Le quart du budget des locataires dans le logement

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Quatre ménages sur dix sont locataires. Selon leur situation, ils s'installent dans un logement du secteur social, dans un appartement ou une maison individuelle du secteur privé, ou encore dans une case traditionnelle en location. Entre le secteur social et le secteur privé moderne, les loyers peuvent varier du simple au double. Ce sont les locataires des appartements du secteur privé, souvent jeunes, qui consacrent la plus grande partie de leur budget au logement.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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so cié té
Logement
Le quart du bud get des
Quatre ménages sur dix sont loca taires. Selon leur situa tion, ils
s’ins tallent dans un loge ment du sec teur social, dans un
appar te ment ou une mai son indi vi duelle du sec teur pri vé, ou
encore dans une case tra di tion nelle en loca tion. Entre le sec teur
social et le sec teur pri vé moderne, les loyers peuvent varier duDéfi ni tions
simple au double. Ce sont les loca tai res des appar te ments du
Le sec teur loca tif social com prend les sec teur pri vé, sou vent jeu nes, qui consa crent la plus grande
loge ments loués par les bail leurs sociaux partie de leur bud get au loge ment.
habi li tés à cons truire des loge ments avec
l’aide de l’Etat. Il s’agit pour la plu part de
socié tés d’éco nomie mixte, le sec teur
HLM n’est repré sen té à La Réu nion que tre pro prié taire de leur propre
Trois mar chés pour despar une socié té ano myme (la SHLMR). loge ment est l’aspi ra tion natu relle
clien tè les dif fé ren tesEde bien des famil les réu nion nai ses. Le sec teur loca tif pri vé com prend des
On pour rait dès lors sup po ser que seu lesloge ments loués par des socié tés pri vées Ce sont avant tout les reve nus du
ou des par ti cu liers. Il se com pose d’un des consi dé ra tions bud gé tai res peu vent
ménage et la situa tion socio pro fes sion -parc « moderne » de loge ments en dur expli quer la part impor tante de loca tai - nelle de sa per sonne de réfé rence qui(appar te ments ou mai sons indi vi duel les) res : 40 % sur l’ensemble de l’île (autant
et d’un parc « tra di tion nel » de déter mi nent la répar ti tion des loca tai res
qu’en métro pole) et jus qu’à 62 % danscons truc tions fai tes, au moins entre le sec teur social, le sec teur pri vé
le Nord plus urbain (autant qu’à Paris). par tiel le ment, de bois ou de tôle. moderne et le sec teur pri vé tra di tion nel.
Ain si, les ména ges dont la per sonne deEn fait d’autres carac té ris ti ques qui déter -Le reve nu d’un ménage est la somme des réfé rence n’exerce pas d’acti vi té pro fes -
reve nus indi vi duels de ses mem bres. Il mi nent aus si le sta tut d’occu pa tion : les
sion nelle, qu’elle soit inac tive ou aucom prend tous les reve nus d’acti vi tés jeu nes et les petits ména ges (per son nes
chô mage, sont plus de 63 % à habi ter(salai res, trai te ments, indem ni tés, reve nus seu les, famil les mono pa ren ta les notam -
non sala riaux), les indem ni tés de dans des loge ments sociaux. Par mi les
ment) sont bien plus sou vent loca tai res.chô mage, les retrai tes et pen sions, les
reve nus immo bi liers et ceux du capi tal, Dès lors, le parc loca tif accueille un
ain si que les pres ta tions fami lia les
public aux carac té ris ti ques et aux(allo ca tions fami lia les, API, etc.) et le
besoins très variés. Les quel ques 80 000RMI.
ména ges qui le com po sent en 1997 se
On ana lyse par fois les reve nus par uni té répar tis sent entre trois sec teurs loca tifs
de consom ma tion des ména ges : il s’agit ( sec teur social, sec teurs pri vés moderne
du reve nu total du ménage divi sé par un
et tra di tion nel) répon dant aux besoins de coef fi cient égal à :
trois clien tè les par ti cu liè res.1 pour la pre mière per sonne
+ 0,5 par adulte sup plé men taire (15 ans
ou plus)
+ 0,3 par enfants de moins de 15 ans.
Les inter val les inter- déci les for ment une
par ti tion de la popu la tion en 10 clas ses
de même effec tif. Ain si, les ména ges dont
les reve nus appar tien nent au pre mier
Plus d’un tiers des lo ca tai res de ca té -inter valle inter-décile (que l’on nom me ra
go ries so cia les mo des tes sont lo géspre mier décile en sim pli fiant)
par le sec teur pri vé mo derne ou tra di-
repré sen tent les 10 % de la popu la tion tion nel.qui dis po sent des reve nus les plus fai bles.
On peut faire de même en répar tis sant la
popu la tion en quatre ou cinq grou pes de retrai tés, dont les trois-quarts sont pro -
même effec tif, on obtient alors des prié tai res, la plu part des loca tai res font
quar ti les, ou des quin ti les. partie du sec teur social. Si les loca tai res
ouvriers et employés sont près de six sur
dix dans le parc social, les loca tai resL’auteur dont la per sonne de réfé rence appar tient
à une autre catégorie (pro fes sion inter-
Olivier BOUSQUET est volontaire de mé diaire, arti san et com mer çant, pro fes -l’aide technique à la direction régionale Les mé na ges à fai bles re ve nus sont sion supé rieure) sont moins de deux surde l’Insee, et chargé d’études plus sou vent lo ca tai res. dix dans ce même parc.démographiques.
8so cié té
lo ca tai res dans le lo ge ment
Mon tant du loyer et des char ges se lon les sec teurs lo ca tifs en 1997 Amélioration de la solvabilité
-char ges fi nan des locataires depuis 1997
loyer Loyer Char ges Char ges Char gesSec teur lo ca tif effectif cière to tale
moyen au m² in di viduel les col lec ti ves to ta les Depuis 1997, dif fé ren tes réfor mes ontbrute
per mis d’amé lio rer la situa tion de
sec teur so cial 41 591 267 € 4,14 € 55 € 23 € 78 € 345 € beau coup de loca tai res,
par ti cu liè re ment ceux qui ont les
sec teur pri vé
14 077 442 € 8,02 € 48 € 15 € 63 € 505 € res sour ces les plus modes tes. Elles mo derne col lec tif
concer nent les reve nus des ména ges
sec teur pri vé d’une part, les loyers d’autre part et
12 864 548 € 5,98 € 67 € ns 67 € 615 € mo derne in di vi duel enfin le mode de cal cul des allo ca tions
de loge ment.sec teur pri vé
10 237 284 € 4,78 € 49 € ns 49 € 333 € tra di tion nel En matière de res sour ces des ména ges,
le fait le plus mar quant a étéEnsemble 78 769 345 € 5,22 € 55 € 15 € 70 € 415 €
l’ali gne ment du RMI sur le barème en
source : Insee, en quête lo ge ment –1997. vigueur en métro pole. Il a été réa li sé
en deux éta pes, le 1er jan vier 2001 etLa charge fi nan cière to tale brute (CFTB) est le mon tant to tal des dé pen ses de lo ge ment
le 1er jan vier 2002. Dans le parcd’un mé nage. Elles in cluent le paie ment du loyer, des char ges lo ca ti ves et des char ges
loca tif social près d’une famille surin di vi duel les (eau, gaz, élec tri ci té).
trois est concernée par cette mesure.
En matière de loyers, on peut noter leLa part du parc social est qua si ment la
gel des loyers dans le parc social enmême par mi les sept tran ches de reve nu
2000 et 2001 ; ain si que la sup pres sion les plus modes tes. Par mi les loca tai res
du droit de bail (taxe qui s’éle vait àaux reve nus les plus fai bles, quatre sur
2,5 % du loyer de base). De plus lesdix ne béné fi cient pas d’un loge ment Loge ments Loca tifs Très Sociaux
social et se rabat tent alors le plus sou - (LLTS), aux loyers plus fai bles que ceux
vent sur le sec teur pri vé tra di tion nel. des Loge ments Loca tifs Sociaux (LLS),
Quant au pri vé moderne il s’adresse sur - repré sen tent main te nant plus de la
tout aux ména ges qui ont les reve nus les moi tié de la livrai son de loge ments
neufs (soit envi ron 1 000 par an).plus éle vés. Ce parc est prin ci pa le ment
occu pé par des ména ges aux reve nus En matière d’Allo ca tion Loge ment,
plu sieurs amé lio ra tions sontsimi lai res à ceux des accé dants à la pro -
inter ve nues, dont la sup pres sionprié té mais qui res tent loca tai res pour
pro gres sive des quatre barè mes deJus qu’au sep tième dé cile (1 600 eu ros une rai son autre que finan cière.
l’allo ca tion loge ment selonde re ve nu par mois) plus d’un lo ca -
l’ancien ne té des loge ments et leurEnfin, dans le sec teur social, un ménagetaire sur deux est logé dans le sec teur
uni fi ca tion sur le barème le plusso cial. sur quatre est une famille mono pa ren -
favo rable. Les loca tai res des loge ments tale. En effet, les condi tions d’accès à
cons truits avant juil let 1995 ont ain siLe reve nu men suel moyen des loca tai res ces loge ments sont tel les que deux
vu leur allo ca tion reva lo risée. Pardu parc social attei gnait les 600 € par
ail leurs, la sup pres sion de la prise enuni té de consom ma tion en 1997, soit
compte dif fé rente des res sour ces selon200 € de moins que le reve nu moyen par
leur type (impo sa bles ou non
UC de l’ensemble des loca tai res, et près impo sa bles) et l’ali gne ment sur le
de deux fois moins que celui des loca tai - mode de cal cul de l’allo ca tion
res du parc pri vé moderne. En outre, les loge ment le plus favo rable, a conduit à
la reva lo ri sa tion de l’allo ca tion pourpres ta tions socia les (allo ca tions fami lia -
les ména ges à fai bles reve nusles, RMI, chô mage, retrai tes) repré sen -
impo sa bles.tent 56 % des reve nus des loca tai res du
social. Mais si les loca tai res du social La conju gai son de ces évo lu tions
récen tes a sans conteste per misont des reve nus glo ba le ment fai bles, les
d’amé lio rer la sol va bi li té des loca tai res ména ges aux reve nus les moins éle vés
dans le parc social depuis 1997 etsont davan tage pré sents dans le parc pri -
notam ment celle des loca tai res auxvé tra di tion nel. Ain si le parc social n’est-
reve nus les plus modes tes.
il com po sé qu’à 31 % des ména ges dont
le reve nu est dans le pre mier quar tile et Mi chel Ober lé,
qu’à 12,5 % des ména ges dont le reve nu dé lé gué de l’ARMOSA re ve nu com pa rable, les lo ca tai res
est dans le pre mier décile. Dans le parc du parc tra di tion nel sont moins nom -
breux à bé né fi cier d’ai des au lo ge -pri vé tra di tion nel, ces pro por tions sont
ment.res pec ti ve ment de 38 % et de 18 %.
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mères céli ba tai res sur trois peu vent pro - quents. Il est vrai que l’habi tat
fi ter d’un loge ment social au loyer plus tra di tion nel regroupe des loge -
modé ré. ments, et donc des loca tai res,
aux carac té ris ti ques très diver -
ses.Des taux d’effort éle vés
dans le col lec tif pri vé Les loca tai res du parc pri vé
moderne habi tant en mai sons
indi vi duel les s’acquit tent desSou mis à une forte pres sion des prix du
- loyers les plus éle vés sans pour fon cier, les loyers ont sen si ble ment aug
autant que leurs dépen ses demen té dans les années quatre-vingt-dix.
loge ment soient plus lour desLe parc loca tif s’est aus si consi dé ra ble -
ment renou ve lé : en 1997, un loge ment que la moyenne des loca tai res.
Néan moins, près d’un de cessur quatre avait moins de cinq ans. Ce
loca tai res sur quatre est éli- chan ge ment de struc ture du parc
gible à l’attri bu tion d’aides auexplique en partie la hausse des loyers,
Les char ges aug men tent net te ment le taux d’ef fort -qui se res sent éga le ment dans le sec teur loge ment, signe de l’hété ro gé
des mé na ges, sur tout les plus pau vres.social. néi té de ce parc.
En 1997, les loyers au m² variaient du
Les char ges loca ti vesloge ment étaient moins lour des pour lessimple au double entre le col lec tif pri vé
loca tai res du sec teur social. Bien que ne sont lour deset le social. C’est natu rel le ment dans ce
dis po sant pas de reve nus consi dé ra bles,sec teur que les loyers sont les plus bas
ces der niers pro fi tent de loyers encore(290 € en moyenne contre 501 € pour le Par mi les loca tai res de loge ments col lec -
modé rés et d’une bonne cou ver ture enpri vé moderne). Dans le sec teur pri vé tifs, les ména ges aux reve nus les plus
matière d’aides au loge ment : 70 %tra di tion nel, les prix ne sont guère plus modes tes ont les taux d’effort les plus
d’entre eux béné fi cient d’aides au loge -éle vés que dans le social mais recou - éle vés, sur tout dans le sec teur pri vé.
ment pour un mon tant moyen de 164 €.vrent des types de cons truc tion très hété - Mais il est un fait plus inquié tant pour
ro cli tes. ces ména ges : l’écart est impor tant entreDans le parc pri vé col lec tif au con traire,
le taux d’effort avec char ges (indi vi duel -les loca tai res pâtis saient des tauxLes dépen ses en eau, gaz et élec tri ci té -les et loca ti ves) et le taux d’effort engen d’effort les plus éle vés : les loyers au m² cons ti tuent les char ges indi vi duel les : dré par le seul loyer. Les char ges onty sont éle vés et les char ges col lec ti veselles varient peu selon le sec teur loca tif. donc un poids signi fi ca tif sur les plus-sont mal pri ses en compte dans l’attri bu A peine sont-elles plus lour des pour les fai bles reve nus mal gré les aides au loge -tion des allo ca tions loge ment. C’estména ges louant une mai son indi vi duelle ment. Les dépen ses de char ges loca ti vespour tant sur ce parc loca tif que se rabat -dans le sec teur pri vé (taille du ménage et sont aujourd’hui très mal pri ses entent les jeu nes et les petits ména ges nedu loge ment plus impor tante, reve nus en compte dans le cal cul de l’allo ca tionpou vant béné fi cier d’un loge ment social.moyenne supé rieurs). Quant aux char ges -loge ment dans les DOM. Elles repré sen
col lec ti ves, elles sont plus éle vées dans Par mi les ména ges aux reve nus les plus tent une charge de plus en plus impor -
le sec teur social que dans le sec teur pri - modes tes, cer tains loca tai res ont opté tante dans le bud get des ména ges,
vé col lec tif car elles acquit tent géné ra le - pour le loca tif pri vé tra di tion nel. Dans compte tenu de leur évo lu tion plus
ment de meil leurs ser vi ces. ce parc, les taux d’effort sont à un rapide que celle des loyers. n
niveau moyen, bien que les béné fi ciai res En 1997, les taux d’effort res taient à des
Oli vier BOUSQUETd’aides au loge ment soient peu fré -niveaux éle vés : plus du quart du bud get
d’un ménage loca taire était consa cré à
payer le loyer, l’eau, l’élec tri ci té, les
Re ve nus et taux d’ef fort se lon le sec teur lo ca tifbou teil les de gaz et les char ges col lec ti -
ves le cas échéant. Les dépen ses de
Re ve nu du Mon tant Loyer + Taux d'ef fort
Effec tif
mé nage moyen AL char ges (TETN) %
Pho to : P. MARCHAL - Mo zaïk sec teur so cial 41 591 1 078 € 345 € 24,8
- dont bé né fi ciai res AL 29 200 904 € 164 € 344 € 23,3
sec teur pri vé mo derne col lec tif 14 077 1 603 € 505 € 33,6 5 719 965 € 160 € 446 € 34,8
sec teur pri vé mo derne in di vi duel 12 864 2 344 € 615 € 26,8
- dont bé né fi ciai res AL 3 939 1 084 € 177 € 428 € 27,5
sec teur pri vé tra di tion nel 10 237 1 158 € 333 € 27,0
- dont bé né fi ciai res AL 4 002 884 € 179 € 321 € 23,2
Ensemble 78 769 1 389 € 415 € 27,0 42 860 927 € 166 € 363 € 25,2
source : Insee, en quête lo ge ment 1997.
Les lo ca tai res ont des taux d’effort
plus éle vés dans le col lec tif pri vé que Le taux d’ef fort est le taux d’ef fort to tal net (TETN), il cor res pond à la part du re ve nu
consacrée au paie ment du loyer et des char ges, di mi nué des ai des au lo ge ment per çuesdans le col lec tif so cial.
par le mé nage.
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