Un besoin potentiel de près de 10 000 logements par an d'ici 2020 en région Centre

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La région Centre gagnerait 8 350 ménages chaque année d’ici 2020, si les tendances récentes se prolongeaient. Au regard de cette progression et compte tenu de l’évolution et du renouvellement du parc, les besoins en construction s’élèveraient à 9 600 logements par an. La démographie jouerait un rôle croissant dans l’augmentation du nombre de ménages. La diminution de leur taille se poursuivrait sous l’effet du vieillissement de la population et de l’évolution des modes de cohabitation. Les nouveaux ménages aspirent cependant à de grands logements, souvent à la périphérie des villes. Les problématiques actuelles de consommation d’espace, de précarité énergétique ou d’accès aux soins risquent de s’amplifier et constituent de forts enjeux pour les pouvoirs publics.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n°183
Décembre 2012
Un besoin potentiel de près de
10 000 logements par an d’ici 2020
en région Centre
La région Centre gagnerait 8 350 ménages chaque année d’ici 2020,
si les tendances récentes se prolongeaient. Au regard de cette pro-
gression et compte tenu de l’évolution et du renouvellement du parc,
les besoins en construction s’élèveraient à 9 600 logements par an.
La démographie jouerait un rôle croissant dans l’augmentation du
nombre de ménages. La diminution de leur taille se poursuivrait sous
l’effet du vieillissement de la population et de l’évolution des modes
de cohabitation. Les nouveaux ménages aspirent cependant à de
grands logements, souvent à la périphérie des villes. Les problémati-
ques actuelles de consommation d’espace, de précarité énergétique
photo : www.statistique.developpement-durable.gouv.fr
ou d’accès aux soins risquent de s’amplifier et constituent de forts en-
jeux pour les pouvoirs publics.
La stratégie de l’État pour l’habitat en matière d’habitat. L’offre territoria- Toujours plus de ménages
en région Centre, définie en 2011, lisée de logements devra être suffi-
Le nombre de ménages progresse-précise la vision et les enjeux sur le sante, diversifiée, équilibrée entre
rait sensiblement à l’horizon 2020,territoire en matière de logement et les différents types d’habitations et
mais sur un rythme moins soutenud’habitat. Les pouvoirs publics, con- cohérente avec les politiques de dé-
que précédemment.frontés à des problématiques d’amé- placement. L’estimation des besoins
Sous l’hypothèse d’une évolutionnagement du territoire et de maîtrise en logements nécessite une vision
tendancielle de la natalité, de la mor-de l’étalement urbain, devront ré- prospective de l’évolution du
talité, des migrations et des compor-pondre aux besoins de la population nombre de ménages.
tements de cohabitation, la région
compterait 1 196 300 ménages enPrès de 1,2 million de ménages en 2020
2020, 92 000 de plus qu’en 2009. La
nombre et %
hausse du nombre de ménages se-
Évolution du nombre rait ainsi de 0,7 % par an, contreNombre de ménages
de ménages 1,0 % lors de la décennie précé-
dente. Elle resterait un peu moins ra-1999 2009 2020 1999-2009 2009-2020
pide dans la région que sur l’ensem-Cher 132 100 140 000 146 100 0,6 0,4
ble du territoire métropolitain. LeEure-et-Loir 157 500 174 500 190 600 1,0 0,8
Centre gagnerait ainsi 8 350 ména-Indre 99 500 105 900 111 200 0,6 0,4
ges chaque année.Indre-et-Loire 231 400 262 600 290 700 1,3 0,9
Cette augmentation se traduira parLoir-et-Cher 130 600 143 300 155 500 0,9 0,7
une demande importante en nou-Loiret 248 600 278 200 302 200 1,1 0,8
veaux logements.Centre 999 700 1 104 500 1 196 300 1,0 0,7
Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010 (scénario central)
1L’excédent naturel régional com- Un effet grandissant de la croissanceDans tous les départements, la
de la populationmencerait à se réduire, du faithausse du nombre de ménages serait
%d’une hausse des décès due aumoins forte à l’horizon 2020 que sur la
vieillissement de la population etdécennie passée. Elle resterait toute- 2009
2020d’une stabilisation des naissan-fois plus soutenue dans l’Indre-et-
ces, liée à un taux de féconditéLoire, l’Eure-et-Loir et le Loiret.
élevé compensant la baisse du 1999La progression du nombre de ména-
2009nombre de femmes en âge de pro-ges dépend de deux facteurs : l’effet
créer.démographique, qui résulte d’une
1990
part de la croissance de la popula- La croissance démographique ré- 1999
tion et d’autre part de l’évolution de gionale resterait inférieure à la
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2sa structure par âge, et l’effet lié à l’é- moyenne nationale, les régions
Contribution à la hausse du nombre de ménages :volution des comportements de co- du sud et de l’arc Atlantique étant
habitation. particulièrement attractives. Le Effet démographique
dont effet croissance de la populationCentre deviendrait cependant la
dont effet déformation de la structure par âgerégion la plus dynamique du
La croissance démographique, Effet décohabitationgrand bassin parisien, devançant
principal facteur de l’évolution l’Île-de-France dans sa progres-
Source : Insee, Recensements de la population - Omphaledes ménages sion. L’évolution de la population 2010 (scénario central)
serait toujours particulièrementL’impact de la croissance démogra-
soutenue sur l’axe ligérien et lesphique sur l’augmentation du Ainsi, l’évolution du nombre de mé-
franges franciliennes, notammentnombre de ménages serait de plus nages d’ici 2020 proviendrait
grâce à l’arrivée de couples avec en-
en plus déterminant. Il contribuerait presque exclusivement des ména-
fants. Elle continuerait à être plus
pour une bonne moitié à l’évolution ges de plus de 65 ans, avec notam-
forte dans l’Indre-et-Loire, qui attire-
des ménages entre 2009 et 2020, ment l’arrivée des baby-boomers
rait également des retraités. Dans le
quand sa contribution n’était que dans cette tranche d’âge. Les ména-
sud régional, la population se stabili-
d’un quart entre 1990 et 1999. ges de moins de 35 ans, dont la taille
serait sous réserve d'un maintien de
est aussi relativement faible, se-
la population active et de l’apport mi-La population régionale augmente-
raient un peu plus nombreux qu’en
gratoire de jeunes retraités.rait selon un rythme un peu plus sou-
2009, tandis que le nombre de ména-
tenu, sous l’effet combiné d’un
ges de 35-65 ans se stabiliserait.
excédent naturel et d’un apport mi- La hausse du nombre
L’impact de la déformation de la pyra-gratoire croissant. La hausse an-
de ménages soutenue par mide des âges sur le nombre de mé-nuelle moyenne, de 0,31 % entre
le vieillissement de la nages serait cependant plus faible1990 et 1999, atteindrait 0,42 % à
population entre 2009 et 2020 que lors des dé-l’horizon 2020.
cennies précédentes, en raison de laLes migrations continueraient à con- La déformation de la structure par
situation des baby-boomers. Ces der-tribuer à la croissance démogra- âge de la population, notamment
niers connaîtraient peu de change-phique. Comme précédemment, la son vieillissement, joue également
ment dans leur composition familialerégion Centre resterait une terre de un rôle important sur l’évolution des
sur la prochaine décennie, puisqu’ilspassage, avec de nombreuses en- ménages. Les seniors forment géné-
resteraient en majorité des couplestrées et sorties induisant un excé- ralement de petits ménages, d’au-
sans enfants. La taille de leur ménagedent migratoire. La région attirerait tant plus lors du décès ou du départ
a plus fortement baissé les deux dé-des adultes de 25 à 40 ans, souvent en établissement collectif d’un des
cennies précédentes, lorsque leursactifs et en couple avec des enfants, conjoints. L'augmentation de la popu-
enfants ont quitté le foyer.
ainsi que de jeunes retraités en pro- lation des personnes âgées va contri-
venance principalement d’Île-de- buer à la diminution de la taille des Face à la forte augmentation à venir
France. ménages. du nombre de personnes âgées vi-
La déformation de la pyramideUne croissance démographique
des âgesrégionale dynamique
100
base 100 en 1968 95170
90
Loiret 85
160 Eure-et-Loir
80
Indre-et-Loire 75
150 Centre 70
Loir-et-Cher 65
Cher140 60
Indre 55
130 Homme 50 Femmes
45
40120
35
202030110
200925
1999
20 1990100
15
1090
5
080
20 15 10 5 0 5 10 15 201968 1980 1990 2000 2010 2020
Effectif en milliers
Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010 (scénario central)
2 2
Projetévant seules, le développement d’une Toujours plus de personnes seules et moins de couples
offre d’habitat plus adéquate sera un à l'horizon 2020
enjeu majeur, suivi de politiques vi- %eteffectif
sant à renforcer les dispositifs d’ac-
Âge de la Répartition descompagnement à domicile, notam-
personne ménages Évolution
Type de ménage Ménagesment dans les territoires plus ruraux référente du 2009-2020
2020et âgés du sud de la région. L’offre ménage 1990 2009 2020
de santé et l’accès aux soins devront
Personne seule 26,2 38,9 42,5 89 708 1,3
également répondre à l’augmenta-
Couple 66,6 51,3 47,2 99 602 - 0,3
Moins de 35 anstion du nombre de personnes âgées.
Famille monoparentale 5,2 6,7 6,9 14 649 0,8
Ménage complexe 2,0 3,1 3,4 7 036 1,0
Total moins de 35 ans 100,0 100,0 100,0 210 995 0,5Des comportements de
Personne seule 15,1 24,0 29,7 176 596 2,0décohabitation différents
Couple 76,5 64,4 58,3 347 307 - 0,9selon l’âge 35-64 ans
Famille monoparentale 7,3 9,8 10,2 60 940 0,5
À niveau et structure par âge cons- Ménage complexe 1,1 1,8 1,8 10 581 - 0,3
tants de la population, les ménages Total 35-64 ans 100,0 100,0 100,0 595 424 0,0
sont aussi plus nombreux en raison Personne seule 46,0 47,0 48,8 192 473 2,6
d’un repli des modes de cohabitation Couple 48,0 48,2 46,5 183 613 1,9
65 ans ou plustraditionnels. Cette tendance à la dé- Famille monoparentale 4,2 3,3 3,3 13 040 2,2
cohabitation se caractérise par une di- Ménage complexe 1,8 1,5 1,4 5 361 1,5
minution de la part des couples au Total 65 ans ou plus 100,0 100,0 100,0 394 487 2,2
profit des personnes seules, pour Personne seule 25,8 33,2 37,9 452 977 2,1
chaque tranche d’âge. Les couples Couple 66,7 57,4 52,8 631 539 - 0,1
Ensembleresteraient néanmoins le mode de co- Famille monoparentale 6,0 7,4 7,4 88 689 0,7
habitation le plus répandu, représen- Ménage complexe 1,5 2,0 1,9 23 133 0,5
tant un peu plus de la moitié des Total 100,0 100,0 100,0 1 196 338 0,8
ménages. Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010 (scénario central)
Le phénomène de décohabitation
varie selon la tranche d’âge observée.
vrait à l’horizon 2020, mais le nombre Des projections de ménages
Pour les ménages de moins de
de ces ménages stagnerait néan- pour estimer le besoin en loge-35 ans, il est important en raison de mi-
moins en raison d’un effet démogra- ments locatifs aidésses en ménage plus tardives. Leur
phique négatif.
nombre augmenterait légèrement à L’État s’est doté d’une stratégie ré-L’augmentation du nombre de
l’horizon 2020, grâce à un effet démo- gionale pour l’habitat qui a été ap-ménages âgés de plus de 65 ans dé-
graphique positif, et ce malgré une prouvée fin 2011. Cette stratégiepend très peu de l’effet de décohabita-
moindre décohabitation que par le décline les politiques nationales ettion, d’où une stabilité de la proportion
passé. La vie en couple ne concerne- présente la vision et les enjeux dede couples et de personnes seules
rait plus que la moitié des jeunes mé- l’État sur le territoire de la régionces dernières décennies. À l’horizon
nages en 2020, contre les deux tiers Centre en matière de logement et2020, les personnes seules devien-
en 1990. d’habitat pour les trois prochainesdraient plus nombreuses que les cou-
Aux âges intermédiaires, entre 35 et
années. Son élaboration a été en-ples en raison d’une plus grande
64 ans, les divorces et les séparations
richie par un travail piloté en 2009fréquence des divorces et des politi-
sont en progression constante depuis par la Dreal Centre sur la complé-ques de maintien à domicile des per-
deux décennies, multipliant les famil-
mentarité des parcs public et privésonnes âgées. Le nombre de couples
les monoparentales et les personnes
de logements.augmenterait cependant pour cette
seules. Cette tendance se poursui-
génération, du fait de l’arrivée Dans le cadre de la politique pour
des baby-boomers et de l’al-
le logement locatif social, la DrealAtténuation du phénomène longement de la durée de vie.
Centre a souhaité actualiser cettede décohabitation
étude pour définir les besoins en
% annuel
2,5 Des ménages plus logements locatifs sociaux à l’hori-
Taux de croissance des ménages petits mais plus zon 2020. Pour cela, elle s’appuieContribution de l'effet décohabitation2,0 de l'effet démographique sur les projections de populationexigeants en matière
1,5
et de ménages de l’Insee, notam-d’espace
1,0 ment l’évolution de la
Conséquence de ces évolu- et la taille moyenne des ménages,0,5
tions, la taille des ménages dans le cadre d’un partenariat
0,0 se réduit progressivement, avec l’institut. Cette actualisation
-0,5 passant de 2,56 personnes fait l’objet d’une concertation avec
en 1990 à 2,24 en 2009. Elle-1,0 les directions départementales
1990 2009 1990 2009 1990 2009 1990 2009 diminuerait moins fortement des territoires et les délégataires
2009 2020 2009 2020 2009 2020 2009 2020
à l’horizon 2020, atteignant de compétence pour l’attributionMoins de 35 ans 35-64 ans 65 ans ou plus Ensemble
2,16 personnes par mé- des aides à la pierre.
Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010 nage, plaçant le Centre à la
(scénario central) Dreal Centre
3Forte augmentation des ménagesLes ménages sont de plus en plusMoins de personnes par ménage
à la périphérie des pôles urbainsdans toute la région nombreux à s’installer loin des cen-
tres urbains, afin de disposer de plus
nombre moyen de personne par ménage
2,60
d’espace à moindre coût. Entre
2,50 1999 2009 2020 1990 et 2009, le nombre de mé-
2,40 nages a ainsi progressé de 1,4 %
2,30 par an dans les périphéries des gran-
des villes contre 0,8 % dans les pô-2,20
les urbains. En réponse à un attrait
2,10
croissant pour l’accession à la pro-
2,00
priété, le développement de la périur-
1,90 banisation a favorisé l’essor desEure- Loiret Loir- Indre- Cher Indre CentreMétropole
et-Loir et-Cher et-Loire grands logements et des maisons in-
Source : Insee, Recensements de la population - dividuelles. À l’opposé, l’accès au lo-Omphale 2010 (scénario central)
gement dans les pôles urbains est
rendu difficile par les coûts de l’immo-
médiane des régions françaises. bilier, une offre souvent inadaptée
Les ménages resteraient toutefois aux besoins des familles et une
plus grands dans l’Eure-et-Loir et le hausse modérée du parc social sur
Loiret, en raison d’une proportion im- la dernière décennie. Par ailleurs,
portante de couples avec enfants et les ménages âgés restent souvent
d’un nombre élevé d’enfants par fa- dans de grands logements dont ils
mille. À l’opposé, les ménages se- sont propriétaires, lorsque les en-
Source : Insee, Recensements de la populationraient plus petits dans l’Indre et le fants quittent le toit familial. Les deux
Cher, du fait d’une population plus tiers de ces ménages habitent ainsi
âgée. dans des logements de 4 pièces ou tion du parc sur la période récente,
plus. Ces éléments mettent en lu-Bien que la taille des ménages se ré- ces besoins de renouvellement sont
mière des problématiques à forts en-duise, les logements sont à l’inverse évalués, en concertation avec la
jeux pour les pouvoirs publics. Lade plus en plus grands. En 2009, les Dreal, à 1 250 logements par an.
périurbanisation est coûteuse enrésidences principales comptent en
Ces estimations varient suivant lesaménagements et consommatricemoyenne 4,2 pièces contre 3,8 en
hypothèses formulées. Selon lesd'espaces naturels et agricoles. Elle1990. La progression des grands lo-
scénarios démographiques, les be-occasionne des dépenses de dépla-gements, de 5 pièces et plus, porte
soins liés à l’augmentation ducement et de chauffage importantesquasiment à elle seule la croissance
nombre de ménages fluctueraientpour les ménages habitant dedu nombre de résidences principa-
entre 7 300 et 9 500 nouveaux loge-grands logements loin de leur tra-les sur la période récente. Dans les
ments par an. Le renouvellement duvail, pouvant générer ainsi des situa-années 90, elle n’y contribuait que
parc nécessiterait entre 1 000 ettions de précarité énergétique.pour deux tiers. Les logements de
1 500 logements, en postulant une
petite taille s’étaient fortement déve-
poursuite des tendances observées
loppés, essentiellement en réponse Un besoin théorique de près depuis trente ans.
à la progression de la demande étu- de 10 000 logements chaque
Le besoin potentiel en nouveaux lo-diante et à l’accroissement du année
gements dépend également de l’évo-nombre de personnes seules.
La construction de logements neufs lution du parc des résidences
À taille et composition égales, les
permet de répondre à la croissance secondaires et des logements va-
ménages occupent donc des loge-
de la population. Elle doit aussi tenir cants. La place de plus en plus im-
ments plus grands. Plusieurs élé-
compte de la diminution de la taille portante qu’occupent ces dernierss expliquent ce phénomène.
des ménages, du renouvellement du dans le parc régional est un para-
parc et d’éventuels transferts entre mètre à prendre en compte dans l’é-
les différents types de logement. À valuation des besoins. Dans uneL'essor des très grands logements
l’horizon 2020, le besoin potentiel en région marquée par le vieillissementévolution annuelle moyenne en %
3,0 logement serait de 9 600 construc- de sa population et par un habitat ru-
1990-1999
2,5 tions par an pour l’ensemble de la ré- ral assez ancien, le décès ou le dé-
1999-2009
2,0 gion, selon le scénario tendanciel. part en maison de retraite des
Parmi ces constructions, environ personnes âgées laisse de nombreu-1,5
8 350 nouveaux logements seraient ses résidences inoccupées. La re-
1,0
nécessaires chaque année pour ab- mise sur le marché des logements
0,5
sorber la progression du nombre de vacants est une réponse possible
0,0 ménages. Les opérations affectant face à l’affluence de nouveaux ména-
-0,5 les logements existants - destruc- ges. Toutefois, la réhabilitation par-
1 pièce 2 pièces 3 pièces 4 pièces 5 pièces ou
plus tions, réhabilitations, transforma- fois coûteuse de ces logements,
tions - ainsi que la tension présente souvent inadaptés à la demande,Variation annuelle moyenne du nombre de résidences
principales selon le nombre de pièces sur le marché, devront également tend à favoriser la construction
(y.c. cuisine >12 m²)
Source : Insee, Recensements de la population être pris en compte. Au vu de l’évolu- neuve. Dans les pôles urbains de la
4 4
©IGN 2011 - Insee 2012volution du coût des transports et leEstimation de la demande potentielle annuelle
en logements à l'horizon 2020 en région Centre prix du foncier et de l’immobilier pour-
raient inciter les ménages à se recen-nombre
trer sur les villes. Le poids des
Scénario Scénario Scénario
Besoins en logements charges liées à l’entretien, la proximi-
bas tendanciel haut
té des services et un accès facilité
Dus à l'évolution des ménages 7 290 8 350 9 450
aux soins pourraient également en-
effet croissance démographique 4 010 4 600 5 200
courager les personnes âgées à quit-
effet vieillissement de la population 1 500 1 720 1 950
ter leurs grands logements. Les
effet décohabitation 1 780 2 030 2 300
pouvoirs publics affichent une volon-
Dus au renouvellement du parc et à
1 010 1 250 1 550 té de densification de l’habitat dansl'ajustement des besoins
les pôles urbains. Des leviers possi-Total 8 300 9 600 11 000
bles pourraient porter sur le dévelop-Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010
pement de logements adaptés aux
besoins des familles dans l’urbain,
région, la moitié des logements va- résidences secondaires et
une accession à la propriété facilitée
cants est constituée d’appartements occasionnelles diminue régulière-
dans les villes-centres, des incita-
de petite surface et assez anciens, ment au profit des résidences princi- tions fiscales, la promotion des loge-
datant d’avant 1975. Dans l’espace pales. Ces transferts entre les
ments collectifs et sociaux ou la
rural, neuf logements vacants sur différents segments du parc, pour
densification des quartiers d’habitat
dix sont des maisons de taille lesquels les incertitudes sont gran- autour des équipements principaux,
moyenne, dont les trois quarts da- des, n’affecteraient cependant que
notamment les transports collectifs.
tent d’avant 1949. Les flux entre le pour une faible part les besoins en
parc des résidences secondaires et construction, quelles que soient les
celui des principales hypothèses formulées.
sont également un déterminant pour
À l’horizon 2020, les comportements
l’estimation des besoins en loge-
d’occupation des logements pour-
ment. Dans la région, le nombre de
raient commencer à se modifier. L’é-
Des situations contrastées selon les territoires
Le nombre de ménages est en hausse dans tous les territoires, en Un dynamisme prononcé sur l'axe ligérien
et les franges franciliennesraison de l’évolution des modes de cohabitation et de l’effet struc-
turel, malgré une évolution parfois négative de la population. Les
zones d’emploi situées sur l’axe ligérien et les franges francilien-
nes sont plus dynamiques que les zones du sud de la région. Cinq
zones se distinguent par un accroissement élevé, supérieur à
1,1 % par an : Tours, Orléans, Loches, Montargis et Dreux. Si les
tendances démographiques se poursuivaient, la hausse du
nombre de ménages resterait plus soutenue sur les mêmes terri-
toires, notamment dans les zones de Dreux, Tours et Montargis.
La structure des ménages souligne également le clivage nord-sud.
Les zones du sud régional, telles Cosne-Clamecy,
Saint-Amand-Montrond, Issoudun et Châteauroux, se caractéri-
sent par une présence importante de personnes seules, dont près
de la moitié est âgée de plus de 65 ans. Les zones accueillant une
ville étudiante se distinguent naturellement par une part élevée de
jeunes vivant seuls. Les zones du nord régional ont à l’inverse une
part plus élevée de ménages composés de couples, avec ou sans
enfants, notamment Dreux, Pithiviers ou Chartres. Les ménages y
comptent en moyenne 2,5 personnes par ménage, contre 2 dans le
suddelarégion.
L’offre en logement devra ainsi être différenciée selon les territoi-
res, cohérente avec la progression du nombre de ménages et l’an-
cienneté du parc. Dans les zones en tension, la question du volume
Évolution des ménages Tendance d'évolutionde logements à construire est centrale et doit tenir compte du profil
1999-2009 des ménages 2009-2020
(en % annuel moyen)de la population afin de proposer des logements de taille adaptée
Stabilité
aux besoins. Dans les zones à croissance modérée du sud régio- 1,1 Hausse modérée
0,8
nal, aux forts taux de vacance des logements, l’inadéquation entre Hausse élevée0,6
0,3 très élevéel’offre et la demande risque de s’accentuer avec le vieillissement de
la population. Une offre d’habitat adaptée à cette population gran- Source : Insee, Recensements de la population - Omphale 2010
(scénario central)dissante sera nécessaire, tout en étant diversifiée et équilibrée
entre le locatif, social ou privé, et l’accession à la propriété.
5


©IGN 2011 - Insee 2012Pour comprendre ces résultats
Définitions
Ménage : ensemble de personnes occu- Ménages complexes : ménages qui couples, de l’actif le plus âgé, ou, à dé-
pant la même résidence principale, sans comptent plus d’une famille ou plusieurs faut d’actif, de l’homme le plus âgé. Si le
qu’elles aient forcément des liens de pa- personnes isolées, ou toute autre combi- ménage ne comporte aucun couple, la
renté. Un ménage peut être composé naison de familles et personnes isolées. personne de référence est l’actif le plus
d’une personne seule, d’une famille, ou Ces ménages sont qualifiés de com- âgé (homme ou femme), et à défaut d’ac-
être un ménage complexe. plexes dans la mesure où le type de lien tif, l’adulte le plus âgé.
(lien de parenté, liens amicaux, etc.) peut
Famille : comprend au moins deux per- Résidence principale : logement occu-
être très variable entre les personnes.
sonnes, constituée soit d’un couple (ma- pé de façon habituelle et à titre principal
rié ou non) avec ou sans enfants, soit Personne de référence du ménage : par une ou plusieurs personnes qui cons-
d’un adulte avec un ou plusieurs enfants. elle est déterminée à partir de la struc- tituent un ménage.
Les enfants d’une famille doivent être cé- ture familiale du ménage et des caracté-
libataires et eux-mêmes sans enfants, ristiques des individus qui le composent.
sans quoi ils forment à leur tour une fa- Si le ménage compte au moins un
mille. couple, il s’agit, parmi les hommes des
Méthodologie
Projections de ménages Hypothèses de projection
Les projections de ménages sont obte- Les projections de ménages reposent sur mené par le SOeS pour la France métro-
nues en trois étapes : un jeu d’hypothèses démographiques et politaine. Cette hypothèse nationale
de cohabitation. Dans cette étude, l’exer- s’appuie sur une analyse des tendances
projections de population intégrant
de la période 1990-2008, observées surcice a été réalisé selon trois scénarios dé-des hypothèses portant sur la fécondité,
la base des recensements 1990, 1999 etmographiques et un scénario d’évolutionl’espérance de vie et les migrations ;
des enquêtes annuelles de recensementdes modes de cohabitation. pour chaque année de projection,
de 2004 à 2010.ventilation des personnes selon leur Trois scénarios démographiques :
mode de cohabitation (personne seule, Estimation des besoins en logements le scénario central, ou tendanciel, re-
personne vivant en couple, avec ou sans conduit les tendances observées en ter- La Dreal estime les constructions supplé-enfants, enfants, adultes d’une famille mes de fécondité, espérance de vie et mentaires nécessaires au renouvelle-monoparentale, personnes vivant dans migrations ; ment du parc (destructions, change-un ménage complexe, personnes vivant
le scénario haut combine des hypo- ments de destinations, réhabilitations) àhors ménages) ;
thèses de fécondité haute, espérance de 15 % de l'évolution du nombre de rési- passage de la projection de popula-
vie haute et migrations hautes ; dences principales sur la période de pro-tion à la projection de ménages en appli-
le scénario bas combine fécondité jection. Cette estimation concorde avecquant pour chaque mode de
basse, espérance de vie basse et migra- celle de l'Insee, qui résulte d'une hypo-cohabitation le taux de personne de réfé-
tions basses. thèse de renouvellement de 1 % du parcrence du ménage correspondant. On en
initial de logements.déduit un nombre de ménages qui peut Les comportements de cohabitation évo-
être ventilé selon les caractéristiques de luent sur chaque zone à un rythme
la personne de référence. proche de celui modélisé dans l’exercice
Pour en savoir plus
« Près de 300 000 habitants de plus en région Centre en 2040 », Insee centre Info
Directeur de la publication
n° 164, Décembre 2010.Dominique Perrin
« Toujours davantage de ménages en région Centre, mais de taille plus réduite »,
Coordination des études
Insee Centre Flash n° 55, Juin 2012.Olivier Aguer
« Des ménages toujours plus petits : projections de ménages pour laÉquipe de projet
France métropolitaine à l’horizon 2030 », Insee première n° 1106, Octobre 2006.Annie Clerzau
Claire Formont
« La demande potentielle de logements à l’horizon 2030 : une estimation
Rédaction en chef par la croissance attendue du nombre de ménages », Commissariat général au dé-
Philippe Calatayud veloppement durable, Le Point Sur n° 135, Août 2012.
Jacqueline Duvey-Pilate
Maquettiste / Webmestre Institut national de la statistique et des études économiques
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