Logement : surpeuplement fréquent dans les quartiers ouvriers.

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Le surpeuplement des logements est inégalement réparti sur le territoire. Il frappe plus souvent certains quartiers selon leur tissu social et leur type d'habitat. Dans les quartiers urbains ouvriers, fortement répandus à Saint-Denis et au Port, les locataires du social et du privé sont fortement touchés. Dans les quartiers déshérités, les propriétaires d'habitat traditionnel paient aussi un lourd tribut. Si le peuplement est également présent dans les quartiers aisés, il est largement expliqué par la fréquence des studios.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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société
Logement
Surpeuplement fréquent
Le surpeuplement des logements est inégalement réparti sur le
territoire. Il frappe plus souvent certains quartiers selon leur tissu
social et leur type d’habitat. Dans les quartiers urbains ouvriers,
fortement répandus à Saint-Denis et au Port, les locataires du
social et du privé sont fortement touchés. Dans les quartiers
déshérités, les propriétaires d’habitat traditionnel paient aussi un
lourd tribut. Si le surpeuplement est également présent dans les
quartiers aisés, il est largement expliqué par la fréquence des
studios.
Lexique
n 1999, 48 500 ménages vivent “DDAS - Foucherolles” (Saint-Denis), prèsUne typologie sociale des quartiers a été
dans des logements trop petits pour d’un ménage sur deux vit à l’étroit.construite au début de l’année 2003 à Eeux, soit 23 % des ménages réu- Comme, par exemple, l’ensemble despartir de la situation socioprofessionnelle
nionnais. Ces ménages en situation de deux cents ménages d’étudiants vivantdes hommes actifs chefs de ménages. Dix
surpeuplement sont répartis inégalement seuls, ou en cohabitation. A “La Redoute-types de quartiers ont ainsi permis de
sur le territoire. La proportion de loge- Petite-Ile”, le taux de surpeuplementsynthétiser le tissu social des territoires
ments surpeuplés varie selon les com- atteint 36,2 %. Les trois quarts des loge-réunionnais. Les plus cités dans l’étude
munes entre 8,9 % (Plaine des Palmis- ments surpeuplés appartiennent au parcci-contre sont les suivants :
tes) et 31,4 % (Le Port). Les différences locatif social où familles monoparentales
sont encore plus grandes entre quartiers et grands ménages sont les plus touchés.Les quartiers militaires (3 quartiers, tous à
puisque ce même taux est dix fois plusSaint-Denis) : Près de 30 % des chefs de
élevé dans le quartier “Eudoxie Nonge”ménages exercent une profession qui Un surpeuplement aggravé
(Saint-Denis) qu’à “La Rivière de l’Est”relève de l’armée ou de la police. dans les quartiers
(Sainte-Rose) : 55,5 % contre 5,2 %.
urbains ouvriersLes quartiers urbains ouvriers (32
La situation de surpeuplement est plusquartiers, dont 19 à Saint-Denis et 9 au
ou moins accentuée selon les ménages. Dans les quartiers urbains ouvriers,lePort) : près d’un chef de ménage sur deux
En effet, 6 700 sont des personnes seules taux de logements surpeuplés atteint(46 %) est un ouvrier non agricole. Les
vivant dans une seule pièce. Ce sont 34,4 %. Près d’un ménage réunionnaisemployés sont également très nombreux
généralement des jeunes, étudiants ou en surpeuplé sur cinq y réside. Ce type est(25 %). Le taux de chômage est dans la
début de vie active, pour lesquels cette très répandu au Port et à Saint-Denis etmoyenne (28 %).
situation est le plus souvent temporaire ; accessoirement à Saint-Paul, Saint-Pierre
ce qui dédramatise leur condition. Il resteLes quartiers déshérités (30 quartiers, et Sainte-Marie. Ce qui place ces deux
tout de même près de 28 900 foyers aux- premières communes parmi les plusdont 9 à Saint-Paul et 12 à Saint-Pierre) :
quels il manque une pièce pour que cha- sujettes au surpeuplement. Le parc loca-Le chômage frappe 43 % des chefs de
cun de leur membre vive et dorme dans tif social intimement lié à ce type deménage actifs. Les chômeurs n’ayant
des conditions décentes. Le surpeuple- quartier y abrite souvent des ménagesjamais travaillé sont très nombreux (8 %).
ment s’accentue pour 13 200 ménages resserrés ; mais les autres types d’habitatPlus de 40 % des actifs occupés sont
qui nécessitent au moins deux pièces ne sont pas en reste. Notamment le parcouvriers.
locatif privé y est surpeuplé pour 42,2 %supplémentaires dans leur logement.
Les quartiers aisés (15 quartiers, dont 8 à de ses logements.
Certains types d’habitat, de même queSaint-Denis et 6 à Saint-Paul) : Un tiers
C’est aussi dans ce type de quartier quecertaines structures sociales des quar-des chefs de ménages actifs sont cadres,
le surpeuplement accentué est le plustiers sont générateurs de surpeuplement,professions libérales ou chefs
répandu, avec 9 % des ménages touchés.ou parfois d’un type de surpeuplement.d’entreprises. Les professions
Après les habitants de l’habitat tradition-
intermédiaires sont également très C’est dans les quartiers militaires que le nel, peu fréquents dans ces quartiers, ce
présentes (23 %). Le chômage est faible. surpeuplement est le plus fréquent avec sont les locataires de l’habitat social, et
un taux de logements surpeuplés de dans un deuxième temps du privé, qui
37,2 % en moyenne. Toutefois, ce type paient le plus lourd tribut au surpeuple-
de quartier est rare sur le département : ment aggravé. Structure monoparentale,L’auteur il concerne uniquement trois quartiers chômage du chef de famille et grande
dionysiens qui regroupent au total moins taille du ménage sont autant de facteursNelly ACTIF est responsable de la division de deux mille ménages. Et, les familles de risque. Les quartiers autour de la“études” à la direction régionale de touchées ne sont pas celles des militaires, mairie annexe du Chaudron connaîssentl’Insee. mais leurs voisins. Ainsi, dans le quartier fréquemment cette situation avec une
économie 2e trimestre 20038 DE LAREUNIONsociété
dans les quartiers ouvriers
pointe dans le quartier “Le mail Ouest” rare que dans les quartiers urbains Un grand nombre de studios
où près d’un ménage sur cinq devrait ouvriers. Près de 4 000 ménages surpeu- dans les quartiers aisés
disposer d’au moins deux pièces supplé- plés y sont propriétaires de leur loge-
mentaires. ment. La taille du ménage influence plus
A l’inverse des types ci-dessus, les quar-le risque de surpeuplement que dans les
Une part non négligeable du surpeuple- tiers agricoles de petites exploitations se
autres types de quartier. Dans le quartier
ment (6,5 % des ménages) concerne des démarquent par la rareté du phénomène“Le barrage” (Saint-Paul) où le taux de
personnes seules. Elles vivent quasiment de surpeuplement. Sur l’ensemble de cessurpeuplement frôle les 40 %, la moitié
toutes dans un immeuble collectif, en neufs quartiers situés le plus souvent audes ménages touchés compte au moins
location, bien plus souvent chez un bail- Sud et à l’Est, on trouve 14 % de ména-cinq personnes. Dans certains quartiers,
ges en surpeuplement.leur privé que dans du social. Ce type de un ménage résidant sur cinq, est à la fois
surpeuplement est très répandu à Saint- constitué d’au moins cinq personnes et Le surpeuplement est quasiment de
Denis (quartiers “Eudoxie Nonge”, en état de surpeuplement : à Saint-Paul même ampleur dans les six autres types
“L’école d’application Bossard”, “Michel encore (”Saint-Cœur - Ravine Daniel”, de quartiers, et le plus souvent au-des-
Debré - Damase Legros”, “Maréchal “Bellemène”), au Port (”Rivière des sous de la moyenne. Notons toutefois
Leclerc - le Butor”). Galets, cité Ravine à Marquet”) ou à que, dans les quartiers aisés,oùil
Saint-Louis (”le bas de la ville - Bel Air”). touche en moyenne 18,6 % des ména-Les quartiers déshérités arrivent en troi-
Les propriétaires de logements en ges, il est souvent lié à la présence desième position pour le taux de logements
immeuble collectif sont moins touchés personnes seules vivant dans une seulesurpeuplés avec une moyenne de 26,8 %.
que les autres. Tandis que ceux de pièce. A “Boucan Canot - Grand Fond”,Le surpeuplement de personnes seules y
l’habitat traditionnel le sont plus. Un par exemple, si 32,4 % des ménagesest plus rare ; en revanche le surpeuple-
quartier de cette structure sociale, “La vivent à l’étroit, la moitié d’entre euxment aggravé touche 8,7 % de l’ensemble
Concession Condé” à Saint-Pierre, connaît sont des personnes seules. Les quartiersdes ménages. Le parc locatif social est à
un taux de surpeuplement bien inférieur du “Bas des Rampes - la chaumière”nouveau celui qui héberge le plus de
à la moyenne avec 13,2 %. (Saint-Denis) et du “Jardin de l’Etat -ménages surpeuplés, mais il se fait plus
Joinville” abritent respectivement 17,5 %
et 13,8 % de personnes seules en
studio. C’est aussi le cas de certains
Les logements surpeuplés*en 1999 quartiers de classes moyennes dio-
nysiens, ainsi que de certains quar-
tiers urbains mixtes tamponnais pro-Nombre de logements
surpeuplés par commune ches des universités. C’est ainsi
12 700 qu’aux “Tamarins - Lory les Hauts”
plus d’un ménage sur deux subit le
6 400 surpeuplement, mais 23 % des ména-
ges sont des personnes seules en stu-
dio.
97 Dans le type le plus répandu, les
quartiers ruraux mixtes, le surpeu-
plement touche 20,5 % des ména-
ges. Et, parce qu’il regroupe un cin-
quième des ménages réunionnais, on
y recense plus de 10 000 foyers sur-
peuplés. Ce sont rarement des per-
sonnes seules, et le surpeuplement
est plus souvent modéré qu’aggravé.
Pourtant cette moyenne masque
quelques situations où ce sont un
ménage sur trois qui sont touchés :
“Commune Prima” (Saint-Denis),
“Beaufond Distillerie” (Saint-Benoît),Taux de logements
surpeuplés par Iris “La cressionnière Sud” (Saint-
En % André), “Roche maigre”
[31 - 56] Source : Insee - RP 1999 Louis), “Sans Souci” et “L’Eperon -[22,8 - 31[
[16,5 - 22,8[ © Insee 2003 - IGN Tamatave” (Saint-Paul).
[5 - 16,5[
(*) Un logement est surpeuplé s'il manque au moins une pièce au ménage Nelly ACTIF
économie2e trimestre 2003 9DE LAREUNION

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