Les dépenses des ménages : logement et transports en tête, devant l'alimentaire.

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Entre 1995 et 2001, les habitudes de consommation des ménages réunionnais se sont transformées en même temps que leur niveau de vie s'élevait. Le logement a supplanté l'alimentation au premier rang des dépenses des ménages. Les transports, en particulier l'automobile, restent une dépense phare à La Réunion. Enfin, le niveau d'équipement des ménages réunionnais augmente et se rapproche du niveau observé en métropole.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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économie
Les dépenses des ménages
Logement et transports
Entre 1995 et 2001, les habitudes de consommation des ménages
réunionnais se sont transformées en même temps que leur
niveau de vie s’élevait. Le logement a supplanté l’alimentation au
premier rang des dépenses des ménages. Les transports, en
particulier l’automobile, restent une dépense phare à La Réunion.
Enfin, le niveau d’équipement des ménages réunionnais
augmente et se rapproche du niveau observé en métropole.
Définition ntre 1995 et 2001, la progression Réduction du poids
des niveaux de vie a conduit les
de l’alimentationNiveau de vie moyen : le niveau de vie Eménages réunionnais à de nou-
moyen est la somme des revenus par veaux choix de consommation. Durant
unité de consommation de ménages L’alimentation (y compris les boissonscette période, le niveau de vie moyen
rapportée au nombre de ménage. Le s’est fortement accru. Il est passé de alcoolisées et le tabac), qui était encore
niveau de vie moyen prend en compte
11 605€ en 1995 par unité de consomma- le premier poste de dépenses des ména-le montant de chaque revenu, le
tion à 13 615€ en 2001, soit une hausse ges des Réunionnais en 1995, a ainsi vuniveau de vie médian considère le
de 17,3 % en euros constants, c’est-à- sa part passer de 22 % en 1995 à 17 %rang.
dire corrigée de l’évolution des prix pen- en 2001. Cette réduction du poids des
Accédants à la propriété : le ménage
dant cette période. Le taux de croissance dépenses alimentaires lorsque les reve-est propriétaire de son logement mais,
est double pour les ménages les plus nus augmentent s’observe dans tous lescontrairement aux autres propriétaires,
démunis. En effet, la plupart des presta- pays du monde : lorsque les besoinsil continue à rembourser un emprunt
tions sociales et le SMIC applicablescontracté pour l’acquisition de son physiologiques sont satisfaits, la demande
logement. dans le département ont été alignés sur des ménages se porte vers d’autres biens
ceux de métropole. et services. De plus, la taille des ménages
Dépenses annuelles en alimentation par ménageBibliographie
à La Réunion et en France métropolitaine en 2001
“Budget de famille 2000-2001”
(en euros) La Réunion MétropoleRésultat n° 27 - 48 pages - Insee,
direction régionale de La Réunion.
Alimentation 3 652 4 552
“L’alimentation et l’automobile grèvent y compris boissons alcoolisées et tabac
le budget des ménages” Economie de
Pains et céréales 650 706La Réunion - n° 85 - DUPRAT. P. -
dont : riz 121 24premier trimestre1996.
pains, biscuits et pâtisseries 411 479
“La consommation des ménages depuis
Viandes et volailles 717 987
40 ans” RIGNOLS E. - INSEE Première,
dont : viande de bœuf et veau 81 248
n° 832 - février 2002. de porc et d'ovins 137 125
volailles 187 150
Lait, fromage et œufs 420 555
dont : fromage 132 261L’auteur
Légumes 344 350
dont : légumes frais 215 193David PERRAIN est Volontaire civil de
Autres produits alimentaires 470 526l’aide technique à la direction
dont : beurre et margarine 33 62régionale de La Réunion.
huiles 47 31
Boissons non alcoolisées 300 280
dont : eau conditionnée 40 79
boissons gazeuses 98 40
jus de fruits 100 71
Boissons alcoolisées et tabac 381 684
dont : spiritueux et liqueurs 91 152
vins 86 188
tabac 164 291
Source : Insee, enquête budget de famille 2001.
économie 4e trimestre 20046 DELAREUNIONéconomie
en tête, devant l’alimentaire
Répartition du budget des ménages à La Réunion et en France métropolitaine Part du logement dans le budget des
ménages selon leur statut d’occupation
La Réunion (%) Métropole (%)
1995 2001 2001
24Logement (1) 20 24
16Transports et communications 22 20
15Alimentaire (2) 22 17
17Autres biens et services (3) 15 17
12Equipement, loisirs et culure 14 10
10Impôt et remboursement de prêts (4) 3 10
6Santé et enseignement 5 3
Un poids du logement plus élevé100Budget total 100 100 chez les ménages locataires et accé-
dants à la propriété
(1) y compris les remboursements de prêts, les impôts et taxes, et les gros travaux
(2) y les boissons alcoolisées et le tabac
(3) cela comprend aussi les dépenses en Hôtel-Café-Restaurant
Pour les locataires, cette part est en(4) cela concerne les prêts automobile et en biens durables
hausse passant de 24 % des dépenses
Source : INSEE, Enquête Budget de Famille 1995 et 2001. totales en 1995 à 28 % en 2001 (et 25 %
en métropole à la même date). Ainsi,
que ce soit dans l’hexagone ou dans le
s’étant réduite (3,5 personnes par ménage Le logement, première département, il devance largement les
en 1995 contre 3,2 en 2001), leur dépense des ménages autres postes de dépenses (respective-
consommation moyenne en produits ali- ment sept points et dix points d’écart
mentaires a mécaniquement diminué. avec le second poste : “autres biens etLe logement a détrôné l’alimentaire dans
services”). Naturellement, plus des troisle budget des ménages. Comme en métro-Ce poste reste très marqué par les habitu-
quarts de cette dépense est directementpole, il constitue le quart de l’ensembledes culinaires de l’île même si des chan-
consacrée au paiement du loyer.des dépenses des Réunionnais. Ce postegements apparaissent. En effet, les repas
regroupe le loyer, les charges, l’assu-se composent plus souvent de riz, de Les ménages réunionnais qui accèdent à
rance logement, les impôts et les taxes, la propriété, ont réduit la part allouée auporc ou de volaille frit à l’huile. Néan-
les remboursements de prêts des accé- logement dans leur budget mais ellemoins, la consommation en pains, bis-
dants, et les travaux d’entretien et d’é- représente encore le quart de celui-ci.cuits et pâtisseries est devenue compa-
quipement. Qu’il soit propriétaire, Un peu plus de la moitié de cette part estrable à celle observée en métropole avec
accédant à la propriété ou bien loca- destinée aux remboursements du créditprès de 11 % des dépenses en produits
taire, le logement est le premier poste de immobilier contracté pour l’acquisitionalimentaires. En revanche, les dépenses
dépenses d’un ménage réunionnais en du logement. et un peu moins du quarten viande bovine, en fromage ou en
2001. aux travaux d’entretien et d’équipement.
beurre restent nettement inférieures à
celles observées en métropole. En ce qui Durant cette période, la part des ména-
(1) Chiffres émanant de l’Observatoireconcerne les boissons non alcoolisées, la ges locataires et des ménages accédants
Français des Drogues et Toxicomanies pourproportion plus forte de ménages avec à la propriété s’est accrue dans la popu-
la France métropolitaine et de la Direction
des enfants, à La Réunion, explique une lation réunionnaise et ce sont eux qui ont Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales
le “budget logement” le plus important.consommation plus importante de bois- pour La Réunion.
sons gazeuses ou de jus de fruits. Dans
le même temps les ménages métropoli- Répartition des ménages selon leur statut d’occupation du logement
tains consomment, en moyenne, deux
La Réunion (%) Métropole (%)fois plus d’eau conditionnée. En bois-
sons alcoolisées, les traditions et les
1995 2001 2001
habitudes l’emportent aussi avec une
Propriétaires 56 50 55consommation plus élevée en rhum et en
dont : accédants à la propriété 10 15 22whisky à La Réunion et en vin pour la
France métropolitaine. Les dépenses en Locataires 32 41 40
tabac sont plus fortes dans l’hexagone Logés gratuitement 12 9 5
car la proportion de fumeurs y est plus
Total 100 100 100élevée (34 % en 2003 contre 20 % en
1
2002 à La Réunion ).
Source : INSEE, Enquête Budget de Famille 1995 et 2001.
économie4e trimestre 2004 7DELAREUNIONéconomie
Proportion de ménages disposant des équipements suivants en 1995 et 2001Evolution du parc automobile
à La Réunion et en métropole
France
La Réunion en La Réunion en
métropolitaine
1995 2001
en 2001
Réfrigérateur 97 99 98
Congélateur 45 50 53
Lave-linge 75 84 91
Lave-vaisselle 9 n.d. 41
Four à micro-ondes 14 30 64
Aspirateur 31 32 64
Climatiseur, ventilateur n.d. 25 13
Le parc automobile réunionnais a
augmenté de 39 % entre 1995 et
Téléviseur 94 96 952001.
Magnétoscope, DVD 49 59 73
Chaîne HI-FI 45 56 61En 2001, la part du “budget logement”
des propriétaires réunionnais, bien qu’en
Micro-ordinateur (y.c. portable) 10 15 30
forte progression, est plus faible que
celle des autres ménages avec 22 % des Téléphone portable n.d. 46 30
dépenses totales. En 1995, cette part
Abonnement à un servicen’était que de 13 %, c’est-à-dire neuf 18 29 33
audiovisuel (canal+, …)
points de moins. La principale raison
vient de la hausse des dépenses en tra- Forfait de téléphonie portable n.d. 39 32
vaux d’entretien et de réparation de leur
Automobile 54 64 81habitat qui ont plus que doublé durant la
période et correspondent à un peu plus n.d. : indisponible.
de la moitié du “budget logement” de Source : enquête Budget de famille 1995 et 2001.
ces ménages en 2001 contre un peu
moins du quart en 1995.
moins un véhicule. Tout comme en métro- se rapprocher des taux d’équipement
pole, un achat sur trois concerne un véhi- constatés en métropole. Ainsi, les achatsUne spécificité
cule neuf dont le coût moyen est supé- en magnétoscopes, chaînes hi-fi, micro-réunionnaise, l’automobile
rieur dans le département (16 600 € ordinateurs ou en fours à micro-ondes
contre 14 300€ en métropole). ont connu une forte croissance dans l’île
La structure réunionnaise des dépenses entre 1995 et 2001. La proportion de
En outre, la situation géographique dereste marquée par l’importance relative ménages disposant de ces appareils a
La Réunion contribue à une utilisationdes “transports et communications”. bondi de 10 points pour le magnétos-
Tout comme en 1995 et même si sa part plus fréquente des transports aériens. cope et la chaîne hi-fi, de 5 points pour
a baissé au cours de ces dernières Pour l’année 2001, cela représente 4 % l’ordinateur et de 15 points pour le four
du budget “transports et communica-années, ce poste est toujours la deuxième à micro-ondes. Les autres équipements
tions” à La Réunion contre moins dedépense des ménages dans le départe- comme le réfrigérateur, le lave-linge et
2 % en métropole. L’éloignement de Lament. Il est bien plus conséquent à La dans une moindre mesure le congélateur
Réunion qu’en métropole (respective- Réunion contribue aussi à un poids des étaient déjà largement diffusés, de sorte
ment 20 % et 16 % des dépenses). télécommunications un peu plus fort ici que les achats des ménages portent plus
qu’en métropole (3 % du budget des sur le renouvellement que sur le premier
Avec les remboursements de crédits Réunionnais contre 2 % en métropole). équipement. La part des dépenses en
pour l’achat de véhicules, le budget
équipement de la maison, en loisirs et
“transports et communications” est aussi
culture dans le budget y est donc plusHausse du niveauimportant que celui du logement. Le
faible avec 10 % de l’ensemble des
parc automobile réunionnais est en d’équipement, dépenses à La Réunion contre 12 % en
pleine extension ce qui implique naturel- les Réunionnais comblent métropole. En matière d’équipement,
lement l’achat de véhicules neufs. En
c’est en matériels électronique et infor-leur retarddix ans, il a progressé de 85 %, dont
matique que l’écart est le plus fort car,
39 % entre 1995 et 2001. A l’inverse, le
en 2001, un ménage métropolitain dis-
marché hexagonal est presque saturé Les Réunionnais comblent leur retard en
pose trois fois plus souvent de ce type
avec une évolution sur la décennie de matière d’équipement mais un décalage
d’équipement qu’un ménage réunion-
11 % et un taux d’équipement de 80 %. existe encore. Que ce soit en appareils
nais.
A La Réunion, ce pourcentage progresse ménagers ou en appareils multimédias,
mais reste encore inférieur à ce dernier les ménages profitent des progrès tech- David PERRAIN
avec 64 % des ménages possédant au nologiques et de la baisse des prix pour
économie 4e trimestre 20048 DELAREUNION

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