Panorama démographique, économique et social de la Basse-Normandie - une région rurale en quête de modernité

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Le Conseil régional de Basse-Normandie entame la révision du Schéma Régional d'Aménagement et de Développement du Territoire, le SRADT. Son objectif est de définir une stratégie de développement durable de la Basse-Normandie pour les vingt ans à venir. La Région a donc sollicité l'INSEE pour l'aider à réaliser un diagnostic préalable qui mette en évidence les atouts et les handicaps de la région mais aussi le positionnement de la Basse-Normandie vis à vis des autres régions françaises. Il permet d'identifier les domaines où la région est en pointe et, au contraire, ceux où la Basse-Normandie est plutôt en retrait. On y apprend, par exemple, que la Basse-Normandie est, avec la Bourgogne, la région la plus touchée par l'émigration des jeunes, mais qu'elle est aussi celle, avec la Bretagne, qui compte le plus de PMI de 50 à 99 salariés sur son territoire. Cette forte densité d'entreprises régionales contribue largement au dynamisme et au développement de l'économie bas-normande, et constitue un point d'ancrage territorial, notamment en milieu rural où le tissu de PME-PMI est particulièrement dense. Cet atout est également une fragilité au moment où la mondialisation pèse sur la compétitivité des entreprises, d'où la nécessité, dans les années à venir, de moderniser le tissu productif pour pouvoir faire face à la concurrence des pays émergents. Cet enjeu est énoncé dans le titre même de la publication, "une région rurale en quête de modernité".
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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BASSE
NORMANDIE
BASSE-NORMANDIE
N°149/JUILLET 2005
Panorama démographique,
économique et social
de la Basse-Normandie
une région rurale
en quête
de modernité
Densité de population
En 2004, la Basse-Normandie Une forte émigration
compte 1 443 000 habitants, soit
21 000 personnes de plus en cinq de jeunes
eans. Sa population la place au 17
Densité de population en 2004 rang des régions françaises. Comme La natalité continue cependant de
Moins de 60 hab/km au niveau national, son rythme de décroître et rogne petit à petit le
De 60 à 100 hab/km croissance s’est légèrement accé- solde naturel de la région. Après un
De 100 à 150 hab/km léré ces cinq dernières années, mais sursaut en 2000, le nombre de nais-
De 200 à 325 hab/km
à l’image des régions qui entourent sances a diminué de près de 5 % 938 hab/km
le Bassin parisien et l’ensemble des en quatre ans, l’une des plus fortes
régions rurales françaises, la Basse- baisses enregistrées sur le territoire PO DI U M S Normandie reste une région peu dy- français. Pourtant, le nombre d’en-
namique sur le plan démographique. fants par femme reste supérieur à
Population La croissance s’est accélérée grâce la moyenne nationale. Ce recul est
(2004) à un léger excédent migratoire, le la conséquence du vieillissement
17 premier observé depuis la fin de rapide de la population alors qu’au
la Seconde Guerre mondiale. La début des années quatre-vingt-dix,
la Basse-Normandie était encore Basse-Normandie perdait aupara-16 18Ile de France Bourgogne Champagne Corse
Ardenne vant des habitants par migrations, l’une des régions les plus jeunes de
mais le déficit migratoire tendait France.Densité de population
progressivement à se réduire. L’at-(2004)
Les migrations expliquent en grande tractivité de la région reste toutefois
12 partie le vieillissement de la Basse-limitée, la natalité restant le moteur
de la croissance démographique. Normandie. Les jeunes sont en effet
nombreux à quitter le territoire. La L’excédent des naissances sur les 11 13 Aquitaine CorseIle de France Languedoc
Roussillon Basse-Normandie est même la ré-décès explique à lui seul 90 % de
gion française la plus touchée, après l’accroissement de la population ob-
Classement de la Basse-Normandie la Bourgogne, par le départ des jeu-servé entre 1999 et 2004.parmi les 22 régions métropolitaines
nes âgés de 20 à 29 ans.
cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : Insee«Les jeunes quittent surtout la région
pour trouver un emploi à la fin de leurs études»
Mais les jeunes quittent surtout la
Evolution de la population Présence de cadres région pour trouver un emploi à la fin
de leurs études. En effet, si la Bas-
se-Normandie forme de nombreux
étudiants (36 600 en 2002-2003),
elle ne parvient pas à les conserver
à la fin de leur scolarité par man-
que de postes correspondant aux
formations supérieures suivies. La
moitié du déficit migratoire des jeu-
nes, dans les années quatre-vingt-
dix, est dû aux départs de jeunes
diplômés du supérieur. Ce potentiel
limité d’emplois qualifiés n’est pas
forcément le signe d’une carence
du marché du travail régional. Les
emplois les plus qualifiés offerts aux
Taux d’évolution annuel moyen diplômés du supérieur sont en ef-
entre 1999 et 2003 fet largement concentrés dans les Taux d’encadrement en 1999
grandes agglomérations, dont 40 % Baisse Moins de 9 %
Hausse rien qu’en Ile-de-France. Les jeu-
De 9 à moins de 10 %De 0 à + 0,5 % De + 0,8 % à + 1 % nes les plus diplômés sont donc na-
De 10 à 13 % Supérieure à + 1 %De + 0,5 % à + 0,8 % turellement attirés par les grandes
22,7%métropoles nationales pour trouver PO DI U M S un premier emploi. La faiblesse du PO DI U M Stissu urbain en Basse-Normandie,
Taux de croissance annuelle de la population basé essentiellement sur un réseau
entre 1999 et 2003 Présence de de villes de taille moyenne, limite
13 cadres et chefs d'entreprisespar conséquent la capacité d’ab-
(1999) 22sorption des jeunes diplômés sur
le territoire. Les villes bas-norman-Languedoc 14 ChampagneCentre 12 Franche
Roussillon ArdenneComté des s’en sortent malgré tout assez
21Ile-de Poitou-Charentes
FranceDépart des jeunes bien, puisqu’elles offrent globale-
migrations des jeunes ment plus d’emplois « supérieurs » de 20 à 29 ans entre 1999 et 2004 Classement de la Basse-Normandie
dans l’emploi total que leurs homo- parmi les 22 régions métropolitaines
21
logues françaises de même taille.
l’accroissement du nombre de per-
Ile-de-France 20Champagne-Ardenne Bourgogne Sur le plan démographique, le dé- sonnes âgées lié aussi à l’allonge-
part des jeunes contribue à la di- ment continu de la durée de vie. Classement de la Basse-Normandie
parmi les 22 régions métropolitaines minution du nombre de femmes en Cependant, comme partout ailleurs,
âge d’avoir des enfants, et affecte la population bas-normande vieillit
Ils partent pour poursuivre leurs par conséquent la natalité de la ré- surtout par la seule montée en âge
études ou occuper un premier em- gion. Réussir à offrir plus d’emplois des générations nombreuses du
ploi, Rennes, Nantes et Paris étant adaptés aux jeunes diplômés du su- « baby boom». Les premières d’en-
les villes les plus prisées. L’exode périeur peut représenter un enjeu tre-elles fêteront leur soixantième
stratégique pour la région dans les est en partie lié à une offre de for- anniversaire dès 2006, et provo-
années à venir.mation limitée qui pourrait être queront une forte augmentation du
complétée pour mieux satisfaire les nombre de retraités dans la popu-
attentes des jeunes et des entre- lation. Cette hausse se poursuivra Un vieillissement
prises, et accroître l’attractivité des de façon continue pendant au moins
structures d’enseignement bas-nor- trente ans. La Basse-Normandie est inéluctable
mandes. En 2002, par exemple, un actuellement une région encore as-
millier de jeunes ont quitté la région sez jeune, mais si les tendances se La Basse-Normandie est a contrario
sans être remplacés pour suivre des confirment, elle pourrait connaître une région attractive pour les retrai-
filières tertiaires courtes, des DEUG tés, particulièrement dans le Per- le plus rapide vieillissement des ré-
en sciences humaines et sociales, ou gions françaises d’ici à 2015. che, sur le littoral le long de la côte
encore des formations supérieures Fleurie et dans l’ouest de la Manche. Sous ces hypothèses, presque 28 %
spécialisées (commerce, gestion, Beaucoup s’installent dans une ré- des habitants auront plus de 60 ans
médico-social ...). sidence secondaire qu’ils possèdent en 2015, contre 23 % aujourd’hui.
déjà. L’arrivée de retraités accélère D’ailleurs, dès 2006, en Basse-Nor-
2 cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : Insee
Source : InseePanorama démographique, économique et social
de la Basse-Normandie
«Entre 2001 et 2015, la Basse-Normandie
perdrait 4% de ses actifs, soit 25 000 personnes environ»
Structure de la population bas-normande Jeunesse de la population
åge
100
Hommes Femmes90
80
70
60
50
40
30
20
Source : Insee
10
0
Part des moins de 20 ans
-5000 -4000 -3000 -2000 -1000 0 0 1000 2000 3000 4000 5000 en 2004
Moins de 23 %
2003 2003 2015 2015 Source: Insee- Omphale
Entre 23 % et 25 %
Entre 25% et 26 %
mandie, les personnes de 60 ans et travailler seraient aussi de moins en Plus de 26 %
plus seront plus nombreuses que les moins nombreuses. Ce recul pour- Moyenne nat : 25,2 %
jeunes de moins de 20 ans. Ce dé- rait peser sur les ressources en main
passement s’est déjà produit dans la d’œuvre pour le marché du travail. PO DI U M S
moitié des régions françaises. Ancien Entre 2003 et 2015, la Basse-Nor-
dans les régions du Massif central, il mandie perdrait 4 % de ses actifs,
Population des moins de 20 ansest tout récent en Bretagne. Au to- soit 25 000 personnes environ. Ce
(part dans la population en 2004)tal la croissance démographique se recul s’amorcerait dès 2007, lors-
8poursuivrait d’ici à 2015, mais à un que les premières générations nées
rythme ralenti. Le gain annuel se- après la Seconde Guerre mondiale
rait en moyenne de 2 500 habitants arriveront à 60 ans. Nord 7 9 Franche LimousinAlsace
Pas-de-Calais Comtécontre presque 4 000 entre 1999 et
2004. La Basse-Normandie comp- A partir de là, les départs massifs à
Indice de féconditéterait ainsi 1 470 000 habitants en la retraite ne seront pas compensés
(1999)
2015. Le solde naturel apporterait par les entrées sur le marché du tra-
4de moins en moins d’habitants à vail des jeunes générations. Cette
la région, en lien avec le recul des contraction de la ressource en main
Nord 4naissances. Par contre, l’excédent Limousind’oeuvre pourrait profiter aux de-
Pas-de-Calais Pays de la Loire
Ile-de-Francemigratoire progresserait, consé- mandeurs d’emploi, mais il faudrait
quence de la croissance du nombre pour cela que le volume d’emplois se
Classement de la Basse-Normandie
de retraités en France. Ce faisant, et maintienne, voire croisse, mais aus- parmi les 22 régions métropolitaines
c’est une autre illustration du vieillis- si que le niveau de qualification des
sement qui attend la région : toutes chômeurs corresponde aux souhaits
Une région à caractère les générations de moins de 60 ans des employeurs. Cet enjeu renforce
seraient moins nombreuses en 2015 d’autant le rôle de la formation pro- rural plutôt résistante
qu’aujourd’hui. fessionnelle dans la région. La baisse
du nombre d’actifs peut par ailleurs
La croissance démographique de ces Moins d’actifs créer des tensions de recrutement
dernières années a profité essentiel-dans une large palette de métiers, et à partir de 2007 lement au Calvados qui est à la fois le donc favoriser le recours à une main
département le plus jeune et le plus La Basse-Normandie perdrait ain- d’œuvre étrangère. Cette photogra-
attractif de la région. L’Orne perd en phie n’est bien évidement pas figée, si dans les dix prochaines années
revanche des habitants et l’arrêt des 30 000 jeunes de moins de 20 ans, elle pourra évoluer avec les décisions
grands chantiers dans le Cotentin a soit un recul de plus de 8 % qui se et actions des pouvoirs publics, les
interrompu l’accroissement de la po-répercutera sur les effectifs scolai- modifications de comportement, les
pulation de la Manche au début des res. Si les tendances passées se décisions quant à l’âge de la retraite
poursuivent, les personnes en âge de (durée des cotisations ...). années quatre-vingt-dix.
cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149 3
Source : Insee«Les campagnes bas-normandes ont mieux résisté
que dans les autres régions rurales françaises grâce à la multitude de bourgs
et de petites villes qui maillent le territoire»
dégrader, le départ des jeunes cons- et de petites villes est un enjeu fort
Densité médicale tituant aujourd’hui la nouvelle forme pour la région, mais des signes d’ef-
d’exode rural. A l’inverse, les zones fritement semblent toutefois se ma-
côtières sont des espaces attractifs nifester. Les petites villes en milieu
en pleine croissance qui draînent à rural situées loin de la côte et des
grandes agglomérations ont pour la fois une population âgée et de
jeunes actifs, les premiers étant at- la plupart perdu des habitants au
tirés par la mer, et les seconds par cours des années quatre-vingt-dix,
alors que celles des Pays de la Loire le dynamisme économique de ces
eterritoires. A l’aube du XXI siècle, et du sud de la Bretagne tendaient
Caen et certaines franges côtières au contraire à se développer. Cet-
te contre-performance est liée en (Coutançais, Granvillais, côte Fleurie
grande partie à l’évolution défavora-et côte de Nacre) s’affirment donc
comme les moteurs du développe- ble de l’emploi dans l’industrie, les
petites villes bas-normandes ayant ment régional, mais leur croissance
perdu 9 % de leurs emplois indus-reste cependant limitée comparée
triels en l’espace de dix ans. Le repli aux villes bretonnes ou ligériennes.
de l’industrie est un problème grave Nombre de médecins
généralistes pour beaucoup d’entre-elles, car ce Avec un tiers de sa population vivant
pour 100 000 habitants
secteur occupe une place majeure en milieu rural, la Basse-Normandie en 2000
dans l’économie locale (globalement est considérée aujourd’hui comme
e un tiers des emplois des petites vil-Moins de 140 la 5 région rurale en France. Sur le
les en milieu rural de la région).long-terme, les campagnes bas-nor-De 140 à 155
mandes ont finalement mieux résisté De 155 à 170
que les autres régions rurales fran-Plus de 170 Une agriculture
çaises grâce à la multitude de bourgs
et de petites villes présents sur son toujours très présentePO DI U M S
territoire. Ces derniers jouent un
rôle majeur en milieu rural car ils Densité des généralistes La Basse-Normandie est une région
concentrent à la fois les commerces (2000) de tradition agricole. Elle doit la di-
20 et les services dont la population versité de son agriculture à la qua-
a besoin pour vivre. Hors des trois lité de ses différents terroirs et s’ap-
principales agglomérations, Caen, puie sur les richesses naturelles que
19 21Provence-Alpes Picardie Centre
Côte d'Azur Cherbourg et Alençon, ils structu- sont ses territoires et son climat. La Haute-Normandie
rent la région autour de 74 bassins région a su développer ses produc-Classement de la Basse-Normandie
parmi les 22 régions métropolitaines de vie. La densité de ce réseau et tions traditionnelles telles que le lait,
son maillage équilibré sur le terri- la viande bovine ou les céréales tout
toire confèrent aux habitants une en préservant son environnement. En un quart de siècle, les grandes
grande proximité et un accès plutôt Elle a su également se diversifier et villes ont été le théâtre de forts
rapide à l’emploi, aux commerces et propose de nouvelles activités. mouvements de périurbanisation, la
aux services à la population (édu-population quittant les centre-villes
cation, santé etc.). Cette proximité En 2003, l’agriculture, la sylvicul-pour s’installer dans des périphéries
est d’autant plus remarquable que ture et la pêche emploient 39 300 de plus en plus lointaines. Avec plus
la densité de médecins généralistes d’un quart de sa population vivant personnes, soit 7 % des actifs bas-
est extrêmement faible en Basse- normands. La Basse-Normandie est en milieu périurbain, la Basse-Nor-
Normandie. Avec 100 médecins la première région de France au re-mandie se situe au deuxième rang
pour 100 000 habitants en 2001, gard de l’importance des emplois des régions françaises en raison sur-
ela région se situe au 20 rang sur tout de l’extraordinaire étalement offerts par ces secteurs dans ces
l’échiquier national. En revanche, la de la couronne périurbaine autour secteurs. Plus des trois quarts du
région se situe au milieu du peloton territoire bas-normand (78 %) sont de Caen, la capitale régionale.
pour les infirmiers . Ces pôles éco- utilisés à des fins agricoles, propor-
nomiques possèdent également tout Après plus de trois quarts de siècles tion également la plus élevée parmi
de déclin, les campagnes bas-nor- un tissu de PME-PMI qui contribuent les régions françaises. En trois ans,
au dynamisme économique de la ré- le secteur a perdu 2 800 emplois, mandes ont repris le chemin de la
gion. Un tiers des emplois salariés soit 7 % de ses effectifs. La baisse croissance. Elles connaissent moins
marchands non agricoles s’exercent de départs que par le passé, ces ter- est continue depuis des décennies,
ritoires ruraux profitant notamment aujourd’hui en milieu rural, plaçant la concurrence, les gains de produc-
ede l’arrivée de citadins en quête la Basse-Normandie au 4 rang des tivité et les départs à la retraite ont
régions françaises. en effet entraîné la disparition de d’espace. La situation des zones bo-
cagères a continué cependant de se La solidité de ce réseau de bourgs nombreuses exploitations.
4 cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : DrassPanorama démographique, économique et social
de la Basse-Normandie
«La Basse-Normandie est d’abord une terre d’élevage bovin
pour la viande et le lait»
EVOLUTION DE L'EMPLOI ENTRE 2001 ET 2003 : PO DI U M S
SECTEURS ECONOMIQUEMENT "PLUS PRESENTS"
Part de l'emploi agricole
dans l'emploi salarié Education, santé et
(31/12/03) action sociale
4
Construction
3 5Aquitaine Ile-de-France
Poitou-Charentes
Languedoc- Roussillon Services aux
particuliersClassement de la Basse-Normandie
parmi les 22 régions métropolitaines
Industries agricoles et
alimentaires (IAA)
Les effectifs agricoles ont été divisés
par cinq en l’espace de 40 ans ! Le
Industrie automobile
nombre d’exploitations a chuté de 45
% entre 1988 et 2003, soit une perte
moyenne d’environ 1 640 exploita- Agriculture
tions chaque année. Les terres libé-
rées ont surtout permis d’accroître Industries des biens de
consommationla taille moyenne des exploitations
en activité. Une exploitation profes-
sionnelle couvre ainsi aujourd’hui 71 Industrie
hectares en moyenne, soit 31 hec-
tares de plus qu’il y a quinze ans. -9000 -7500 -6000 -4500 -3000 -1500 0 1500 3000
Un tiers des exploitations agricoles a
Secteurs dont la part dans l’emploi régional est supérieure à la moyenne française
cependant une superficie inférieure
eà cinq hectares (6 rang au niveau département français producteur de L’activité de la pêche bas-normande
national) en raison de la part impor- reste cependant très artisanale. poireaux et de navets, le deuxième
tante des activités dites « de com- pour la production de céleri rave
1plément » dans la région (47 % des et de chicorée scarole, le troisième L’activité conchylicole s’est dévelop-
exploitations). pée dans les années soixante-dix. pour la carotte et le quatrième pour
le chou-fleur et le persil. La produc- La Basse-Normandie est aujourd’hui
La Basse-Normandie est d’abord la première région productrice d’huî-tion maraîchère de la côte de Nacre,
2une terre d’élevage bovin pour la tres (27 000 tonnes en 2003 , soit destinée surtout aux marchés lo-
viande et le lait. L’activité repré- 21 % de la production nationale), caux, est beaucoup plus diversifiée.
sente aujourd’hui 60 % de la valeur celles-ci bénéficiant des plus fortes
de la production régionale. La région marées d’Europe pour se dévelop-
La mer constitueest également une terre d’élevage per. La moitié de la production est
porcin, même si le cheval fait sa re- vendue directement aux consom-une ressource
nommée. La Basse-Normandie est mateurs et l’autre moitié à des ex-
la première région équine de Fran- ploitations situées dans d’autres économique majeur
ce. Plus de 57 000 chevaux vivent bassins de production, principale-
sur le territoire régional, dont près ment Marennes-Oléron. Les huîtres
La mer constitue une ressource éco-de la moitié de trotteurs. L’existence sont alors commercialisées sous
nomique importante pour la Basse-d’une véritable filière est d’ailleurs à l’étiquette du bassin où elles sont
Normandie. Bien qu’elles emploient l’origine de la démarche de création affinées, sans référence à la Basse-
relativement peu de personnes, la d’un pôle de compétitivité dans ce Normandie où elles ont été pourtant
pêche et l’aquaculture se portent domaine. Les cultures constituent élevées. La conchyliculture bas-nor-
plutôt bien. Les activités sont con-également une richesse agricole mande s’est diversifiée dans la my-
centrées le long du littoral du Bessin importante pour la région, en par- tiliculture qui occupe également une
e et sur la côte ouest de la Manche. ticulier le lin (4 région française) et place majeure sur le marché fran-
e Les ports bas-normands sont sur-le blé (12 région) dans la plaine de çais (16 000 tonnes de moules en
2tout spécialisés dans la production Caen-Falaise-Argentan, ainsi que les 2003 , soit 29 % de la production
légumes dont la production est très de mollusques (40 % de la produc- nationale). Les exploitations de la
tion et 34 % des transactions fran-concentrée sur les bassins littoraux baie des Veys et de la côte est du
çaises), en particulier la coquille de la Manche (Val de Saire, Créan- Cotentin sont toutefois confrontées
ces et Baie du Mont Saint-Michel) et Saint-Jacques, et accessoirement à une forte mortalité d’huîtres et de
de la côte de Nacre dans le Calva- dans la pêche de poissons marins moules qui affecte la production.
dos. La Manche est ainsi le premier (5 % de la production nationale).
1Ces terres ne sont pas exploitées à des fins professionnelles. Il s’agit juste d’activités d’appoint pour ceux qui les exploitent (en général des actifs et d’anciens agriculteurs à
la retraite qui les cultivent ou qui élèvent quelques animaux pour leurs besoins personnels). Economiquement, une exploitation est considérée comme une activité dite « de
complément » si sa surface ne dépasse pas 12 hectares en équivalent blé et si le temps nécessaire pour s’en occuper demande moins de 75 % d’un temps complet.
2Source : Comité National de la Conchyliculture.
cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149 5
Source : Insee
Source : Insee«La Basse-Normandie est le troisième bassin de collecte de lait en France»
(12% de la production nationale)
Comme pour l’agriculture, l’avenir mention « fabriqué en Normandie » l’activité des IAA reste dominée par
pour le Camembert et l’existence la fabrication de produits peu trans-de la pêche bas-normande dépend,
dans les années à venir, de sa ca- de nombreuses zones AOC sur le formés et/ou à faible valeur ajoutée,
territoire (beurre et crème d’Isi- particulièrement dans l’industrie de pacité à s’adapter à l’évolution de
gny, etc.). Après d’importantes res- la viande. Cet handicap est sans la réglementation et des marchés
doute un frein au développement, en tructurations, l’industrie laitière est européens.
exposant plus directement la région aujourd’hui largement concentrée
entre les mains de grands groupes à la concurrence des pays à moindre
L’agroalimentaire, coût de production. En croissance comme Danone, Nestlé, Lactalis et
de 1,1 % au niveau national (hors Bongrain, ces deux derniers assu-premier secteur
Ile-de-France), les effectifs dans les rant à eux seuls les deux-tiers de la
IAA se sont juste maintenus dans la collecte laitière bas-normande. industriel bas-normand
région entre 2000 et 2003.
L’industrie de la viande est la seconde En Basse-Normandie, l’industrie
activité agroalimentaire. Après avoir agroalimentaire (IAA) s’est déve- Création de richesse
subi les vicissitudes des deux crises loppée en aval des filières agrico-
de la « vache folle », le secteur se les. En 2003, elle emploie près de
rétablit progressivement malgré les 20 500 personnes, soit un emploi in-
difficultés endurées par certaines dustriel sur cinq dans la région, une
PME du secteur de la transforma-proportion équivalente à celle des
tion, et certains abattoirs et entre-Pays de la Loire. L’agroalimentaire
prises de découpe. Les trest le premier secteur industriel de
teurs qui ont le mieux surmonté la la région. Adossée à une agriculture
crise sont ceux qui ont misé sur la centrée sur l’élevage, les IAA bas-
valeur ajoutée. En Basse-Norman-normandes se sont très tôt spéciali-
die, la transformation laitière et sées dans la fabrication de produits
l’industrie de la viande cumulent laitiers. La Basse-Normandie est le
les deux-tiers du chiffre d’affaires 3e bassin de collecte de lait en Fran-
de l’industrie agroalimentaire. Les ce (12 % de la production nationa-
autres productions sont très diversi-
le), les quantités collectées tendant
fiées, les changements d’habitudes toutefois à diminuer au fil du temps
de consommation favorisant l’émer- PIB par emploi(- 10 % entre 1990 et 2002).
en 2002gence d’activités très dynamiques
(provisoire)
comme l’industrie du poisson, les
plats cuisinés, la fabrication indus-PO DI U M S
Inférieur à 54000 euros
trielle de pain ou de pâtisseries, ou
De 54000 à 58000 eurosPart de l'emploi agroalimentaire encore l’alimentation pour animaux.
De 58000 à 62000 eurosdans l'emploi salarié Les produits cidricoles contribuent à
(31/12/2003) 79000 eurosla notoriété de la Basse-Normandie, 3
mais la filière souffre d’une diminu-
tion des consommations de cidre et PO DI U M S2 4Bretagne Ile-de-France
de Calvados. Alsace
Pays de la Loire
Taux de croissance annuel moyen du
Classement de la Basse-Normandie A l’exportation, les entreprises PIB brut régionalparmi les 22 régions métropolitaines
agroalimentaires bas-normandes (évolution 1999-2002)
affichent cependant de bons résul-
17
L’industrie laitière est surtout orien- tats. Les ventes à l’étranger ont en
tée vers la production de fromages à effet progressé d’un tiers en deux
16 18pâte molle, de beurre et de crème. ans, atteignant 771 millions d’euros Provence-Alpes Centre Champagne
Côte d'Azur ArdenneLorraineLa Basse-Normandie occupe une en 2004, soit 23 % des exportations
place majeure sur le marché fran- bas-normandes. L’agroalimentaire Création de richesse
çais, puisque qu’elle produit un tiers est aujourd’hui la première activité (2002 provisoire)
des fromages à pâte molle français exportatrice de la région. En 2001,
18(Camembert, Pont-l’Evêque, Livarot, la Basse-Normandie était la seconde
etc.), et plus d’un quart du beurre région française exportatrice de lait
et de produits laitiers en terme de et de la crème fabriqués en France.
Ile-de 17 19 LimousinBretagne
FranceLa production de fromages frais chiffre d’affaires, juste derrière Midi- Auvergne
est également importante (19 %). Pyrénées.
Classement de la Basse-Normandie
La renommée des produits laitiers parmi les 22 régions métropolitaines
est attestée par l’importance de la Malgré une certaine diversification,
6 cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : Insee
Source : InseePanorama démographique, économique et social
de la Basse-Normandie
«La Basse-Normandie a perdu 1600 emplois entre 2001 et 2003 (-0,2%),
alors qu’en province près de 32 500 emplois ont été créés
sur cette période (+1,7%)»
dance s’est inversée et la région a des métiers font que les entreprises Une économie à faible
progressé moins vite. ne parviennent pas aujourd’hui à
recruter toute la main d’œuvre dont valeur ajoutée relativement
Le recul de l’emploi entre 2001 et elles ont besoin pour faire face à la
peu dynamique 2003, période de fort ralentissement demande.
Les caractéristiques et le dynamis- économique, confirme cette perte
me de l’industrie agroalimentaire de dynamisme. La Basse-Normandie L’automobile,bas-normande sont un peu à l’ima- a en effet perdu 1 600 emplois en
ge de l’économie régionale dans son l’espace de trois ans (- 0,2 %), alors une filière stratégique
ensemble. Avec un produit intérieur qu’en Province, près de 325 000
brut (PIB) par emploi de 54 milliers emplois ont été créés sur cette pé- Comparée aux autres régions fran-
d’euros en 2003, la Basse-Norman- riode (+ 1,7 %). A quelques rares çaises, la Basse-Normandie apparaît
exceptions près, les secteurs créa-die se situe à l’avant-dernier rang comme une région moyennement
teurs d’emplois ont été moins dyna-des régions françaises, signe que spécialisée malgré sa petite taille.
miques dans la région qu’au niveau l’économie comprend de nombreu- En dix ans, elle s’est diversifiée plus
national, et ceux qui ont réduit leurs ses activités à faible valeur ajou- fortement que la plupart des autres
effectifs ont été également moins régions, surtout en raison du recul tée. Le PIB par habitant se situe lui
résistants.5,7 % en dessous du niveau moyen observé dans les secteurs indus-
triels les plus traditionnels. Malgré de la Province, un écart qui tend à se
Avec près de 8 500 emplois perdus ce mouvement de diversification, les creuser depuis une dizaine d’années.
en l’espace de trois ans, l’industrie grandes spécialisations économiques En volume, le PIB bas-normand s’est
a été particulièrement touchée. Les bas-normandes n’ont cependant pas accru plus rapidement qu’au niveau
entreprises ont réduit ainsi leurs ef- beaucoup varié. La Basse-Norman-national jusqu’en 1998, puis la ten-
fectifs de 8 % entre 2001 et 2003, die est une région « agro-industriel-
une diminution plus marquée qu’au le » dont la richesse ne se limite pas Evolution de l’emploi
niveau national (- 4 % en Province) à son agriculture et ses industries
liée notamment à la disparition de agroalimentaires. Le dynamisme
Moulinex. Le démantèlement du de la région repose également sur
groupe a en effet provoqué la sup- d’autres secteurs dont le poids éco-
pression de plus de 3 000 emplois nomique constitue un réel potentiel.
dans la région. L’industrie reste mal-
gré tout une activité très présente L’automobile est ainsi l’une des
en Basse-Normandie, puisqu’elle grandes spécialisations de la région.
emploie 19 % des actifs travaillant Ce secteur concentre 10 % des ef-
dans la région (18 % en Province). fectifs industriels, permettant à la
Basse-Normandie de se positionner
En revanche, les créations ont été parmi les premières régions fran-
nombreuses dans les services çaises pour la part de cette branche
(+ 4 800 personnes, + 2 % en trois dans le total des emplois. Grâce à
ans) et le commerce (+ 2 500 actifs, deux constructeurs (Renault Trucks
+ 3 %), mais ces deux secteurs se et PSA-Citroën) et de nombreux
Evolution de l’emploi sont beaucoup essoufflés en 2003. équipementiers (Faurecia, SOFEFIT,
entre 2001 et 2003 L’économie bas-normande continue Knorr Bremse etc.) qui dominent la
Baisse (inf à -0,5 %) donc de se tertiariser, à un rythme filière en Basse-Normandie, l’indus-
Stabilité (de -0,5 % à + 0,5 %) inférieur cependant à l’ensemble de trie automobile emploie plus de 10
la Province (+ 3 % dans les servi- 000 salariés en 2003. Les gains de
De + 0,5 % à + 2 %
ces, + 5 % dans le commerce), la productivité réalisés y compris pour
Hausse De + 2 % à + 5 %
région peinant à résorber son retard répondre à une exigence de qualité Plus de 5 %
dans ce domaine. Plus de deux em- accrue, et la conjoncture actuelle
plois sur trois s’exercent malgré tout pèsent cependant sur les effectifs PO DI U M S
dans le tertiaire aujourd’hui. Seule la du secteur. En trois ans, hors in-
Evolution de l'emploi total construction ne semble pas souf- térim, l’automobile bas-normande
(2001-2003)
frir du ralentissement économique. a perdu près de 200 emplois, soit
19
Le secteur, très dynamique dans la 2 % de ses salariés, une baisse un
région, a même créé près de 2 300 peu plus marquée qu’en Province. A
19 20Languedoc Bourgogne Champagne emplois entre 2000 et 2003, soit côté de ce coeur de filière, un fort
Roussillon Ardenne
Ile-de-France et une progression de 6 % des effec- tissu de PMI sous-traitantes s’est Franche
Comté tifs en l’espace de trois ans (+ 5 % développé dans des domaines de
Classement de la Basse-Normandie
au niveau national). Une croissance compétence très variés : usinage
parmi les 22 régions métropolitaines
forte couplée à un déficit d’image mécanique, traitement de surface,
cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149 7
Source : Insee«Bien implantée dans les territoires ruraux, la métallurgie est
une activité industrielle traditionnellement très puissante dans la région»
fonderie, travail des métaux, plas-
EVOLUTION DE L'EMPLOI ENTRE 2001 ET 2003 : turgie. En 2000, la filière automobile
incluant constructeurs, équipemen- SECTEURS ECONOMIQUEMENT "PEU PRESENTS"
tiers, fournisseurs et sous-traitants,
employait près de 26 000 person- Services
nes, un effectif supérieur à celui des
industries agroalimentaires de la
Commercerégion. Sur les marchés étrangers,
les ventes de produits de l’indus-
trie automobile ont rapporté 738 Administration
millions d’euros en 2004, soit 22 %
des exportations bas-normandes.
Activités immobilières
Les ventes ont malgré tout chuté de
16 % en deux ans, l’activité étant
Transportstrès sensible à la conjoncture sur
les marchés étrangers. Première au
palmarès des exportations bas-nor- Activités financières
mandes en 2002, l’automobile est
supplantée aujourd’hui par l’indus- Industries des biens
trie agroalimentaire sur les marchés d'équipement
extérieurs.
Services aux
entreprises
Trois piliers industriels :
Industries des biens
intermédiairesla métallurgie,l’électronique
-6000 -4500 -3000 -1500 0 1500 3000 4500 6000et la mécanique
Secteurs dont la part dans l’emploi régional est inférieure à la moyenne française
Bien implantée dans les territoires
ruraux, la métallurgie est une acti- L’industrie des composants et des L’industrie des équipements mé-
vité industrielle traditionnellement équipements électriques et élec- caniques talonne en effectifs celle
etrès puissante dans la région, sans troniques est le 4 secteur indus- des composants et des équipements
toutefois atteindre le poids qu’affi- triel de Basse-Normandie. Elle em- électriques et électroniques. Situé
che le secteur dans le nord et l’est ploie 9 600 salariés en 2003, dont en amont des industries auxquelles
de la France. La métallurgie et le les deux tiers dans la fabrication de il fournit les biens d’équipements, le
travail des métaux emploient près composants qui constitue l’une des secteur emploie 9 300 personnes en
de 10 600 personnes en 2003. Le grandes spécialisations industrielles 2003. La construction métallique,
secteur montre un dynamisme cer- de la région. Cette activité repose la chaudronnerie et la fabrication
tain autour de quelques points forts essentiellement sur trois grandes de machines sont les activités les
traditionnels comme la quincaillerie, entreprises, Philips et Oberthur Card plus développées, mais de grandes
l’outillage, les arts de la table et la
Systems à Caen, cette dernière entreprises oeuvrent également sur
sous-traitance automobile. Ces spé-
étant leader dans la carte à puce, et des créneaux divers comme par
cialisations ont poussé certaines en-
Acome, spécialiste mondial du câble exemple les filtres automobiles, les
treprises à s’organiser en réseaux en
optique implanté près de Mortain. Le pompes et compresseurs ou la ro-
constituant des Systèmes Productifs
retournement de la conjoncture dans binetterie industrielle. Malgré la di-Locaux. Le premier, à Vire (« Vallée
les télécommunications a ébranlé versité des activités existantes, un
des alliages »), est lié au façonnage
l’activité du secteur qui a dû réduire Système Productif Local, le « Pôle de métaux, inox, cuivre ou laiton
ses effectifs de 950 personnes entre Mécanique Sud-Normandie », réunit et se regroupe autour de Guy De-
2001 et 2003, soit 13 % des salariés. plusieurs PME dynamiques de Falai-grenne. Le second est implanté à
Contrairement aux composants, l’in- se à Flers. Le secteur, très sensible Tinchebray où existe une longue tra-
dustrie des équipements électriques à la conjoncture, a perdu 370 em-dition de travail du fer dans le petit
et électroniques s’en sort beaucoup plois entre 2001 et 2003, soit 4 % outillage de jardin (80 % de la pro-
mieux. Le secteur a même créé une de ses effectifs. Ce recul est lié en duction nationale) et la quincaillerie
soixantaine d’emplois en trois ans. partie à la fermeture de MIC à Ar-de bâtiment (25 % de la production
Cette croissance de 2 %, à contre- gentan en 2003, mais aussi au repli nationale). La conjoncture fait tou-
courant de l’évolution observée au de la construction navale et la baisse tefois des dégâts dans la région. Les
niveau national (- 7 % en Province), des investissements de l’usine CO-entreprises ont effet réduit globa-
lement leurs effectifs de 9 % entre est liée surtout au dynamisme des GEMA à la Hague qui ont frappé de
fabricants de matériels électriques plein fouet les entreprises de biens 2000 et 2003, soit 1 100 emplois
perdus en trois ans. pour automobile. d’équipement du Cotentin.
8 cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : InseePanorama démographique, économique et social
de la Basse-Normandie
«Concentrée dans le Cotentin, la filière nucléaire
est l’une des grandes spécificités économiques de la région»
Cherbourg renforce le caractère nu-
Secteurs ayant perdu de l’emploi
cléaire du Cotentin. entre 2001 et 2003 PO DI U M S
Industries du bois
et du papier
Dominée par la construction mi-Activités associatives Part de l'emploi industriel
et extra-territoriales litaire à Cherbourg (la DCN et les
Postes et dans l'emploi salarié
télécommunications CMN), la construction navale n’em- (31/12/03)
Industrie textile ploie plus que 3 300 personnes 12Chimie, caoutchouc
plastiques dans la région en 2003. Le secteur
Edition, imprimerie
reproduction a perdu 680 emplois en trois ans,
Bourgogne 11 13 CorseActivités récréatives Franche Nord-Pas-de-Calaissoit 17 % de ses effectifs, un recul culturelles et domestiques Comté
continu lié à la réduction des com-Industrie automobile Classement de la Basse-Normandie
parmi les 22 régions métropolitainesIndustries des mandes militaires au niveau natio-
produits minéraux
nal. La construction navale bas-nor-
équipements mécaniques mande se diversifie en revanche Le secteur de l’habillement a été lui Construction navale,
aéronautique et ferroviaire dans la réparation et la construction aussi laminé dans la région suite aux
Habillement, cuir de bateaux de plaisance, une orien- différentes restructurations liées à
Industries des composants
électriques et électroniques tation qui laisse entrevoir de bon- la stagnation des marchés tradition-
Métallurgie et
transformation des métaux nes perspectives de croissance bien nels et à l’émergence d’une concur-
Education que cette activité soit aujourd’hui rence internationale forte. Il a perdu
peu développée dans la région. La Services opérationnels 850 emplois en trois ans, le quart
Agriculture, croissance de la flottille de plaisance de ses effectifs, et n’emploie plus
sylviculture et pêche
(+ 2 % par an), plus rapide qu’au que 2 100 personnes. Le secteur du Industries des
équipements du foyer niveau national, peut en effet favo- textile et du cuir s’en sort mieux
-5000 -4000 -3000 -2000 -1000 0
riser l’implantation et le dévelop- grâce au dynamisme de quelques
pement d’entreprises spécialisées entreprises telles que les TricotsLe nucléaire et à proximité des ports, bien que la Saint-James ou Vuitton, récemment
implantée dans la Manche à Ducey. Bretagne accueille aujourd’hui cinq la construction navale
fois plus d’entreprises dans ce do- Le secteur a malgré tout souffert,
concentrés dans maine que la Basse-Normandie. Fin perdant une centaine d’emplois en-
tre 2001 et 2003, soit 7 % de ses ef-1998, 51 000 bateaux de plaisance le Cotentin fectifs. Employant 1 250 personnes étaient amarrés dans les ports bas-
normands, dont trois quarts de ba- en 2003, le textile-cuir est l’activité
Concentrée dans le Cotentin, la fi- industrielle la moins importante en teaux à moteur.
lière nucléaire est l’une des gran- Basse-Normandie. L’industrie des
des spécifités économiques de la produits minéraux connaît égale-
région liée à la présence de la CO- L’équipement du foyer et ment des déboires. Le secteur, qui
GEMA dans le retraitement des dé- emploie 3 200 salariés en 2003, a le textile-habillementchets nucléaires et à celle de la cen- en effet perdu près de 300 emplois
trale nucléaire EDF de Flamanville. sur la même période, soit 8 % de en déclin
Le développement de la COGEMA a ses effectifs. Ce recul est lié pour
été pendant longtemps le moteur du Comme la construction navale, l’in- beaucoup aux réductions d’effectifs
développement de la Manche, mais opérées par Honey Matériaux de dustrie des équipements du foyer
le Cotentin souffre depuis de l’arrêt Friction à Condé-sur-Noireau.n’est plus aujourd’hui une spéciali-
des grands chantiers. La décision sation économique de la Basse-Nor-
d’EDF de lancer un réacteur tête de mandie. Le secteur a en effet perdu
série EPR sur le site de Flamanville la moitié de ses effectifs en trois ans Le bois-papier
devrait apporter cependant un nou- et n’emploie plus que 4 700 sala-
veau souffle. L’énergie emploie dans et l’imprimerie-edition,riés en 2003. Les restructurations
la région 7 800 personnes, soit 8 % successives et le démantèlement de deux spécificitésdes effectifs industriels. Le secteur Moulinex ont laminé cette activité
a créé 360 emplois entre 2001 et qui, pendant longtemps, était con- méconnues
2003, une hausse de 5 % concen- sidérée comme l’une des plus bel-
trée dans la production de combus- les réussites industrielles de la ré- Employant 5 350 personnes en 2003,
tibles et carburants. Le secteur de gion. L’unité de Saint-Lô, reprise par l’industrie du bois et du papier est
l’énergie est particulièrement dy- Euromoteurs, ex-filiale de Moulinex, une réelle spécificité bas-normande.
namique dans la région. Production est la seule survivante des établisse- Les effectifs représentent environ
« phare » de la construction navale ments Moulinex qui s’était appuyée 5 % de l’emploi industriel régional,
bas-normande, la fabrication de sur le réseau des villes de la région un poids limité qui place néanmoins
sous-marins nucléaires par la Direc- pour organiser sa production. la Basse-Normandie au 7ème rang
tion des Chantiers Navals (DCN) à des régions françaises, loin derrière
cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149 9
Source : Insee
Source : Insee«Implantées depuis longtemps en Basse-Normandie,
l’imprimerie et l’édition représentent une spécificité régionale»
national (- 8 %). Le caractère rural Secteurs ayant cr de l emploi La santé et l’action
entre 2001 et 2003 de la région n’est pas un obstacle
Santé, action sociale au développement des entreprises sociale, premier secteur
Construction de ce secteur, celles-ci ayant su très
Commerce de détail, en terme d’emploisréparations rapidement s’adapter et maîtriser
Administration publique les nouvelles technologies de l’infor-
Services personnels Dans la sphère des services, les em-et domestiques mation et de la communication qui
Ensemble plois dans le domaine de la santé,aujourd’hui révolutionnent l’activité
Hôtels et restaurants de l’action sociale, des servicesdu secteur.
Activités immobilières personnels et domestiques, des
Transports activités récréatives, culturelles et
Production de combustibles La plasturgieet de carburants domestiques, de l’éducation et les
Conseils et assistance
activités associatives sont glo-
Commerce et la pharmacieet réparation automobile balement plus présents en Basse-
Pharmacie, parfumerie
et entretien Normandie que sur l’ensemble de la en plein développement
Activités financières
Province. Au total, les services em-Industries des équipements
électriques et électroniques ploient plus de 270 000 salariés.Bien qu’assez faiblement implantés Eau, gaz, électricité
en Basse-Normandie, deux secteurs Commerce de gros
Avec 62 650 personnes, le secteur Industries agricoles industriels connaissent aujourd’hui
et alimentaires (IAA)
de la santé et de l’action sociale est 0 1000 2000 3000 4000 un développement prometteur. Le
Nombre d’emplois créés l’activité qui emploie le plus de mon-premier, la plasturgie, est repré-
de en Basse-Normandie. C’est aussi sentatif d’une industrie bas-nor-cependant les trois premières ré-
celui qui a créé le plus d’emplois en-mande dynamique et en mutation. gions (Limousin, Aquitaine et Poi-
tre 2001 et 2003. Ses effectifs ont Ce secteur est surtout présent dans tou-Charentes). Le secteur résiste
progressé de 3 800 personnes, soit le sud de la région, à proximité no-mieux qu’au niveau national, les en-
une croissance de l’ordre de 6 % en tamment de l’Institut Supérieur de treprises bas-normandes ayant lé-
trois ans. L’une des principales ca-la Plasturgie d’Alençon (ISPA) qui gèrement réduit leurs effectifs entre
ractéristiques de la Basse-Norman-forme les jeunes du BEP au diplô-2001 et 2003 (- 1 %). Les entrepri-
die dans ce domaine est la forte pré-ses du bois sont très majoritairement me d’ingénieur. Le dynamisme de la
sence de structures d’accueil pour de petite taille, alors que le secteur plasturgie ne compense pas cepen-
personnes âgées, enfants et adultes dant les pertes enregistrées dans du papier, plus capitalistique, est
handicapés. Les hôpitaux, notam-plus concentré dans de grands éta- deux autres secteurs, la chimie et le
ment publics, jouent quant à eux blissements (Hamelin, n°1 du cahier caoutchouc. Les trois secteurs em-
un rôle central dans l’organisation en France, Otor etc.). ploient globalement 5 200 person-
nes en 2003, soit une centaine d’em- des soins de santé. La région accuse
cependant un fort déficit en person-plois en moins en trois ans (- 2 %).
nels de santé, en particulier en mé-PO DI U M S
Comme la plasturgie, le secteur decins, et chirurgiens-dentistes.
Part de l'emploi de services de la pharmacie, parfumerie et
dans l'emploi salarié Les services personnels et domes-entretien est très dynamique en
(31/12/03) Basse-Normandie. Il emploie rela- tiques ont créé près de 950 em-
12 plois entre 2001 et 2003, soit une tivement peu de monde, 2 500 en
2003, mais le secteur se développe hausse de 5 % en trois ans. Le nom-
fortement. Les entreprises ont créé bre d’agents d’entretien et d’assis-
Lorraine 11 13 Rhône-Alpes AlsaceIle-de
France tantes-maternelles a fortement crû près de 450 emplois entre 2001 et
Classement de la Basse-Normandie 2003, soit une progression de 22 % depuis le début de la décennie qua-
parmi les 22 régions métropolitaines
en trois ans. Ce succès est lié sur- tre-vingt-dix. L’appel à une nour-
rice agréée est d’ailleurs le mode tout à la pharmacie, secteur émer-
Implantées depuis longtemps en gent et dynamique en Basse-Nor- de garde préféré des Bas-Normands
Basse-Normandie, l’imprimerie et mandie, mais aussi aux parfums lorsque la famille ne suffit plus, une
l’édition représentent une autre formule très prisée dans l’ensem-et aux cosmétiques qui bénéficient
spécificité régionale. Très présente d’une demande en pleine croissan- ble du Grand-Ouest. L’équipement
en milieu rural, cette activité em- ce. Le vieillissement de la popula- en crèches collectives et familiales
ploie 4 450 personnes en 2003, tion et l’accroissement régulier des et en halte-garderies est en revan-
soit 4,5 % seulement des effectifs dépenses de santé laissent entre- che très limité comparé aux autres
industriels de la région. Le secteur voir des perspectives de développe- régions françaises (dernière région
a perdu 140 emplois entre 2001 et ment de l’industrie pharmaceutique, pour les halte-garderies).
2003, soit 3 % de ses effectifs, mais avec peut-être des répercussions
là aussi, les entreprises ont globa- favorables pour l’industrie bas-nor- Avec plus de 41 000 personnes, l’Edu-
element mieux résisté qu’au niveau mande. cation est le 3 secteur employeur
10 cent pour cent • BASSE-NORMANDIE N°149
Source : Insee Source : Insee

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