Recensement de la population de 2006 Provence-Alpes-Côte d'Azur : arrivées de familles et d'actifs

De
Publié par

Les migrations entre régions françaises sont favorables à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui gagne chaque année 13 000 habitants. Les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Var sont les plus attractifs tandis que le département des Bouches-du-Rhône attire des étudiants, mais a un solde migratoire négatif au-delà de 25 ans. Ce sont surtout des familles et des actifs d'un niveau social assez élevé qui s'installent en Paca. Ces migrations ont toutefois peu d'effets sur les structures démographiques et sociales qui sont davantage influencées par les évolutions des populations résidentes. 12 900 personnes de plus chaque année grâce aux migrations internes Les migrations ne vieillissent pas la population Des arrivées de familles et d'actifs Paca au troisème rang pour l'accueil des cadres Une croissance de l'emploi très forte dans le Var
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 7
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

SUD INSEE
N° 133 - juillet 2009 l'essentiel
Recensementdelapopulationde2006
Provence-Alpes-Côte d’Azur :
arrivées de familles et d’actifs
12 900 personnes de plusLes migrations entre régions fran-
chaque année grâce aux
çaises sont favorables à la région
migrations internes
Provence-Alpes-Côte d'Azur qui
8,8 %deshabitantsdelarégionen2006
gagne chaque année 13 000 habi-
n’yrésidaientpascinqansauparavantet
tants. Les Alpes-de-Haute-Provence, 2,7 % ont changé de département au
sein de la région. Selon les départe-les Hautes-Alpes et le Var sont les
ments,lapartdesnouveauxarrivantsest
plus attractifs tandis que le dépar- plus ou moins importante ; elle s’éche-
lonne de 8,2 % dans les Bouches-du-tement des Bouches-du-Rhône at-
Rhône à 15,7 % dans les Alpes-de-
tire des étudiants, mais a un solde Haute-Provence.
migratoire négatif au-delà de 25 ans.
Chaque année, 65 800 personnes sont
Ce sont surtout des familles et des venues s’installer en Paca tandis que
52 900l’ontquittée.Ainsi,parlejeudesactifs d’un niveau social assez élevé
migrations internes, la région Paca
qui s’installent en Paca. Ces migra- gagne annuellement 12 900 personnes,
soit 29,1 habitants pour 10 000 habi-tions ont toutefois peu d’effets sur
tantsprésents.Cesoldemigratoiresitue
eles structures démographiques et la région au 9 rang derrière les autres
sociales qui sont davantage influen-
cées par les évolutions des popula-
tions résidentes.
Comme dans les années 90, la région
Paca demeure une région attractive qui
gagne des habitants en provenance des
autres régions françaises.
Toutefois, les départements les plus
peuplésdelarégionontunsoldemigra-
toireenbaisseaveclerestedelaFrance,
tandis que les départements alpins
(Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-
Alpes)accueillentdavantagedepopula-
tionchaqueannéequelorsdelapériode
1990-1999.
© Insee 2009SUD INSEE
N° 133 -juillet 2009
l'essentiel
jeunes entre 18 et 24 ans, à l’âge des
études supérieures et de l’entrée sur le
marché du travail, mais en gagne
au-delà. Seul le département des
Alpes-Maritimesgagnedeshabitantsà
tous les âges.
Les migrations ont peu d’influence sur
la structure par âge de la population.
Celle-ci dépend surtout du vieillisse-
mentdeshabitantsprésentsetdusolde
naturel. Elles contribuent toutefois à
ralentir légèrement le vieillissement,
notamment dans les Alpes-de-Haute-
Provence et les Bouches-du-Rhône.
Ainsi, dans la région, la part des per-
sonnes âgées de 60 ans ou plus est
passéede23,3 %en1999à24,6 %en
2006. Elle serait de 0,1 point supé-
rieure en l’absence de migrations
(jusqu’à 0,3 point dans les Alpes-de-régions du sud et de l’ouest de la 14 % de jeunes de 18 à 24 ans et 13 %
France. Par ailleurs, neuf régions dont de 60 ans ou plus. Au final, au jeu des Haute-Provence).
l’Île-de-France perdent des habitants migrations internes entre régions fran-
chaqueannée.Lestauxsontégalement çaises, Paca gagne de la population à
Des arrivées de familles et
très différents entre les départements tous les âges.
d'actifsde Paca : légèrement négatifs dans les
Bouches-du-Rhône,ilssonttrèsélevés Seul le département des Bouches-du- Depuis cinq ans, les nouveaux arri-dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Rhône perd de la population par le vants sont principalement des person-Hautes-Alpes et le Var. Ces derniers biaisdesmigrationsinternessaufentre nes vivant en couple avec enfantsgagnentchaqueannéeplusde80habi- 5 et 24 ans. Chaque année, ce départe- (+ 26 200, soit 40 % des arrivées). Le
tants pour 10 000 habitants présents. ment perd 2 600 personnes au profit département des Bouches-du-Rhône
Les Alpes-Maritimes et le Vaucluse des autres départements de la région. est le seul en déficit pour ce type de
ont des taux plus modérés. En revanche, il gagne annuellement familles : 500 personnes en moins
2 000personnesprovenantd’autresré- chaque année, tandis que le Var et les
gions. Les sortants des Bouches-du-Les migrations ne départements alpins en ont gagné res-
Rhône se sont établis principalement pectivement 3 900 et 1 500.vieillissent pas la
dansleVar(14 %)etdansleVauclusepopulation
(8,5 %). Hors région, le Languedoc- Les migrations modifient légèrement
Roussillonestlapremièrerégiond’ac-La mobilité résidentielle est essentiel- les structures familiales, ces dernières
cueil avec 13 % des sortants.lement liée à l’âge et aux évènements évoluant surtout sous un double effet
familiaux. Très forte en début de vie démographique (vieillissement de
la population) et de comportementactive, elle diminue ensuite progressi- Les autres départements contribuent
(unions plus tardives et séparationsvement. Parmi les nouveaux arrivants, tous positivement au gain régional, en
plus fréquentes). Dans les Alpes-de-on compte 35 % de personnes de 25 à particulierleVarquiy participeàhau-
39 ans, 22 % ayant entre 40 et 59 ans, teur de 59 %. Ce département perd des Haute-Provence, les Hautes-Alpes, le
Excédent migratoire à tous les âges en Provence-Alpes-Côte d'Azur
5à17ans 18à24ans 25à39ans 40à59ans 60ansouplus Total
Alpes-de-Haute-Provence 310 -260 530 570 350 1 500
Hautes-Alpes 300 -280 390 350 260 1 020
Alpes-Maritimes 180 220 490 490 790 2 170
Bouches-du-Rhône 70 1 800 -650 -830 -990 - 590
Var 1 440 -530 1 950 2 770 1 940 7 570
Vaucluse 400 -700 690 590 280 1 270
Provence-Alpes-Côted'Azur soldes 2 700 270 3 390 3 950 2 630 12 940
Taux de migrations avec le reste de la France * 37,2 6,8 39,4 30,7 22,5 29,1
Champ : population de 5 ans ou plus * pour 10 000 habitants
Note de lecture : chaque année, Provence-Alpes-Côte d'Azur a gagné 12 940 habitants par le jeu des migrations internes entre régions françaises, soit 29,1 habitants
supplémentaires pour 10 000 personnes présentes.
Source : Insee - Recensement de la population de 2006, exploitation complémentaire
© Insee 2009SUD INSEE
N° 133 - juillet 2009
l'essentiel
Var et le Vaucluse, elles tendent à ac- sont dans une situation inverse : ils cadres derrière la Corse et Midi-Pyré-
croître la part des couples, en particu- gagnent des actifs et des retraités et nées.Touslesdépartementsdelarégion
lier ceux avec enfants. Dans le perdent des étudiants. Tous gagnent suivent la tendance régionale, les plus
département des Alpes-de-Haute-Pro- deux fois plus d’actifs que de retraités. attractifs étant le Var (+153), les
vence, parexemple,lapartdescouples La région Paca ne se positionne d’ail- Alpes-de-Haute-Provence(+142)etles
eavec enfants est de 43,5 % en 2006. leurs qu’en 12 position pour l’accueil Hautes-Alpes (+111). Le département
Sans les migrations, elle serait de de retraités. des Bouches-du-Rhône est le seul à
42,4 %. avoir un solde migratoire négatif pour
les ouvriers et les employés.
Paca au troisième rangChaque année, les migrations entre ré-
pour l’accueil des cadresgions françaises accroissent la popula- Les migrations ont globalement peu
tion de Paca de 6 800 actifs (soit 36 d’effet sur la part des catégories socio-
En volume, la région gagne surtout despour 10 000), ce qui place la région en professionnelles. Entre 1999 et 2006,
e3 position après l’Aquitaine et Midi- professions intermédiaires et des em- la proportion de cadres a progressé de
Pyrénées. Au sein de la région, le dé- ployés. Cependant, proportionnelle- 2,1 pointspour s’établir à13,5 %dela
partement des Bouches-du-Rhône est ment au nombre d’actifs de ces population active. En l’absence de
leseulàconnaîtreundéficitmigratoire catégories socioprofessionnelles déjà migrations, elle s’élèverait à 13,4 %.
présents sur le territoire, ce sont surtoutannuelde600actifs.Ilestégalementle Le nombre croissant de cadres ne peut
lescadresetlesprofessionsintermédiai-seul à perdre des retraités. Ce départe- donc pas s’expliquer par le jeu des
ment,quihébergedeuxpôlesuniversi- res qui se trouvent renforcés par les migrations, mais davantage par une
taires, gagne de nombreux jeunes de migrations (plus de 50 pour 10000 élévationgénéraledesniveauxdequa-
emoins de 24 ans venus s’installer pour chaqueannée).Pacaestainsiau3 rang lification de la population et des
leurs études. Les autres départements des régions les plus attractives pour les emplois.
© Insee 2009SUD INSEE
N° 133 - juillet 2009
l'essentiel
1 824 000 emplois en Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2006
Nombre d'emplois en Poidsdanslarégion Poidsdanslarégion Nombre d'emplois pour 100
2006 en 2006 (en %) en 1999 (en %) actifs occupés résidents
Alpes-de-Haute-Provence 56 490 3,1 3,1 94,8
Hautes-Alpes 55 480 3,0 3,2 100,7
Alpes-Maritimes 406 470 22,3 22,4 95,5
Bouches-du-Rhône 755 290 41,4 41,6 103,1
Var 339 510 18,6 18,0 93,1
Vaucluse 210 870 11,6 11,7 103,5
Provence-Alpes-Côted'Azur 1 824 210 100,0 100,0 99,1
Note de lecture : les 755 290 emplois dans les Bouches-du-Rhône représentent 41,4 % des emplois de la région. 103,1 emplois y sont proposés pour 100 actifs occupés
y résidant.
Source : Insee - Recensement de la population de 1999 et 2006, exploitation complémentaire
les professions intermédiaires sont les LesBouches-du-Rhône,leVaucluseetUne croissance de
catégories socioprofessionnelles qui les Hautes-Alpes exercent une attrac-l’emploi très forte dans le
ont le plus profité de cette croissance. tivitéentermesd’emploissurlesterri-Var
Dans la région, 26 % des créations toires voisins. Ces départements ont
erAu 1 janvier 2006, la région compte nettes d’emplois sont des emplois de en effet plus d’emplois localisés dans
1 824 000 emplois, soit 7,2 % des em- cadres alors que le poids de cette ca- le département que d’actifs en emploi
tégoriesocialeétaitde12 %en1999. y résidant. À l’inverse, les Alpes-de-plois de France métropolitaine (contre
Tous les départements ont suivi cette Haute-Provence, les Alpes-Maritimes6,9 % en 1999). Entre 1999 et 2006, la
tendance,maisc’estdanslesdéparte- et le Var peuvent être qualifiés de dé-population régionale a fortement aug-
menté, notamment grâce aux échanges ments où la part des cadres était déjà partements résidentiels : on y trouve
migratoires. Dans le même temps, les la plus forte - les Bouches-du-Rhône plus d’actifs résidents en emploi que
créationsnettesd’emploisontéténom- et les Alpes-Maritimes - que la pro- d’emplois proposés.
gression a été la plus marquée. Dansbreuses, plaçant Paca en tête des ré-
ces départements, 30 % des créationsgions les plus dynamiques : en France,
Valérie Roux
nettes d'emplois sont des emplois delapartdelarégiondansl’emploiaain-
Joachim Timotéosi augmenté de 0,3 point. C’est surtout cadres contre 16 à 18 % dans le Var
vrai dans le Var, le poids de ce dé- ouleVaucluse.Lesprofessionsinter-
partement au sein de la région étant médiairesontcontribuéauxcréations
nettes d’emplois à hauteur de 35 %.passé de 18 % à 18,6 %. Les cadres et
Analyse par type d’espace
Globalement dans la région, les phénomènes migratoires sont très différents d’un espace à l’autre. Ce sont les espaces ruraux et périur-
bains qui accueillent proportionnellement le plus de nouveaux ménages. Chaque année, ces espaces abritent respectivement 138 et 115
habitants supplémentaires pour 10 000 habitants présents. Les banlieues gagnent également de la population par le biais des migrations
(44 pour 10 000). Compte tenu de leur poids démographique, ce sont elles qui accueillent le plus de nouveaux arrivants (58 % du solde).
Au jeu des migrations internes entre régions françaises, les villes-centres perdent des habitants.
L’emploi ,en revanche, reste toujours fortement concentré dans les pôles urbains (85 % des emplois de la région). Cependant, au sein de
ces pôles, le poids en emploi des villes-centres diminue au profit des banlieues, mais aussi des espaces périurbains. La part en emploi des
espaces ruraux se maintient. Ce phénomène de desserrement de l’emploi du centre vers les banlieues s’observe également au niveau na-
tional. Il accompagne la très forte croissance de la population dans ces espaces.
Définitions
Migrations résidentielles
erOn appelle migrations résidentielles les changements de lieu de résidence. Dans le passé, la résidence antérieure était celle au 1 janvier de l’année du
erprécédent recensement. Désormais, la résidence antérieure est celle au 1 janvier cinq ans auparavant. La période observée est plus courte, donc elle
permet de “coller” de plus près aux migrations. En effet, le recensement ne saisit pas les migrations intermédiaires.
Taux annuel de migration avec le reste de la France
Ce taux rapporte les migrants "nets" (entrants-sortants) annuels à la population moyenne de la zone. Seules les migrations internes au territoire français
sont prises en compte dans ce taux (France métropolitaine + Dom).
Effet des migrations sur la structure de la zone
Cet indicateur mesure l’effet des migrations (entrées et sorties) sur le profil socio-démographique d’un territoire. Il permet de déterminer si les migrations
dans ou depuis la zone ont contribué à accroître ou au contraire à réduire le poids d’une sous-population.
Pour en savoir plus
"Provence-Alpes-Côte d'Azur : une région très urbaine, une croissance équilibrée". SUD INSEE l'essentiel N° 128, janvier 2009.
"Les migrations interdépartementales entre 2001 et 2006". Insee Première N° 1248, juillet 2009.
Institut National de la Statistique et des Études Économiques
© Insee 2009 Provence-Alpes-Côte d'Azur
Dépôt légal : juillet 2009 17, rue MenpentiDirecteur de la publication : Renan Duthion
N° ISSN : 1287-292X 13387 Marseille Cedex 10Chef du service Etudes et Diffusion : Valérie Roux
Téléphone : 04 91 17 57 57Code Sage : SIE913332 Rédacteur en chef : David Levy
Fax:0491175960
SUD INSEE l’essentiel figure dès sa parution sur le site Internet de l’Insee : www.insee.fr onglet régions (rubrique “Les publications”)
Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information électronique : www onglet régions “À votre service”)

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.