Portrait des 197 quartiers et communes des Contrats de Ville bas-normands - 45 quartiers en situation difficile en 1999

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26 % des habitants des six sites en Contrat de Ville bas-normands vivent dans un quartier en difficulté en 1999. Argentan et Lisieux sont les deux agglomérations les plus touchées : 46 et 36 % de leur population vit dans un quartier difficile. C'est à Alençon et à Flers que la précarité est la plus concentrée dans les quartiers sensibles qui regroupent plus de la moitié des personnes en situation de pauvreté pour moins d'un quart des habitants. A Caen et à Cherbourg, un quart de la population vit dans des quartiers difficiles largement disséminés dans le coeur de l'agglomération.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 98 - Septembre 2001
Portrait des 197 quartiers et communes
des Contrats de ville bas-normands
45 QUARTIERS EN SITUATION
DIFFICILE EN 1999 26 % des habitants des six
sites en Contrat de Ville bas-nor-
mands vivent dans un quartier enes difficultés sociales se concentrent au mérations sont cependant loin d’offrir des situa-L sein des six Contrats de ville de Caen, tions homogènes : Lisieux et Argentan sont les difficulté en 1999.
de Cherbourg, d’Alençon, de Lisieux, de Flers et villes les plus touchées, alors que Flers reste rela-
d’Argentan. En effet en 1999, ces six sites et leurs tivement épargnée. Mais c’est au sein même de
197 communes et quartiers regroupaient 41 % ces villes que les disparités les plus grandes se font
de la population régionale vivant sous le seuil de jour. L’analyse des caractéristiques des popula- Argentan et Lisieux sont les
pauvreté et 37 % des demandeurs d’emploi pour tions et du parc de logements de ces quartiers deux agglomérations les plus tou-
seulement 29 % des Bas-Normands. Ces agglo- permet de distinguer sept profils de territoires.
chées : 46 et 36 % de leur popula-
(Suite page 5)
tion vit dans un quartier difficile.
Répartition de la population des Contrats de Ville
selon le type de quartiers en 1999
C’est à Alençon et à Flers que
Argentan la précarité est la plus concentrée
dans les quartiers sensibles qui re-
Lisieux
groupent plus de la moitié des per-
Cherbourg sonnes en situation de pauvreté
pour moins d’un quart des habi-
Alençon
tants.
Caen
Flers
A Caen et à Cherbourg, un
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 quart de la population vit dans des
quartiers difficiles largement dissé-Quartiers à très forte précarité Autres quartiers difficiles
Quartiers de centre ancien Zones résidentielles minés dans le cœur de l’agglomé-
Zones résidentielles très épargnées Quartiers caennais en croissance
ration.Quartiers étudiants caennais
Sources : Insee, Recensement de la population de 1999 et CAF au 31 décembre 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••CONTRAT DE VILLE DE CHERBOURG
Avec 17 % de ses actifs à la recherche d’un emploi (soit Plus de 6 % de la population de la communauté urbaine
plus que dans quatre autres villes) et 15 % de sa popu- de Cherbourg vit dans le cœur des Provinces
lation vivant sous le seuil de pauvreté en 1999 (soit plus
que dans deux autres sites bas-normands), Cherbourg
présente comme Caen une situation relativement Le Canu-Capel
Tourlaville
moyenne au sein des territoires en Contrat de Ville. Ceci Querqueville
Pont Marais
se retrouve au niveau des quartiers sensibles qui Les Fourches
Le Maupasconcentrent 28 % de la population de la Communauté
urbaine soit une situation médiane entre Lisieux où ces
zones abritent 36 % de la population et Flers où le poids
Equeurdreville-Hainneville
démographique des zones en difficulté ne dépasse pas
18 %.
Au sein des quartiers sensibles des Provinces, de Pont-
Octeville
Marais, du Maupas, des Fourches et de la Bonde-
Contour des communesBrécourt (quartier du Canu-Capel), correspondant très
Contour des quartierslargement aux zones soutenues dans le cadre de la poli-
tique de la ville, se distingue le cœur de la Zone Franche
Urbaine des Provinces où les difficultés financières tou- Martinvast
chent plus de 45 % des habitants et le chômage plus de
Les Provinces
35 % des actifs. S’ajoute à ces quartiers plus ou moins
La Glacerie
sensibles, soutenus dans le cadre du Contrat de Ville, le Les quartiers du Contrat de Ville de Cherbourg
quartier de la Divette à Cherbourg qui, par l’importance Quartiers à très forte précarité
Autres quartiers difficilesde son parc social, entre dans la catégorie des quartiers Quartiers de centre ancien
Sources : Insee, Recensement de la population Zones résidentiellesen difficulté même si la précarité touche à peine plus de
Zones résidentielles très épargnées de 1999 et CAF au 31 décembre 1999
15 % de ses habitants.
Le contrat de ville de Cherbourg suit les contours de la communauté urbaine de Cherbourg. DansLe reste du territoire du centre de l’agglomération, cor-
cette approche a été ajoutée la commune de Martinvast qui appartient depuis 1999 à l’unité urbaine
respondant à la commune de Cherbourg et au centre
de Cherbourg.
d’Equeurdreville-Hainneville, affiche toutes les caracté-
ristiques des " quartiers de centre ancien ". Il s’agit pour l’essentiel de lieux que privilégient les nouveaux arrivants sur l’agglomération,
avec une majorité de logements collectifs, peu de HLM et une forte vacance au sein du parc immobilier, sans pour autant que les diffi-
cultés sociales n’apparaissent plus marquées que dans les quartiers anciens des autres villes de la région (moins de 16 % de la popula-
tion vivant en dessous du seuil de pauvreté).
Les zones résidentielles forment l’essentiel du territoire des autres communes du Contrat de Ville, concentrant au total en leur sein plus
de la moitié de la population.
CONTRAT DE VILLE DE FLERS
Avec 13,5 % de sa population vivant sous le seuil de pau- La moitié de la précarité concentrée dans deux quartiers de Flers
vreté et 12 % de ses actifs recherchant un emploi, Flers est
CalignyLes quartiers du Contrat de Ville de Flersde très loin la moins touchée des villes bas-normandes par
Montilly-sur-Noireau
Quartiers à très forte précaritéles difficultés socio-économiques. Elle est également celle
Autres quartiers difficiles
Quartiers de centre ancienoù le parc social reste le moins développé et où l’aide
Zones résidentielles
apportée aux populations en difficulté par le biais des mini- Zones résidentielles très épargnées
ma sociaux est la moins importante. Cerisy-Belle-Étoile
Saint-Georges-des-GroseillersAu total, moins de 18 % de la population vit dans l’un des
deux quartiers sensibles soutenus par le Contrat de Ville : la La Planchette
Géroudière, le plus touché, et la Bénardière – Saint-Michel.
Ces quartiers n’en rassemblent pas moins la moitié de la
précarité et un tiers des demandeurs d’emploi. Ceci traduit
Landigou
Bénardière - Saint-Michelune concentration de la précarité dans les quartiers difficiles
plus marquée que dans les autres villes de la région.
La GéroudièreLa Chapelle-BicheLe quartier de Pont-Féron, également soutenu dans le cadre
Le Pont Férondu Contrat de Ville, ne fait pas partie des quartiers de la
Contour des communesrégion connaissant le plus de difficultés. Comparé aux Sources : Insee, Recensement
Saint-Clair-de-HalouzeContour des quartiersautres quartiers sensibles de la région, son parc social reste de la population de 1999
et CAF au 31 décembre 1999peu développé (totalisant 40 % des logements, contre 70 %
en moyenne dans les quartiers difficiles), les logements
Le contrat de ville de Flers suit les contours de la communauté d’agglomération du Pays de Flers.HLM y étaient en effet des maisons individuelles et des
appartements mis en location par des bailleurs privés. Pont-
Féron se rapproche en fait plus des "quartiers de centre ancien" comme Paulhette-Duhalde et la Planchette, même si le renouvellement
de la population y est nettement moins marqué et si les familles avec des enfants y restent nettement plus nombreuses que dans ces
quartiers de passage du nord de Flers.
Le reste du Contrat de Ville, comprenant toutes les communes périphériques ainsi que les quartiers pavillonnaires de Saint-Sauveur et de
la Blanchardière, est relativement épargné par les difficultés sociales, affichant une nette orientation résidentielle. 57 % de la population
vit actuellement dans ces zones.
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••CONTRAT DE VILLE D’ARGENTAN
Avec 46 % de sa population vivant dans les quartiers en difficulté des Trois quartiers en difficulté concentrent 46 %
Provinces, de Saint-Michel et de la Vallée d’Auge, l’agglomération
de la population du Contrat de Ville
d’Argentan est aujourd’hui la plus touchée de Basse-Normandie. A
cette omniprésence des zones sensibles s’ajoute le fait que ces diffi-
Les Provinces
Saint-Roch - Trois Croix - GMcultés sont moins concentrées dans les quartiers difficiles à Argentan
que dans les autres villes de la région. Ainsi ces quartiers regroupent-
Contour des communes Saint-Martin - Muselli - Centre Ville
ils 71 % des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté pour Contour des quartiers
Saint-Michel46 % de la population totale, alors que le rapport est du simple au
Vallée d'Augedouble dans la plupart des villes bas-normandes.
Moulins - Saint-OpportuneL’étendue des quartiers sensibles ne fait que refléter l’importance des
difficultés économiques et sociales qui marquent Argentan et son
agglomération. Avec près de 18 % de ses habitants vivant en dessous
du seuil de pauvreté et 17 % de ses actifs à la recherche d’un emploi, Belle Etoile - 2eme DB - CoulandonSarceaux
Argentan est, après Lisieux, la deuxième ville bas-normande par les
problèmes sociaux qu’elle rencontre. Elle est aussi la ville de la région
où le parc social est le plus étoffé totalisant près d’un logement sur
deux, et où les minima sociaux soutiennent le mieux les personnes en
Les quartiers du Contrat de Ville d'Argentansituation précaire (plus de 52 % d’entre elles bénéficient des minima
Autres quartiers difficiles
sociaux, soit plus que dans quatre autres Contrats de Ville). Quartiers de centre ancien
Zones résidentiellesAu-delà des trois quartiers sensibles qui ne figurent pas parmi les
Zones résidentielles très épargnées
zones les plus en difficulté de la région, l’essentiel du territoire est Sources : Insee, Recensement de la population
de 1999 et CAF au 31 décembre 1999composé de zones résidentielles. Ces quartiers regroupent au total
Le contrat de ville d’Argentan se limite à cette commune. L’analyse porte néan-plus de 37 % de la population de l’agglomération, la commune de
moins sur l’ensemble de l’unité urbaine d’Alençon qui comprend, outre cette der-Sarceaux étant la plus épargnée par la précarité. A ces zones résiden-
nière, la commune de Sarceaux.
tielles s’ajoute un "quartier de centre ancien", Saint-Martin – Muselli –
Centre-ville, relativement moins touché par les difficultés économiques que ne le sont ses homologues des autres villes de la région.
CONTRAT DE VILLE DE LISIEUX
Avec près de 21 % de sa population vivant en dessous du seuil Aucun quartier résidentiel sur la commune de Lisieux
de pauvreté et près de 18 % de ses actifs à la recherche d’un
emploi, le Contrat de Ville de Lisieux est aujourd’hui le site le plus
touché de Basse-Normandie par la précarité et les difficultés Ouilly-le-Vicomte
économiques. Le parc social reste pourtant nettement moins
Centre Norddéveloppé qu’à Argentan et à Cherbourg, et les minima sociaux
soutiennent moins les Lexoviens en difficultés financières que Lisieux Nord Est Contour des communes
leurs homologues d’Argentan, d’Alençon et de Caen.
Hauteville Contour des quartiersSaint-Désir
En dépit de cette emprise des difficultés sociales sans compa-
raison dans la région, les quartiers sensibles restent moins pré- Adeline
sents à Lisieux qu’à Argentan. Ils ne regroupent ainsi que 36 %
de la population. Ceci tient au fait qu’au-delà d’Hauteville et du Lisieux Sud
quartier Nord, les deux zones sensibles, tout le centre ancien de
la commune de Lisieux est lui aussi fortement marqué par la pré-
Beuvillers
carité : 23 % de ses habitants vivent en dessous du seuil de pau-
vreté, contre 16 % seulement dans les "quartiers de centre
Glosancien" de l’ensemble des villes bas-normandes. Ceci contribue Les quartiers du Contrat de Ville de Lisieux
à une moindre concentration de la précarité dans les quartiers Autres quartiers difficiles
Quartiers de centre anciensensibles que dans la plupart des sites : 53 % seulement des
Zones résidentielles Sources : Insee, Recensement de la population
Zones résidentielles très épargnéespersonnes en situation précaire vivent ainsi dans les quartiers
de 1999 et CAF au 31 décembre 1999
sensibles. Autre exception lexovienne, aucune zone à dominan-
Le contrat de ville de Lisieux comprend la seule commune de Lisieux. L’analyse portete résidentielle n’est située sur la commune de Lisieux, cette der-
néanmoins sur l’ensemble de l’unité urbaine lexovienne.
nière conservant un habitat essentiellement collectif et laissant
les pavillons aux communes périphériques de Glos, de Saint-Désir, d’Ouilly-le-Vicomte et de Beuvillers.
Avertissement
Comparer la situation des quartiers est un exercice difficile qui tient largement à la maille géographique retenue. Ainsi un quartier com-
prenant une petite poche de pauvreté pourra apparaître en situation relativement favorable, les difficultés se trouvant "noyées dans la
masse".
Pour cette approche ont été retenus les quartiers de diffusion du Recensement de la Population de mars 1999, les IRIS 2000 qui sont
des zones d’habitat relativement homogènes comprenant de l’ordre de 2 000 habitants. Ces quartiers permettent, en effet, des com-
paraisons objectives entre les différentes villes de la région sur la base de territoires de taille comparable. Certains de ces quartiers
correspondent à peu près à des zones aidées dans le cadre de la politique de la ville (zone franche urbaine, zones urbaines sensibles),
d’autres englobent certains de ces quartiers aidés spécifiquement. Dans ce dernier cas, les difficultés sociales de l’IRIS 2000 pourront
sembler atténuées par rapport à celles de la zone la plus touchée.
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••CONTRAT DE VILLE DE CAEN
Avec 16,5 % de sa population vivant en dessous du Dynamisme au nord et quartiers anciens au sud
seuil de pauvreté et 16 % de ses actifs à la recherche
Le Boisd’un emploi, l’agglomération caennaise apparaît dans Calvaire Saint-Pierre
une situation relativement moyenne parmi les villes de Le Grand Parc
Quartier des Boutiques
Basse-Normandie. Comme toutes les grandes métro- Rots Colombelles (centre)
Chemin Vert
poles dynamiques, elle tend à attirer des populations
Cuvervilleà la recherche d’un emploi, son développement éco-
nomique ne suffisant cependant pas à l’insertion sur le
marché du travail de tous les nouveaux arrivants.
Près du quart de la population de l’agglomération
(24 %) vit dans un quartier difficile, les zones les plus
Démouvilledurement touchées correspondant aux quartiers sou-
Verson
tenus dans le cadre du Contrat de Ville : la Guérinière,
La Grâce de Dieu Charlotte Corday (Mondeville)la Grâce de Dieu, le Chemin Vert à Caen, le Grand
Parc et les Belles Portes à Hérouville-Saint-Clair. Dans La Guérinière
tous les cas, le cœur du quartier concentre les difficul-
tés les plus grandes alors que les périphéries, tout en
Contour des communes
conservant un habitat essentiellement social, regrou- Fleury-sur-Orne (centre) Contour des quartiers
pent des populations en situation précaire moins
Les quartiers de l'agglomération caennaisenombreuses. A ces quartiers sensibles relativement
Quartiers à très forte précaritéétendus sur l’agglomération et soutenus dans le cadre
Autres quartiers difficiles
Quartiers de centre anciende la politique de la ville, s’ajoutent des poches d’ha-
Quartiers caennais en croissance Sources : Insee, Recensement bitat social plus restreintes mais néanmoins touchées Quartiers étudiants caennais
de la population de 1999 Zones résidentiellespar la précarité : le quartier des Boutiques à la Folie- et CAF au 31 décembre 1999Zones résidentielles très épargnées
Couvrechef, le Calvaire-Saint-Pierre, la Pierre-Heuzé
Le contrat de ville de Caen regroupe six communes de l’agglomération caennaise (Caen, Hérouville-et Saint-Jean-Eudes à Caen, le Bois à Hérouville-
Saint-Clair, Ifs, Fleury-sur-Orne, Colombelles et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe). L’analyse a cependant
Saint-Clair, Charlotte-Corday à Mondeville, les quar- été réalisée sur l’ensemble de l’unité urbaine de Caen.
tiers du Centre à Colombelles et à Fleury-sur-Orne.
Au-delà de ces zones sensibles, le cœur de l’agglomération est marqué par une nette opposition nord-sud. Au nord se concentrent les quar-
tiers les plus dynamiques de la région, qu’il s’agisse de quartiers à dominante estudiantine comme le CITIS, l’Université ou la Folie-
Couvrechef, ou plus simplement de zones de forte construction résidentielle récente autour de la Maladrerie, de la Verte Vallée et de la
Pierre-Heuzé. Au sud en revanche prédominent les quartiers d’habitat plus ancien comme Saint-Jean, Saint-Ouen, la Haie-Vigné, Vaucelles
et Sainte-Thérèse-Demi-Lune, concentrant toutes les difficultés classiques des quartiers anciens liées à la forte rotation de leur population
et au passage de jeunes adultes entrant sur le marché du travail : vacance des logements, précarité supérieure à celle des quartiers rési-
dentiels, faible soutien des minima sociaux… Le reste du territoire de l’agglomération se partage entre les zones résidentielles et les zones
d’activité, ces dernières étant particulièrement importantes à l’est de Caen. Au total, les zones résidentielles regroupent 26 % de la popu-
lation du Contrat de Ville, six de ces quartiers seulement se trouvant localisés sur Caen et Hérouville-Saint-Clair.
CONTRAT DE VILLE D’ALENÇON
Alençon n’est pas, loin s’en faut, le plus touché des territoires en La précarité plus concentrée dans les quartiers
Contrat de Ville bas-normands. Avec 14,5 % de sa population
sensibles d’Alençon
vivant en dessous du seuil de pauvreté et 13 % de ses actifs à
Courteille Aviateurs Alençon Village
la recherche d’un emploi, il se situe globalement dans la moyen-
ne des villes de la région. L’importance des communes périphé-
Colombiersriques essentiellement pavillonnaires ayant adhéré au Contrat
Cuissai
Contour des communesde Ville contribue d’ailleurs au fait que la Préfecture de l’Orne
Contour des quartiers
apparaisse moins touchée par la précarité que Cherbourg.
Au sein du périmètre du Contrat de Ville, les quartiers sensibles
regroupent 24,5 % de la population, soit à peine plus qu’à Caen
(24 %). Mais parmi ces zones en difficulté, Perseigne, la plus Condé-sur-Sarthe
Villeneuvetouchée par la précarité, abrite près d’un habitant sur deux soit
Montsortplus que les quartiers à forte précarité de toutes les villes de la
Saint-Germain-du-Corbéisrégion (avec pour Perseigne 13 % de la population du Contrat
La Ferrière-Bochard Perseignede Ville contre 6 à 8 % ailleurs). Ceci explique la très forte
concentration des populations en situation de précarité finan-
Héloup
cière dans les seuls quartiers sensibles d’Alençon. Perseigne et
Courteille-Aviateurs accueillent ainsi 56 % des personnes vivant Champfleur
sous le seuil de pauvreté pour à peine un quart de la population Les quartiers du Contrat de Ville d'Alençon
Quartiers à très forte précaritédu Contrat de Ville.
Autres quartiers difficiles
La plupart des autres quartiers connaissent des difficultés moins Quartiers de centre ancien
Sources : Insee, Recensement de la population Zones résidentiellesmarquées, qu’il s’agisse du centre ancien d’Alençon ou des
Zones résidentielles très épargnées de 1999 et CAF au 31 décembre 1999
communes périphériques à dominante résidentielle d’autant Le contrat de ville d’Alençon regroupe 17 communes de l’Orne et de la Sarthe correspon-
plus épargnées que l’on s’éloigne du cœur de l’agglomération. dant au périmètre de la communauté urbaine d’Alençon.
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••Les difficultés n’en restent pas moins présentes un sur cinq dans le reste des agglomérations bas-Les quartiers à très forte
et ces deux familles de quartiers sensibles ne normandes. Le chômage et les difficultés finan-
précarité divergent souvent que par le fait que les quar- cières touchent pour l’essentiel des jeunes adultes
Il s’agit des territoires les plus lourdement frap- tiers les plus difficiles sont généralement plus entrant sur le marché du travail et ayant une faible
pés par la précarité et par le chômage : en homogènes que les autres, ces derniers mariant activité professionnelle, le soutien par les minima
moyenne 48 % de leur population vit sous le seuil en leur sein des petites zones pavillonnaires et sociaux reste de ce fait légèrement plus limité
de pauvreté et 37 % de leurs actifs sont à la des barres HLM. qu’ailleurs : 52 % des personnes en difficulté
recherche d’un emploi. Les perspectives de retour Entrent dans cette catégorie des quartiers non doivent ainsi compter sur leurs propres revenus
à l’emploi se révèlent tellement réduites que soutenus dans le cadre des Contrats de Ville, mais pour vivre (contre 48 % dans le reste des Contrats
nombre de leurs habitants (le plus souvent des qui n’en concentrent pas moins des populations de Ville).
femmes) renoncent à entrer sur le marché du tra- en situation difficile. C’est le cas de la Divette à
Les zones résidentiellesvail. Composés à plus de 93 % par des logements Cherbourg, de Villeneuve à Alençon et des
Il s’agit pour l’essentiel de quartiers ou de com-sociaux en immeubles, ces quartiers se sont déve- centres-villes de Fleury-sur-Orne et de Cormelles-
munes situés dans la périphérie des Contrats deloppés au cours des années soixante et soixante- le-Royal.
Ville. Les logements pavillonnaires y prédomi-dix, mais ne connaissent plus de constructions
Les quartiers de centre nent (totalisant quatre logements sur cinq), expli-depuis dix ans, leur population étant globale-
ancien quant la faible place laissée aux populations enment orientée à la baisse. Ces quartiers restent
difficulté financière. Moins de 8 % des habitantsSi ces zones apparaissent relativement épargnéesnéanmoins parmi les plus jeunes des Contrats de
de ces territoires vivent ainsi au dessous du seuilpar rapport aux quartiers sensibles, plus de 16 %Ville, leur population se composant pour l’es-
de pauvreté, le chômage touchant de son côté àde leur population n’en vit pas moins sous lesentiel de familles avec des enfants : un habitant
seuil de pauvreté, soit des difficultés deux fois peine plus de 11 % de la population active. Maissur quatre a ainsi moins de 15 ans et 44 % n’ont
plus marquées que dans les quartiers les moins lorsque les difficultés apparaissent, elles sontpas encore dépassé leur vingt-cinquième anni-
touchés des agglomérations. Il s’agit pour l’es- nettement moins soutenues par les minimaversaire. C’est également dans ces quartiers que
sentiel de quartiers de centre-ville, composés de sociaux qu’ailleurs : 40 % seulement des per-se concentre 16 % de la population régionale
logements collectifs anciens n’appartenant pas au sonnes en difficulté peuvent compter sur uned’origine étrangère.
parc social. Ces quartiers sont souvent choisis garantie de ressource.Les autres quartiers
comme point de chute par de jeunes actifs arri- Les zones résidentiellesdifficiles vant dans une ville. Ils y trouvent de nombreux
très épargnéesCes territoires sont moins touchés que les pré- logements cherchant preneur, mais n’y restent
Ces communes et ces quartiers présentent un pro-cédents par la précarité, mais elle concerne encore pas longtemps partant généralement s’installer en
un quart des habitants et le chômage plus d’un fil en tout point similaire aux zones résidentielles,périphérie. Ils contribuent ainsi à la forte rotation
actif sur cinq. Il s’agit là encore de quartiers com- avec des difficultés encore plus atténuées. Ainsi lade la population de ces quartiers. A côté de ces
précarité ne touche que 7 % des habitants et leposés majoritairement de logements collectifs jeunes adultes, prédominent des personnes âgées
sociaux (à plus de 70 %), avec peu de construc- installées de longue date qui forment le cœur de chômage 10 % des actifs, sachant en outre que la
tions récentes et une population un peu moins la population de ces centres-villes : un habitant grande majorité des personnes touchées est sou-
jeune que dans les quartiers les plus difficiles. sur quatre a ainsi dépassé soixante ans, contre tenue par les minima sociaux (le revenu minimum
LA POPULATION DES DIFFÉRENTES FAMILLES DE QUARTIERS
Nombre Population Part de la population Poids des moins Poids des moins Poids des plus
de zones 1999 étrangère en 1999 de 15 ans en 1999 de 25 ans en 1999 de 60 ans
Quartiers à très forte précarité 13 28 441 11,7 26,8 44,1 11,6
Autres quartiers difficiles 32 78 408 3,4 21,5 36,4 16,5
Quartiers de centre ancien 43 98 663 2,0 14,3 28,6 24,9
Zones résidentielles 50 109 112 1,3 19,4 33,0 19,3
Zones résidentielles très épargnées 36 41 511 0,9 19,2 32,7 19,0
Quartiers caennais en croissance 19 46 703 2,2 12,3 39,7 14,0
Quartiers étudiants caennais 4 7 020 8,4 8,5 60,6 8,3
Ensemble des Contrats de Ville 197 409 858 2,8 18,1 34,6 18,8
Sources : Insee, Recensement de la population de 1999
LE PARC DE LOGEMENTS DES DIFFÉRENTES FAMILLES DE QUARTIERS
Nombre Part des logements Part des logements Taux Part des logements
de logements sociaux collectifs dans le parc de vacance construits
en 1999 dans le parc en 1999 en 1999 en 1999* après 1990
Quartiers à très forte précarité 11 014 93,3 93,5 5,3 0,3
Autres quartiers difficiles 34 183 68,7 73,7 3,6 3,5
Quartiers de centre ancien 55 123 16,5 68,2 8,5 4,8
Zones résidentielles 42 621 18,9 17,9 3,5 12,1
Zones résidentielles très épargnées 16 375 15,1 17,9 3,6 13,5
Quartiers caennais en croissance 25 349 10,5 78,5 5,9 23,6
Quartiers étudiants caennais 1 934 31,2 76,5 3,8 27,8
Ensemble des Contrats de Ville 186 599 30,3 56,3 5,4 9,5
Sources : Insee, Recensement de la population de 1999* Part des logements n’ayant pas trouvé preneur
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••toutes les caractéristiques de zones résidentielles
Sept familles de quartiers intra-urbaines, la faiblesse de la précarité et la
présence de jeunes familles les rapprochant desau sein des Contrats de Ville
zones périphériques d’habitation pavillonnaire
Au sein d’un moins de 65 ans au 31 décembre 1999, et la présence de logements collectifs des quar-
Contrat de Ville, les taux de chômage au Recensement de tiers de centre-ville.
quartiers et les com- population de mars 1999) ;
Les quartiers étudiantsmunes se distinguent tant par les carac- - deux indicateurs mettant en évidence
téristiques de leur parc de logements et l’importance du soutien accordé aux caennais
de leur population que par les difficultés populations en difficulté (part des loge-
Ces territoires ont connu un essor encore plussociales qui peuvent les affecter. Mais ments sociaux dans le parc en 1999,
marqué au cours de la décennie quatre-vingt-dixqu'en est-il de ces différences locale- part des populations en situation de
que les précédents, 28 % des logements étantment marquées quand on observe l'en- précarité financière aidées par les mini-
semble des quartiers des villes bas-nor- ma sociaux en 1999) ; postérieurs à 1990. Le parc est là encore composé
mandes ? - trois indicateurs plus généraux (taux pour l’essentiel de logements collectifs (à 77 %)
Tel est l'objectif de la typologie qui a été d’activité de la population de 15 à 59 dont un tiers de logements sociaux. Pourtant
mise en place sur les 197 quartiers et ans en 1999, part de l’habitat collectif l’analogie avec les quartiers en croissance tradi-
communes appartenant à un Contrat de dans le parc immobilier en 1999, taux de tionnels s’arrête là. On a en effet affaire ici à des
Ville (et comptant plus de 200 habitants) vacance des logements en 1999).
zones beaucoup plus jeunes qui ont dû leur crois-sur la base de neuf indicateurs : Cette typologie, issue d’une classifica-
sance récente à l’attractivité qu’elles ont su exer-- deux indicateurs illustrant le dynamis- tion ascendante hiérarchique, rap-
cer sur la population étudiante : plus de la moi-me du territoire (part des logements proche les quartiers offrant des profils
construits entre 1990 et 1999, et part similaires sur ces neuf indicateurs. Elle tié des habitants a ainsi entre 15 et 24 ans, alors
des moins de 25 ans dans la population permet notamment d’isoler les quartiers que ce n’est le cas que de 16 % de la population
en mars 1999) ; difficiles (ou sensibles) correspondant des autres quartiers bas-normands. De plus, à
- deux indicateurs éclairant les difficul- aux deux premiers profils de territoires : peine plus du quart des habitants est présent sur
tés sociales locales (part des personnes les "quartiers à très forte précarité" et
le marché du travail (soit trois fois moins que
à bas revenus dans la population de les "autres quartiers difficiles".
dans les autres quartiers). Les difficultés sociales
de cette population en formation restent limitéesd’insertion pour partie, mais surtout l’allocation grammes de construction. Un quart de leurs habi-
(11 % des habitants vivent en dessous du seuil de
d’adulte handicapé). tations est ainsi postérieur à 1990. Il s’agit le plus
pauvreté). De surcroît, les personnes en situa-
souvent des logements en immeubles collectifs,Les deux derniers groupes de quartiers, présents tion précaire, lorsqu’elles existent, sont très lar-
uniquement sur l’agglomération caennaise, se les logements sociaux restant relativement peu gement soutenues par les minima sociaux (pour
développés (ne dépassant pas 10 % du parc). Dedistinguent par leur dynamisme. plus de 62 % d’entre elles contre 52 % dans l’en-
plus la précarité n’affecte qu’une personne sur
semble des quartiers).Les quartiers caennais
dix, pour l’essentiel des personnes à faibles reve-
en croissance nus d’activité, moins aidées qu’ailleurs par les
Ils ont tous connu depuis dix ans de grands pro- minima sociaux. Ces quartiers présentent donc Stéphane DELAVELLE
LA PRÉCARITÉ DANS LES DIFFÉRENTES FAMILLES DE QUARTIERS
Part de la Part de la population Part des précaires non Taux d'activité Taux
population sous le seuil de soutenus par les minima des 15-59 ans de chômage
en 1999 pauvreté en 1999 sociaux en 1999 en 1999 en 1999
Quartiers à très forte précarité 6,9 48,5 42,6 65,6 37,2
Autres quartiers difficiles 19,1 24,5 48,7 72,4 22,0
Quartiers de centre ancien 24,1 16,1 52,4 75,3 14,7
Zones résidentielles 26,6 7,6 59,0 72,3 11,1
Zones résidentielles très épargnées 10,1 6,6 0,9 75,6 10,6
Quartiers caennais en croissance 11,4 11,1 59,3 59,9 13,1
Quartiers étudiants caennais 1,7 11,5 38,1 27,5 18,8
Ensemble des Contrats de Ville 100,0 16,1 48,0 70,2 16,0
Sources : Insee, Recensement de la population de 1999 et CAF au 31 décembre 1999
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CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 98••••••••• •••••••••
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