dans le périurbain, la possibilité d’avoir un moyen de transport personnel compense ce dés-
avantage. De plus, la faible urbanisation et un logement spacieux rendent sans doute moins
pénibles d’éventuels désagréments de l’environnement.
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