Mayotte 2002 - Population et conditions de vie - Migrations : Presqu' autant de départs que d'arrivées depuis 1997

De
Publié par

La croissance de la population de l'île de Mayotte reste rapide, elle est alimentée à la fois par une forte natalité et une forte immigration. Cependant, depuis 1997, elle est tempérée par une vague de départs. Désormais une personne sur trois est de nationalité étrangère à Mayotte. Cette population se concentre principalement autour du pôle économique de l'île.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 13
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

dossier Mayotte 2002
Presqu’autant de départs
Photo : Christian VAISSEa croissance de la population de
l’île de Mayotte reste rapide, elleLest alimentée à la fois par une
forte natalité et une forte immigration.
Cependant, depuis 1997, elle est tem-
pérée par une vague de départs.
Désormais une personne sur trois est
de nationalité étrangère à Mayotte.
Cette population se concentre princi-
palement autour du pôle économique
de l’île.
L’attraction de la France se mani-La pyramide des âges
Avec ses 160 265 habitants en 2002 l’île feste jusque dans la rue
de Mayotte manifeste un très fort dyna-La pyramide des âges de Mayotte est
misme démographique. En quarante-cinqpresque un cas d’école. Elle illustre à
ans, sa population a été presque mul-merveille la jeunesse de la population d’une moyenne annuelle de 675 person-1 tipliée par sept. La croissance démogra-de cette île où 53 % de la population
nes supplémentaires entre 1958 et 1966 à
a moins de vingt ans. Sa base est large phique était très forte entre 1978 et 1997
5 100 personnes entre 1997 et 2002.et son profil est bien celui d’une avec un taux annuel moyen supérieur à
pyramide. Ce n’est plus le cas, loin 5,5 %. Elle s’est infléchie depuis et La baisse du solde migratoire, autre
s’en faut, des pyramides des âges des affiche maintenant un taux de croissance composante de la croissance de la popu-pays occidentaux. Ainsi, en 2002,
annuel moyen de 4,1 %. lation, explique aussi ce ralentissement.seulement 4 % des Mahorais ont
Depuis 1958 le solde migratoire a tou-soixante ans et plus alors que ce Plusieurs phénomènes expliquent ce ralen-
jours contribué positivement à l’évolu-pourcentage était en 1999 de 10 % à tissement de la croissance démographique.
La Réunion et de 20 % en France tion de la population mahoraise. De 1966
Tout d’abord la natalité diminue : demétropolitaine. à 1997, sa contribution a été de plus en
près de 50 naissances pour 1 000 habi-
plus importante. Elle est passée de 2002 tants en moyenne annuelle entre 1958 et
personnes par an et en moyenne entre
1966, elle est passée à 40 entre 1997 et
1966 et 1978 à 2 000 entre 1991 et 1997.
2002. La natalité reste bien supérieure à
Depuis cette contribution a chuté à une
celle de La Réunion (20 %o en 2002) et
moyenne de 720 personnes par an.2002 90-94 plus encore à celle de la France métropo-
1997
80-84 litaine (13 %o en 2002). En parallèle, le
70-74 Une vague de départstaux de mortalité chute encore plus vite,
HOMMES FEMMES60-64 il est passé de 25 décès pour 1 000 habi-
50-54 L’immigration n’a pas diminué, au con-tants à 3,5 sur les mêmes périodes. Le
traire. Sur les vingt dernières années, lessolde naturel n’a par conséquent pas ces-40-44
arrivées sur le territoire ont plus que dou-sé de croître depuis 1958. Il est passé30-34
3 20-24
10-14 Evolution démographique à Mayotte de 1958 à 2002
0-4
15 000 10 000 5 000 0 5 000 10 000 15 000
Evolution
Années de Solde
Population annuelle Naissances Décès
recensement migratoire
(en %)
1958 23 364
4,2 11 000 3 8005 600
1966 32 607
3,1 23 200 1 2009 800
1978 47 2464
5,2 18 800 5 9004 700
1985 67 167
5,8 21 300 8 9003 000
1991 94 410
5,7 29 000 12 0004 000
1997 131 320
4,1 27 900 3 6002 555
2002 160 265
Source : Insee, recensements de la population.
12 économie 1er trimestre 2004
DE LAREUNIONdossier
que d’arrivées depuis 1997
blé, passant d’une moyenne annuelle de peine 3 500 élèves et étudiants boursiers leur taux de chômage, plus élevé que
2 000 personnes entre 1985 et 1991 à hors de Mayotte en 2002. Les départs de celui de la population active totale
plus de 4 300 entre 1997 et 2002. Mais Mayotte concernent donc une autre popu- (38 % contre 29 %), est peu fiable.
les départs ont augmenté plus rapidement lation que les élèves et les étudiants.
Les raisons de cette immigration de
encore. Si 520 personnes en moyenne Cette autre population est sans doute à
Comoriens sont multiples. La volontéquittaient Mayotte chaque année entre l’image de la population mahoraise
affichée des Mahorais de rester dans le1985 et 1991 elles étaient 3 600 entre recensée en 1999 à La Réunion. Elle
giron de la France a pour conséquence
1997 et 2002. Alors que les départs com- comptait beaucoup de jeunes et des fem-
un alignement sur les normes françaises
pensaient un quart des arrivées entre mes, avec un faible niveau scolaire et très
en termes d’infrastructures, de loge-1986 et 1991, ils en compensent plus des peu de diplômes. Presque 86 % des actifs
ments, d’accès à l’éducation et aux ser-quatre cinquièmes entre 1997 et 2002. Ce étaient au chômage. Loin de l’entraide
vices de santé… Ce rattrapage et le
phénomène surprend par son ampleur et qui a cours à Mayotte entre membres de
décalage qu’il engendre vis à vis des
ses conséquences sont multiples. la même famille, ces Mahorais de La
îles voisines sont à l’origine de l’attraitRéunion vivent principalement des aides
La première conséquence de ce mouve- qu’exerce Mayotte. En outre, l’accès auxsociales.
ment d’émigration est la stagnation de la soins est gratuit. Enfin les liens qui
population française à Mayotte. Celle-ci unissent les quatre îles de l’archipel des 1
Une personne sur troisest passée de plus 103 000 individus en Comores ne sont pas que géographi-
1997 à juste 105 000 en 2002. Pourtant les est étrangère ques, des liens de parenté existent entre
projections démographiques hors mouve- les habitants de ces îles.
ments migratoires en attendaient entre Si la population de nationalité française
13 000 et 15 000 de plus. Selon le stagne, la étrangère a presque Concentration des
vice-rectorat de Mayotte, il y avait à doublé entre 1997 et 2002. Désormais plus
étrangers autour du pôle
de 55 000 étrangers
économiquevivent à Mayotte, soit
une personne sur troisPopulation par nationalité et commune
La répartition territoriale des étrangerset 96 % d’entre eux
2n’est pas uniforme. Trois communes sursont comoriens. Cette
les dix-sept que comporte Mayottepopulation est légère-
M'Tsamboro (Mamoudzou, Koungou et Dembéni)ment plus âgée que la
accueillent presque les deux tiers despopulation totale deBandraboua
étrangers. La commune de MamoudzouMayotte, 44 % des
en accueille à elle seule plus de 44 %,étrangers ont moins de
Koungou elle est l’unique commune où plusvingt ans contre 53 %Acoua
d’une personne sur deux est étrangèrepour l’ensemble. Ils se
Dzaoudzi- (54 %). Koungou n’est pas très loindéclarent plus souvent
Labattoir
avec 48 % d’étrangers parmi ses habi-inactifs : entre 15 et 59
M'Tsangamouji tants. Le pôle économique de Mayotteans près de deux sur
3se révèle être très attractif pour la popu-trois se déclarent sans
Tsingoni lation étrangère. A contrario, les com-activité au lieu d’une
Mamoudzou munes de l’extrême sud (Bouéni,personne sur deux sur
Chiconi Pamandzi Kani-kéli) ou de nord (Acoua,l’ensemble de la popu-
M’Tsamboro, M’Tsangamouji) se trou-lation. Nombre d’entreOuangani
Dembeni vent être les moins attractives. La parteux sont en situation
de la population étrangère parmi lesirrégulière puisque se-
Sada habitants y est au plus égale à 10 %.lon la préfecture de
Sans la présence de ces étrangers, plusMayotte il y aurait
de la moitié des communes de Mayottemoins de 10 000 per-
46 000Chirongui auraient eu une baisse de leur popula-mis de séjour en cours 423 000 tion entre 1997 et 2002. Sada est lade validité en 2002. La
BandreleBoueni 4 600 seule commune dont la population amajorité des étrangers
diminué dans cette période. C’est aussià Mayotte ne pouvant
la commune qui connaît le taux de pro-prétendre à un emploiFrançaise
gression de sa population étrangère ledéclaré, il est vraisem-EtrangèreKani-Keli
plus faible:+3% alors que le tauxblable que tous n’ont
moyen est de + 96 %.© Insee pas déclaré une activité
alors qu’ils en avaientSource : INSEE - Recensement de la population 2002 Olivier FROUTÉ
une. Par conséquent
économie 131er trimestre 2004
DE LAREUNION

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.