Le niveau de diplôme s'élève, mais le lien diplôme-emploi se fragilise

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En 1999, comme en 1990, les diplômés du supérieur sont toujours plus présents en Ile-de-France qu'en province. Sur la dernière décennie, le niveau de diplôme a continué à progresser, pour les femmes comme pour les hommes, mais de façon inégale selon les départements de la région. Ces diplômés mettent plus de temps qu'auparavant pour accéder à un emploi à durée indéterminée ou à un statut de cadre. L'insertion professionnelle est relativement plus difficile pour les femmes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILE DE FRANCE
Le niveau de diplôme s’élève,
mais le lien diplôme-emploi se fragilise
ors du recensement de la population de 1999, 42 % de la population
francilienne de 15 ans ou plus non scolarisée déclarait avoir un di-Lplôme au moins égal au niveau baccalauréat. Ce n’est le cas que de
27 % des provinciaux (figure 1). Dans la région, 17 % ont un niveau supé-
rieur à bac + 2 contre 7,3 % en province. Même si, durant ces dernières dé-
cennies, les universités se sont développées en province, l’Ile-de-France
continue d’attirer les jeunes diplômés, en particulier ceux qui suivent un
troisième cycle, car l’offre d’enseignement y reste plus abondante. De la
même façon, pour les cadres supérieurs, l’offre de travail y demeure plus
élevée.
En 1999, comme en
1990, les diplômés du avantage de diplômés depuis 1990D
supérieur sont toujours
plus présents en
En Ile-de-France comme en province, l’élévation du niveau de diplômeIle-de-France qu’en
se caractérise par la hausse des effectifs des diplômés de l’enseignementprovince. Sur la dernière
supérieur et le recul des non diplômés.
décennie, le niveau de
diplôme a continué à En 1999, parmi les Franciliens non scolarisés, 26 % possèdent un di-
progresser, pour les plôme au moins équivalent au premier cycle universitaire. Ils étaient 18 %
femmes comme pour les dans ce cas en 1990, et 13 % en 1982 (figure 2). A l’inverse, seulement
hommes, mais de façon 17 % n’ont aucun diplôme contre 25 % en 1990 et 33 % en 1982.
inégale selon les
départements de la Enfin, les hommes comme les femmes sont de plus en plus diplômés
mais ces dernières demeurent moins nombreuses que leurs collèguesrégion.
masculins à être diplômées de deuxième ou troisième cycle universitaireINSTITUT Ces diplômés mettent
(14 % contre 18 %).NATIONAL DE LA plus de temps
STATISTIQUE qu’auparavant pour
ET DES ETUDES e fortes disparités intra-régionalesaccéder à un emploi à D
ECONOMIQUES durée indéterminée ou à
un statut de cadre. Le niveau de diplôme de la population est très variable d’un département
L’insertion francilien à l’autre. Si les écarts sont relativement faibles pour les diplô-
professionnelle est mes sanctionnant une formation générale (BEPC et baccalauréat), ils
relativement plus difficile sont particulièrement sensibles aux deux extrémités de l’échelle des di-
pour les femmes. plômes (figure 3). A Paris, où les universités sont nombreuses, plus de
ILE-DE-FRANCE
MENSUEL N° 2 2 0 - FEVRIER 2003 - 2,2 €
àlapage
E m p l o iFigure 1 - Répartition de la population âgée de 15 ans ou plus, D éfinitions
non scolarisée, selon le niveau de diplôme
Cinq catégories de diplômes :
Diplômes supérieurs - les « non-diplômés » regroupent les personnes n’ayant pas de diplôme ou
ayant seulement le Certificat d’études primaires (CEP) ;
Bac+2 - les diplômes inférieurs au baccalauréat sont le BEPC, le CAP et le BEP ;
- les diplômes de « niveau baccalauréat » intègrent les baccalauréats géné-
Bac - Brevet prof. raux, technologiques et professionnels ;
- les diplômes de « premier cycle » sont tous ceux obtenus deux ans après le
CAP - BEP baccalauréat ;
e e- les diplômes du « supérieur » sont les diplômes de 2 et 3 cycles universi-
BEPC
taires et ceux des grandes écoles.
CEP Trois catégories de qualification :
- les emplois très qualifiés regroupent les emplois de cadres et les profes-Aucun diplôme
sions intermédiares ;
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 - les emplois qualifiés sont composés d’ouvriers et d’employés qualifiés ;
%Province 1999 Ile-de-France 1999 - les emplois non-qualifiés sont les catégories non qualifiées parmi ouvriers
et employés.
Source : Insee, recensement de 1999 (exploitation complémentaire)
structure par âge). En fait, le vieillissement de la population30 % de la population résidente en 1999 possède un diplôme
e ede 2 ou 3 cycle universitaire. Ils sont moins de 10 % dans les francilienne a peu affecté la répartition des diplômes. Si la
départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de structure par âge était demeurée constante entre 1990 et 1999
(en neutralisant ainsi le vieillissement des Franciliens), le ni-la Seine-et-Marne. Les écarts entre ces départements ont aug-
veau de diplôme se serait élevé de façon identique. L’évolutionmenté entre 1990 et 1999 puisque l’accroissement de la pro-
constatée s’explique donc essentiellement par la forte attrac-portion des bacheliers et diplômés de l’enseignement
tion du territoire pour les diplômés à tout âge (effet « mobili-supérieur est près de deux fois moins importante pour les trois
départements précédemment cités que pour Paris. Cette ac- té ») et par une propension plus marquée à la poursuite des
centuation des inégalités confirme l’accroissement de la ségré- études des générations dernièrement scolarisées (effet « géné-
ration »).gation spatiale dans la région.
Entre 1990 et 1999, les départs vers la province ont été pluses moins de 30 ans :L
nombreux que les arrivées dans la région. Ce constat n’est ce-plus diplômés et plus mobiles
pendant pas vrai pour les diplômés du supérieur. En effet, la
région attire en proportion, et à tous les âges, plus de diplômés
Entre 1990 et 1999, la population francilienne a vieilli : la pro- du supérieur qu’elle n’en perd. Du fait de la mobilité géogra-
portion des moins de 30 ans est plus faible tandis que celle des phique, l’Ile-de-France a ainsi gagné environ 70 000 diplômés
plus de 50 ans augmente. Puisque les générations les plus an- du supérieur tandis qu’elle perdait près de 180 000 non diplô-
ciennes sont moins diplômées, par un simple effet démogra- més ou diplômés d’un CEP. Ce phénomène est particulière-
phique, l’augmentation du nombre des diplômés du supérieur ment marqué pour les jeunes : entre 15 et 24 ans, 63 % des
aurait dû être freinée, toutes choses égales par ailleurs (effet entrants ont au moins le baccalauréat, tandis que 34 % des sor-
Figure 2 - Répartition de la population par sexe, selon le dernier diplôme obtenu (en %)
1999 1990
Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble
Aucun diplôme 17,2 16,2 16,7 25,2 25,1 25,1
CEP 9,8 13,1 11,5 13,6 17,0 15,4
BEPC 10,3 12,6 11,5 9,5 12,5 11,1
CAP 14,2 9,6 11,8 14,5 9,1 11,7
BEP 7,0 7,3 7,2 4,6 5,6 5,1
Baccalauréat 14,1 15,5 14,8 12,8 14,4 13,6
er
Diplôme universitaire 1 cycle 9,0 11,5 10,3 6,7 8,4 7,6
e
Diplôme universitaire 2/3 cycle 18,3 14,3 16,2 13,0 8,0 10,4
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Champ : population francilienne âgée de 15 ans ou plus.
Source : Insee, recensements de 1999 (exploitation complémentaire) et de 1990 (exploitation au 1/4)Figure 3 - Répartition de la population par niveau de diplôme éthodologieM
et par département de résidence
Recensements de la population
Paris Les statistiques citées dans cet article proviennent de l’exploitation par son-
dage au quart du recensement de la population de 1990, et de l’exploitation
Hauts-de-Seine complémentaire du recensement de 1999.
Seine-Saint-Denis Le niveau de diplôme retenu pour cette étude est issu des informations dis-
ponibles dans le bulletin individuel du recensement. Il s’agit du niveau de
Val-de-Marne
diplôme déclaré par la personne de 15 ans ou plus.
Seine-et-Marne
Yvelines
plus le diplôme est élevé et plus le taux de chômage est faible :
Essonne 22 % des non diplômés sont au chômage contre 12 % des titu-
elaires d’un baccalauréat général et 6,5 % des diplômés des 2 et
Val-d'Oise e3 cycles universitaires ou équivalent.
0 10203040 5060708090 100
%
erAucun diplôme et CEP CAP et BEP Dip. univ. 1 cycle ’accès à des emplois qualifiés et stables
e LBEPC Baccalauréat Dip. univ. 2/3 cycle
plus long et inégal qu’auparavant
Champ : population francilienne âgée de 15 ans ou plus.
Source : recensement de 1999 ( exploitation complémentaire)
Bien que le niveau de diplôme se traduise toujours par l’obten-
tion d’une catégorie d’emploi particulière et que celui-ci pré-
tants seulement sont dans le même cas. En l’absence de mobi- munit davantage contre le chômage, l’accès à des emplois
lité résidentielle, la part des diplômés du supérieur aurait donc qualifiés et stables est plus long qu’auparavant. En effet, parmi
été moindre (figure 4). les actifs de moins de 30 ans ayant un emploi et possédant au
emoins un diplôme de 2 cycle universitaire (ou équivalent),
Outre cette dynamique migratoire, l’élévation du niveau de di- près de 75 % ont un contrat à durée indéterminée et moins de
plôme est également la conséquence de l’allongement de la 60 % sont cadres (figure 5). En 1990, ils étaient respective-
durée des études. Ainsi, la part des élèves et des étudiants a ment 81 % et 70 %. Parmi cette population, entre les deux re-
sensiblement progressé depuis 1990, notamment pour les jeu- censements, la proportion d’employés a doublé et celle des
nes âgés de 20 à 24 ans. En 1999, près de 46 % d’entre eux professions intermédiaires a chuté d’un tiers. Dans le même
étaient encore scolarisés à ces âges-là contre 36 % en 1990. temps, la part de ceux qui signent un contrat à durée déter-
minée a fortement augmenté passant de 14 % à près de 23 %.
Le niveau de diplôme conditionne toujours la qualification so- Il faut désormais attendre l’âge de 30 à 35 ans pour que les ac-
e ecioprofessionnelle. Les deux tiers des diplômés des 2 et 3 cy- tifs diplômés de l’enseignement supérieur se stabilisent dans
cles universitaires (ou équivalent) sont cadres ou professions un emploi à durée indéterminée et/ou dans un statut de cadre.
erintellectuelles supérieures ; la moitié des diplômés du 1 cycle On peut y voir un double effet diplôme : un premier effet
universitaire (ou équivalent) appartiennent aux professions in- consécutif de l’obtention du diplôme qui garantit de moins en
termédiaires ; plus de quatre non diplômés sur dix sont ou- moins l’accès à une catégorie socioprofessionnelle ; un second
vriers et plus du tiers sont employés. Il apparaît également que effet lié à la valorisation du diplôme sur le marché du travail,
Figure 4 - Répartition de la population
en fonction du dernier diplôme obtenu (en %)
P our en savoir plus
Avec Sans Ecarts
migration migration (1) de points Audric Sophie : « Qualification et diplôme » Données sociales 2002-2003,
avec/sans Insee.
Julien Philippe, Laganier Jean, Pougnard Jacques : « Les études supé-Aucun diplôme 16,7 16,8 -0,1
rieures : un motif de migration », Insee première, n° 813, novembre 2001.CEP 11,5 12,4 -0,9
BEPC 11,5 11,8 -0,3 Poulet-Coulibando Pascale, Zamora Philippe : « Insertion des jeunes :
sensible amélioration surtout chez les diplômés », Insee première, n° 741,CAP 11,8 12,7 -0,9
octobre 2000.BEPC 7,2 7,4 -0,2
Baccalauréat 14,8 14,5 0,3 « Population et modes de vie », Atlas des Franciliens, tome 3, Insee - Iaurif,
Diplôme universitaire 1er cycle 10,3 9,9 0,4 2002.ersitaire 2/3e cycle 16,2 14,4 1,8 « Formation et emploi », France, portrait social 2001-2002, Insee, pp.
Total 100,0 100,0 - 178-179.
Champ : population francilienne âgée de 15 ans ou plus. « Les jeunes de 16 à 29 ans », Insee Ile-de-France Dossiers,n°37, sep-
(1) Répartition de la population que l'on aurait obtenue s'il n'y avait pas eu de migration ré- tembre 2000.
sidentielle entre 1990 et 1999.
Source : Insee, recensement de 1999 (exploitation complémentaire)Figure 5 - Répartition des actifs* selon la nature du contrat de travail et la catégorie socioprofessionnelle (en %)
1999 1990
Ensemble Hommes Femmes Ecarts H/F Ensemble Hommes Femmes Ecarts H/F
Nature du contrat de travail
Emploi ou contrat à durée indéterminée 74,0 77,6 70,8 6,8 81,5 83,0 80,2 2,8at à durée déterminée 22,6 18,6 26,3 -7,7 13,9 12,1 15,8 -3,7
Indépendant ou employeur 3,4 3,8 2,9 0,9 4,6 4,9 4,0 0,9
Total 100,0 100,0 100,0 - 100,0 100,0 100,0 -
Catégorie socio-professionnelle
Cadres ou professions intell.supérieures 55,9 67,6 45,7 21,9 70,2 78,7 61,9 16,8
Professions intermédiaires 28,8 21,0 35,7 -14,7 21,0 14,7 27,2 -12,5
Employés 12,9 7,8 17,4 -9,6 6,7 3,6 9,9 -6,3
Autres 2,4 3,6 1,2 2,4 2,1 3,0 1,0 2,0
Total 100,0 100,0 100,0 - 100,0 100,0 100,0 -
e e
* Actifs ayant un emploi, âgés de moins de 30 ans et diplômés du 2 ou 3 cycle universitaire (ou équivalent).
Source : Insee, recensements de 1999 (exploitation complémentaire) et de 1990 (exploitation au 1/4)
avec un phénomène de file d’attente dans des emplois à durée sont inactifs. Ils représentent près de4%de cette classe
déterminée et/ou des situations de sous-qualification. d’âge ; leur part relative n’a pas évolué depuis 1990 et elle est
comparable à celle de la province. Trois profils distincts se re-
Les conditions d’insertion professionnelle divergent sensible- trouvent dans ce groupe :
ment en fonction du sexe. Parmi ces jeunes actifs ayant un em-
eploi et diplômés au moins d’un 2 cycle universitaire, les - 40 % sont des femmes « au foyer ». Parmi elles, 75 % n’ont
hommes sont plus souvent employés à durée indéterminée, pas le baccalauréat et 43 % ne sont pas de nationalité fran-
cadres ou professions intellectuelles supérieures ; ils travaillent çaise ;
plus rarement dans la fonction publique. A l’inverse, les fem-
mes sont plus souvent employées (17,4 % contre seulement - 25 % sont des enfants vivant toujours avec leurs parents. Les
7,8 % pour les hommes). Ces écarts se sont accentués entre les deux tiers sont des hommes, plus de 70 % n’ont pas le bacca-
deux derniers recensements, les femmes ayant été davantage lauréat et 42 % n’ont aucun diplôme ;
touchées par la précarisation des emplois .
- plus de 20 % vivent hors ménage, c’est à dire dans une collec-
eu d’inactifs tivité ou une communauté. 60 % sont des hommes, 71 %P
n’ont pas le baccalauréat et 42 % sont sans diplôme, un tiersparmi les moins de 30 ans non scolarisés
ne sont pas de nationalité française.
Malgré l’allongement de la durée moyenne des études, une
partie des moins de 30 ans reste hors du système éducatif sans
être pour autant sur le marché du travail. Ainsi, dans la région Yvan Urunuela
Ile-de-France, prés de 90 000 individus, âgés de 15 à 29 ans, Université de Saint-Quentin-en-Yvelines
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