Un franc-comtois sur deux a changé de domicile entre 1990 et 1999

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Entre 1990 et 1999, la moitié des Francs-Comtois ont changé de logement. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans sont les plus mobiles. Chaque année, un sixième de cette population change de logement. La distance du déplacement est variable : les migrations pour raisons professionnelles occasionnent ainsi des déménagements plus longs que celles provoquées par des événements familiaux ou l'accession à la propriété. Passé ces premières étapes de la vie, les ménages francs-comtois sont beaucoup plus stables.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Entre 1990 et 1999, la moitié des Francs-Comtois ont changé de logement. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans sont les plus mobiles. Chaque année, un sixième de cette population change de logement. La distance du déplacement est variable : les migrations pour raisons professionnelles occasionnent ainsi des déménagements plus longs que celles provoquées par des événements familiaux (l+arrivée d+un enfant) ou l+accession à la propriété. Passé ces premières étapes de la vie, les ménages francs-comtois sont beaucoup plus stables.
Nº 46 - AOÛT 2001
Migrations internes
n 1999, La Franche-Comté comptait 1 117 257habitants. Parmi ces habitants, 52% seulement habitaient le même logement en 1990. 530 000Francs-Comtois ont donc emménagé dans un nou-veau logement entre 1990 et 1999.
Des migrations de courtes distances
Cette population de migrants peut être répartie en quatre grou-pes selon la distance et le type de migrations quils ont effec-tuées. Le premier groupe se compose des 173000 person-nes qui se sont contentées de changer de logement dans la
même commune. Les 165000 personnes qui ont changé de commune à lintérieur dune même zone demploi constituent le second. Ces migrants ont ef-fectué une distance courte, en moyenne 9 km. Pour les 2/3 de cette population, le déplacement a été encore plus court, puisque effectué à lintérieur dune même aire urbaine. Les 85 000 Francs-Comtois, qui ont changé de zone demploi, ont parcouru une distance plus conséquente (50 km en moyenne) et forment le troi-sième groupe. Le quatrième est constitué des 108500 person-nes qui se sont nouvellement installées en Franche-Comté. Parmi celles-ci, 16 400 arrivent de létranger. Et 92100 immi-
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grants arriventdune autre ré-gion française, dont 1 500 dun département ou dun territoire doutre-mer. Ces arrivées com-pensent en partie les 103400 départs vers la France métropo-litaine et les 1 700 départs vers les DOM-TOM.
Les jeunes les plus mobiles
La poursuite détudes supérieu-res, lentrée dans la vie profes-sionnelle ou le départ du domi-cile parental obligent la popula-tion âgée de 18 à 35 ans à être particulièrement mobile. Un jeune franc-comtois sur six change de logement chaque an-née. En outre, la propension du ménage à migrer est dautant plus forte que le chef de ménage est jeune. Ainsi, 87% des chefs de ménage de moins de 40 ans présents en Franche-Comté en 1999 nhabitaient pas le même er logement au 1janvier 1990. Inversement, 73% des chefs de ménage de plus de 40 ans sont restés dans le même logement.
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Par ailleurs, la migration est dautant plus longue que la per-sonne de référence du ménage est jeune. Deux tiers des chefs de ménages qui ont déménagé au-delà des limites de lazone demploi dans laquelle ils rési-daient précédemment ont moins de 40 ans. Ils ne représentent que 16% des ménages qui sont restés dans la même commune.
pour des raisons professionnelles
Dans lordre chronologique, la première migration, au moins en tant quadulte indépendant, est le départ du logement paren-tal. Ainsi, seuls 5,6% des jeunes de moins de 35 ans qui vivent seuls ou en couple habitaient le même logement 10 ans plus tôt. Ces jeunes migrent sur de lon-gues distances puisquils four-nissent respectivement 41% et 31% des migrants inter-zones demploi et inter-régionaux alors quils représentent à peine 12% des ménages. La distance parcourue est fonction de la
cause de la migration, qui dé-pend elle-même de la situation de lindividu dans son cycle de vie. On observe ainsi des diffé-rences selon la cause qui a pro-voqué le déplacement. Par exemple, pour poursuivre des études, les jeunes migrent au-delà de leur zone demploi dorigine. Les étudiants repré-sentent respectivement 16% et 8% des migrants inter-zones demploi et inter-régionaux alors quils ne représentent que 2,5% des ménages. Ils sinstal-lent dans les pôles urbains, siè-ges des établissements de len-seignement supérieur. 90% des étudiants logent dans un pôle urbain. Par contre, cette popu-lation migre rarement à linté-rieur dune zone demploi car les étudiants dont les parents vivent à proximité dune ville universitaire comme Besançon continuent dhabiter chez leurs parents. La migration des jeunes peut aussi être provoquée par len-trée dans la vie active. Seuls 7,5% des actifs de moins de 35
ans nont pas changé de loge-ment lors de la dernière décen-nie. Les jeunes ouvriers trou-vent un emploi dans un rayon relativement proche de leur an-cien domicile. 75% dentre eux sont restés dans la même zone demploi. Par contre, pour trou-ver un emploi dans le secteur tertiaire, les jeunes doivent être plus mobiles. En effet, seuls 60% des employés sont restés dans la même zone demploi, alors que les jeunes qui occu-pent des postes à responsabili-tés doivent en majorité sortir de leur zone demploi dorigine. Ainsi, un jeune cadre franc-comtois sur deux vient dune autre région française. Parce que les emplois tertiaires sont con-centrés en zone urbaine, plus de 75% des jeunes migrants de ce secteur se sont installés dans une aire urbaine dont 60% dans les centres villes. Inversement, parce que les établissements industriels sont mieux répartis sur le territoire franc-comtois, 40% des jeunes ouvriers se sont installés dans lespace à domi-nante rurale. Pour cette même raison, les jeunes ouvriers em-ménagent plus dans des mai-sons individuelles et sont plus souvent déjà propriétaires. Néanmoins, pour les trois-quarts de ces jeunes actifs, le recours à la location reste la solution in-contournable. Elle lest encore plus pour les jeunes sans emploi qui sinstallent, pour 80% den-tre eux, en zone urbaine, là où la probabilité de trouver un em-ploi est la plus grande.
ou familiales
Lorsque la situation profession-nelle sest stabilisée, la migra-tion peut être provoquée par un événement à caractère familial.
Ainsi, larrivée dun enfant, sur-tout le premier, provoque fré-quemment une nouvelle migra-tion. En 1999, seulement 29% des ménages franc-comtois ayant un enfant de moins de 10 ans habitaient le même loge-ment en 1990. Pour la moitié de ces ménages, cet heureux évé-
nement a provoqué un déplace-ment de courte distance, cest à dire un changement de domi-cile soit dans la même com-mune, soit dans la même zone demploi. La migration permet dajuster la taille du logement à la taille du ménage. À lopposé, la scission de la cellule fami-
liale par divorce ou séparation engendre aussi une migration. En effet, toutes choses égales par ailleurs, le fait davoir di-vorcé augmente fortement la probabilité davoir déménagé à lintérieur dune zone demploi et plus faiblement la probabilité davoir effectué une migration
infra régionale plus longue. Ainsi, la proportion de divorcés qui est de 9,5% dans la popula-tion des ménages, atteint 13,7% parmi les ménages qui ont changé de logement dans la même zone demploi. Par con-tre, la probabilité de migrer des familles monoparentales naug-
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mente que pour les mouvementsf o n tv e r su n ec o m m u n e MÉTHODOLOGIE internes à la zone demploi. Lapériurbaine alors que ces com-moitié de ces ménages ont ef-munes accueillent 21% des L objectif de létude consiste à déterminer leffet de diverses fectué un tel déménagement.ménages de la région. variables sur la propension des ménages à avoir effectué Ces premières étapes de la viePar contre, être propriétaireune migration durant la période 1990-1999. Pour confirmer ou infirmer les connaissances expérimentales que lon peut professionnelle ou familialede son logement devient en-avoir sur les motivations de la migration, parmi les variables franchies, les occasions de mi-suite un frein à la migration. du recensement, celles qui étaient les plus à mêmes dexpli-grer se font plus rares. AinsiPar exemple, 81% des pro-quer les migrations ont été choisies. La variable que nous les couples qui ont des enfantspriétaires de maisons indivi-cherchons à expliquer est le type de migrations effectuées. de plus de 10 ans ou qui nenduelles construites avant 1990 Cette variable peut prendre 5 modalités(pas de change-ont plus à charge ont une pro-nont pas changé de logementment de logement, changement de logement dans la même commune, changement de commune dans la même zone pension bien plus faible à mi-entre 1990 et 1999. Les ména-demploi, changement de zone demploi en Franche-comté, grer. 75% de ces ménagesges en retraite illustrent par-immigration depuis une autre région française). nont pas changé de logementfaitement ce propos. Cette La méthode statistique qui permet la mesure de ces effets entre les deux recensements.population qui représente 44% est la régression logistique multinomiale. Le modèle permet Néanmoins, pour la catégoriedes propriétaires de maisons de connaître leffet de chaque modalité des différentes varia-des ménages dont le chef deconstruites avant 1990 alorsbles sur la probabilité dune migration par rapport à une autre, choisie comme référence. De même, pour estimer le famille a plus de 35 ans, le faitquelle ne représente que 31% modèle, on doit choisir pour chacune des variables explica-doccuper un emploi de cadredes ménages est aussi la po-tives une modalité de référence. augmente, toutes choses éga-pulation la plus stable. 83% Ce modèle permet destimer des coefficients, dont le signe les par ailleurs, lades retraités nont permet de connaître leffet de la modalité de la variable p r o b a b i l i t éd epas changé de lo-Une seconde partieexplicative sur le mouvement migratoire, la valeur absolue changer de région.gement entre lesindiquant lintensité du mouvement. Ainsi (+++) signifie de vie plus stable que la modalité de la variable a un effet positif très marqué Pour cette mêmed e u xr e c e n s e -sur la tendance à migrer. catégorie de ménages, lors-ments ce qui représente près Lintérêt de ce modèle, par rapport à la régression logistique que le responsable se déclarede 50% de la population sta-« classique »est détudier limpact de certaines variables dans une autre catégorie so-ble. Par ailleurs, le départ à la sur tous les types de migrations prises en compte dans cioprofessionnelle, seuls lesretraite engendre rarement un larticle de façon simultanée. déplacements internes à lachangement de domicile. Plus zone demploi sont plus pro-globalement, pour les person-Source: bables. Ici, la motivation dunes les plus âgées, le seul évé-Le recensement de la population est actuellement la seule déplacement nest plus pro-nement qui élèvesignifi-source statistique permettant de mesurer les mouvements fessionnelle. Le moteur de lacativement la propension à migratoires affectant une région. Au recensement de 1999, migration semble être lacces-déménager est le départ danson a posé la question : « Où habitiez-vous le 1er janvier 1990 ? » Le dépouillement des réponses permet de sion à la propriété. En effet,une maison de retraite; celle-connaître le nombre, lorigine et les caractéristiques des les actifs de plus de 35 ansci étant le plus souvent située personnes qui ont changé de résidence. On peut ainsi sont fortement sur-représen-dans un rayon proche de lan-calculer le solde des mouvements entre communes, ou par tés parmi les propriétairesc i e nd o m i c i l ed up e n -agrégation sur des échelons géographiques englobant le niveau communal. En revanche, on ne peut calculer ce dun logement construit aprèssionnaire.n solde avec létranger car on ne connaît pas les personnes 1990. Cet investissement oc-qui ont émigré. c a s i o n n eu nd é p l a c e m e n tFlorent Maire court puisque les deux tiers de ces propriétaires ont effectué INSEEFranche-Comté une migration à lintérieur de « le Major » 83, rue de Dole la même zone demploi. PourBP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99 des raisons environnementales ou financières, ces déména-Directeur de la publication :Bernard Le Calvez Rédacteur en chef :Jean-Michel Floch gements se font souvent enPour en savoir plus Composition, mise en page :Maurice Boguet direction des communes péri-Imprimerie :Éblé Besançon « Franche-Comté : toujours plus de départs que darrivées », phériques des pôles urbains.Nº de CPPAP : 3 021 AD Lessentiel, n°42, 2001. ISSN : 1248-2544 28% des mouvements inter-« Les migrations en France entre 1990 et 1999 », Insee© INSEE 2001 dépôt légal : août 2001 nes à une zone demploi sepremière, n°758, 2001.
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