Regards sur... l'économie sociale et solidaire en Ile-de-France

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Cette étude est le fruit d’une collaboration entre la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire d’Ile-de-France (CRESS), l’Atelier - Centre de ressources régional de l’Economie sociale et solidaire et la Direction régionale de l’Insee. Elle a été initiée par le Comité Régional pour l’Information Economique et Sociale (CRIES). Ce dossier apporte un véritable éclairage sur la situation de l’économie sociale de la région Ile-de-France et constitue ainsi une référence pour les acteurs chargés de la définition et de la mise en oeuvre de politiques publiques locales visant le développement de l’économie sociale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ILE-DE-FRANCE
regards sur...
regar...
Octobre 2010
... l’économie
sociale et solidaire
en Ile-de-FranceDirection régionale d'Ile-de-France
7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux
78188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex
Tél : 01 30 96 90 00
Directrice de la publication
Sylvie Marchand
Comité de suivi
Eric Forti (Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire :
www.economie-sociale.coop)
Bérangère Eldin et Claire Marenco (L'Atelier - Centre de ressources régional
de l'économie sociale et solidaire :
www.atelier-idf.org)
Sandrine Bouffin et Pierre Girard (Insee Ile-de-France)
Jean Lienhardt (secrétariat général du CRIES Ile-de-France)
Auteurs
Bérangère Eldin et Céline Portero (L'Atelier)
Sandrine Bouffin, Nathalie James et Isabelle Machado da Luz (Insee Ile-de-France)
Rédactrice en chef
Christel Collin
Secrétaire de rédaction
Françoise Beaufils
Conception graphique
Nathalie Droux et Nicolas Renaud
Impression
Symphonie Graphique
Crédits photos
« Seb! Godefroy »
Insee ile-de-Fr@nce Infos
La lettre électronique vous informe tous les mois
de l'activité de l'Insee Ile-de-France
www.insee.fr/ile-de-france1Avant-propos
L’économie sociale et solidaire
en Ile-de-France
e
ès la fin du 19 siècle, l’économie sociale s’affirme et vise à placer l’économie au service de
l’Homme. Aujourd’hui, les organisations de l’économie sociale adhèrent à une charte publiéeD en 1980 qui précise leurs caractéristiques d’actions et de redistributions dans le respect des in-
térêts individuels.
Les entreprises de l’économie sociale se développent au-delà des champs qu’elles avaient investis
historiquement (éducation, santé, action sociale, activités financières, assurance, sport, culture et
loisirs). Elles innovent dans de nombreuses activités : bâtiment, transports, commerce, imprimerie,
énergies renouvelables et gestion des déchets, communication, tourisme, services et conseils aux
entreprises, accompagnement à la création d’activité. Les modalités d’organisation et de gestion
sont propres à l’économie sociale. Ainsi, les relations entre les administrateurs, les salariés et les usa-
gers sont spécifiques. De plus, la gestion financière est originale car elle allie à la fois des ressources
publiques et privées.
En Ile-de-France, l’ensemble des acteurs de l’économie sociale représente 31 000 établissements qui
emploient 374 000 salariés. Les associations sont particulièrement nombreuses dans la région. Les prin-
cipaux champs d’action de l’économie sociale relèvent de l’éducation, de la santé et de l’action sociale.
Cette étude est le fruit d’une collaboration entre la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et
Solidaire d’Ile-de-France (CRESS), l’Atelier - Centre de ressources régional de sociale
et solidaire et la Direction régionale de l’Insee. Elle a été initiée par le Comité Régional pour
l’Information Economique et Sociale (CRIES) qui s’interroge sur la place de l’économie sociale et
solidaire dans le développement de l’économie régionale. Ce fructueux travail a permis de mesu-
rer le poids de l’économie sociale dans francilienne, de caractériser l’emploi salarié et
d’analyser les disparités départementales en matière d’économie sociale dans la région.
Ce dossier apporte un véritable éclairage sur la situation de l’économie sociale de la région
Ile-de-France et constitue ainsi une référence pour les acteurs chargés de la définition et de la mise en
œuvre de politiques publiques locales visant le développement de l’économie sociale.
En outre, ce travail marque le début des activités de l’observatoire de l’économie sociale et solidaire en
Ile-de-France mis en place par la CRESS et l’Atelier en 2010.
Sylvie Marchand Eric Forti Jean-Marc Brûlé
La directrice régionale Le président Le président
de l'Insee d'Ile-de-France de la Chambre Régionale de l'Atelier - Centre
de l'Economie Sociale de ressources régional
et Solidaire d'Ile-de-France de l'Economie sociale et solidaire
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur...l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France2
Sommaire
L'économie sociale et solidaire en Ile-de-France
Poids de l'économie sociale dans l'économie francilienne 3
Un salarié sur deux travaille dans le secteur « éducation, santé et action sociale »
Caractéristiques de l'emploi salarié 9
Le renouvellement des salariés de l'économie sociale : un véritable enjeu
Disparités départementales 15
Deux salariés de l'économie sociale sur cinq travaillent à Paris
Présentation de la Cress et de l'Atelier■■■■ 23
Glossaire 24■■■■
■■■■ Méthodologie 25
Bibliographie 28■■■■
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur...l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FrancePoids de l’économie sociale 3
dans l’économie francilienne
Un salarié sur deux travaille dans le secteur
« éducation, santé et action sociale »
Les 31 300 établissements de l’économie sociale emploient 374 300 salariés en 2007.
L’Ile-de-France est ainsi la première région de France en nombre d’établissements
et d’emplois. Cependant, le poids de l’économie sociale dans l’emploi régional
est plus faible en Ile-de-France que dans le reste du territoire national.
Les principaux champs d’intervention de l’économie sociale relèvent des secteurs
de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, de l’administration et des services
aux particuliers. Les associations sont le principal employeur de l’économie sociale.
Entre 2004 et 2007, le poids des établissements de l’économie sociale dans l’économie
francilienne progresse, mais celui de l’emploi stagne.
’économie sociale constitue un Les établissements de l’économie so-Près de deux salariés
enjeu important en termes d’emploi ciale francilienne sont de taille plus im-
de l’économie sociale sur dixL et d’établissement. Le rapport sur le portante que la moyenne nationale : 12
travaillent en Ile-de-Francedéveloppement de l’économie sociale et salariés par établissement contre 10.
solidaire, remis en avril 2010 par le député C’est le cas en particulier des mutuelles
L’Ile-de-France
Vercamer au Ministre de la Jeunesse et (29 salariés, en moyenne, contre 17) et
est la première région de France
des Solidarités actives et au Secrétaire des coopératives (19 contre 13).
en nombre d’établissements et d’emplois
d’Etat à l’Emploi, préconise quatre orienta-
Les établissements employeurs detions dont celle de favoriser une meilleure
En 2007, l’économie sociale regroupe l’économie sociale francilienne sontvisibilité et une meilleure reconnaissance
31 300 établissements employeurs en essentiellement des sièges (78 %),de l’économie sociale et solidaire.
Ile-de-France et compte 374 300 salariés surtout dans le cas des associations
✎❶. Elle concentre ainsi 15 % des éta-L’économie sociale est constituée, pour (83 % des établissements).
l’essentiel, d’associations (9 établisse- blissements employeurs et 17 % des em-
plois de l’économie sociale. La régionments sur 10 et 8 salariés sur 10). Les L’économie sociale
Rhône-Alpes est la deuxième région,trois autres familles de l’économie est, cependant, moins représentée
avec 10 % des établissements et 11 %sociale sont les coopératives (les coo- dans l’économie francilienne
des emplois de l’économie sociale.pératives scolaires, les banques coopé- que dans l’ensemble du territoire
ratives, les coopératives agricoles, les
sociétés de produc- En France, l’économie sociale repré-Les fondations sont surreprésentées en
tion…), les mutuelles de santé et d’as- Ile-de-France : la région accueille 30 % sente près d’un établissement et d’un sa-
surance et les fondations (la Fondation de leurs établissements. En outre, plus larié sur dix dans l’ensemble de
Rothschild, l’Institut Pasteur, l’Institut du tiers de leurs salariés travaillent en l’économie. La région Ile-de-France se
Curie…). Ile-de-France. situe en dessous de la moyenne natio-
31 300 établissements employeurs et 374 300 salariés relèvent de l’économie sociale en Ile-de-France
Effectifs salariés moyens
Etablissements employeurs Effectifs salariés au 31 décembre par établissement au 31 décembre
Familles
Ile-de-France France Ile-de-France France Ile-de-France France
Coopératives 1 700 23 900 32 800 300 200 19 13
Mutuelles 800 7 200 23 800 119 900 30 17
Associations 28 500 182 900 295 400 1 763 400 10 10
Fondations 300 1 100 22 300 62 200 74 57
Ensemble économie sociale 31 300 215 100 374 300 2 245 700 12 10
Hors économie sociale 417 600 2 014 900 5 060 100 20 395 200 12 10
Total 448 900 2 230 000 5 434 400 22 640 900 12 10
Champ : postes de travail au 31 décembre 2007 (hors agriculture-sylviculture-pêche, intérimaires et postes annexes).
Source : Insee, CLAP 2007
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FranceUn salarié sur deux travaille dans le secteur « éducation, santé et action sociale »4
nale avec 7 % des établissements et des Densité des établissements et densité des effectifs salariés
salariés relevant de l’économie sociale. Densité des établissements de l'économie sociale en 2007
Cette faible proportion peut s’expliquer
par la forte concentration des emplois Nord-Pas-de-Calais
du reste de l’économie dans la région.
Au plan national, l’économie sociale est
Haute- Picardie
davantage représentée en milieu rural. Normandie
Basse-Elle est donc globalement moins pré-
AlsaceLorraineNormandie Champagne-Ile-de-Francesente en Ile-de-France. Seul Paris fait fi- Ardenne
Bretagnegure d’exception grâce à l’implantation
de nombreux établissements sièges.
Pays
de la Loire Franche-Centre Bourgogne
ComtéLa densité des établissements relevant
de l’économie sociale (nombre d’éta- Nombre d’établissements
de l’économie sociale Poitou-blissements de l’économie sociale rap-
pour 10 000 habitants en % Charenteporté à la population régionale) est
Limousin
Auvergne41également plus faible en Ile-de-France Rhône-Alpes
38
que dans l’ensemble du territoire (27 34 (moyenne nationale)
établissements pour 10 000 habitants
en Ile-de-France, contre 34 pour la Aquitaine
France). La région francilienne se posi- Languedoc-
Provence-Alpes-Côte d’AzurMidi-Pyrénées Roussillontionne ainsi loin derrière les régions
Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon,
Pays de la Loire et Bretagne. Ces der-
nières comptabilisent plus de 40 © IAU îdF - Insee 2010
Corseétablissements pour 10 000 habitants.
La densité des effectifs salariés de l’éco-
Densité d'effectifs salariés relevant de l'économie sociale au 31 décembre 2007nomie sociale est également inférieure
dans la région : on dénombre 323 sala-
Nord-Pas-de-Calaisriés pour 10 000 habitants dans la région,
contre 353 sur le territoire français✎❷.
Haute- Picardie
NormandieLa masse salariale de l’économie so-
Basse-ciale francilienne s’élève à 9,8 mil- AlsaceLorraineNormandie Champagne-Ile-de-France
liards d’euros. Elle représente 5 % de la Ardenne
Bretagnemasse salariale régionale, une propor-
tion de 3 points inférieure au niveau Pays
de la Loire Franche-national. Dans les régions Bretagne et Centre Bourgogne Comté
Poitou-Charentes, le poids de la masse
Effectifs salariéssalariale de l’économie sociale est au
au 31 décembre 2007 Poitou-
moins le double. pour 10 000 habitants en % Charente
Limousin
Auvergne390 Rhône-AlpesToutefois, la région concentre 19 % de 353 (moyenne nationale)
330la masse salariale de l’économie so-
ciale de l’ensemble du territoire. Les
Aquitainefondations et les mutuelles régionales
Languedoc-représentent respectivement 39 % et
Provence-Alpes-Côte d’AzurMidi-Pyrénées Roussillon
23 % de la masse salariale nationale.
Des secteurs d’activité
© IAU îdF - Insee 2010
Corsediversifiés
Le champ d’intervention de l’économie
sociale est diversifié. En Ile-de-France, Source : Insee, CLAP 2007 et recensement de la population 2007 (population municipale)
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FrancePoids de l’économie sociale 5
dans l’économie francilienne
Plus de la moitié des effectifs de l’économie sociale dans le secteur « éducation, santé et action sociale »
En %
Etablissements employeurs Effectifs salariés au 31 décembre
Secteurs d'activité
Ile-de-France France Ile-de-France France
Education, santé, action sociale dont : 24,5 26,5 56,3 60,2
Education 8,9 9,1 16,3 15,6
Activités relatives à la santé 2,1 2,1 11,2 7,5
Action sociale 13,4 15,2 28,7 37,2
Administration 30,1 22,9 15,5 10,4
Activités financières 6,3 9,3 11,0 11,2
Services aux particuliers dont : 32,9 30,3 10,0 7,3
Hôtels et restaurants 1,5 2,3 1,4 1,4
Activités récréatives, culturelles et sportives 31,1 27,7 8,5 5,7
Services personnels et domestiques 0,3 0,3 0,1 0,2
Services aux entreprises dont : 4,3 5,7 4,5 4,8
Recherche et développement 1,1 0,4 1,7 0,5
Conseils et assistance 2,1 1,9 1,6 1,9
Autres services aux entreprises 1,1 3,4 1,2 2,4
Autres activités 2,0 5,2 2,7 6,0
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
Source : Insee, CLAP 2007
cinq secteurs d’activité sont prédomi- ciation pour le droit à l’initiative Ile-de-France que pour l’ensemble de
nants : l’éducation, la santé et l’action économique (ADIE). la France.
sociale, l’administration, les activités fi-
nancières, les services aux particuliers Le secteur des services aux particuliers,
et les services aux entreprises. avec des établissements comme Les associations
l’Union nationale des Centres sportifs et le bénévolat en France
« Education, santé et action sociale », de Plein Air (UCPA) ou les Arts
principal secteur d’activité Selon l’étude de Viviane Tchernonog,décoratifs, est également plus impor-
de l’économie sociale francilienne CNRS-Centre d’Economie de la Sorbonne,tant dans la région qu’au plan national :
le nombre d’associations en activité est es-il concentre un tiers des établissements
Le secteur « éducation, santé et action timé à 1 100 000 en 2005 en France parmiet 10 % des salariés de l’économie so-
sociale » emploie 211 000 salariés dans lesquelles 172 000 ont recours à l’emploi
ciale francilienne. Ce secteur compte
7 600 établissements employeurs✎❸. salarié (soit 16 %), les autres ne s’appuyant
une majorité d’associations.
Ce secteur est toutefois moins repré- que sur du travail bénévole.
senté que dans l’ensemble du territoire
Le secteur des activités financières, quant Les associations ont recours à de multiplesfrançais. Ce sont les associations qui
à lui, emploie de nombreux salariés mais formes de travail :
interviennent principalement dans ce
compte peu d’établissements. Il s’agitsecteur. Elles agissent plus particuliè-
- le travail salarié : 1 046 000 salariés enprincipalement de grandes coopérativesrement dans les activités hospitalières,
équivalent temps plein ;bancaires et, dans une moindre mesureles autres formes d’actions sociales
d’entreprises mutualistes.(Médecins Sans Frontières, Croix - le travail bénévole : 14,2 millions de béné-
Rouge Française…) et l’enseignement voles actifs qui réalisent un volume de tra-
Par ailleurs, les entreprises de l’éco-secondaire général. vail en équivalent temps plein de l’ordre de
nomie sociale se développent et inno- 935 000 emplois, présents pour 76 % dans
En revanche, avec 59 200 salariés et vent dans de nombreux autres champs les associations non employeurs ;
9 400 établissements, le secteur de d’activité : bâtiment, transports, com-
- le travail de personnes salariées mises àl’administration est mieux représenté merce, imprimerie, énergies renouve-
leur disposition par des organismes le plusen Ile-de-France qu’au niveau national. lables et gestion des déchets,
souvent publics et qui relèvent d’autres
La quasi-totalité des établissements et communication, tourisme, services et
budgets : de l’ordre de 56 000 en équivalent
des emplois de ce secteur relève d’as- conseils aux entreprises, accompagne-
temps plein, présents pour la plus grande
sociations, telles que l’association pour ment à la création d’activité. Mais ces
part dans les associations employeurs.
l’emploi des cadres (APEC) ou l’asso- activités sont moins représentées en
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FranceUn salarié sur deux travaille dans le secteur « éducation, santé et action sociale »6
Secteur « éducation, santé et action sociale » :« Education, santé et action sociale » :
26 % des salariés et 22 % des établissements relèvent de l’économie socialeun salarié sur quatre
Effectifs salariés au 31 décembre
relève de l’économie sociale
Services aux particuliers 8% 92 %
Le poids de l’économie sociale est parti-
culièrement important dans le secteur Coopératives
Administration 9% 91%
de l’éducation, de la santé et de l’action Mutuelles
Associationssociale. Un salarié de ce secteur sur
Fondations
7% 6%1% 86 %Activités financièresquatre travaille dans l’économie sociale Hors ESS
✎❹. L’économie sociale est aussi relati-
74 %Education, santé, action sociale 1%vement bien implantée au sein des acti- 23 % 2%
vités financières (14 % des salariés). %
30010 20 40 50 60 70 80 90 100
Lecture : 26 % des salariés de l’éducation, la santé et de l’action sociale travaillent dans l’économie sociale.
Prédominance des associations
Etablissements
Les associations
Services aux particuliers 15 % 85 %dans l’économie sociale :
9 établissements et 8 salariés sur 10
Coopératives
53 % 47 %Administration
MutuellesAvec 28 500 établissements employeurs
Associations
et 295 400 salariés, les associations sont FondationsActivités financières 83 %10 % 6 %1%
de loin la première famille de l’éco- Hors ESS
nomie sociale francilienne. Elles re-
Education, santé, action sociale 21 % 1% 78 %
groupent 91 % des établissements de
%
l’économie sociale en Ile-de-France
010 20 30 40 50 60 70 80 90 100
contre 85 % sur l’ensemble du territoire. Lecture : l’économie sociale concentre 53 % des établissements de l’administration.
La part des salariés des associations dans Source : Insee, CLAP 2007
l’économie sociale francilienne est,
quant à elle, identique à la part nationale également fortement présentes dans l’é- mation initiale emploient davantage de
(79 %). En Ile-de-France, comme dans ducation qui regroupe 11 % de leurs éta- salariés, avec un effectif moyen de 44
l’ensemble du territoire national, les as- blissements et 21 % de leurs effectifs salariés contre 10 salariés par établisse-
sociations sont plutôt des petites structu- salariés, principalement dans la formation ment dans la recherche et développe-
res, dont l’effectif moyen est de 10 initiale (13 % des emplois associatifs). ment et dans la formation des adultes et
salariés par établissement. Ces structures la formation continue.
ont recours à d’autres formes de travail : Les établissements de santé sont les
le bénévolat et les mises à dispositions plus grandes structures avec un effectif Des coopératives
d’autres organismes (➩■ Les associa- moyen de 50 salariés par établisse- essentiellement de crédit
tions et le bénévolat en France). ment. A l’inverse, les plus petites struc-
tures se trouvent dans les domaines du Les coopératives forment la seconde fa-
Une association sur trois appartient au sport, de la culture et des loisirs avec 5 mille de l’économie sociale en
salariés ou moins par établissement.domaine de la culture et des loisirs ou Ile-de-France avec 1 700 établisse-
à celui des sports. Néanmoins, ces ments, soit 5 % des établissements em-
deux secteurs ne regroupent qu’un Les établissements de l’action sociale ployeurs de l’économie sociale
emploi salarié associatif sur dix. Ceci emploient, en moyenne, 25 salariés. francilienne. La part des coopératives
peut s’expliquer par le fait qu’ils ont Dans les associations d’aide par le travail en Ile-de-France est deux fois moindre
recours plus fréquemment au travail et d’accueil des personnes handicapées, qu’au niveau national. Les coopérati-
bénévole. L’action sociale constitue la taille des établissements est encore ves emploient 32 700 salariés soit près
également un domaine important d’in- plus importante (respectivement 47 et 40 de 9 % des salariés de l’économie so-
tervention des associations : 4 000 éta- salariés par établissement). En revanche, ciale francilienne. En Ile-de-France, les
blissements (14 % des associations) et dans les crèches et garderies, l’effectif sa- établissements coopératifs sont généra-
plus de 100 000 salariés (34 % des em- larié moyen est beaucoup plus faible lement des établissements de taille im-
plois associatifs). L’accueil des person- (11 salariés par établissement). portante à vocation régionale et
nes handicapées et l’aide par le travail nationale. Au sein des coopératives, les
constituent les principales activités de Enfin, dans le domaine de l’éducation, coopératives de crédit sont très large-
ce domaine✎❺. Les associations sont les établissements du secteur de la for- ment prédominantes, avec 7 établisse-
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FrancePoids de l’économie sociale 7
dans l’économie francilienne
Un salarié des associations sur trois travaille dans le domaine social
Etablissements employeurs Effectifs salariés au 31 décembre
Familles et domaines de l'économie sociale Part Part
Nombre total dans chaque famille Nombre total dans chaque famille
(en %) (en %)
Coopératives 1 700 100,0 32 730 100,0
Coopératives du domaine agricole 40 2,2 820 2,5
Coopératives de crédit 1 220 72,1 20 480 62,6
Coopératives de production 170 9,8 4 430 13,5
Coopératives autres 270 15,9 7 000 21,4
Mutuelles 810 100,0 23 800 100,0
Mutuelles régies par le code de la mutualité 440 54,0 16 700 70,2
Mutuelles régies par le code des assurances 370 46,0 7 100 29,8
Associations 28 460 100,0 295 390 100,0
Social : aide à domicile 320 1,1 8 260 2,8
Social : aide par le travail 350 1,2 16 660 5,6
Social : accueil des personnes handicapées 470 1,7 18 700 6,3
Social : accueil des personnes âgées 260 0,9 7 620 2,6
Social : crèches et garderies 390 1,4 4 300 1,5
Social : autres actions sociales 2 250 7,9 44 640 15,1
Total social 4 040 14,2 100 180 33,9
Education : formation initiale 870 3,0 38 100 12,9
Education : R & D, autres enseignements 1 250 4,4 11 520 3,9
Education : formation des adultes et formation continue 980 3,4 11 350 3,8
Total éducation 3 100 10,9 60 970 20,6
Santé 600 2,1 30 050 10,2
Sport 4 310 15,1 19 670 6,7
Culture et loisirs 5 380 18,9 11 700 4,0
Hébergement et restauration 440 1,5 4 740 1,6
Transports 110 0,4 690 0,2
Services aux entreprises 830 2,9 7 460 2,5
Autres 9 650 33,9 59 930 20,3
Fondations 340 100,0 22 330 100,0
Ensemble 31 310 100,0 374 250 100,0
Source : Insee, CLAP 2007
ments sur 10 et 20 500 emplois, soit riat collectif : reprises d’entreprises ciétés d’assurances et mutuelles
63 % des salariés. Les coopératives re- sous forme coopérative, accompagne- conduit à des alliances, regroupe-
groupent ainsi 62 % des établissements ment d’entrepreneurs-salariés dans le ments, fusions, et mutualisation de
et la moitié des effectifs du secteur des cadre de coopératives d’activité et moyens. De plus, le vieillissement de
activités financières de l’économie d’emploi (CAE), coopération entre sala- la population française a pour consé-
sociale régionale. riés, usagers, bénévoles et collectivités quence un accroissement des coûts de
territoriales au sein d’une société coo- la protection sociale. Enfin, l’évolu-
Les coopératives de production et les pérative d’intérêt collectif (SCIC). tion des technologies informatiques et autres relevant de divers la diversification des marchés mo-
secteurs, comme par exemple le bâti- Les mutuelles et les fondations, difient les activités des salariés. Ainsi,
ment, le nettoyage, le transport, l’édi- deux familles moins présentes les métiers et les formations dans les
tion, l’alimentation, représentent un mutuelles évoluent. Les postes de com-dans l’économie sociale francilienne
tiers des emplois et un quart des éta- mercial et de négociateur se dévelop-
blissements. Enfin, la place des coopé- Les mutuelles ont connu, à partir de pent au détriment des métiers de
2001, d’importantes transformations,ratives agricoles en Ile-de-France est gestionnaire.
à commencer par la refonte du codefaible avec 3 % des salariés du secteur.
de la mutualité, faisant suite à des En 2007, les mutuelles représentent
L’économie sociale propose également directives européennes. La concur- moins de 3 % des établissements et 6 %
des formes innovantes d’entrepreneu- rence entre banques-assurances, so- des salariés de l’économie sociale
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-FranceUn salarié sur deux travaille dans le secteur « éducation, santé et action sociale »8
francilienne. La moitié des mutuelles En revanche, la part des salariés de A l’inverse, dans le domaine social, le
est régie par le code de la mutualité et l’économie sociale dans l’ensemble de poids des associations diminue (- 0,4
l’autre moitié par le code des assuran- reste stable en Ile-de- point), tandis que celui des emplois
ces. Les activités financières représen- France, alors qu’elle croît dans quasi- augmente (+ 2,3 points). A l’exception
tent 78 % des emplois dans les ment toutes les régions. De ce fait, l’é- des crèches et des garderies, la part des
mutuelles, contre 69 % en France. A cart s’accroît entre l’Ile-de-France et emplois progresse dans tous les sec-
l’inverse, le secteur « éducation, santé les régions à forte proportion d’em- teurs du domaine social.
et action sociale » emploie proportion- plois dans l’économie sociale, telles
En 2007, dans le domaine de l’éduca-nellement moins de salariés en que la Bretagne (+ 0,1), le Poitou-
tion, les établissements associatifs etIle-de-France que dans l’ensemble du Charentes (+ 0,3) et le Languedoc-
leurs emplois sont relativement moinsterritoire national (22 % contre 27 %). Roussillon (+ 0,1).
nombreux qu’en 2004 (respectivement
Les mutuelles sont généralement cons- En Ile-de-France, comme au niveau na- - 0,8 point et - 1,3 point). Tous les sec-
tituées d’établissements de taille im- tional, c’est le poids des établissements teurs de l’éducation sont concernés par
portante. En Ile-de-France, elles associatifs dans l’ensemble des établis- cette baisse. Seule la part des emplois
emploient en moyenne 29 salariés par sements franciliens qui évolue le plus de la formation initiale croît sur la
établissement contre 17 en moyenne (+ 0,3 point) entre 2004 et 2007. période 2004-2007 (+ 0,6 point).
nationale. La taille des établissements
est variable d’une région à l’autre. En Les établissements des services Les coopératives et les emplois asso-
Poitou-Charentes, qui accueille de ciés ont très peu évolué entre 2004 etaux particuliers et de l’administration
nombreux sièges de mutuelles, elle est 2007. Les mutuelles sont, quant à elles,renforcent leur prédominance
de 35 salariés en moyenne. un peu moins présentes dans l’éco-
Dans les secteurs des services aux par- nomie sociale en 2007 qu’en 2004. Il
Les fondations franciliennes, telles
ticuliers et de l’administration, la part en est de même de leurs salariés : - 0,2
l’Institut Pasteur ou la fondation hôpital
des établissements employeurs aug- point.
Saint-Joseph, représentent près du tiers
mente respectivement de 1,8 et 1,5
des fondations nationales mais leur poids
point entre 2004 et 2007. Déjà forte-
dans l’économie sociale francilienne
ment prépondérants en 2004, ces sec-
n’est que de 1 %. Avec un effectif de 66
teurs regroupent, en 2007, 63 % des
salariés par établissement, les fondations
établissements de l’économie sociale
sont, en moyenne, de plus grande taille
francilienne.
en Ile-de-France que dans l’ensemble du
territoire national (56 salariés par établis-
A contrario, la part des établissements
sement) et que les établissements des au-
du secteur « éducation, santé et action
tres familles de l’économie sociale
sociale » diminue de 1,7 point. Cepen-
régionale. Les fondations franciliennes
dant, ce secteur regroupe encore 25 %
ont souvent une vocation nationale. Les
des établissements de l’économie so-
trois quarts de leurs salariés travaillent
ciale d’Ile-de-France. De plus, c’est le
dans le secteur « éducation, santé et ac-
seul secteur d’activité où la part des
tion sociale ». Les autres salariés travail-
emplois dans l’économie sociale aug-
lent pour l’essentiel dans le secteur des
mente entre 2004 et 2007 : + 0,3 point.
services aux entreprises.
Les associations du domaine
Le poids des établissements
de la culture et des loisirs plus présentes
de l’économie sociale mais pas plus employeuses
dans l’économie francilienne en 2007 qu’en 2004
progresse entre 2004 et 2007
Dans le domaine de la culture et des
Le poids des établissements franciliens loisirs, la part des associations em-
de l’économie sociale progresse de 0,4 ployeuses progresse de 1,2 point entre
point entre 2004 et 2007. Cette ten- 2004 et 2007. En revanche, celle des
dance concerne pratiquement toutes emplois stagne. Dans ce domaine, les
les régions de France à l’exception du établissements restent de petite taille,
Nord - Pas-de-Calais et des départe- avec un effectif moyen de 2 salariés par
ments d’Outre-Mer. établissement en 2007.
Insee Ile-de-France 2010 Regards sur... l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France

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