Une évolution démographique ralentie

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Les observateurs les plus optimistes remarqueront que presque la moitié des bassins de vie bas-normand affiche un dynamisme démographique certain. Les esprits les plus précis rétorqueront que les croissances les plus fortes sont circonscrites à la couronne de Caen et à certaines portions du littoral. Enfin, les plus pessimistes noteront que toute la frange sur de la région est en déclin démographique depuis plusieurs décennies.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Uneévolution
démographique
ralentie
Les observateurs les plus optimistes remarqueront
que presque la moitié des bassins de vie
bas-normands affiche un dynamisme
démographique certain. Les esprits les plus précis
rétorqueront que les croissances les plus fortes
sont circonscrites à la couronne de Caen et à
certaines portions du littoral. Enfin, les plus
pessimistes noteront que toute la frange sud de
la région est en déclin démographique depuis
plusieurs décennies.
La Basse-Normandie entre villes et campagnes 17>>>
>>>
Le bassin de
Le recul démographique n'est Bretteville-sur-
Laize pas rare sur le territoire, mais
s'effectue à un rythme plutôt lent
D'un point de vue démographique, les touchés se trouvent autour de Gavray,
bassins de vie bas-normands sont très Brécey, Pontorson, Saint-James, Mor-
• 10 communes partagés. Si 34 d'entre eux s'inscrivent tain, Barenton dans la Manche, Dom-
dans une dynamique positive, ils sont front, Bellême et Gacé dans l'Orne,• 6398 habitants
autant à être engagés dans une phase ainsi qu'à Isigny-sur-Mer dans le Cal-
• 924 emplois
de baisse. Dans le Grand-Ouest, en vados. Durant les quatre dernières
• Dynamique démographique Bretagne et davantage encore dans décennies, chacun de ces bassins a
assez forte et régulière les Pays de la Loire, les bassins dyna- perdu chaque année en moyenne envi-
• Economie fortement miques sont en revanche majoritaires. ron 0,5 à 0,9 % de sa population, soit
résidentielle sans autre La plupart des bassins bas-normands 18 à 29 % sur l'ensemble de la période.
dominante en décroissance le sont depuis au Cependant, les bassins de vie bas-nor-
• Dépendant moins une quarantaine d'années. Le mands en recul démographique
poids de ces territoires dans la popu- continu n'ont perdu en moyenne que• Niveau d’équipement
lation régionale est ainsi passé de 34 % 1,1 % de leurs habitants entre 1990 et
concurrentiel : faible
en 1962 à un peu moins de 27 % en 1999 et 7,7 % entre 1962 et 1999, alors
non concurrentiel : moyen
1999. Ces bassins qui se dépeuplent que les bassins français dans lasanté : très faible
se situent pour l'essentiel dans la moi- même situation ont perdu enéducation : moyen
tié sud de la région, dans l'Orne et la moyenne de 2,9 % et 13,3 % de leurs
• 36 emplois pour 100 actifs
Manche méridionale. habitants sur ces périodes respectives.
résidents
Ils sont le plus souvent centrés sur un Si la baisse démographique est répan-
• Accès aux équipements et à pôle d'emploi rural ou une simple com- due sur le territoire bas-normand, elle
l'emploi : assez long
mune rurale, mais certains "bassins n'est donc pas très marquée dans la
urbains" comme ceux de L'Aigle, Vire plupart des bassins de vie concernés.
et Flers sont aussi concernés. Les plus
Les bassins de vie du Bocage en reculLe bassin de
démographique continuBricquebec
Cherbourg
Le HavreLe HavreLe HavreLe HavreLe HavreLe HavreLe HavreLe HavreLe Havre• 13 communes
Trouville-sur-Mer
• 10 170 habitants
Bayeux ElElbl• 2281 emplois
Caen• Dynamique démographique
Saint-Lô
Lisieuxirrégulière ou modérée
Coutances
• Economie fortement
résidentielle et agri-
alimentaire VireGranville
• Dépendant Avranches
Argentan
L'Aigleo Flers• Niveau d’équipement
concurrentiel : bon
Mortagne-au-Perchenon concurrentiel : moyen
santé : faible
AlençonAlençonAlençonAlençonAlençonAlençonAlençonAlençonAlençon
Profil de dynamique démographique des bassins de vieéducation : moyen
Dynamique assez forte et régulière
• 61 emplois pour 100 actifs Dynamique irrégulière ou modérée
Croissance plus ou moins récenterésidents
Rennes Déclin confirmé
• Accès aux équipements et à Déclin récent Laval
Incertainl'emploi : assez rapide
Unités urbaines de 30 000 habitants ou plus
© IGN - Insee 2004Périphérie dépendante des unités urbaines
Source : Insee, recensements de la populationde 30 000 habitants ou plus
18
La Basse-Normandie entre villes et campagnes1999
>>> >>>
Population
1990
1962
Le bassin de
Des raisons multiples au dépeuplement Carentan
Les raisons de ce dépeuplement tait (allant même jusqu'à inverser la
varient d'un bassin à l'autre. Dans une tendance), mais ils subissent encore
grande partie du Sud-Manche (de Pon- un déficit naturel, parfois même en
• 26 communestorson jusqu'à Domfront, en passant augmentation. A l'inverse, d'autres
par Saint-Hilaire-du-Harcouët, Mor- bassins en décroissance prolongée • 15 592 habitants
tain, Villedieu-les-Poêles et Gavray), bénéficient encore d'un solde naturel • 5901 emplois
l'exode se cumule au déficit naturel légèrement positif, mais pâtissent de
• Croissance démographique
depuis 10, 20 voire plus de 30 ans. Cer- flux migratoires parfois très défavo-
plus ou moins récente
tains bassins du Cotentin (Sainte-Mère- rables. Parmi eux, des bassins de vie
• Economie agri-alimentaire àEglise, Saint-Sauveur-le-Vicomte, de la partie est de la région (L'Aigle,
tendance agroalimentairePériers, La-Haye-du-Puits et Saint- Vimoutiers, Livarot et Saint-Pierre-sur-
• AutonomeVaast-la-Hougue) et dans le sud-est de Dives), mais également plus au centre,
l'Orne (Mortagne-au-Perche, Sées, Bel- dans la zone d'influence de Flers, • Niveau d’équipement
lême et Gacé) ont quant à eux réussi à Falaise et Condé-sur-Noireau, enfin
concurrentiel : bon
juguler dans les années quatre-vingt- celui d'Isigny-sur-Mer. non concurrentiel : moyen
dix le départ d'habitants qui les affec- santé : moyen
éducation : très bon
• 102 emplois pour 100 actifs
résidents
• Accès aux équipements et à
l'emploi : rapide
450 000
400 000
Evolution de la population
des bassins de vie31
suivant leur profil démographique
350 000 Le bassin de
Dynamique assez Condé-sur-forte et régilière
Noireau
300 000 Dynamique
irrégulière ou
modérée
Croissance plus ou
250 000 moins récente
• 17 communes
Déclin confirmé • 12 727 habitants
200 000 • 5344 emplois
17
• Déclin démographiqueDéclin récent
confirmé
8 150 000
• Economie très industrielle
Incertain non monospécialisée
6
• Autonome
100 000
9 • Niveau d’équipement
3 concurrentiel : bon31 nombre de
non concurbassins de vie 50 000
santé : bon
concernés
éducation : bon
• 110 emplois pour 100 actifs
0
résidents
• Accès aux équipements et à
Source : Insee, recensements de la population 1999
l'emploi : rapideAutant de bassins qui gagnent des habitants
que de bassins qui en perdent
19
La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>>
>>>
Le bassin de
L’amorce de quelques déclinsCourseulles-
sur-Mer A ces bassins au déclin ancien s'ajou- plus singulier. Sa situation démogra-
tent désormais trois autres : Saint-Lô, phique au cours des vingt dernières
Torigni-sur-Vire et Beaumont-Hague. années fut très liée aux phases de l'im-
Les pertes d'habitants y sont très plantation de l'industrie du nucléaire :
récentes ou sont sur le point de se pro- très forte croissance dans les années
• 8 communes duire. Les bassins de Torigni-sur-Vire et quatre-vingt, baisse conséquente la
de Saint-Lô appartiennent à cette der- décennie suivante.• 7884 habitants
nière catégorie. Leur croissance démo-• 1724 emplois
graphique, réelle dans les années
• Dynamique démographique
soixante-dix, s'est érodée depuis à
assez forte et régulière
devenir nulle ou légèrement négative
• Economie fortement dans les années quatre-vingt-dix. Le
résidentielle et touristique cas du bassin de Beaumont-Hague est
• Dépendant
• Niveau d’équipement
Dynamisme démographique autour des villes
concurrentiel : moyen
non concur Couronne Commune Pôle AutreRépartition des bassins de vie selon Pôle
péri- multi- d’emploi commune Totalleur profil démographique santé : moyen urbain
et la catégorie de leur pôle urbaine polarisée rural ruraleéducation : moyen
Dynamique assez forte et régulière 2 8 0 3 4 17• 60 emplois pour 100 actifs
Dynamique irrégulière ou modérée 3 2 0 2 1 8résidents
Croissance plus ou moins récente 1 0 1 2 5 9
• accès aux équipements et à Déclin confirmé 3 0 0 12 16 31
l'emploi : assez long Déclin récent 1 0 0 2 0 3
Incertain 2 0 0 1 3 6
TOTAL 12 10 1 22 29 74
Source : Insee, recensements de la population de 1962, 1968, 1975, 1982, 1990, et 1999
Par opposition, un littoral en fort essorLe bassin de
Coutances démographique
Si l'agglomération de Caen et la péri- comme des îlots de croissance démo-
phérie proche du pôle urbain de Cher- graphique dans un contexte de dimi-
bourg ont contribué à la croissance nution générale de la population.
démographique régionale des qua- Les sources de cette croissance démo-
• 41 communes
rante dernières années, la Basse-Nor- graphique diffèrent bien sûr d'un bas-
• 26 478 habitants mandie compte également quelques sin à l'autre. Sur le littoral, elle est avant
autres portions de territoire tendant à tout alimentée par un fort excédent• 11 627 emplois
gagner des habitants. Les bassins de migratoire. Le long de la côte de Nacre,• Dynamique démographique
vie de la couronne périurbaine de il est de plus renforcé par un soldeirrégulière ou modérée
Caen, de la côte de Nacre, de l'arrière- positif des naissances sur les décès.
• Economie fortement
pays de la côte Fleurie ou encore du lit- Dans l'aire d'influence d'Agon-Cou-résidentielle sans autre
toral du Sud-Manche sont eux aussi tainville, il tend au contraire à contre-dominante
porteurs de dynamisme démogra- carrer un déficit naturel lié à la structure
• Autonome
phique. Les bassins centrés sur par âge de la population. Bagnoles-
• Niveau d’équipement Ouistreham, Luc-sur-Mer et Cour- de-l'Orne présente un profil similaire.
seulles-sur-Mer sont particulièrementconcurrentiel : très bon
non concur à la pointe de ce mouvement, depuis
santé : bon longtemps. Le bassin d'Agon-Cou-
éducation : très bon tainville s'est également hissé à ce
niveau de croissance, mais plus récem-• 109 emplois pour 100 actifs
résidents ment, dans les années quatre-vingt-
dix. Enfin, Le Mêle-sur-Sarthe et surtout• accès aux équipements et à
Bagnoles-de-l'Orne et Le Theil appa-l'emploi : rapide
raissent dans le sud de la région
20
La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>> >>>
Le bassin deAilleurs, une croissance plus limitée Dives-sur-Mer
En dehors de ces foyers en expansion donc à la fois plutôt rare et relativement
démographique, la croissance, quand lent. Seuls 21 % des habitants des bas-
elle existe, demeure assez limitée. L'en- sins de vie bas-normands vivent sur un
semble des bassins bas-normands dits territoire en croissance démographique
à "dynamique assez forte et régulière" prolongée. Ils sont 40 % à l'échelle • 13 communes
n'ont accru leur population que de nationale.
• 15 843 habitants
7,3 % entre 1990 et 1999 alors que dans
• 5096 emploisle même temps les bassins français au
• Croissance démographiqueprofil similaire gagnaient en moyenne
plus ou moins récente9,5 % d'habitants supplémentaires. Et
le phénomène n'est pas nouveau : • Economie fortement
entre 1962 et 1999, la croissance s'élève résidentielle et touristique
respectivement à + 40,5 % pour les • Autonome
premiers et + 58,6 % pour les seconds.
• Niveau d’équipement
Le dynamisme démographique dans
concurrentiel : très bonles bassins de vie bas-normands est
non concur
santé : très bon
éducation : très bon
• 91 emplois pour 100 actifs
résidents
• Accès aux équipements et à
l'emploi : rapide
Un espace périurbain à deux vitesses Le bassin de
DomfrontDans quelques bassins de vie de la loin- La péri-urbanisation se poursuit en
taine périphérie de l'agglomération revanche autour d'autres aggloméra-
caennaise, le dynamisme démogra- tions. Les bassins du Mêle-sur-Sarthe
phique lié à l'afflux de nouveaux habi- près d'Alençon, de Carentan, du
tants semble s'essouffler après son Molay-Littry et de Tessy-sur-Vire aux
• 27 communesapogée des années soixante-dix et franges du bassin de Saint-Lô connais-
quatre-vingt. C'est le cas dans les bas- sent un essor démographique nourri • 17 021 habitants
sins d'Argences, de Saint-Martin-de- par les flux migratoires. D'autres • 5637 emplois
Fontenay, de Troarn et de Thury-Harcourt. espaces connaissent également ce
• Déclin démographique
Dans celui de Bretteville-sur-Laize, le jeu type de "décollage" démographique confirmé
des déménagements/emménagements récent. Ils se situent le long de la côte
• Economie agri-alimentaire àlui est désormais défavorable. Les nom- Fleurie (autour de Trouville-sur-mer et
tendance agricole
breuses installations de familles conti- de Dives-sur-Mer) et du littoral man-
• Autonomenuent cependant d'entretenir dans tous chois (autour de Bréhal, de Montmar-
ces bassins un excédent naturel qui tin-sur-Mer et de Lessay). • Niveau d’équipement
limite l'érosion de la croissance démo- concurrentiel : très bon
graphique. non concur
santé : très bon
éducation : bon
• 86 emplois pour 100 actifs
résidents
• Accès aux équipements et à
l'emploi : rapide
21
La Basse-Normandie entre villes et campagnes
+ 7 %: c’est le nombre
d’habitants gagnés par les
bassins de vie bas-normands
entre 1962 et 1999, contre
+ 15 % au niveau
national>>>
>>>
Le bassin de
Dozulé
• Les profils démographiques
Pour étudier l'évolution de la population des bassins de vie, quatre périodes
ont été prises en compte, dont les limites correspondent à des années de
recensement : 1962-1975, 1975-1982, 1982-1990 et 1990-1999. Pour chaque• 18 communes
période et chaque bassin de vie, l'évolution a pu être soit négative, soit posi-• 5164 habitants
tive mais moins rapide que celle de l'ensemble des 1 745 bassins de vie
• 1268 emplois
métropolitains, ou encore positive et plus rapide que celle de cet ensemble.
• Dynamique démographique
assez forte et régulière Ces trois possibilités pour chacune des quatres périodes ouvrent la pers-
• Economie fortement pective théorique de 81 schémas d'évolution démographique différents
résidentielle sans autre sur longue période (1962-1999). Par souci de synthèse, ces 81 schémas ont
dominante été regroupés selon six grands types de profils démographiques.
• Dépendant
• Niveau d’équipement Nombre de bassins de vieProfil type
(France métropolitaine)concurrentiel : moyen
non concurrentiel : très bon ++++ Dynamique assez forte et règulière 642
santé : très faible ==== ou -=+= Dynamique irrégulière ou modérée 146
éducation : moyen --++ Croissance plus ou moins récente 189
---- Déclin confirmé 618• 62 emplois pour 100 actifs
résidents +++- Déclin récent 60
=-+- Dynamique incertaine 90• Accès aux équipements et à
Total 1745l'emploi : assez rapide
Grille de lecture :
" - " signifie une baisse de population
" = " correspond à un taux de croissance démographique compris entre 0
Le bassin de et la moyenne sur les 1 745 bassins de vie métropolitains
Ducey " + " indique un taux de croissance démographique supérieure ou égal à
la moyenne sur les 1 7
Exemple : le profil type " -=+= " signifie que pour les bassins concernés :
- de 1962 à 1975, la population a diminué ;
• 10 communes - de 1975 à 1982, le rythme de croissance de la population, tout en étant
positif, a été inférieur à celui de l'ensemble des 1 745 bassins de vie ;• 6157 habitants
- de 1982 à 1990, la croissance démographique a été plus rapide que la• 2167 emplois
moyenne des 1 745 bassins de vie ;
• Déclin démographique - de 1990 à 1999, la population a continué de croître, mais à une cadence
confirmé
inférieure à celle de l'ensemble des 1 745 bassins de vie.
• Economie plutôt industrielle
et monospécialisée
• Dépendant
• Niveau d’équipement
concurrentiel : faible
non concur
santé : faible
éducation : faible
• 87 emplois pour 100 actifs
résidents
• Accès aux équipements et à
l'emploi : rapide
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La Basse-Normandie entre villes et campagnes

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