Sud meurthe-et-mosellan : une analyse multidimensionnelle du bien-être

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Le revenu n’est pas le seul déterminant du bien-être, d’autres facteurs interviennent : l’insertion sur le marché du travail, la qualité du logement, les moyens de l’accessibilité, les aménités, etc., qui peuvent détériorer a priori la qualité de vie. Ils doivent être pris en compte pour mesurer le bien-être des individus, ce qui suppose que l’on sache estimer leur importance relative. L’approche par les capabilités ne réduit plus la pauvreté aux seules ressources monétaires, mais la voit comme une inadéquation des capabilités/capacités des individus, compte tenu de leur environnement social et de leurs caractéristiques personnelles. Sa traduction spatialisée permet de rendre compte du rôle jouépar la localisation résidentielle sur les opportunités de bien-être. Ainsi le bien-être capabiliste mesuré à l’échelle de chaque commune du département permet de détecter l’existence de zones ségrégées et de rendre compte de l’effet d’agglomération joué par Nancy. Sommaire L’approche par les capabilités Les indicateurs associés à chaque dimension du bien-être «Avoir un revenu décent» (RE1) «Avoir un logement décent» (RE21, RE22) «Être bien inséré sur le marché du travail» (RE3) «Avoir un accès immédiat aux aménités urbaines» (RE4) «Être à proximité des emplois» (RE5) «Avoir accès à un logement à prix modéré» (RE6) «Être à proximité d’aménités culturelles, naturelles et environnementales » (RE7) «Avoir une éducation suffisante» (LO1) «Avoir accès à un tissu social diversifié et favorable» (LO2) «Avoir les moyens de l'accessibilité» (LP1) «Avoir accès à une offre de transports collectifs» (LP2) «Être intégré à la vie sociale et politique» (LP3) Un bien-être inégalement réparti dans l'espace Formulation Projections démographiques : une démographie future fortement liée à celle de Nancy et ses environs La Multipole Sud Lorraine : ambition, cohésion et excellence, par le SCoTSud54 L’approche par les capabilités Les indicateurs associés à chaque dimension du bien-être «Avoir un revenu décent» (RE1) «Avoir un logement décent» (RE21, RE22) «Être bien inséré sur le marché du travail» (RE3) «Avoir un accès immédiat aux aménités urbaines» (RE4) «Être à proximité des emplois» (RE5) «Avoir accès à un logement à prix modéré» (RE6) «Être à proximité d’aménités culturelles, naturelles et environnementales » (RE7) «Avoir une éducation suffisante» (LO1) «Avoir accès à un tissu social diversifié et favorable» (LO2) «Avoir les moyens de l'accessibilité» (LP1) «Avoir accès à une offre de transports collectifs» (LP2) «Être intégré à la vie sociale et politique» (LP3) Un bien-être inégalement réparti dans l'espace Formulation Projections démographiques : une démographie future fortement liée à celle de Nancy et ses environs La Multipole Sud Lorraine : ambition, cohésion et excellence, par le SCoTSud54
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Sud meurthe-et-mosellan :N 249-250
Le revenu n’est pas le seul déterminant du bien-être, d’autres facteurs
interviennent : l’insertion sur le marché du travail, la qualité du logement,
les moyens de l’accessibilité, les aménités, etc., qui peuvent détériorer
a priori la qualité de vie. Ils doivent être pris en compte pour mesurer
le bien-être des individus, ce qui suppose que l’on sache estimer
leur importance relative. L’approche par les capabilités ne réduit plus
la pauvreté aux seules ressources monétaires, mais la voit comme
une inadéquation des capabilités/capacités des individus, compte tenu
de leur environnement social et de leurs caractéristiques personnelles.
Sa traduction spatialisée permet de rendre compte du rôle joué
par la localisation résidentielle sur les opportunités de bien-être.
Ainsi le bien-être capabiliste mesuré à l’échelle de chaque commune
du département permet de détecter l’existence de zones ségrégées
et de rendre compte de l’effet d’agglomération joué par Nancy.
Le SCoTSud54 est le plus grand SCoT mais si les espaces ont au contraire tendance à
(Schéma de cohérence territoriale) de France, par être localisés à proximité d’espaces dont les ni-
sa superficie et par le nombre de communes et veaux de pauvreté sont similaires. En d’autres
d’intercommunalités. Son périmètre regroupe termes, on propose de dire que le périmètre
465 communes, 30 EPCI (Établissements publics de couvert par le SCoT est ségrégé si la fracture
coopération intercommunale), soit 570 000 habi- sociale se double d’une fracture spatiale.
tants et 222 000 emplois. Il résulte d’une volonté
commune des plus grandes collectivités du terri- L’approche par les capabilités
toire, pour répondre à l’objectif de créer une dy- Une première thèse définit la pauvreté en ter-
namique de la Lorraine Sud renforçant mes de ressources. La pauvreté résulte d’un
l’émergence de la métropole Lorraine, dans le manque, d’une non-possession. Dans cette ap-
cadre des coopérations du bipôle métropolitain proche, la pauvreté est unidimensionnelle puis-
Metz-Nancy et de l’espace central, ainsi que du qu’elle n’est définie qu’en termes de revenu ou
réseau de villes du Sillon Lorrain. Cet avenir par- de consommation. Une seconde thèse, dite ap-
tagé sera ainsi construit en réunissant un vaste proche des capabilités (A. K. SEN), considère
territoire dans un même espace de contribution que ce qui permet de réduire la pauvreté n’est
et de solidarité. pas la possession de biens, mais ce que les in-
Cet article vise à explorer l’existence ou non dividus qui possèdent ces biens sont capables
d’une ségrégation socio-spatiale de l’espace d’en tirer. Les biens ou les ressources devien-
couvert par le SCoT. On considérera que l’es- nent des moyens pour chacun d’entre nous de
pace est ségrégé si la distribution des niveaux réaliser la vie qu’il souhaite mener. Cette ap-
de pauvreté en son sein n’est pas aléatoire, proche multidimensionnelle ne réduit plus la
Vpauvreté aux seules ressources - «Avoir un accès immédiat aux étant donné le système socio-éco-
monétaires. La pauvreté ne sera aménités urbaines» : il est important nomique dans lequel ils sont
plus perçue uniquement comme un de tenir compte des aménités urbai- insérés. Ce degré de contrôle
manque de ressources (monétaires nes auxquelles l’individu a accès à dépend notamment de leur degré
ou en termes de biens et services), proximité de sa localisation (commer- d’immunité et d’autonomie dans le
mais comme une inadéquation des ces, services administratifs, culturels et processus de choix. L’immunité cor-
capabilités de l’individu, compte sportifs existant dans le périmètre de sa respond à l’absence d’interférences
tenu de son environnement social et commune de résidence). de la part du reste du monde dans
de ses caractéristiques personnel- la procédure de choix. L’autonomieLe deuxième facteur tient compte de
les. Cette approche met l’accent sur est le pouvoir effectif de prendrel’étendue et de la diversité de ce
l’importance de la liberté d’accom- leurs décisions dont disposent lesque l’individu est libre d’accomplir,
plir dans la mesure du bien-être des individus.c’est-à-dire de l’ensemble de la
individus. gamme des opportunités dont il dis- Vouloir pleinement appréhender la
Si l’on reprend les travaux d’E. pose. La liberté d’opportunité (LO) liberté dont jouit un individu conduit
TOVAR [2008, 2009], il est possible de est appréciée grâce à l’ensemble donc à considérer aussi sa liberté
distinguer dans le cadre de l’ap- des capabilités de l’individu, qui re- procédurale (LP):
proche par les capabilités trois prend l’ensemble des fonctionne- - «Avoir les moyens de l’accessibi-
éléments dans la composition du ments qui lui sont potentiellement lité», dépend de la mobilité des indi-
bien-être, appelé «bien-être capabi- accessibles : vidus (localisation à proximité d’une
liste» : les réalisations effectives
station de transports en commun, pos-- «Avoir une éducation suffisante» ;
(RE), la liberté d’opportunité (LO)et
session d’un véhicule particulier, etc.);
- «Avoir accès à un tissu social di-la liberté procédurale (LP).
- «Ne pas être discriminé» : rien neversifié et favorable» : un individu
Le premier facteur, RE, correspond sert d’avoir les moyens de se rendreaura d’autant plus de chances d’at-
aux réalisations effectives des indi- à un entretien d’embauche si l’onteindre une condition sociale élevée
vidus. Elles recouvrent l’ensemble estmis àl’écart àcausedelarépu-dans l’échelle des valeurs sociales
des choses qu’un individu peut aspi- tation du quartier où l’on vit ;que son environnement sera peuplé
rer à faire ou à être, à savoir leurs
d’individus favorisés et qu’il sera - «Être intégré à la vie sociale et po-fonctionnements (functionnings en an-
confronté dans son environnement litique».
glais):
quotidien à de nombreuses trajectoi-
Au total, on propose d’utiliser un- «Avoir un revenu décent» : ce res différentes éloignées de sa si-
bien-être capabiliste BC =(RE, LO,qu’un individu possède et tuation ;
LP) composé des réalisations ef-consomme, sa richesse monétaire,
- «Avoir accès aux opportunités of- fectives, de la liberté d’opportunitéson panier de biens de consomma-
fertes par la ville» : reflète l’intérêt et de la liberté procédurale des in-tion ;
croissant porté à la question de dividus. La mesure de ces fonc-
- «Avoir un logement décent» ; l’accessibilité à la ville en relation tionnements est réalisée pour
avec la question des inégalités ur-- «Être bien inséré sur le marché du chaque commune de chacune des
baines.travail» : renvoie à la prise en quatre zones du département de
compte du degré de précarité des Meurthe- et-Moselle. L’espace deLe dernier facteur rend compte du
individus sur le marché du travail ; référence est celui du départementdegré de contrôle que les individus
Zones d'étude.exercent sur leur propre destinée,- «Être à proximité des emplois» ;
Les indicateurs associés
Facteurs individuels Facteurs locaux
à chaque dimension
Réalisations «Avoir un revenu décent» «Avoir un accès immédiat
du bien-être
(RE1) aux aménités urbaines» (RE4)effectives
Le premier facteur correspond aux
«Avoir un logement décent» «Être à proximité des emplois »
réalisations effectives des individus.
(RE21, RE22) (RE5) Elles recouvrent l’ensemble des
«Être bien inséré sur le marché «Avoir accès à un logement choses qu’un individu peut aspirer à
du travail» (RE3) à prix modéré» (RE6) faireouàêtre.
«Être à proximité d’aménités
culturelles, naturelles et
environnementales» (RE7)
N.B. : Lecture des cartes : plus la couleur
«Avoir une éducation suffisante» «Avoir accès à un tissu socialLiberté va vers le rouge, plus le niveau de
(LO1) diversifié et favorable» (LO2) bien-être associé au fonctionnement estd’opportunité
élevé. La discrétisation choisie suit la mé-
Liberté «Avoir les moyens de l’accessibilité» «Avoir accès aux transports
thode de Jenks (1977), qui vise à minimi-
procédurale (LP1) collectifs» (LP2) ser la variance intra-classes et à
maximiser la variance inter-classes, ce qui«Être intégré à la vie sociale
a pour effet de produire des classes homo-
et politique » (LP3) gènes. Le nombre de classes a été fixé à 6.
2dios sont suroccupés par construc-«Avoir un revenu décent» «Être bien inséré sur le
tion. À l’inverse, on parle de(RE1) marché du travail» (RE3)
sous-occupation modérée si le lo-
Cet indicateur représente ce qu’un Ce fonctionnement prend en comptegement compte une pièce de plus
individu possède et consomme, et le degré de précarité des individusque la norme, de sous-occupation
notamment sa richesse monétaire. sur le marché du travail. La précaritéprononcée à partir de deux pièces
On utilise ici le revenu fiscal médian de l’emploi dépend de la stabilité dude plus. Le nombre de pièces
par commune et unité de consom- contrat de travail d’un individu et ellenécessaire au ménage est
mation en 2007 (source DGI, Impôt renvoie également à la manière dontdécompté de la manière suivante :
sur le revenu des personnes physiques). l’individu envisage sa position profes-une pièce de séjour pour le
Disponible dès le seuil de 50 ména- sionnelle et l’évolution de celle-ci.ménage ; une pièce pour le couple
ges, le revenu fiscal médian est l’in- principal ; pour les autres person- Deux éléments jouent alors sur la
dicateur le plus largement diffusé. nes mariées du logement, une natureprécaired’unemploi:sa
S’il garantit le respect de la confi- pièce pour deux personnes ; une temporalité (temps partiel vs. temps
dentialité des données individuelles, pièce pour les célibataires de 19 complet) et sa longévité (CDI vs.
il présente également l’avantage de ans et plus ; pour les célibataires CDD, intérim, etc.). On qualifie
ne pas être déformé par les revenus de moins de 19 ans : une pièce généralement de précaire tout em-
extrêmes. pour deux enfants s’ils sont de ploi autre qu’un contrat à durée
Le revenu médian par unité de même sexe ou s’ils ont moins de indéterminée à temps complet.
consommation (UC) permet de me- sept ans ; sinon, une pièce par en- Outre le CDI, d’autres statuts (titulaire
surer le niveau central de la distribu- fant. de la Fonction publique, employeur, tra-
tion du revenu fiscal par UC,en vailleur indépendant, aide familial)ga-En 2006, 5,4% des ménages lor-
partageant les personnes en deux rantissent également la stabilité durains habitent un logement suroc-
groupes de tailles égales : la pre- contrat de travail et peuvent être in-cupé. Plus visible dans les zones
mière moitié des personnes ont des clus dans le statut le plus favorableurbaines, la suroccupation
revenus par UC inférieurs à cette va- par opposition auquel on définit leconcerne 23 700 ménages en
leur et la deuxième moitié des per- halo des emplois précaires.Meurthe-et-Moselle, dont 19 000
sonnes ont des revenus par UC dans la seule zone de Nancy. L’in- Pour mesurer ce fonctionnement, il
supérieurs à cette valeur. dicateur retenu pour la carte est la faut ordonner les statuts sur le
La médiane du revenu fiscal par UC proportion de ménages par com- marché du travail selon leur degré de
s’établit à 16 784 euros en Meurthe- mune qui ne sont pas en situation précarité. Nous postulons que le
et-Moselle en 2007, autrement dit la de suroccupation. degré de précarité d’un contrat est
moitié des personnes appartiennent plus affecté par sa longévité que parLe second indicateur (RE22)
à un ménage meurthe-et-mosellan sa temporalité, de sorte qu’un emplois’intéresse au confort des loge-
qui déclare un revenu fiscal par stable à temps partiel est classéments et comptabilise la proportion
unité de consommation inférieur à comme moins précaire qu’un contratde logements confortables par com-
16 784 euros. Les revenus sont les temporaire à temps complet. Onmune. Un logement est réputé
plus élevés dans la zone de Nancy aboutit au classement suivant : em-«confortable», si il dispose de bai-
et les plus faibles du département ploi stable à temps complet (1), em-gnoire ou douche, de toilettes et de
dans la zone de Lunéville. ploi stable à temps partiel (2), contratchauffage central. 62% des loge-
(Voir carte RE1) temporaire à temps complet (3), con-ments du département sont «confor-
trat temporaire à temps partiel (4),tables», cette proportion tombe à
contrat ponctuel à temps complet (5),«Avoir un logement 52% dans la zone de Lunéville. à temps partiel (6),(Voir carte RE21 et carte RE22)décent» (RE21, RE22)
chômeur (7), inactif (8).
Ce fonctionnement est mesuré à h
θ = est le degré de précaritéhpartir de deux indicateurs. HEn complément : «Les condi-
h∑
Le premier indicateur (RE21) tions de logement des ména- h =1
cherche à déterminer le degré ges à revenus modestes affecté à chacun des H=8 statuts h
d’occupation du logement. On me- s’améliorent», Josnin R., Ro- surlemarchédutravail et s la partjh
sure ce fonctionnement à partir du bert A., Le point sur, Observa- des individus résidant dans la com-
nombre de ménages en situation tion et statistiques, CGDD, n° mune i et dont le statut sur le mar-
de «suroccupation». Le taux d’oc- 29, octobre 2009. ché du travail est h. L’indicateur de
cupation compare le nombre de précarité de l’insertion sur le marché
pièces que comporte le logement Pour en savoir plus : «Le loge- du travail associé à chaque com-
avec le nombre de pièces ment des Lorrains en 2006 : mune i s’écrit alors :
considéré comme nécessaire au une forte dynamique malgré H
θ sménage. Un logement auquel il une population stagnante», ∑ hih
h =1manque au moins une pièce est en Florémont M., Insee Économie RE3 =i n H
situation de suroccupation. À noter Lorraine, n° 176, juillet 2009. θ s∑∑ hih
i==11hque selon cette définition, les stu-
3L’indicateur varie peu en moyenne localisation même dans une com- Le potentiel d’accueil touristique
entre les zones. À l’intérieur des zo- mune donnée constitue ou non un rapporte le nombre de campings,
nes, des différences notables exis- handicap dans l’obtention d’un em- d’hôtels et de résidences secondai-
tent entre les communes, en ploi, quel que soit le type de celui-ci. res à la population résidente dans la
particulier dans la zone de Nancy. Nous utilisons la proportion d’indivi- commune. Ce potentiel s’avère par-
dus dont le travail est situé à ticulièrement significatif dans la(voir carte RE3)
l’intérieur de la commune parmi la zone de Lunéville.
population active ayant un emploi. (voir carte RE7)«Avoir un accès
L’accessibilité aux emplois sur placeimmédiat aux aménités
varie entre 19,8% dans la zone de «Avoir une éducationurbaines» (RE4)
Nancy et 24% dans la zone de suffisante» (LO1)
Ce fonctionnement reflète l’intérêt Pont-à-Mousson.
Ce fonctionnement est apprécié àcroissant porté à la question de l’ac-
(voir carte RE5) l’aide du dernier diplôme obtenu parcessibilité à la ville, en relation avec la
les individus sortis du système édu-question des inégalités urbaines. L’indi-
catif. Pour mesurer ce fonctionne-«Avoir accèscateur d’accessibilité moyenne à une
ment, il faut tenir compte de lagamme E d’équipements «au plus à un logement à prix
structure de la population des zonesproche du domicile» est donné par : modéré» (RE6)
étudiées. Pour ce faire, on note emk
wI −A∑ j j L’indicateur retenu est la part de lo- de la classe d'âge m=1,M possé-
jE∈IA()E = gements sociaux par commune.i dant le niveau de diplôme k=0,K.w∑ j
jE∈ Cette part qui avoisine les 3% pour Soient :
le département dans son ensemble,
KRE4=−Max((IAE)) IA(E)ii i
atteint 4,3% dans la zone de Nancy.Ee= , effectif total de lamm∑kavec :
k = 0
(voir carte RE6)
classe d’âge m- te correspond au temps en heures
pleines d’accès à tel équipement, dk = /K, un paramètre qui tientk«Être à proximité
compte du niveau de diplôme- IA : indicateur d’accessibilité à l’é-j d’aménités culturelles,
Kquipement j qui s’écrit IA=2*te
naturelles de∑ kmk
En l’absence de l’information sur la k =1τ =et environnementales » m K
fréquence d’utilisation des équipe-
e∑ mk(RE7)ments, on utilise pour w, la fréquencej k =1
sur le territoire. L’hypothèse sous-ja- Le terme d’«aménité» est emprunté
Le niveau d’éducation de la com-
cente est que «plus un équipement à l’anglais amenity, synonyme
mune i s’écrit :
est présent sur le territoire, plus la po- d’agrément, de tout ce qui peut
M
pulation le fréquente souvent et cela rendre un endroit agréable. Plu- τ e∑ mmk
dans les mêmes proportions». sieurs méthodes existent pour tenter m =1LO1 =
i M K
d’évaluer, d’estimer la valeur mar-Cet indicateur permet de mettre en évi- e∑ ∑ mk
chande de ces aménités (prix hédoni- m =1 k =1dence les communes (ou les territoires)
ques, évaluation contingente, indices ouqui ont un accès moins aisé aux «équi- Le niveau d’éducation dans la zone
échelles d’aménités).pements les plus fréquentés» de E de Nancy se situe cinq points
(que l’on approxime par les «équipements Les aménités climatiques variant au-dessus de la moyenne départe-
les plus fréquents» de E). Cet indicateur peu entre les communes du dépar- mentale.
est calculé pour la gamme des équipe- tement (climat de type semi-conti-
ments de proximité. nental) et au regard de la difficulté «Avoir accès à un tissu
d’objectiver l’évaluation économiqueL’accessibilité est maximale pour la social diversifié et
des paysages, nous retiendrons lezone de Nancy, où un équipement favorable» (LO2)
potentiel d’accueil touristique pourde proximité est en moyenne à 7 mi-
1 000 habitants, comme un proxy On formule ici deux hypothèses.nutes du domicile.
des aménités naturelles et culturel- La première est qu’un individu
Base Permanente des Équipements : les dont bénéficient les communes aura d’autant plus de chances d’at-
www.insee.fr/fr/themes/ et leurs habitants. On fait ici l’hy- teindre une condition sociale
pothèse selon laquelle les aménités élevée dans l’échelle des valeurs(voir carte RE4)
culturelles (sites classés au patrimoine sociales que son environnement
Unesco, sites remarquables) et natu- sera peuplé d’individus favorisés«Être à proximité
relles (littoral, montagne, climat, lacs/ri- («effet de pairs»). La seconde est
des emplois» (RE5)
vières) constituent de véritables qu’il sera d’autant plus facile à un
Ce fonctionnement concerne la dis- avantages comparatifs territoriaux individu de poursuivre des oppor-
ponibilité de l’emploi dans la com- en termes d’activités touristiques et tunités diverses qu’il sera confron-
mune elle-même. Cet indicateur a de développement économique rési- té dans son environnement
pour vocation d’apprécier en quoi la dentiel. quotidien à de nombreuses trajec-
4toires différentes éloignées de sa gnes régulières d’autocars (Ted’54))«Avoir les moyens
situation. (LP21), la part des déplacementsde l’accessibilité» (LP1)
domicile-travail en transports enPour apprécier le fonctionnement, Ce fonctionnement participe de la di- commun par commune de rési-on utilise les catégories socioprofes- mension de la liberté procédurale du dence des actifs en 2006 (LP22).sionnelles (PCS) de la population ré- bien-être individuel et s’apprécie en ter-
sidant dans chaque commune ou y La part des actifs utilisant des trans-mes d’indépendance de l’individu dans
travaillant. ports en commun dans leurs dépla-sa mobilité quotidienne. Si l’accessibili-
cements domicile-travail varie deOn classe ensuite les PCS de la fa- té aux emplois et équipements est im-
2,39% (zone de Toul) à 4,90% (zoneçon suivante : cadres et professions portante en termes de liberté
de Nancy).intellectuelles supérieures, arti- d’opportunité, le fait d’avoir les moyens
sans/commerçants et chefs d’entre- de transformer cette accessibilité po- (voir carte LP2)
prises, professions intermédiaires, tentielle en contact réel est tout aussi
employés, agriculteurs exploitants, important. Le fonctionnement «Avoir
«Être intégré à la vie
ouvriers, retraités, autres personnes les moyens de l’accessibilité» dépend
sociale et politique» (LP3)sans activité professionnelle. du degré de mobilité des individus (ac-
cessibilité aux infrastructures de transport,q Un individu jouira de la pleine
δq = est la pondération af-
8 nombre de modes de transport empruntés, maîtrisedesatrajectoire de vieauni-
q∑ possession d’un véhicule personnel, etc.). veau le plus général s’il participe plei-
q =
On apprécie ici ce fonctionnement nement à la régulation du systèmefectée à chaque type q = 1,8 de PCS
avec le pourcentage d’individus qui ap- social dans lequel il est inséré. Pourclassées dans l’ordre croissant.
partiennent à un ménage disposant apprécier ce fonctionnement, une so-
d’au moins une voiture. lution simple est d’indiquer le taux deLa part de la population active de la
participation des habitants de chaque91,5% des ménages de la zone decommune i dont la PCS est de type
commune aux élections régionales dePont-à-Mousson disposent d’auq, selon qu’il s’agit de la population
2010 (LP32).moins une voiture.résidant dans la commune i ou y tra-
vaillant s’écrit : La participation la plus faible est en-(voir carte LP1)
8 8 registrée dans la zone de Nancy.⎡ ⎤1 LR LTLO2i=+δδp p «Avoir accès à une offre de⎢∑∑qiq qip ⎥2 (voir carte LP3)q==1 q 1⎣ ⎦
transports collectifs» (LP2)
Aux deux bornes du département, Pour mesurer ce fonctionnement, Nous disposons au final de 13 indica-
on trouve les zones de Nancy et de deux indicateurs sont disponibles : teurs qui constituent la base d’infor-
Lunéville. l’offre en transports en commun par mation sur le bien-être capabiliste de
commune (nombre de dessertes par li- chaque commune du département.(voir carte LO2)
Corrélations entre les dimensions du bien-être
Coefficients de corrélation de Pearson
RE1 RE21 RE22 RE3 RE4 RE5 RE6 RE7 LO1 LO2 LP1 LP2 LP3
Vecteur de poids 0,06 0,05 0,06 0,07 0,06 0,1 0,07 0,15 0,08 0,10 0,06 0,08 0,07
Avoir un revenu décent 1,00RE1
RE21 Ménages en situation de non -0,07 1,00
«sur-occupation» du logement
RE22 Proportion de logements 0,58 -0,07 1,00
confortables
RE3 Etre bien inséré sur le marché 0,41 0,13 0,27 1,00
du travail
RE4 Avoir un accès immédiat aux 0,34 -0,27 0,37 -0,13 1,00
aménités urbaines
Etre à proximité des emplois -0,03 1,00RE5 -0,26 0,14 -0,20 -0,37
RE6 Avoir accès à un logement à prix 0,20 -0,41 0,30 -0,17 0,58 -0,28 1,00
modéré
RE7 Etre à proximité d’aménités -0,39 0,02 -0,44 -0,18 -0,24 0,15 -0,14 1,00
naturelles, culturelles et
environnementales
LO1 Avoir une éducation suffisante 0,38 0,08 0,28 0,48 -0,04 0,04 -0,09 -0,01 1,00
LO2 Avoir accès à un tissu social 0,30 -0,07 0,28 0,13 0,23 -0,09 0,12 -0,18 0,22 1,00
diversifié et favorable
Avoir les moyens de l’accessibilité 0,03 -0,03 1,00LP1 0,34 0,04 0,38 -0,49 0,23 -0,55 0,14 0,26
LP2 Avoir accès à une offre 0,30 -0,35 0,29 -0,04 0,45 -0,17 0,55 -0,16 0,07 0,18 -0,34 1,00
de transports collectifs
LP3 Etre intégré à la vie sociale -0,22 0,14 -0,28 0,06 -0,49 0,24 -0,35 0,26 0,16 -0,19 0,37 -0,21 1,00
et politique
En gras, valeurs significatives (au seuil alpha=0,050)
5Statistiques descriptives des indicateurs de bien-être
Pont-à- Meurthe-
Zones Nancy Toul Lunéville Autres
Mousson et-Moselle
RE1 Avoir un revenu décent
Minimum 14 808 13 729 14 112 12 579 11 288 11 288
Médiane 19 029 16 548 17 730 15 588 16 775 16 784
Maximum 23 737 22 030 19 100 18 622 19 902 23 737
Moyenne 18 928 16 539 17 306 15 490 16 587 16 926
RE21 Ménages en situation de non «sur-occupation» du logement
Minimum 79,2 83,3 87,5 80 87,5 79,2
Médiane 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Maximum 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Moyenne 98,3 98,5 98,9 99 98,4 98,6
RE22 Proportion de logements confortables
Minimum 0,0 0,0 36 22,5 21,4 0,0
Médiane 72,5 58,4 64,3 52,0 67,9 63,5
Maximum 97,6 88,5 85,5 89,5 92,9 97,6
Moyenne 71,2 58,8 64,4 52,0 66,3 62,3
RE3 Etre bien inséré sur le marché du travail
Minimum 0,42 0,34 0,38 0,33 0,27 0,27
Médiane 0,50 0,48 0,50 0,46 0,48 0,48
Maximum 0,96 0,60 0,58 0,64 0,56 0,96
Moyenne 0,51 0,48 0,49 0,46 0,48 0,48
RE4 Avoir un accès immédiat aux aménités urbaines
Minimum 2,2 0,0 3,1 0,2 1,9 0,0
Médiane 11,1 8,9 8,8 9,1 11,3 10,0
Maximum 18,5 18,5 18,5 18,5 18,5 18,5
Moyenne 11,8 9,2 9,2 9,1 11,4 10,3
RE5 Etre à proximité des emplois
Minimum 0,0 9,3 12,3 9,0 9,7 0,0
Médiane 18,4 23,1 23,1 21,1 17,9 20,5
Maximum 55,4 47,4 54,0 47,6 46,3 55,4
Moyenne 19,8 23,7 24,0 22,4 19,5 21,6
RE6 Avoir accès à un logement à prix modéré
Minimum 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Médiane 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Maximum 44,3 31,9 25,9 26,9 49,6 49,6
Moyenne 4,3 2,1 1,6 1,3 3,6 2,6
RE7 Etre à proximité d’aménités naturelles, culturelles et environnementales
Minimum 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Médiane 4,4 22,5 14,5 27,0 5,3 11,7
Maximum 333,3 230,8 139,5 416,7 897,4 897,4
Moyenne 12,6 35,3 23,5 41,5 24,9 27,9
LO1 Avoir une éducation suffisante
Minimum 26,2 16,7 23,2 16,7 17,6 16,7
Médiane 44,6 40,8 40,1 35,8 37,4 39,6
Maximum 81,3 75,0 64,7 63,3 55,0 81,3
Moyenne 45,1 40,7 41,4 36,9 37,1 40,0
LO2 Avoir accès à un tissu social diversifié et favorable
Minimum 21,4 17,9 17,4 16,9 10,9 10,9
Médiane 51,9 48,6 48,9 47,1 48,5 49,1
Maximum 62,4 72,5 66,9 69,3 62,9 72,5
Moyenne 51,4 48,4 47,7 46,2 47,4 48,2
LP1 Avoir les moyens de l’accessibilité
Minimum 68,0 78,9 81,4 75,2 73,5 68,0
Médiane 91,8 91,7 92,1 90,8 90,6 91,3
Maximum 100,0 100,0 100,0 100,0 98,5 100,0
Moyenne 90,6 91,3 91,5 90,4 89,9 90,6
LP2 Avoir accès à une offre de transports collectifs
Minimum 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Médiane 3,53 2,49 2,81 3,01 2,27 2,81
Maximum 22,31 7,03 15,85 14,52 10,58 22,31
Moyenne 4,90 2,39 3,83 3,40 2,67 3,47
LP3 Etre intégré à la vie sociale et politique
Minimum 37,7 33,6 38,7 37,5 30,9 30,9
Médiane 51,2 56,5 53,7 55,8 44,7 52,0
Maximum 85,0 79,4 74,8 100,0 76,9 100,0
Moyenne 52,6 56,6 53,5 56,9 45,7 53,0
Plus la valeur est élevée et plus le niveau de bien-être associé au fonctionnement est élevé
Sources : Insee, Recensement de la population 2006 DGI, Impôt sur le revenu des personnes physiques 2007 Insee, Base Permanente des Équipements 2006
6En utilisant des mesures d’associa- L’utilisation d’une mesure capabilisteUn bien-être inégalement
tion locale spatiale sur les indica- du bien-être doit notamment per-réparti dans l’espace
teurs de bien-être monétaire et mettre d’identifier des zones
Premier constat, les fonctionnements non-monétaire, on peut identifier les ségrégées qui n’auraient pas été
sont significativement corrélés avec le zones du département qui peuvent détectées avec l’approche monétaire.
revenu (colonne RE1), à l’exception être qualifiées ou non de zones La proportion de communesdes fonctionnements «Avoir un loge- «ségrégées». Cinq types de ségrégées est moins importante dansment décent (situation de non-suroccu- peuvent être identifiés : l’approche capabiliste (10%) que dans
pation)» (RE21) et «Avoir les moyens
- zone ségrégée : communes «pau- monétaire (27%). Cesde l’accessibilité (au moins une voi-
vres» entourées de communes communes se concentrent principale-
ture)» (LP1). Les meilleures corréla-
«pauvres» (bleu foncé); ment dans la zone de Lunéville, ettions positives (coefficients supérieurs à
- zone très favorisée : sont absentes des zones de Nancy et
0,5) sont celles entre le revenu et le
«non pauvres» entourées de com- de Pont-à-Mousson. L’effet d’ag-niveau de confort du logement
munes «non pauvres» (rouge); glomération des communes favo-(RE22), ainsi qu’entre la part des lo-
- îlot de pauvreté : communes «pau- risées autour de Nancy est moinsgements sociaux (RE6) et les dépla-
vres» entourées de communes étendu dans l’approche par les capa-cements domicile-travail en transports
«non pauvres» (bleu clair); bilités que dans monétaire.en commun (LP2).
- îlot de richesse : communes «non (voir cartes 2, 3, 4, 5)Les valeurs des indicateurs de pauvres» entourées de communes
bien-être capabiliste sont en Christian CALZADA«pauvres» (rose);
moyenne très proches de celles du - autres (blanc). Pierre-Yves BERRARD
bien-être monétaire, à l’exception de
la zone de Nancy où elles y sont si-
Nancy garde son ranggnificativement inférieures. Le
bien-être monétaire s’avère plus dis- Communes-centres des zones
persé que le bien-être capabiliste. Rangs de classement400
La carte 1 fait apparaître une pre-
350
mière opposition entre les commu-
nes disposant d’une part importante
300
Bien-être monétairede logements sociaux, d’une offre capabiliste
de transports en commun et d’une 250
bonne accessibilité aux équipe-
200ments de proximité (Nancy et sa péri-
phérie, Longwy, Toul);et les
150communes où les ménages ont un
fort taux de possession de voitures
100
Lecture : la commune de Nancyet sont en situation de non-suroccu-
est classée au 60ème rang
pation marquée de leurs logements des communes du département50
pour le bien-être monétaire et
(en bleu). au 53ème rang pour le bien-être
capabiliste.
0
Le deuxième axe de différenciation Nancy Toul Pont-à-Mousson Lunéville
de l’espace meurthe-et-mosellan Source : Insee
[voir carte 2] classe les communes
selon les revenus de leurs habitants
Mesures du bien-être
et le niveau de confort des loge-
Bien-être
ments.
Capabiliste Monétaire
Nancy 0,02 0,03Les niveaux de bien-être monétaire
Toul 0,017 0,015et non-monétaire présentent une
Pont-à-Mousson 0,018 0,019autocorrélation spatiale significative
Lunéville 0,016 0,009positive relativement élevée. Les
Autres 0,016 0,015
communes ont tendance à être en-
Meurthe-et-Moselle 0,017 0,017
tourées par des communes à situa-
Moyennes par zone
tion de bien-être équivalente.
Ségrégation socio-spatiale du bien-être capabilisteL’éloignement socio-économique
Proportion de communes par type dans la zonedes communes «riches» et «pau- Zones
Nancy Toul Pont-à-Mousson Lunéville Autres Meurthe-et-Mosellevres» se double donc d’un éloigne-
Indifférenciées 49,60% 84,50% 88,60% 68,40% 84,70% 73,10%
ment géographique. Cette
Favorisées 45,90% 1,00% 3,80% 0,00% 0,00% 11,10%
coïncidence des proximités géogra-
Ségrégées 0,00% 10,30% 1,30% 24,30% 10,70% 10,40%
phique et statistique est plus forte
Pauvres 4,40% 1,00% 5,10% 0,00% 0,00% 1,90%
lorsque l’on mesure le bien-être d’un Riches 0,00% 3,10% 1,30% 7,20% 4,60% 3,50%
point de vue monétaire, que d’un Total 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00%
point de vue capabiliste. Lecture : 24,3% des communes de la zone de Lunéville sont de type «ségrégées».
7Formulation
Soient :
X : vecteur de biens possédés par ii
c()• : une fonction qui permet de convertir un panier de biens en un vecteur de caractéristiques de ces biens
f()• : fonction d’utilisation de l’individu ii
F : l’ensemble des fonctions d’utilisation f parmi lesquelles l’individu i peut effectuer son choixi i
h()• : la fonction de satisfaction que l’individu i retire de ses fonctionnementsi
On décrit alors :
b : fonctionnement atteint par l’individu i lorsqu’il choisit la fonction d’utilisation f pour un panier de biens x , autrement dit :i i i
ce vecteur b représente ce que «est» (being), et ce qu’il «fait» (doing), le bien-être n’étant qu’une évaluation de cei
vecteur :
b=f(c(x))i i i
v =v (b )La fonction d’évaluation du bien-être sur la base de ces fonctionnements s’écrit alors : i i i
L’individu fait face à un ensemble de vecteurs de fonctionnements parmi lesquels il va pouvoir choisir. Cet ensemble de
P (x ) ={}b /b = f (c(x )),∀f (.) ∈F«fonctionnements réalisables» s’écrit : i i i i i i i i
Le choix de l’individu est également contraint par l’ensemble X , le vecteur des «fonctionnements réalisables» devient alors :i
Q (x ) ={}b /b = f (c(x )),∀f (.) ∈F et ∀x ∈ Xi i i i i i i i i i
L’ensemble Q représente formellement l’ensemble des capabilités de l’individu, autrement dit la liberté que possède l’individui
de choisir parmi toutes les alternatives possibles des fonctionnements qu’il valorise, étant donnés ses caractéristiques per-
sonnelles et son environnement social.
Indicateur multidimensionnel de bien-être capabiliste
Le niveau de condition sociale effective n de chacune des communes i sera apprécié à l’aide d’un indicateur composite dei
niveau de bien-être (linéaire) défini par :
k
1lin 2
n ≡ N (X ) = b vi 2 j ij∑k
j =1
v est la distance entre le score x obtenu par l’unité spatiale i dans la dimension j de la condition sociale et le score min x deij ij ij
la commune i la plus défavorisée dans la dimension j de la condition sociale, exprimée en % de l’étendue de la distribution
des x dans la zone étudiée.ij
x − minxij ij x −x1 ij ij2v = ou v =ij ijmaxx − minxij ij ∂xij
k
b =1b ≥ 0 est la pondération normalisée accordée à la dimension j de la condition sociale, jij ∑
j =1
On considère qu’une commune i est pauvre relativement à un indicateur donné si son score est inférieur à la médiane des
scores obtenus par l’ensemble des communes lorraines.
Pour spécifier les scalaires b qui informent sur le poids accordé à chacune ces composantes j du bien-être, plusieurs solu-ij
tions ont été discutées dans la littérature.
Plusieurs systèmes de pondération sont envisageables. Nous avons retenu ici, un système de poids qui consiste à réaliser
2une Analyse en Composantes Principales (ACP)sur les v , variables centrées réduites des fonctionnements en utilisant laij
rotation Varimax. La rotation Varimax permet de simplifier l’interprétation des facteurs en minimisant le nombre de variables
qui ont des contributions élevées sur chaque facteur. L’objectif de la rotation orthogonale Varimax est d’identifier une struc-
ture factorielle telle que pour chaque facteur, quelques variables aient des contributions élevées, les autres ayant des contri-
butions très faibles. Cet objectif est atteint en maximisant, pour un facteur donné, la variance des carrés des contributions
parmi les variables, sous la contrainte que la variance de chaque variable soit conservée. La construction des poids issus de
l’analyse utilise ensuite la méthode développée par NICOLETTI et al. (2000).
8Projections démographiques
Une démographie future fortement liée à celle de Nancy et ses environs
Entre 2006 et 2031, la population du SCoT passerait de 565 000 habitants à 578 000 habitants, soit une augmentation de 2,3%. Le solde migra-
toire serait négatif (-31 000 personnes) pour l’ensemble de la période (et pour chaque zone d’étude), mais le solde naturel suffirait à assurer l’ac-
croissement de la population.
La zone de Nancy concentre plus de deux tiers de la population du SCoT (cette proportion resterait stable sur les 25 ans), regroupe ses plus gran-
des agglomérations, et par conséquent pèse grandement sur son évolution démographique. Sa population n’augmenterait que de 0,5%, du fait de
l’excédent des naissances sur les décès pratiquement annulé par le déficit migratoire.
Au contraire, les territoires environnants (Pont-à-Mousson, Toul, Lunéville) auraient une croissance démographique plus rapide (de 5% à 6%).
Une des explications serait leurs déficits migratoires moins importants. En particulier, ces zones bénéficieraient d’un excédent migratoire avec la
zone de Nancy : +5 000 habitants pour la zone de Lunéville et +4 000 habitants pour la zone de Toul.
Le vieillissement serait homogène dans les quatre zones d’étude. Il se traduirait par une augmentation de 6 à 7 points de la proportion des person-
nes de plus de 65 ans dans la population totale.
10 000 habitants supplémentaires dans le SCoTSud54
Variation 2006-2021
Zones 2006 2011 2016 2021
TCAM* (%) Solde
Nancy 386 000 388 000 388 000 388 000 0,04 + 2 000
Toul 54 000 55 000 56 000 56 000 0,27 + 2 000
Pont-à-Mousson 51 000 52 000 53 000 53 000 0,31 + 2 000
Lunéville 74 000 75 000 76 000 77 000 0,25 + 3 000
ScoTSud54 565 000 570 000 572 000 575 000 0,11 + 10 000
*TCAM : taux de croissance annuel moyen Source : Insee, modèle Omphale, scénario central
Répercussions sur le nombre de ménages
Soldes* migratoires de la zone de Nancy entre 2006 et 2031 En 2021, 22 000 ménages supplémentaires seraient
présents dans le SCoTSud54 par rapport à 2006, soit
une augmentation de 9%. L’augmentation mécanique
Paris (département)
du nombre de ménages due à l’accroissement démo-
graphique serait amplifiée par des facteurs comporte-
Lunéville
mentaux : augmentation du nombre de personnes
seules (+28,1%) et diminution du nombre de couples
Toul
(-3,7%). Les personnes seules prendraient de l’impor-
tance sur l’ensemble des zones d’étude (de +25% dans
Bas-Rhin
la zone de Nancy à +41% dans la zone de
Pont-à-Mousson), tandis que la baisse du nombre de
Pont-à-Mousson
couples serait plus marquée dans la zone de Nancy
(-5%) que dans les autres zones (stabilité ou diminution
Marne
plus faible).
Reste de Les migrations de ménages observées entre 2001 et
la Meurthe-et-Moselle
2006 expliquent en partie ces évolutions futures.
D’une part, de nombreux couples quittent le SCoTMeuse
pour le reste de la Lorraine (4 600 départs) et surtout
pour les grandes régions (Île-de-France, Rhône-Moselle
Alpes, PACA principalement) : 7 600 départs et la moi-
tié moins d’arrivées de couples en provenance de ces
Vosges
régions. D’autre part, les ménages constitués de per-
sonnes seules arrivent de façon importante de territoi-
-10 000 -5 000 0 5 000 10 000 15 000
res plus proches (reste de la Lorraine et Champagne-
* arrivées - départs vers les dix principales zones Ardenne). De nombreuses migrations de personnes
Lecture : Entre 2006 et 2031, 7 000 habitants quitteront la zone de Nancy pour seules sont aussi observées avec l’Île-de-France. Ces
le département de Paris et 10 000 viendront du département des Vosges. phénomènes à l’échelle du SCoT sont fortement in-
fluencés par la démographie de la zone de Nancy (ar-Source : Insee, modèle Omphale, scénario central
rivées d’étudiants, etc.).
Près de 270 000 ménages dans le SCotSud54 en 2021
Ménages Ménages Variation dont effet dont effet Taux de
Zones
en 2006 en 2021 annuelle 2006-2021 démographique comportemental variation annuel (%)
Nancy 173 000 187 000 + 960 + 430 + 520 0,53
Toul 21 000 23 000 + 150 + 90 + 60 0,7
Pont-à-Mousson 20 000 22 000 + 160 + 100 + 50 0,75
Lunéville 30 000 34 000 + 200 + 110 + 90 0,64
ScoTsud54 244 000 266 000 + 1470 + 740 + 730 0,58
Source : Insee, modèle Omphale, scénario central
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