Niveaux de vie : Plutôt satisfaits, les ménages restent réalistes

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Les ménages réunionnais ont conscience de la hausse de leur niveau de vie au cours de la dernière décennie. Malgré cela, un plus grand nombre d'entre eux se déclare en difficulté. Cette contradiction apparente peut s'expliquer par la forte progression de l'endettement des particuliers et la vulnérabilité que peuvent engendrer les modes de consommation actuels.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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société
Bibliographie
“Hausse des niveaux de vie et réduction des inégalités” Economie de La Réunion  n° 119  PERRAIN D.  1er trimestre 2004.
“Croissance parallèle de l’épargne et de l’endettement” Economie de La Réunion  n° 116  MARTIN S.  2e trimestre 2003.
“La consommation des ménages depuis quarante ans” INSEE Première  n° 832  RIGNOLS E.  Février 2002.
“Comment les ménages perçoivent leur niveau de vie” Economie de La Réunion  n° 93  FORGEOT G.  1er trimestre 1998.
L’auteur David PERRAIN est Volontaire civil de l’aide technique à la direction régionale de La Réunion.
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Niveau de vie Plutôt satisfaits, les
2e trimestre 2004
Les ménages réunionnais ont conscience de la hausse de leur niveau de vie au cours de la dernière décennie. Malgré cela, un plus grand nombre d’entre eux se déclare en difficulté. Cette contradiction apparente peut s’expliquer par la forte progression de l’endettement des particuliers et la vulnérabilité que peuvent engendrer les modes de consommation actuels.
es Réunionnais ont une assez bonne perception de la progres tierLs des ménages considèrent que leur sion de leur niveau de vie : plus du niveau de vie est élevé, soit 10 points de plus qu’en 1995. En 2001, les trois quarts des ménages interrogés considè rent que, depuis cinq ans, ce niveau s’est stabilisé ou amélioré. En outre, cette confiance se confirme lorsqu’ils se pro jettent à cinq ans. Près de 9 ménages sur 10 pensent que leur niveau de vie va se stabiliser ou s’améliorer à l’avenir.
Perception de leur niveau de vie par les ménages en 1995 et en 2001
Plus du tiers des ménages réunion nais jugent leur niveau de vie élevé
Certaines évolutions économiques peu vent expliquer cette impression. En effet, pendant cette période, La Réunion a connu une hausse sensible des ressources des ménages (le revenu disponible brut s’est accrû entre 1993 et 1999 à un rythme moyen de 7,1 % par an), notam ment pour les ménages à bas revenus, grâce à l’alignement de la plupart des prestations sociales et du SMIC applica bles dans le département sur ceux de métropole.
Les ménages restent néanmoins réalistes sur la situation tendue de l’emploi. En 2001, un peu moins de la moitié juge que le risque pour le chef de famille de
se retrouver au chômage (ou d’y rester s’il y est déjà) est moyen ou élevé, soit 15 points de plus par rapport à l’enquête précédente. Cette impression se mani feste d’ailleurs principalement chez les personnes issues de ménages à faible niveau de vie ou de ménages déjà tou chés par le chômage. Cette confiance à la baisse est à mettre en relation, d’une part, avec un taux de chômage toujours supérieur à 30 % sur la période avec une pointe à 37,7 % en 1998 et 1999, et, d’autre part, avec la montée de la préca risation de l’emploi liée à la hausse de moitié de la part des emplois à durée déterminée (CDD, apprentis, stagiaires et intérimaires compris) dans l’emploi salarié. En 2001, près d’un quart des salariés réunionnais ont un contrat à durée déterminée contre 16 % en 1995.
Une situation financière difficile pour certains
Malgré la hausse des niveaux de vie, le nombre de ménages se déclarant en dif ficulté financière augmente, principale ment pour les plus démunis. Un quart des Réunionnais portent un jugement négatif sur leur situation financière, contre 22 % en 1995. Cette contradiction apparente résulte d’une vraie prise en compte de leur réalité budgétaire car un niveau de vie élevé n’est pas toujours synonyme de bonne situation financière. Ainsi, 38 %
Opinions des ménages réunionnais sur leur situation financière en 1995 et 2001 1995 2001 Ça va29 %24 % Juste45 %55 % difficile26 %22 % Source :
société ménages restent réalistes
Les modes de consommation sont aussi Proportion de ménages disposant responsables de ce sentiment vis à vis de des équipements suivants en 1995 et 2001 leur budget. Un bon nombre des dépen ses actuelles prennent la forme de for France La RéunionLa Réunion métropolitainefaits ou d’abonnements, et sont donc peu en 1995en 2001 en 2001modulables, à court terme au moins. La téléphonie, Internet ou les abonnements Appareils ménagers88 %79 %92 % à des chaînes payantes par exemple sont Appareils multimédias83 %60 %74 % de nouvelles sources de dépenses qui se (hors télévision) rajoutent à d’autres frais mensuels plus Automobile81 %54 %63 % anciens comme les remboursements de Abonnement de téléphonen.d. 40% 49% crédits ou le loyer. Ceci a pour effet de portable ou voiture réduire l’argent effectivement disponible Abonnement à canal plus26 %18 %21 % pour la vie de tous les jours, ou pour répondre aux aléas de la vie. C’est pour n.d. : non disponible Source : enquête budget de famille 1995 et 2001quoi l’épargne fait aussi partie des prio rités des ménages, notamment pour ceux qui connaissent des difficultés financiè des ménages considérant leur niveau dedoublé entre 1995 et 2001. Les ménages res (+ 13 points depuis 1995). L’épargne vie comme élevé s’estiment être en diffis’endettent donc plus qu’autrefois. La détenue par les particuliers a, pourtant culté. A l’inverse, un quart des ménagesproportion des ménages qui déclarent progressé de plus de 50 % entre 1995 et portant un jugement positif sur leur budêtre obligés de puiser dans leurs écono 2001, mais bien moins rapidement que get déclare avoir un niveau de vie plutôtmies ou de s’endetter est en hausse, pas l’endettement (+109%), d’où une vulné faible ou faible. Ce phénomène était déjàsant de 23 % en 1995 à 30 % en 2001. rabilité accrue pour certains ménages.observable en 1995, à peu près dans lesL’habitation a toujours été l’une des mêmes proportions (respectivement 40 %priorités en matière de dépenses desDavid PERRAIN et 22 %).ménages; en particulier pour ceux se jugeant en difficulté. En 1995, c’était Un ménage réunionnais ressemble de leur principale priorité en cas de ressour plus en plus à un ménage de métropole ces supplémentaires. Bénéficiant d’un dans ses modes de consommation et de accroissement de leur niveau de vie, ils financement, et ce sont ces nouvelles pra se sont donc endettés et doivent mainte tiques qui conduisent certains ménages à nant faire face à un alourdissement de se déclarer en difficulté. En effet, la socié leur charge financière. Cela se confirme té de consommation réunionnaise tend par la progression du remboursement de (1)Cf. “Croissance parallèle de l’épargne et de plus en plus vers celle de la France. leur dette ou de leur crédit (plus 5de l’endettement” Stéphane Martin , IEDOM D’une part, elle se dirige vers une socié points) dans les dépenses jugées prioriin “économie de La Réunion” n° 116  2e tri té de services. Ce sont ces dépenses qui taires des ménages.mestre 2003. ont vu leur part augmenter dans le bud get des ménages (20 points de progres Dépenses jugées prioritaires en cas de ressources supplémentaires sion), et ceci quelle que soit leur situa selon la situation financière des ménages entre 1995 et 2001 tion financière. D’autre part, les Réunion nais ont profité des progrès technologi En %, plusieursAisée JusteDifficile Ensemble ques pour s’équiper. Une large majorité réponses possibles20011995 2001 19951995 20011995 2001 d’entre eux est dorénavant équipée en appareils ménagers et multimédias et les Alimentation09 03 21 19 37 37 21 19 deux tiers possèdent au moins un véhi Habitation35 34 56 46 60 58 52 46 cule. Tous ces taux convergent vers ceuxLoisirs et vacances48 67 20 39 11 26 24 44 observés en métropole en 2001.Remboursement de dettes06 14 07 13 13 18 08 15 Epargne36 36 25 40 18 35 26 38 Plus de dettes Faire profiter la famillen.d. 20n.d. 22n.d. 21n.d. 27 et de frais fixesMieux vivre tous les joursn.d. 53n.d. 61n.d. 33n.d. 49 Autres10 05 06 47 09 04 07 05 Ces dernières années, on constate un rat trapage progressif du niveau d’endette n.d. : non disponible ment des ménages réunionnais vers les Source : enquête budget de famille 1995 et 2001 (1) niveaux nationaux. L’encours des cré dits consentis aux particuliers a plus que 2e trimestre 2004économie DE LA REUNION7
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