Les garçons restent plus longtemps chez leurs parents

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En Alsace, un garçon sur deux réside encore chez ses parents à 24 ans, et un peu moins d'une fille sur trois. Liée aux étapes de l'entrée dans la vie d'adulte, l'acquisition d'une autonomie résidentielle dépend surtout du degré d'insertion dans un cursus professionnel assurant un revenu stable.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Composite Trame par dØfaut
100 100
95 95MODES DE VIE
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25 25
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0 Les garçons restent plus longtemps 0
chez leurs parents
En 1999, plus de 78 000 Alsaciens de
vent encore avec leurs parents. SiEn Alsace, un garçon sur deux 19 à 24 ans étaient domiciliés chez
l’écart est important, il ne traduit leurs parents, et encore 29 000 Alsa-réside encore chez ses
pourtant pas un "isolement" plus ciens entre 25 et 29 ans.
parents à 24 ans, et un peu L’âge médian de la décohabitation,prononcé des filles. En effet, à cet
où la moitié de la génération ne ré-moins d’une fille sur trois. âge, elles sont 17 % à vivre seules
side plus chez les parents, est de 21Liée aux étapes de l’entrée dans un logement, contre 16 %
ans pour les filles et de 24 ans pour
pour les garçons. La différencedans la vie d’adulte, les garçons.
reste donc faible. En revanche, el-l’acquisition d’une autonomie
les sont déjà plus de 40 % à s’être
résidentielle dépend surtout
installées avec un conjoint, contre
du degré d’insertion dans un environ deux fois moins de gar-
centres universitaires, voire de ré-cursus professionnel çons. Le départ plus tôt du loge-
gions voisines. Ce sont ces arri-ment parental va de pair avec uneassurant un revenu stable.
vants qui font baisser la moyennemise en couple plus précoce pour
régionale des jeunes domiciliésles filles.
chez leurs parents. En effet, parmi
les étudiants de 25 à 29 ans nonMoins d’étudiants
domiciliés chez leurs parents,Après avoir fortement augmenté vivant chez leurs
56 % vivaient dans une autre ré-depuis les années 70, l’âge de dé- parents
gion dix ans auparavant, contrepart du domicile parental est resté
L’allongement de la durée des étu- 37 % en Lorraine ou 32 % enstable entre 1990 et 1999. À cette
des accroît la période de cohabita- Franche-Comté.date, 107 000 Alsaciens âgés de
tion avec les parents. Parmi les Le besoin de s’éloigner de la mai-19 à 29 ans résidaient encore
étudiants de 19 à 29 ans vivant en son, au moment des études, estchez leurs parents. Cet effectif re-
Alsace, 55 % sont domiciliés chez moins accusé chez les personnesprésente 58 % des 19-24 ans et
leurs parents, contre 62 % en ayant grandi en Alsace, en raison22 % des 25-29 ans.
moyenne en France. Ce plus faible de la petite superficie de la régionDans le passé, une part impor-
pourcentage dans la région reflète et de la proximité des centres uni-tante de la population quittait le lo-
avant tout le large périmètre de re- versitaires. Parmi les étudiants degis parental plus tôt et s’installait
crutement des universités alsa- 19 à 29 ans qui, dix ans aupara-en couple dans un bref délai. Au-
ciennes. Les pôles d’enseigne- vant, vivaient en Alsace, 63 %jourd’hui, on se met en couple plus
ment attirent des jeunes originai- étaient encore domiciliés cheztard, et les unions sont plus fragi-
res de communes éloignées des leurs parents en 1999.les. Cette évolution du mode de
vie contribue à repous-
La part de personnes logées chez leurs parents est restée relativement stableser le moment du dé-
part, surtout pour les
1990 1999
100 hommes. 100
Jeunes adultes vivant chez vivant chezÀ 24 ans, 30 % des filles effectif total part (%) effectif total part (%)
95 95les parents les parentset 50 % des garçons vi-
De 19 à 24 ans 160 069 96 124 60,1 133 925 78 176 58,4
75 75
garçons 80 828 55 348 68,5 66 806 44 724 66,9
filles 79 241 40 776 51,5 67 119 33 452 49,8
De 25 à 29 ans 135 340 27 588 20,4 130 970 28 877 22,0
25 25garçons 68 673 18 836 27,4 65 758 19 490 29,6
filles 66 667 8 752 13,1 65 212 9 387 14,4
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8 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 15 · juin 2003
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Source : Insee, recensements de la populationProfil couleur : Generic CMYK printer profile - None
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Les femmes partent plus tôt que les hommes du domicile parental
Part des personnes logées chez leurs parents95 95MODES DE VIE
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En %
90
80
25 25
70
5 5
60
0 0
50
Hommes
40 actifs et occupés, 13 % seulement
des cadres et des personnes exer-
30
çant une profession intellectuelleFemmes
20 supérieure résident chez leurs pa-
rents, contre 19 % des employés,10
21 % des professions intermédiai-
0
res, et 28 % des ouvriers. Tout na-
turellement, un emploi bien rému-
néré s’avère un bon levier pour ac-
quérir une liberté résidentielle,
rablement un logement indépen- mais aussi une certaine habitude
dant. Plus de 56 000 Alsaciens de de l’autonomie, plus ou moins dé-L’insertion
19 à 29 ans sont actifs et occupés,professionnelle, veloppée selon la catégorie pro-
mais domiciliés chez leurs pa- fessionnelle : c’est parmi les en-facteur d’autonomie
rents. Parmi eux, on observe d’ail- fants de cadres, par exemple, que
La fin de la scolarité n’est pas sy- leurs une gradation selon la stabi- l’on change le plus facilement de
nonyme de décohabitation. De lité et la sécurité qu’apporte leur région pour suivre les études que
l’arrêt des études à l’insertion emploi. Entre 25 et 29 ans, l’auto- l’on souhaite.
complète dans la vie active, avec nomie résidentielle est plus fré-
un emploi stable, il y a tout un che- quente chez les fonctionnaires L’autonomie
min durant lequel le jeune actif est (87 %), les employeurs (79 %), les féminine, une
en situation de fragilité écono- titulaires d’un contrat à durée indé- longueur d’avance
mique. Ce sont en premier lieu les terminée (78 %) et les indépen-
personnes sans emploi qui ont le dants (77 %). À l’inverse, elle est L’impact des difficultés profession-
plus de difficulté à disposer d’une plus rare pour les intérimaires nelles sur les trajectoires des jeu-
autonomie résidentielle. Entre 25 (66 %), les personnes occupant nes adultes dépend fortement du
et 29 ans, 28 % des chômeurs un emploi aidé (69 %), et les titu- sexe. Une fois les études termi-
comme des inactifs habitent en- laires d’un contrat à durée déter- nées, les filles sont plus souvent
core avec leurs parents, contre minée (74 %). autonomes que les garçons
22 % pour les actifs ayant un em- La catégorie socioprofessionnelle vis-à-vis de leur famille, quelle que
ploi. conditionne également fortement soit leur activité. Ainsi, parmi les
Cependant, avoir un emploi ne la propension à vivre de manière actifs de 25 à 29 ans ayant un em-
suffit pas toujours pour habiter du- autonome. Au sein des 24-29 ans ploi stable, 13 % des filles résident
Les étudiants non logés chez leurs parents sont souvent originaires d’une autre région
Mode de cohabitation des étudiants de 25 à 29 ans selon la résidence antérieure
Où habite l’étudiant en 1999 ?
Où habitait l’étudiant 10 ans avant ? Lorraine Alsace Franche-Comté France
Dans la même région 6 299 3 988 2 709 167 046
dont ne vit pas chez ses parents 3 491 2 263 1 604 85 547
100 100
part en % 55,4 56,7 59,2 51,2
Dans une autre région 2 215 3 036 831 78 31695 95
dont ne vit pas chez ses parents 2 077 2 924 754 73 489
75 75part en % 93,8 96,3 90,7 93,8
Ensemble des étudiants ne vivant pas chez 5 568 5 187 2 358 159 036
leurs parents
dont étudiants habitant dans une autre région 37,3 56,4 32,0 46,2
25 2510 ans avant (en %)
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9Chiffres pour l'Alsace · revue n° 15 · juin 2003
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15 ans
17 ans
19 ans
21 ans
23 ans
25 ans
27 ans
29 ans
31 ans
33 ans
35 ans
37 ans
39 ans
Source : Insee, recensement de le population de 1999
Source : Insee, recensement de la population de 1999Profil couleur : Generic CMYK printer profile - None
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La décohabitation est fonction de l'insertion professionnelle
95 95MODES DE VIE Part des personnes logées chez leurs parents
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25 25
60
5 5
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40
chez leurs parents, contre 27 %
des garçons. Chez les actifs ayant 30
un emploi précaire, 21 % des filles
20
résident chez leurs parents, contre
35 % des garçons. 10
Alors qu’un garçon inactif est plus
0enclin qu’un autre à cohabiter
Actifs ayant Actifs ayant Chômeurs Étudiants Autresavec ses parents, pour une fille,
un emploi stable* un emploi précaire* inactifs
c’est l’inverse. Entre 25 et 29 ans,
42 % des chômeurs et 30 % des De 19 à 24 ans De 25 à 29 ans
inactifs sont domiciliés chez leurs Hommes Hommes
parents, contre seulement 17 % Femmes Femmes
des chômeuses et 3 % des inacti-
* Les actifs occupant un emploi précaire sont les apprentis sous contrat salarié, les personnes placées par une
ves. En effet, si les filles sont plus agence d'intérim, les personnes occupant des emplois aidés, les stagiaires rémunérés et les salariés en CDD.
Tout autre emploi est considéré comme stable.nombreuses à ne pas travailler
que les garçons, pour une partie
importante d’entre elles, l’absence Plus de la moitié des jeunes adultes vivant chez leurs parents
d’emploi est à relier avec des si- ont un emploi
tuations où elles sont mères au Situations imbriquées des parents et enfants vis-à-vis de l'emploi
foyer ou envisagent de l’être.
Habiter tard chez ses parents peut 107 000 Alsaciens entre 19 et 29 ans
sont logés chez leurs parentsaussi correspondre à la nécessité
de soutenir sa famille. Parmi les
Alsaciens de 19 à 29 ans qui vi-
dont 56 200 cas où l'enfantvent avec leurs parents, 11 600
est actif et occupé
ont un emploi, alors qu’aucun des
parents ne travaille. De plus, 3 000
jeunes adultes occupent un em-
dont 11 600 cas où aucun parent ne travaille
ploi stable, alors que leurs parents
dontoccupent, au mieux, un emploi
cas où aucun parent n'est retraité4 200
précaire.
Cependant, quatre fois sur cinq,
au moins l’un des parents est un ploi. Malgré ces exceptions, avant davantage les adultes plus âgés et
ancien actif, et il est difficile de pré- 30 ans, la cohabitation familiale bien installés dans la vie profes-
juger de son niveau de vie. Les s’apparente avant tout à une sionnelle.
configurations où le jeune adulte forme de solidarité descendante,
fait figure de soutien économique des parents vers les enfants. La
pour la famille restent minoritaires, Thomas MORINsolidarité ascendante concerne
sauf dans le cas de familles mono-
parentales, où c’est plus souvent
Source et définitions
l’enfant qui apporte un salaire au
100 100
Sont comptés comme résidant chez leurs parents, les jeunes qui sont domiciliésfoyer, en raison, principalement,
chez ces derniers au recensement de la population de 1999. Ils ne sont pas néces-
95 95des situations parfois difficiles des sairement tous hébergés au jour le jour par leur famille, mais ils ont en commun une
absence d’autonomie résidentielle bien réelle. C’est le cas des élèves en internat,mères isolées vis-à-vis de l’em-
75 75des étudiants déclarant loger ailleurs uniquement pendant l’année scolaire, ou des
actifs temporairement en foyer de jeunes travailleurs.
Ne sont pas comptées les personnes qui vivent avec l’un ou les deux parents, mais
qui ont elles-mêmes des enfants. En Alsace, un peu moins de 5 000 jeunes de 19 à
25 2529 ans étaient dans ce cas en 1999.
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Source : Insee, recensement de la population de 1999
Source : Insee, recensement de la population de 1999

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