Les villes moyennes ont conquis les Rhônalpins

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Au cours des années quatre-vingt dix,les migrations résidentielles entre les villes de Rhône-Alpes ont principalement bénéficié aux unités urbaines de taille moyenne situées près des grandes agglomérations. Le cadre de vie et la proximité avec les grands pôles économiques sont leurs atouts majeurs.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L A L E T T R E
I N S E E
RHÔNE
ALPES
Aménagement du territoire
Au cours des années
Les villes moyennesquatre-vingt dix,
les migrations ont conquis les Rhônalpinsrésidentielles entre les
n 1999, la région Rhône-Alpes comptait 29 fait pour en gagner une autre (soit 173 400villes de Rhône-Alpes E unités urbaines de plus de 20 000 habi- personnes) ce qui représente 31 % des arri-
ont principalement tants. Ces villes jouent un rôle important dans vants dans ces mêmes unités urbaines.
la structuration du territoire régional. Près de Cependant, ces flux laissent apparaître de fortsbénéficié aux unités
3 321 500 personnes y habitaient en 1999, soit déséquilibres : ils ont permis à Voiron de ga-
60 % de la population de la région, et une gner près de 2 000 habitants alors qu'à Roanneurbaines de taille
proportion significative des mouvements mi- ils se sont soldés par une perte nette de plus de
moyenne situées près gratoires constatés entre 1990 et 1999 s'est 2 000 personnes. Au niveau régional, les flux
effectuée entre elles. Ainsi, 39 % des individus migratoires ayant pour origine et pour destina-des grandes
ayant quitté une de ces 29 unités urbaines l'ont tion une unité urbaine de plus de 20 000
agglomérations.
Les migrations entre unités urbaines profitent aux villes moyennesLe cadre de vie et la
du centre de la régionproximité avec les
Solde des arrivées dans l'unité urbaine et des départs vers les autres
grands pôles 1990 - 1999
économiques sont leurs
atouts majeurs.
Montceau-les-mines
Franck L’Hospital Thonon-les-Bains
Moulins
Mâcon
Oyonnax
Vichy Bourg-en-
ClusesVillefranche- AnnemasseBresse
Roanne Annecysur-Saône Charvieu- Sallanches
ChavagneuxLyon Aix-les-Bains
AlbertvilleSt-Just- Villefontaine Bourgoin-
St- ChambérySt-Rambert JallieuVienneChamond
Taux annuelRoussillonSt-Etienne Voiron
de migration nette
Le-Puy- Grenoble (pour 10 000)
Romans-Annonayen-Velay
sur-Isère
50Valence
Aubenas 25Gap
Montélimar
- 50
Alès -25Orange
Source : Insee - Recensements de la population de 1990 et 1999
© I.N.S.E.E. 2002 - I.G.N. 1999
Numéro 82
Septembre 2002habitants se traduisent par une lente redistribu- Chambéry et sont particulièrement défavora-
tion en faveur des villes moyennes situées à bles aux unités urbaines d'Albertville, de
proximité des grandes agglomérations et au Sallanches et de Thonon-les-Bains. Le dyna-
détriment des villes périphériques du nord, de misme économique des villes du sillon alpin
l'ouest et du sud. est probablement la source de ce flux impor-
tant.
Les échanges les plus importants ont Un second réseau d'échanges se tisse entre
majoritairement lieu entre les unités urbaines Lyon et les villes du nord de l'Isère. Dans ce
les plus proches et dessinent des réseaux lo- groupe, Lyon, de par sa taille, occupe une
caux au sein de la région. Ces flux entre villes place centrale mais est loin de canaliser tous
de plus de 20 000 habitants sont fréquemment les flux. Les villes périphériques (Bourgoin-
polarisés autour d'une grande agglomération Jallieu, Villefontaine, Charvieu-Chavagneux)
mais ne s'expliquent pas uniquement par les ont aussi, entre elles, d'intenses échanges de
départs vers des villes de taille plus modeste. population.L A L E T T R E
De forts brassages de population existent aussi Les villes du sud de la Loire se caractérisent
entre les unités urbaines périphériques aux également par des flux très intenses liant Saint-
grandes agglomérations. Just-Saint-Rambert, Saint-Chamond etINSEE Ainsi, hormis Annecy qui attire un peu plus Saint-Etienne. Ils représentent 85 % des échan-
que les autres des migrants venus d'unités ur- ges interurbains de Saint-Just-Saint-Rambert,Rhône
baines plus lointaines, plus de la moitié des 60 % de ceux de Saint-Chamond et 45 % deAlpes
échanges interurbains des villes des deux ceux de Saint-Etienne et se font principalement
Savoies se font avec une autre unité urbaine au détriment de cette dernière.
savoyarde. Ces mouvements ont pour destina- Enfin, des relations moins soutenues concer-
tion privilégiée Annecy, Aix-les-Bains et nent deux autres groupes de villes. Il s'agit
d'une part du réseau bressan regroupant les
unités urbaines du nord de l'Ain et, dans une
Les échanges migratoires entre les principales villes de Rhône-Alpes moindre mesure, Villefranche-sur-Saône, et
d'autre part du réseau des villes de la Drôme et
de l'Ardèche.
Solde des échanges migratoires entre unités urbaines de plus de 20 000 habitants de Rhône-Alpes
D'autres flux entre unités urbaines de plus de
Population Taux annuel de Taux annuel de 20 000 habitants ne répondant pas à cetteEntrants en Sortants vers Solde desen 1999 migration nette variation dû au
logique de réseau ont des portées géographi-provenance une autre échanges (Population (migration solde migratoire
d'une autre unité interurbains ques beaucoup plus lointaines et témoignentsans double interurbaine total
unité urbaine urbaine 1990-1999 des différences de dynamisme au sein de lacompte) p. 10 000) (p. 10 000)
région. Ils ont pour destinations principales le
Saint-Just-Saint-Rambert 45 386 7 064 3 660 3 404 88,3 23,0 Lyonnais et le Sillon alpin et se caractérisent
par un déficit des unités urbaines de la Loire,Voiron 42 131 5 137 3 225 1 912 54,3 36,0
de l'Ardèche et de la Drôme. Ainsi, Aubenas etRoussillon 36 139 3 752 2 560 1 192 38,9 16,0
Montélimar ont chacune perdu plus deAix-les-Bains 40 278 4 121 2 986 1 135 33,5 77,0
150 personnes dans leurs échanges avec LyonVillefontaine 31 514 4 973 4 229 744 28,1 -45,0
ou Grenoble ce qui, rapporté à leur poids dé-Bourgoin-Jallieu 33 087 3 359 2 606 753 27,1 0,0
mographique, représente une perte importante.Charvieu-Chavagneux 26 292 3 390 2 805 585 25,7 -66,0
Villefranche-sur-Saône 59 261 5 831 5 152 679 13,3 -14,0
Au cours des années 1990, 12 unités urbaines
Annecy 136 815 8 334 7 240 1 094 9,5 20,0
ont accueilli plus de nouveaux habitants en
Vienne 44 985 5 031 4 671 360 9,3 -26,0
provenance des autres qu'elles n'en ont vu
Lyon 1 348 832 46 033 40 911 5 122 4,4 -27,0
partir. Ce sont majoritairement des villes
Grenoble 419 334 17 614 17 597 17 0,0 -31,0 moyennes bénéficiant d'arrivées en provenance
Chambéry 113 457 7 556 7 650 -94 -1,0 38,0 des grandes agglomérations voisines.
Romans-sur-Isère 52 715 2 571 2 694 -123 -2,7 -8,0 Ce phénomène est particulièrement favorable
Saint-Chamond 82 535 5 438 5 746 -308 -4,1 -61,0 aux unités urbaines de Saint-Just-Saint-Rambert,
Cluses 56 906 3 103 3 379 -276 -5,7 27,0 de Voiron et d'Aix-les-Bains : plus de 60 % de
Aubenas 25 517 1 217 1 634 -417 -5,9 30,0 leurs gains de population sont générés par leurs
Genève Annemasse 106 673 4 965 5 546 -581 -6,9 17,0 échanges avec, respectivement, Saint-Etienne,
Montélimar 43 584 1 786 2 057 -271 -7,3 9,0 Grenoble et Annecy. Les villes du nord de
Valence 117 448 5 513 6 398 -885 -8,7 -29,0 l'Isère, ainsi que Villefranche-sur-Saône, sont
Bourg-en-Bresse 57 198 3 095 3 757 -662 -13,6 -25,0 bénéficiaires du fait des nombreux migrants
venus de l'agglomération lyonnaise. Annecy,Thonon-les-bains 58 834 2 382 3 138 -756 -15,0 27,0
Grenoble et Lyon sont elles aussiAnnonay 25 618 913 1 042 -129 -18,7 -39,0
excédentaires dans leurs échanges avec lesMâcon 46 624 1 684 2 540 -856 -22,4 -89,0
autres unités urbaines de plus de 20 000 habi-Oyonnax 32 007 1 066 1 724 -658 -23,4 -66,0
tants mais leurs gains, mesurés ici au niveau deSt Etienne 291 960 11 870 18 815 -6 945 -25,8 -117,0
Sallanches 40 949 1 976 2 924 -948 -26,4 25,0
Roanne 80 272 2 439 4 520 -2 081 -28,9 -57,0 Les unités urbaines
Albertville 31 162 1 202 2 209 -1 007 -37,4 -11,0
Ce terme désigne un ensemble constitué d’une
Les migrations interurbaines régionales : les migrants étudiés ici sont les personnes vivants au ou plusieurs commune(s) dont le territoire est
recensement de 1999 dans une unité urbaine de plus de 20 000 habitants de Rhône-Alpes et qui ont partiellement ou totalement recouvert par une
déclaré vivre, en 1990, dans une autre unité urbaine de la région. zone bâtie d’au moins 2 000 habitants et dont les
Le solde migratoire des échanges interurbains correspond à la différence existant entre le nombre constructions sont séparées de moins de 200
d’entrants en provenance d’une autre unité urbaine et le nombre de sortants vers une autre unité mètres.
urbaine. En rapportant ce solde à la population moyenne de l’unité urbaine et en divisant par la durée Dans cet article, les unités urbaines prises en
de la période intercensitaire, on obtient un taux annuel de migration nette des échanges interurbains. compte sont celles de Rhône-Alpes ayant, au
Ce taux peut être très différent du taux annuel de variation dû au solde migratoire total, qui prend donc dernier recensement, plus de 20 000 habitants.
en compte l’ensemble des entrées et des sorties de l’unité urbaine. Ainsi, des villes comme Genève, Exceptions : Mâcon, dont la commune centre
Sallanches, Cluses, déficitaires dans leurs échanges avec les autres villes de la région, ont toutefois un est en Bourgogne mais dont l’unité urbaine
solde migratoire global très positif. englobe des communes de la région et Saint-
Etienne dont certaines communes de l’unité
Source : Insee - Recensements de la population de 1990 et 1999 urbaine sont en Auvergne.l'unité urbaine, semblent relativement faibles
Les échanges privilégiés entre les unités urbaines de Rhône-Alpes :lorsque l'on sait qu'il s'agit des pôles urbains
de 3 des 5 plus grosses aires urbaines de la une logique de réseaux
région. Flux totaux entre chaque couple d'unités urbaines
Parmi ces douze unités urbaines, pour lesquel- (rapportées aux populations de départs et d'arrivées) les plus intenses
les les échanges interurbains à l'intérieur de
Rhône-Alpes sont favorables, six sont toutefois
globalement déficitaires si l'on considère l'en- Chalons -
semble de leurs échanges migratoires : sur-Saône
Charvieu-Chavagneux, Villefontaine, Greno- Thonon-les-BainsMoulins
ble, Lyon, Vienne et Villefranche-sur-Saône. Bourg-en-Mâcon
OyonnaxBresse Annemasse
Vichy
A l'inverse, 17 unités urbaines, situées pour la
ClusesRoanne Villefranche-sur-Saôneplupart aux périphéries de la région, sont dé-
Annecy Sallanches
Charvieu-ficitaires avec les autres unités urbaines de
Aix-les-Chavagneuxplus de 20 000 habitants de Rhône-Alpes. Les Lyon Bains
échanges sont nettement défavorables pour AlbertvilleBourgoin-VillefontaineSt-Just-
ChambéryRoanne, Saint-Etienne, Oyonnax, Mâcon, Sal- St-Chamond JallieuSt-Rambert Viennelanches et Albertville qui ont perdu chaque Voiron
RoussillonSt-Etienneannée plus de 0,2 % de leur population au
profit d'autres unités urbaines de plus de 20 000 GrenobleAnnonay Valence
Le-Puy-en-Velay Indice d'intensitéhabitants. Albertville a eu beaucoup de diffi- Romans-
des migrationssur-Isèrecultés à tirer des fruits des Jeux olympiques de
entre1992 et enregistre le plus fort déficit : plus de
unités urbaines1 000 habitants pour une population moyenne
Gapde 32 000 personnes. Les plus fortes pertes de Aubenas
entre 50 et 100Montélimar
population de ces dix-sept unités urbaines ont
lieu avec des villes proches géographiquement. entre 100 et 200
Près du tiers de ces unités urbaines, déficitaires
dans leurs échanges avec les autres grandes Orange supérieur à 200Alès
unités urbaines de Rhône-Alpes, bénéficient
toutefois d'un solde migratoire global positif : Source : Insee - Recensement de la population 1999
Chambéry, Aubenas, Cluses, Sallanches, Ge-
nève-Annemasse, Montélimar. de la région, celle des arrivées est particuliè-
rement forte pour neuf d'entre elles :
L A L E T T R ELes flux entre les unités urbaines de plus de Aix-les-Bains, Vienne, Bourgoin-Jallieu,
20 000 habitants sont assez stables depuis les Charvieu-Chavagnieux, Roussillon, Saint-
Just-Saint-Rambert,Villefontaine,années 1980. Trois d'entre elles ont, toutefois,
connu une dégradation sensible de leur situa- Villefranche-sur Saône et Voiron. A elles seu- INSEE
tion. Il s'agit de Charvieu-Chavagnieux, qui les, elles ont accueilli, au cours des années
Rhônereste tout de même excédentaire pour ses 1990, 25 % des migrants interurbains alors
Alpeséchanges interurbains, mais dont le solde mi- qu'elles ne représentent que 10 % de la po-
gratoire global est devenu fortement négatif. pulation vivant dans une unité urbaine de
C'est aussi le cas de Thonon-les-Bains et Ge- plus de 20 000 habitants. Cette dispropor-
nève-Annemasse : les échanges interurbains tion traduit la forte attractivité exercée par les
de ces deux villes lémaniques sont devenus unités urbaines de taille moyenne qui de-
déficitaires depuis 1990, mais leur solde mi- viennent ainsi les principales bénéficiaires
de ces échanges.gratoire global, bien qu'en forte baisse, reste
positif. A l'opposé, Lyon et Grenoble ont connu
un retournement de tendance favorable leur Les villes de taille moyenne exercent une
permettant d'être, de nouveau, faiblement ex- forte attraction sur les jeunes ménages. Les
cédentaires vis-à-vis des autres grandes villes besoins et les aspirations propres aux jeunes,
aux familles et aux retraités conduisent à desde la région. Ces deux villes restent toutefois
choix de destination très différents. Les uni-déficitaires si l'on considère l'ensemble de leurs
échanges migratoires. tés urbaines de Saint-Etienne, Lyon et
Grenoble, grâce à leur fort potentiel de for-
Les déséquilibres des échanges interurbains mation et d'emploi, ont toujours le vent en
poupe pour les 15-29 ans (les 15-24 ansentre les villes de Rhône-Alpes proviennent,
pour l'essentiel, de l'inégale capacité des 29 seulement, pour Saint-Etienne). Cela corres-
unités urbaines à séduire la population des pond aux migrations des étudiants ou des
autres. Celles qui sont les plus déficitaires ne jeunes actifs. Le phénomène est inverse vis-
retiennent pas moins bien leurs résidents mais à-vis des personnes plus âgées : ces trois
villes n'arrivent pas à fixer durablement leselles accueillent beaucoup moins souvent les
populations originaires des autres villes. Ainsi, nombreux jeunes qu'elles attirent et les voient
alors que l'intensité des départs est assez ho- repartir à la trentaine, lors de la mise en
mogène pour l'ensemble des unités urbaines ménage ou à l'arrivée des enfants. Annecy,
Attractivité et spécialisation
La notion d’attractivité est entendue ici comme le constat d’un flux de population positif entre deux
villes. Il s’agit donc bien d’une grandeur quantitative et non d’une notion explicative, qui consisterait Avertissement
par exemple à écrire « le cadre de vie de la ville X la rend attractive ». Les analyses présentées dans ce numéro portent
La spécialisation économique apparaît corrélée à l’attractivité des unités urbaines. Il est cependant uniquement sur les migrations résidentielles, de
délicat de savoir, compte tenu de l’analyse effectuée dans ce numéro, si cette corrélation est directe où 1990 à 1999, entre les unités urbaines de plus de
si ces facteurs (spécialisation économique et migrations) sont tous deux liés à l’évolution de l’emploi 20 000 habitants de Rhône-Alpes. Par commo-
avant d’être liés entre eux. Seule une étude approfondie de l’équilibrage du marché du travail (part de dité, les termes «ville» et «agglomération» sont
l’ajustement par le chômage, part de l’ajustement pat les migrations), objet d’une prochaine lettre de utilis és, dans cette Lettre,comme
l’Insee Rhône-Alpes, permettra d’analyser en détail ce phénomène. synonymes d’unité urbaine.
© I.N.S.E.E. 2002 - I.G.N. 1999Chambéry et Genève-Annemasse sont elles La spécialisation économique des villes et leur
aussi très attractives pour les jeunes mais éga- profil socioprofessionnel influent sur leur pou-
lement, sans doute grâce à leur dynamisme voir d'attraction. L'importance du secteurProches de Lyon et économique et leur environnement favorable, tertiaire dans les unités urbaines lyonnaises et
pour les personnes de plus de trente ans. alpines (hormis celle de Cluses) va de pair avecGrenoble,
Les unités urbaines de taille plus réduite mais de forts excédents migratoires. A l'opposé, les
Saint-Just-Saint-Rambert, proches géographiquement des deux grands unités urbaines où le secteur industriel do-
pôles économiques de la région se caractéri- mine, comme Cluses et Oyonnax, sont dans Voiron, sent par un très fort attrait exercé sur les plus de l'ensemble déficitaires dans leurs échanges
30 ans. avec les autres.Aix-les-Bains et
Les villes les plus attractives sont souvent cel-
les villes Les plus représentatives sont Saint-Just-Saint- les qui ont, en 1999, une forte part de leur
Rambert, Voiron, Aix-les-Bains et les villes du population active appartenant aux catégoriesdu nord de l'Isère nord de l'Isère. Ce type de migrations résiden- socioprofessionnelles supérieures (cadres et
tielles concerne, majoritairement, des professions intellectuelles supérieures, profes-attirent les plus
personnes actives conservant leur lieu de tra- sions intermédiaires). C'est notamment le cas
de 30 ans. vail initial. Il s'accompagne donc d'une de Voiron, Aix-les-Bains et Annecy. Grenoble
augmentation et d'un allongement des trajets et Lyon font exception : elles sont les deux
entre le domicile et le lieu de travail et conduit unités urbaines où la part des catégories socia-
à un développement des nuisances engendrées les élevées est la plus forte et sont surtout
par ces déplacements. Aux âges de la retraite, attractives pour ces catégories, ainsi que pour
Aix-les-Bains, Bourgoin-Jallieu et Villefontaine les étudiants ; globalement, elles comptent pres-
sont celles qui attirent en proportion le plus de qu'autant de départs que d'arrivées. A l'inverse,
L A L E T T R E personnes âgées, les deux dernières attirant Charvieu-Chavagneux, comme beaucoup de
toutefois beaucoup plus de jeunes adultes avec villes du périurbain, est très attractive mais
enfants. davantage pour les ouvriers et les employés
Les unités urbaines de Roanne, Oyonnax, Al- que pour les cadres.INSEE
bertville et Sallanches se caractérisent par un Enfin, les unités urbaines où le taux de chô-
Rhône déficit migratoire pour toutes les tranches d'âge mage est élevé, en 1999 comme en 1990, sont
Alpes mais plus marqué pour les jeunes générations. globalement déficitaires dans leurs échanges
Annonay, Aubenas, Montélimar, Romans-sur- avec les villes plus favorisées en terme d'em-
Isère et Valence ont aussi de grosses difficultés ploi. Ainsi, les unités urbaines de la Loire
à retenir leurs jeunes ou à en attirer de nou- perdent-elles des habitants dans leurs échan-
veaux. Par contre, elles bénéficient d'une ges avec celles de l'agglomération lyonnaise
situation plus favorable vis-à-vis des adultes et et, de façon plus limitée, avec celles du sillon
compensent ainsi ces pertes. alpin. C'est aussi le cas de Montélimar, Va-
lence et Aubenas qui, avec un taux de chômage
en 1999 proche de 15 % de leur population
Caractéristiques socio-économiques active, enregistrent des pertes importantes en
faveur des villes des Alpes et de la régiondes unités urbaines de plus de 20 000 habitants
lyonnaise.
Indicateur de structure Taux de chômage
sociale(*)
1990 1990 19991999
Grenoble 0,62 1,01 9,9 13,2
Pour en savoir plus
Lyon 0,49 0,92 9,2 12,1
Voiron 0,69 0,82 8,8 11,6
Rhône-Alpes moins attractive - BrigitteAnnecy 0,55 0,80 7,6 10,7
Baccaïni. La Lettre INSEE Rhône-AlpesAix-les-Bains 0,34 0,76 9,7 11,8
n°69, novembre 2000Chambéry 0,62 0,76 8,4 11,8
Toujours plus de Rhônalpins à l’est -Vienne 0,45 0,72 12,0 14,1
Stéphane Jugnot. La Lettre INSEE Rhône-
Genève(CH)-Annemasse 0,36 0,69 7,0 10,9
Alpes n°63, juillet 1999
Valence 0,69 0,68 13,3 14,9 Les migrations dans le système des villes
Bourg-en-Bresse 0,41 0,66 8,6 10,3 françaises de 1982 à 1990. Brigitte
Saint-Etienne 0,42 0,62 13,7 15,4 Baccaïni, Denise Pumain. Population
Montélimar 0,47 0,61 12,9 16,1 n°5, 1998.
Bourgoin-Jallieu 0,56 0,61 9,2 11,8
Saint-Just-Saint-Rambert 0,42 0,60 10,0 10,3 INSEE Rhône-Alpes - 165 rue Garibaldi
Villefontaine 0,31 0,58 11,5 13,2
69401 Lyon cedex 03
Mâcon 0,38 0,57 12,2 13,3
Tel : 04.78.63.28.15 - Fax : 04.78.63.25.25
Romans-sur-Isère 0,60 0,55 14,2 17,9
Directeur de la publication : Etienne Traynard
Villefranche-sur-Saône 0,46 0,55 9,6 11,9
Rédacteur en chef : Yvon Rendu
Thonon-les-Bains 0,64 0,55 7,9 11,3
Tarifs :
Aubenas 0,50 0,53 12,7 15,7
- 2,2 € le numéro
Roussillon 0,85 0,52 10,9 12,4
- Abonnement 10 numéros par an minimum
Albertville 0,47 0,52 8,3 11,1
(plus le bilan de l’année économique) :
Sallanches 0,48 0,49 5,5 5,7
France : 19 €
Roanne 0,51 0,48 12,1 13,9
Reste du monde : 23 €
Saint-Chamond 0,51 0,48 14,0 15,0
- Abonnement incluant INSEE Rhône-Alpes
Annonay 0,58 0,45 10,7 12,5
Résultats :
Charvieu-Chavagneux 0,54 0,44 10,2 13,2
France : 32 €
Oyonnax 0,62 0,42 6,0 10,4
Reste du monde : 40 €
Cluses 0,75 0,38 4,6 7,4
Dépôt légal n°1004, mai 1993
*L'indicateur de structure sociale est le rapport entre le nombre de cadres+professions © INSEE 2002 - ISSN 1165-5534
intermédiaires et le nombre d'ouvriers+employés. Plus cet indicateur est élevé, plus la
part des catégories moyennes et supérieures est importante. Imprimerie Auguste Cretin
Source : Insee - Recensements de la population de 1990 et de 1999

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