SCoT de lAgglomération Messine : objectif 20 000 habitants supplémentaires dans vingt ans

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L’objectif affiché par le SCoTAM de compter 391 000 habitants en 2032, soit 20 000 de plus qu’en 2008, est-il réalisable alors même que les projections de population précédentes concluaient à un gain de population moindre ? Autour du rôle phare de la ville de Metz, les efforts doivent porter sur l’accueil des jeunes de 18 à 25 ans, notamment étudiants. Les arrivées de cadres et professions supérieures, en partie liées aux conditions économiques, constituent une autre source potentielle de croissance démographique, tout comme les arrivées d’étrangers. Les Allemands notamment, voire les Chinois, pourraient à l’avenir être plus nombreux. Le retour au pays des jeunes retraités natifs de Moselle n’est pas non plus à négliger, car le papy-boom va accroître ce vivier de migrants. C’est aussi dans sa capacité à garder les familles présentes dans son périmètre et tentées de s’installer dans les zones périurbaines ou rurales proches, que l’attraction du SCoTAM doit s’affirmer. Reste que d’ici 2032, l’échelle géographique et démographique du SCoTAM pourrait évoluer, pour le rapprocher de Thionville et de Briey et l'intégrer au sein du Pôle métropolitain du Sillon lorrain. C’est vers ces perspectives qu’il faut commencer à se projeter. Sommaire 391 000 habitants en 2032 Hausse de la fécondité et de l’espérance de vie : forte inertie Les migrations : enjeu primordial Rôle phare de Metz pour les nouveaux arrivants Attraction sur les 18-25 ans et étudiants : atouts n°1 à maintenir Des familles qui restent dans le périmètre du SCoTAM Encadré : Une vocation de «formateur» pour Metz, comme pour Nancy et la Lorraine Une proximité avec l’Allemagne à exploiter Projet Terra Lorraine et présence chinoise Retour au pays des jeunes retraités natifs de Moselle La nécessaire combinaison de plusieurs leviers 391 000 habitants en 2032 Hausse de la fécondité et de l’espérance de vie : forte inertie Les migrations : enjeu primordial Rôle phare de Metz pour les nouveaux arrivants Attraction sur les 18-25 ans et étudiants : atouts n°1 à maintenir Des familles qui restent dans le périmètre du SCoTAM Encadré : Une vocation de «formateur» pour Metz, comme pour Nancy et la Lorraine Une proximité avec l’Allemagne à exploiter Projet Terra Lorraine et présence chinoise Retour au pays des jeunes retraités natifs de Moselle La nécessaire combinaison de plusieurs leviers
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°295N SCoT de l’Agglomération Messine :
Pierre-Yves BERRARD L’objectif affiché par le SCoTAM de compter 391 000 habitants en 2032,
Philippe DEBARD soit 20 000 de plus qu’en 2008, est-il réalisable alors même que les projections
de population précédentes concluaient à un gain de population moindre ?
Autour du rôle phare de la ville de Metz, les efforts doivent porter sur l’accueil
des jeunes de 18 à 25 ans, notamment étudiants. Les arrivées de cadres
et professions supérieures, en partie liées aux conditions économiques,
constituent une autre source potentielle de croissance démographique,
tout comme les arrivées d’étrangers. Les Allemands notamment, voire les Chinois,
pourraient à l’avenir être plus nombreux. Le retour au pays des jeunes retraités
natifs de Moselle n’est pas non plus à négliger, car le papy-boom va accroître
ce vivier de migrants. C’est aussi dans sa capacité à garder les familles
présentes dans son périmètre et tentées de s’installer dans les zones
périurbaines ou rurales proches, que l’attraction du SCoTAM doit s’affirmer.
Reste que d’ici 2032, l’échelle géographique et démographique du SCoTAM
pourrait évoluer, pour le rapprocher de Thionville et de Briey et l'intégrer
au sein du Pôle métropolitain du Sillon lorrain.
C’est vers ces perspectives qu’il faut commencer à se projeter.
Le Comité du Syndicat mixte chargé d’éla- 391 000 habitants en 2032
borer le Schéma de Cohérence Territoriale de
Le prolongement des tendances démographi-l’Agglomération Messine (SCoTAM) s’est donné
ques récentes, en termes de fécondité, mortali-comme ambition de compter, dans son territoire
té et migrations, permet d’estimer la populationde compétence, 20 000 habitants supplémentai-
du SCoTAM à 377 000 habitants en 2032. Ceres à horizon 2032. La population serait alors de
scénario initial, dit scénario central, repose sur391 000 habitants, contre 371 000 en 2008, soit
un indice conjoncturel de fécondité (ICF)mainte-une croissance de 5%.
nu, où les naissances compensent encore le
Cet objectif va au-delà des projections de popu- nombre de décès, et sur un gain d’espérance
lation précédentes, qui concluaient à un gain de de vie parallèle à l’évolution nationale. Ce scé-
population moindre. Y parvenir nécessite d’é- nario central permet au SCoTAM de continuer à
mettre de nouvelles hypothèses en termes de dégager un solde naturel excédentaire, toute-
fécondité, mortalité et migrations, qui sont au- fois ramené de 1 400 en 2008 à 300 en 2032.
tant de leviers pour atteindre ce but. Dans le même temps, les taux de migrations
Vavec le reste de la France sont de leur nombre, la question de l’offre de mortalité observés dans le
maintenus à leur niveau actuel, de services (mode de garde, scolarisa- SCoTAM, et quand bien même
quand les échanges de population tion, offre culturelle, accès aux équipe- ceux-ci évolueraient de manière
avec l’étranger sont calculés sur un ment sportifs…) devra être étudiée. plus optimiste pour se rapprocher
solde national positif de 100 000 in- du niveau national actuel, leurs ef-
Dans le scénario central, l’espé-
dividus par an. fets resteraient limités. Il faut donc
rance de vie à la naissance continue
s’attendre à voir le solde naturelL’objectif du SCoTAM, qui vise d’augmenter au rythme observé sur
poursuivre sa diminution constante,14 000 habitants supplémentaires une période récente, soit un gain
comme c’est le cas depuis une ving-par rapport à ce scénario, n’est d’environ 2 mois tous les ans. Un
taine d’années. Sa chute pro-donc possible que si ces hypothè- scénario plus optimiste, où l’espé-
grammée sera difficile à contenir, etses sont infirmées. Dès lors, la rance de vie augmenterait de près
même s’il dégageait encore unquestion posée est de savoir quelles de 3 mois tous les ans, conduirait à
solde positif, ce dernier serait insuf-ressources le territoire peut mobili- une diminution de 140 décès par an
fisant pour atteindre l’objectif deser pour faire évoluer plus favora- dans le SCoTAM. L’effet sur la po-
croissance du SCoTAM.blement sa population résidente. pulation en 2032 serait une aug-
mentation de 3 000 personnes
Les migrations :Hausse de la fécondité (âgées) par rapport au scénario cen-
enjeu primordialtral à la même date. Cependant, ceet de l’espérance de vie :
scénario repose davantage sur l’a- La seule façon pour le SCoTAM deforte inertie
léa (découvertes médicales…) que sur gagner des habitants se jouerait
L’indicateur conjoncturel de fécondi-
l’impact de politiques locales dont le donc sur le terrain des migrations.
té du SCoTAM est de 1,8 enfant par
périmètre d’intervention se situe
Dans le scénario central, lesfemme en 2007, mais avec des dis-
surtout autour de l’implantation de
échanges de population duparités importantes : 1,7 enfant pour
structures d’accueil et d’équipe-
SCoTAM avec le reste de lala ville de Metz, contre près de 1,9
ments de santé.
France prévoient 173 000 arrivéesdans le reste du territoire. En suppo-
pour 200 000 départs entre 2008En résumé, il est peu probable d’en-sant une fécondité accrue de 0,15
et 2032, soit un déficit de 27 000visager d’ici vingt ans une variationenfant par femme dans tout le
personnes. Hormis les cinq com-significative des taux de fécondité etSCoTAM au cours des prochaines
années, portant de fait en 2015 la
fécondité presque au niveau natio- Objectif 2032 : 14 000 habitants de plus que le scénario initial
nal actuel (2,0), le gain de popula- Population du SCoTAM et projections à horizon 2032
tion par rapport au scénario central
Nombre d'habitants
passerait par un surplus de 7 500 400 000
naissances entre 2008 et 2032, gé-
390 000
nérant 6 000 habitants supplémen-
380 000taires en 2032 (en effet net,
c’est-à-dire après migrations et décès), 370 000
dont un tiers à Metz.
360 000
Cette hausse de la fécondité
350 000 Objectif du SCoTAM
est-elle réalisable à si courte Scénario initial
340 000échéance ? Il est permis d’en douter Population présente
car elle repose sur des facteurs dé- 330 000
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035mographiques dotés d’une forte
Source : Insee, recensements de la population, projection Omphaleinertie. Elle pourrait peut-être être
envisagée pour la ville de Metz, qui
a une fécondité relativement peu Un déficit migratoire avec le reste de la France qui persisterait
élevée. Dans ce cas, l’exemple Solde des échanges entre les six secteurs d’étude du SCoTAM et le reste
d’une fécondité plus élevée serait de la France
celui d’une ville française de statut, Nombre d'habitants
1 000
taille et pyramide des âges proches,
0
comme celle d’Orléans, où l’ICF est
-1 000actuellement de 1,9 enfant par
-2 000femme. Le gain envisagé en 2032
-3 000serait alors de 1 500 habitants pour
-4 000Metz et 500 pour le reste du
-5 000 2012-2022SCoTAM.
2022-2032
-6 000
Ces habitants supplémentaires en-
-7 000
gendreront des besoins en termes de Metz Première Reste de la CA CC du Pays Maizières Reste du
couronne de Metz Métropole Orne-Moselle & Sillon SCoTAM
construction ou d’adaptation du parc
Source : Insee, projection de population, scénario central de projection entre 2012 et 2032de logements. De même, en fonction
2munes (Le Ban-Saint-Martin, Longe- Enfin, Metz est la destination pre- doublée du même phénomène dans
ville-lès-Metz, Montigny-lès-Metz, mière de 2 800 étrangers sur les ses bassins de recrutement, engen-
Saint-Julien-lès-Metz et Woippy) qui 4 500 récemment arrivés dans le drerait une diminution du nombre de
constituent la première couronne SCoTAM. En cinq ans, les plus im- jeunes et donc d’étudiants potentiels
autour de Metz, où les arrivées et portants contingents en termes d’ef- dans vingt ans. Ainsi en 2032, le
les départs seraient équilibrés, fectifs, tous âges et activités nombre de jeunes de 18 à 25 ans
tout le reste du territoire connaî- confondus, sont les Algériens (600), vivant dans le SCoTAM pourrait
trait un déficit migratoire. les Turcs (350), les Marocains (350), chuter de 6 800 personnes par rap-
les Allemands (300), les Chinois port à 2008. En maintenant le taux
(220) et les Portugais (180). actuel de 35% d’étudiants dans ceRôle phare de Metz pour
groupe d’âge, cela correspondrait àles nouveaux arrivants La présence d’équipements tels
près de 2 300 étudiants en moins à
Au jeu des migrations, le premier rôle ceux liés à l’accueil de la petite en-
cette date. Pour lutter contre cette
dans le SCoTAM est tenu par la ville fance, les lycées et universités,
baisse, le SCoTAM dispose de plu-
de Metz qui, entre 2003 et 2008, a mais aussi les logements sociaux,
sieurs leviers d’action. Une piste ré-
accueilli 21 600 nouveaux habitants peuvent être mis en avant pour
side notamment dans la hausse à
venant de l’extérieur du SCoTAM, continuer à attirer ces groupes de
plus de 40% du taux de présence
quand 22 600 Messins quittaient le population, à la recherche des amé-
dans l’enseignement supérieur.
territoire (1). Ainsi, Metz ne parvient nités de la grande ville.
Mais le principal levier serait d’amé-
pas à dégager un solde positif, et les
liorer le solde migratoire du territoire
projections semblent indiquer que Attraction sur les 18-25
pour ce groupe d’âge.
cette situation va se prolonger. Ce- ans et étudiants :
pendant, la ville accueille à elle seule Dans le scénario central de projec-atouts n°1 à maintenir
la moitié des nouveaux arrivants du tion, le nombre d’arrivées pour les
En 2008, le SCoTAM compte 45 000SCoTAM, alors qu’elle ne regroupe 18-25 ans s’élèverait à 52 000 entre
jeunes de 18 à 25 ans, dont 16 000qu’un tiers des habitants. Elle est 2008 et 2032, soit trois arrivants
étudiants parmi lesquels 9 000 habi-donc, et doit être, véritablement dans le périmètre du SCoTAM sur
tent à Metz. Ils constituent une desplacée au cœur du dispositif d’attrac- dix. Parmi ces nouveaux entrants,
composantes essentielles de la popu-tivité du SCoTAM. 50% seraient originaires de Moselle
lation du SCoTAM, et le principal mo- ou de Meurthe-et-Moselle, 20%Trois catégories de population cons- teur migratoire du territoire. viendraient des autres départe-tituent des flux de migrants spécifi-
Toutefois, selon les projections de ments du «Grand-Est» (Meuse, Vos-ques vers Metz : les cadres et
population, la réduction du nombre ges, Alsace, Champagne-Ardenne,professions intellectuelles supérieu-
de naissances dans le SCoTAM, Franche-Comté sauf Jura, Côte-d’Or).res, les étudiants, et les étrangers.
Le pôle administratif et tertiaire
messin offre en effet aux cadres et
Une communauté d'agglomération et dix communautés de communes
professions intellectuelles supérieu-
Établissements publics de coopération intercommunale (2010) et secteurs d'étuderes 14 000 emplois, dont près de la
composant le SCoTAMmoitié dans les fonctions métropoli-
taines supérieures (2). Metz est
aussi, avec près de 16 000 étu-
CC du Pays
Maizièresdiants, le premier pôle d’enseigne- Orne-Moselle
& Sillon
ment supérieur du département. CC du Pays CC du Sillon
Orne-Moselle mosellan
Ainsi, 3 400 des 5 600 cadres et 5 600
CC de Maizières-lès-Metz
CC du Haut Chemindes 7 300 étudiants qui sont arrivés
PremièrePremière couronnecouronne
dans le SCoTAM entre 2003 et 2008
Woippy
ont choisi de vivre à Metz, soit respec-
Saint-Julien-
tivement 61% et 77%. Les cadres vien- lès-Metz
Le Ban-Saint-Martinnent pour 35% d’entre eux du reste de
Longeville-lès-Metz Metz CC du Pays de Pange
la Lorraine, en très grande majorité et à Metz
Montigny-lès-Metzpart presque égale de Meurthe-et-Mo-
CC du Valselle et du reste de la Moselle, et pour
Saint Pierre
14% d’Île-de-France. Quant aux étu- CC du Val de Moselle RReessttededelelaCaCAA
de Metz Métropole
diants, 52% sont originaires du reste
de la Lorraine, dont plus de la moitié
de Moselle. CC de Rémilly
CC Accueil de et environs
l'Aéroport régional
(1) personnes de 5 ans et plus, non compris
les départs vers l’étranger CC du Vernois
ResteReste dduu SSCoTCoTAAMM(2) emplois à haut niveau de qualification, de
type cadre ou ingénieur dont le contenu déci-
sionnel est élevé ou qui contribuent à l’image
Source : SCoTAM, Direction générale des collectivités localesde marque de la ville où ils s’exercent.
3
IGN - Insee 2012Une grande partie venant pour étu- population et leur arrivée est le prin- cadre de vie plus verdoyant, et sou-
dier, trois quarts d’entre eux s’instal- cipal moteur migratoire du SCoTAM. vent d’accéder dans le même temps
leraient dans la ville de Metz. à un logement moins onéreux. Ces
partants se sont installés au sud, àDes familles qui restent
La limitation des départs des nou-
l’est et à l’ouest du SCoTAM et par-dans le périmètreveaux bacheliers et des étudiants se
ticipent aux phénomènes de périur-du SCoTAMtrouvant déjà dans le SCoTAM est
banisation et de renouveau des
une autre option possible. En 2008,
espaces ruraux.Retenir les personnes résidant dans
par exemple, 10 000 personnes étu-
le territoire est une autre stratégie qui Toutefois, parmi les actifs qui ont choisidient hors de la région Lorraine, alors
permettrait au SCoTAM de maintenir d’habiter à la campagne, 2 700 revien-qu’elles y résidaient cinq ans plus tôt.
son niveau de population. Elle nent chaque jour travailler dans leIls ont donc choisi une autre ville que
concernerait 9 000 personnes par an, SCoTAM. Le taux de retour journalierMetz ou Nancy pour leurs études.
si l’on se base sur les 45 000 départs est de 50% parmi les ex-habitants du
observés entre 2003 et 2008, et pour-À la fin de leur cursus, les 18-25 ans SCoTAM qui ont emménagé récem-
rait s’avérer payante. En effet, la moi-ont souvent grande latitude quant à ment dans les cantons de Bouzonville,
tié des partants sont restés enleur lieu de vie future : la plupart de Nomeny, de Pont-à-Mousson et de
Lorraine, et surtout 29%, soit 13 000n’ont pas d’enfant, peu sont déjà Dieulouard. Il atteint 60% parmi ceux
personnes, se sont installés à seule-mariés. Par conséquent, une grande qui ont opté pour les cantons de Bou-
ment 30 ou 40 kilomètres de Metzpartie d’entre eux seraient amenés lay-Moselle, de Faulquemont et d’Ho-
(distance routière).à quitter le SCoTAM, pour revenir mécourt. Et il culmine entre 70% et
dans leur région d’origine ou com- 80% parmi ceux qui ont choisi d’habiterLe Nord du SCoTAM, soit les sec-
mencer ailleurs leur vie active. De dans les cantons de Delme, de Thiau-teurs urbanisés de Thionville, de
fait, une simulation de 1 000 arri- court-Regniéville, de Chambley-Bussiè-Briey et de Metzervisse, a séduit
vées supplémentaires pour cette res et de Conflans-en-Jarnisy.6 000 personnes en cinq ans. L’at-
tranche d’âge entre 2008 et 2032 trait du travail frontalier semble être L’attachement économique de ces
génèrerait seulement 800 habitants déterminant : un actif sur trois tra- actifs au territoire du SCoTAM doit
supplémentaires en 2032. vaille au Luxembourg. amener à s’interroger sur les rai-
sons qui les ont poussés à s’instal-Malgré une stabilité moindre que Par ailleurs, en cinq ans, 7 000 per-
ler aussi loin. Le désir formulé parcelle observée pour les actifs, les sonnes ont quitté le SCoTAM, sans
ces actifs et leurs familles de s’ins-étudiants doivent rester une préoc- doute motivées par un désir d’é-
taller en zone périurbaine, voire ru-cupation majeure car ils condition- chapper aux nuisances réelles ou
rale, amène le SCoTAM à affichernent le renouvellement de la supposées de la ville, de trouver un
Jeunes de 18 à 25 ans : 52 000 arrivées pour 36 800 départs à l’horizon 2032
SCoTAM dont Metz
Zone d’échange Solde Solde
Arrivées Départs Arrivées Départs
migratoire migratoire
Bassin proche
27 100 18 500 8 600 19 100 6 900 12 200
(Moselle et Meurthe-et-Moselle)
Grand-Est (*) 11 000 4 500 6 500 8 800 2 900 5 900
Île-de-France 2 600 4 000 -1 400 2 000 2 500 -500
Rhône-Alpes 1 400 1 700 -300 1 000 1 100 -100
Nord-Pas-de-Calais 1 200 900 300 800 600 200
Reste de la France 8 700 7 200 1 500 6 300 4 300 2 000
France 52 000 36 800 15 200 38 100 18 400 19 700
(*) Meuse, Vosges, Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté (sauf Jura), Côte-d’Or
Champ : migrations des 18-25 ans avec le reste de la France entre 2008 et 2032, hors migrations internes au SCoTAM et avec l’étranger
Source : Insee, projection de population (scénario central)
Une vocation de «formateur» pour Metz, comme pour Nancy et la Lorraine
Les arrivées et départs d’étudiants sont parmi les flux majeurs de population observés à Metz, comme à Nancy et en Lorraine. Ils traduisent l’im-
portance du rôle de formateur dévolu aux établissements lorrains d’enseignement supérieur, au profit de la région, mais aussi du reste de l’Hexa-
gone voire de l’étranger. Pour le pôle universitaire messin, des possibilités d’intensifier les arrivées existent. Elles se situent dans une visibilité
accrue, tant par la qualité de ses enseignements que par celle de ses enseignants, à laquelle la création de l’Université de Lorraine devrait
concourir.
Le campus de Metz est, avec celui de Strasbourg, le campus français le plus proche de l’Allemagne. Cette position pourrait séduire des étudiants
allemands, en fonction des enseignements dispensés à Metz et des relations avec les Universités de Sarrebrück et de Trêves, dans le cadre par
exemple de la Grande Région. Or, 5 000 jeunes Allemands étudient en France métropolitaine en 2008, mais ils ne sont qu’une centaine à Metz.
Le campus de Metz, en se positionnant sur l’apprentissage de l’allemand, pourrait également séduire de jeunes étudiants français sensibles à la
langue de Goethe et aux emplois offerts par l’économie allemande, dynamique mais soumise à un vieillissement de sa population active.
La proximité avec le Luxembourg constitue une autre opportunité. Les projections d’emploi tablent sur 180 000 frontaliers en 2020, dont la moitié
seraient lorrains. Sans prétendre concurrencer le Luxembourg en termes de rayonnement économique (et surtout financier), Metz pourrait en pro-
fiter pour se repositionner dans la Grande Région et valoriser ses formations supérieures par les débouchés d’emploi offerts par le Grand-Duché.
4un solde migratoire déficitaire. L’en- sont 12 000), Paris (8 000)etle Au plan national, le nombre d’étu-
jeu pour le SCoTAM, au rythme ac- Haut-Rhin (6 000). Ils lui préfèrent diants chinois a fortement augmenté
tuel des départs, est de retenir les arrondissements de Forbach et lors de la dernière décennie, pour
1 400 habitants par an, dont 220 en- de Sarreguemines, plus proches de atteindre près de 17 000 personnes
fants de moins de 15 ans. leur pays d’origine. De plus, leur en 2008. Dans le SCoTAM, le phé-
nombre y est en forte baisse. À nomène est minime, puisqu’on neLes communes des cantons de
l’aube des années 2000, ils étaient compte en 2008 que 220 étudiantsVigy, de Pange, de Verny ou d’Ars-
en effet beaucoup plus nombreux chinois. L’exemple de Clermont-Fer-sur-Moselle, qui appartiennent au
dans le SCoTAM (2 100 personnes). rand, où ils sont près de 800, inviteSCoTAM, devraient être en mesure
toutefois à s’interroger sur les rai-de répondre aux attentes de ces ha- Pourtant, la position géographique,
sons de l’attractivité de cette agglo-bitants. Situées à moins de 30 kilo- les relations historiques, les commu-
mération, de statut et taillemètres de Metz, elles disposent en nications routières et ferroviaires avec
équivalents à ceux de Metz.effet d’un réseau d’équipements de l’Allemagne, confèrent au SCoTAM et
proximité dense et proche, un avan- à Metz un certain nombre d’atouts. Le Mais c’est surtout au plan écono-
tage notamment sur les communes territoire devrait notamment tirer da- mique local que les perspectives
des cantons de Delme, de Thiau- vantage profit des liens économiques évoluent. Le développement du pro-
court-Regniéville et de Chambley- forts qu’entretient la Moselle avec son jet Terra Lorraine, complexe com-
Bussières, qui en sont plus souvent voisin. En effet, 150 industriels alle- mercial et technologique sino-
dépourvues ou plus éloignées. Mais mands implantés dans le départe- européen, à Illange, au sud de
c’est certainement par l’élaboration ment fournissent du travail à 15 000 Thionville, où 2 000 entreprises
d’une nouvelle politique d’habitat salariés mosellans ; près de 20 000 moyennes chinoises sont attendues,
qu’elles pourront se démarquer et travailleurs frontaliers se rendent pourrait bien donner un coup d’ac-
se rendre plus attractives que leurs chaque jour en Sarre ou en Rhé- célérateur à la présence chinoise
voisines. nanie-Palatinat ; sans compter les dans la région. Le SCoTAM, et en
propriétaires de résidences secondai- particulier l’agglomération messine,L’aspiration des familles à accéder
res et les touristes de passage. devraient ici répondre aux attentesà la propriété plus aisément en s’é-
des Chinois en matière d’habitat. Enloignant des centres-villes doit être
France, 99% d’entre eux vivent enProjet Terra Lorrainemise en balance avec le renchéris-
effet en zone urbaine, et 80% danssement des coûts de déplacement. et présence chinoise
des agglomérations de plus deL’augmentation actuelle et future
Évoquer ici la présence chinoise 200 000 habitants.des prix des carburants, mais aus-
peut a priori surprendre car en
si dans une moindre mesure celle
2008, les ressortissants de Retour au paysdes transports collectifs, est un
l’Empire du Milieu ne sont guère
des jeunes retraitésfacteur à prendre en compte. D’au-
que 300 dans le SCoTAM, pour
tant que les habitants trouvent natifs de Moselle400 en Moselle et 1 000 en Lor-
dans les centres urbains une offre L’attraction d’un territoire peutraine. Les 75 000 Chinois présents
de services à tous niveaux (culturel, s’exercer aussi sur les catégoriesen France métropolitaine se sont
médical, sportif, communication…) plus âgées. Ainsi, entre 2003 etavant tout cantonnés dans la ré-
sans égal par rapport à celle des 2008, le SCoTAM a enregistré l’ar-gion parisienne. Cependant, au
territoires plus ruraux. rivée de 2 000 personnes de 60 ansmoins deux faits récents incitent à
et plus. Dans le même temps, 2 500s’intéresser à cette présence chi-
Une proximité avec personnes du même âge l’ont quitté,noise.
l’Allemagne à exploiter
Dans le SCoTAM, 20 600 étrangers 4 500 étrangers se sont installés dans le SCoTAM entre 2003 et 2008
Nombre d’étrangers dont arrivés entre 2003 et 2008ont été recensés en 2008, dont
Nationalité présents dans le4 500 n’y résidaient pas cinq ans de l’étranger du reste de la France
SCoTAM en 2008
auparavant. Ces derniers consti-
Italiens 4 500 60 110
tuent un peu plus de 10% des nou-
Algériens 3 900 410 160
veaux arrivants, soit une part non
Turcs 2 360 240 100
négligeable. Parmi eux, 3 300 sont Portugais 1 600 140 40
arrivés de l’étranger. Ce flux peut Marocains 1 400 230 120
varier au gré des politiques nationa- Espagnols 870 60 10
les d’immigration. Allemands 640 200 100
Belges 340 70 40Parmi ces étrangers, on compte 600
Serbes 330 90 10
Allemands dont 300 à Metz. Toute-
Tunisiens 310 90 20
fois, le SCoTAM profite peu de la
Polonais 300 80 20
présence des 14 000 ressortissants
Chinois 290 170 50
germaniques vivant en Moselle, leur Autres 3 760 1 460 420
premier département de résidence Ensemble 20 600 3 300 1 200
en France devant le Bas-Rhin (où ils Source : Insee, recensement de la population
5provoquant un solde migratoire lé- mais plusieurs leviers qu’il lui faudraSavoir plus :
gèrement négatif. Néanmoins, plus actionner, car le cas idéal du jeune
de 72 000 retraités qui résidaient en bachelier venant habiter le SCoTAM
2003 dans le SCoTAM y vivent en- pour étudier à Metz, et qui y reste- SCoT de l’Agglomération Messine :
se rendre attractif pour relancer la dy- core en 2008, signe que le territoire pour fonder une famille une fois son
namique démographique, Économie dispose d’éléments pour les retenir. cursus universitaire terminé ne suffira
Lorraine n°268, septembre 2011. pas. L‘effort plus vaste qu’il faut envi-
Les 2 000 nouveaux résidents sé-
sager est difficile, car il doit viser si-- Diagnostic 2010 de la Moselle : dyna-
niors appartiennent surtout à la
miser la croissance démographique en multanément plusieurs classes d’âge
tranche d’âge des 60-69 ans, âgeconfortant l’attractivité économique, et populations.
de début de la retraite, qui marqueÉconomie Lorraine n°247-248, février
2011. Les gains attendus d’une élévationune rupture dans le cycle de vie et
de la fécondité et/ou d’une réductionpeut coïncider avec un changement
- Metz-Thionville : une aire métropoli-
de la mortalité dépendent de fonda-de domicile. Toutefois, l’attractivitétaine à construire, Économie Lorraine
mentaux démographiques, qui res-n°201-202, janvier 2010. du SCoTAM sur ces jeunes retraités
tent dotés d’une forte inertie et surreste géographiquement limitée et
- Scot messin : les communes périur-
lesquels les politiques locales ontrésulte d’un certain attachement fa-
baines à l’Est et au Sud porteuses de
peu de prise.milial : près des deux tiers d’entrecroissance pour au moins dix ans, Éco-
nomie Lorraine n°124, avril 2008. eux viennent du reste de la Lor- Le volet migratoire contient les élé-
raine, et principalement du reste de ments et perspectives pouvant per-Site internet :
la Moselle ; la moitié d’entre eux mettre au SCoTAM d’atteindre son- www.insee.fr
sont nés en Lorraine, et très majori- objectif de croissance démogra-
tairement en Moselle. phique. Il pourrait être accompagnéL’indice conjoncturel de fécondité
de politiques locales foncières, d’ha-(ICF) à l’année n s’interprète comme le Il se dégage donc pour le SCoTAM
bitat et de services-équipements, ennombre moyen d’enfants pour une une population cible, pour laquelle il
adéquation avec les populations ci-femme qui aurait pendant toute sa vie peut être attractif, celle des 60-69
féconde, les taux de fécondité observés bles. Mais le solde migratoire duans natifs de Moselle, habitant dans
à chaque âge au cours de l’année n. SCoTAM reste lié aux conditions éco-le restedelaMoselle,delaLorraine
nomiques et à des décisions politi-ou de la France. En 2008, cela re-
ques nationales, comme l’a montré leprésente 58 000 personnes, dont
plan de restructuration des armées.39 000 résident ailleurs en Lorraine,
4 200 en Alsace et 2 400 en Île- Dans le même temps, il est à parier
de-France. Au cours des vingt pro- que dans moins de vingt ans, l’ag-
chaines années, ce vivier se renou- glomération de Metz aura fini de se
vellera et augmentera, avec l’arrivée rapprocher de celle de Thionville,
Insee à l’âge de la retraite des 250 000 aura retrouvé une continuité de bâti
Institut National de la Statistique personnes âgées aujourd’hui de 40 avec celles de Briey et de Joeuf, et
et des Études Économiques à 59 ans qui répondent à ces critè- aura fusionné avec quelques-unesDirection Régionale de Lorraine
res, dont 155 000 résident actuelle-15, rue du Général Hulot des quinze petites agglomérations
CS 54229 ment dans le reste de la Lorraine, qui l’entourent.
54042 NANCY CEDEX 17 000 en Alsace et 14 000 en
Tél : 0383918585 Dès lors, le cadre actuel duÎle-de-France.
Fax: 0383404561 SCoTAM, tout comme celui du
www.insee.fr/lorraine Pour attirer cette population, le de l’Agglomération Thionvil-
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION SCoTAM ne peut pas compter sur loise (SCoTAT), sera devenu trop
Christian TOULET l’héliotropisme dont jouissent les ré- étroit et imposera de passer à un
Directeur régional de l’Insee gions du sud et de l’ouest de l’Hexa- stade supérieur, qui pourrait être un
COORDINATION RÉDACTIONNELLE gone. Il doit donc miser sur la SCoT unique Metz-Thionville-Briey,
Bertrand KAUFFMANN présence ou le développement d’un rassemblé autour d’un ensemble ur-
Jean-Jacques PIERRE
certain nombre d’équipements et de bain continu de près de 500 000 ha-
RESPONSABLE ÉDITORIALE services, accessibles et de qualité, bitants. Par ailleurs, il convient de
ET RELATIONS MÉDIAS parmi lesquels les équipements de prendre en compte les complémen-
Brigitte VIENNEAUX
santé et les transports en commun, tarités avec Nancy et Épinal au sein
RÉDACTRICE EN CHEF ce à quoi pourront répondre le futur du Pôle métropolitain du Sillon lor-
Agnès VERDIN hôpital de Mercy et le Mettis. rain, qui constitue un ensemble ca-
RÉALISATION DE PRODUITS pable par son poids de trouver plus
ÉDITORIAUX La nécessaire combinaison de croissance interne que les aires
Édith ARNOULD urbaines prises séparément.de plusieurs leviers
Marie-Thérèse CAMPISTROUS
L’avenir dira si le SCoTAM atteint son C’est aussi dans ces nouvellesISSN : 0293-9657
© INSEE 2012 objectif de compter 20 000 habitants échelles géographiques et démo-
supplémentaires en 2032. Pour y par- graphiques qu’il faut commencer à
venir, il apparaît que ce n’est pas un se projeter.
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