Synthèse régionale : La récession s’aggrave en 2009

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N° 73 L’année économique et sociale 2009 en Martinique Synthèse régionale Automobile 2 La récession s’aggrave en 2009 24 Le neuf en repli, l’occasion en forte baisse Contexte national et international 3 Une récession profonde en 2009 Emploi-Chômage 26 Les jeunes de plus en plus éloignés de Actualités l’emploi 5 2009 en quelques dates 28 Forte hausse du nombre de deman- Commerce extérieur deurs d’emploi en 2009 6 Contraction des échanges extérieurs 30 À peine plus d’un salarié du privé sur deux est couvert par une convention Épargne-crédit collective 8 L’environnement économique dé- grade la conjoncture fnancière Revenus 32 Stagnation de la masse salariale, forte Créations d’entreprise progression du salaire par tête 12 Le régime de l’auto-entrepreneur Enseignementdynamise la création d’entreprise 34 Des taux de réussite jamais égalés Prix de détail depuis 10 ans en Martinique 14 Baisse des prix à la consommation Santéen 2009 36 Des interruptions volontaires Agriculture de grossesse surtout réalisées 16 Un bilan nuancé pour l’agriculture dans le secteur privé Transport aérien Démographie 18 Chute de l’activité aéroportuaire en 38 Plus de mariages en Martinique 2009 Solidarité Tourisme 40 Moins d’allocataires mais des presta- 20 Forte diminution du nombre de tions en haussevisiteurs en 2009 22 La fréquentation hôtelière mise à mal en 2009 N° 73 - Martinique - Juin 2010 Édito morcée en 2008, la récession
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 73
L’année économique et sociale 2009 en Martinique
Synthèse régionale Automobile
2 La récession s’aggrave en 2009 24 Le neuf en repli, l’occasion en forte
baisse Contexte national et international
3 Une récession profonde en 2009 Emploi-Chômage
26 Les jeunes de plus en plus éloignés de Actualités
l’emploi 5 2009 en quelques dates
28 Forte hausse du nombre de deman-
Commerce extérieur deurs d’emploi en 2009
6 Contraction des échanges extérieurs 30 À peine plus d’un salarié du privé sur
deux est couvert par une convention Épargne-crédit
collective 8 L’environnement économique dé-
grade la conjoncture fnancière Revenus
32 Stagnation de la masse salariale, forte Créations d’entreprise
progression du salaire par tête
12 Le régime de l’auto-entrepreneur
Enseignementdynamise la création d’entreprise
34 Des taux de réussite jamais égalés Prix de détail
depuis 10 ans en Martinique 14 Baisse des prix à la consommation
Santéen 2009
36 Des interruptions volontaires Agriculture
de grossesse surtout réalisées
16 Un bilan nuancé pour l’agriculture
dans le secteur privé
Transport aérien
Démographie
18 Chute de l’activité aéroportuaire en
38 Plus de mariages en Martinique 2009
Solidarité
Tourisme
40 Moins d’allocataires mais des presta- 20 Forte diminution du nombre de
tions en haussevisiteurs en 2009
22 La fréquentation hôtelière mise à
mal en 2009
N° 73 - Martinique - Juin 2010Édito
morcée en 2008, la récession s’aggrave en 2009 en Martinique. La crise sociale de février et mars, une Ades plus sévères qu’ait connu le pays, a frappé l’économie martiniquaise et marqué les mémoires.
Fruit d’un partenariat chaque année renouvelé, ce numéro d’Antiane Eco dresse un état des lieux de l’écono-
mie martiniquaise à l’issue d’une période marquée par une profonde remise en cause des fondements d’un
modèle de développement et de croissance.
Je m’associe à tous les auteurs de cette « Année Économique et Sociale 2009 en Martinique » :
- M. Bertrand Aumand, de la Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Martinique,
- Mme Pascale Marie-Claire, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique,
- Mme Cynthia Haral, du Rectorat de l’Académie de Martinique,
- M. Hermann Henry de la Direction de la Santé et du Développement Social (DSDS)
- M. Bruno Marquès, du Comité Martiniquais du Tourisme,
- M. Stéphane Attali, de l’Iedom,
- Mme Dalila Dib, du Pôle Emploi,
- M. Dominique Lavater, de la Caisse d’Allocation Familiale de Martinique,
- M. Gilles Joseph, de l’Université des Antilles et de la Guyane,
- Mmes Armelle Bolusset, Armelle Catherine, Joëlle Nacitas, Gaëlle Philibert, Monette Polomack et
Evelyne Ragot, MM. Ali Benhaddouche, Gérard Forgeot, Guillaume Géran, Hugues Horatius-Clovis,
Hervé Le Grand, Guy Mystille, Xavier Paraire et Emmanuel Thioux de l’Insee.
pour vous en souhaiter une bonne lecture.
Georges PARA
N° 73 - Martinique - Juin 2010Synthèse régionale
La récession s’aggrave en 2009
Cette situation dégradée se lit sur la plus l’isolement, le handicap et la Le long confit social du
quasi-totalité des indicateurs écono- dépendance, accompagnant en début de l’année 2009 et
miques. Les importations ont chuté de cela le vieillissement de la popu-une conjoncture particuliè-
26 % en 2009. Après plusieurs années lation. La progression des aides au
rement diffcile ont forte - d’assainissement, la part des créances logement est liée à la stagnation des
ment affecté l’économie douteuses contractées par le système revenus pour une frange croissante
martiniquaise. Le produit bancaire repart à la hausse. Les cré- des familles martiniquaises. Consé-
dits octroyés aux entreprises sont en quence de la conjoncture dégradée, intérieur brut est en baisse
net ralentissement, ainsi que les cré- le nombre d’allocataires du RMI de 4,1 % en valeur, et de
dits à la consommation accordés aux cesse de diminuer en 2009. 6,1 % en volume, avec une
ménages. La consommation en pâtit :
chute de l’investissement le nombre de véhicules immatriculés La Martinique dispose pourtant
de plus de 23 %. Le nom- a diminué, malgré la réforme annon- d’atouts qui peuvent lui permettre
bre de demandeurs d’em- cée de la prime à la casse. de sortir de cette passe diffcile. Les
taux de réussite au baccalauréat ploi s’est accru de 13 % et
Le tourisme est aussi fortement im- sont historiquement élevés, et le cette dégradation touche
pacté : le nombre de visiteurs -notam- taux d’accès d’une génération à ce toutes les catégories de
ment les étrangers- chute fortement, diplôme est le plus élevé de toutes
salariés. Si le taux de chô- renforçant la part de la clientèle hexa- les régions françaises. Les ménages
mage au sens du Bureau gonale. La fréquentation hôtelière continuent d’investir dans le loge-
International du Travail diminue, malgré la fermeture d’un ment. L’apparition du statut d’auto-
grand nombre de chambres et de entrepreneur conduit à une forte progresse peu, le nombre
cinq établissements. L’activité de la progression du nombre de créations de personnes considérées
plateforme aéroportuaire est égale- d’entreprises. Le plan Corail lancé comme inactives mais qui
ment affectée. Les fux de passagers en urgence a permis d’améliorer la
souhaitent travailler aug- comme le fret de marchandises sont trésorerie des entreprises en éche-
mente fortement. La situa- en baisse sur les dessertes nationales lonnant leur dette sociale. Si l’in-
tion des jeunes actifs est et internationales. L’agriculture s’en dice général des prix diminue suite
sort un peu mieux : les productions à la baisse du prix du pétrole, les particulièrement préoccu-
locales de tubercules sont à la hausse prix des produits de consommation pante : près d’un sur deux
du fait de l’absence d’importation en courante sont aussi orientés à la est au chômage.
début d’année. Mais le confit social a baisse dans tous les types de point
aussi causé de lourdes pertes pour les de vente grâce aux accords sur les
abattoirs, et a entrainé une baisse des prix. La reprise du dialogue social
onséquence des négociations exportations de bananes. dans un environnement conjonctu-Csalariales et de l’instauration rel plus favorable est aussi à même
du Revenu supplémentaire tem- La conjoncture économique et so- de répondre aux attentes des acteurs
poraire d’activité (RSTA), le salaire ciale particulièrement dégradée de économiques de l’île.
par tête est en hausse de près de l’année 2009 ne doit pas faire oublier
9 % à la Martinique. Mais cette re- les changements lents mais profonds
valorisation ponctuelle des salaires qui affectent la société martiniquaise. Gérard FORGEOT
ne doit pas faire oublier la faiblesse L’évolution de la structure des pres-
structurelle du dialogue entre par- tations versées par la Caisse d’allo-
tenaires sociaux. À peine plus d’un cations familiale refète parfaitement
salarié du privé sur deux est cou- ces tendances. Les montants distri-
vert par une convention collective, bués concernent de moins en moins
et plus d’un sur cinq est rémunéré les familles du fait de la diminution
au voisinage du SMIC. du nombre d’enfants, et de plus en
N° 73 - Martinique - Juin 2010Contexte national et International
Une récession profonde en 2009
En France, un plan de relance a L’effcacité de ces plans de relance Le Produit Intérieur Brut
été construit sur le fnancement est pénalisée par la faiblesse de l’in-mondial a baissé de 0,6% d’infrastructures et le soutien de la vestissement. Les capacités produc-
en 2009. La récession a consommation (prime à la casse, tives restent sous utilisées dans les
prime de solidarité active,…). économies avancées.surtout touché les États-
Prix En Chine, un plan massif de 586 La demande mondiale Unis et la zone Euro. Les
milliards de dollars (12% du PIB) a de pétrole est restée in- de l’énergie plans de relance mis en été lancé dès novembre 2008. Les férieure à la demande modérésplans de relan-place dès 2008 ont sou- habituelle pendant toute
Des plans ces conduits en l’année 2009, à des niveaux proches tenu la consommation et
Asie émergente de 19 millions de barils par jour. Les de relance l’investissement. En Fran- ont contribué prix du pétrole ont remonté au cours vigoureux ce, la récession a entrainé à la reprise des du 1er trimestre 2009 après la chute
exportations dans les économies constatée fn 2008. Toutefois, mal -une reprise du chômage
avancées. gré une forte pression spéculative, dans un contexte de faible Plusieurs stratégies de sortie de les prix sont restés inférieurs à 80 $
investissement. Les pers- crise ont été élaborées pour 2010. le baril de Brent. Les prévisions pour
Les États-Unis continuent de sou- 2010 placent le baril à 75 $ dans un pectives de reprise pour
tenir la relance par des crédits marché à nouveau équilibré.2010 sont limitées pour
d’impôts, par la prolongation des L’infation en France a été quasi nulle,
la France mais plus favo- allocations chômage et par des la baisse de l’énergie ayant contribué
subventions à l’assurance mala-rables pour l’Amérique par effet d’entraînement à la baisse
die. Au Royaume-Uni et en Espa- de l’infation sous-jacente. En 2010, latine et la Caraïbe.
gne, les gouvernements tentent de l’infation devrait rester stable : les
n 2009, l’économie mondiale a redresser les fnances publiques produits frais devraient repartir à la Eété touchée par une profonde ré- par une hausse des impôts et la fn hausse en France, consécutivement
cession, malgré une timide reprise de progressive des mesures de sou- à un hiver très rigoureux ; les pro-
l’activité en fn d’année. La récession tien à la consommation comme la duits manufacturés continueraient
a surtout concerné les économies prime à la casse par exemple. de baisser.
avancées (-3,2% de PIB). La zone euro
a été impactée diversement selon les
pays. Les économies basées sur le
commerce extérieur ont subi le recul
du commerce mondial qui a connu Début 009 : trou d’air dans le commerce mondial
un coup de frein brutal dès le second
semestre 2008 (voir encadré). Évolution annualisée du commerce mondial calculée
sur les 3 mois précédents
En %
Coup de frein sur le commerce mondial fn 008
Les échanges commerciaux ont reculé de plus de 10 % sur
l’ensemble de l’année en 2009, aussi bien pour les pays
avancés que pour les pays émergents et en développement.
Le coup d’arrêt brutal enregistré au dernier trimestre 2008,
s’est prolongé au premier semestre 2009. Le dynamisme
des économies émergentes, et de la Chine en particulier, a
entrainé une reprise du commerce mondial au second se-
mestre. Le recul enregistré entre octobre 2008 et juin 2009
a été particulièrement fort en valeur du fait de stratégies de
réduction des stocks de biens de consommation et d’équi-
pement dans les économies avancées.
Source : Fonds Monétaire International

N° 73 - Martinique - Juin 2010Contexte national et International
Au quatrième ges à anticiper l’achat de voitures. L’in- La région Amérique L’Amérique Le chômage trimestre 2009, vestissement des ménages, en recul latine et Caraïbe a re-
latine et augmente 10% de la po- de 9 %, pâtit de la crise du secteur lativement bien sur-
pulation active immobilier. monté la récession les Caraïbes en France
est au chôma- Dans les entreprises, le taux de marge mondiale en 2009 résistentge soit une hausse de +1,8 point sur a nettement baissé en raison d’une (-1,8%) et attend une
un an (+525 000 personnes). La crise a hausse du salaire réel, accentuée par reprise vigoureuse pour 2010 (+4%).
détruit 600 000 emplois. L’industrie a un repli de la productivité, l’emploi Les perspectives sont particulièrement
été particulièrement touchée, rattrapée s’ajustant avec retard à la contraction bonnes pour le Brésil, où la demande
au second semestre par la construc- de l’activité. En 2009, les entreprises intérieure conjuguée à une infation
tion. En 2010, le chômage continuerait ont diminué de 8 % leurs investisse- maitrisée (4,9%) ont permis de limiter
d’augmenter mais plus modérément. ments (-13 % pour les produits ma- la baisse du PIB en 2009 (-0,2%). Les
Un million de chômeurs arriveront en nufacturés). La diminution des stocks perspectives de reprise de la demande
fn de droits en 2010. a fortement pesé sur la croissance en mondiale génèreraient une forte crois-
En 2009, le PIB a diminué en France 2009 mais leur reconstitution entamée sance en 2010. Par ailleurs, de forts
de 2,6 %. La consommation des mé- a contribué fortement (+ 0,9 point de investissements publics et privés ont
nages est restée atone sur les trois pre- PIB) à l’accélération de la croissance soutenu la croissance au Suriname et
miers trimestres. Elle n’a progressé que au dernier trimestre. Les conditions de en République Dominicaine. Le recul
de 0,6 % sur l’année grâce à un dernier fnancement bancaire pour les entre - du trafc du canal de Panama (-3% en
trimestre soutenu par l’aubaine de la prises se sont assouplies en fn d’an - 2009) a été largement compensé par
prime à la casse, poussant les ména- née. une hausse des péages.
La crise épargne les pays émergents Toutefois, des diffcultés subsistent.
Dans toutes les économies de la ré-Croissance du PIB en 2008 et 2009, projections pour 2010 et 2011
gion, la crise des pays avancés a en-
En % trainé un recul notable des transferts
de fonds des émigrés.
Les économies importatrices de pro-
duits de base à forte composante tou-
ristique telles que Antigua et Barbuda,
Sainte-Lucie ou Barbade sont péna-
lisées par le recul de la demande de
tourisme de l’Europe et de l’Amérique
du Nord. Le Venezuela et à un degré
moindre Trinidad et Tobago ont pâti de
la baisse du prix des hydrocarbures.
Haïti avait connu une croissance de
bon aloi en 2009 sans toutefois parve-
nir à progresser sur le plan de la pau-
vreté. Le tremblement de terre du 12
janvier 2010 a anéanti l’économie du
pays. Le plan de soutien international
développé pour la reconstruction de-
vrait produire ses effets sur l’économie
en 2011.
(1) Costa-Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama Hervé LE GRAND(2) Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Bélize, Dominique, République Dominicaine, Grenade,
Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Surinam,
Trinité-et-Tobago
Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2010 sauf (*) Insee (données provisoires),
Comptes nationaux
Pour en savoir plus
Fonds Monétaire International - World Economic Outlook (WEO), avril 2010,
Insee : note de conjoncture, «Une demande sans tonus en Europe», mars 2010,
Les comptes de la nation en 2009, Insee Première n°1294, mai 2010
N° 73 - Martinique - Juin 2010Actualités
2009 en quelques dates
janvier avril
Une mission composée de représentants de l’Inspection gé- Le comité de suivi de la baisse des prix sur les produits de
nérale des fnances, de l ‘inspection générale de l’administra - consommation valide une liste de produits. Baisse de 20%
tion et du conseil général des mines est chargée de réféchir sur certains produits ainsi que la signalétique Bcba sur les
aux mécanismes de formation des prix du carburant outre- articles concernés.
mer.
8 avril
0 janvier Présentation des conclusions des ateliers Etats Généraux au
Déblocage par le gouvernement d’un fonds exceptionnel grand public.
d’investissements consacré aux collectivités ultramarines.
9 avrilCe fonds ne concerne que les petits projets dont la mise en
La Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) fait partie œuvre est rapide.
des nominés aux trophées des entreprises publiques locales
8 janvier (EPL) pour son projet «de l’énergie solaire pour les toits».
Un chantier colossal démarre pour l’échangeur sur l’auto-
mai
route au niveau du Lamentin.
Hausse de 200 euros des salaires inférieurs à 1,4 fois le
février Smic.
Les banques martiniquaises parmi les plus chères de France.
9 mai
Trois fgurent au palmarès des 10 banques les plus
Baisse du taux de l’octroi de mer sur 200 produits.
chères en France.
juin
février
Le décret relatif au revenu supplémentaire temporaire d’acti-Début d’un vaste mouvement de contestation
vité (RSTA) est paru au journal offciel ; l’allocation doit aider
6 mars les salariés à faire face au coût de la vie.
Les revendications du « collectif 5 février » ont été ratifées.
6 juillet
Cette signature acte la suspension d’un mouvement entamé
La liaison hebdomadaire entre Fort de France et Montréal a
38 jours auparavant
été réouverte
9 mars
9 aoûtLes Etats Généraux de l’outre mer seront coordonnés par
EDF lance son opération d’enfouissement des lignes de
le Préfet. Richard Samuel a été nommé délégué général de
moyenne tension, soit un chantier de 230 millions d’euros.
l’outre mer.
novembre
mars
L’enseigne Carrefour Market fait son apparition en Martini-Visite du secrétaire de l’État à l’outre mer Yves Jégo. Il a dé-
que.voilé les mesures qui doivent aider les entreprises à redémar-
rer leur activité après la crise. novembre
Début de la campagne de vaccination contre la grippe A
7 mars
(H1N1).
Présentation des Etats Généraux, avec la création de huit ate-
liers de travail. 8 novembre
La flière viande locale obtient son label qualité.0 mars
La crise sociale a frappé de plein fouet le secteur du BTP,
décembre
avec pour conséquence la chute des ventes de ciment et de
L’État verse une compensation de 44 millions d’euros à la
bitume.
Sara pour compenser la baisse des prix des carburants .
8 avril
L’assemblée nationale a adopté le premier article du projet décembre
de loi de développement économique des outre mer auto- Premier vol d’Air Caraibes Paris - Saint-Martin - Port-au-
risant l’état à réglementer le prix de vente au public de pro- Prince.
duits ou de familles de produits de première nécessité.
Monette POLOMACK
N° 73 - Martinique - Juin 2010Commerce extérieur
Contraction
des échanges extérieurs
près une hausse des échanges en duits sont concernés par le recul des En 2009, les échanges de A2008, le commerce extérieur de ventes, mais la baisse résulte principa-biens entre la Martinique
la Martinique s’est largement contrac- lement de la chute des ventes d’éner-
et le reste du monde ont té en 2009. Le montant des importa- gie de 37 % qui représente 80 % de la
tions, en augmentation depuis 2003, baisse totale. Comme pour les impor-diminué. Les importations
s’élève à 2,05 milliards d’euros en tations, la baisse en valeur est liée à baissent de 26 % en va-
baisse de 26 % par rapport à 2008. l’effondrement du cours du Brent. En
leur. Hors énergie, les ex- Tous les produits sont concernés par terme de volume, l’évolution est tem-
portations martiniquaises cette diminution. L’énergie est la plus pérée puisque les quantités d’énergie
touchée : les importations de pro- exportées augmentent de 1 %. La di-chutent de 13 %. Au total,
duits énergétiques ont chuté de près minution en valeur des exportations
le défcit commercial se de 39 %, un tiers de la baisse totale. de produits de l’agriculture de 3 % et
réduit de 26 % et atteint Néanmoins, le constat doit être re- de celles des industries agroalimen-
lativisé : les quantités importées di- taires de 4,6 % sont plus modérées. 1,8 milliard d’euros. Avec
minuent plus modérément (-14 %) ; Hors énergie, la baisse du montant 13%, le taux de couver-
en cause, le cours annuel moyen du des exportations est de 13 %.
ture des échanges de biens pétrole qui s’est effondré en 2009 (le
cours du Brent a baissé de 37 % en- Comme les autres départements reste faible.
tre 2008 et 2009). Les importations d’outre-mer, la Martinique affche
de biens intermédiaires se réduisent un fort déséquilibre des échanges de
de plus de 28 %. Celles de l’indus- biens. En 2009, le défcit commercial
trie automobile diminuent de 32 % et représente 1,8 milliard d’euros, en di-
celles des biens de consommation de minution de 26 % par rapport à 2008.
12 %. Cette amélioration du solde commer-
Le montant des exportations martini- cial résulte du repli de l’activité qui
quaises est huit fois moins élevé que s’est accompagné d’une baisse des
celui des importations. Il a diminué importations. Le défcit des échanges
de 27 % par rapport à 2008 et s’élève s’est réduit avec notamment la baisse
à 267 millions d’euros. Tous les pro- des importations de pétrole, d’auto-
Importations et exportations par secteur d’activité en Martinique en 2009
Unités : millions d’euros et milliers de tonnes
Source : Douanes, calculs Insee
6 N° 73 - Martinique - Juin 2010Commerce extérieur
mobiles et de biens intermédiaires. pneumatiques viennent de l’hexa- sont réalisés auprès de pays voisins
Le taux de couverture des échanges gone, comme 74 % des produits comme du ciment en Colombie et
de biens de 13 % reste faible, au agroalimentaires (vin, fromage et au Venezuela. La Guadeloupe four-
même niveau qu’en 2008. viande), ainsi que 67 % des produits nit 1,3 % des produits importés et la
agricoles dont du blé, du maïs et des Guyane 0,4 %.La France métropolitaine fruits et légumes.
reste Les exportations martiniquaises sont
le principal fournisseur Les importations martiniquaises en concentrées sur quelques produits.
énergie sont composées essentielle- La moitié est constituée de pétrole
En 2009, les importations martini- ment de produits pétroliers dont la raffné, essentiellement de l’essence
quaises sont pour 64 % des biens moitié sous forme d’huile brute de sans plomb et du gazole. L’indus-
manufacturés ou industriels, pour pétrole. En 2009, la plus grande par- trie des boissons avec le rhum et
18 % des biens agricoles ou ali- tie des achats de pétrole ne provient l’eau représente 16 %, et la banane
mentaires et pour 18 % des produits pas du Royaume Uni comme les 15 %. En 2009, les ventes de rhum
énergétiques. La Martinique est lar- années précédentes : les États-Unis baissent de 0,2 % et celles de bana-
gement dépendante de l’extérieur (huile de pétrole, fouls, gazole) et la nes de 5 % en valeur.
pour son approvisionnement en Norvège (huile brute de pétrole) ont Avec 37 % du total des exportations,
marchandises. La plus grande partie fourni l’essentiel des ressources. la Guadeloupe reste le destinataire
(57 %) est importée de France mé- Le second fournisseur de la Marti- privilégié des expéditions martini-
tropolitaine. C’est le cas de 56 % nique est l’Union européenne hors quaises. La Guyane achète 24 %
des achats de l’industrie automo- France qui procure 13 % du montant des ventes de l’île. Les exportations
bile, 79 % des achats de biens de total des importations. Les achats de vers ces deux départements sont
consommation, parmi lesquels on proximité sont modérés. L’espace c o n s t i t u é e s Les exportations retrouve 42 % de médicaments. De Caraïbe représente 4,4 % des pro- pour l’essentiel
même, 72 % des biens d’équipe- duits importés, dont la moitié est de carburants sont peu
ment dont 13 % sont des appareils constituée de pétrole sous forme (essence sans diversifées
pour la téléphonie, 62 % des biens d’huiles brutes, de gazole ou de car- plomb et ga-
intermédiaires comme le bois scié, buréacteur en provenance d’Aruba zole). La France métropolitaine est
les câbles électriques ou encore les et du Venezuela. D’autres achats le second client de la Martinique.
Elle est destinataire de 31 % des
exportations, principalement des
Part de la zone partenaire dans les échanges de biens bananes, la moitié des achats, et du
et solde commercial en 2009 en Martinique rhum, un tiers des achats. En 2009,
Unités : % et million d’euros le montant des exportations vers
l’hexagone a diminué de 7 %. Les
exportations vers les autres pays de
l’Union européenne sont peu déve-
loppées, elles représentent 4,5 % du
total, tout comme celles vers l’es-
pace Caraïbe, d’un montant de 5,5
millions d’euros, constituées à 40 %
de cailloux, graviers et sable.
Emmanuel THIOUX
Source : Douanes, calculs Insee
Défnitions
L’espace Caraïbe comprend toutes les îles de la Caraïbe, ainsi que les pays d’Amérique Centrale et du Sud qui
possèdent une ouverture maritime sur la Caraïbe. Les échanges avec Porto-Rico sont confondus avec ceux des
États-Unis faute de données les isolant. On y distingue un groupe de pays signataires de l’accord de libre échan-
ge de Cotonou (pays ACP de la Caraïbe) et ceux qui n’en font pas partie (« Pays non-ACP de la Caraïbe »), dans
la mesure où ils ne bénéfcient pas du même régime douanier dans leurs relations avec l’Union européenne et
donc avec les départements français d’outre mer.
7N° 73 - Martinique - Juin 2010Épargne-crédit
L’environnement économique
dégrade
la conjoncture fnancière
Alors que les effets de près plusieurs années de crois- (- 11,8 %) ainsi que la stagnation des Asance ininterrompue, l’encours crédits d’investissement (- 0,3 %) et la crise économique et
de crédits des établissements toutes immobiliers (+ 0,2 %). L’encours en
fnancière semblent pro - zones confondues atteint 7,6 mil- faveur des ménages (2,8 milliards,
gressivement s’atténuer liards d’euros, en net ralentissement + 1,2 %), soutenu par le crédit à
sur un an (+ 0,5 % contre + 8,2 % l’habitat (+ 4,3 %), est freiné par la au niveau mondial, la
en 2008). Ce ralentissement, dû à la baisse du crédit à la consommation conjoncture monétaire et
faiblesse de l’activité économique, (- 4,7 %), en lien avec la faiblesse
fnancière de la Martini - touche tous les agents économiques. de la consommation. La hausse des
Les concours en faveur des entrepri- concours octroyés aux collectivités que a subit la dégradation
ses (- 2,0 %) comme ceux en faveur locales a été modérée (+ 1,9 %), pour de l’environnement écono-
des ménages (+ 1,2 %) sont particu- s’établir à 833,9 millions d’euros, en
mique. Les établissements lièrement atones. Les concours en raison de l’évolution des crédits d’in-
de crédit ont continué faveur des entrepreneurs individuels vestissement (+ 2,3 %).
sont déprimés (- 10 % pour les cré- Au niveau de la structure par agents de jouer leur rôle d’in-
dits de trésorerie et + 0,9 % pour les économiques, les entreprises main-
termédiation fnancière, crédits d’équipement). La mise en tiennent leur position de principaux
mais dans des conditions place des dispositifs de soutien au bénéfciaires des crédits sains, avec
plan de relance (médiation du crédit, un total de 3,2 milliards d’euros rendues plus diffciles par
plan Corail cf. encadré) a permis de (45,1 % de l’encours global, dont un la baisse de la demande
limiter ce recul. tiers lié au fnancement de l’immobi -
et l’augmentation de la Contrairement aux années précé- lier constitué notamment du logement
dentes, les concours en faveur des social), devant les ménages (39,9 %) sinistralité. La production
entreprises diminuent de 2 % (contre et les collectivités locales (11,8 %). de crédits en faveur des
+ 9,8 % en 2008 et + 6,4 % en Les parts des ménages et des collecti-
agents économiques s’est 2007). Ce différentiel s’explique par vités sont ainsi les seules à progresser
nettement ralentie, inver- la baisse des crédits d’exploitation en 2009.
sant la tendance observée
Structure de l’encours sain de crédits par agent économique depuis 2005. Les prêts à
l’habitat des ménages et à
l’investissement des entre-
prises ont perdu de leur
dynamisme.
Source : Iedom
8 N° 73 - Martinique - Juin 2010

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