Leçon d'Avenir......

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Une cité en banlieue, un jour ordinaire

Publié le : dimanche 18 novembre 2012
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Leçon d’avenir.
Jeune,
Tous les jours je te croise, moi promenant mon chien ;
Toi guetteur, tu veilles à ta réputation.
Vigile tu surveilles pour le compte des plus grands,
Plus fort, plus influents.
Ton avenir, s’il en est, sera de t’investir dans cette attente.
Mais ou mène ce chemin dans nos cités banlieue.
Est-ce donc là ton avenir ?
Tes portes de l’enfer ! Même pas de petits boulots.
Tu te sens rejeté, inutile dans une vie, ou tu n’as pas ta place.
L’école déjà prétendait te former ; t’initier, te placer, te dompter.
Remplir ton cerveau, ou plutôt le modeler
Du moins t’offrir les clés des portes du futur.
Mais tu n’as pas suivi, et ils t’ont oublié.
Tu as décroché, tombé dans le désœuvrement, bien vite récupéré.
Est-ce là ta raison de vivre, la rue, ces halls d’immeubles.
Tu ne cherches pas la réussite, tu attends indolent.
Ton territoire est restreint, tes demain incertains.
Tombé, sous la coupe de quelques grands,
Petits caïds de nos quartiers ils te rémunèrent te donnent une importance
Pour installer leur emprise, pour dominer,
Et leurs petits trafics t’autorisent une rente complicité.
Ta famille c’est la rue, ton présent ce milieu.
Hier un moins que rien, tu te crois au faîte d’un réseau.
Heureux d’appartenir, simplement de servir.
Tu n’as plus de toi-même, sous leur coupe ils t’enrôlent.
Ils t’offrent une raison d’être, reconnaissance, te voilà investi
Toi hier sans existence, tu trouves ici ta place.
Travailleurs de l’ombre ta vie se réduit à ces quelques lignes,
A ces moments d’illusions.
Passeurs de rêves, gardiens du temple, chacun à sa place ;
Quartier sous influence, à toi la surveillance.
Tu es le paysage, tout le temps rien à faire,
Rassemblement étrange, qu’attends-tu de demain.
Toi déjà sans passé, l’avenir incertain.
Exclu de notre monde, tu interpelles pourtant.
Ceux là qui t’ont tendu la main te tiennent,
Te servent de béquille, complice ou pauvre âme perdue
Ton ennemi c’est l’ordre avec ses forces et ces gens étriqués.
Au grand jour tu t’affiches, que peut-on te reprocher
Maillon d’un réseau souterrain, tu sais jouer les gros bras.
Chaine d’un espoir pour certain ou désespoirs des autres.
Tous ces faux paradis.
Avec la religion, chacun ses illusions
Mais les prêcheurs qui cherchent à nous récupérer,
Sèment la discorde sinon la soumission, D’autres trouvent la rébellion ; être ou bien paraître, il faut bien exister.
Ces chapelles là, allez savoir pourquoi veulent nous posséder.
Alors discernement, raison comme toutes vos oraisons
Dans ce monde ou tout est possession ;
Le savoir oublié, comme la connaissance,
Seule compte la maitrise du temps et puis ce gain d’argent.
Ou est l’amour d’antan, l’être cher dans le simple dénuement.
La richesse intérieure avec le partage, échange de bons procédés,
Comme des vœux pieux, jetés au hasard sans nulle prétention.
Allez y croire encore, c’est ce à quoi je prétends.

G.B.







Les commentaires (2)
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marc-ferrand

Tu sais ? C'est mon poème préféré...

jeudi 17 janvier 2013 - 18:01
marc-ferrand

Décidément, toujours le même pour ce soir à lire tes textes ; je te prie de m'excuser de toutes ces notifications et de mon tutoiement soudain, mais quand des textes nous remuent, nous parlent...
Je te conseille, si ce n'est déjà fait de lire mon mini-recueil : Poétiquement incorrect.
Je vais continuer à te lire et ;) y passer la nuit s'il le faut. A bons lecteurs hello !

lundi 3 décembre 2012 - 03:28
biaujaud

Merci, pour tous tes petits clins d'oeil.
Et toute cette extase nocturne.
Un bien gentil regard.
G B

lundi 3 décembre 2012 - 13:56

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