Parc locatif social : les bailleurs sociaux retrouvent leur dynamisme

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Au 1er janvier 2010, le patrimoine locatif social de l’Aquitaine s’élève à 140 000 logements, en progression de 2,1 % sur un an, contre 0,4 % l’année précédente. Le parc se compose aux trois quarts d’immeubles collectifs, mais la part de l’habitat individuel continue de progresser. En janvier 2009, le loyer moyen mensuel pratiqué par mètre carré de surface corrigée est de 2,93 €, en hausse de 2,1 %. Le déficit de logements sociaux, malgré un léger recul, reste très prégnant sur les agglomérations aquitaines, avec 28 000 logements manquants. Cependant, les autorisations de financement des opérations de logement social, avec 6 300 logements financés, préfigurent un bon niveau de production avec une part croissante de logements très sociaux, réservés aux plus démunis. L’offre locative sous le signe de l’effort Un parc encore majoritairement collectif Des loyers encore en augmentation Une forte densité de logements sociaux dans les agglomérations périgourdine et bordelaise Un déficit de logements sociaux en léger recul Parc social public : dynamisme des opérateurs et des politiques locales Encadré Enquête Parc locatif social
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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HABITAT
Parc locatif social : les bailleurs sociaux retrouvent leur dynamisme
erAu 1 janvier 2010, le patrimoine locatif social de l’Aquitaine s’élève à 140 000 logements, en progression de 2,1 %
sur un an, contre 0,4 % l’année précédente. Le parc se compose aux trois quarts d’immeubles collectifs, mais la part
de l’habitat individuel continue de progresser. En janvier 2009, le loyer moyen mensuel pratiqué par mètre carré de
surface corrigée est de 2,93€, en hausse de 2,1 %.
Le déficit de logements sociaux, malgré un léger recul, reste très prégnant sur les agglomérations aquitaines, avec
28 000 logements manquants. Cependant, les autorisations de financement des opérations de logement social, avec
6 300 financés, préfigurent un bon niveau de production avec une part croissante de logements très so-
ciaux, réservés aux plus démunis.
erAu 1 janvier 2010, le parc locatif social s’accroît de 2,1 % et Un parc encore majoritairement collectif■
représente 140 000 logements, soit 2 835 logements supplé-
Dans le parc locatif social en service, l’habitat collectif reste do-mentaires sur l’année. La région est une des trois avec Bretagne
minant. Sa part est de 76,6 %, mais elle se replie légèrementet Provence - Alpes - Côte d’Azur, où la progression du parc dé-
(- 0,4 point) par rapport à 2008, signe de la contribution de l’ha-passe 2 % ; il faut remonter à l’inventaire 2007 pour retrouver
bitat individuel. En effet, parmi les logements neufs construitsune croissance équivalente. Le parc aquitain compte 10 loge-
au cours des dernières décennies, la part de l’individuel nements sociaux pour 100 résidences principales ; sa densité est
cesse de s’accroître. Durant la décennie des années 80, le parcde 44 logements pour 1 000 habitants (43 en 2009).
social diversifie ses formes d'habitat avec un tiers de logements
individuels construits et, entre 2000 et 2009, la quasi-paritéLa plus forte croissance du parc en Gironde
entre logements HLM et logements individuels est atteinte.
Parc locatif Parc/Résidences Densité
Part Évol. (%) ersocial au principales pour 1 000 Au 1 janvier 2010, le parc locatif social des Pyrénées-Atlanti-(%) 2010/200901/01/2010 TH09 (%) habitants
ques se compose à 91 % de logements collectifs. Cette propor-
Dordogne . . . . . 13 152 9,4 7,2 32,0 0,3
tion est de 77 % en Gironde et de 71 % en Lot-et-Garonne. LeGironde . . . . . . 78 655 56,2 12,4 54,8 2,5
département des Landes présente un parc plus équilibré, com-Landes . . . . . . . 10 266 7,3 6,3 27,2 1,7
Lot-et-Garonne . 9 705 6,9 6,8 29,6 1,3 posé à 45 % d’habitat individuel.
Pyr.-Atlantiques. 28 239 20,2 9,9 43,3 2,1
Les logements de 3-4 pièces constituent 71 % du parc total ; ils
Aquitaine . . . . . 140 017 100,0 10,0 43,7 2,1
représentent 81 % du parc individuel et 68 % du parc collectif.
Sources : Dreal Aquitaine, Enquête sur le parc locatif au 01/01/2010,
Insee, Estimations de population au 01/01/2009, DGI, TH 2009 Parmi les mises en service de logements neufs de l’année,
ceux-ci comptent pour 72 % du total. Cependant, leur part di-
La répartition départementale reste stable. La Gironde et les Py- minue de 2 points, ainsi que celle des 5 pièces et plus (moins
rénées-Atlantiques abritent plus des trois quarts du parc aqui- un demi-point), au profit de celle des logements de 1-2 pièces
tain. Leur parc social s’accroît de plus de 2 %. Dans les Landes (+ 2 points et demi).
et le Lot-et-Garonne, cette croissance est inférieure tandis que
le parc de la Dordogne est en quasi-stagnation. Des loyers encore en augmentation■
En janvier 2010, le loyer moyen mensuel régional pratiqué parL’offre locative sous le signe de l’effort■
mètre carré de surface corrigée est de 2,93€, en hausse de
En 2009, 136 700 logements, soit 98 % du parc, sont offerts à la 2,1 % par rapport à 2009 (2,99€/m² en France métropolitaine,
location. Les 3 330 logements restants sont soit loués à des as- soit 2,4 % d’augmentation ; le loyer moyen de la France de pro-
sociations, soit laissés vides en attente de réhabilitation, de dé-
vince, hors Île-de-France, est de 2,89€/m²).
molition ou de vente. Près de 3 900 nouveaux logements ont
erAu 1 janvier 2010, 2 800 logements sont déclarés vacants,été mis en service et 92 % d’entre eux sont constitués de loge-
ersoit 2,0 % du parc proposé à la location, contre 1,5 % au 1
ments neufs construits par les organismes gestionnaires. Les
8 % restants ont été acquis par eux hors parc social.
Un loyer mensuel moyen au m² au-dessus de 3€
L’effort de mise en location, c’est-à-dire la part des mises en ser- en Gironde
vice dans le parc, est de 2,8 % essentiellement supporté par les
Loyer* au Taux de vacance Taux deentreprises sociales pour l’habitat (ESH) à 55 % (contre 40 % 01/01/2010 totale (%) mobilité (%)
(en euros)
sur l’exercice précédent) et, dans une moindre mesure, à 33 %,
Dordogne . . . . . . . . . . . . . 2,76 6,3 14,0
par les offices publics pour l’habitat (OPH) qui gèrent un parc
Gironde. . . . . . . . . . . . . . . 3,03 1,2 9,4
plus ancien nécessitant plus de réhabilitations. Landes. . . . . . . . . . . . . . . . 2,82 2,4 10,3
Lot-et-Garonne . . . . . . . . . 2,81 3,3 13,1Malgré sa croissance et son renouvellement, 54 % du parc a été
Pyrénées-Atlantiques . . . . . 2,90 1,8 9,0construit avant 1979, 15 % l’est depuis l’année 2000. Le parc le
Aquitaine . . . . . . . . . . . . . 2,93 2,1 10,1
plus ancien se situe en Gironde et dans les Pyrénées-Atlanti-
Source : Dreal Aquitaine, Enquête sur le parc locatif social au 01/01/2010
ques. * loyer mensuel moyen par m² de surface corrigée
INSEE AQUITAINE 18 L’ANNÉE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2010 EN AQUITAINEHABITAT
janvier 2009. Ce taux de 2 % correspond au seuil de fluidité qui Un effort de production ciblé sur les PLAi
Nombrepermet de n’assurer que le minimum en termes de réserve de lo-
7 000
gements offerts à la location dans le parc existant. Au cours de PLS6 000
PLUSl’année 2009, 15 500 emménagements ont eu lieu dans le parc 5 000
PLAien service, soit un taux de mobilité de 10,1 % quasi stable par 4 000
3 000rapport à l’année 2008 (9,9 %).
2 000
1 000Enquête Parc locatif social
0
L’enquête annuelle sur le parc locatif social est réalisée auprès des orga- 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
nismes gestionnaires du parc : offices publics d’HLM (OP HLM), offices PLS : Prêt locatif social
Production de logements sociaux PLUS : Prêt locatif à usage social
publics d’aménagement et de construction (OPAC), entreprises sociales Source : Dreal Aquitaine PLAi : Prêt locatif aidé d'intégration
pour l’habitat (ESH), sociétés d’économie mixte (SEM), associations,
etc.
Les logements concernés par l’enquête sont les logements locatifs Cet effort de financement se réalise surtout sur les zones les plus
conventionnés ou non. tendues, et plus particulièrement les communes déficitaires au
titre de la loi SRU, qui totalisent 47 % du total de logements fi-
nancés.❒Une forte densité de logements sociaux dans■
les agglomérations périgourdine et bordelaise Roselyne DELPHIN
Philippe NEUILLYLes grandes unités urbaines de plus de 50 000 habitants qui ras-
Dreal Aquitainesemblent 46 % de la population régionale concentrent 74 % du
parc des logements sociaux pour une densité moyenne de
70 logements pour 1 000 habitants (69 en 2009). Cette densité
atteint 80 ‰ dans l’unité urbaine de Périgueux et 79 ‰ dans
celle de Bordeaux (+ 2 points). Elle est de 60 ‰ dans l’unité ur-
baine de Pau et de 58 ‰ (+ 5 points) dans celle de Bayonne.
Arcachon ferme la marche avec une densité stable à 37 ‰.
Définitions
Taux de mobilité : rapport entre le nombre d’emménagements, autresUn déficit de logements sociaux en léger recul■
que ceux liés à une première mise en location, et le nombre de logements
proposés à la location en service depuis au moins un an.Le déficit de logements sociaux peine à se résorber en raison du
Taux de vacance : rapport entre le nombre de logements sociaux vacantsdynamisme de production des agglomérations de la région,
erau 1 janvier de l’année et le nombre de logements sociaux recensés à lamalgré une conjoncture difficile pour le secteur économique
même date.
du bâtiment. Le nombre de logements sociaux publics et
Seuil de fluidité : ce seuil dont la valeur minimale communément ad-
conventionnés privés situés sur l’ensemble des 62 communes
mise est de 2 % permet de définir un réservoir potentiel de logements
déficitaires au titre de l’article 55 de la loi SRU (loi de solidarité dans lesquels il est possible d’emménager. En deçà de 2 %, on considère
et de renouvellement urbains) s’élève à 76 730, soit un taux de que le parc de logements concerné est totalement congestionné.
couverture de 73 %. Le déficit de logements sociaux est de Déficit de logements sociaux : taux calculé en % des résidences princi-
pales dans les communes éligibles de plus de 3 500 habitants.28 000 au 31 décembre 2009, il se réduit de 3 % par rapport à
fin 2008 (28 700 logements).
Cette situation régionale cache des situations très contrastées
selon les communes. Plusieurs paramètres sont à prendre en
compte : la vitalité démographique (de nouvelles communes
entrant progressivement dans le champ de la loi), l’activité éco-
nomique du secteur du BTP et le volontarisme de la politique
locale de l’habitat de chaque commune concernée.
Parc social public : dynamisme des opérateurs■
et des politiques locales
La progression régulière du nombre de logements sociaux pu-
blics financés, observée depuis 2004 en Aquitaine, se confirme
en 2010 avec près de 6 300 logements financés. La part des lo-
gements les plus sociaux (PLAi) ne cesse de progresser, permet-
POUR EN SAVOIR PLUS...tant de loger des ménages ou des personnes seules disposant de
ressources très modestes, soit pour ces dernières, un plafond de ? Site Observation et Statistiques (MEDTL) : établi, en janvier 2011, à 10 457€ par an en France www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
métropolitaine hors Paris et Île-de-France (soit 871 euros par --> Rubrique Logement-Construction
mois).
L’ANNÉE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2010 EN AQUITAINE 19 INSEE AQUITAINE

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