Projection territoriales 2030 : Le nombre de ménages explose sur tout le territoire

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La Réunion pourrait compter 408 000 ménages en 2030, soit 193 000 de plus qu'en 1999, si les tendances récentes se poursuivent. Le vieillissement de la population se conjugue à la croissance pour provoquer l'explosion du nombre de ménages. Si l'offre de logements le permet, c'est au Sud que pourrait se fixer le maximum de ménages, tandis que l'Ouest en accueillerait presque autant que le Nord et l'Est réunis. L'Est, qui supporterait la plus petite part de ménages supplémentaires, verrait toutefois leur nombre doubler. La région Nord se démarque du reste de l'île par un vieillissement plus prononcé, mais aussi des ménages plus petits. Le nombre de ménages y augmente donc beaucoup plus vite que l'effectif de la population.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossierProjections territoriales 2030 Le nombre de ménages a Réunion pourrait compter Le vieillissement de la 408 000 ménages en 2030, soit tenLdances récentes se poursuivent. Lel’augmentation des ménages population accélère 193 000 de plus qu’en 1999, si les vieillissement de la population se consurtout dans le Nord jugue à la croissance pour provoquer l’explosion du nombre de ménages. Si Selon les hypothèses démographiques du l’offre de logements le permet, c’est au scénario central, la population de La Sud que pourrait se fixer le maximum Réunion pourrait atteindre 1 030 000 de ménages, tandis que l’Ouest en habitants en 2030. Si on y ajoute l’hypo accueillerait presque autant que le thèse, certes peu probable, que les com Nord et l’Est réunis. L’Est, qui sup portements de cohabitation n’évolueront porterait la plus petite part de ména pas, les Réunionnais se répartiraient alors ges supplémentaires, verrait toutefois en 402 000 ménages. On suppose donc leur nombre doubler. La région Nord ici que la population adulte garderait, par se démarque du reste de l’île par un sexe et par âge, les mêmes proportions vieillissement plus prononcé, mais aussi de couples, de personnes seules, de famil des ménages plus petits. Le nombre de les monoparentales, ou d’individus se fai ménages y augmente donc beaucoup sant héberger. En une trentaine d’années, plus vite que l’effectif de la popula de 1999 à 2030, le nombre de ménages tion. augmenterait de 87 %, pendant que la population s’accroîtrait de 46 %. L’aug Lexiquementation des ménages est 1,9 fois plus La demande de logements provient pour l’essentiel des ménages ; ce constat se rapide que celle de la population. Le vérifie à La Réunion encore plus qu’en vieillissement de la population se conju Ménage : métropole. Car plus de 90 % du parc de gue aux évènements démographiques purs logements y est constitué de résidences Un ménage est l’ensemble des (naissances, décès, migrations), et agit principales. Tandis que les logements personnes qui partagent la même comme un facteur multiplicateur dans occasionnels et les résidences secondai résidence principale, sans que ces l’explosion du nombre de ménages. res sont quasi inexistants (moins de 2 % personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Le typeen 1999). La petitesse de l’île, les caracLe rapport entre augmentation du de ménage le plus répandu est celuitéristiques des touristes qui nous rendentnombre de ménages et croissance démo formé autour d’un couple : plus de sixgraphique n’est pas uniforme sur levisite ne favorisent pas le développement ménages réunionnais sur dix (61 %)de ces parcs. L’évolution du nombre dedépartement. Les quatre parties de l’île sont de ce type en 1999. Mais on ménages se situe donc au cœur des quesque sont les périmètres des Scot ne observe aussi des ménages structurés tions sur la demande potentielle de logeconnaissent pas les mêmes évolutions. autour d’une famille monoparentale ments en 2030.Dans les territoires Est, Sud, et Ouest, (19 %), des personnes seules (17 %), et même certains ménages rassemblant plusieurs personnes sans% d’hommes et de femmes vivant en couple selon l’âge liens familiaux entre elles (3%). 90 % Par définition, le nombre de ménages 80 % et le nombre de résidences 70 % principales sont donc égaux. Hommes 1999 Hommes 1990 60 % Les personnes résidant en collectivité sont considérées comme vivant “hors50 % Femmes 1999 ménages ordinaires” ; c’est le cas 40 % notamment des personnes âgées enFemmes 1990 30 % maison de retraite, des étudiants en cité universitaire. Plus de 5 00020 % personnes (5 150) vivent hors 10 % ménages en 1999. 0 % 15 2025 30 35 4060 65 70 75 80 8590 ans ans ans ans ans ans ansns ans ans ans ans ansou + Source : Insee, recensements de 1990 et 1999.
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La vie en couple est devenue moins fréquente pour les adultes de moins de 45 ans.
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explose sur tout le territoire part s’explique par la difficulté d’accéder % de femmes vivant en couple selon l’âgeà un logement ? La construction d’hypothèses sur les 80 % modes de cohabitation s’annonce donc 70 % comme un exercice difficile. Mais leur 60 % impact sur le nombre de ménages à venir 50 %est de toute façon faible face à la crois sance démographique rapide, et au vieil 40 % lissement certain de la population. NORD EST 30 % SUD OUEST L’effritement de la vie de 20 % 10 %couple 0 % La désaffection pour la vie de couple, 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 qu’il soit officialisé par le mariage ou ans ans ans ans ans ans ans ansans ans ans ans non, est un phénomène observé sur Source : Insee, recensement de 1999. l’ensemble du territoire français. La Réunion n’échappe pas à la règle. Dans Les femmes vivent moins souvent en couple dans le Nord. chaque classe d’âge inférieure à 50 ans, la part des hommes et des femmes vivant les coefficients multiplicateurs sont resments réunionnais et ceux de métropole, en couple a baissé entre 1990 et 1999. Le pectivement de 1.7, 1.8, et 2.0 ; dans labien plus visibles que celles qui pour phénomène prend de l’ampleur pour les région Nord, il atteint 2.7. Le Nord, et enraient séparer les quatre parties de l’île femmes de 30 à 50 ans ; et encore plus particulier la ville de SaintDenis, seque sont l’Est, le Sud, l’Ouest, et même chez les hommes dès l’âge de 25 ans. démarque résolument du reste de l’îlele Nord. Audelà de 60 ans, les couples se main par une pyramide des âges plus mar tiennent un peu plus longtemps qu’autre De plus les modes de vie ont évolué très quée par le vieillissement et des ménages fois, grâce à l’allongement de l’espé rapidement au cours des décennies 80 et plus petits. rance de vie. 90. Par exemple, le pourcentage d’hom mes âgés de 25 ans vivant en couple est La pratique de la vie de couple n’est pas Des évolutions rapidespassé de 47 % en 1990 à 37 % en 1999. la même dans les quatre microrégions. Ces changements sociétaux, s’ils perdu difficiles à projeterLes femmes du Nord s’affirment plus rent, ne pourront continuer sur le même indépendantes, et choisissent moins sou rythme pendant trois décennies. Mais Dans la réalité, les comportements famivent la vie à deux que celles du Sud. La quand se stabiliserontils ? Quelle part liaux des Réunionnais évoluent et évodifférence pour les trentenaires est de de ces changements a été motivée par les lueront encore. Pour réaliser des projecprès de 10 points : le pourcentage de aspirations des individus ? Quelle autre tions relatives au nombre de ménagesfemmes investies dans une vie de couple d’ici 2030, il est donc nécessaire d’ajou ter des hypothèses sur les modes de % d’hommes et de femmes vivant seuls selon l’âge cohabitation à celles déjà élaborées en 60 % matière de démographie. Les habitudes Hommes 1999 de cohabitation sur le territoire réunion 50 % nais sont sensiblement différentes de cel Femmes 1999 les observées en métropole. La solidaritéMétropole hommes 1999 40 % familiale inscrite dans les traditions réu Métropole femmes 1999 nionnaises favorise la cohabitation inter 30 % générationnelle et diminue le nombre de ménages. Tandis que le poids des famil 20 % les monoparentales, particulièrement fort dans les régions domiennes, tend au con 10 % traire à multiplier le nombre de ménages. Les changements qui s’opèrent, au gré 0 % 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 8090 ans des générations, ne tirent pas systématiou +ans ansn n ns ans ansans ans ans ans ans ans anans quement les modes de vie vers les modèSource : Insee, recensements de 1999. les européens. Aussi, des différences notables persistent entre les comporte Les personnes seules sont plus rares à La Réunion qu’en métropole.
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la mise en place de l’université. Toute % de femmes mères de familles monoparentales selon l’âgefois d’autres modes d’hébergement se sont développés tels que la colocation, 50 % l’hébergement chez de la famille, ou l’hébergement en communauté. De plus 45 % Femmes 1999 40 %la concentration d’habitat collectif favo Femmes 1990 35 %rise et/ou attire de nombreuses femmes Femmes Métropole 1999 célibataires et actives qui privilégient le 30 % Femmes Martinique 1999 logement en appartement. 25 % 20 % La part des mères de familles monopa 15 % rentales s’est accrue entre 1990 et 1999 10 %pour les moins de 50 ans. Elle est bien 5 %plus élevée que celle observée dans l’hexagone. Mais rien ne permet de pen 0 % 15 20 25 30 35 40 45 50 55 6065 70 75 80 8590 ansser qu’elle a atteint son maximum. La ans ansans ans ans ans ans ans ansans ansans ansans ansou + monoparentalité semble chose courante dans les départements d’outremer ; elle Source : Insee, recensements de 1990 et 1999. a atteint des proportions encore plus lar ges en Martinique. À La Réunion, les femmes sont plus souvent mères de famile monoparentale qu’en métropole, mais moins souvent qu’en Martinique.Dans les quatre microrégions les famil les monoparentales ont quasiment le même poids. Elles se forment un peu est de 65 % dans le Nord, 74 % dans leRéunion, il est très courant de mener ses plus tardivement dans le Nord, où les Sud. Les différences semblent moindresétudes et de rester au domicile familial, femmes plus actives attendent un peu du côté des hommes. Encore que versvraisemblablement parce que les distan pour créer leur famille. Quand elles ont 35 ans, les pourcentages d’hommes habices sont praticables quotidiennement. 30 ans, les femmes sont pour 16 % tant en couple sont de 74 % dans l’Ouest, d’entre elles mères de familles monopa C’est dans la microrégion Nord, dans la et 77 % dans le Sud. rentales de façon homogène sur le terri ville de SaintDenis, que l’on trouve un toire. Puis à 40 ans, c’est dans le Nord mode de vie individuel à l’image de la qu’elles sont plus nombreuses à élever Peu de personnes seules,métropole. Le développement du loge seules leurs enfants : 23 % dans le Nord, ment individuel de jeunes étudiants, filles sauf dans le Nord 19 % dans le Sud. et garçons, a pris quelque ampleur depuis La singularité de La Réunion réside dans le devenir des adultes, jeunes et Nombre de ménages en 2030 selon le scénario tendanciel 9099 moins jeunes, qui ne vivent pas en 160 000 couple. En métropole s’est développé 1 800 un fort contingent de personnes seules alors que ce phénomène n’est qu’esquis140 000Augmentation 28 000 due aux sé à La Réunion. Les célibataires (ou hypothèses de divorcés, ou veufs) réunionnais, lors120 000 cohabitationn 800 qu’ils ne sont pas chefs de ménage d’une famille monoparentale, vivent le Augmentation 100 00018 90045 4002 200 plus souvent chez leurs parents, sinondue aux 4dans la famille. Cette situation est frap hypothèses 80 000migratoires pante chez les hommes : 20 % des Réu 35 900 37 900 nionnais de 30 ans demeurent chez leurs Augmentation 800 60 000 parents, sans compagne ni enfant. due au 5 600 mouvement Entre 15 et 24 ans, les jeunes Réunionnaturel 40 00021 100 76 800 nais vivent encore le plus souvent chez 56 600 52 500 leurs parents, quelle que soit leur zoneNombre de 20 000 ménages de résidence. À l’âge où les études29 100 en 1999 occupent une large place dans leur vie, 0 des mode de cohabitation différents appa 5 500 5raissent dans l’hexagone pour se rapSUD OUESTNORD EST procher du lieu des études. Plus d’un  20 000 152 000110 10089 20056 600 étudiant sur cinq âgé de 20 à 24 ans occupe un logement seul. Dans uneSource : Insee, 2005, projections par Scot selon des hypothèses InseeDDERégion. ville universitaire comme Toulouse qui attire beaucoup d’étudiants, près de la Dans l’Ouest et le Sud les migrations pourraient augmenter fortement le nombre de moitié d’entre eux vivent seuls. À La ménages.
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de 2 %, avec un petit pic dans l’Est Projection du parc de logements nécessaires selon le scénario tendanciel (2,3 %). On peut donc supposer que ces logements, non résidences principales, LA EST NORDOUEST SUD représenteront 10 % du parc de demain, RÉUNION (*) de façon uniforme dans les quatre micro régions. C’estàdire que pour neuf rési Parc de loements200 238200500 57600 851999 32900 62 dences principales, il faut prévoir un 2000 33500 64700 60700 88500 247500 logement de plus. 2005 38100 71600 70500 101200 281300 Le parc de logements 2010 41000 78300 80600 114500 316300 doit dépasser 450 000 2015 48000 84700 91300 128400 352300 en 2030 2020 53100 90400 102100 142400 387900 2025 58100 95200 112600 156000 421900 Si on adopte les hypothèses du scénario 2 03099 10063 000168 800122 400453 200 “tendanciel 9099”, le parc de loge ments de 2030 devrait compter 452 000 Poids des zones 2030 (%)13,9 21,9 27,0 37,2 100,0 logements, soit 215 000 de plus que 1999. Parmi ces logements supplémen taires, 83 600 devaientse situer dans la Augmentation, 1999 à 2030 (Nb)30 10036 60064 80083 600215 000 seule région Sud. On peut considérer, en 2004, que 36 000 logements sont Augmentation, 1999 à 2030 (%)91,5 58,4112,6 98,190,3 déjà sortis de terre. L’effort de construction ne se résume Répartition de l'augmentation (%)14,0 17,0 30,1 38,9 100,0 pas pour autant à ces quelques chiffres. Il faut encore prévoir le renouvellement Source : Insee, 2005, projections par Scot selon des hypothèses InseeDDERégion. du parc fragilisé par un grand nombre (*) La colonne “Réunion” n’est pas toujours égale à la somme des microrégions à cause des de constructions en matériaux légers. arrondis. De plus le cas des nombreuses familles domiciliées dans des logements trop petits n’est ici pas pris en compte. l’essentiel de la croissance provient du Des hypothèses Enfin, il faudrait s’appesantir sur les mouvement naturel. Dans le scénario dit comportementales aux effets véritables aspirations des jeunes adultes “tendanciel 9099”, le Nord et le Sud ont modestescélibataires qui vivent encore avec leurs des soldes migratoires très typés. Le Nord parents et non seuls dans un logement : est la seule microrégion à présenter un Si l’on prolonge les tendances en matièrepoids des traditions sociales ou con solde migratoire négatif, ce qui se traduit de cohabitation observées ces dernièrestraintes financières ?par le départ de 5 500 ménages en trente années, dans le cadre du scénario tendan ans. Nelly ACTIF ciel 19901999, le département pourrait bien compter près de 408 000 ménages Du nombre de ménages en 2030. Les principales évolutions rete au parc de logements nues sont les suivantes : effritement per sistant de la vie de couple, progression de Le parc de logements ne peut pas être la monoparentalité, croissance limitée du constitué des seules résidences principa nombre de personnes seules. Les hypo les des ménages. Une part de logements thèses sur l’évolution des comportement vacants est indispensable au fonctionne familiaux tendent à augmenter les ména ment du marché. Elle permet la fluidité ges dont la personne de référence est une nécessaire aux déménagements, travaux, femmes, et à réduire ceux “dirigés” par réhabilitation, adaptation de l’offre à la un homme. L’augmentation nette due à demande. Au recensement de 1999, elle ces hypothèses est de 5 600, ce qui est variait de 7 % à 9 % selon les régions. dérisoire face aux 187 300 ménages sup Par ailleurs une petite partie des loge plémentaires attendus sous l’effet des ments est utilisée comme résidences hypothèses démographiques. secondaires, ou logements occasionnels. Bien évidemment ces ménages ne verrontCe sont parfois des logements situés dans le jour que si l’offre de logements accesles Hauts qui permettent à certaines sibles tant physiquement que financièrefamilles de prendre le frais pendant l’été ; ment le permet. En revanche, les hypoce sont aussi des maisons à proximité de thèses de travail que l’on peut formulerla côte Ouest qui permettent aux touristes en ce qui concerne les migrations peulocaux ou extérieurs de se détendre. Les vent vraiment changer la répartition desuns et les autres sont traditionnellement ménages à venir dans l’espace, même sipeu nombreux sur le département, moins
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