Pour une prospective de lamélioration de la performance énergétique du parc des logements lorrains

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www.insee.fr/lorraine ° Pour une prospective de l’amélioration 223-224N Diviser par quatre les consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’ici 2050, et d’au moins 38% d’ici à 2020 : tel est l’objectif ambitieux fixé par les pouvoirs publics pour le secteur du bâtiment, objectif exprimé par le plan Bâtiment dans le cadre du Grenelle de l’environnement. La loi de programmation du 3 août 2009 relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement souligne que “le secteur du bâtiment, qui consomme plus de 40% de l’énergie finale et contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre, représente le principal gisement d’économie d’énergie exploitable immédiatement”. Aujourd’hui, un consensus semble se montre en effet que la contribution des bâti- dessiner pour faire porter l’effort sur l’améliora- ments neufs à un horizon de 2040 ou 2080 est tion de la performance énergétique du parc de lo- faible. Le Comité Opérationnel “Rénovation des gements existants, effort qui peut se traduire par bâtiments existants” confirme également dans des gains importants en consommation d’é- son rapport (3), que “l’enjeu majeur se situe nergie.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
° Pour une prospective de l’amélioration
223-224N
Diviser par quatre les consommations d’énergie du parc des bâtiments
existants d’ici 2050, et d’au moins 38% d’ici à 2020 : tel est l’objectif
ambitieux fixé par les pouvoirs publics pour le secteur du bâtiment, objectif
exprimé par le plan Bâtiment dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
La loi de programmation du 3 août 2009 relative à la mise en œuvre
du Grenelle de l’environnement souligne que “le secteur du bâtiment,
qui consomme plus de 40% de l’énergie finale et contribue pour près du quart
aux émissions nationales de gaz à effet de serre, représente le principal
gisement d’économie d’énergie exploitable immédiatement”.
Aujourd’hui, un consensus semble se montre en effet que la contribution des bâti-
dessiner pour faire porter l’effort sur l’améliora- ments neufs à un horizon de 2040 ou 2080 est
tion de la performance énergétique du parc de lo- faible. Le Comité Opérationnel “Rénovation des
gements existants, effort qui peut se traduire par bâtiments existants” confirme également dans
des gains importants en consommation d’é- son rapport (3), que “l’enjeu majeur se situe
nergie. Pour y parvenir, le plan Bâtiment prévoit, dans les bâtiments existants” et que “le secteur
en ce qui concerne les secteurs résidentiel et ter- du bâtiment est le plus consommateur d’énergie
tiaire, de “généraliser les bâtiments basse - avec la moitié de l’énergie finale - et repré-
consommation à l’horizon 2012 et les bâtiments sente la deuxième source pour les émissions
à énergie positive à 2020, de réduire les de CO2, juste après le transport, avec près du
consommations d’énergie du parc des bâtiments quart des émissions. Avec un taux de
existants d’au moins 38% d’ici à 2020, de réno- renouvellement annuel limité à 1%, le poids du
ver l’ensemble des logements sociaux les plus parc existant est prépondérant”.
énergivores d’ici 2020, d’engager d’ici 2012 la ré-
novation de tous les bâtiments de l’État et d’ac-
compagner et de mobiliser les professionnels du
secteur pour relever les défis qui se présentent (1) Plan climat en France, Le Journal du Ministère - Éco-
en termes de recrutement, de formation, de qua- logie, Énergie, Développement Durable, novembre
2009. Cf. également la convention signée en avril 2009lification et de développement des filières indus-
entre l’État et la Confédération de l’Artisanat et des Peti-trielles (1).”
tes Entreprises du Bâtiment (CAPEB).
(2) “Économie et substitution d’énergie dans les bâti-
Dans son rapport (2), le Conseil Général des
ments”, Conseil Général des Ponts et Chaussées,
Ponts et Chaussées montre que les économies Rapport n°004831-01 établi par Jean ORSELLI, ingénieur
d’énergie dans les bâtiments existants repré- général des Ponts et Chaussées, février 2008, pour
Monsieur le Ministre de l’Écologie, du Développement etsentent un enjeu beaucoup plus important que
de l’Aménagement durables.la consommation dans les bâtiments futurs et
(3) Comité Opérationnel “Rénovation des bâtiments
qu’il convient d’y apporter une attention toute
existants” - Rapport au ministre d’État, ministre de l’Éco-
particulière car très peu exploré jusqu’ici. Une logie, du Développement et de l’Aménagement durables
prospective de la consommation de chauffage - présenté par Philipe Pelletier.
VEn Lorraine comme au niveau natio- plan Bâtiment. Enfin, il s’agira d’é- - Compte tenu de cette segmenta-
nal, la relative faiblesse des flux an- valuer les difficultés socioéconomi- tion du parc lorrain, quelle est la
nuels de construction de logements ques potentielles à l’amélioration performance énergétique des loge-
au regard du parc de logements énergétique du parc lorrain compte ments lorrains en consommation
existants et de sa très longue durée tenu du profil des occupants des lo- d’énergie primaire (il s’agira d’une es-
de vie est pénalisante pour des pro- gements à rénover. timation) ? Quelle est la part des lo-
grès rapides du secteur : 12 000 lo- gements énergivores et quel est le
gements nouveaux en moyenne par L’étude vise à apporter un éclairage profil de ces logements ?
an en Lorraine et un parc de près régional sur la problématique du lo-
- Disposant de cette évaluation ded’un million de résidences principa- gement et de la performance éner-
la performance énergétique, quelles, soit un remplacement d’environ gétique dans l’optique de l’objectif
est l’effort à engager pour satis-1% l’an. de Grenelle. Elle s’efforcera de ré-
faire à l’objectif de réduction depondre aux questions suivantes :
Quels sont les efforts à fournir pour 38% de la consommation d’é-
atteindre les objectifs du plan Bâti- nergie du bâtiment en 2020 et de
ment en Lorraine ? Ceci suppose - Quelle est la composition actuelle la division par quatre en 2050 ?
dans un premier temps de connaître du parc de logements en Lor-
le profil du parc de logements lor- raine, en particulier sous l’angle Compte tenu du statut (propriétaire ou lo-
rains, puis d’approcher son “profil du type de logements (maison indi- cataire) des occupants des logements
énergétique”. Dans un deuxième viduelle ou appartement), du statut les plus énergivores et de leur profil so-
temps, l’objectif sera, c’est une pre- d’occupation (propriétaire ou loca- cioéconomique, quels sont les freins ou
mière approche, de mesurer l’effort taire), de l’ancienneté de la cons- au contraire les opportunités à l’amélio-
de rénovation à accomplir pour sa- truction, du mode de chauffage, ration de la performance énergétique
tisfaire en Lorraine aux objectifs du de la localisation ? de ces logements ?
Profil et performance énergétique du parc de logements lorrain :
2La consommation moyenne en énergie primaire des logements lorrains est de 318 kWh m .an, soitEP/
l’équivalent de celle de l’ensemble de la zone climatique H1 à laquelle la Lorraine appartient.
L’importance de la maison individuelle, 60% des résidences principales en contre 56%
au niveau national, constitue un handicap en termes de performance énergétique, d’autant que six fois
sur dix, il s’agit d’une maison construite avant 1975.
Au total, 208 000 logements lorrains sont réputés «énergivores», soit un logement sur cinq.
Au niveau national, cette proportion est de 15%. La quasi-totalité des logements énergivores
sont des logements anciens et sept fois sur dix, il s’agit d’une maison. Actuellement, les logements
«sobres» sont encore très peu nombreux : un sur dix en Lorraine, et deux sur dix au niveau national.
L’objectif premier est d’es- duelles, 258 100 appartements dans La consommation moyenne en
timer la performance énergétique ac- des logements collectifs privés et énergie primaire (cf. encadré 2) par
tuelle du parc lorrain de façon à 114 900 sociaux (hors les logement en Lorraine est estimée à
2
pouvoir mesurer les efforts à accom- 21 700 logements sociaux bénéficiant 318 kWh /m .an, à comparer à laEP
plir pour respecter le plan Bâtiment, du chauffage urbain). moyenne métropolitaine de 272
et repérer et dénombrer les catégo-
ries de logements les plus énergivo-
res (cf. encadré 1).
(4) Pour l’étude, le parc de logements retenus ne comprend que les résidences princi-
pales, maisons individuelles ou appartements (privés ou sociaux). Les 34 000 loge-
ments bénéficiant d’un chauffage urbain, dont 21 700 logements sociaux représentantConsommation moyenne :
2 15,9% du parc social, ont été exclus du champ de l’étude faute de disposer d’une distri-318 kWh /m .anEP
bution de ces logements en étiquette DPE. Le poids du parc social dans l’étude est ain-
Le parc lorrain de logements ren- si minoré d’autant. Par contre, ont été pris en compte les 28 800 logements construits
après 2004, même si, du fait de l’étalement de la collecte, ce dénombrement est partiel.trant dans le champ de l’étude (4)
En effet, leur prise en compte permet d’améliorer le calcul d’estimation de la consom-se compose de 932 700 résidences
mation énergétique des logements lorrains en collant au plus près de la réalité du parc
principales : 559 700 maisons indivi-
de logements actuel.
22kWh /m .an (5) résultant des tra- objectifs de Grenelle. Le premier Mais le climat n’explique pas tout :EP
vaux de l’ANAH (Agence nationale objectif est de repérer et quantifier les caractéristiques du parc lorrain
de l’habitat). Dans l’ensemble de la les logements les plus «énergivo- sont aussi à l’origine de cet écart.
zone climatique H1, à laquelle ap- res», sur lesquels devraient porter La part importante de logements
partient la Lorraine, la consomma- en priorité les efforts. construits avant 1975, près de six
2tion est de 312 kWh /m .an. sur dix et surtout la forte présenceEP
de maisons individuelles (60% du to-
2 208 000 logementsCe chiffre de 318 kWh /m .an est àEP tal des logements lorrains contre 56%
«énergivores»mettre en regard des objectifs à at-
au niveau national), constituent ac-
teindre : réduction de 38% d’ici 2020 tuellement un handicap en termesEn Lorraine, un logement sur cinqet réduction par quatre (6) d’ici de consommation énergétique (Cf.(22,4%) est réputé énergivore,2050. Pour la Lorraine, la contribu-
encadré "Le parc de logements lorrainsc’est-à-dire appartient à la classe G,tion à ces objectifs devrait se tra-
en 2006").dont la consommation estduire en 2020 par une consomma-
2supérieure à 450 kWh /m .an, ouEPtion moyenne d’environ 200 Logements énergivores :
2 aux classes H et I. La région est ain-kWh /m .an correspondant à l’éti-EP sept fois sur dixsi moins bien lotie qu’au niveau na-quette DPE (diagnostic de performance
tional (14,8% de logements en étiquette des maisons anciennesénergétique) «D», et en 2050 par une
G, H ou I) en termes de performanceconsommation moyenne de 80 La consommation d’un logement en
2 énergétique. Parmi ces 208 000 lo-kWh /m .an correspondant à l’éti- énergie primaire dépend, outre leEP
gements énergivores, près dequette DPE «B». climat, de ses caractéristiques et
66 000 (7,1% du parc) ont une qualités intrinsèques : qualité des
Actuellement, quatre logements sur consommation comprise entre 600 matériaux, type de construction
2dix (43,4%) sont déjà dans la norme et 800 kWh /m .an, correspondantEP (maison isolée, lotissement, immeuble
2020, c’est-à-dire ont une étiquette à la classe H, et 35 000 (3,8% du
collectif), qualité de l’isolation ther-
DPE de A à D (de moins de 50 à 230 parc lorrain) dépassent 800 mique, mode de chauffage et com-
2
kWhEP/m2.an). Au niveau national, la kWh /m .an, correspondant à laEP bustible utilisés et, bien sûr, des
moitié des logements sont dans ce classe I, c’est-à-dire très énergivo- habitudes de chauffage de ses habi-
cas (53,5%). Quant à l’objectif 2050, res. tants.
seuls 10 100 logements y répondent La première explication de cet écart
La qualité thermique dépend enen Lorraine, soit 1% du parc lorrain. avec la situation nationale est bien
grande partie de la date de cons-Au niveau national, cette proportion sûr la position climatique de la Lor-
truction du logement. Les plus an-est 3,5%. raine, classée en zone H1, la plus
ciens sont souvent les plusCela signifie que, en négligeant les froide. La zone climatique a en effet
énergivores, même si des travauxévolutions du parc dont les nouvel- une influence non négligeable sur les
de rénovation ont permis d’enles constructions devront respecter consommations : changer pour une
améliorer la performance, alors quedes nouvelles normes thermiques zone plus chaude entraîne, selon
les nouvelles constructions obéis-rigoureuses, la performance éner- l’ANAH, un gain d’environ une éti-
sent à des directives thermiques degétique du parc lorrain existant de- quette et les logements énergivores
plus en plus exigeantes. Ce n’estvra progresser pour satisfaire aux sont presque tous en zone H1 (90%).
donc pas par hasard si l’ancienneté
du logement, qu’il s’agisse de mai-
208 000 logements "énergivores" en Lorraine sons ou d’appartements, est le pre-
Répartition des logements lorrains selon la classification en étiquettes DPE
(5) L’estimation de l’ANAH est
supérieure à celle retenue dans le Rap-
Nombre de logements350 000 31% port du Comité Opérationnel «Rénova-
tion des bâtiments existants» présenté
288 500
300 000 par Philippe Pelletier en février 2008, à
Logements 2
savoir 240 kWh /m .an .énergivores EP
22%
250 000 (6) Comme dans l’étude de J. Marchal,
le facteur 4 est pris au sens «diviser par204 500
200 000 quatre la consommation d’énergie pri-
maire unitaire des logements d’ici 2050
12%
11%11% par rapport à 2000». Cet objectif est150 000
115 200 plus facile à atteindre que celui concer-106 400 107 100 7%
nant la division par quatre de la consom-
100 000
4%65 900 mation d’énergie totale des logements :
1% dans ce cas, il faudrait prendre en0% 35 10050 000
compte la croissance éventuelle du parc
10 100
0 de logements et donc moduler la réduc-
0
AB C D EF G H I tion de consommation d’énergie en
fonction de cette croissance pour at-
Étiquette DPE
teindre l’objectif final qui est bien au
départ de réduire par quatre les émis-
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAH
sions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
3mier critère discriminant en matière Les appartements Chauffage électrique
de consommation énergétique : les également énergivores, et «autres» (dont bois) :
logements construits avant 1975,
mais très peu dans les plus gourmands
année d’adoption de nouvelles nor-
le logement socialmes thermiques, constituent la qua- Le combustible de chauffage est le
si-totalité des 208 000 logements Contrairement aux idées reçues, les deuxième critère le plus discriminant
énergivores de Lorraine. appartements peuvent eux aussi après la période de construction du
Les maisons construites avant être énergivores, ce n’est pas l’apa- logement. Pour des logements iden-
1975, qu’elles aient déjà ou non fait nage des seules maisons : ils cons- tiques, qu’il s’agisse de maisons ou
l’objet de rénovation, fournissent le tituent le dernier tiers de logements d’appartements, récents ou anciens,
plus gros contingent de logements réputés énergivores. En Lorraine, ceux chauffés à l’électricité et ceux
classés énergivores. 66 200 appartements de logements classés dans la catégorie «autres
collectifs sont énergivores, soit 32% combustibles» (dont bois, charbon…)Parmi les 351 700 maisons lorraines
du total des logements énergivores. sont les plus consommateursde ce type, 141 800, soit quatre sur
d’énergie primaire.dix, sont estimées énergivores. Ces appartements énergivores se si-
Elles représentent ainsi la grande tuent essentiellement dans des im- Sur les 98 800 logements lorrains
majorité (68%) du total des loge- meubles collectifs privés construits déclarant utiliser à titre principal la
ments énergivores. eux aussi avant 1975 : 65 000 loge- catégorie de combustible «autres»,
ments sur un parc de 186 300 appar-Une maison ancienne peut avoir fait essentiellement des maisons indivi-
tements anciens privés, soit unl’objet de travaux de rénovation, en duelles (93,5%), 52 300 ont les éti-
appartement ancien privé sur troisparticulier dans le domaine ther- quettes DPE classées énergivores
classé énergivore (35%). Plus encoremique et améliorer ainsi sa perfor- (G, H et I), soit 52,9% des logements
que pour les maisons, les rénovationsmance énergétique. C’est ainsi que utilisant ce type de chauffage. Deux
améliorent sensiblement la consom-les maisons anciennes non raisons expliquent cette situation.
mation en énergie primaire : les ap-rénovées sont plus d’une fois sur La première provient du fait que les
partements anciens rénovés ne sontdeux (52,3%) classées énergivores : logements énergivores chauffés
plus que 15% à être énergivores69 000 sur un total de 131 900. «autres» sont tous des logements
contre 68,4% pour les non rénovés.Cette proportion passe à 33% pour construits avant 1975 (99,8%). La
celles ayant fait l’objet d’une rénova- Quant aux logements sociaux, près de seconde tient au choix d’un facteur
tion (changement de chaudière, renfor- 115 000 en Lorraine (hors les logements de conversion primaire/finale de 1
cement de l’isolation et pose de double sociaux bénéficiant du chauffage urbain), ils pour le bois (il est inférieur dans les
vitrage) : 72 800 sur un total de sont très rarement énergivores : l’estima- autres études pour marquer le fait que le
219 800. tion aboutit à 1 100, à peine 1% du parc. bois est une énergie renouvelable).
Les logements énergivores en Lorraine datent presque tous d'avant 1975
Répartition des logements selon la catégorie et le nombre de logements énergivores dans chaque catégorie
Maisons individuelles avant 1975 rénovées 72 779
Maisons individuelles avant 1975 non rénovées
68 972
Logements collectifs avant 1975 non rénovés 47 815
Logements collectifs avant 1975 rénovés 17 232
Logements sociaux avant fin 2007 1112
Maisons individuelles 1975-2000 70
Logements collectifs 1975-2000 0
Logements collectifs entre 2000 et fin 2007 Logements énergivores0
0Maisons individuelles entre 2000 et fin 2007
0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000
Guide de lecture : parmi les maisons d'avant 1975 rénovées, 72 779 sont estimées énergivores
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAH
4À l’inverse, adopté par 4 400 loge- tion de 20,9% d’appartements so-Encore très peu
ments construits après 2000, le bres, et le plus grand nombre,de logements «sobres»
chauffage «autres» leur autorise un 53 900. La maison individuelle peine
Un logement sur dix (12,5%) seule-bon classement énergétique : 62% à atteindre les classes à basse
ment est estimé «sobre», c’est-à-sont en classe C, le reste en classe consommation : à peine une fois sur
dire consommant moins de 150D. Il s’agit vraisemblablement de lo- dix (8,6%), pour un volume de
2kWh /m .an (étiquettes DPE A, B ouEPgements utilisant des nouveaux mo- 48 300 maisons. L’écart entre les
C), ce qui représente 116 500 loge-des de chauffage performants deux catégories concerne essentiel-
ments lorrains. Cette proportion est(géothermie, chaudière à bois, poêle à lement les logements construits
de 21% au niveau national.
haut rendement…) associés à une entre 1975 et 2000 : les apparte-
isolation thermique efficace. Le logement collectif privé est le ments privés sont quatre fois sur dix
2segment offrant le meilleur score sous le seuil des 150 kWh /m .anEPLa surconsommation des logements
dans ce domaine avec une propor- contre seulement 4,3% des mai-chauffés à l’électricité s’explique en
partie par le fait que l’électricité est
handicapée par le facteur de conver-
Logements "sobres" : les appartements mieux placés
sion énergie primaire/énergie finale
de 2,58 : il faut consommer 2,58 kWh
Nombre de logements sobres par segment et part dans le segment
de chaleur «primaire» pour produire 1
kWh d’électricité consommée sous
Maisons individuelles avant 1975 rénovées 11,7%
forme de chaleur dans l’habitat. Ceci
Logements collectifs avant 1975 rénovés 20,5%étant dit, un logement ancien non
rénové chauffé à l’électricité a tous
Logements collectifs 1975-2000 40%
les risques d’être un gouffre
Logements sociaux 12,4%énergétique : il l’est dans 80% des
cas pour une maison et dans 95%
Maisons individuelles après 2000 42,7%
des cas pour un appartement. La
Maisons individuelles 1975-2000 4,3%rénovation améliore sensiblement la
situation, plus particulièrement dans
Logements collectifs après 2000 46,8%
les appartements : ils ne sont plus
Maisons individuelles avant 1975 non rénovées 1,2%alors que 40% à être énergivores, et
50% pour les maisons. Dans les lo-
Logements collectifs avant 1975 non rénovés 0,5%
gements répondant aux normes ther-
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000miques de 1975, l’électricité cesse
d’être une solution énergivore, pour Guide de lecture : Près de 6 500 logements collectifs construits après 2000 sont sobres, soit 46,8% du total de cette catégorie
de logements.
les appartements comme les mai-
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAHsons. Au final, on dénombre 37 200
logements énergivores chauffés à
l’électricité : 14 500 maisons et Profil du logement énergivore : ancien et chauffé à l'électricité ou "autres"
22 700 appartements. (dont bois)
Parmi les maisons anciennes, celles Nombre et proportion de logements énergivores dans chaque segment
chauffées au gaz présentent finale-
60 000 Nombre de logements
MI-avant 75-Fioulment le bilan le moins mauvais :
30% sont réputées énergivores si
MI-avant 75-Autres
50 000non rénovées et seulement 8% si
rénovées. Celles utilisant le fioul
sont par contre moins bien loties, 40 000
IMC-avant 75-Gaz
respectivement 53% et 39%. Résul-
tat : bien que les maisons anciennes
30 000
ont plus fréquemment recours au MI-avant 75-Gaz
IMC-avant 75-Élect.
gaz, celles chauffées au fioul sont
20 000plus nombreuses dans la catégorie MI-avant 75-Élect.
énergivore : 55 000 contre 23 700
au gaz. 10 000
IMC-avant 75-Fioul
IMC-avant 75-Autres
Dans les appartements anciens du Log.sociaux-
Log.sociaux-Fioul
Gaz
secteur privé, ceux au gaz sont 0
Log.sociaux-
classés énergivores dans 28% des 0 1020 30405060 708090Élect.
MI-75-2000-cas, mais ils représentent 34 700 lo- Part des logements énergivores dans le segment (en %)
Autres
gements. Ceux au fioul sont énergi-
Guide de lecture : Près de 50 000 maisons individuelles construites avant 1975 et ayant un chauffage "autres" (dont bois)
vores dans 21% des cas, ce qui
sont énergivores, soit plus de 80% de ce segment de logements (MI=maison individuelle et IMC=immeuble collectif).
représente seulement 4 000 loge-
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAHments.
5sons. De même, la rénovation des
appartements anciens permet un Maisons à l'électricité : l'étiquette D encore très peu atteinte
passage plus fréquent que les mai-
sons en étiquette C voire B : 20,5% Répartition des maisons individuelles selon le mode de chauffage et l'étiquette DPE
pour les premiers contre 11,7% pour
les secondes.
%Malgré une consommation moyenne 80 Électricité
2(208 kWh /m .an) bien inférieure à laEP 70
Gaz
moyenne lorraine, les logements so-
60ciaux sont peu présents dans les Fioul
classes sobres, 12,4%, mais ils sont 50
Autres
par contre très présents, plus de 8
40
fois sur 10, en catégorie D. Au final,
30les logements «sobres» sont majori-
tairement des logements collectifs, 20
privés et sociaux : 48 300 maisons
10
sobres et 68 200 appartements
0privés ou sociaux. Il faut également
A B CDE FG H I
souligner l’absence de logements
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAHen étiquette A, moins de 50
2kWh /m .an, et c’est normalEP Énergie primaire et étiquettes DPE (diagnostic de performance énergétique)
compte tenu des réglementations
L’énergie primaire représente l’énergiethermiques jusqu’ici en vigueur.
nécessaire pour extraire, distribuer, stocker,
Il faut également constater que les et produire l’énergie mise à disposition chez
le consommateur. Dans le cas de l’énergiemaisons individuelles à l’électricité
électrique, le kWh primaire amené par leatteignent très peu l’étiquette D
réseau est égal à 2,58 fois le kWh final,
(6%), avec une fracture entre la
énergie mesurée au compteur de l’abonné.
classe E et D. Pour les maisons in-
Le "Diagnostic de Performance Énergétique"
dividuelles au gaz et fioul, la frac-
(DPE) classe les logements selon leur
ture se situe entre les classes D et consommation énergétique (en énergie pri-
C. La classe B est quant à elle dif- maire) pour le chauffage, la production d'eau
chaude sanitaire et le refroidissement,ficilement atteignable, même pour
2consommation exprimée en kWh /m .an.EPles logements construits après
Pour affiner l’étude sur les logements énergi-2000 et a fortiori pour ceux cons-
vores, l’ANAH a éclaté l’étiquette G en trois éti-
truits entre 1975 et 2000. Le pas-
quettes : G, H et I :
sage de C à B constitue - l’étiquette G correspond à des
2vraisemblablement une étape diffi- consommations de 450 à 600 kWh /m .an ;EP
2- l’étiquette H de 600 à 800 kWh /m .an ;cile à franchir en termes de réno- EP
2- l’étiquette I supérieures à 800 kWh /m .an.EPvation.
Encadré 1 : Estimer la performance énergétique du parc lorrain de logements
Le calcul de la performance énergétique du parc lorrain est réalisé à partir des travaux de M. Julien Marchal, ingénieur du corps des Ponts et
Chaussées, dont les résultats ont été publiés par l’Agence nationale de l’habitat en février-mars 2008 sous le titre «Modélisation des performan-
ces énergétiques du parc de logements - État énergétique du parc en 2008, modèle prospectif à l’horizon 2050». Ces travaux fournissent, notam-
ment pour la zone climatique H1 à laquelle la Lorraine appartient, la distribution des logements en étiquettes DPE pour chaque segment de
logements. Les différents segments de logements sont obtenus par stratification du parc selon plusieurs critères : le type d’habitat (maison indivi-
duelle, immeuble collectif privé ou logement social), la date de construction, le statut d’occupation (propriétaire occupant ou locataire), et le type
de combustible utilisé (gaz, fioul, électricité, autres).
La distribution en pourcentage de chaque segment de logements de la zone H1 en étiquette DPE issue des travaux de l’ANAH est appliquée au
nombre total de logements lorrains du segment, données issues du recensement de la population 2006 : on obtient ainsi, pour chaque segment
de logements lorrains, leur distribution en nombre par étiquette DPE. Ces distributions permettent ainsi de calculer une estimation de la perfor-
mance énergétique de chaque segment de logements au niveau le plus fin, exprimée en consommation moyenne en énergie primaire par m2 et
par an, puis d’obtenir une estimation globale de la performance énergétique du parc lorrain dans son ensemble.
Par construction, la consommation moyenne en énergie primaire de chaque segment de logements lorrains au niveau le plus fin sera égale à
celle des segments correspondants de la zone H1, la distribution étant identique. Par contre, pour toute agrégation de segments de niveau le
plus fin, et a fortiori pour le parc lorrain dans son ensemble, la consommation moyenne en Lorraine différera de celle de la zone H1 en raison de la
structure spécifique du parc lorrain par rapport à celle de l’ensemble de la zone H1.
La consommation moyenne en énergie primaire de chaque segment est calculée comme la moyenne pondérée des centres de classe des éti-
quettes DPE :
(Σ Ni * centre de classe de la consommation en énergie primaire de l’étiquette i ) / nombre total de logements du segment où i représente l’éti-
quette DPE (i varie de A à I, l’étiquette G ayant été éclatée en 3 étiquettes, G, H et I pour plus de précision dans le calcul de la consommation des
logements les plus énergivores) et Ni représente le nombre de logements du segment classé dans l’étiquette DPE i, soit :
(N *25+N *70+N * 120 + N * 185 + N * 275 + N * 385 + N * 517,5 + N * 675 + N * 875) / NA B C D E F G H I
6Améliorer la performance énergétique du parc de logements existants :
Aujourd’hui, un consensus semble se dessiner pour faire porter l’effort sur l’amélioration de la performance
énergétique du parc des logements existants, effort qui peut se traduire par des gains importants
en consommation d’énergie. En Lorraine, cela passe prioritairement par la rénovation des 208 000
logements énergivores. L’effort de rénovation de ces logements permet de passer d’une consommation
2 2moyenne en énergie primaire de 318 kWh /m .an à 209 kWh /m .an, soit une réduction de 34%.EP EP
Cet effort, certes considérable puisque concernant un logement lorrain sur cinq, suffit presque à atteindre
les 38% de baisse attendus par l’objectif 2020 du Grenelle de l’environnement. Cela suppose néanmoins
d’opérer des rénovations de qualité. La rénovation des 115 000 logements d’étiquette F et des 204 000
logements d’étiquette E, toujours par des travaux de qualité, permettra de descendre à près de 120
2kWh /m .an. Au total, c’est la rénovation de plus de la moitié du parc lorrain qui devra être entrepriseEP
pour atteindre ce niveau. Atteindre l’objectif 2050 d’une division par quatre de la consommation en énergie
2primaire, soit 80 kWh /m .an pour la Lorraine, nécessitera donc des opérations complémentaires.EP
La construction de logements dans les normes Bâtiment Basse Consommation (BBC) dès 2012 et bâtiment
passif en 2020 contribuera sans doute à améliorer la performance du parc lorrain, sans préjuger
des progrès qui ne manqueront pas de voir le jour dans les techniques d’isolation des bâtiments.
Aujourd’hui, un consensus création d’une centaine de milliers Différents scénarios réalisés pour la
semble se dessiner pour faire porter d’emplois non délocalisables et à Lorraine à partir des travaux natio-
l’effort sur l’amélioration de la perfor- la promotion de compétences et naux de M. Julien Marchal donnent
mance énergétique du parc des loge- d’innovations à forte plus-value ; une première approximation des vo-
ments existants, effort qui peut se lumes de rénovation à mettre en- Les investissements consentis
traduire par des gains importants en œuvre et des premiers éléments deaujourd’hui constituent les écono-
consommation d’énergie. réflexion sur ce thème.mies de demain.
Dans son étude au niveau natio- L’objectif fixé par le Grenelle de Les logementsnal, M. Julien Marchal (7) confirme l’environnement dans son Plan cli-
énergivores : une prioritéque «sans travaux d’amélioration, mat (9) en France (novembre 2009)
c’est-à-dire en ne considérant que Le parc existant serait ainsi le gise-consiste à «réduire les consomma-
les flux démolitions/constructions, ment d’économie que les acteurstions d’énergie du parc des bâti-
il est impossible de descendre s’accordent à considérer comme po-ments existants d’au moins 38%
2sous la barre des 200 kWh /m .anEP tentiellement le plus facilement ac-d’ici à 2020 et, à cette fin, de
avant 2025 puis sous la barre des cessible. Les logements les plusconduire un programme ambitieux
2175 kWh /m .an en 2050, mêmeEP énergivores sont également ceuxde rénovation thermique et
au prix d’une réglementation sur le auxquels il conviendrait d’apporterénergétique des bâtiments pour at-
neuf atteignant la basse consom- une attention particulière et prioritaire,teindre le rythme de 400 000 réno-
mation en 2012 et le bâtiment pas- à la fois pour des raisons environne-vations complètes de logements
sif en 2020.» chaque année à compter de
2013».Dans son rapport (8), le Comité
(7)«Modélisation des performances
Opérationnel «Rénovation des bâti- énergétiques du parc de logements - État
Quels sont les efforts à engager enments existants» met en lumière énergétique du parc en 2008, modèle pros-
Lorraine pour atteindre les objectifs pectif à l’horizon 2050 » - Julien Marchal,des éléments de constat qui sem-
ingénieur du corps des Ponts etde Grenelle, à savoir une consom-blent recéler des perspectives posi-
Chaussées - Anah, février-mars 2008.mation moyenne en énergie pri-tives pour l’avenir :
(8) Comité Opérationnel «Rénovation des2maire d’environ 200 kWh /m .an enEP
bâtiments existants» - Rapport au ministre- Les dépenses de rénovation ther-
2020, correspondant à l’étiquette d’État, ministre de l’Écologie, du Dévelop-mique du bâti s’élèvent en 2006 à
DPE «D» ? Quel chemin restera-t-il à pement et de l’Aménagement durables,
plus de 11 milliards d’euros ;
présenté par Philipe Pelletier.parcourir pour atteindre les 80
2 (9) «Plan climat en France», Le Journal du- Le vaste chantier de la rénovation kWh /m .an en 2050, correspon-EP
Ministère - Écologie, Énergie, Développe-des bâtiments ouvre la voie à la dant à l’étiquette DPE «B» ?
ment durable et Mer, novembre 2009.
7mentales - ce sont les plus gour- mulation permet une première ap- Dans ce cas, la performance globale
mands en énergie et ceux sur proche indicative des efforts de réno- du parc lorrain est plus impactée, at-
2lesquels les gains en consommation vation à entreprendre. teignant 255 kWh /m .an mais l’ob-EP
d’énergie peuvent être conséquents - jectif 2020 n’est toujours pas atteint.Le premier scénario testé est celui de
et pour des raisons de solidarité la rénovation des 208 000 logements C’est finalement le troisième scéna-
énergétique, affirmée dans le Pacte énergivores sur la base de travaux in- rio, celui des bons travaux, qui per-
de Solidarité Écologique, le coût ris- suffisants. Par travaux insuffisants met seul d’approcher de très près
quant d’entraîner une privation ou selon J. Marchal, il faut entendre : l’objectif 2020 avec une consomma-
une restriction de chauffage pour les - Une nouvelle toiture ou des tra- tion moyenne en énergie primaire
ménages les plus modestes habitant 2vaux importants sur la charpente du parc lorrain de 209 kWh /m .anEP
dans des logements énergivores. 2mais sans pose d’isolant ; pour une cible de 200 kWh /m .an.EP
Par ailleurs, dans son étude, M. Ju- - Un changement de chaudière pour Les bons travaux correspondent au
lien Marchal précise que «à l’horizon une chaudière standard (ni basse bouquet de suivants :
2015-2020, les scénarios montrent température ni à condensation); - L’isolation complète d’au moins
que l’impact des travaux de rénova- - Un changement de convecteurs une paroi (toiture, murs ou sol),
tion est trois fois plus fort que l’impact électriques avec pose de convec- - La rénovation des fenêtres avec
des réglementations sur le neuf en ce teurs électriques standards ou à pose de double vitrage minimum,
qui concerne la réduction de la accumulation fonctionnant par ef- - Et enfin le changement pour uneconsommation moyenne d’énergie du fet Joule (pas de pompe à chaleur); chaudière basse température ouparc de logements (10)».
- L’installation d’un chauffe-eau so- à condensation ou pour une
En Lorraine, les efforts devraient laire sans changer ni la chaudière pompe à chaleur.
donc se porter prioritairement sur les ni l’isolation.
Le coût de ces «bons» travaux doit,
208 000 logements classés énergivo- Dans ce cas, l’impact sur la consom-
c’est une estimation à vérifier, at-
res. L’impact de la rénovation de ces mation est très faible : elle passe de
teindre un minimum de 20 000 à
2logements va dépendre du type de 318 à 312 kWh /m .an, ce type deEP 30 000 euros pour une maison indivi-
travaux engagés pour la rénovation. travaux ne permettant pas de chan-
duelle. Pour donner une idée des ef-
Quels types de travaux (et donc quels gement d’étiquette DPE significatif.
forts à engager, il faut savoir
coûts) seront nécessaires pour
Le deuxième scénario testé porte qu’actuellement, sur un total national
améliorer sensiblement la perfor-
sur la rénovation à partir de travaux estimé de 2 550 000 travaux de réno-
mance thermique de ces logements
moyens. Les travaux moyens cor- vation en 2006, la part des «bons»
en vue d’atteindre l’objectif 2020 ?
respondent aux cas ci-après : travaux est estimée à 3,6% pour les
L’étude réalisée par J. Marchal en
maisons individuelles et à moins de- L’isolation d’une paroi minimumcollaboration avec la société BIIS four-
1% pour les logements collectifs.ou le changement de fenêtre avecnit des indications utiles pour estimer
pose de double vitrage à isolation Approcher l’objectif 2020 peut éga-les gains espérés en énergie en fonc-
renforcée mais l’installation de lement se faire en rénovant lestion de la qualité des travaux entre-
chauffage reste vétuste ; 320 000 logements d’étiquettes E etpris. Elle fournit, en fonction de l’état
F. Dans ce cas, toujours dans l’hy-énergétique initial du logement avant - Une pompe à chaleur ou une
pothèse de bons travaux, latravaux et de la nature des travaux chaudière basse température ou
consommation énergétique descendréalisés, «insuffisants», «moyens» ou à condensation est installée mais
2à 231 kWh /m .an. Outre le fait«bons», une grille de conversion en EPl’isolation n’a pas été traitée.
étiquette DPE avant et après travaux.
Par exemple, des travaux «moyens» Seul le scénario 3 permet d'atteindre l'objectif Grenelle 2020
sur des logements classés G en fe-
ront passer 75% en E et 25% en D.
Nombre de logementsSi par contre les travaux sont «bons», 400 000
50% descendront en B, 25% en C et
350 000
25% en D. Bien sûr, il s’agit d’une es- État actuel : 318 kWhEP/m2.an
Scénario 2020-1 : 312 kWhEP/m2.an
300 000timation, et il serait sans doute néces- 2020-2 : 255 k
saire d’affiner cette grille par segment Scénario 2020-3 : 209 k
250 000
de logements : la rénovation d’appar-
200 000tements peut a priori permettre d’at-
teindre une étiquette B plus souvent
150 000
que dans le cas de la rénovation de
100 000maisons individuelles. Toutefois, la si-
50 000
(10) «Modélisation des performances
0
énergétiques du parc de logements - État ABC D E F GH I
énergétique du parc en 2008, modèle
-prospectif à l’horizon 2050» - Julien Mar Scénario 3 : rénovation des 208 000 logements énergivores avec de "bons" travaux
chal, ingénieur du corps des Ponts et
Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation principale, méthodologie ANAH
Chaussées - Anah, février-mars 2008.
8que cette solution concerne plus de modestes en situation de précarité d’après 1975, et des logements an-
logements, elle est moins efficace et énergétique, notamment en milieu ciens ayant déjà fait l’objet d’une
laisserait à terme nombre de ména- rural, sur la période 2010-2017. rénovation (un tiers également).
ges dans la précarité énergétique. Au total, entre 2020 et 2050, c’est
Pour approcher l’objectif 2050, le donc la rénovation de 319 000 loge-La priorité aux logements énergivores
programme de rénovation des loge- ments (E et F) qui permettrait d’ap-est donc justifiée. La réalité sera bien
ments énergivores devra être ac- procher l’objectif de Grenelle poursûr moins tranchée que ces scénarios,
compagné d’autres opérations de 2050 en Lorraine : la consommationet les efforts pour atteindre l’objectif
réduction de consommation moyenne en énergie primaire pas-2020 mixeront vraisemblablement la
d’énergie primaire. Le scénario envi- serait au total de 318 à 123rénovation des logements énergivores
2sagé reste dans la logique de cibler kWh /m .an, soit une réduction deEPet de ceux qui le sont moins.
2prioritairement les logements les 195 kWh /m .an correspondant àEP
moins performants d’un point de vue une baisse de 61%, la baisse at-
Plus de la moitié
énergétique, c’est-à-dire maintenant tendue étant de 75% dans le cadre
des logements lorrains à les logements d’étiquette E et F, et des objectifs du Grenelle de l’envi-
améliorer pour approcher dans la logique d’une rénovation de ronnement. L’effort nécessiterait un
qualité. rythme annuel d’environ 10 000 lo-l’objectif 2050
gements rénovés sur 30 ans entreRénover les logements de classe FToutes choses égales par ailleurs, 2020 et 2050, soit un volumepermet de passer de 209c’est-à-dire à parc constant, la réno-
2 2 moindre que celui nécessaire pourkWh /m .an à 170 kWh /m .an.EP EPvation des 208 000 logements lor- atteindre l’objectif 2020.Ces logements, au nombre derains énergivores permettrait donc
115 000, représentent 12% du parc Bien sûr, la réalité est plus complexed’atteindre une consommation
lorrain. Huit fois sur dix il s’agit d’un que ces scénarios, et la constructionmoyenne en énergie primaire de
2 logement construit avant 1975 (83%) de logements neufs ou la destruction209 kWh /m .an pour une cible deEP
2 et près de sept fois sur dix (68%) de anciens viendront s’ajou-200 kWh /m .an, soit une réductionEP
d’une maison individuelle. ter aux bénéfices des rénovations en-de 34%, à rapprocher de la réduc-
gagés. En Lorraine, les logementstion de 38% attendue en 2020. Si on ajoute la rénovation des loge-
commencés chaque année depuisments de classe E, la performanceLa rénovation des logements éner-
2004, et donc respectant les normesénergétique du parc lorrain atteintgivores est une tâche considérable
2 de construction actuelle, représentent123 kWh /m .an pour une cible at-puisqu’elle concerne le quart du EP
2 en moyenne un volume de 12 000 àtendue de 80 kWh /m .an. Ces lo-parc lorrain, soit, d’ici 2020, en EP
13 000 logements, soit, comme au ni-gements, au nombre de 204 000,moyenne 20 000 logements. La
veau national, environ 1% du parc dereprésentent 22% du parc lorraincomparaison avec l’engagement na-
résidences principales. En ce quiactuel. Les maisons en représententtional contre la précarité
concerne les logements détruits, les66%, les appartements privés 21%énergétique en donne toute la di-
seules données disponibles concernentet les logements sociaux 13%. Avecmension puisque c’est au niveau
le parc social : chaque année depuisce segment de logements, la réno-national qu’est fixé l’objectif de
2004 en moyenne, 880 logements ontvation touche désormais des loge-réhabilitation des logements de
été démolis, soit un taux de démolitionments plus récents, le tiers datant300 000 propriétaires occupants
annuel d’environ 0,1%.
Pour approcher l'objectif Grenelle 2050 : Selon les travaux prospectifs de
rénover aussi les logements classés E et F l’Anah, seul un scénario dit «scéna-
Nombre de logements rio d’amélioration forte» sera en me-400 000
sure d’atteindre l’objectif 2050. Au
350 000 État 2020 : 209 kWhEP/m2.an niveau national, ce scénario intègre
300 000 kWhEP/m2.anScénario 2050-1 : 170 notamment la construction de 90%
de logements neufs «BBC» en 2012250 000 Scénario 2050-2 : 123
et 100% de logements neufs passifs
200 000
en 2020, des volumes annuels de
150 000 construction de 330 000 à partir de
2012, des taux de démolition aug-
100 000
mentant progressivement pour per-
50 000
mettredesedébarrasserdes
0 logements les plus énergivores, une
AB C D E F G H I
obligation de niveau thermique pour
Source : Insee, recensement 2006, exploitation principale, méthodologie ANAH
les logements rentrant sur le
État 2020 : résultat du scénario 3 précédent permettant d’approcher de très près l’objectif Grenelle 2020 marché et enfin une obligation de
avec la rénovation des 208 000 logements énergivores sous l’hypothèse de bons travaux. qualité de travaux de plus en plus
Scénario 2050-1 : résultat atteint en réalisant la rénovation de tous les logements d‘étiquette E du parc exigeante permettant d’atteindre les
lorrain actuel dans l’hypothèse de bons travaux.
étiquettes A ou B et touchant les lo-
Scénario 2050-2 : résultat atteint en réalisant la rénovation de tous les logements d‘étiquette E et F du
gements classés C ou D.parc lorrain actuel dans l’hypothèse de bons travaux.
9Profil des occupants des logements énergivores :
Qui occupe les logements énergivores en Lorraine ? La question est d’importance, notamment
pour évaluer les freins à la rénovation nécessaire pour améliorer leur performance énergétique,
et ainsi mieux profiler les dispositifs d’incitation et d’aides. L’analyse des occupants des logements
anciens, dont font partie tous les logements énergivores, permet une première réponse à la question.
Leur profil est fortement typé selon la catégorie d’habitat, maison ou appartement.
Deux catégories d’occupants prédominent dans les maisons anciennes : les retraités et personnes
seules âgées et les jeunes couples d’ouvriers et employés avec enfants, souvent en zone rurale.
Pour ces deux profils, l’engagement dans des travaux de rénovation risque de poser des problèmes
de financement, d’autant que, étant très majoritairement propriétaires, la rénovation leur incombera.
Dans les appartements anciens, le profil des occupants est plus diversifié : ménages urbains d’ouvriers
et employés composés d’une ou deux personnes, majoritairement sans enfant et de moins de 45 ans,
retraités souvent anciens ouvriers ou employés et enfin étudiants. Le point commun
de ces appartements est la prédominance de la location : l’engagement dans des travaux
de rénovation dépend donc moins de la capacité financière de ses occupants que de celle
des propriétaires bailleurs.
Au total, on estime que 30% des logements potentiellement énergivores sont occupés
par des populations pouvant connaître des difficultés financières pour supporter la rénovation
de leur logement (11).
Le profil des logements éner- quantité des travaux réalisés. Le surcroît de consommation et/ou
givores ayant été repéré et quantifié, premier d’entre eux est vraisembla- fragiliser le potentiel de rénova-
il s’agit maintenant d’approcher le blement le fait d’être ou non pro- tion.
profil socioéconomique de leurs oc- priétaire de son logement, un loca-
Les maisons anciennes, cellescupants, l’objectif étant de repérer taire n’étant pas maître de la déci-
construites avant 1975, risquent deles éventuelles difficultés, notam- sion. Pour le propriétaire occupant,
poser le plus de problèmes pourment financières, mais aussi sociolo- l’un des premiers critères détermi-
leur amélioration énergétique,giques, pouvant freiner la rénovation nants sera sans doute sa capacité
compte tenu à la fois de leur volumedes logements énergivores indispen- financière à engager les travaux, en
et du profil de leurs occupants. Sursable pour atteindre les objectifs de lien avec sa situation sociale et fa-
un parc de 351 800 logements deGrenelle. miliale. Mais d’autres facteurs in-
ce type, 142 000, soit quatre sur dix,fluent : son ancienneté dans leSi l’information sur le sujet manque, sont estimés énergivores, ce quilogement et/ou son intention d’y res-l’examen des occupants de l’en- représente près de 70% du total dester, sa motivation et sa capacité àsemble des logements anciens per- logements énergivores lorrains ets’engager dans ces travaux, en lienmet d’approcher le profil des 15% du parc de logements lorrains.notamment avec son âge. Enfin, lesoccupants des logements énergivo- Par ailleurs, l’examen du profil desaides et les incitations financières àres : tous les logements énergivores occupants de ce segment met enl’amélioration du logement prennentdatent en effet d’avant 1975 et ils évidence des difficultés financièrestout leur sens pour inciter et faciliterreprésentent près de quatre loge- probables pour mener à bien les tra-le passage à l’acte.ments anciens sur dix. vaux nécessaires à l’amélioration
Certains facteurs influent significati- énergétique de ces logements.De même, les évolutions de la po-
vement sur la décision d’améliorer pulation et des occupants des lo- Deux catégories d’occupants les
son habitat et sur la qualité et la gements lorrains pèseront sur la plus nombreux peuvent être distin-
capacité d’adaptation du parc et de guées dans les maisons anciennes :
(11) Sachant que près de huit logements an- sa consommation d’énergie. C’est les retraités et autres inactifs et les
ciens sur dix sont occupés par des catégo- ainsi que le vieillissement annoncé jeunes couples d’ouvriers et em-
ries aux revenus modestes et que quatre
de la population peut générer un ployés.
logements anciens sur dix sont énergivores.
10

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