Les besoins en logements augmentent plus vite que la population

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Depuis cinq ans, le nombre de logements a crû de 5 % en Limousin, beaucoup plus vite que le nombre d'habitants (+ 0,2 %). La construction neuve bat son plein. En moyenne, les logements offrent plus d'espace à leurs habitants ; mais la question de l'habitat sans confort reste d'une importance particulière en Limousin. Les besoins en logements vont continuer d'augmenter, y compris sous l'hypothèse d'une stagnation de la population.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les besoins
en logements
augmentent plus vite
que la population
Le Limousin compte 327 500 ré- moyen atteint 1 %, soit une croissance si-Depuis cinq ans, le
sidences principales en 2004, soit milaire à celle observée entre 1975 et 1982.nombre de logements
16 000 de plus qu'en 1999. Avec Un tassement avait été observé dans les
a crû de 5 % en Limousin, 3 200 résidences principales sup- années quatre-vingt. Le redémarrage cons-
beaucoup plus vite que plémentaires chaque année, le taté depuis 1990 s'amplifie sur la période
le nombre d'habitants taux de progression annuel la plus récente.
(+ 0,2 %). La construction
neuve bat son plein.
En moyenne, les
logements offrent plus
d'espace à leurs habitants ;
mais la question de l'habi-
tat sans confort reste
d'une importance particu-
lière en Limousin.
Les besoins en loge-
ments vont continuer
d'augmenter, y compris
sous l'hypothèse d'une
stagnation de la popula-
tion.Moins de personnes
par logement…
Parallèlement, la population régio-
nale a augmenté de 0,2 % depuis
1999, soit beaucoup moins vite
que le nombre des résidences prin-
cipales. Cette différence de rythme
de croissance reflète la diminution
du nombre de personnes par lo-
gement. En 1975, pour loger mille
personnes, 350 logements étaient
nécessaires ; trente ans plus tard,
il en faut 460. Un logement est
aujourd'hui habité par 2,2 person-
nes en moyenne, alors qu'on dé-
nombrait 2,9 personnes par loge-
ment en 1975.
Deux phénomènes contribuent à
cette diminution : d'une part, la dé-
mographie : le vieillissement de la
population induit de plus en plus
de personnes âgées vivant seules,
et la fécondité plus faible contri-
bue à la diminution du nombre
d'enfants des ménages. D'autre
part, les modes de cohabitation
évoluent.
En effet, les séparations et divor-
ces, plus nombreux, se traduisent
par davantage de ménages consti-
tués de moins de personnes : per-
sonnes seules, familles monopa-
rentales. De plus, ces personnes
séparées mettent plus de temps à
former un nouveau couple. Les jeunes vi- tent en couple et ont des enfants personne est ainsi passé de 1,3 en
vent également plus souvent seuls, se met- plus tardivement. 1975 à presque 2 en 2004. Quel
Ainsi, le nombre de logements que soit le nombre de personnes
occupés par une seule personne du ménage, l'espace disponible
a augmenté de 14 % depuis 1999, pour chacune d'elle augmente ré-
et ceux occupés par deux person- gulièrement depuis plusieurs an-
nes ont crû de 8 %. À l'inverse, nées. On assiste donc à des exi-
le nombre de résidences princi- gences croissantes en matière
pales occupées par plus de deux d'espace : on vit de moins en
personnes a diminué de 7 %. Les moins nombreux dans des loge-
familles nombreuses, de six per- ments de plus en plus vastes.
Le taux de construction entre 1999 et sonnes ou plus, deviennent l'ex-
ception : leur nombre a chuté de2004 mesure la contribution annuelle
31 % en trente ans. Emballementde la construction neuve à l'accroisse-
de la construction neuvement du nombre de logements. Il est
calculé comme le rapport du nombre
…et plus de pièces par Le principal vecteur de progres-de logements construits en moyenne
personne sion du parc de résidences prin-annuelle et du parc existant en début
cipales est la construction neuve,
de période. Il est donc une approxima- Si les ménages comptent moins même si interviennent également
tion de l'accroissement annuel du parc de personnes qu'autrefois, les lo- les évolutions de la vacance, des
net des démolitions, fusions et chan- gements ont davantage de pièces. destructions et des changements
gements de destination. Le nombre moyen de pièces par d'affectation de locaux existants.
INSEE Limousin - décembre 2005Le statut de propriétaire est très
marqué en Limousin et s'accroît
régulièrement.
En 2004, 63 % des ménages pos-
sèdent leur logement, soit 3 points
de plus qu'en 1999. La région se
place ainsi au troisième rang, der-
rière la Bretagne et Poitou-
Charentes, pour son taux de pro-
priétaires. Les taux les moins éle-
La construction de logements bat vement bas. Ainsi, dans le neuf, vés concernent davantage les gran-
son plein en France, et la région appartement et maison affichent des régions urbaines comme Île-
Limousin y participe fortement. des valeurs dont le montant est
de-France et Provence-Alpes-Côte
Depuis cinq ans, de nouveaux re- inférieur en moyenne d'un quart
d'Azur.cords sont établis chaque année. aux prix nationaux.
Les caractéristiques du logementAvec 4 500 mises en chantier, le
niveau d'activité de 2004 est ex- sont bien différentes selon le sta-
La maison individuelleceptionnel : il est supérieur de tut d'occupation : la moitié des mé-
plus de 1 000 logements à la est reine… nages propriétaires vivent dans un
moyenne annuelle des cinq an- logement de cinq pièces ou plus
Le caractère rural de la région,nées précédentes. Le niveau de la contre seulement 14 % des ména-
des prix moins élevés que dansconstruction ces dernières années ges locataires.
le reste du territoire expliquentrenoue ainsi avec celui observé
que le parc de résidences princi-dans les années soixante-dix.
pales soit majoritairement cons-Au-delà de facteurs nationaux très essor est un phénomène plutôt récent. Sa
titué de maisons individuelles. Enincitatifs, comme des taux d'inté- part dans la construction neuve est passée
2004, 70 % des ménages sontrêt modérés, des durées d'amor- de 50 % au début des années quatre-vingt-
concernés par ce type d'habitattissement des prêts plus longs, un dix à 60 % aujourd'hui. En Limousin, ce
contre 56 % en France.nouveau dispositif de défiscalisa- type d'habitat est traditionnellement le plus
L'engouement pour la maison netion très intéressant, le Limousin prisé et représente bon an, mal an, trois lo-
se dément pas, en particulier horsbénéficie d'atouts particuliers. Les gements construits sur quatre.
lotissement. Au plan national, sonprix de l'immobilier y sont relati-
...mais la construction
d'immeubles est plus
dynamique
Néanmoins, de manière récente,
les principaux moteurs du boom
actuel de la construction neuve
sont les habitats en immeuble col-
lectif (+35 % en un an) et en lotis-
sement (+85 %). Ces logements
ont largement bénéficié des nou-
veaux dispositifs d'aide à l'inves-
tissement locatif.
INSEE Limousin - décembre 2005La périurbanisation s'accélère
Le terme " habitat indigne " recouvre les formes d'habi-
En Limousin, ce sont les communes des tat qui portent atteinte à la dignité humaine. Ce con-
aires urbaines qui profitent le plus du dy- cept politique regroupe les logements précaires, insalu-
namisme de la construction de logements. bres, menaçant ruine, ceux dans lesquels le plomb est
Mesuré sur les cinq dernières années, le taux
accessible, l'installation électrique dangereuse, le sys-de croissance du parc y est de 1,1 % contre
tème de chauffage à risque…0,5 % dans les communes de l'espace ru-
ral. Au plan national, l'attrait du rural se con-
firme et marque une rupture avec les évo- Une méthode nationale d'évaluation du risque d'indi-
lutions des décennies passées : le parc de gnité (appelée Square-DGUHC) a été développée par le
logements croît désormais au même rythme ministère de l’Équipement pour fournir des indicateurs
dans les deux espaces.
d'alerte sur les territoires et les types de ménages po-La dynamique urbaine régionale dépend
tentiellement à risque. Le fichier Filocom construit paravant tout de l'envol de la construction dans
la direction générale des Impôts pour les besoins du mi-les communes périphériques des villes.
Ainsi, le taux de croissance du parc des nistère de l'Équipement est une des sources mobilisées.
pôles urbains s'accroît de 1 % l'an, là où
celui des petites communes autour de ces Cette méthode n'a pas pour ambition de dénombrer les
pôles dépasse 1,5 %. Ce développement de
situations réelles d'habitat indigne : entre risque et réa-la construction périurbaine s'explique en
lité, l'écart peut être important.partie par la recherche d'un nouvel équili-
bre : entre proximité de la ville et
qualité de vie en milieu rural.
D'autre part, certains candidats à
l'accession sont évincés des vil-
les en raison de la cherté du fon-
cier, et se redirigent vers les cou-
ronnes des villes.
Des logements
plutôt anciens
Malgré le boom de la construc-
tion, le Limousin reste une des ré-
gions dont le parc de logements
est le plus ancien. 38 % des rési-
dences principales ont été cons-
truites avant 1949 (31 % dans
l'ensemble de la France). La ré-
gion arrive ainsi au quatrième
rang pour l'ancienneté de son
parc, derrière la Bourgogne, la Pi-
cardie et l'Auvergne. Les résiden-
ces principales mises à disposi-
tion après 1999 ne représentent
finalement que 4 % du parc, con-
tre 5 % en France.
Le confort des résidences princi-
pales s'améliore globalement.
30 000 n'avaient ni douche, ni
baignoire en 1990 ; elles n'étaient
plus que 11 600 en 1999. Malgré
cette baisse, l'absence de douche
et de baignoire reste encore bien
INSEE Limousin - décembre 2005plus courante en Limousin (4,1 %
des résidences principales) qu'au
niveau national (2,4 %).
Logements indignes :
le milieu rural
plus touché
La notion de logement indigne
dépasse la simple absence d'élé-
ments de confort (voir l'encadré).
11,6 % des résidences principa-
les du parc privé du Limousin pré-
senteraient en 2003 des risques
d'indignité. Le risque régional est
supérieur au risque national
(9,0 % du même parc). nombre de ménages. En effet,
Le milieu rural est particulière- l'inadaptation du parc à la de-
ment concerné. Le risque est mande, les changements d'affec-
moins présent dans les zones ur- tation entre bureaux, résidences
baines ; il y est concentré dans le principales, résidences secondai-
cœur des villes-centres. res et logements vacants influent
Le risque d'indignité est plus im- également sur la demande poten- Le parc en Habitations à Loyer Modéré
portant dans les logements loués tielle de logement. La projection (HLM) s'élève à 37 400 logements en
ou prêtés que dans ceux occupés du nombre de ménages est cepen- Limousin début 2004, dont plus de six
par leur propriétaire. Il augmente dant le point d'appui de l'évalua- sur dix sont situés en Haute-Vienne. Le
également pour les personnes tion de cette demande potentielle. parc HLM bénéficie de réhabilitations
seules, et chez les ménages âgés. Même avec des projections en ter-
et de la construction de nouveaux lo-Or, pour ceux-ci qui sont souvent mes d'évolution de la population
gements : il a progressé de 4 % depuisconfrontés à des problèmes de dé- plutôt ternes en Limousin, le nom-
2000.pendance, le risque est préoccu- bre de ménages sera lui résolu-
pant. ment orienté à la hausse. Si l'on Les logements collectifs représentent
fait l'hypothèse d'une stagnation plus des quatre cinquièmes du parc
de la population, les phénomènes HLM, même si la maison individuelle
Les besoins en logement de vieillissement, de déco- est l'habitat privilégié pour la nouvelle
vont continuer habitation, d'augmentation du cé- offre locative. Le logement de type
libat et des divorces… induiraientde croître " trois pièces " prédomine : il représente
de toute façon une progression de
quatre logements collectifs sur dix.
Anticiper la demande de loge- 3,8 % du nombre de ménages à
ment est un exercice qui dépasse l'horizon 2015.
les projections sur l'évolution du
Vers un ralentissement
de la construction neuve ?
On continuerait donc à avoir besoin de plus
de logements, même si la population n'aug-
mente pas. Des projections faisant l'hypo-
thèse d'une attractivité renforcée du Limou-
sin aboutiraient à une progression encore
supérieure du nombre de ménages. Mais
cette progression ne pourrait soutenir à long
terme le niveau élevé de la construction
constaté ces dernières années, qui s'expli-
que aussi par la conjonction de facteurs cir-
constanciels favorables.
INSEE Limousin - décembre 2005Seul dans son logement
Quel que soit le scénario retenu, le vieillis-
sement constituerait le principal moteur de
la progression du nombre de ménages : ceux
dont la personne de référence dépasse
55 ans seraient en forte augmentation.
En 2015, ils représenteraient 54 % des mé-
La projection du nombre de ménages par mode de cohabi-
nages limousins, soit une progression de six
tation s'appuie sur la projection de population totale, se-points par rapport à 2004.
lon un jeu d'hypothèses :
- Ici, on a retenu l'hypothèse d'une tendance migratoire
comparable à celle de la période 1990-1999.
- Pour la mortalité, on fait l'hypothèse d'une poursuite de
la baisse de la probabilité de décéder à chaque âge, selon
le rythme observé depuis 1975.
- Pour la fécondité, on maintient le taux par âge observé en
1999.
- Atlas 2004 de l'habitat privé :
fonctions, enjeux, évolutions - Agence
nationale pour l'amélioration de l'ha- On dispose des taux de répartition de la population de
bitat (ANAH). France métropolitaine par sexe et par âge, selon le mode
- Statistiques de la construction de cohabitation.
neuve en Limousin : la lettre de la DRE
du Limousin (parution trimestrielle).
Pour un sexe et un âge donnés, la valeur du taux projeté- La qualité des logements : l'humi-
dité est le défaut le plus fréquent - Insee pour une zone, la région par exemple, dépend de celui ob-
première n°971, juin 2004. servé au recensement de 1999 dans la zone et de l'évolu-
- Projections de ménages pour la tion du taux métropolitain entre le recensement et la date
France métropolitaine, ses régions et de projection. Au fil de la période de projection, les taux
ses départements - Insee résultats n°19 de répartition par sexe et âge de la zone tendent à conver-
- octobre 2003. ger vers le taux métropolitain. En appliquant ces taux à la
population totale projetée, on obtient, pour chaque année
de la projection, une répartition de la population de la zone
par mode de cohabitation.
50, avenue Garibaldi
87031 Limoges cedex
Tél 05 55 45 20 07
Fax 05 55 45 20 01 Ces ménages âgés sont de taille lution des comportements (di-
réduite : en général, les enfants vorce, formation tardive des cou-Informations statistiques 08 25 88 94 52
ont quitté le foyer familial, et le ples) s'ajouterait au vieillissementAbonnements 05 55 45 21 31
Contact presse 05 55 45 20 58 veuvage y est fréquent. Les per- pour expliquer la diminution de
sonnes seules verraient globale- la taille des ménages et la pro-
ment leur nombre s'accroître, cel- gression de leur nombre.
www.insee.fr les de 55 à 74 ans encore plus Globalement, la taille moyenne
que celles plus âgées. Ainsi, à des ménages devrait continuer de
Directeur de la publication Michel Deroin-Thévenin
l'horizon 2015, 37 % des ména- se réduire pour atteindre environRédacteur en chef Yann Leurs
ges limousins seraient composés 2,15 personnes par ménage enMise en forme Isabelle Bonneau
Impression Lavauzelle Graphic d'une seule personne, soit deux 2015.
Maquette iti communication points de plus qu'en 2004. L'évo-
Prix 2,50 €
Dépôt légal : décembre 2005
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