Une fécondité plus forte en Franche-Comté qu'au niveau national

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La fécondité a baissé, en Franche-Comté, dans la seconde moitié du 20e siècle tout en restant supérieure à celle observée au niveau national. Le recul a été cependant plus marqué dans la région. Ce repli de la fécondité est particulièrement fort pour les mères de moins de 25 ans tandis que celle des plus de 30 ans progresse. Les familles de plus de 3 enfants sont moins nombreuses. Depuis 1994, la fécondité progresse de nouveau. La Franche-Comté se classe en moyenne en 2003-2004 au 5e rang des régions métropolitaines par sa fécondité.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Nº 12 - Février 2006
La fécondité a baissé, en Franche-Comté, dans la seconde moitié du 20esiècle tout en restant supérieure à celle observée au niveau national. Le recul a été cependant plus marqué dans la région. Ce repli de la fécondité est particulièrement fort pour les mères de moins de 25 ans tandis que celle des plus de 30 ans progresse. Les familles de plus de 3 enfants sont moins nombreuses. Depuis 1994, la fécondité progresse de nouveau. La Franche-Comté se classe en moyenne en 2003-2004 au 5erang des régions métropolitaines par sa fécondité.
Au coursdu vingtième siècle, la fécondité a connu, en Franche-Comté comme à léchelon national, plusieurs bouleversements majeurs :
les deux périodes de guerre ont provoqué une chute ponctuelle de la natalité, et dès la fin de la deuxième guerre mondiale est apparu un épisode sans précédent, le baby-boom. Cependant, moins spectaculaire que le baby-boom mais aussi im-
portant, lévolution des com-portements face à la mater-nité a réorganisé en profon-deur la structure familiale : accouchements plus tardifs, familles moins nombreuses, banalisation des naissances hors mariage. Malgré une natalité en baisse au cours du 19esiècle, le nombre de naissances reste important, en Franche-Comté comme en France, au début du 20e
siècle. En 1902, il sélève pour la région à 20 600. Pendant lentre-deux-guer-res, ce nombre diminue, no-tamment vers la fin des an-nées trente où il atteint son minimum, hors période de conflit, en 1937, avec 11 840 naissances. Plu-sieurs facteurs expliquent cette baisse. Tout dabord, la première guerre mondiale a provoqué un déficit des nais-sances immédiat. Mais cette guerre, particulièrement meurtrière pour les hommes entre 19 et 40 ans, a égale-ment provoqué un déséqui-
libre entre les sexes, appau-vrissant la classe dâge mas-culine féconde et accentuant ainsi la baisse de la natalité. De plus, vingt ans après, lar-
rivée à lâge de la fécondité de ces classes creuses con-tribue au faible nombre de naissances observé au cours de la période précédant la
seconde guerre mondiale. ces diminue régulièrement Cette dernière provoque une jusquen 1994 où il atteint nouvelle chute des naissan- 13 200. Il progresse légère-ces. Il ne naîtra que 10 930 ment depuis cette date pour enfants en Franche-Comté se maintenir au-dessus de la en 1941. Ce- barre des pendant, dansUne baisse14 000 depuis l  i m m é d i a tde féconditélan 2000. a p r è s - g u e r r eplus tardive quauLa parenthèse apparaît unniveau nationaldu baby-boom épisode sans précédent : le sest refermée au milieu des baby-boom, renouveau dé- années soixante. Le maintien mographique incontestable, des naissances à un niveau qui va perdurer jusquau mi- élevé jusquau début des lieu des années soixante avec années soixante-dix résulte un plafond à 19 300 nais- essentiellement du nombre sances en 1964. À partir de important de femmes en âge 1965, le nombre de naissan- davoir des enfants (premiè-
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res générations issues du tué ce repli en limitant le nom-baby-boom). Si, en France, bre de naissances non dési-lindicateur conjoncturel de rées. fécondité (ICF) descend en Malgré une relative stabilité dessous du seuil de renou- des naissances et de la fé-vellement des générations condité depuis les années (2,1 enfants par femme) en quatre-vingt, le comporte-1975, la Franche- Comté ment des femmes face à la « résiste » jusquau début des maternité a changé. Les taux années quatre-vingt. Ainsi, la de fécondité par âge permet-région subit la fin du baby- tent de mesurer lévolution boom avec un certain déca- de ces comportements au lage temporel. Cependant, cours du temps. Lévolution ce recul de la fécondité, plus la plus spectaculaire con-marqué quau niveau natio- cerne la tranche dâge des nal, tend à effacer la spécifi- moins de 25 ans : son taux dâge. Parallèlement, entre sur lâge moyen des mères à cité de la Franche-Comté, ré- de fécondité chute entre 1980 et 2003, le taux de fé- la naissance de leurs enfants 1980 et 2003 de condité des plus de 30 ans (tous rangs confondus) qui cgnioeonllndeet.mreaCndtietsitofeénn--neyomegâdelusseHa de 0,55 à 0,77 alors passe, en Franche-Comté, de0,82 à 0,43. Ce passe 1994 que lICFà la maternitérepli sexplique dans le même laps de que, ans en 1976 à 28,8 ans 26,6 en partie par la temps, celui des femmes de en 2003. En France, lâge régional prend sa valeur la révolution de la contracep- 25 à 29 ans reste stable. La moyen des mères à la nais-plus faible (1,67) et depuis, tion et la légalisation de lin- baisse générale de la fécon- sance de leurs enfants est un il augmente régulièrement terruption volontaire de gros- dité (tous âges confondus) peu plus élevé (29,5 ans en sesse, qui ont fortement li- sexplique donc 2003). L2pe0o0rue4rpllaiattdveeailnelaudrrfeédceeo1nn,d9i2t5é0.,0e3n-mitélenombredegrosses-paruneaug-reusnombesMmifaesllnsoiedOutre lâge de ses non désirées. Lallonge- mentation de la la maternité, la Franche-Comté comme au ment de la durée des études, fécondité des plus de 30 ans structure des familles a éga-niveau national, traduit le re- la mise en couple plus tar- insuffisante pour compenser lement évolué en quelques tour à une tendance séculaire dive et laugmentation du la baisse observée aux âges décennies. La part des fa-que le baby-boom a inter- taux demploi féminin con- les plus jeunes. milles nombreuses (4 enfants rompue. Larrivée de la con- tribuent également au recul Cette variation de la fécon- et plus), la plus représentée traception moderne a accen- de la fécondité de cette classe dité aux différents âges influe jusquau début des années
Définitions
Taux brut de natalité :nombre de naissances vivan-tes de lannée rapporté à la population totale moyenne de lannée. Taux de fécondité :nombre de naissances vivantes de lannée rapportée à la population féminine moyenne de lannée en âge de procréer (par convention entre 15 et 49 ans). Cet indicateur peut être affiné en tenant compte de lâge des femmes, on obtient alors un taux de fécondité par âge. Indicateur Conjoncturel de Fécondité (ICF) ou somme des naissances réduites :nombre moyen denfants quaurait une femme si elle avait, tout au long de sa vie féconde (15-49 ans), le taux de fécon-dité observé lannée considérée.
Source : État civil
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cinquante, diminue de façon entre 1953 et la fin des an-régulière jusquaux années nées soixante-dix, et reste sta-quatre-vingt pour se stabili- ble depuis cette période. La ser autour de 10%. part des naissances de rang 3 Inversement, la part des (troisième enfant) reste relati-naissances de rang 1 (pre- vement constante depuis mier enfant) augmente de 1953, oscillant autour de 15%. 27% en 1953 à 45% à la fin Ainsi, le modèle de la famille des années soixante-dix. À nombreuse laisse-t-il place à partir des années quatre- celui dune famille, plus res-vingt, cette part oscille autour treinte, avec un ou deux en-ddaen4t,0l%.auCgempeenn--Banalisation-epelopdévs.Lefant tion de la pro-des naissancesment des nais -tahors mariage portion des nais- sances hors ma-sances de rang 1 est à rela- riage constitue un autre bou-tiviser. En effet, depuis le dé- leversement majeur de ces but des années soixante-dix, dernières décennies. Leur laugmentation du nombre part, stable sous la barre de de divorces a provoqué une 10% jusquen 1979, amorce augmentation artificielle des une croissance vive par la naissances de rang 1 : le suite pour atteindre 46% en premier enfant issu du nou- 2004. veau mariage dune femme Cette proportion diminue divorcée sera considéré de avec lâge de la mère. Elle rang 1 quel que soit le nom- atteint 61% pour les mères bre denfants que cette de 20 à 24 ans et 41% pour femme ait pu avoir dun pré- celles de 25 ans et plus. cédent mariage. Le développement des nais-Les naissances de rang 2 sances hors mariage est un (deuxième enfant) gagnent phénomène de société paral-également du terrain. Leur lèle à la baisse de la proportion évolue de 25 à 35% nuptialité. Autrefois, le ma-
riage était une étape « quasi obligatoire » pour avoir des enfants et les naissances « na-turelles » étaient marginali-sées. Depuis les années qua-tre-vingt, lévolution des men-talités, tant culturelles que ju-ridiques, est telle que la « lé-gitimité » et léducation dun enfant ne sont plus liées au mariage de ses parents.„ Florence Bruley
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© INSEE 2006 - dépôt légal : Février 2006
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