Pôles urbains au Nord, mosaïque rurale au Sud.

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Les quartiers de classes moyennes et les quartiers urbains ouvriers sont presque tous situés dans les quatre communes du Nord. Avec les quartiers aisés ils se disposent en auréoles autour des centre-villes de Saint-Denis et du Port. Dans les autres communes la composition des quartiers est décalée vers le bas de l'échelle sociale, avec une forte présence du chômage. Des noyaux urbains peu structurés y sont entourés de quartiers encore ruraux mais peu agricoles. Les quartiers les plus déshérités signalent des zones en crise depuis longtemps. Seul le Sud-Est conserve une nette prépondérance agricole.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossier Une typologie des quartiers
Pôles urbains au nord,
es quartiers de classes moyennes d’entreprises et de cadres de la fonction Les quartiers aisés
et les urbains ouvriers publique. Ces quartiers centraux ne comp- et la classe moyenneLsont presque tous situés dans les tent guère que 7 000 personnes.
quatre communes du Nord. Avec les
Les couches sociales les plus aisées
A Saint-Denis le quartier en front de merquartiers aisés ils se disposent en auréo-
s’installent plutôt rarement en centre
du Barachois apparaît comme un quar-les autour des centre-villes de Saint-
ville. Un seul quartier aisé se situe en
Denis et du Port. Dans les autres com- tier “militaire” du fait de la présence
bordure haute du centre de Saint-Denis,
d’une importante caserne de gendar-munes la composition des quartiers est
autour du Jardin de l’Etat. Ce type de
merie. Près d’un homme chef de ménagedécalée vers le bas de l’échelle sociale,
quartier occupe les hauteurs de l’ouest
sur trois relève ici de l’armée ou de laavec une plus forte présence du chô-
de Saint-Denis, de La Montagne à Mont-
mage. Des noyaux urbains peu struc- gendarmerie. Pour le reste la composi-
gaillard. Il n’existe pas de tel quartier aution sociale est très proche de laturés y sont entourés de quartiers
Port. En revanche, ils se sont étendus sur
moyenne. On peut toutefois relever laencore ruraux mais peu agricoles. Les
les zones balnéaires de la côte Ouest. Au
présence de cuisiniers et personnels dequartiers les plus déshérités signalent
total ce type de quartiers compte environ
des zones en crise depuis longtemps. service qui travaillent dans les nombreux
35 000 personnes. Ils regroupent les
Seul le Sud-Est conserve une nette restaurants. Un autre quartier “militaire”2 classes dirigeantes : professions libéra-
borde le centre-ville de Saint-Denis, deprépondérance agricole.
les, chefs d’entreprises, cadres de la
l’autre côté de la rivière. Les gendarmes
fonction publique. Les enseignants et lesNul n’est étonné de voir les catégories de la caserne de La Redoute et les mili-
professions intermédiaires y sont égale-socioprofessionnelles structurer la vie taires du RSMA prennent ici le pas, par
ment nombreux. Au total les catégorieséconomique et la vie sociale, il est moins leur nombre, sur le quartier populaire de
aisées y forment les deux tiers de laévident de les voir structurer l’espace. Petite-Ile. Encore moins peuplés que les
population. Le chômage y est très faible.C’est pourtant ce que révèle une analyse quartiers commerçants, les quartiers
menée au niveau des quartiers à partir militaires comptent ensemble à peine Au-delà de la ville et des quartiers aisés
des catégories socioprofessionnelles détail- 6 000 personnes. s’étend une large bande d’habitat péri-
lées des hommes chefs de ménage. phérique qui couvre les hauteurs de
La première couronne autour du centre-D’emblée les quatre communes du Nord3 Saint-Denis et quasiment tout le terri-
ville est faite, aussi bien au Port qu’à(Sainte-Marie, Saint-Denis, La Possession, toire des communes de La Possession et
Saint-Denis, d’une large bande de quar-Le Port) se distinguent radicalement. Sainte-Marie. On note quelques incur-
tiers urbains ouvriers qui regroupe auElles apparaissent comme un ensemble sions vers Saint-Paul à La Plaine et vers
total un peu plus de 80 000 personnes.urbain presque continu d’environ 220 000 Sainte-Suzanne à Quartier-Français. Ces
Environ 30 % des hommes chefs dehabitants, structuré en auréoles autour vastes quartiers de classe moyenne
ménage y ont un emploi d’ouvrier, tandisdes centres-villes de Saint-Denis et du comptent au total près de 95 000 person-
que près de 20 % sont employés. Ce typePort. Dans les vingt autres communes les nes. Ils sont habités surtout par des per-
de quartier est étroitement lié à la pré-quartiers associent plutôt des catégories sonnes exerçant des professions intermé-
sence de l’habitat social. Il comprend de diaires dans la fonction publique ou danssituées vers le bas de l’échelle sociale.
nombreux grands ensembles dont beau- les entreprises. Les employés y sont éga-La répartition spatiale des quartiers y est
coup ont été construits dès les années4 lement bien représentés, ainsi que cer-beaucoup moins structurée. Les diffé-
soixante et soixante-dix, sur l’emplace- tains ouvriers qualifiés. Le taux de chô-rents quartiers sont juxtaposés comme
ment d’anciens bidonvilles ou en péri- mage y est relativement faible.dans une mosaïque.
phérie de la ville. Une opération récente
d’habitat social a implanté ce même type
Quelques enclaves deDeux pôles de population dans les hauts de Sainte-
pauvreté ou d’agricultureMarie (opération les Tourterelles à Laéconomiques
Confiance-l’Espérance).au Nord Il subsiste dans les quatre communes du
La dominante ouvrière donnée par les Nord quelques enclaves de pauvreté où
Les deux centres-villes qui polarisent hommes chefs de ménage est nuancée sévit le chômage. Deux quartiers du Port
5 l’organisation socio-économique de la dans la réalité par la forte présence des se rattachent ainsi au type des quartiers
zone Nord sont d’extension très limitée, familles monoparentales dans l’habitat déshérités, très représentés dans le Sud.
surtout celui du Port. Ils comprennent un social. Dans ces quartiers plus du tiers L’un se trouve au centre du Port et com-
quartier commerçant qui est situé à des familles sont monoparentales et les prend les derniers bidonvilles de la ville,
l’ouest du centre-ville au Port et rue femmes sont très actives. Près de 30 % sa rénovation est en projet. L’autre est le
maréchal Leclerc (de la poste au petit des femmes travaillent, le plus souvent quartier de la Rivière des Galets où les
marché) à Saint-Denis. Les commerçants comme employées. Ce type de quartiers populations descendues des Hauts de
et les employés de commerce sont les est en bas de la pyramide sociale dans la l’ouest, et notamment de Mafate, se sont
catégories dominantes parmi les rési- zone Nord. Le taux de chômage y est installées depuis longtemps sur des ter-
dents, avec une présence notable de chefs proche de la moyenne réunionnaise. rains en déshérence. Ce quartier a été en
14 économie 1er trimestre 2003
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mosaïque rurale au Sud
Typologie socioprofessionnelle des quartiers en 1999
1 - Quartiers aisés
2 - militaires
3 - Quartiers commerçants
4 - de classes moyennes
5 - Quartiers urbains ouvriers
6 - mixtes
7 - Quartiers ruraux mixtes
8 - déshérités
9 - Quartiers agricoles mixtes
10 - de
petites exploitations
11 - Zones d’activité économique
2
3
4
© Insee, IGN
Source : Insee, recensement de 1999
consacrée à la culture de la canne maistiers de type rural mixte, sont des zonespartie rénové récemment et a maintenant
les agriculteurs et les ouvriers agricolesrurales enclavées dans les Hauts : Saint-des conditions d’habitat correctes. Mais
s’y trouvent le plus souvent en faibleBernard à La Montagne et La Ressource-la situation socioprofessionnelle de ses
proportion parmi les résidents.Beaumont à Sainte-Marie.habitants reste difficile. L’isolement du
quartier dans l’espace et la faible mobili-
té de sa population le maintient dans une Aux marges de cet ensemble urbain trois 5L’influence du Nord
situation marginale. Le quartier diony- quartiers ont gardé une composition
à Saint-Paul
sien de Commune Prima qui apparaît sociale dominée par les agriculteurs :
dans le type quartier rural mixte a une Dos-d’Âne à la Possession, Domenjod à
Les quartiers typiques du Nord sonthistoire similaire. Installé à la périphérie Saint-Denis et Terrain Elisa-Beaumont à
rares ou inexistants dans le Sud. AinsiEst de la ville, cet ancien bidonville a été Sainte Marie. Il s’agit de quartiers agri-
les quartiers commerçants et les quar-rénové pour lui faire jouer le rôle d’une coles mixtes, en maraîchage pour les
tiers militaires y sont totalement absents.cité de transit dans les années soixante- deux premiers et canne à sucre pour le
Les quartiers de classes moyennes et lesdix. En fait, il a fonctionné depuis troisième. Une large partie du territoire
comme un ghetto. Les deux autres quar- de la commune de Sainte-Marie reste quartiers ouvriers urbains y sont très
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Les dix types derares. Les deux enclaves de classes Une dizaine de noyaux
moyennes de Saint-Paul et Sainte- urbains
Suzanne apparaîssent comme des exten-
sions des quartiers du Nord. Il existe
Le noyau le plus important est celui du
aussi deux ouvriers urbains à
Tampon qui rassemble 22 000 habitants,
Saint-Paul et un à Saint-Pierre. Comme
au lieu de plus de 50 000 dans le périmètre
dans le Nord il s’agit de quartiers
de l’agglomération. Viennent ensuite Quartiers aisés
d’habitat social (Plateau-Caillou et Car-
quatre noyaux urbains qui frôlent les Quartiers militairesrosse à Saint-Paul, SIDR-Cayenne à 15 000 habitants. D’abord Saint-Pierre,
Quartiers commerçantsSaint-Pierre). Les quartiers aisés sont qui se place toutefois très en retrait par
Quartiers de classe moyenneplus largement implantés dans l’Ouest, rapport à ce qu’on pouvait attendre de la
Quartiers urbains ouvriersen fait presque toujours à Saint-Paul, capitale du Sud. Ses quartiers urbains
qu’il s’agisse des zones balnéaires ou Quartiers urbains mixtesmixtes sont très limités et ne comptent
du quartier de la Renaissance situé dans Quartiers ruraux mixtesqu’à peine 12 000 habitants. On peut tou-
les Hauts. Un seul quartier aisé existe Quartiers déshéritéstefois y ajouter le quartier d’ouvriers
dans le Sud, celui d’Etang-Salé les Bains. urbains de la SIDR-Cayenne soit au total Quartiers agricoles mixtes
En fait les quartiers typiques du Nord ne 14 000 habitants. Saint-André fait aussi Quartiers agricoles de petites exploitation
s’implantent guère au-delà de la com- bien avec 14 000 habitants en quartiers
mune de Saint-Paul. Cette vaste com- urbains mixtes si l’on y inclut Champ- Ensemble semble sous influence des formes Borne. La surprise vient d’une ville nou-
d’organisation sociale du Nord. Sa velle qui apparaît dans les hauts de Saint-
2 proximité et son attrait climatique et Paul autour de Saint-Gilles les Hauts et le
tiers d’habitat épars se trouvent surtoutpaysager ne peuvent qu’accélérer le pro- Guillaume. Elle regroupe déjà 10 000
des ouvriers, dont beaucoup sont au chô-cessus. Il n’en est pas de même à l’Est où habitants dans ses quartiers mixtes urbains
mage. Ceux qui travaillent sont dans leSainte-Suzanne reste presque entière- et voisine avec un quartier aisé et un
BTP, l’agroalimentaire ou les collectivi-ment rurale et agricole. quartiers d’ouvriers urbains ayant chacun
tés locales. Les agriculteurs, entrepre-environ 2 000 habitants. Enfin les centres
neurs du BTP, transporteurs et garagistesde Saint-Benoît et de Bras-Panon seLes quartiers urbains sont bien présents, témoins d’un certainrejoignent pour rassembler une popula-
mixtes du Sud dynamisme économique local. Il s’agittion de type urbain mixte de 15 000 habi-
de zones rurales où l’agriculture a perdutants.
sa position prépondérante, sans dispa-A la différence du Nord, le Sud ne dis-
3 Derrière ce peloton de tête quatre noyaux raître tout à fait. Le chômage y est trèspose d’aucun centre urbain capable de
urbains plus restreints ont des popula- prégnant, touchant 40 % des hommespolariser la société et l’espace, à
tions situées entre 8 500 et 6 500 habi- chefs de ménages, mais aussi 55 % desl’image des centre-villes du Port et de
tants (Saint-Joseph, Saint-Paul, Saint-Leu femmes actives et 65 % des jeunes deSaint-Denis. Une couche sociale urbaine
et l’ensemble Avirons-Etang-Salé). Il moins de 25 ans. Ces quartiers sont lesmixte s’est installée dans certains quar-
existe par ailleurs quelques petits centres plus nombreux et forment la trame du tis-tiers des agglomérations. Sa composi-
isolés dont la population est de type urbain su social dans le Sud. Ils comptent aution sociale est peu différente de la
mixte mais qui ne regroupent que 1 500 à total plus de 170 000 personnes, soit lemoyenne réunionnaise, elle comprend
2 000 habitants (Le Piton Saint-Leu, La quart de la population réunionnaise. Cessimplement moins d’agriculteurs et un
Ravine des Cabris, Cilaos). Six communes quartiers couvrent presque tous les Hautspeu plus d’artisans, commerçants, ensei-
n’ont aucun quartier de type urbain mixte de l’Ouest, une partie de la côte Est, ainsignants et professions intermédiaires de
4 (Trois-Bassins, Petite-Ile, Saint-Philippe, que la majorité du territoire des commu-la santé. Elle regroupe au total près de
Sainte-Rose, Sainte-Suzanne et la Plaine nes du Tampon, de Saint-Joseph et de140 000 personnes. Le chômage y est
des Palmistes). Cilaos.proche de la moyenne.
La faiblesse des couches sociales urbai-Très typique des milieux urbains du
nes est particulièrement nette à Saint-Sud, ce type de quartier ne se retrouve Les quartiers les plus
Louis où la ville ne comporte qu’un quar-qu’à trois exemplaires dans le Nord.
déshéritéstier à population urbaine mixte (Le PontDeux se trouvent imbriqués dans la
Neuf) qui compte à peine plus de 2 000partie Est de la ville de Saint-Denis, à
habitants. Le relais est pris par l’ensembleChamp-Fleuri et autour de la mairie de Une trentaine de quartiers présentent tousle Ruisseau/La Rivière, constitué autourSainte-Clotilde. L’autre couvre le centre-
les signes de la plus grande pauvreté.5 de l’artisanat du bois, mais avec seule-ville de La Possession.
Dans ces quartiers déshérités le chômagement 4 000 habitants.
atteint en moyenne de tristes records : ilDans le Sud ces quartiers urbains mix-
touche 43 % des hommes chefs detes forment des noyaux relative-
Des zones rurales ménage, mais aussi 58 % des femmesment étendus, sans correspondre toute-
très peu agricoles actives et 72 % des jeunes de moins defois aux vastes périmètres qui sont
25 ans. La pauvreté se manifeste aussimaintenant construits de manière con-
(1) par de mauvaises conditions de loge-tinue . Ils assurent les principaux ser- Dans la configuration la plus courante
ment, un grand nombre de familles nom-vices de proximité sans constituer de ces agglomérations sont entourées de
véritables pôles d’emploi. quartiers ruraux mixtes. Dans ces quar- breuses et un faible niveau scolaire.
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quartier avec leur population et leur composition socioprofessionnelle (en %)
Cadres, Ouvriers Ouvriers Chômeurs
Artisans et Profes- Employés Employés
Population prof lib., non non Actifs n'ayant Total
commer- sions inter- occupant au chô-
totale chefs agricoles agricoles au agricoles jamais Chômeurs
çants médiaires un emploi mage
d'entr. occupés chômage travaillé
35 312 34,0 9,9 23,3 12,0 2,5 9,9 6,4 1,0 0,8 12,5
5 724 14,7 8,2 22,8 29,3 3,1 12,9 7,2 0,8 1,0 13,2
6 987 16,8 20,8 19,1 17,9 4,9 10,6 5,9 0,6 3,3 16,6
93 401 13,5 6,7 20,9 16,4 3,4 22,2 12,6 2,7 1,4 19,9
82 183 5,8 5,5 14,0 18,6 6,0 29,2 16,8 1,2 2,9 28,0
136 809 9,1 8,4 17,5 14,6 4,7 19,4 18,7 4,9 2,6 29,5
172 923 4,0 6,1 10,2 10,6 4,6 22,9 28,3 9,8 3,4 40,5
82 678 4,3 5,4 8,9 11,7 5,9 23,1 25,8 7,0 8,0 43,3
66 419 4,0 6,0 10,9 12,4 4,7 20,9 20,6 17,8 2,8 33,6
20 911 4,0 6,2 10,2 9,2 4,2 16,0 21,7 25,6 3,0 34,4
703 347 8,7 6,9 14,5 13,7 4,6 21,4 19,9 7,1 3,1 31,3
Source : Insee, recensement de 1999.
2
Parmi les hommes ayant un emploi, les mobile. De plus la longue persistance de tants et 7 % de salariés agricoles. La
nombreux bidonvilles a dissuadé les cou-ouvriers sont la catégorie dominante, ils majorité de ces derniers étaient au chô-
ches moyennes de s’installer.travaillent surtout dans le BTP, un peu mage. Il faut dire que le mois de mars,
dans l’industrie agroalimentaire. Les agri- date du recensement de 1999, est une
Trois autres quartiers de plus faibleculteurs sont peu présents, les artisans et période de faible activité, notammentimportance semblent correspondre à des
commerçants sont rares et les professions dans la culture de la canne à sucre.concentrations ponctuelles de populations
intermédiaires semblent fuir ces quar-
n’arrivant pas à s’intégrer sur le marché Dans les quartiers agricoles mixtestiers, même les instituteurs. Plutôt situé
de l’emploi. Il s’agit du centre-ville de seulement 18 % des chefs de ménagesen zone rurale, ce type de quartiers existe
Salazie, des Bas de la Rivière du Mât à relèvent de l’agriculture. Les petitsaussi en zone urbaine ; il compte au total
Bras-Panon et du quartier de Langevin à exploitants y font jeu égal avec les 3plus de 80 000 habitants.
Saint-Joseph. sur moyenne ou grande sur-
Dans le Sud ces quartiers correspondent face (5 % des hommes chefs de ména-
pour l’essentiel à des zones agricoles en ges). Les salariés agricoles y sont unLes quartiers agricoles
crise depuis longtemps. Deux groupes de peu plus présents que dans les quartiersse maintiennent au Sud-Est
quartiers de ce type sont dans les Hauts de petite exploitation (8 %) mais moins
de Saint-Paul : l’un autour de La Saline, sujets au chômage. Dans ces zones
Les quartiers à dominante agricole sontl’autre autour de Bellemène. Un autre l’éventail des catégories sociales est un
beaucoup moins touchés par le chômagegroupe s’étend au nord-ouest de Saint- peu plus ouvert, on y trouve notamment
que les quartiers ruraux mixtes ou lesPierre, autour de la Ravine des Cabris. les personnels d’exécution des services
quartiers déshérités. Un peu plus élevéL’agriculture n’y est quasiment plus pra- publics répartis dans le monde rural
que la moyenne, le chômage touche sur- 4tiquée et l’artisanat rural n’y a certaine- (poste, impôts, collectivités territoria-
tout les salariés agricoles. Ces quartiersment jamais prospéré. Il semble que le les...). Plus nombreux et plus étendus
sont situés au sud-est de l’île. Ils occu-(2)colonage – synonyme de très petite que les quartiers de petite exploitation,
pent toute la partie est des communes deexploitation et de précarité - y ait eu une ils regroupent près de 70 000 personnes.
Saint-Pierre et de Saint-Benoît et s’éten-grande extension. La précarité d’occupa-
dent sur Petite-Ile, le quartier des Lianestion du sol se retrouve aujourd’hui dans
La différence dans les tailles d’exploita-à Saint-Joseph, les Hauts du Tampon, lal’habitat. Beaucoup de ménages, n’étant
tion ne semble pas correspondre à desPlaine des Palmistes et la bordure litto-pas propriétaires du sol sur lequel ils ont
différences dans les spéculations prati-rale de Sainte-Rose et Saint-Philippe.construit leur case, ne l’améliorent pas.
quées. Les deux types de quartiers agri-Ailleurs les quartiers d’agriculteurs fontCes quartiers sont ainsi les plus mal dotés
coles couvrent aussi bien les zones can-plutôt figure d’enclaves dans le mondeen équipement sanitaire de base et un
nières que les zones maraîchères ou 5urbain ou dans un milieu naturel difficilelogement sur cinq ne dispose pas de WC
d’élevage.(à Salazie).et de douche ou baignoire.
Colette BERTHIER
Les quartiers de petite exploitation agri-Les quartiers du centre-ville de Saint-
cole ne sont qu’une petite dizaine et neLouis et sa bordure littorale, tout comme
regroupent qu’un peu plus de 20 000 per-la périphérie de la ville de Saint-Pierre, (1) voir “la ville s’étale” - économie de La
sonnes. Ce sont les quartiers où l’activitésont dans une situation similaire. Le Réunion n° 108 - 2e trimestre 2001.
agricole est la plus présente : 26 % desfaible développement économique de la
hommes chefs de ménage y vivent de (2) Le colonage est une forme de métayageville n’a pu offrir un débouché à une
particulière à l’île de La Réunion.population de tradition ouvrière peu l’agriculture, dont 16 % de petits exploi-
économie 171er trimestre 2003
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