Une remontée de la fécondité depuis cinq ans

De
Publié par

Le nombre de naissances a beaucoup augmenté de 1997 à 2001. Le nombre moyen d'enfants par femme est maintenant de 2,50 alors qu'il était de 2,26 en 1996. Ce regain de naissances se manifeste à tous les âges de la vie féconde des femmes. Il concerne tout particulièrement les adolescente chez qui la fécondité ne baisse plus.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 2
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins
dossier
Tendances de la fécondité
e nombre de naissances a beau coup augmenté de 1997 à 2001. Le estLmaintenant de 2,50 alors qu’il était de nombre moyen d’enfants par femme 2,26 en 1996. Ce regain de naissances se manifeste à tous les âgesde la vie féconde des femmes.Il concerne tout particulière ment les adolescentes chez qui la fécondité ne baisse plus.
Plus de 14 700 bébés sont nés à La Réunion en 2001. Depuis plus de trente ans, jamais notre île n’avait connu en une année autant d’heureux évènements. Sur la période récente, après les niveaux élevés des années 1991 et 1992 (plus de 14 000 naissances), la natalité a forte ment chuté pour descendre à 13 000 naissances en 1996 avant de remonter assez spectaculairement depuis. Ainsi, en 2001, il est né 13 % de bébés supplé mentaires par rapport à 1996.Le taux de natalité, descendu depuis 1995 en des sous des 20 ‰, est même remonté au dessus de ce seuil depuis l’année 2000. Ce taux qui ne cessait de diminuer depuis le début des années cinquante semble ainsi connaître une inversion de tendance. Mieux encore,l’Indice Con joncturel de Fécondité (ICF), plus communément appelé nombre moyen d’enfants par femme, progresse depuis cinq ans pour se situer en 2001 à 2,5 enfants par femme. Jamais une augmen tation de cet indice n’avait été constatée depuis le début des années 1960.
Assisteton à une remontée passagère de la fécondité réunionnaise ou à un mouvement de plus grande ampleur qui laisserait à penser que la transition démogra phique à La Réunion n’est peutêtre pas encore en train de se terminer ?
12
Une remontée de l
Entre 1993 et 1996, le schéma était rela tivement simple : lestaux de fécondité des femmes de 15 à 29 ans baissaient alors que ceux des femmes plus âgées augmentaient. Les taux de fécondité les plus élevés étant ceux des femmes de 20 à 29 ans, logiquement leur évolution l’emportait et l’ICF diminuait sur cette période. La remontée des taux de fécondité après trente ans pouvait s’expliquer par un phénomène de rattrapage. Les femmes ayant suivi plus longtemps des études souhaitent trouver un emploi à la fin de leurs études ; c’est après trente ans, que, mieux installées socialement, elles mènent à bien les maternités qu’elles n’ont pas eu plus jeunes. Ce décalage dans le calendrier des naissan ces existe également en métropole.
Depuis 1997, tous les taux de fécondité quinquennauxsont à la hausse. Les fem mes de 20 à 29 ans font de nouveau plus d’enfants. Le taux de fécondité des 2024 ans remonte légèrement alors que celui des 2529 ans retrouve le niveau de 1990. Le même phénomène se retrouve en métropole et sur l’île Maurice.
Une conjoncture économique favorable depuis 1998 aussi bien en métropole que dans la zone peut être un élément d’explication : le moral des couples serait meilleur et favoriserait le désir d’enfant. Par ailleurs, de meilleures conditions de logement peuvent inciter les couples à avoir de nouveau plus d’enfants. D’un point de vue plus socio logique, les jeunes femmes peuvent trou ver dans la maternité un moyen d’entrer dans le monde des adultes. On peut pen ser également que certains transferts
Comme à Maurice pour les jeunes, comme en métro pole après trente ans
Aux jeunes âges les taux de fécondité des femmes réunionnaises sont très proches de ceux constatés sur l’île Maurice et bien supé rieurs aux taux métropolitains. Après trente ans ils sont légèrement audessus des taux métropolitains et largement plus élevésque ceux de l’île sœur. Il n’est alors pas étonnant que le nombre moyen d’enfants par femme à La Réunion (2,5) soit à la fois supérieur à celui constaté en métropole (1,9) et sur l’île Maurice (2,0).
Depuis 1997 les taux de fécondité augmentent, sur tout de 20 à 34 ans.
sociaux permettent à nombre de jeunes femmes de gagner leur indépendance financière.
Ce regain de la fécondité depuis 1997 touche tout aussi bien la métropole que La Réunion et au sein de notre île prati quement l’ensemble des communes. Ce plus fort désir de maternité s’exprime à tous les âges et non plus seulement après trente ans comme on le constatait il y a une dizaine d’années. La stabilisation à un niveau élevé de la fécondité des 1519 ans est de ce point de vue très symptomatique : sion s’appuie sur les
Les naissances issues de mères mineures ont retrouvé leur niveau du début de la décennie.
depuis cinq an
L’évolution de la fécondité des cinq dernières années est en rupture avec la baisse engagée depuis 1965.
Mais depuis quatre ans, la tendance s’est inversée : en 2000, la part des naissances de jeunes mères représente 4,2 % de l’ensemble et leur nombre a de nouveau dépassé le seuil des 600 enregistrements. Cette augmentation récente concerne aussi bien les jeunes mères de moins de 16 ans que celles âgées de 16 ou 17 ans.n
Entre 1991 et 1997, la fécondité des ado lescentes a diminué : 626 naissances en 1991 contre seulement 483 six ans plus tard. Sur cette période, la part des naissances concernant des jeunes mères encore mineures à la date de l’accouche ment est ainsi passée de 4,5 % à3,5 %.
propos d’Alfred Sauvy : “une maternité précoce engendre plutôt une descen dance nombreuse”, on peut légitimement s’interroger sur la date à laquelle on pourra affirmer avec certitude que la transition démographique est réellement terminée à La Réunion.
La fécondité des adolescentes ne diminue plus
Depuis 1998, le taux de fécondité des 1519 ans est stabilisé comme en métro pole et à l’île Maurice. Cependant à La Réunion il est presque cinq fois plus éle vé qu’en métropole et du même niveau qu’à l’île Maurice.
Le nombre moyen d’enfants par femme augmente ces dernières années, aussi bien à La Réunion qu’en France métropolitaine et à Maurice.
dossier
Au lendemain de la départementalisation la fécondité augmenterapidement (de 5,6 enfants par femme en 1946 à 7,0 en 1952). La conclusion de certains mariages empê chés par la guerre, mais plus encore les changements qui suivent l’adoption d’un nouveau statut pour l’île ont sans doute un rôle majeur dans cette évolution démogra phique.
On peut noter un début d’inversion de ten dance entre 1977 et 1983 avec de fortes irrégularités dans le nombre annuel de nais sances. L’émigration des jeunes, qui a eu pour effet de diminuer les naissances, se réduit nettement à partir du début des années 1980. L’incitationau contrôle des naissan ces, encouragée par l’Association Réunion naise d’Orientation Familiale (AROF), cesse à la fin des années 1970. Le taux de natalité
Depuis 1997, le taux de natalité remonte (20,1 ‰ en 2001 contre 19,3 ‰ en 1996). De même, l’Indice Conjoncturel de Fécondité subit une inversion de tendance pour fran chir la barre des 2,50 en 2001.
Entre 1993 et 1996 le taux de natalité des cend en dessous des 20 ‰ et le nombre moyen d’enfants par femme se retrouve à un plancher historique : 2,26 en 1996. Le nombre de naissances se situe entre 13 000 et 13 400 chaque année durant cette période. Par rapport au début des années 1990, tous les taux de fécondité par âges quinquennaux en dessous de 30 ans sont à la baisse. L’augmentation de l’activité féminine et la prolongation des études provoquent un retard de calendrier des naissances : l’âge moyen de la mère au premier enfant en 1996 est de 24,9 ans contre 24,4 en 1990 et 23,2 en 1982.
La fécondité se maintient à un niveau élevé jusqu’en 1965 (entre 6,3 et 7,0 enfants par femme). Sur la période, on passe de 12 000 à près de 17 000 naissances annuelles. Les taux de fécondité sont exceptionnellement élevés aussi bien pour les couples mariés que non mariés.
ne décroît presque plus et le taux de fécondité ne diminue que de 0,45 enfants par femme sur la période (2,85 en 1983).
Entre 1984 et 1992 on note une hausse rapide du nombre de nouveauxnés en début et en fin de période. Le creux des années 1986 et 1987 s’explique mal mais les brusques changements intervenus dans les mouvements migratoires n’y sont peut être pas étrangers. Le taux de natalit é reste pratiquement stable à 23 ‰. Le nombre moyen d’enfants par femme décroît peu (2,55 en 1992).
13
Un léger ralentissement de la baisse intervient entre 1971 et 1977. Mis à part la remontée de 1971, la réduction du nombre de naissances est encore importante et régulière ( 2,3 % par an). Le taux de natalité évolue dans le même sens sous le double effet de la croissance rapide de la population (près de 2 % par an) et de la réduction du nombre de naissances (14 400 en 1971 et 12 500 en 1977). Le nombre moyen d’enfants continue de diminuer (3,3 en 1977).
La baisse est ensuite rapide de 1965 à 1970. Sur cette courte période, le nombre de naissances diminue de 3 % chaque année. L’ensemble des indicateurs de natalité et de fécondité sont nettement orientés à la baisse. Le nombre moyen d’enfants par femme passe ainsi de 6,7 en 1965 à 4,6 en 1970. Le recul de la nuptialité accompagne la baisse de la féconditélégitime mais ne l’explique qu’en partie : le succès del’utilisa tion de la pilule et du stérilet montre que la fécondité des Réunionnaises est de plus en plus maîtrisée.
JeanMarc LARDOUX
Trente ans de baisse de la fécondité
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.