Une approche de la pauvreté en Ile-de-France

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La direction régionale de l'INSEE Ile-de-France et la Cellule Technique de Réflexion et d'Aide à la Décision des Caisses d'Allocations Familiales (CAF) d'Ile-de-France réalisent une étude sur les allocataires à bas revenus, âgés de moins de 65 ans et n'étant pas inscrits comme étudiants dans les fichiers des Caisses. Au 31 décembre 1998, parmi les 4 millions de personnes constituant le champ de référence de l'étude, près de 885 000 vivent dans un foyer allocataire dont les ressources se situent en dessous du seuil de pauvreté. Les deux tiers de ceux-ci ne perçoivent aucun des trois minima sociaux versés les CAF : revenu minimum d'insertion (RMI), allocation de parent isolé (API), allocation aux adultes handicapés (AAH). Les premiers résultats de cette étude font apparaître de fortes disparités départementales et des situations variées de précarité financière au sein de la population connue par les Caisses d'Allocations Familiales d'Ile-de-France (CAF). En Seine-Saint-Denis, où 47 % de la population bénéficie d'au moins une prestation versée par les CAF, 195 000 personnes appartiennent à un foyer allocataire en situation de précarité monétaire (14 % de la population totale). Dans ce département, plus d'un enfant de moins de 20 ans sur cinq réside dans un foyer à bas revenus. Au total en petite couronne, plus de 390 000 personnes vivent avec de faibles ressources (10 % de la population totale). En grande couronne où la population bénéficiaire de prestations CAF est plus importante, 300 000 personnes sont confrontées à des situations pécuniaires difficiles, soit 6 % de la population totale. A Paris, une part importante de la population bénéficiaire d'au moins une prestation CAF vit avec des ressources inférieures au seuil de pauvreté : elle représente 9 % de la population parisienne totale. Il s'agit essentiellement de personnes seules.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILE FRANCEDE
Une approche de la pauvreté
en Ile-de-France
indirectement d’une ou plusieurs presta-LA CONNAISSANCE DES POPULATIONS
tions versées par les CAF, près de 885 000
d’entre elles, soit8%dela population franci-VIVANT AVEC DE FAIBLES RESSOURCES ET
lienne, vivent dans ces foyers, dits « foyers à
CONNUES PAR LES CAISSES D’ALLOCATIONS bas revenus » (cf. encadrés).
FAMILIALES PERMET D’APPRÉHENDER UNE
C’est dans le départe-De fortesFORME DE LA PAUVRETÉ. EN ILE-DE-FRANCE, ment de la Seine-Saint-
disparités Denis que les bénéficiai-CETTE APPROCHE FAIT APPARAÎTRE DE
res de prestations CAFentre
FORTES DISPARITÉS DÉPARTEMENTALES, DES sont relativement les
départements plus nombreux : près de
PROFILS VARIÉS DE POPULATIONS EN la moitié de la popula-
tion y bénéficie directement ou indirectementSITUATION DE PRÉCARITÉ FINANCIÈRE.
d’au moins une prestation (cf. figure 1). C’est
CEPENDANT, LA PAUVRETÉ EST UN aussi le département qui enregistre la propor-
tion la plus importante de personnes confron-PHÉNOMÈNE COMPLEXE CARACTÉRISÉ PAR
tées à des situations pécuniaires difficiles : 14 %
UNE MULTITUDE DE SITUATIONS VÉCUES ET des personnes appartiennent à un foyer alloca-
taire en situation de précarité monétaire, soitNE PEUT SE RÉSUMER UNIQUEMENT À UNE
près de 195 000 personnes.
SITUATION DE PRÉCARITÉ MONÉTAIRE.
Sur l’ensemble des départements de la petite
couronne, plus de 38 % de la population béné-♦Cet article présente les premiers résultats d’une étude pré- ficie directement ou indirectement d’au moins
parée conjointement par la Direction régionale de l’Insee
une prestation CAF. Parmi cette population,et la Cellule Technique de Réflexion et d’Aide à la Déci-
plus de 390 000 personnes vivent dans dession (CTRAD) des Caisses d’Allocations Familiales
d’Ile-de-France (Dossier à paraître au premier semestre foyers à bas revenus, soit près de 10 % de la po-
2001). pulation. En grande couronne, près de 300 000
personnes, parmi les 39 % appartenant à un
INSTITUT foyer allocataire, vivent avec de faibles res-
NATIONAL DE LA sources ; elles représentent6%dela popula-
tion. Seules quelques communes ont un profilSTATISTIQUE
identique à celui du département de la
ET DES ETUDES
Seine-Saint-Denis (cf. figures 2 et 3) ; pour la
ECONOMIQUES plupart, elles se caractérisent par la présence
sur leur territoire de zones urbaines sensiblesarmi les foyers allocataires des Caisses
relevant de la « politique de la ville ».d’Allocations Familiales d’Ile-de-France,Pplus de 400 000 avaient, au 31 décembre
A Paris, alors que seulement 27 % de la popula1998, des ressources inférieures au seuil de pau --
tion bénéficie directement ou indirectementvreté. En termes de population, parmi les 4 mil-
lions de personnes bénéficiant directement ou d’au moins une prestation CAF, une proportion
ILE-DE-FRANCE
MENSUEL N° 195 - JANVIER 2001 - 16,40F/2,50 €
àlapageag
SociétéFigure 1 Foyers allocataires et populations concernées·
Population des Foyers Population des
Population Foyers foyers (3) / (1) allocataires foyers (5) / (3) (5) / (1)
totale RP99 allocataires de
allocataires de % à bas allocataires à % %(1) référence (2)
référence (3) revenus (4) bas revenus(5)
Paris 2 125 246 246 843 573 923 27,0 110 265 194 880 34,0 9,2
Hauts-de-Seine 1 428 881 163 022 465 000 32,5 48 623 97 720 21,0 6,8
Seine-Saint-Denis 1 382 861 214 195 645 813 46,7 80 016 194 165 30,1 14,0
Val-de-Marne 1 227 250 150 785 446 057 36,3 45 935 99 361 22,3 8,1
Petite Couronne 4 038 992 528 002 1 556 870 38,5 174 574 391 246 25,1 9,7
Seine-et-Marne 1 193 767 143 885 489 039 41,0 29 834 73 172 15,0 6,1
Yvelines 1 354 304 143 965 487 039 36,0 29 564 66 931 13,7 4,9
Essonne 1 134 238 131 423 429 834 37,9 30 395 69 596 16,2 6,1
Val-d’Oise 1 105 464 142 864 473 163 42,8 35 964 88 274 18,7 8,0
Grande Couronne 4 787 773 562 137 1 879 072 39,2 125 757 297 973 15,9 6,2
Total Région 10 952 011 1 336 982 4 009 865 36,6 410 596 884 099 22,0 8,1
Note de lecture : A Paris, 27 % de la population appartient à un foyer allocataire, 34 % de cette population allocataire vit dans un foyer à bas revenus et représente 9 %
de la population totale.
Sources : Insee, Caisses d’Allocations Familiales d’Ile-de-France
percevant pas de minimum social versé parimportante de cette population (34 %) vit dans
les CAF.C’est en Seine-et-Marne et dans lesun foyer à bas revenus ; elle représente9%de
Yvelines que ces foyers sont relativementla population parisienne totale. A Paris, en ef-
les plus nombreux, respectivement 51 % etfet, les familles, et essentiellement les familles
50 % de l’ensemble des foyers à bas revenus.nombreuses, sont moins représentées que dans
les autres départements, alors qu’au contraire
Les garanties de ressources comme les moles personnes isolées à faibles revenus (particu --
dalités de prise en compte des ressourceslièrement les personnes seules percevant le
sont différentes d’un minimum social àRMI ) y sont plus nombreuses.
l’autre. Ainsi, la totalité des bénéficiaires
du RMI et la quasi desUne analyse plus approfondie ferait cepen-
de l’Allocation de Parent Isolé ont des res-dant apparaître de fortes disparités d’un ar-
sources inférieures au seuil de pauvreté. Ilsrondissement à l’autre.
représentent près de 80 % des foyers à bas
revenus percevant un minimum social ver-Parmi les foyersMinimum social :
sé par les CAF. Par contre, 53 % des foyersà bas revenus, on
un tiers seulement allocataires touchant l’Allocation aux Adul-distingue deux
tes Handicapés ont des ressources supé-de la population grandes catégo-
rieures au seuil de pauvreté.ries : les bénéfi-à bas revenus
ciaires d’un des
Plus d’un tiers (36 %) des foyers à bas reve-minima sociaux versés par la CAF (avec éven-
nus ne percevant pas de minimum socialtuellement des prestations liées aux enfants
versé par les CAF sont constitués par des al-et/ou au logement), et les foyers allocataires
locataires en couple ayant des enfants dedont la situation financière ne justifie pas le
moins de 20 ans. Dans plus de 50 % de cesversement d’un minimum social, mais dont les
foyers sans minimum (96 000), l’allocataireressources ne dépassent pourtant pas le seuil
occupe un emploi, salarié ou non. Excepté àde pauvreté. Il s’agit d’allocataires percevant
Paris, ces « travailleurs pauvres » ou trauniquement des prestations liées au logement -
vailleurs à faible niveau de vie sont majori-ou à l’entretien des enfants.
tairement des allocataires ayant des
enfants à charge (couples avec enfants ouEn Ile-de-France, plus de 45 % des foyers à
familles monoparentales). Pour certains,bas revenus ne perçoivent aucun des trois mi-
leurs bas salaires expliquent un niveau denima versés par les CAF : Revenu Minimum
vie inférieur au seuil de pauvreté, mais pourd’Insertion (RMI), Allocation de Parent Isolé
d’autres, malgré un salaire relativement(API), Allocation aux Adultes Handicapés
correct, cette situation peut être imputable(AAH).
à des charges de famille élevées.
En termes de population, plus de 500 000 per-
Les foyers à bas revenus sont pour unesonnes, soit les deux tiers de la population vi-
grande majorité très dépendants, en termesvant avec des ressources inférieures au seuil
de ressources, des prestations versées parde pauvreté, appartiennent à des foyers neFigure 2 Population bénéficiaire de prestations CAF au 31-12-1998·
IGN - Insee 2000
Population concernée par une ou plusieurs prestations CAF
plus de 45 % Taux régional : 36,6 %
de 40 à 45 %
de 35 à 40 %
de 30 à 35 %
moins de 30 %
communes ayant moins de 100 habitants
Figure 3 La population des foyers à bas revenus parmi la population des foyers allocataires au 31-12-1998·
Argenteuil
Sarcelles
MeauxChanteloup-les-Vignes
Mantes-la-Jolie
Trappes
Provins
IGN - Insee 2000
Grigny
Corbeil-Essonnes
Etampes Montereau-fault-Yonne
Pourcentage de personnes vivant dans des foyers allocataires
à bas revenus parmi la population des foye
de 25 à 45 % Taux régional : 22 %
de 20 à 25 %
de 15 à 20 %
de 10 à 15 %
moins de 10 %
communes ayant moins de 100 allocataires de référenceFigure 4 La population de moins de 20 ans dans les foyers allocataires·
Part des moins de 20 Population des moins Part des moins de 20
Population des moins Population des moins ans dans les foyers de 20 ans dans les ans dans les foyers
de 20 ans de 20 ans dans les
allocataires de foyers allocataires à allocataires à basRP 99 foyers allocataires
référence bas revenus revenus
Paris 388 374 230 344 59,3 59 912 15,4
Hauts-de-Seine 337 053 213 341 63,3 35 439 10,5
Seine-Saint-Denis 386 910 308 908 79,8 83 809 21,7
Val-de-Marne 304 275 208 922 68,7 39 004 12,8
Petite Couronne 1 028 238 731 171 71,1 158 252 15,4
Seine-et-Marne 343 581 244 483 71,2 32 633 9,5
Yvelines 374 637 244 592 65,3 27 826 7,4
Essonne 307 917 211 647 68,7 29 068 9,4
Val-d’Oise 321 246 235 854 73,4 38 638 12,0
Grande Couronne 1 347 381 936 576 69,5 128 165 9,5
Total Région 2 763 993 1 898 091 68,7 346 329 12,5
Sources : Insee, Caisses d’Allocations Familiales d’Ile-de-France
Note de lecture : A Paris, 59,3 % de la population des moins de 20 ans vit dans un foyer allocataire et 15,4 % vit dans un foyer à bas revenus
les CAF. Pour plus de 55 % d’entre eux, les La structure familiale des al-Les familles
prestations versées par les CAF représentent locataires à bas revenus varie
plus de 80 % de leurs ressources : ce sont es nombreuses d’un département à l’autre : à-
sentiellement des personnes seules percevant Paris près de deux foyers allo-plus exposées
le RMI. Cette dépendance aux prestations est cataires à bas revenus sur
moindre dans les foyers à bas revenus ne per trois sont des personnes seules. En grande-
cevant pas de minimum social : pour près de couronne, on en dénombre moins de la moi-
58 % d’entre eux, les prestations représen tié. Si, en grande couronne un allocataire à-
tent moins de 50 % de leurs ressources. bas revenus sur quatre vit en couple avec
Figure 5 Les moins de 20 ans dans les foyers à bas revenus au 31-12-1998·
IGN - Insee 2000
Pourcentage de population de moins de 20 ans
vivant dans un foyer à bas revenus
Les communes en blanc sont des communesde 25 à 40 % Taux régional : 12,5 %
qui n’ont pas d'allocataires à bas revenus,de 15 à 25 %
ou qui comptent moins de 100 habitants de moins de 20 ansde 8 à 15 %
de 5 à 8 %
moins de 5 %des enfants de moins de 20 ans, à Paris cette 1 900 000 personnes de moinsUn enfant sur
situation s’observe pour seulement 14 % de 20 ans, soit près de 70 % de
huit dépendd’entre eux. la population régionale des
moins de 20 ans, bénéficient,d’un foyer à bas
13 % des couples allocataires ayant au moins par leur appartenance à un
revenus
un enfant de moins de 20 ans ont des ressour foyer allocataire, de presta- -
ces inférieures au seuil de pauvreté. Ce taux, tions versées par les CAF. Parmi eux, plus de
observé en 1998, est sans doute supérieur à 340 000 vivent dans des foyers à bas revenus.
celui des autres années, du fait de la mise Ils représentent 12,5 % de la population régio-
sous conditions de ressources des allocations nale des moins de 20 ans. Seuls les départe-
familiales. Il traduit cependant de fortes dis ments des Yvelines, de la Seine-et-Marne et-
parités selon la structure familiale. Ainsi, il de l’Essonne ont des taux inférieurs à 10 %.
est plus faible lorsque l’on s’intéresse aux En Seine-Saint-Denis, c’est plus d’un enfant
seules familles de 2 ou 3 enfants. Par contre, de moins de 20 ans sur cinq qui réside dans un
il approche les 20 % au sein de la population foyer à bas revenus (cf. figures 4 et 5).
des couples avec quatre enfants, pour at-
teindre plus de 30 % parmi ceux ayant cinq
Brigitte Debras,
enfants ou plus. Quant aux familles monopa-
Service études et diffusion, Insee
rentales percevant des prestations CAF, quel
Danie Chemineau, Armelle Quiroga, CTRAD
que soit le nombre d’enfants, plus de 30 %
(Cellule Technique de Réflexion et d’Aide à la Décision des
d’entre elles ont de bas revenus.
Caisses d’Allocations Familiales d’Ile-de-France)
Définitions
Allocataires : personnes ayant perçu une ou plusieurs presta pouvoir les comparer, on considère un revenu par équivalent-
tions payées par les Caisses d’Allocations Familiales (CAF) en dé adulte ou unité de consommation, observé au moyen d’une-
cembre 1998. De mars à décembre 1998 les allocations familiales, échelle d’équivalence.
attribuées dès le deuxième enfant à charge, ont été versées sous La valeur de l’unité de consommation adulte est calculée à partir
conditions de ressources. du revenu brut du foyer allocataire déclaré à la CAF par l’alloca-
Les CAF versent trois types de prestations : les prestations à desti- taire, augmenté du montant des prestations perçues pour le mois
nation des familles (allocations familiales, complément familial et de décembre, et divisé par le nombre d’unités de consommation
allocation de rentrée scolaire,...), les aides personnelles au loge du foyer.-
ment (APL : aide personnalisée au logement, ALF : allocation loge-
ment à caractère familial et ALS : allocation logement à caractère Les unités de consommation sont déterminées de la façon sui-
social) et trois minima sociaux (AAH : aux adulte handi vante :-
capés, API : allocation de parent isolé et RMI : revenu minimum - 1 pour l’allocataire ou 1,2 pour l’allocataire monoparental ;
d’insertion). - 0,5 par adulte supplémentaire et enfant de 14 ans ou plus ;
- 0,3 par enfant de moins de 14 ans.
Foyer allocataire : au sens administratif de la CAF, ce foyer est Cette échelle d’équivalence est celle utilisée dans la plupart des
composé de l’allocataire, de son conjoint ou concubin, de ses en- études récentes sur le thème de la pauvreté, et notamment dans
fants à charge et des autres personnes à charge qui entrent en les travaux d’Eurostat.
compte pour le calcul de certaines prestations comme l’aide au lo- L’analyse des inégalités de niveaux de vie s’inscrit dans une ap-
gement. L’étude a été conduite à partir du fichier des allocataires proche de la pauvreté relative limitée à la seule composante mo-
des huit Caisses d’Allocations Familiales d’Ile-de-France au nétaire. Une limite de cette approche tient au fait qu’elle repose
31.12.1998. A cette date 1 589 057 foyers allocataires étaient enre- sur des seuils de pauvreté et le choix arbitraire de l’un d’entre
gistrés dans les fichiers des CAF. eux. Ce choix introduit une discontinuité artificielle dans un phé-
En 1998, les allocations familiales ont été versées sous conditions nomène continu, les situations des foyers allocataires de part et
de ressources. Ainsi, certains allocataires ne touchant que les allo- d’autre du seuil étant relativement proches.
cations familiales peuvent être absents du fichier en 1998, si leurs
ressources ont dépassé en 1997 un certain plafond. Seules les fa- Le seuil de pauvreté
milles relativement aisées ont été touchées par cette mesure qui Le seuil de est déterminé à partir des résultats de l’en-
n’a pas été reconduite les années suivantes. Cette mise sous condi- quête nationale «budget des familles» réalisée en 1994/1995 par
tions de ressources des allocations familiales, qui peut dans cer- l’Insee.
tains cas minorer des estimations de taux de population concernée Un foyer est dit à bas revenus, c’est-à-dire en dessous du seuil de
par les prestations CAF au sein d’une population générale, a ce- pauvreté, lorsque son revenu par unité de consommation, défini
pendant permis d’appréhender les ressources d’un plus grand ci-dessus, est inférieur à la moitié du revenu médian par unité de
nombre d’allocataires présents dans le fichier en décembre 1998. consommation de la population enquêtée par l’Insee (hors per-
sonnes de 65 ans ou plus), soit en 1994, 3 513 F.
Une approche de la pauvreté monétaire relative Ce seuil est réactualisé chaque année, il est de 3 873 F pour les re-
Afin d’approcher au mieux les niveaux de vie des foyers allocatai venus de 1997 (revenus déclarés par les allocataires présents-
res de taille et de composition démographique différentes et de dans le fichier en décembre 1998).Méthodologie
Champ de l’étude et mesure d’un « taux de pauvreté » :
Pour réaliser cette étude sur les allocataires à bas revenus, on a exclu du champ, dans un premier temps, les personnes n’ayant N° 195pas déclaré de revenu en 1998, parce qu’elles perçoivent des prestations versées sans conditions de ressources. Rappelons
qu’en 1998, les allocations familiales ont été versées sous conditions de ressources.
De plus, pour des raisons méthodologiques, ont également été exclus du champ les allocataires étudiants et ceux de 65 ans ou
plus. En effet, par définition, les personnes âgées touchent peu de prestations des CAF. De plus, le minimum vieillesse, non im-
posable, versé par les Caisses de retraite et le service de l’allocation spéciale vieillesse, n’est pas connu par les CAF. Ceci ne per INSTITUT-
met donc pas d’appréhender de manière satisfaisante les bas revenus des personnes âgées de plus de 65 ans. NATIONAL DE LA
STATISTIQUE ET
Les étudiants apparaissent nombreux dans les fichiers des CAF avec des revenus nuls. On peut considérer que les traiter DES ETUDES
comme pauvres serait excessif. Ont donc été exclus du champ de l’étude les étudiants percevant uniquement des prestations
ECONOMIQUESliées au logement. En revanche, s’ils perçoivent d’autres prestations, ils sont traités comme les autres allocataires.
Au niveau de la région 15,9 % des 1 589 057 allocataires ont donc été exclus du champ (6,9 % d’allocataires ayant plus de 65 ans, Direction régionale
5,9 % d’allocataires étudiants et 3 % d’allocataires n’ayant pas renseigné leur revenu). Le champ de référence de l’étude est fi- d’Ile-de-France
nalement constitué de 1 336 982 allocataires.
7, rue Stephenson
Montigny-le-BretonneuxLes structures départementales de population expliquent les écarts entre le nombre d’allocataires total et le nombre d’alloca-
taires de référence : ainsi à Paris, où résident de nombreux étudiants et personnes âgées, 27 % des foyers allocataires ont été ex 78188 Saint-Quentin-Yvelines cedex-
clus du champ. C’est en grande couronne que les allocataires exclus du champ sont les moins nombreux (11,6 %) avec peu de
disparités entre départements.
Directeur de la publication :
Alain CharraudUn « taux de pauvreté » légèrement sous-estimé
Du fait de la définition du champ de référence de l’étude, les diverses proportions de population à bas revenus calculéespar rap-
port à la population au recensement de 1999 minimisent le taux de pauvreté. Cette sous-estimation provient d’une part de la Comité Editorial :
non prise en compte d’une partie de la population non connue par les CAF (car ne percevant pas de prestations) et d’autre part Odile Bovar
de l’exclusion des allocataires de plus de 65 ans et des allocataires étudiants.
En estimant une population totale de référence compatible avec la population des foyers allocataires de référence, on observe- Rédactrice en chef :
rait, pour cette population, un taux de pauvreté supérieur. En assimilant un foyer allocataire CAF à un ménage Insee, la popu- Corinne Benveniste
lation de référence est alors constituée par la population au recensement de 1999 à laquelle on soustrait la population des
ménages dont la personne de référence a 65 ans ou plus et la population des ménages dont la personne de référence est étu-
Secrétaire de rédaction :diante. On pourrait alors envisager de calculer un taux de pauvreté de la population concernée par les prestations CAF, hors
population des ménages dont la personne de référence a plus de 65 ans ou est étudiante. Josette Siriostis
Dans un premier temps, nous avons estimé une population de référence en partant de la population au recensement de
Rédaction1999 à laquelle on soustrait uniquement, parmi les personnes ayant plus de 65 ans et les étudiants, ceux qui sont personne de
Service Etudes Diffusionréférence d’un ménage ( et non la population totale du ménage). Les calculs de taux, effectués à partir de cette population, sont
supérieurs à ceux calculés par rapport à la population totale (pour la région 8,9 % au lieu de 8,1 %), mais ne modifient en rien les
disparités constatées entre les départements franciliens. Les écarts d’un département à l’autre restent sensiblement du même Maquette :
ordre.
Vincent Bocquet
Population de référence et population des foyers allocataires
Impression :
Population
Population Foyers Population des Foyers (5) /pop Comellides foyers
de allocataires foyers (3) / (1) allocataires à (5) / (1) totale
allocataire à
référence de référence allocataires de % bas revenus % RP 99
bas revenus
(1) (2) référence (3) (4) % Abonnement :(5)
Françoise CharbonnierParis 1 820 552 246 843 573 923 31,5 110 265 194 880 10,7 9,2
Hauts-de-Seine 1 277 511 163 022 465 000 36,4 48 623 97 720 7,6 6,8 12 numéros par an,
France : 164 F/25,00€Seine-Saint-Denis 1 271 457 214 195 645 813 50,8 80 016 194 165 15,3 14,0
Europe : 205 F/31,25€
Val-de-Marne 1 109 547 150 785 446 057 40,2 45 935 99 361 9,0 8,1 Reste du monde : 221 F/33,75€
Petite Couronne Le numéro : 16,40 F/2,50€3 658 515 528 002 1 556 870 42,6 174 574 391 246 10,7 9,7
Seine-et-Marne 1 107 274 143 885 489 039 44,2 29 834 73 172 6,6 6,1
Vente sur place
Yvelines 1 249 883 143 965 487 039 39,0 29 564 66 931 5,4 4,9 et par correspondance :
Essonne Direction régionale1 048 984 131 423 429 834 41,0 30 395 69 596 6,6 6,1
d’Ile-de-France
Val-d’Oise 1 027 054 142 864 473 163 46,1 35 964 88 274 8,6 8,0
Division Information-
Grande Couronne 4 433 195 562 137 1 879 072 42,4 125 757 297 973 6,7 6,2 Commercialisation
7, rue StephensonTotal Région 9 912 262 1 336 982 4 009 865 40,5 410 596 884 099 8,9 8,1
Montigny-le-Bretonneux
Sources : Insee, Caisses d’Allocations Familiales d’Ile-de-France 78188 Saint Quentin
Yvelines cedex
Pour en savoir plus Tél. : 01 30 96 90 99
Fax : 01 30 96 90 27C. Lagarenne et N. Legendre, « Les travailleurs pauvres » , Insee première n°745, octobre 2000.
www.insee.fr/ile-de-france«Données statistiques relatives à la pauvreté précarité en Ile-de-France», document réalisé sous l’égide de la
Préfecture de la région et du Conseil régional d’Ile-de-France, juin 2000.
«Les allocataires du RMI dix ans après sa création», Service commun d’Action Sociale des Caisses d’Allloca- INSEE Info Service
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N° ISSN 0984-4724
Dépôt légal :
1er semestre 2001INSEE Ile-de-France à la page figure dès sa parution sur le site Internet de l’Insee www.insee.fr/ile-de-france
Code SAGE : I 0119552
Commission paritaire
n° 2133 AD
© INSEE 2001

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