Population active : baisse possible dès 2006

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La relative jeunesse de la population active lorraine aurait pu retarder et limiter l'impact de l'arrivée à l'âge de la retraite des premières générations du baby-boom.Or la population active pourrait baisser fortement dès 2006, du fait des départs nets d'actifs de la région, sauf pour les zones de Metz et Sarreguemines. Un vieillissement important de la population active se produirait, particulièrement dans les zones rurales. Une hausse des taux d'activité des plus de 55 ans et des femmes permettrait de ne pas retomber en 2015 en deça du niveau de 1999.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Population active :
baisse possible dès 2006
La relative jeunesse de la population active lorraine aurait pu retarder et limiter l’impact
de l’arrivée à l’âge de la retraite des premières générations du baby-boom. Or la
population active pourrait baisser fortement dès 2006, du fait des départs nets d’actifs de
la région, sauf pour les zones de Metz et Sarreguemines. Un vieillissement important de
la population active se produirait, particulièrement dans les zones rurales. Une hausse
des taux d’activité des plus de 55 ans et des femmes permettrait de ne pas retomber en
2015 en deçà du niveau de 1999.
e 1 012 500 actifs en 1999, la Lor A partir de 2006 environ, date où la pre- -
raine pourrait ne compter plus que mière génération du baby-boom atteindra
974 100 actifs (1) en 2015 et en 2006 l’âge de 60 ans, toutes les régions
931 900 en 2020, soit une diminution res connaîtront des départs massifs à la re- -
pectivement de près de 4% (38 400 actifs de traite. Ces départs ne seront pas compen-
moins)et8%(80 600 actifs de moins). La popu sés par l’arrivée sur le marché du travail des-
lation active lorraine baisserait à partir de générations âgées aujourd’hui de 10 à 25
2006 après une augmentation de 1,5% ans, d’effectifs nettement plus faibles que
entre 1999 et 2005. La population active les précédentes du fait de la baisse de la fé-
métropolitaine devrait quant-à-elle augmenter condité depuis la fin des années soixante.
jusqu’en 2007 (plus de 2%) pour diminuer pro- En Lorraine, 24 200 jeunes de 15-25 ans
gressivement à compter de cette date. sont entrés sur le marché du travail en
(1) Est considéré comme «active» une personne qui a ou
recherche un emploi.
Cette tendance à la baisse de la population Un déficit générationnel plus tardif
active est principalement une conséquence
Évolution des entrées et sorties du marché du travail en Lorraine,
de la période exceptionnelle de fécondité projection de population active scénario central
lors du baby-boom entre 1945 et 1965, les
30 en milliers
générations nées après le baby-boom étant
moins nombreuses que les précédentes.
25
Sorties 55 ans et plus
20
PROJECTIONS CALÉES
Arrivées 15-24 ans
ET NON CALÉES
15
Dans cet article, pour faciliter les comparai-
sons entre régions et avec l’ensemble de la
métropole, les projections régionales sont ca 10-
lées sur la projection de la France métropoli-
taine de telle sorte que la somme des régions
donne la projection métropolitaine. La projec-
5
tion calée donne pour la Lorraine une diminu- 20102000 2005 2015 2020 2025 2030
tion de 80 600 actifs entre 1999 et 2020,
contre une perte de 98 000 actifs pour la Note de lecture : en 2000, 24 200 jeunes de 15 à 24 ans intègrent
la population active tandis que 14 100 actifs de 55 ans et plus en sortent.même période en ne prenant en compte que
les paramètres lorrains (projection non calée).
Source : Omphale - Recensements de la population
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 13
POPULATIONPOPULATION
2000. Ils ne seraient plus que 21 100 en Un vieillissement de la population active
2015. Parallèlement, 14 100 actifs âgés
Projection de population active, scénario central
de plus de 55 ans quittaient le monde du
âge
travail en 2000. Ils seraient 23 700 en
2015. En 2000, le solde des entrées -sor- 75
ties est largement positif (+10 100)etde-
65viendrait négatif à partir de 2010. C’est un
peu plus tard que pour l’ensemble de la
55
France du fait de la relative jeunesse de la
population lorraine. 45
Ce déséquilibre à venir entre entrées et sor-
35
ties d’actifs est une des causes de la dimi-
25
15LES HYPOTHÈSES TENDANCIELLES RETENUES
20000 15000 10000 5000 0 0 5000 10000 15000
POUR LE SCÉNARIO CENTRAL
1999 2015 1999 2015
Source : Insee - omphale, recensementsLe scénario central de projection retenu dans l’étude se
définit à partir d’un scénario de projection de population
totale et d’hypothèses d’évolution des taux d’activité.
nution du nombre des actifs, en Lorraine
Les hypothèses démographiques du scénario central
comme en France. Il s’accompagnerait d’unde projection de population:
- la fécondité se maintient au niveau de 1999, vieillissement de la population active. Le
- la mortalité baisse au même rythme que la tendance poids des actifs lorrains de moins de 30
métropolitaine,
ans passerait de 26% à 24% en 2015 et- les quotients migratoires de références calculés entre
les recensements de 1990 et 1999 sont maintenus sur celui des 50 ans et plus de 16% à plus de
la période de projection.
22%. Mais la Lorraine resterait une région
Les hypothèses d’évolution des taux d’activité dans le
où la population active est plus jeune queprolongement des observations des dernières enquêtes
emploi nationales : celle de l’ensemble de la métropole.
- un arrêt de la baisse du taux d’activité des jeunes du fait
des études ;
- un arrêt de la baisse du taux d’activité des plus de 50
ans ;
- une hausse des taux d’activité des femmes de plus de
45 ans mais un essoufflement de la hausse des taux
d’activité des femmes plus jeunes. A ce déséquilibre entre les jeunes entrant
dans la population active et les départs à la
Les évolutions tendancielles de taux d’activité retraite, non spécifique à la Lorraine,
en Lorraine en 1999 et 2015 s’ajoute un autre effet démographique,
Scénario central l’impact des migrations. Depuis les années
soixante, la Lorraine présente un déficittaux d’activité (%)100
migratoire (davantage de départs de la Lor-
hommes 1999 2015
80 raine que d’arrivées) élevé. Depuis 1975, la
femmes 1999 2015
croissance démographique s’est inter-
60 rompue en Lorraine, interruption due à
l’aggravation du déficit migratoire couplée
40
à la réduction marquée de la natalité.
Malgré une réduction importante du déficit
20
migratoire entre 1990 et 1999, la popula-
0 tion lorraine stagne et baisserait dans les
15 ans 25 ans 35 ans 45 ans 55 ans 75 ans65 ans années à venir si les phénomènes démogra-
phiques actuels se poursuivaient. Il existe
Source : Insee - Recensements de la population
notamment toujours un déficit migratoire
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 14POPULATION
important pour les jeunes entrant dans la L’hypothèse d’évolution tendancielle des
vie active. Cet effet migratoire est la raison taux d’activité donne pour la Lorraine une
majeure de la baisse du nombre d’actifs lor montée relativement importante des taux-
rains dès 2006 et dans des proportions d’activité des femmes, notamment pour cel-
plus importantes que dans de nombreuses les âgées de plus de 45 ans. Si l’on fait évo-
autres régions, alors même que la Lorraine luer la population active lorraine en gardant
est encore une région relativement jeune. les taux de 1999, cette dernière serait de
946 500 actifs en 2015. Si l’on tient
compte de l’évolution tendancielle de l’activi-

té des femmes, les actifs seraient de
974 100 individus.Avec les hypothèses tendancielles rete-
nues, la démographie joue négativement
pour la Lorraine sur la population active dès
2006, du fait des générations jeunes moins
L’âge moyen de cessation d’activité se pro-nombreuses et surtout d’un solde migra-
duit de plus en plus tôt depuis les dernièrestoire négatif. La baisse de population active
décennies, ce qui explique la chute du tauxentre 2000 et 2015 serait de 4 100 actifs
d’activité des actifs de 55 ans et plus. Cepar an en moyenne si les effets démographi-
phénomène est lié notamment aux différen-ques (effets génération et migratoire) jouaient
tes politiques d’emploi gouvernementales :seuls. Les effets liés à la variation des taux
âge de la retraite avancée à 60 ans, mised’activité permettent, au contraire, de ga-
en place des mesures de préretraites…gner 1 700 actifs par an, et la baisse du
nombre d’actifs serait alors seulement d’en Un des scénarios possibles pour les projec- -
viron 2 400 en moyenne annuelle. tions de population active est de faire remon-
1999 2015 Évolution
Projection de annuelle
la population active des régions, moyennePopulation Rang Population Rang
sénario central (%)active régional active régional
1999-2015
Auvergne 579 300 19 535 200 19 - 0,49
Limousin 305 900 21 286 800 21 - 0,40
Bourgogne 711 200 16 674 100 16 - 0,33
Champagne-Ardenne 603 200 18 573 400 18 - 0,32
Lorraine 1 012 500 10 974 100 11 - 0,24
Franche-Comté 502 300 20 493 100 20 - 0,12
Basse-Normandie 627 400 17 617 900 17 - 0,10
Centre 1 109 500 9 1 104 700 9 - 0,03
Haute-Normandie 807 000 14 804 700 14 - 0,02
Poitou-Charentes 717 300 15 716 400 15 - 0,01
Picardie 839 400 12 839 400 13 0,00
Nord-Pas-de-Calais 1 677 600 4 1 695 600 4 0,07
Ile-de-France 5 493 700 1 5 604 300 1 0,12
Aquitaine 1 292 600 6 1 322 800 6 0,14
Bretagne 1 262 900 7 1 298 700 7 0,17
Corse 1 046 00 22 108 500 22 0,23
Pays de la Loire 1 458 600 5 1 532 200 5 0,31
Rhône-Alpes 2 603 100 2 2 739 600 2 0,32
Midi-Pyrénées 1 133 000 8 1 193 500 8 0,33
Provence-Alpes-Côte d’Azur 1 928 600 3 2 064 300 3 0,43
Alsace 824 700 13 894 900 12 0,51
Languedoc-Roussillon 957 200 11 1 078 700 10 0,75
Métropole 26 551 500 27 152 900 0,14
Source : Insee - Omphale, recensements
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 15POPULATION
ter le taux d’activité des 55-59 ans à Taux d’activité féminins selon les scénarios
l’horizon 2025 et ainsi faire reculer l’âge de
100 %cessation d’activité. En 1999, le taux d’acti- 1999
2015 scénario centralvité des 55-59 ans était en Lorraine de Variante B
80
2015 V A42,4%, taux nettement plus faible que le
taux national (52,6%). Cette hypothèse ferait
60
remonter de façon importante le nombre
d’actifs. En 2015, la Lorraine ne perdrait
40
pas 4% de ses actifs, mais enregistrerait
une baisse insignifiante de 0,4%. L’évolution
20
lorraine serait cependant toujours en net re-
trait par rapport à l’évolution nationale sous 0
15 ans 25 ans 35 ans 45 ans 55 ans 65 ans 75 anscette hypothèse (+5%).
Un autre scénario consiste à augmenter le
Variante A : décalage de 5 ans des taux d’activité de 50 à 54 ans
à l’horizon 2025taux d’activité féminin. Entre 1990 et
Variante B : montée des taux d’activité féminins au niveau de l’Ile-de-France
à l’horizon 20151999, le taux d’activité des Lorraines s’est
accru : 69% en 1990, 77% en 1999. Du-
Source : Insee - Recensements de la population
rant cette même période, le taux d’activité
des Franciliennes est passé de 81,5% à
en compterait 999 600 en 2015. Elle ne84,8%. Si les Lorraines de 2015 adop-
perdrait que 12 900 actifs (-1,3%) au lieutaient le même comportement d’activité
de 38 400. Toutefois, cette hypothèse réque les Franciliennes de 1999, la baisse -
duit moins fortement la perte d’actifs quedu nombre d’actifs lorrains serait moins
l’hypothèse liée à la variation du taux d’actiforte que celle de l’hypothèse tendancielle. -
vité des 50-54 ans.De 1 012 500 actifs en 1999, la région
Une baisse plus ou moins contenue selon l’activité des femmes ou l’âge de sortie
Projection de population active
1 100 en milliers
1 050 Scénario Variante B
Scénario Variante A
1 000
950
Scénario taux d’activité constants
900
Scénario central
850
800
1999 2004 2009 2014 2024 20292019
Variantes utilisées sur les comportements d’activités:
Variante A : remontée progressive des taux d'activité des 55-59 ans à l'horizon 2025
(décalage de 5 ans des taux d'activité des 50-54 ans sur les 55-59 ans).
Variante B : des taux féminins au niveau de ceux de l'Ile-de-France
à l'horizon 2015 pour les femmes âgées de 25 à 49 ans.
Source : Insee - OMPHALE Recensements de la population
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 16POPULATION
Enfin, un dernier scénario envisage une Les migrations conditionnent l’évolution future
de la population active des zones d’emploientrée légèrement plus rapide des jeunes
sur le marché du travail. Ce scénario re-
Évolution de la population active 1999/2015 (%)vient sur l’entrée retardée des jeunes sur le
10,0
marché du travail, consécutive à l’allonge-
Metz
5,0ment de leurs études et à d’éventuelles réti-
cences à chercher un emploi en période de Sarreguemines
Sarrebourg
0,0
Toulchômage. D’ici 2015, cette hypothèse n’a Nancy
Commercy
Saint Dié
Thionvilleaucun effet sur la décroissance du nombre Meuse du Nord -5,0LunévilleEpinal
Longwydes actifs en Lorraine. Pour qu’un impact Briey
Remiremont-gérardmer -10,0soit visible, il faudrait avancer plus forte- Bassin Houiller
ment l’âge d’entrée dans la vie active et sur Bar-le-Duc
-15,0
Vosges de l'Ouestune population plus importante.
-20,0
-8 -6 -4 -2 0 2 4

Solde migratoire 1990/1999 (%)
Sur les 17 zones d’emploi de la région, seules
Définition : arrivées - départs dans la région pour 100 habitants en 1990
celles de Metz et de Sarreguemines verraient
Source : Insee - Recensements de la population - Omphale
le nombre de leurs actifs progresser d’ici
2015, respectivement +5,8% et +1,6%. Les
plus fortes baisses concerneraient les zones ception de Metz, Sarreguemines et Toul qui
des Vosges de l’Ouest (-16,3%), de Bar-le-Duc bénéfiecieraient d’une démographie mieux
(-14%). La population active de la zone d’em orientée jusqu’en 2006.-
ploi de Sarrebourg resterait stable. Pour tou-
tes les zones d’emploi de la Lorraine, l’effet
démographique (effet générationnel + effet
migratoire) devrait être négatif d’ici 2015 (de Le niveau du solde migratoire entre 1990
-0,07% à -1,67% en moyenne annuelle), à l’ex et 1999 influe fortement sur les projec- -
Population active en Taux de vieillissement
Évolution
1999 2015 1999 2015
de la population
active des zones Projection Variante Variante
Nombre Rang % rang % rang
tendancielle A B
Bar-le-Duc 29 300 14 25 200 26 200 25 600 71,5 2 127,7 1
Remiremont-Gérardmer 36 700 8 33 100 34 300 33 200 70,5 4 120,9 2
Vosges de l’Ouest 27 600 16 23 100 24 000 23 500 72,4 1 120,3 3
Épinal 69 100 5 65 700 67 900 66 600 71,1 3 107,5 4
Lunéville 32 400 12 30 700 31 900 31 400 68,0 6 105,6 5
Saint-Dié 36 700 9 35 700 37 000 36 100 67,3 7 105,2 6
Commercy 18 000 17 17 500 18 300 18 200 59,8 10 104,8 7
Toul 28 600 15 28 200 29 200 29 000 66,1 8 100,0 8
Meuse du Nord 34 800 11 33 400 34 600 34 700 59,6 11 100,0 9
Briey 30 200 13 27 900 29 300 29 200 58,9 12 98,3 10
Sarreguemines 38 200 6 38 800 40 500 40 400 51,5 14 92,6 11
Longwy 34 900 10 32 300 33 800 33 700 50,9 15 91,5 12
Nancy 185 000 1 182 500 187 300 184 200 68,3 5 88,3 13
Thionville 136 600 2 129 800 135 600 134 300 52,1 13 87,6 14
Bassin Houiller 110 500 4 98 900 102 600 105 200 47,2 17 87,6 15
Metz 125 800 3 133 100 136 900 135 200 61,2 9 86,3 16
Sarrebourg 38 200 7 38 100 39 400 39 300 50,0 16 83,7 17
Lorraine 1 012 500 974 100 1 008 800 999 600 60,3 94,2
Définition : Taux de vieillissement : Nombre d’actifs de plus de 50 ans pour 100 actifs de moins de 30 ans.
Source : Insee - Omphale - Recensements de la population
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 17POPULATION
tions de population. Au cours de cette pé- L’effet générationnel maintient les écarts
de vieillissement entre les zones d’emploiriode, trois zones d’emploi enregistrent un
solde migratoire fortement positif : Long-
Évolution population active 1999/2015 (%)
10wy (+2,7%), Lunéville (+2,1%) et Sarregue-
mines (+0,9%). Le déficit migratoire des
Metz
5
autres zones d’emploi lorraines varie de
Sarreguemines
-0,9% pour la zone messine à -6,6% pour 0
NancyToul
Sarrebourg Commercycelle des Vosges de l’Ouest. Cette dernière Saint-Dié
-5 EpinalThionville Meuse du Nordserait la zone lorraine enregistrant la plus
Lunéville
Longwy Briey
forte perte d’actifs d’ici 2015.
-10
Bassin Houiller Remiremont-Gérardmer
Les zones d’emploi ayant un déficit migra-
Bar le Duc
-15toire important verraient leur population
Vosges de l'Ouest
active baisser plus fortement, tandis que
-20
40 45 50 55 60 65 70 75dans les zones où ce déficit est plus faible, taux de vieillissement 1999
la perte d’actifs serait moins conséquente.
Taux de vieillissement : nombre d’actifs de plus de 50 ans pour 100 actifs
de moins de 30 ans.Les zones de Lunéville et Longwy, malgré
Le vieillissement de la population à l’horizon 2015 ne modifierait
pas la structure des zones d’emploi lorraines : les zonesun excédent migratoire, connaitraient une
les plus âgées en 1999 resteraient les plus âgées en 2015.
Le ne serait pas plus marqué que les autres zones d’emploi.diminution de leur population active, car
Source : Insee - Recensements de la population
l’apport externe de n’est pas
principalement constitué d’actifs.
La montée du taux d’activité des actifs de
Le second effet démographique qui ex- plus de 55 ans est une variante ayant un im-
plique les écarts d’évolution de population pact très important sur les projections d’ac-
active entre zone d’emploi est celui du tifs. Elle aurait un effet très positif pour
remplacement des générations. Plus la po- toutes les zones d’emploi de la région, no-
pulation active est âgée en 1999, plus la tamment les régions avec une population ac-
baisse sera précoce et forte. tive déjà âgée. Metz gagnerait 8,8% d’actifs.
La diminution du nombre d’actifs dans les
Vosges de l’Ouest passerait de 16,3% à
13,0%, soit 3 points de moins. Cette der-
nière ferait toujours partie du groupe des zo-
Toutes les zones d’emploi de la région ver- nes âgées mais l’effet du vieillisement des
raient vieillir leur population active. Les ac- actifs serait atténué.
tifs de la zone de Bar-le-Duc, une des plus
âgées en 1999, devrait vieillir le plus à
l’horizon 2015 ainsi que les actifs des Vos-
ges de l’Ouest. La montée du taux d’activité féminin au niveau
de celui de l’Ile-de-France aurait également unA l’opposé, les actifs du Bassin Houiller, mal-
effet positif, surtout sur certains territoires.gré un vieillissement prévisible, resteraient
La réserve de population active féminine se-parmi les plus jeunes de la région. En 1999,
rait la plus importante dans le Bassin Houil-le taux de vieillissement (Nombre d’actifs de
ler, la montée du taux d’activité fémininplus de 50 ans pour 100 actifs de moins de 30
permettrait à cette zone de ne perdre queans) varie de 47,2 % pour le Bassin Houiller
5 300 actifs, soit une baisse de 4,8% au lieuà 72,4% pour les Vosges de l’Ouest, avec un
de 10,5%. Ce potentiel de main-d’œuvre fé-taux moyen régional de 60,3%. A l’horizon
minine est présent dans toutes les zones de2015, il varierait de 83,7% (Sarrebourg)à
l’ancien bassin sidérurgique, zone où l’emploi127,7% (Bar-le-Duc). La répartition selon le
est traditionnellement masculin.taux de vieillissement des zones d’emploi en
1999 se retrouverait globalement à l’hori- Les zones ayant une activité tertiaire plus im-
zon 2015. portante, secteur d’activité plus féminisé, ga-
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 18POPULATION
Seuls Metz et Sarreguemines gagneraient des actifs
Projection de population active 1999-2015 par zone d’emploi (scénario central)
Longwy
Thionville
Briey
Meuse du Nord
Bassin
Metz Sarreguemines
Houiller
Commercy
SarrebourgBar-le- Toul
Duc Nancy
Lunéville
Vosges de Saint-Dié
l’Ouest Épinal
Remiremont-
Gérardmer
Taux d’évolution
annuel moyen
%
plus de 1,1
1,1
0
- 0,1
- 0,4
N
- 0,8
moins de - 0,8 © IGN - Insee
Source : Insee - Omphale - Recensement de la population
gneraient des actifs mais l’effet serait plus
faible que celui de la montée du taux d’activitéPOPULATION ACTIVE
des 55-59 ans. Ainsi la montée du taux d’ac-ET MARCHÉ DU TRAVAIL
tivité féminin ne ferait perdre à la zone de
La conséquence d’une baisse de la popula- Nancy que 800 actifs à l’horizon 2015, tan-
tion active sur le taux de chômage n’est pas
dis que la montée du taux d’activité desconnue. Si l’emploi se maintient, en cas de
remplacement des personnes les plus 55-59 ans lui en ferait gagner 2 300.
âgées partant à la retraite et de bonne
conjoncture économique, l’entrée des jeu-
nes dans la vie active pourrait être facilitée. Christiane MILLET
Des offres d’emploi plus nombreuses, liées
aux besoins de services des personnes
âgées par exemple, peuvent inciter à entrer
plus de jeunes dans la vie active et à rester
dans la région.
Cependant, une baisse trop forte de la popu-
lation active dans une zone peut entraîner
un ajustement régressif de l’emploi proposé
par les entreprises, qui pourraient voir leur
activité diminuer ou souhaiter s’implanter
ailleurs. Enfin, une pénurie de main-d’oeuvre
n’est pas favorable à l’implantation de nou-
velles entreprises.
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 19

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